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En guise de conclusion
Simple défi au départ, repris à mon propre compte parce que j'avais pas mal d'idées que les autres n'auraient peut-être pas, Remus est devenue au fil du temps une histoire que j'ai appris à aimer. Elle restait un peu dans son coin, assez différente de mes blockbuster Procès et Affrontement, discrète mais présente... Si j'écrivais encore, je la finirais certainement. Mais... mais. Le déroulement des choses a peut-être un sens...
Remus se constituait de deux parties, pendant Poudlard et après, encerclées par deux parties plus courtes, la vie de Remus avant Poudlard et les événements du Prisonnier de son point de vue. Elle devait se raccrocher au quatrième livre, plus ou moins. Je n'ai jamais vraiment pensé jusque là.
La première partie a été entièrement écrite et me plaît, à l'exception de la scène de l'accident de Rogue que j'aurais aimée faire plus impressionnante, mais c'était pratiquement impossible sans changer de point de vue (je me suis rattrapée dans Innocent). La deuxième partie, dont je n'ai écrit qu'un fragment de chapitre (lorsque Dumbledore envoie à Remus, avant le Prisonnier, une lettre pour lui offrir le poste de professeur de Défense), devait se consacrer à la vie de Remus seul, ses études, sa – brève – vie amoureuse, l'arrêt de ses études, ses vivotements pendant quelques années d'un travail à l'autre, en suivant par des lettres les vies de James et Sirius. La destinée de James est facile à imaginer ; Auror, fondant une famille après quelques hésitations, la peur, le gardien, la mort. Sirius, après quelques semaines dans son emploi sur le Chemin de Traverse, allait pouvoir intégrer la pré-formation des Aurors après s'être admirablement comporté lors d'une attaque près de son travail, sous les yeux d'un des recruteurs.
Avant ces intéressants événements, il y aurait eu l'entrée de Remus en fac de médecine (j'avais trouvé des infos sur le cursus sur un site d'apprentis carabins) et la découverte des seventies ! Liberté de mœurs, grandes interrogations, le Flower Power par les yeux d'un sorcier... Je vous laisse imaginer ça. Remus, toujours raisonnable, allait se donner à fond dans ses études et en faire trois ans. La mort de James et Lily allait anéantir ses projets. Accablé et déboussolé, il allait changer de région et tâcher de se faire oublier. Circulant d'un emploi à l'autre, cachant sa condition à tous. Sans ami, sans famille, avec seulement des contacts lointains avec Procyon, il allait durer ainsi sans trop voir le temps passer ; suivre de loin, par les journaux, la scolarité de Harry, avant cette lettre de Dumbledore. Je vous laisse ce chapitre en adieu ; bonne route à tous.
Chapitre ? : Proposition décente
Sirius… qu'il avait changé ! Remus peinait à reconnaître, dans le vagabond qui clignait des yeux sur la photo, le jeune homme qu'il avait quitté quelques heures avant l'attaque de Godric's Hollow. Il avait beaucoup maigri, visiblement, lui qui n'était déjà pas gros avant. Les cheveux noirs qui retombaient sur ses épaules assombrissaient son visage et le creusaient encore d'avantage.
« Quand je pense que tu es plus jeune que moi… »
L'article était sévère, bien sûr, alarmant.
« Comment est-ce que tu peux avoir fait ça ? »
Il regardait Sirius qui ne le regardait plus, animal sauvage, chien errant.
« Tuer Peter, surtout… »
Il observa attentivement les yeux sombres, les joues creuses, les traits tirés.
« Et comment as-tu pu survivre ? Je ne savais même pas que tu étais vivant. Comment as-tu réussi à rester en vie, à sortir, et à rejoindre la côte ? La mer est encore froide en ce moment, et la distance est grande… »
Des images vinrent à sa mémoire. Sirius, à vingt ans, dans la rivière qui traversait le parc de son grand-père. Nageant dans l'eau avec l'aisance d'un dauphin. Eclaboussant James qui essayait de le noyer. James… Il se secoua.
« Aucun nageur ne pouvait faire ça. Même les poissons évitent Azkaban… »
Un hibou s'approcha. Il lui ouvrit la fenêtre et reconnut, étonné, un grand duc de Poudlard. L'écriture était celle de Dumbledore.
L'étonnement fit place à l'abattement.
« Ça y est, il est au courant… Hagrid a dû s'effrayer à cause de la fuite de Sirius et il a parlé… je ne peux pas lui en vouloir… »
Mais la lettre ne disait rien sur ce sujet là. Son contenu était tout autre – bien plus bouleversant pour son avenir.
L'abattement s'était transformé en une douce lassitude, peut-être le soulagement, ou l'effet secondaire du choc. Assis par terre où il s'était laissé glisser, le dos inconfortablement appuyé au mur de pierre, Remus relut encore le parchemin qu'il tenait dans la main.
Albus Dumbledore
Commandeur du Grand Ordre de Merlin
Docteur ès Sorcellerie, Enchanteur en chef, Manitou Suprême de la Confédération des Mages et Sorciers.
Mon cher Remus
Tout d'abord, une chose : je ne vous écris pas à propos de la fuite de Sirius Black.
« Hein ? »
En tous cas, c'est loin d'être le sujet principal de cette lettre.
Vous avez sans doute entendu parler de la découverte et de la destruction, il y a quelques mois à Poudlard, d'un Basilic qui logeait dans la Chambre Secrète de Salazar Serpentard sous le lac.
« Par Harry Potter, oui, je sais. »
Dans cette affaire, l'école a perdu son professeur de Défense contre les Forces du Mal, M. Gilderoy Lockart.
« Qui ? ? »
Il piqua un fou rire.
Le poste est donc vacant. Sachant que, depuis plusieurs mois, vous n'avez plus d'occupation professionnelle,
« Que j'ai été viré de mon boulot à cause de mes absences. »
j'ai pensé à vous.
Il resta silencieux un moment.
Je connais vos diplômes et votre parcours professionnel
« Mon parcours d'entraînement pour amateur de course en terrain creux… »
et je vous considère comme parfaitement qualifié pour ce poste.
« Ravi de l'apprendre… »
Pour d'autres raisons,
« On y vient… »
je voudrais vous avoir à Poudlard. D'abord, je sais que vous étiez proche de Sirius Black et je préférerais être près de vous lorsque le Ministère fouillera
« On s'y fait… »
de tous les côtés.
« Vous voulez me protéger en fait ! »
Si vous permettez cette familiarité, je crois aussi savoir que votre coffre à Gringotts ne serait pas contre un salaire fixe.
« Je connais des petites bestioles à dents pointues qui pensent la même chose. »
De plus, Harry Potter, qui va entrer en troisième année chez les Gryffondor, aimerait sans doute en savoir un peu plus sur ses parents et je pense que vous êtes bien placé en ce domaine.
« … »
Je me doute que ma proposition doit vous surprendre, mais réfléchissez bien. Poudlard a besoin d'un professeur qualifié et vous êtes en tête de ma liste.
« Qui sont les autres ? »
Il y a bien sûr le problème de vos transformations. J'en ai parlé à Severus
« Je suis foutu. »
et il m'a assuré pouvoir préparer de la potion Tue-Loup qui vous permettra de garder toute votre lucidité malgré la transformation physique. Je ne vous cacherai pas qu'il n'est pas très enthousiaste,
« Sans blague ! »
mais il a néanmoins accepté à condition que je me porte garant pour vous, ce que je n'hésiterai jamais à faire, comme vous le savez.
« Ça fait plaisir à savoir… »
Les membres du Conseil d'Administration n'ont pas non plus émis d'objection majeure. Bref, Poudlard est prêt à vous accueillir
« C'est ce que vous aviez dit la première fois déjà… »
et je serai enchanté si vous acceptez.
Envoyez-moi votre réponse dès que possible avec ce hibou.
Cordialement
« Vous connaissez l'autre sens de cordial… » (A/N : ça veut dire accueillant, mais c'est aussi une boisson qui a le pouvoir de soulager les malades et les blessés, voire de les guérir immédiatement.)
A. Dumbledore.
Remus releva les yeux et regarda devant lui. Murs nus, plancher propre mais usé, placards pratiquement vides. Il souleva le bras et considéra d'un air sombre sa manche déchirée et maintes fois rapiécée. L'hiver précédent, il avait eu froid déjà, et depuis ses vêtements s'étaient encore usés.