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Author of 14 Stories

Rated: K+ - French - Romance/Mystery - Lily Evans P. & James P. - Reviews: 562 - Updated: 07-29-09 - Published: 04-07-04 - Complete - id:1806816

Chapitre 22 – Le lendemain de la veille

Le bal avait été… Un véritable fiasco.

Enfin, du moins, c’était l’avis de Lily qui, présentement, méditait dans l’un des fauteuils pourpres de la salle commune, encore déguisée en Belle au Bois Dormant. La fête avait continué dans la salle commune, puisque le bal était officiellement terminé à minuit. Il était à présent près de trois heures du matin, et Lily ne tenait plus debout.

Elle arqua un sourcil devant son verre de Whisky pur feu, déjà à moitié vide. Elle n’avait pas les idées très claires, mais la soirée qu’elle venait de passer ne cessait de la tourmenter. Elle la revivait encore et encore.

Adrian avait dépassé les bornes. Il avait encore piqué une crise, mais cette fois Lily n’avait pas vraiment pu s’expliquer. Elle aurait eu terriblement honte de crier à travers toute la salle : « OUI J’AI DANSE AVEC JAMES POTTER ET J’AI AIME CA ! »

Ce n’était pas de sa faute ! Ils avaient passé un balai sorcier très célèbre, et il se trouvait que c’était sur cette musique que James et Lily avaient fait leurs premiers pas de danse en couple. Des souvenirs lui étaient alors revenus en force, comme si une bourrasque de vent s’était soudain abattue sur elle.

« Et n’oublie pas, c’est deux pas sur la droite, et pas sur mes orteils ! »

La fillette toisa le garçon avec un regard supérieur.

« Et toi, essaie de ne pas t’empêtrer les pieds dans ma robe, cette fois ! » siffla-t-elle.

Ils se jaugèrent du regard un moment, brun chocolat contre vert émeraude, et il finit par lui prendre les mains. Une demi-seconde plus tard, la musique commençait – des violons, l’instrument préféré de Lily, et du piano, le préféré de James – et l’atmosphère changeait du tout au tout.

La rousse virevoltait entre les bras du jeune garçon avec grâce et assurance. Elle et James avaient répété cette danse pendant près de deux semaines. Et ils faisaient enfin leur représentation, leurs familles comme spectateurs.

C’était étrange à quel point ils pouvaient s’accorder lorsqu’ils étaient sur une piste, alors qu’ils ne se supportaient pas en dehors des planches – comme si la musique effaçait leur éternelle animosité. En fait, Lily pensait que c’était le seul moment ou elle pouvait baisser sa garde avec le garçon, le seul moment ou elle pouvait laisser tomber sa carapace sans craindre de recevoir de coups.

Mais bien sûr, chaque chose a une fin, et bientôt la douce mélodie se fâna, et laissa place à des applaudissements. Les mains de James quittèrent les siennes et Lily sut que son petit moment de paix était terminé : elle devait être parée pour la prochaine attaque.

« C’était pas mal, Evans. »

Elle arqua un sourcil.

« Toi non plus, c’était pas mal, Potter. » fit-elle avec un léger sourire en coin.

« Tu ne m’as pas marché sur les orteils, cette fois. »

« Et toi tu ne t’es pas pris les pieds dans ma robe. »

Il eut un grand sourire.

« Mais tu ressembles toujours à un cochonnet en tutu ! » lança-il avant de tourner les talons.

« Et toi à un porc-épic en collants ! » cria-t-elle en retour alors qu’il s’éloignait.

Elle le savait. Elle ne devait pas baisser sa garde. Elle ne pouvait pas abaisser ses barrières en dehors de la piste. Elle devait se tenir prête à répondre à ses piques et à lui rendre ses sarcasmes.

Parce que c’était comme ça qu’ils fonctionnaient.

Un léger sourire naquit sur ses lèvres. Et sur celle du garçon aussi, mais ça elle ne pouvait pas le savoir...

Lorsque la musique avait commencé, Lily était restée comme pétrifiée.

Et James était apparu devant elle. Il lui avait souri timidement, lui avait fait un baise-main et l’avait invitée à danser.

Et elle avait accepté, sous le nez d’Adrian.

« Promis, je ne me prendrai pas les pieds dans ta robe, cette fois… »

Oh ! Elle ne s’en voulait pas tellement. Parce qu’après tout, elle pouvait danser avec qui elle voulait. Bon, d’accord, James Potter n’était certainement pas le meilleur choix, mais… C’était arrivé, point barre. Et puis, elle s’était réellement sentie grisée par cette danse légère et aérienne… Lily ne regrettait pas la danse, mais bien la scène de ménage qu’Adrian lui avait faite juste après.

Elle s’affala un peu plus dans le fauteuil, exténuée. Avec une légère grimace de dégoût, elle posa son verre de whisky sur la table basse et parcourut la salle commune du regard.

Il ne restait plus tellement de monde à présent. Kim dormait dans les bras de Jonathan, à quelques mètres d’elle, un léger sourire aux lèvres. Pas mal de septième année discutaient joyeusement, un peu plus loin. Nawei fixait le feu, l’air un peu perdu et, il fallait l’avouer, un peu déçu aussi. Elle était resplendissante, et même encore maintenant : sa robe, faite d’une matière qui reflétait la lumière d’une façon assez extraordinaire, cinglait sa poitrine et sa taille avec grâce. Ses cheveux étaient toujours aussi lisses et soyeux qu’au lancement du bal, et son maquillage n’avait pas bougé. Et ses ailes – ces grandes ailes aux milles couleurs – chatoyaient d’un éclat surnaturel devant les flammes dansantes.

Lily eut un petit sourire triste. Tous les efforts de Nawei avaient été vains, et Lily se demanda si elle n’avait pas fait ça avec l’énergie du désespoir. La petite n’avait voulu être belle que pour lui – et il ne l’avait pas vue.

Et puis il y avait Kate et Ted, étroitement enlacés, à quelques pas du groupe de septième année. Lily laissa traîner son regard sur la jeune fille, la voyant sous un jour nouveau, et eut un léger sourire.

Flash-Back :

« Je peux m’asseoir ? » demanda Lily.

Kate leva les yeux, et hocha positivement la tête. Elle était ravissante, avec ses cheveux blond vénitien relevés en un chignon élégant et sa robe blanc cassé.

« Alors, comment tu trouves le bal ? » demanda la jeune fille à Lily avant de porter son vers de Bièraubeurre à ses lèvres.

« Plutôt réussie. » répondit la rousse avec un sourire. « J’ai particulièrement aimé le costume de Chourave en Dame Nature. »

Kate pouffa légèrement et roula des yeux. « Et moi le petit show des Maraudeurs. Je n’aurais jamais cru qu’ils auraient osé parodier les professeurs avec une telle audace… Sirius n’était vraiment pas mal en robe écossaise… »

« C’est vrai qu’ils ont fait fort ! » concéda Lily. « Et Sirius était indubitablement le meilleur aux mimes… »

« Je suis contente de voir qu’il va mieux. » fit doucement Kate en regardant le sol.

Ses mots semblèrent flotter dans l’air quelques instants.

« Tu sais, Kate, il ne faut pas culpabiliser. » répondit Lily au bout d’un moment. « Tu sais, Sirius doit apprendre à faire ses expériences… »

Kate secoua légèrement la tête. « Je sais. Mais je ne peux pas m’empêcher de me sentir un peu responsable de ses débordements. Ca lui a fait tellement de mal… »

Lily resta silencieuse un moment, hésitant à poser la question qui lui brûlait les lèvres. Puis, finalement, elle se lança :

« Excuse mon indiscrétion – je ne t’oblige pas à répondre si tu n’en a pas envie, mais… Pourquoi as-tu quitté Sirius ? »

Pendant un instant, la rousse crût qu’elle n’allait pas répondre. Puis Kate leva lentement les yeux vers elle, et son regard semblait trop lourd pour appartenir à une fille si jeune.

« Parce que c’était inévitable. » répondit-elle d’une voix étrange.

« Comment ça, inévitable ? » demanda Lily, perplexe.

« Tu connais Sirius. » expliqua Kate. « C’est quelqu’un à part. Il vit dans une famille de fous, et il a un caractère bien à lui. C’est le genre de personnes dont on se souvient toute notre vie, tellement elles vous marquent. Et à qui on ne résiste pas facilement… Mais qu’il est impossible d’avoir complètement. »

Lily la regarda sans comprendre, et Kate poussa un profond soupir.

« Je m’en suis rendue compte après quelques mois. Je voyais que je m’accrochais de plus en plus. Je sentais que je me perdais. Parce qu’un jour, c’était inévitable : je le perdrais lui. »

« Il était amoureux de toi. » protesta faiblement Lily.

« Oui, bien sûr, et c’était réciproque. Mais plus le temps passait et plus je me rendais compte que je m’enfonçais. Et je ne voulais pas en arriver à un point où je serais incapable de remonter, parce qu’il serait hors de portée. Sirius Black est insaisissable, et je savais qu’un jour ou l’autre il me briserait le cœur. »

« Il ne pourrait jamais te donner ce que tu demandais… » dit doucement Lily.

Kate acquiesça doucement. « Mais Ted le pouvait. Alors j’ai fait mon choix. »

Lily adressa un faible sourire à la jeune fille, même si au fond de ses yeux, elle y voyait la même étincelle de désespoir qu’elle avait vu dans les yeux d’Adrian, quelques semaines plus tôt.

Le portrait coulissa doucement pour laisser entrer Sirius. Lily l’observa attentivement traverser la salle commune et s’installer près de James et Peter. Elle vit très distinctement le jeune homme leur faire un très léger signe de tête.

La rousse fronça les sourcils. Elle avait remarqué leur petit manège, pendant la nuit : les Maraudeurs (bien qu’amputés d’un membre) avaient disparu chacun à leur tour, et ce tout au long de la soirée. Lily essayait tant bien que mal d’ignorer la relation logique que son cerveau lui soumettait : ça avait quelque chose à voir avec Remus.

Mais Lily savait que c’était parfaitement stupide. Elle savait les Maraudeurs intrépides, mais pas idiots au point d’aller se frotter à un loup-garou un soir de pleine lune, et seul de surcroît. Il devait y avoir une autre explication.

C’est pourquoi elle prit son courage à deux mains et se leva de son fauteuil. Nawei lui lança un vague regard interrogateur, et Lily lui fit signe de se rassurer. La rousse traversa la salle commune et vint s’asseoir à côté de Peter.

« Quel bon vent t’amène, Lily Jolie ? » demanda Sirius avec un sourire fatigué.

A cet instant, Lily se félicita d’avoir parlé à Sirius quelques jours plus tôt. Il s’était comporté comme un véritable gentleman, pendant le bal…

« Je pourrais te retourner la question, Sirichou. » susurra-t-elle. « Qu’est-ce qui te prend de te balader seul dans Poudlard aux petites heures ? »

Sirius parut surpris de la question, mais il retrouva bien vite contenance. « Oh, j’aime faire des balades au petit matin. D’ailleurs je ne suis pas le seul : j’ai croisé Tobey Darwin et Russel Preston en grande conversation, il n’y a pas deux minutes. »

« Sûrement à cause de cette histoire de prédictions chinoises. » fit James en s’étirant comme un chat, devant elle. « Ca a eu un sacré succès, hier… »

Sirius eut un reniflement dédaigneux.

« Tu parles. Je m’étais attendu à mieux, franchement. Ma prédiction disait qu’il était temps pour moi d’ouvrir les yeux, ou quelque chose du genre. C’est ça, une prédiction ? Non, monsieur, ça c’est de la foutaise enrubannée d’une belle formule. »

« Le mien disait « Tout vient à point à qui sait attendre. » » fit pensivement James. « Et je pense que j’y crois. »

Lily ne put ignorer le furtif coup d’œil qu’il lui lança et se sentit brusquement rougir en pensant à sa propre prédiction.

« Keep your friends close… and your enemies closer. » (1)

Ca ne pouvait pas signifier ce qu’elle pensait que ça signifiait… N’est-ce pas?

Elle fixa résolument le sol pendant une bonne minute.

« Heu… Lily ? »

La rousse releva brutalement la tête. James.

« Je voulais m’excuser, pour tantôt. » dit-il.

« Pour tantôt quoi ? » demanda Lily, perplexe.

« Hé bien… C’est un peu à cause de moi si Parker t’a fait une scène… »

Lily le fixa un moment, les yeux grands ouverts.

« Oh ! » finit-elle par dire en roulant des yeux. « Tu n’as pas à t’excuser ! Adrian doit se guérir de sa jalousie maladive tout seul, hors de question que je m’empêche de vivre pour le contenter. » Puis elle ajouta, avec un demi-sourire. « Mais il faut avouer que c’était un peu kamikaze de ta part de m’inviter à danser sous son nez. »

« Je sais. » fit James avec un grand sourire idiot.

« Mais voyons, Lily, notre Jamesie aime le risque ! » lança Sirius en administrant un tape amicale sur l’épaule de son meilleur ami.

Lily leva les yeux au ciel. Cette conversation lui semblait assez surréaliste.

« Et puis c’était… délectable, cette petit scène de ménage, tantôt. » continua Sirius. « Sérieusement, Lily, tu devrais faire ça plus souvent : voir Parker hors de ses gonds, c’est jouissif ! »

« Peut-être pour vous, mais pour moi c’est une autre affaire. » répliqua sombrement la rousse.

Sirius et James lui adressèrent un grand sourire innocent.

« Lil ? Je vais me coucher. »

C’était Nawei.

« Oh, OK, Nana. Bonne nuit… »

Nawei lui adressa un faible sourire et disparut dans l’escalier de pierres.

« Encore une qui n’avait pas l’air d’apprécier la soirée autant que les autres. » constata Sirius.

« Mmmmhhh. » fit pensivement Lily. « Pas étonnant, sachant que Remus n’était pas là… »

Elle vit clairement les Maraudeurs échanger un regard gêné.

« Il devait assister au mariage de son cousin. » expliqua James un peu trop rapidement, peut-être.

« Je sais. » fit platement Lily. « C’est ce qu’il a dit à Nana lorsqu’elle lui a proposé d’être sa cavalière. »

« C’est vraiment dommage pour eux. » murmura James. « Ils auraient eu l’occasion d’avoir leur premier rendez-vous, et ça aurait fait du bien à à peu près tout le monde ici de les voir enfin ensemble. »

« Mais Remus est une tête de mule. » fit remarquer Lily. « J’ai beau essayer de lui parler, il reste très secret sur les sentiments qu’il éprouve à l’égard de Nana. »

« Même à nous, il ne nous a jamais rien dit. » dit Sirius en passant une main dans ses cheveux noirs et soyeux. « On l’a deviné parce qu’un jour, on s’est mis à le taquiner sur sa vie amoureuse et qu’il s’est mis à rougir comme une écrevisse quand on lui a dit qu’il irait bien avec Nawei. »

« C’était quand ? » demanda Lily.

« En troisième année, je crois. » répondit Sirius.

Lily hocha la tête avec un sourire.

« Ca fait depuis notre premier voyage en train que je m’en doute. » expliqua-t-elle. « Quand ils se sont rencontrés, ils… ils n’ont pas pu détacher leur regard de l’autre avant une bonne minute. C’était assez effrayant, quand j’y repense. »

Sirius et James eurent un petit rire. « Remus est une bête étrange, c’est vrai. » dit le jeune Black avec un curieux sourire.

Lily fit de son mieux pour faire semblant de ne pas comprendre le sous-entendu.

« Je ferais peut-être mieux d’aller me coucher. » dit-elle en réprimant un bâillement. « Bonne nuit, les gars. »

« ‘Nuit, Lily. » répondirent les trois garçons d’une même voix.

Elle traversa la salle commune d’un pas lourd. Se lever de son fauteuil lui avait mis comme du plomb dans la tête et elle lutta pour ne pas vaciller. Du coin de l’œil, elle vit que Kim et Jonathan dormaient toujours dans les bras l’un de l’autre devant l’âtre et décida que pour une fois, Kim n’était pas obligée de dormir dans le dortoir.

Lorsqu’elle pénétra dans la pièce, tout était silencieux. La respiration de Nawei était calme, mais pas assez lente pour faire croire à Lily que son amie était plongée dans le sommeil. La rousse se glissa avec délice dans son lit après avoir enfilé son pyjama et bascula dans les bras de Morphée en quelques minutes seulement.

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Elle fit un réveillée par les gémissements de Nawei, dans le lit à côté d’elle.

« Nana ? » chuchota-t-elle d’une voix ensommeillée.

De nouveaux, ces gémissements plaintifs. Lily jeta un coup d’œil à son réveil et grogna : elle n’avait dormi qu’une heure.

Soupirant de frustration, elle sortit du lit, s’approcha du lit de l’asiatique et écarta les rideaux pourpres.

« Nana ? Est-ce que ça va ? » demanda-t-elle prudemment.

La petite était recroquevillée sur elle-même et serrait ses couvertures contre elle avec une force peu commune pour une jeune fille aussi menue. Lily pouvait entendre très distinctement les plaintes s’échapper de ses lèvres.

« Nawei ? »

La rousse prit la jeune fille par les épaules et la secoua quelque peu.

« Nana ! » dit-elle, plus fort, cette fois.

Nawei ouvrit les yeux. Elles se fixèrent un moment, aussi pétrifiée l’une que l’autre.

« Lily ? » finit par murmurer la jeune fille.

« Oui, c’est moi. » fit doucement la rousse. « Tu as fait un cauchemar ? »

« Oui… Enfin, je ne sais pas, ce n’était pas vraiment un cauchemar… Je… j’ai rêvé de toi. »

« C’est vrai ? »

La petite hocha la tête.

« Tu… » Elle sembla soudain affreusement gênée. « Oh, Lily, tu étais mariée à James ! »

« Charmant… »

« Désolée. » fit Nawei avec un sourire penaud. « Je pense que c’était ta réception de mariage, parce qu’il y avait aussi Kim, moi, Peter, Remus et Sirius … Puis d’autres gens sont arrivés , Les jumelles Clo-Clo mais aussi Dumbledore et Peeves. »

Lily lui fit de grands yeux. « Peeves ? » répéta-t-elle.

« Tu disais que tu l’avais invité parce qu’il se sentait seul à Poudlard sans les Maraudeurs. Et… Oh, tu avais aussi invité Rogue et sa bande ! Ils étaient déguisés en stars du rock… »

Lily eut un petit rire.

« Pas étonnant que tu gémissais dans ton sommeil. » fit-elle avec une grimace de dégoût.

Nawei perdit aussitôt son sourire. « Non, Lily. Si j’ai gémi, c’est parce que tout était très clair… Puis tout a viré au noir. »

Son visage se rembrunit.

« Tu as déjà eu ça, te réveiller sans te souvenir de ton rêve mais bien de son atmosphère ? »

« Oui.»

« C’est ça que j’ai. Je sais que c’est devenu sombre et incroyablement flippant, mais je ne me souviens que de la sensation que ça m’a laissée. »

« Tu… Enfin… Ce n’était pas une prémonition, n’est-ce pas ? »

Lily ne se sentait pas très à l’aise face à l’idée de devenir la futur Mrs Potter… Et d’inviter Peeves à son mariage.

Mais Nawei secoua énergiquement la tête.

« Tu sais bien que mes visions ne ressemblent jamais à ça. Ce sont plus des pressentiments. »

Lily hocha la tête, rassurée, mais pour une raison étrange, l’image d’elle et James se penchant sur un berceau s’imposa à son esprit. Elle la chassa immédiatement.

« Et puis, il vaut mieux que ça ne soit qu’un rêve. » fit pensivement Nawei.

« Evidemment. Tu m’imagines mariée à Potter ? » dit Lily, un peu outrée.

« Heu… Non… Bien sûr que non. » répondit la jeune fille, mais Lily était certaine que c’était plus pour lui faire plaisir que par pure conviction personnelle. « C’est juste que dans mon rêve, Remus et Sirius filaient le parfait amour et j’étais mariée à ce Serpentard taciturne. »

Lily s’apprêtait à commenter lorsque la porte s’ouvrit en coup de vent avec force gloussements.

« Oh, vous ne dormez pas, les filles ! » fit Cleo en leur adressant un sourire extatique.

« Pas vraiment… Mais on le faisait, deux minutes plus tôt. » répondit Lily en espérant qu’elles comprennent que ce n’était pas des manières que de débarquer en fanfare dans un dortoir à quatre heures du matin.

« Alors on a bien choisi notre moment ! » fit Cloe.

Les deux filles partirent dans une nouvelle crise de gloussement.

« Vous ne devinerez jamais avec qui on est sorties ce soir ! » dit Cleo.

« Avec qui ? » fit Lily d’une voix lasse en se recouchant.

« Avec les jumeaux Peaks ! » s’écria Cloe.

Nouvelles série de gloussements. Lily s’empêcha à grand peine de ne pas s’enfoncer la tête sous son oreiller.

Il fallut près de vingt minutes aux deux rousses pour se calmer et enfin se glisser dans leurs draps respectifs. Avec un soupir de soulagement, Lily ferma enfin les yeux et retourna aussitôt fait dans les bras de son cher Morphée.

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« Nana, la prochaine fois que tu fais un cauchemar, rappelle moi de te bâillonner. »

Nawei tourna vers elle un regard ahuri. « Pourquoi ça ? »

« J’ai rêvé que j’étais mariée à James, moi aussi. » fit Lily d’une voix douloureuse.

Il était un peu plus de huit heures et les deux filles descendaient d’un pas traînant les escaliers de pierres, la tête lourde. Nawei eut un léger sourire et Lily la fusilla du regard.

Kim les rejoignit un peu plus tard dans la matinée, dans la Grande Salle. Elles prenaient leur petit déjeuner sans ses presser - ils étaient dimanche et comme la soirée de la veille avait été mouvementée, la Grande Salle était relativement vide à une heure aussi matinale.

« Bien dormi, Kim ? » demanda Lily à la blonde avec un sourire en coin.

« Pas dans une très bonne position, mais en très bonne compagnie, oui. » répondit celle-ci en souriant. Elle avait de fameuses poches sous les yeux mais semblait n’en avoir cure. Lily vit Nawei rouler des yeux.

Les élèves commençaient tout doucement à affluer dans la Grande Salle – la plupart d’entre eux complètement groggy, voir même carrément amorphe. Même les Serpentard faisaient des têtes de six pieds de long, et Lily trouva quelque réconfort dans l’air avachi qu’arborait Dannie Owen.

« Tiens, le courrier arrive… » fit Nawei.

Elle saisit le journal en plein vol et ouvrit grand les yeux.

« De nouveau une attaque ? » demanda Kim d’une voix blanche.

« Oui. » murmura Nawei. « Mais il n’y a pas trop de casse de toute évidence. Les Mangemorts se sont attaqués à une famille de sang pur qui leur a résisté. Et… Ils ont attrapé un Mangemort ! Regarde, il y a sa photo ! »

Elle tendit le journal à Kim, qui laissa tomber sa petite cuillère.

« Je le connais. » lâcha-t-elle platement.

« C’est vrai ? » demanda Lily.

Kim hocha sombrement la tête. « Gary Lynch. Il travaillait au ministère avec mon père et mon oncle. Ils parlaient souvent de lui comme de quelqu’un de très compétant. La vermine grouille. » termina-t-elle, crachant son dégoût.

Elle déposa sans aucune délicatesse le journal à côté d’elle et reprit son petit déjeuner comme si de rien n’était.

« Tiens, Kim, voilà ta sœur. » dit Nawei. « Elle a l’air dans un meilleur état que nous… »

« Normal, elle n’est pas allée au bal. Elle n’est qu’en quatrième, après tout… » fit remarquer Kim avant de faire signe à se sœur de les rejoindre.

Jamie leur adressa un sourire et s’approcha des trois filles, ses cheveux blond cendré flottant derrière elle.

« Hey, Jamie chérie. » fit gentiment Kim. « Viens manger un bout avec nous. »

Jamie hocha la tête et Lily s’étonna à quel point l’attitude de Kim envers sa sœur pouvait contraster avec celle qu’elle avait envers les autres. Douce et gentille, et certainement un peu protectrice. Quoi de plus naturel, lorsqu’on savait ce que la jeune fille avait dû subir pendant l’été…

Lily se demanda vaguement comment Jamie pouvait suivre les cours, étant toujours muette. Kim lui avait expliqué qu’elle ne faisait que la théorie, laissant la pratique pour plus tard, quand elle aurait recouvré la parole, mais la rousse trouvait toujours que ça ne devait pas être simple pour une gamine de quatorze ans de devoir vivre comme ça.

« Tu veux un peu de jus de citrouille ? » proposa gentiment Kim.

Jamie hocha la tête.

« Tiens. » fit Kim une fois qu’elle l’eut servie.

La jeune fille attendit, la main en l’air, pendant plusieurs secondes. Mais Jamie ne bougeait pas.

« Jamie ? » demanda Kim en se penchant légèrement en avant.

Doucement, très doucement, sa sœur leva les yeux vers elle. Et Lily pouvait y lire tellement d’émotions contradictoires qu’elle eut soudain peur de la voir fondre en larmes.

Mais Jamie ne versa pas une seule goutte salée. A la place, elle fixa sa sœur avec des yeux grands ouverts, puis baissa à nouveau le regard vers le journal.

Et au bout d’interminables secondes de silence tendu…

« C’est lui... » coassa la jeune fille d’une voix étrange, comme éraillée.

L’étonnement se peignit soudain sur les visages de ses trois compagnes.

Jamie Hurley venait d’ouvrir la bouche, et ce après près de trois mois de silence.

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A tous ceux qui s’attendaient à une soirée de bal détaillée, je m’excuse platement, mais je ne le sentais vraiment pas ! Donc j’ai préféré contourner un peu le problème, et amener la chute plus facilement, même si je ne suis pas entièrement satisfaite de ce chapitre… That’s life :)

(1) « Keep your friends close and your enemies closer » pourrait se traduire par « Gardez vos amis proches de vous, et vos ennemis encore plus. » Je ne savais pas comment traduire cette phrase pour rendre le même effet en français, j’avais peur de la dénaturer, alors je l’ai laissée comme ça. Et puis, c’est l’anglais qui fait tout son charme… :)

En ce qui concerne le bal, je ne le considère pas ouvert aux quatrième année comme dans HP4 parce que à mon humble avis, il n’était autorisé aux jeunes de cet âge seulement parce qu’Harry était l’un des champions. Je mettrais plutôt la limite à la cinquième année, personnellement :)

(Gary Lynch… Oui, je sais, je suis capable de faire preuve d’une imagination époustoufflante, quand je veux XD La prochaine fois vous aurez Evanna Oldman et tout le monde sera content !)

Par contre, j’ai une assez mauvaise nouvelle pour mes adorables reviewers que j’aime tant : je ne pourrai pas répondre aux reviews cette fois-ci ! (Qui a dit « Encore » ?) Genre, il est presque minuit et je suis absolument claquée, étant donne que je travaille dans mon kot la semaine ET le week-end et qu’il y a pas mal de travaux à faire… J’ai pas trop le temps de souffler de ces temps-ci, et je suis trop fatiguée pour écrire quand je rentre, alors si les prochains et derniers chapitres sont fait au brouillon, ils sont loin d’être écrits… :-S

Je ne vous remercierai jamais assez, mes chers lecteurs, pour votre ténacité à lire cette humble fiction… Et un remerciement particulier à Berlingotte (mon harceleuse personnelle, s’il-vous-plait ;-) qui m’a laissé un nombre incalculable d’adorables commentaires que je chérirai toute ma vie ! Merci !

Bonne rentrée à tous ! (moi c’est pour le 15 septembre, héhé)



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