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: B s . A A A    : full 3/4 1/2   : E E   : Light Dark Anime/Manga » Gundam Wing/AC » La guerre des dragons

Bunny Anoushka Kalika
Author of 8 Stories

Rated: M - French - Fantasy/Romance - Heero Y. & Relena P. - Reviews: 155 - Updated: 11-15-07 - Published: 02-28-04 - id:1752921

Titre : La guerre des dragons
Auteur : Lapin
Genre : Heroic Fantasy,
Résumé : Héhé… Relena et Heero sont tout seuls (merci de ne pas critiquer le désert scénaristique) 1xR (pas de flame à ce sujet par pitié T.T)

Résumé des épisodes précédents : Dans les chapitres précédents, on en apprend plus sur le passé de chacun : Heero est un vampire, Trowa un démon. Les autres ont un peu de mal en apprenant ça, mais finalement la couleuvre passe, et pas trop mal. On apprend ensuite l’histoire de Duo, Quatre, Wufei et Relena. (que d’action n’est-ce pas !)

Disclamer : S’ils étaient à moi, je leur ferai moins de misères (peut-être)

ToT désolée pour ce retard catastrophique – tellement catastrophique qu’on ne peut même plus parler de retard – reste-t-il des lecteurs ? lol, j’espère ! Merci de votre patience et de votre soutien, merci à Kat (pour la correction et les menaces), merci encore à tout le monde !jenny944, Kethry R (Quatre n’a pas fini d’agacer – et bien vu, il aura toujours du mal avec Heero, malgré tous ses efforts. Relena est profondément humaniste, au sens où elle accepte toutes les « cultures » et dans la mesure du possible, essaye de les comprendre. Je suis contente que tu ais aimé :p) eiliss (essaye toujours, on verra bien T.T) Aka (il m’a marqué ce livre, j’ai surtout retenu les oignons et les trous…) steph846 (rho ! une fan de 1xR ! c’est une espèce en voie de disparition qu’il faut absolument protéger, lol. Voilà la suite ! – pas trop tôt…)


Chapitre 18

Attirance


Les heures suivant le départ de leurs compagnons furent les plus tendues. Ils se croisaient, échangeaient parfois un regard, mais sans jamais savoir s’il fallait ou non dire quelque chose à l’autre. Après une demie douzaine de « Ca va ? » plus plats qu’une assiette, ils avaient fini par se taire. Les heures jusqu’au crépuscule furent interminables. Heero avait nettoyé cinq fois ses armes, et Relena envisageait de se mettre à compter les feuilles des arbres, lassée d’être en proie à l’inactivité la plus totale.

Et puis, finalement après qu’elle eut fini de dîner, Heero parla d’aller au village pour régler une affaire.

- Je peux venir avec toi ? demanda la jeune fille.

Le sommeil ne viendrait pas avant longtemps, et elle n’avait aucune envie de rester seule dans la nuit tombante, à écouter les bruits de la forêt. Elle était à peu près certaine d’avoir entendu plus d’une fois les hurlements d’un loup. Très peu pour elle. Heero ne répondit pas, semblant la jauger du regard.

- D’accord, répondit-il à la surprise de Relena qui s’était attendue à une réponse négative.

Il se leva, la laissant aller à la rivière pour laver son assiette de fortune. Puis, il se dirigea vers l’endroit où les chevaux étaient attachés. L’idée de la laisser seule l’avait curieusement gêné même si une voix sarcastique lui avait fait remarquer que rien ne l’empêchait de la confier à quelqu’un de sûr. Il repoussa violemment ces pensées, se demandant ce qui lui arrivait. Depuis qu’il avait rencontré les Dragons, il n’était plus vraiment lui-même.

Moins d’une dizaine de minutes plus tard, Relena revint. Elle le regarda brosser rapidement son cheval agité, tentant de ne pas se faire écraser les pieds dans la manœuvre. Il remarqua son hésitation.

- Tu ne veux plus venir ?

Une touche de déception parut dans sa voix. Relena secoua la tête, certaine de rêver.

- Si… mais… tu n’avais pas quelque chose à régler ?

Heero ouvrit la bouche, réalisant qu’il ne tuerait pasl’autre si Relena était avec lui. Ce qui rendait cette expédition proprement inutile. Si tout avait été normal, dans un monde normal, Heero se serait rétracté, sans aucun doute. Mais puisque le monde tournait à l’envers – après tout il avait bien forgé une alliance avec un Kender, et pire que tout, un Elfe…

- Tu ne me dérangeras pas, décréta-t-il en sellant son cheval.

Autant faire un repérage intensif avant de se lancer à la poursuite du créateur de Jay. On ne tuait pas un vieux maître comme ça.

- Merci, dit-il alors que Relena lui passait la bride d’Aslan.

Puis il réalisa qu’elle était toujours derrière lui.

- Tu ne prépares pas le tien ?

Relena baissa les yeux, l’air clairement gêné.

- Pandora s’est blessée cette nuit. Je préfère la laisser se reposer, si c’est possible. J’irai à pied, le rassura-t-elle.

Heero roula des yeux.

- Ne sois pas idiote. Aslan peut nous porter tous les deux, répliqua-t-il en détachant le cheval.

Celui-ci s’ébroua et donna un coup de tête à son maître qui foudroya l’animal du regard. Raccourcissant les rênes au maximum, Heero se jucha rapidement sur le dos de l’équidé. Lequel fit un écart si vif que le vampire faillit vider les étriers. Grommelant, il flatta Aslan pour qu’il se calme.

Lorsque, enfin, le cheval accepta son cavalier, Heero offrit sa main à Relena pour l’aider à monter. Cette fois, il ne broncha pas, secoua juste la tête pour faire fuir une mouche qui avait élu domicile dans son oreille.

Cinq minutes plus tard, ils galopaient à travers la forêt.

oO0°0Oo

Il n'y avait plus grand-chose à manger, et même si Heero ramenait du gibier le soir, il ne pourrait jamais en avoir assez pour tenir trois jours et à plus forte raison, une semaine. Relena cherchait un moyen d'aborder le sujet. Ce n'était pas évident : les réalités quotidiennes semblaient échapper à Heero, et elle avait la nette impression qu'il ne dînait avec elle le soir que par pure politesse. Oui, bien évidemment, il n'avait besoin que de sang pour survivre. S'il mangeait de la nourriture, c'était plus pour bénéficier d'un regain d'énergie plutôt que par nécessité biologique.

La chose était un peu gênante, Relena se sentait intimidée, même si c'était parfaitement ridicule. Tandis qu'elle tournait le problème dans sa tête, Heero apporta la solution de lui-même, alors qu'il dépiautait la viande du soir pour la faire cuire. Alors qu’il parlait, Relena essaya de ne pas prêter attention au sang qui coulait sur les mains du vampire, sur son couteau, sur le sol, sans qu’il n’en soit dérangé ; tout le contraire plutôt. Cinq minutes plus tard, une bonne odeur de viande grillée flottait dans l’air.

- Il n’y a plus grand-chose à manger, remarqua Heero.

- … Oui, la forêt n’offre pas beaucoup de ressources à cette période de l’année.

- Hn.

Relena se sentit un peu stupide mais ne se démonta pas pour autant. Elle se remit une mèche derrière son oreille – autant pour se donner le temps de trouver quelque chose à dire que pour reprendre contenance.

- La foire de la ville se tient demain. On ira, reprit Heero, haussant les épaules.

- D’accord, acquiesça Relena qui se sentait bien mieux tout d’un coup. Mais tu ne disais pas que tu avais quelque chose à faire ?

- Si, confirma Heero, mais cela peut attendre. Un peu.

Relena hocha la tête, peu convaincue, mais elle n’insista pas. Ca ne servait à rien, avait-elle fini par comprendre.

oO0°0Oo

La foire du village était un événement mensuel Il y avait bien le marché une à deux fois par semaine, mais la foire était toujours attendue par tout le monde. Cette fois-ci ne fit pas exception. Comme toujours, il y avait là des vendeurs de poissons, de fruits et légumes, des fermiers ventripotents qui cherchaient de la main d’œuvre, il y avait une confiserie d’où s’échappaient des odeurs délicieuses et des enfants couraient partout, se poursuivaient en poussant des cris. Il y avait aussi un homme, de haute stature, qui essayait de recruter des mercenaires et des marchands de bijoux, qui flattaient les dames tout en surveillant du coin de l’œil les Kender qu’ils apercevaient.

Heero et Relena déambulaient dans les allées. Ils avaient fait quelques achats, en feraient d’autres pour faire des provisions. L’un comme l’autre trouvait, finalement cette sortie sympathique. L’air était empli d’épices et de bonnes odeurs telles qu’ils n’en avaient pas senti depuis fort longtemps. Pour la première fois depuis plusieurs mois, Relena avait l’impression de revenir à la civilisation. C’était une sensation agréable.

Soudain, Heero s’arrêta en plein milieu d’une rue. Elle tourna son regard dans la même direction mais elle ne vit qu’un mendiant en loques qui se faisait insulter par un vieillard claudiquant.

Qu’est-ce qui prenait au vampire ? Alors qu’elle allait poser une question, Heero sembla sortir de sa transe et se remit à marcher comme si de rien n’était. Ils rentrèrent tranquillement en commentant la qualité apparente des étalages – quoique certains fussent, de l’avis de Heero, un rien douteux.

oO0°0Oo

En retrait dans la forêt, Quatre et Trowa admiraient le doigté de Duo. L’exubérant Kender éliminait sentinelles sur sentinelles. Dix mètres devant ses alliés, il semblait repérer systématiquement leurs ennemis. A peine l’avait-il fait qu’il fondait sur eux et les éliminait avant qu’ils ne puissent donner l’alerte. Trowa passa son chemin sans un regard pour le cadavre encore chaud qui gisait à sa droite, la bouche remplie de sang. Il sentit l’elfe frissonner à côté de lui, mais il n’y prêta pas attention, il savait depuis longtemps que Winner était fragile. Cet agaçant don qu’il avait y était pour beaucoup. Son regard vert se posa à nouveau sur la victime de Maxwell, ce dernier gambadait silencieusement vers le prochain sacrifié. A regarder ce virtuose du meurtre à l’œuvre, Trowa se dit que, en fin de compte, il n’était pas si mal tombé. S’il n’avait pas été sûr de se prendre une flèche ou deux dans la gorge, Trowa avait certainement éclaté de rire. Derrière lui, l’humain haletait et pestait contre le Kender.

- Par le ciel, où trouve-t-il tant d’énergie ?

Le démon était de bonne humeur, cela se voyait. Peut-être que l’odeur de sang chatouillait ses narines y était pour quelque chose.

- Aucune idée, répondit le démon, mais normalement il devrait dormir ce soir.

Les deux autres se mordirent les joues pour ne pas éclater de rire.

oO0°0Oo

Heero était nerveux. Relena n’arrivait pas à saisir pourquoi. Cela avait sûrement quelque chose à voir avec la chose pour laquelle il avait absolument tenu rester sur place. Quelque chose la contrariait, mais elle n’avait aucun moyen de savoir quoi. Elle se voyait mal le questionner la bouche en cœur, espérant obtenir une réponse qui ne viendrait pas. Il répondrait que ce n’était pas ses affaires, et il aurait raison. Mais la raison était la chose la moins écoutée au monde, ce n’était pas pour rien que les Sages étaient en voie de disparition sur Krynn. Relena n’était pas disposée à écouter les arguments mentaux qui défilaient dans sa tête.

Quand on parlait du loup… Heero venait de surgir devant elle, l’air plus agacé que jamais. Pas particulièrement contre elle non. Il semblait en vouloir à la terre entière, ce qui était loin d’être mieux.

- Heero ?

- Quoi ?

Son ton était presque agressif. Relena pouvait voir la pointe de ses crocs luire dans sa bouche. Impressionnée, elle l’était forcément. Quand un vampire vous regardait d’un air foncièrement mauvais, garder la tête froide était impassible. Relena était parfaitement consciente du fait qu’il pouvait la tuer en un éclair. Elle ne pensait pas qu’il le ferait, mais elle n’était pas tranquille. Peut-être un vieux réflexe elfique. Cette pensée la dégoûta, et le cœur battant, elle l’interrogea.

- Qu’est-ce qui ne va pas ?

- Tu ne sens pas ? fit-il, semblant un peu calmé.

- Non, répondit-elle sans comprendre ce qu’il se passait dans la tête de son vis-à-vis. Elle n’avait plus peur, réalisa-t-elle. Il aurait pu se jeter sur elle, elle n’aurait pas réagi. Elle lui faisait confiance.

- Désolée, ajouta-t-elle.

Heero haussa les épaules et leva une main, comme pour dégager les pensées qui se mélangeaient dans sa tête.

- C’est rien, dit-il, c’est juste que – je vais devoir retourner en ville.

- En ville ?

- J’avais… quelque chose à faire, ici.

Elle hocha la tête, se demandant pourquoi diable elle se sentait gênée. Peut-être était-ce dû au regard brûlant que le vampire posait sur elle. Elle soutint son regard quelques secondes encore, avant de faire semblant de s’intéresser au feu qui crépitait près d’eux.

- Je vois.

- Je ne serai pas absent longtemps, promit-il doucement.

Relena hocha la tête.

- Tu fais ce que tu veux.

- Relena…

Elle leva les yeux vers lui.

- Oui ?

Heero attrapa son poignet si vivement qu’elle baissa les yeux sur la main blanche qui reposait sur son bras. Et puis sans plus réfléchir, sans se poser plus de questions, il posa ses lèvres sur les siennes. Il la sentit frémir, mais elle ne recula pas, elle ne répondit pas non plus, mais sa main libre se posa sur son épaule. Relâchant son étreinte, Heero resta quelques secondes contre elle, pour profiter des effluves de son odeur. Puis il s’éloigna vers Wing comme si de rien n’était, laissant derrière lui une Relena choquée.

Quelques instants plus tard, il avait disparu dans la forêt. Relena, frissonnante, le suivit des yeux aussi longtemps qu’elle le put.

oO0°0Oo

Heero huma l’air frais de la nuit. Il avait beau cherché dans ses souvenirs, il ne trouvait rien de plus enivrant que la douceur nocturne. C’était peut-être là sa nature, mais il s’en moquait : le fait était là, il aimait profondément la nuit. Elle était propice aux réflexions.

Ses pensées revinrent vers Relena qu’il avait laissé seule au camp. Heero savait qu’il n’y aurait aucun problème, qu’au moindre danger, il serait alerté. La « protection » qu’il avait laissé derrière lui était sans faille. Mais malgré tout, il se sentait légèrement anxieux. Autre problème.Qu’est-ce qui lui arrivait Il semblait désormais incapable d’agir de façon rationnelle – raisonnable – depuis que les autres étaient partis. La présence constante de Relena l’électrisait, et il devenait difficile d’occulter la délicieuse odeur de la jeune fille. Goûter devenait une obsession telle qu’il n’arrivait plus à la dégager de son esprit. Il ne regrettait pas un seul instant le baiser qu’il avait posé sur sa bouche, savourant la chaleur de son souffle, le sel de ses lèvres. Evidemment, les choses seraient plus compliquées quand il reviendrait, mais cela avait été plus fort que lui.

Chassant ces pensées dérangeantes de sa tête – les regrets n’étaient pas faits pour les vampires – il talonna d’avantage sa monture qui allongea légèrement le cou et accéléra en piaffant de joie. Amusé, Heero se laissa conduire par l’enthousiasme de son cheval. Il allait commettre un meurtre ce soir, tuer un être de la même espèce que lui – un crime abominable pour la communauté des vampires, ce qui n’était pas peu dire sachant que ces créatures tuaient plusieurs êtres vivants par semaine. Et ça ne le dérangeait pas plus que cela. Jamais de regrets. Telle était la devise de son espèce.

oO0°0Oo

Relena n’arrivait pas à dormir. Elle n’aurait pas pu fermer les yeux. Et cette fois, la forêt et ses bruits étranges n’y étaient pour rien. Le souvenir des lèvres de Heero sur les siennes l’obsédait. Elle ne parvenait pas à détourner son attention de cela. Ce n’était pas comme si elle n’avait jamais eu d’aventures amoureuses. Relena n’était pas née de la dernière pluie et approchait de ses soixante ans. Pas grand-chose pour un Elfe, mais elle était aussi à moitié humaine. Bref, elle avait déjà eu des aventures auparavant. Le problème ne venait de celles-ci, ni même de leurs fins plus que catastrophiques.

Le problème, c’était que Heero n’avait jamais fait démonstration d’un grand intérêt pour elle – il ne semblait s’intéresser à rien ni personne. Toutefois, si au début il était franchement désagréable, les choses avaient tout de même changé. Relena se sentait bien quand elle était près de lui. C’était comme si tout devenait clair. Comme si tous ses doutes, toutes ses angoisses allaient prendre fin. C’était une sensation agréable – et reposante. Peut-être y avait-il des signes qu’elle n’avait pas interprétés. Peu importait. Ce n’était pas comme si elle n’avait pas appréciait la caresse – une fois passée la surprise.

Ce n’était pas comme si elle n’avait pas envie qu’il recommence. Relena se mordit les lèvres.

Elle ne le laisserait pas agir comme si rien ne s’était passé. Bien qu’elle doutât qu’il soit du genre à nier ses actes, elle ne comptait de toute façon pas lui laisser l’occasion de le faire.

oO0O°O0Oo

- Qui est là ? grogna le vieux vampire.

Sachant que demeurer dans l’ombre ne servirait pas à grand-chose, Heero bondit, se réceptionnant souplement non loin de sa proie. Les feuilles mortes amortirent le bruit de son atterrissage. Les yeux de la créature luisirent d’envie, mais il se rendit très vite compte que « l’adolescent » qui se relevait était un semblable. Dépité de voir un si bon repas s’enfuir, Kel grogna.

- Qu’est-ce que tu veux ?

Heero ne répondit pas, se contentant de jauger le vampire qui se traînait misérablement de contrées en contrées. Il boitait et la moitié de son visage était balafrée par cinq cicatrices blanches. Son œil droit était à moitié fermé et légèrement opaque. Il était vraiment dans un sale état. Avec un sourire cynique, Heero se dit que c’était presque une bonne action qu’il allait accomplir ce soir. C’était un peu comme s’il achevait quelque bête sauvage trop blessée pour vivre normalement, mais pas assez pour en mourir. Heero fronça le nez, légèrement dégoûté par la déchéance dans laquelle était tombée le créateur de Jay.

- C’est Jay qui m’envoie.

L’homme resta impassible, mais Heero pouvait clairement voir qu’il se tenait sur ses gardes.

- Je ne vois pas de quoi tu parles…

Il semblait presque sincère, et il attendait manifestement que Heero complète sa phrase en lui donnant son nom. Heero n’était pas assez stupide pour faire une chose pareille. Il croyait dur comme fer au pouvoir des noms, et il se sentait en position de supériorité vis-à-vis de Kel du fait qu’il connaisse son nom et que le contraire ne soit pas vrai.

- Je vais vous rafraîchir la mémoire, répondit plaisamment Heero, c’est celui à qui vous devez votre état actuel, Kel.

Le vampire recula.

- Alors Jay m’envoie un gamin pour finir son sale travail. Ne crois pas que ce sera si facile, petit –

Heero ricana, comme si c’était la chose la plus drôle qu’il ait jamais entendue. Il savait qu’il n’était pas très malin de se moquer d’un vampire beaucoup plus vieux que lui fût-il aussi blessé, mais il ne pouvait pas s’en empêcher. Kel connaissait très mal Jay.

- Jay n’y est pour rien. Il m’a vaguement parlé de vous, il y a quelques années – j’ai bonne mémoire, voyez-vous. Lorsque j’ai détecté votre odeur dans cette ville, je me suis souvenu de son histoire. Et je me suis dit que c’était là l’occasion de lui faire un… cadeau.

Les yeux de Kel s’écarquillèrent. L’idée qu’il puisse être un cadeau – lui ou sa tête – ne l’avait de toute évidence jamais effleurée. Avant qu’il n’ait eu le temps de se remettre de sa surprise, ou à fortiori de prononcer un mot, Heero se jeta sur lui.


A suivre…


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