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Author of 14 Stories

Rated: K+ - French - Romance/Mystery - Lily Evans P. & James P. - Reviews: 562 - Updated: 07-29-09 - Published: 04-07-04 - Complete - id:1806816

Chapitre 25 : Curiosity kills the cat

« La curiosité est un vilain défaut. Evite de fourrer ton nez de petite fouineuse dans les affaires des autres, à l’avenir. »

« AOUTCH ! »

Lily sursauta et lâcha vivement la lettre. Ses mains étaient parcourues de fourmillements particulièrement désagréables, agrémentés de sortes de décharges électriques pour le moins douloureuses.

« Lily, qu’est-ce que tu as ? » demanda Nawei, regardant son amie se tenir les mains avec inquiétude.

« Cette lettre… Elle m’a donné une sorte de décharge électrique à retardement. »

Kim prit sa fourchette et voulut la planter sans ménagement dans le bout de papier, mais Nawei l’arrêta.

« Kim, non ! Si c’est comme l’électricité moldue, ta fourchette est conductrice ! Utilise ta baguette, c’est drôlement plus sûr. »

La blonde s’exécuta et lut la missive à voix haute.

« C’est un avertissement. » constata Nawei d’une voix légèrement inquiète.

« Sans blague. » marmonna Kim avec mauvaise humeur. « Qui aurait pu te l’envoyer ? »

« Quelqu’un qui sait les recherches que j’ai entreprises. » répondit Lily à voix basse, se massant toujours les mains. Les décharges s’étaient estompées, mais les fourmillements se faisaient toujours désagréablement sentir.

« Et qui a intérêt à ce que tu les interrompes. » fit Nawei. « Vois le bon côté des choses, Lily, ça veut dire que tu es sur la bonne voie. »

« Tu t’es décidée à remplacer Poppy quand notre éternelle optimiste n’est pas là ? » demanda Kim, mais son léger sourire trahissait le mordant de sa pique.

La jeune asiatique leva les yeux au ciel, mais ne répondit rien. A la place, elle se tourna vers Lily, le visage grave.

« Il va falloir que tu fasses attention, Lil. A moins que tu veuilles abandonner tes recherches… »

« T’es folle ? » répliqua vivement la rousse aussi bas qu’elle le pouvait.

« Tu sais, Lily, je comprendrais très bien que tu arrêtes tout… Après tout, ce n’est pas comme si revenir à nos vies fades et mornes était un gros problème. »

La rousse lui jeta un regard incrédule, mais Nawei lui sourit d’un air taquin.

« Nana, t’es trop hilarante quand tu t’y mets, tu sais, ça ? » fit Lily en roulant des yeux.

La brune eut un petit sourire satisfait et se replongea dans son livre de métamorphose.

« Merlin… » soupira Kim au bout d’un moment, l’air défait. « J’aurais jamais pensé avoir une telle influence sur vous. Vous devenez pire que moi, les filles. »

« Nous aussi on t’aime, Kimmy. » fit Lily avant de mordre à pleines dents dans sa brioche.

XxxXxxXxxXxxXxxX

Malgré son sens aigu de l’observation, Lily ne remarqua rien de suspect. Le cours de potion se passa sans incident notable (mis à part l’explosion inopportune du chaudron de Peter) et McGonagall semblait d’une humeur relativement cordiale ce matin-là. Lily s’attendait vaguement à ce que Sirius en usurpe le mérite, mais le garçon n’en fit rien.

Au contraire, les Maraudeurs furent plutôt calmes durant la matinée. Et Lily ne disait pas ça parce qu’elle avait passé la quasi-totalité des deux heures de cours à observer un certain brun à lunettes, non non non. En fait, elle avait fait de son mieux pour s’empêcher de lui retourner ses regards, mais c’était un combat perdu d’avance. Quoi qu’elle fasse, elle sentait son regard lui brûler la nuque, et les moindres chuchotements venant de leur coin attirait son attention.

Le retentissement subit de la cloche fut une délivrance pour tout le monde, mais en particulier pour la rousse.

« Lily… » entendit-elle Kim murmurer à côté d’elle.

« Quoi ? »

La réponse n’avait pas été des plus douces, mais Lily n’en avait cure.

La blonde roula des yeux.

« Tu devrais franchement faire gaffe. T’es un peu trop transparente, tu sais ? Si Nana-miss-je-sais-tout-mieux-que-tout-le-monde n’a rien remarqué parce qu’elle est sur son petit nuage pour le moment, c’est pas mon cas, ma grande. Alors fais un peu attention, tu veux ? J’ai même vu McGonagall froncer les sourcils lorsque tu t’es retournée pour la 6ème fois. »

Lily cligna des yeux.

« Mais de quoi tu parles ? »

Kim vit visiblement un effort pour se retourner de soupirer.

« Rien. Laisse tomber. Amène-toi, parce que si j’en crois mon petit doigt, Nana a demandé à Lupin de nous attendre, et par conséquent toute la bande poireaute à la porte. »

« Et le dicton dit : Ne jamais faire attendre un Maraudeur affamé. Compris, chef. »

Kim hocha la tête et elles se dirigèrent vers la sortie, Lily s’en sortant sans trop de mal – pour cette fois.

XxxXxxXxxXxxXxxX

« J’ai faaaaaaaaaaiiiiim ! » pleurnicha James alors qu’ils se dirigeaient vers la Grande Salle.

« On y est presque, James, tiens bon. » fit Remus, compatissant, la main de Nawei dans la sienne.

« Ouais, et si ça marche pas, mange ta main et garde l’autre pour demain. » dit Sirius avec le plus grand sérieux du monde.

Peter émit un bruit dégoûté. « Eurk, mais d’où tu sors toujours ce genre de phrases, Sirius ? »

Le jeune Black haussa les épaules. « Ma mère. Elle nous disait ça à mon frère et moi, quand on était petit et qu’on se plaignait d’avoir faim. Oh, et elle ajoutait toujours que son arrière-grand-père l’avait fait, en temps de guerre, lorsqu’il était coincé dans une maison en ruines sans aucun vivre. Elle nous assurait que ça lui avait probablement sauvé la vie, mais pas sa santé mentale. »

Un grand silence suivit sa déclaration.

« Sirius… » fit finalement James. « Promets-moi de ne plus jamais retourner vivre chez cette harpie dégénérée. »

« Y a pas de danger, mon bon Jamesie. » répliqua Sirius en donnant l’accolade à son meilleur ami.

« Ouais, ben c’est quand même répugnant. Bon appétit... » grommela Peter qui, Lily le savait, n’en verrait pas son appétit diminué pour autant.

Lorsqu’ils atteignirent le Hall, l’histoire de Sirius était sortie de toutes les têtes, et Nawei et Remus s’étaient lancé dans une « passionnante » discussion sur la famine des Gobelins de 1906, si bien que tout le monde avait décroché au bout d’une demi-minute.

« Hé, Lily ! »

« Oh, salut, Kate. »

La jeune fille lui rendit son salut par un sourire.

« Tu as appris la nouvelle ? » demanda-t-elle, sur le ton de la confidence.

« Heu… Non, je ne crois pas… Qu’est-ce qu’il y a ? »

« Un cours d’Ancienne Magie, cet après-midi. Ca vient d’être affiché. »

« C’est vrai ? » fit Lily, étonné d’un tel plan. « Mais… Pendant les cours ? »

« Non, après. Toutes les infos sont sur le panneau d’affichage, tu verras. Je te laisse, Ted m’attend pour manger. »

Elle lui fit un clin d’œil et décampa comme un lapin.

« Un cours d’Ancienne Magie ? C’est quoi cette histoire ? » demanda Kim, qui l’avait attendue.

« J’en sais rien. On n’a qu’à aller voir, ça prendra 5 minutes, et je pense que de toute façon, les Maraudeurs ne nous ont pas attendues pour manger. »

Les deux filles jetèrent un regard désabusé aux quatre garçons qui s’étaient déjà rués sur a nourriture.

« La poisse… » marmonna Kim alors qu’elles se dirigeant vers le panneau.

« Quoi, t’as si faim que ça ? » taquina Lily.

« Nan, c’est pas ça. » fit sombrement la blonde. « Je viens juste de réaliser ce que le nouveau « statut » de Nana impliquait pour nous. Et j’ai bien l’impression que je vais passer le restant de l’année à manger en face de quatre porcs… »

Lily lui jeta un regard torve.

« Enfin, trois. » se corrigea le blonde après un temps de réflexion. « Lupin est plutôt convenable, et Nawei ne serait pas mon amie si elle n’avait pas un tant soit peu de goût. »

« Oh, t’exagères, Kim. Sirius est plutôt calme, ces derniers temps, tu dois bien avouer. Il te fout une paix royale, non ? »

La mine de la blonde s’assombrit d’avantage.

« Ouais, et c’est bien ça qui m’inquiète… »

Elles s’arrêtèrent devant le panneau d’affichage – surchargé, comme à son habitude. Lily fouilla un moment avant de le trouver.

« Ah ! Cours d’Ancienne Magie, dans le parc, cet après-midi, 16h30. Et je suis censée faire mon essai de Métamorphose quand, moi ? » râla la rousse, qui venait de voir son temps libre (déjà fameusement restreint par de multiples fêtes et autres réjouissances pendant les week-ends) s’envoler en fumée.

« Ouais, ben allons manger, alors, » marmonna Kim, « Parce que si t’es censée tenir jusqu’au soir sans rien dans le ventre, je ne te donne pas deux heures avant de tomber à genoux devant nos quatre porcs pour qu’ils te montrent le chemin des cuisines. »

Lily eut un petit rire et elles se mirent en marche. Elles avaient à peine fait quelques pas vers les portes de la Grande Salle qu’une petite silhouette déboula dans leur champ de vision.

« Lily ! Kim ! » s’écria Poppy, légèrement essoufflée.

« Poppy ? Mais qu’est-ce que tu as ? »

« Je… Oh, vous n’allez pas le croire. »

Elle se mit à rire, et bien que contaminées par son hilarité, les deux jeunes filles la forcèrent à se calmer.

« Ce sont les Maraudeurs… » expliqua Poppy à voix basse. « Ils… Ils m’ont recrutée ce matin pour un petit boulot, et j’ai pas pu refuser… »

« Quel genre de boulot ? » demanda Lily, suspicieuse.

Poppy regarda autour d’elle, puis sortit un papier de sa poche.

« Coller ça à peu près partout dans le château, avec un sort de Glue Perpétuelle. » chuchota-t-elle.

Et Lily ne put pas s’empêcher d’éclater de rire lorsque Kim déroula le parchemin.

« Concours de beauté : Votez Severus Rogue, la sorcière la plus en vogue » lut Kim a voix haute. « Laisse-moi deviner : cette rime plus que douteuse est l’œuvre de Black, n’est-ce pas ? »

Mais Poppy, un immense sourire aux lèvres, hocha vivement la tête.

« Oui ! Bon, la poésie c’est pas vraiment son truc, mais son montage est excellent, vous ne trouvez pas ? On dirait vraiment une… »

« Chimère. » lâcha Kim.

Et c’est le mot juste, pensa Lily en avisant la poitrine opulente, les formes avantageuses, la petite robe seyante d’un rouge sensuel et… la tête de Severus Rogue, l’air plus grincheux que jamais.

La rousse étouffa son rire dans la manche de son chemisier.

« Chut ! » la réprimanda Poppy, mais elle aussi avait du mal à cacher son hilarité. « J’en ai collé partout dans le château, dans les coins les plus fréquentés, et j’ai quasiment vidé mon stock dans les toilettes du premier et troisième étage. »

« Uuuurgh. » fit Kim avec une belle grimace. « Je suppose que ça aidera ceux qui ont des petit problèmes de diges… »

Lily lui asséna un petit coup sur la tête pour l’empêcher de finir sa phrase.

« Tu peux être aussi écoeurante que Sirius, quand tu t’y mets, tu sais ? »

« Oh, en parlant de Sirius, » interféra Poppy, la mine soudain plus grave. « Les directrices de son fan club étaient en train de fixer leur prochaine réunion dans les toilettes quand j’y suis entrée. »

Kim faillit s’étrangler.

« Black ? Un fan club ? Tu rigoles, j’espère ! »

« Non, bien sûr que non. Il existe depuis l’année passée, et il s’est un peu dissolu quand c’est devenu plus sérieux avec Kate. Maintenant que Sirius est à nouveau célibataire, il a repris son activité… »

« Tu savais ? » demanda Kim à Lily, l’air sidéré.

Mais la rousse secoua négativement la tête.

« Les toilettes du premier, c’est leur repère. » expliqua Poppy. « Elles fixent toujours la date et l’heure de leur prochaine réunion sur le miroir. »

« Je n’ai jamais rien vu. » fit Lily qui, après un instant de réflexion, se rappela qu’elle utilisait rarement les toilettes de premier étager car c’était le lieu de prédilection des pipelettes intarissables, cancaneuses de compétition et pots de peinture ambulants.

« Je pense qu’elles ont inventé un système spécial pour que seules les membres puissent le lire. En tout cas, elles étaient en train d’écrire un message sur le miroir quand je suis entrée, et quand elles m’ont vue, elles n’ont plus voulu me lâcher. »

« Pourquoi ? Tu fais aussi partie de son fan club ? » demanda Kim, un sourcil levé.

Poppy lui lança un regard boudeur.

« Non, bien sûr que non, mais je traîne souvent avec les Maraudeurs de ces temps-ci, et elles m’ont demandée si je savais pourquoi Sirius passait le plus clair de son temps à déambuler seul dans le château ces derniers temps. »

« Black, seul ? Tes copines doivent avoir un sacré problème pour être sujettes à de telles hallucinations. » fit Kim, un brin moqueuse.

« Non, elles ne sont pas folles, Kim. » intervint Lily. « J’ai remarqué que depuis quelques jours, Sirius n’était pas dans son assiette. Et James m’a dit qu’il passait pas mal de temps à remuer de sombres pensées. »

« James, tiens donc… » fit le blonde avec un demi-sourire.

Lily lui adressa le plus beau regard noir qu’elle pouvait faire.

« Elles pensent qu’il a à nouveau quelqu’un en vue. » fit Poppy, levant les yeux au ciel. « Les pauvres, si elles savaient… »

« Tu sais quelque chose qu’on ignore ? » fit Kim, la tête penchée et un sourcil élégamment levé.

Mais Poppy haussa simplement les épaules. « Je ne connais pas tellement Sirius, mais je sais que s’il avait vraiment une fille vue, il ne passerait certainement pas le plus clair de son temps seul. »

Et, ne laissant pas le temps aux deux filles de répondre, elle enchaîna, comme montée sur des ressorts :

« En attendant, il va quand même falloir que je retourne aux toilettes. Je me suis sauvée le plus vite que j’ai pu, parce qu’elles devenaient vraiment collantes, mais avec ça, j’ai pas eu le temps de coller mes affiches… »

« Attends. » fit Kim en saisissant une photo de Bimbo-Rogue.

Elle marmonna un sort, vérifia qu’aucune âme malheureuse ne traînait dans le Hall et propulsa d’un coup de baguette le prospectus sur le panneau d’affichage, à quelques mètres d’elles.

« Fantastique ! » lança Poppy, tout sourire, avant de tourner les talons. « Bon appétit les filles ! »

« Merci ! » répondit Lily avant de se tourner vers Kim. « Tu encourages les frasques des Maraudeurs, maintenant ? »

« Ils mangent peut-être comme des porcs, mais ils ne sont pas dépourvus d’humour pour autant. Humour vaseux, dans le cas de Black, mais quand même. »

La blonde jeta un dernier coup d’œil à Bimbo-Rogue.

« Et puis, tu sais bien ce que dit le dicton… Les ennemis de mes ennemis sont mes amis. »

Lily rit doucement. « Pas tout à fait ça, mais c’est pas mal trouvé. »

Et elles se dirigèrent toutes deux vers la Grande Salle.

XxxXxxXxxXxxXxxX

Lily resserra son écharpe autour de son cou. L’air était sec mais glacial, et la jeune fille se demanda un instant si Stavenski n’avait pas perdu la tête. Ils allaient faire cours dehors par ce froid de canard ?

Mais au bout de dix minutes, ses craintes furent apaisées : la jeune femme avait installé une énorme bulle d’air chaud au milieu du parc, et tous les élèves se pressaient à l’intérieur pour échapper au froid.

« Très bien, tout le monde est là. » fit une voix derrière elle.

Stavenski venait de pénétrer dans la bulle, accompagnée de quatre autres professeurs, dont sa sœur et le professeur Flitwick, de Mme Pomfresh et de Russel Preston, le Préfet-en-Chef. Lily repéra Remus un peu plus loin, et s’approcha de lui.

« Qu’est-ce que tu crois qu’elle nous mijote ? » demanda-t-il à voix basse, et la jeune fille haussa les épaules. « Une telle délégation pour un simple cours, ça ne me semble pas très logique… »

« Entièrement d’accord… » murmura Lily en retour. « Mais de toute façon, elle ne va pas pouvoir préserver le suspense bien longtemps. »

En effet, au bout de quelques secondes, le jeune professeur reprit la parole.

« Bonsoir à toutes et à tous. Je suppose que vous êtes tous un peu intrigués par cette mise en scène. J’ai avec moi quatre professeurs pour superviser les opérations, et normalement, tout devrait bien se passer. Je vais vous demander quelques minutes d’échauffement basique, et puis nous passerons aux choses sérieuses. »

« C’est-à dire ? » fit un élève de Serdaigle, visiblement impatient.

« C'est-à-dire une mise à l’épreuve. »

Un murmure d’inquiétude s’éleva dans la foule.

« Ne paniquez pas, » s’empressa d’ajouter Stavenski. « Ce n’est ni un examen, ni même un concours éliminatoire. Au stade où vous êtes arrivés, j’ai juste pensé qu’il était temps pour vous de passer au niveau supérieur. »

Elle attendit un moment avant de reprendre :

« Vous allez vous affronter en duel. »

Là, ce fut une vague d’excitation et d’appréhension qui traversa l’auditoire, et Lily vit Remus lui jeter un regard incertain.

« Vous travaillerez par petits groupes, et sous la tutelle d’un professeur. Chaque binôme passera l’un après l’autre. Au bout d’un certain temps, vous changerez de partenaire. »

« Génial ! » fit un garçon de Serpentard, appréciateur, tandis que tous ses amis l’approuvaient avec de vigoureux hochements de tête.

Mais Stavenski s’empressa de tempérer ses ardeurs :

« Loin de moi l’idée de jouer les rabat-joies, Mr Hodge, mais je me dois de vous rappeler que ceci est un cours, pas une véritable compétition. Le but est de vous entraîner, pas de vous entretuer, est-ce bien clair ? J’ai mis toutes les chances de mon côté pour éviter un accident, alors je vous serais reconnaissante de faire de même. »

Les groupes furent formés au hasard, et Lily se vit séparée de Remus pour aller rejoindre Mary, Angela Fletcher, Ted Finigan et deux garçons de Pouffsouffle qu’elle connaissait à peine. La rousse grimaça un peu lorsqu’elle vit Stavenski s’avancer vers eux, lançant un coup d’œil appuyé à Mary. Ce cours n’allait certainement pas être de tout repos.

« Hey, décrispe-toi, Lily. Tout va bien se passer. » lui glissa Ted à l’oreille avant de lui faire un clin d’œil.

Lily eut un pâle sourire, heureuse d’avoir à ses côtés un visage familier et amical.

Ce fut Ted qui ouvrit le bal. Il affronta un des Pouffsouffle sous l’œil perçant de Stavenski, et même si au départ leurs coups étaient un peu hésitants, les deux garçons ne tardèrent pas à prendre de l’assurance. L’affrontement se fit plus intensif, et il arriva même à Lily de retenir son souffle une ou deux fois.

Cependant, en laissant traîner son regard vers les autres groupes, Lily se rendit compte que les duels n’étaient pas tous aussi inoffensifs. Il arriva plusieurs fois que les élèves se fassent lécher par les flammes ou griffés par des branches insolentes s’ils n’étaient pas assez attentifs. Les coups de base étaient faciles à parer, mais une fois que l’élève faisait preuve d’un peu d’imagination, son ingénieuse attaque pouvait faire pas mal de dégâts. Lily vit, bouche bée, le petit professeur Flitwick devoir utiliser sa baguette pour maîtriser des branches enflammées qui n’en faisaient plus qu’à leur tête et menaçaient de venir carboniser les cheveux des élèves.

« Lily ? »

« Hein ? » fit l’intéressée en se retournant, un peu distraite.

« C’est à toi. » fit Ted en lui faisant signe de s’avancer.

« Oh. Heu, oui, j’arrive. »

Tout à coup, elle se sentait beaucoup plus nerveuse. Elle n’avait jamais été très brillante en matière de stratégie pour de réflexes, et elle se demandait si cette histoire de duels était une bonne idée, après tout. Mais Ted lui fit un clin d’œil, et lorsqu’il lança sa première offensive, un jet d’eau plutôt menaçant, elle la para sans aucune difficulté à l’aide d’une petite bourrasque.

Au cours de leur affrontement, Lily eut la confirmation de ses présomptions : ce qui comptait, lorsqu’on travaillait avec l’Ancienne Magie, ce n’était pas la stratégie, ni la rapidité, ni même un certain degré de concentration, mais bien l’ingéniosité et l’imagination. Elle devait surprendre son partenaire, utiliser des combinaisons inusitées, tenter de nouvelles approches, employer des Eléments contradictoires et profiter de la terre fertile à leurs pieds. Elle comprenait pourquoi Stavenski avait voulu faire cours à l’extérieur, à présent…

Elle affronta tour à tour les élèves de son groupe et s’en sortit pas trop mal. Angela Fletcher lui donna pas mal de fil à retordre, ayant pour elle son esprit de vicieuse Serpentard, mais Lily réussit tout de même à la mettre dans une position difficile en la trempant de la tête aux pieds d’une eau glaciale.

Ce fut lorsqu’elle dut affronter Mary que tout dérapa. Le regard méfiant de Stavenski posé sur elle l’avait rendue beaucoup trop nerveuse. Elle s’était rendue compte qu’elle avait tout intérêt à se montrer prudente en affrontant sa protégée.

Lorsque le duel commença, elle laissa donc Mary attaquer la première. La jeune fille utilisa un jet d’Eau, que Lily dévia à nouveau à l’aide d’une bourrasque. Elle répondit à l’attaque avec une gerbe de flammes, censé seulement faire peur à la jeune mulâtre. Mais cette dernière répliqua avec une telle force que Lily crut bien qu’elle pouvait dire au revoir à une partie de ses cheveux.

Elle s’était couchée sur le sol pour éviter l’attaque, mais se redressa aussitôt et, regardant Mary droit dans les yeux, elle invoqua la Terre pour enrouler des racines autour des chevilles de la jeune fille, qui tenta de se libérer en y mettant le feu. C’était une très mauvaise idée : les flammes remontèrent très vite à ses chevilles. La jeune fille hurla, et avec un étonnant réflexe, fit jaillir de l’eau de ses mains pour éteindre le feu.

Lily voulait attendre que Mary se libère de ses liens pour attaquer à nouveau, mais la jeune fille ne sembla pas de cet avis : lançant un regard noir à la rousse, elle agita les bras et Lily se sentit aussitôt happée par un vent puissant et insurmontable. Elle se mit à genoux à terre, luttant contre ce souffle violent, leva les mains et implora l’Eau de venir à son aide.

Un jet d’Eau s’échappa de ses mains et commença à lutter contre le vent, se frayant son chemin jusqu’à la jeune mulâtre. Lily résista un moment, puis se rendit à l’évidence : elle n’y parviendrait pas comme ça. Elle ordonna dont à l’Eau de se séparer et d’attaquer par les côtés.

Avec une étonnante docilité, l’Elément obéit et les trois jets se préparèrent à assaillir Mary. Lily sentit le vent faiblir, mais aussi un intense froid remonter le long des jets jusqu’à ses mains.

Tout se passa très vite : des flammes l’aveuglèrent soudain et le froid qui venait d’envahir ses mains laissa place à une intense chaleur. Lily hurla, rompant immédiatement le lien, et tomba à la renverse.

Quelques secondes plus tard, Ted l’aidait à se remettre debout.

« Qu’est-ce que… »

« Ou aviez vous la tête ?! » fit une voix furibonde derrière elle.

Miss Stavenski s’avançait vers elle à grandes enjambées, les traits déformés par la fureur. Les jambes coupées, Lily vit tous les autres élèves, ainsi que les professeurs, regarder dans sa direction avec inquiétude – et parfois avec consternation.

« Com… »

« Je vous avais tous prévenus en début de cours, ceci est un entraînement, pas un véritable duel d’Elémentistes ! Vous deviez faire en sorte de ne pas vous blesser ! »

« Mais je… » tenta Lily, sans grand succès.

« Mais où aviez-vous donc la tête, jeune fille ? » continua Stavenski d’une voix suraigüe, comme si elle n’avait pas été interrompue, semblant au bord de la crise de nerfs. « Utiliser la Glace comme pour… l’embrocher ! Avez-vous perdu l’esprit ? Vous auriez pu la tuer !

« La Glace ? » répéta Lily, atterrée. « Mais je n’ai pas… »

« Suffit. » fit Stavenski d’une voix impérieuse. Elle semblait visiblement essayer de reprendre contenance, mais ses mains secouées de tremblements la trahissaient. « Je ne tolèrerai pas d’autre débordement de votre part, Miss Evans. Je vous interdis d’affronter vos camarades. Vous attendre la fin du cours assise sur ce banc, j’aurai un mot à vous dire seule à seule. »

« Quoi ? » fit Lily, outrée. « Mais je n’ai jamais voulu ça ! Je n’ai pas invoqué la Glace, je ne voulais pas faire de mal à Mary ! Je ne sais pas comment c’est arrivé, vous devez me croi… »

« Ce que je crois, Miss Evans, c’est que vous êtes tout bonnement incapable de contrôler votre Magie, et que cela met la vie de vos camarades en danger. »

« Mais… »

Mais la jeune femme avait déjà tourné les talons. De rage, Lily shoota dans le pied du banc. Elle n’avait rien fait ! Elle n’avait jamais voulu utiliser la Glace pour blesser Mary ! Elle avait juste l’intention de la refroidir un peu à l’aide de l’Eau, jamais l’embrocher avec des lances de Glace ! Pourquoi est-ce que cette bonne femme ne voulait jamais la croire ?

Elle s’assit sur le banc et souffla pour soulager sa frustration. On aurait dit que maintenant que James s’était calmé, c’était Stavenski qui s’était mise en tête de la faire sortir de ses gonds… Et Lily savait qu’elle ne pouvait pas rivaliser avec une prof.

« Ca va ? » demanda une voix à côté d’elle.

Elle leva la tête et vit Russel Preston s’installer à côté d’elle sur le banc.

« Pas vraiment, non. » répondit-elle, maussade. « Une prof vient juste de me faire passer pour une psychopathe en puissance, mais sinon, tout va bien. »

Preston haussa les épaules, et, à son grand étonnement, lui sourit.

« Bah, ne t’inquiète pas pour ça. Tout le monde sait que la petite mulâtre est la protégée de Stavenski, on se doute qu’elle a simplement flippé lorsque tu es devenue un peu plus agressive. »

« Je n’étais pas agressive. » s’empressa de rectifier Lily avec mauvaise humeur. « Je n’ai jamais voulu invoquer la Glace, je voulais juste lui faire prendre une douche histoire de la refroidir… Je ne comprends pas comment ça se fait que tout s’est mis à geler tout à coup ! »

Preston lui lança un regard en biais, puis s’adossa contre la banquette.

« Tu sais, j’ai entendu parler de ta… prédisposition à l’Ancienne Magie. » fit-il un peu plus bas. « Je suppose que t’as un peu perdu le contrôle, dans la feu de l’action – pas de chance, tu te battais avec la chouchoute de la prof à ce moment là. »

Lily resta un moment silencieuse, pensive. Puis elle prit la parole, à voix basse, comme pour elle-même : « Stavenski n’a rien dit lorsque j’ai carbonisé une bonne partie des cheveux d’Angela Fletcher. Je suis passée très près de son visage, pourtant. »

Preston lui sourit. « Tu vois ? Ca aurait pu être grave, mais elle n’a rien dit. Stavenski est drôlement moins laxiste lorsqu’on touche à un point sensible. Faut pas t’en faite pour ce qui s’est passé – tu n’aurais probablement reçu qu’un avertissement bien senti si ça avait été quelqu’un d’autre.

« Quelle poisse… » marmonna Lily, un peu déprimée.

Un moment de silence s’ensuivit, puis la jeune fille décida de relancer la conversation, histoire de ne plus se laisser distraire par toute cette animation.

« Et toi ? Tu ne surveilles pas un des groupes ? » demanda-t-elle.

« Oh… Tu sais, je suis l’assistant de Stavenski, alors elle m’a donné le poste de « superviseur », ce qui veut dire qu’en gros… je n’ai rien à faire. »

« Ah ? »

« Non… Je pense surtout qu’elle avait besoin de sorciers confirmés pour gérer les groupes. Je suppose que je ne correspondais pas exactement au profile. » termina-t-il avec un haussement d’épaules et un sourire.

Lily roula des yeux et regarda le sol, pensive. Le regard un peu dans le vide, elle ne se rendit pas tout de suite compte qu’à ses pieds, quelque chose était en train de pousser. C’était une rose – minuscule au départ, et puis de plus en plus grande. Les yeux grands ouverts de stupeur et d’émerveillement, elle se tourna vers Preston, qui arborait un étrange sourire.

« C’est toi qui fait ça ? » demanda-t-elle, stupéfiée.

« Tu peux m’aider, si tu veux. » répondit-il.

Il fit un léger signe de main en direction de la fleur, et Lily se pencha légèrement en avant, concentrant toute son attention sur la rose. Et lentement, elle se remit à grandir… d’autres bourgeons se formèrent, faisant n’aître d’autres roses, de plus en plus belles. Et maintenant, Lily pouvait sentir sa Magie affluer dans ses veines, traverser ses bras et couler le long de ses doigts pour se diriger lentement vers le sol, elle pouvait percevoir le fourmillement qui parcourait la terre à ses pieds, comme des étincelles invisibles.

Mais ce qu’elle ressentait encore plus, c’était le flux de Magie qui provenait du jeune homme à côté d’elle. Il était différent, elle le sentait, mais pas autant qu’elle l’aurait cru. Avec émerveillement, elle vit la plante s’épanouir jusqu’à devenir un véritable rosier.

« On devrait peut-être l’arroser… » suggéra Preston.

Lily avança une main, et un mince jet d’Eau en jaillit. Il vint lécher le pied de la plante, avant de remonter, de s’enrouler lentement autour du rosier, entourant chaque branche, caressant les pétales éclatants. Un autre filet d’eau vint rejoindre le sien, plus consistant, et il devint rapidement un mur d’eau qui finit par emprisonner la plante, comme dans une cage de verre.

Et Lily regardait, fascinée.

« Qu’est-ce que… »

Lily releva vivement la tête et sentit à nouveau une sensation de froid dans sa main. Stavenski regardait la scène, consternée. L’Eau venait de geler, emprisonnant le rosier dans la Glace.

« Qui a fait ça ? » demanda-t-elle d’un ton pincé.

Lily ouvrit la bouche pour répondre, mais Preston fut plus rapide.

« C’est moi, Miss Stavenski. »

La rousse jeta un regard incrédule au jeune homme, mais celui-ci l’ignora.

Stavenski resta silencieuse, mais de toute évidence, elle ne semblait pas le croire, au vu de son regard méfiant qui ne cessait de passer de lui à la rousse.

« Soit. » fit-elle. « Mr Preston, le cours est terminé, je compte sur vous pour vous assurer que les autres élèves regagnent bien le château. Miss Evans, j’aimerais m’entretenir seule avec vous un moment. »

Et, avec un dernier hochement de tête d’encouragement, le Préfet-en-Chef s’éloigna.

Un silence s’installa entre les deux jeunes femmes. Lily, muette comme une carpe, ne bougea pas d’un centimètre, et Stavenski finit par venir s’asseoir à côté d’elle sur le banc. »

« Miss Evans… Je ne sais pas comment vous annoncer ça, mais je ne pense pas que votre présence à mon cours garantisse la sécurité des autres élèves. »

« Vous voulez m’exclure de votre cours ? » demanda la rousse, méfiante.

Stavenski soupira, et Lily se surprit à penser qu’elle ne l’avait jamais vue aussi las. Le contraste était saisissant.

« Je ne vois pas d’autre solution. » finit par lâcher la jeune femme, résignée.

Lily sentit tout à coup une bouffée de colère l’envahir.

« Ce n’est pas censé être votre job d’apprendre à vos élèves à maîtriser leur Magie. » demanda la jeune fille, irritée. « Pourquoi est-ce que vous ne voulez pas m’aider à le faire ? ».

La rousse sentit tout à coup une barrière se dresser entre elles, comme si elle venait d’être projetée contre un mur à pleine vitesse, et la Gryffondor fut tellement sonnée qu’elle sentit sa colère faire directement place à un trouble bien plus irritant.

« Vous voyez ? » fit Stavenski avec véhémence. « Vous voyez ce que vous venez de faire ? »

« Je… » fit piteusement Lily, complètement déboussolée. « C’est vous qui… »

« Non, c’est vous. Je n’ai fait que le bloquer du mieux que j’ai pu. » répondit Stavenki avant de secouer la tête. « Vous comprenez pourquoi je ne peux pas vous aider, maintenant ? Votre cas est trop… »

« Trop quoi ? » répéta Lily, qui sentait sa contenance lui échapper peu à peu. « Vous savez, j’ai vraiment l’impression d’être… une bête rare, lorsque vous me parlez comme ça. Je… »

Elle haussa les épaules de découragement. Un peu plus tôt, elle était en rage contre la Terre entière, et maintenant, elle se sentait plus abandonnée que jamais.

« Je n’ai jamais voulu faire de mal à Mary. » reprit-elle, un peu plus doucement. « Je… Je ne me souviens même pas avoir invoqué la Glace. Je voulais juste trouver un moyen de la déconcentrer. Si vous ne voulez plus que je mette sa vie en danger, il faut m’aider à maîtriser ma Magie. »

Stavenski resta silencieuse un moment, soutenant le regard de son élève. Elle finit par soupirer, posant ses coudes sur ses genoux.

« Vous savez, je n’ai jamais été confrontée à quelqu’un comme vous. » finit-elle par dire, regardant le lac. « J’ai vu des sorciers puissants utiliser les Eléments comme personne ne l’avait jamais fait, comme s’ils se les appropriaient… J’ai vu des gens faire des choses terribles parce qu’ils étaient incapables de les contrôler. Mais vous, ce n’est pas pareil. Ce sont vos émotions que vous n’arrivez pas à contrôler. »

Elle soupira à nouveau et baissa le regard vers le rosier gelé à leurs pieds.

« Ce que j’essaie de vous faire comprendre, c’est que vous êtes capable de faire pousser une rose en plein hiver, mais aussi de le carboniser sous le coup de la colère. Les Sentiments sont une partie bien à part de l’Ancienne Magie, parce que c’est la partie humaine. »

« Comment ça ? » demanda Lily, perplexe.

« Hé bien, au départ, tous les Eléments sont naturels. L’Eau, la Terre, le Feu, l’Air… Ce sont les bases de notre monde. Certains historiens se plaisent à croire qu’ils existaient bien avant l’apparition des premiers humains, qu’ils fonctionnaient selon leur propre logique, et que certains d’entre nous ont été dotés par la Nature du pouvoir de les contrôler, dans une certaine mesure. Les Sentiments, la Vie et la Mort se sont développés en même temps que les tribus humaines. C’est avec les humains qu’ils ont pris une telle importance, même si en fait ils s’appliquaient aussi aux animaux, à une moindre échelle. »

« Les animaux aussi ont des Sentiments ? » questionna Lily, de plus en plus intriguée.

« Des sentiments primitifs, oui, mais tous guidés par l’instinct de survie. » répondit Stavenski, visiblement contente de capter l’attention de son élève. « Ils subissaient aussi la Vie et la Mort, mais ils ne se posent pas autant de questions. Pour eux, c’est un cycle naturel. C’est l’Homme, en quelque sorte, qui a sacralisé leur fonction, et ils sont devenus des Eléments. Mais ce n’est pas aussi clair, et c’est pourquoi la question fascine encore beaucoup de sorciers aujourd’hui. »

« C’est pour ça que vous n’êtes pas à l’aise avec moi. » conclut sombrement Lily. « Parce que je touche une corde sensible. »

« Votre cas dépasse l’entendement. » confia la jeune femme en secouant la tête. « Je sais que si je ne fais rien, il pourrait arriver des choses terribles… mais je ne sais pas si je suis prête à m’investir là-dedans. »

« Je comprends. » fit Lily à voix basse.

Elle regarda un moment le rosier gelé à ses pieds, envahie par une sensation de lassitude qu’elle n’avait jamais expérimentée auparavant.

« Mais je vous promets d’y réfléchir. » fit la jeune femme au bout d’une minute de silence.

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La Salle Commune était inhabituellement calme quand Lily revint à la tour Gryffondor ce soir-là. Au grand étonnement de la rousse, les Maraudeurs étaient tous présents, mais tous séparés : Remus et Nawei étudiaient à deux dans un coin isolé, Peter était penché sur un énorme volume sous la tutelle de Poppy, Sirius était assis sur l’appui de fenêtre et regardait sombrement à travers la vitre embuée, et James…

« Lily ? »

« Mmmmh ? » fit l’intéressée en se retournant lentement.

« Tu as l’air un peu à l’ouest. » fit remarquer James en souriant, assis dans l’un des fauteuils pourpres en face du feu.

« Oh. » fit la rousse d’une petite voix, ignorant les battements bien trop insistants de son cœur dans sa poitrine. « Non, ça va… Dure journée, c’est tout. »

« Stavenski vous en a fait baver ? » suggéra le jeune homme en invitant Lily à s’asseoir d’un signe évasif de la main.

La jeune fille s’exécuta avec plaisir – quelques minutes plus tôt, elle aurait presque juré entendre ses jambes protester contre la montée laborieuse des cinq étages.

« On peu dire ça comme ça… Mais, dis moi, pourquoi est-ce que vous êtes tous séparés ? »

« Oh… » fit James, avant de soupirer. « Hé bien, au départ, on était tous assis à la table d’étude où sont installés Remus et Nawei pour le moment, mais après Remus et Sirius ont eu une… altercation, et Sirius est parti se réfugier près de la fenêtre, Peter a demandé à Poppy de l’aider à comprendre un chapitre de son livre de Métamorphose, et puis Nawei est arrivée, alors comme je ne voulais pas déranger nos deux tourtereaux, je suis venus ici. »

« Pourquoi Remus et Sirius se sont disputés ? » demanda Lily, curieuse.

James haussa les épaules, mais la rousse pouvait voir qu’il n’était pas très à l’aise avec la situation.

« Une bêtise, vraiment. » confia-t-il. « Sirius et Remus ont l’habitude de se taquiner à longueur de journée, mais là il y a un mot qui est passé de travers. »

« Quoi ? »

James jeta un regard incertain vers Sirius, avant de se tourner à nouveau vers la rousse.

« Je ne sais pas comment ils en sont venus là, mais je sais que Remus nous a dit qu’il devait passer la soirée à étudier avec Nawei, et Sirius a immédiatement fait remarquer que généralement, quand on avait une copine, on ne passait pas son temps à étudier avec elle. Tu sais comment est Sirius, toujours à dire les trucs qui lui passent par la tête sans penser aux conséquences… »

« Ouais, je connais. » fit Lily avec un petit rire.

James lui sourit en retour, les yeux pétillants derrière ses lunettes. « Enfin, soit, Remus l’a super mal pris. » reprit-il, sur le ton de la confidence. « Il lui a aussitôt répliqué que pour lui, une relation amoureuse ne se construisait pas que sur une massif échange de salive. »

« Wow. Touché. »

« Ouais, comme tu dis. » James haussa les épaules en signe d’impuissance. « J’ai même pas eu le temps de lâcher un truc pour détendre l’atmosphère que Sirius avait déjà collé son nez à la fenêtre. J’ai essayé de lui parler, mais il me répondait par monosyllabes. »

« Pas bon signe. » fit Lily.

« Non, pas bon signe du tout. » approuva James. « Alors je suis venu ici. »

« Bonne idée. » dit Lily, puis elle fit une pause. « Mais ça ne ressemble pas à Remus de dire des trucs comme ça. »

« Oh, si, ça lui est déjà arrivé de sortir de telles boutades, surtout adressées à Sirius, mais ça, c’était avant Kate, quand Sirius jouait un peu au tombeur. Même après leur rupture, il a été plutôt indulgent avec lui. »

« Remus s’est rendu compte que Sirius n’était pas dans son assiette de ces temps-ci, non ? » demanda Lily.

« Sais pas. » répondit James. « Tu sais, Remus a toujours gardé ses observations pour lui. »

« Ouais… Ca c’est plus son genre. » acquiesça la jeune fille. « Enfin, il a l’amour en tête, on peut lui pardonner. »

James lui adressa un sourire malicieux, puis roula des yeux.

« Ouais. Les trucs stupides qu’on fait quand on est amoureux… Enfin, Remus est encore loin derrière, c’est quand même à moi que revient le titre de Roi des Gaffes. »

Lily éclata de rire, mais elle ne pouvait nier la soudaine moiteur de ses mains et la chaleur qui s’était emparée de ses joues.

Un silence s’installa entre eux, et Lily se rendit compte que James ne voulait pas s’avancer sur un terrain glissant. Ils passèrent donc une minute dans le silence le plus total, absorbés par leurs propres pensées.

« Oh… »

« Quoi ? »

« C’est Poppy. » expliqua James avec un signe de tête en direction d’un coin de la Salle Commune. « On dirait qu’elle essaye de parler à Sirius. »

« Et ça marche? » questionna Lily à voix basse en avisant les deux jeunes gens.

« On dirait, oui… »

Poppy venait en effet de s’asseoir à côté du jeune homme, et celui-ci semblait répondre à ses questions par autre chose que « oui » ou « non ».

« Tant mieux. » fit James.

« Oui, tant mieux… »

Un nouveau silence s’installa entre eux, que Lily se décida finalement à briser.

« Heu… James ? »

« Oui ? »

« Ca… Ca te dit, une partie d’échecs ? »

« Avec toi ? Maintenant ? »

« Heu… Oui. »

« Oh… Ouais, bien sûr ! Génial ! »

Lily lui sourit, soulagée.

« Mais.. » fit James, perplexe, en revenant avec un jeu. « Je pensais que tu n’aimais pas trop les échecs… »

« Parce que je perds tout le temps. » répondit la rousse, et le jeune homme eut un petit rire. Elle lui sourit, se pencha en avant et murmura : « En fait, je comptais un peu sur toi pour m’apprendre à jouer correctement… Tu es d’accord ? »

« Oh, oui, sans problème ! » fit le jeune homme, un immense sourire aux lèvres.

Lily lui rendit son sourire et ils s’installèrent le plus confortablement possible.

« Alors, règle numéro un… » commença James avec un grand sérieux, le doigt en l’air, « Ne jamais sous-estimer son adversaire. »

« Noté. » fit Lily, souriant.

Et ça, c’était définitivement le sourire « bêtement heureux » dont parlait souvent sa mère.

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Plusieurs heures plus tard, ils étaient presque seuls dans la Salle Commune. James s’était révélé un excellent professeur, et Lily avait appris des tas de techniques et de stratèges qui lui permettrait peut-être d’impressionner Kim la prochaine fois qu’elles joueraient aux échecs.

Il était près de minuit lorsqu’ils décidèrent d’aller se coucher, et les seuls autres occupants de la Salle Commune à cette heure n’étaient que des garçons de Septième année plongés dans leurs parchemins et volumes poussiéreux.

« J’en connais qui ne vont pas aller se coucher de bonne heure. » fit malicieusement James, avant d’adresser un clin d’œil à la rousse, alors qu’ils se dirigeaient vers l’escalier menant à leurs dortoirs respectifs.

« Ne faites pas le malin, Mr Potter, ça vous arrive encore au moins une fois par semaine de veiller jusqu’au petit matin pour terminer un essai de dernière minute.»

Le garçon lui adressa son plus beau sourire innocent, et Lily se rendit compte qu’il était contagieux. James Potter était contagieux. Et elle était drôlement atteinte…

« Bon, hé bien, faites de beaux rêves, Miss Evans… »

Il s’apprêtait à monter après lui faire un petit signe maladroit de la main, mais la rousse ne le laissa pas s’en tirer comme ça : l’attrapant par le col de la chemise, elle le retint du mieux qu’elle put, et lorsqu’il fut immobilisé, l’air stupéfait, elle planta un baiser sur sa joue et fila vers son dortoir comme une flèche.

Dans la Salle Commune, les élèves de Septième année regardaient un garçon aux cheveux en bataille d’un air interloqué.

« Hey, James, ça va, mec ? » demanda l’un d’eux, un brin moqueur.

Ledit James se tourna lentement vers eux.

« Ouais, ça va. » répondit-il, l’air complètement explosé. « Ca va très bien. En fait, j’ai peut-être jamais été aussi bien de ma vie. »

Et, sans autre commentaire, il monta lentement les marches de l’escalier de pierre.

« Sans blague. » marmonna l’un des garçons, avant de rouler des yeux.

Les autres ricanèrent d’un air entendu.

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Le lendemain matin, Lily attendait quelqu’un de pied ferme, assise à la table des Gryffondor en compagnie de Nawei et Kim (qui se chamaillaient, pour ne pas changer).

« Je te dis qu’ils n’ont aucun gène un commun. » s’époumonait Nawei. « Ils ont le même nom, mais c’est tout, je sais bien que… »

Lily perdit rapidement le fil de la conversation (à moins qu’elle ne l’ait jamais suivi…) et reporta son attention vers la porte de la Grande Salle, où les élèves affluaient.

« Tu attends quelqu’un ? » demanda Kim avec un haussement de sourcil et un sourire moqueur.

« Hein ? » fit Lily, revenant subitement sue Terre. « Heu, non, pas vraiment… »

« Mouais… » marmonna Kim, puis elle adressa un clin d’œil pas très discret à Nawei.

« Quoi ? Non ! » s’écria soudain la rousse. « Je n’attends pas James, si c’est ce que vous pensez. Je suis juste impatiente de voir Poppy, histoire de savoir comment elle s’est débrouillée avec Sirius hier soir »

Les deux jeunes filles la fixèrent un moment, et Lily se rendit compte qu’elles ne la croyaient pas du tout. Elle était prête à ouvrir la bouche pour répliquer, se défendre contre ces propos diffamatoires et infondés, leur fermer leur clapet, n’importe quoi pour éliminer les petits sourires railleurs qu’elles arboraient à ce instant, mais elle se dit aussitôt que ça ne servirait à rien.

Cette fois, la bataille était perdue d’avance.

Elle poussa donc un profond soupir, leur jeta un regard noir et plongea sa tête dans son assiette d’œufs brouillés à peine entamée. Et c’était ça qu’elle avait pour meilleures amies

Mais Poppy finit par arriver, l’air de très bonne humeur, et Lily sauta sur l’occasion.

« Alors, Poppy, j’ai vu que tu as parlé à Sirius hier… » commença la rousse, sur le ton de la confidence.

« Exact. » fit la jeune fille, un sourire aux lèvres et étalant de la marmelade sur un toast.

« Et… ? »

« On veut des détails, Miss Evans ? » demanda la jeune fille, les yeux rieurs.

Lily pinça les lèvres. « Tu fais ce que tu veux, Poppy. »

La jeune fille roula des yeux, puis se pencha en avant. Les trois autres firent de même, curieuses.

« Je ne pense pas pouvoir tout répéter, mais ce que je peux vous dire, c’est que Sirius se sent un peu abandonné. »

« Abandonné ? » répéta Kim, qui semblait incrédule.

« Oui… Vous savez, il a l’impression que depuis cet été, depuis qu’il s’est enfui de chez lui, tout est en train de lui échapper. Et c’est vrai, beaucoup de choses ont bougé depuis la rentrée. A part Peter qui reste assez fidèle à lui-même, les autres Maraudeurs ont changé : Remus et Nawei forment un couple, James s’est drôlement calmé et passe beaucoup plus de temps avec Lily… »

Tous les regards se tournèrent vers la rousse, qui sentit ses joues s’enflammer tout d’un coup. Elle se racla la gorge pour rappeler à tout le monde que cette conversation était à propos de Sirius, pas d’elle et James.

« Enfin, tout ça pour dire qu’il est un peu secoué pour le moment. » reprit Poppy, se redressant. « Il s’attache facilement, et sa vie ici à Poudlard est certainement ce à quoi il tient le plus. Il a peur que son petit monde s’écroule. »

Un silence suivit sa déclaration. Pour une fois, même Kim ne trouva rien à redire.

« Et puis, » ajouta Poppy au bout d’un moment, « J’avais raison. Si Sirius avait vraiment une fille en vue, il ne passerait pas le plus clair de son temps seul. »

Elle mordit dans son toast, et quelque chose dans son regard faisait dire à Lily qu’elle ne leur disait pas tout. Et quand les Maraudeurs firent leur entrée dans la Grande Salle, prenant place à côté des filles, et que la rousse intercepta le regard furtif qu’échangèrent Sirius et Poppy, ses soupçons se virent confirmer : La jeune fille n’était plus la bonne copine, occasionnellement complice de farces ; elle était devenue la confidente. Et elle savait de toute évidence beaucoup plus de choses sur le garçon qu’elle ne voulait bien l’admettre.

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« Lily, où ta vas ? » demanda Nawei, à la porte, alors que la rousse se dirigeait vers le fond de la classe.

« J’arrive, attendez-moi là, il faut juste que je rende ses livres à Evan Rosier. »

Kim et Nawei acquiescèrent et Lily chercha le garçon des yeux. Celui-ci était en train de ranger ses affaires, la tête rentrée entre ses épaules, semblant essayer par tous les moyens de se faire oublier. Il restait encore quelques élèves dans la classe, mais le professeur McGonagall était déjà partie.

« Heu… Evan ? »

Le garçon releva la tête, comme à contre cœur, mais ses lèvres demeurèrent closes.

« C’était pour te rendre tes livres. » fit Lily en lui présentant les énormes volumes. « Je les ai finis, ils m’ont été d’une aide précieuse, je te suis infiniment reconnaissante de me les avoir prêtés. »

Le garçon ne bougea pas, comme paralysé, et Lily avança un peu vers lui. Il fit aussitôt un pas en arrière, comme un animal apeuré, ses yeux scannant la pièce à la recherche d’une échappatoire.

« Désolé. » fit-il rapidement. « Je… Je ne vois pas de quoi tu parles. »

« Mais… » protesta faiblement Lily, décontenancée. « Tu m’as prêté des bouquins sur… »

« Tu dois f-faire erreur, je ne t’ai rien prêté. » répondit le garçon, trébuchant sur chaque mot, avant de sortir en trombe de la classe.

Lily resta là quelques secondes, complètement désarçonnée. Nawei et Kim vinrent la rejoindre, les sourcils froncés.

« Heu… » commença Kim avec une grimace. « Rassure-moi, c’est bien Evan Rosier qu’on vient de voir détaler comme un lapin ? »

« Oui. » répondit une Lily ahurie. « Oui, c’était lui. Il n’a pas voulu reprendre ses bouquins, il m’a dit qu’il ne voyait pas de quoi je parlais. »

« Hein ? Mais… C’est bien lui qui te les a passés, non ? » s’étonna Nawei.

Lily hocha positivement la tête.

« Il est barjot. » lâcha Kim avec insolence. « Pas la peine de perdre son temps avec de telles andouilles, Lil’. Allons plutôt manger, j’ai l’estomac dans les talons. »

Comme pour appuyer ses dires, son ventre se mit à gargouiller, et les trois filles se dirigèrent vers la Grande Salle, oubliant bien vite l’incident.

Elles ne remarquèrent donc pas Dannie Owen, qui avait assisté à la scène avec beaucoup d’intérêt, passer le seuil de la porte avec un sourire satisfait aux lèvres.

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Le professeur McGonagall tapota son verre à l’aide de sa cuillère, se racla la gorge pour se donner de l’assurance et, alors que le brouhaha diminuait petit à petit, elle annonça, de sa voix aigüe :

« Un peu de silence, s’il-vous plait, Mr le Directeur aimerait faire une déclaration. »

Des murmures d’excitations parcoururent la Salle, et Lily échangea un regard étonné avec Nawei et Remus, assis en face d’elle. Dumbledore se leva et toisa l’ensemble de son auditoire d’un regard grave.

« Mes chers élèves, » commença-t-il d’une voix posée, comme s’il allait leur annoncer que demain le temps serait pluvieux. « J’ai une relativement mauvaise nouvelle à vous annoncer. Je suppose que vous êtes tous au courant que Pré-au-Lard accueillera la Foire aux Fées cette année, et qu’elle se déroulera ce samedi. Une journée à Pré-au-Lard était prévue pour permettre aux élèves à partir de la troisième année de profiter des festivités, et il était pressenti que les élèves de cinquième, sixième et septième année puissent être autorisés à rester pour la soirée et assister au feu d’artifice. »

Le vieil homme fit une pause et scruta la foule silencieuse.

« Malheureusement, » reprit-il, « Compte tenu des derniers événements, certains professeurs ont manifesté leur inconfort à l’égard des dangers que comporte cette sortie. Laisser un nombre conséquent d’étudiants se perdre dans la foule de gens qui se presseront à la Foire leur semblait faire d’eux des proies faciles pour des individus mal intentionnés, et je suis de cet avis. J’ai donc pris la décision d’annuler la sortie. »

Les protestations ne se firent pas attendre. Aussitôt ces derniers mots prononcés, un brouhaha s’éleva dans l’audience. Certains étudiants, offusqués, prirent même l’initiative de se lever de table pour crier leur mécontentement.

« Je suis parfaitement conscient que ma décision ne fait pas l’unanimité. » fit Dumbledore, un peu las, mais toujours aussi calme. « Cependant, en tant que Directeur de cette école, j’ai pour mission de prendre les mesures que je juge nécessaires pour la sécurité de mes élèves. Je sais que vous pouvez comprendre ça. En guise de compensation, le couvre-feu sera repoussé à 22h30, avec des rondes de Préfets à 21, 22 et 23 heures, et je peux vous assurer qu’une fois dans votre Salle Commune, aucun professeur ou membre du personnel ne viendra vous demander de baisser le ton à quelque heure de la nuit que ce soit. Merci de votre attention, je pense que nous allons bientôt passer au dessert… »

Il se rassit lentement et le bourdonnement général s’estompa quelque peu. Lily se tourna vers les Maraudeurs.

« Je suppose que par certains professeurs, il entend Mr Darwin » fit-elle à voix basse.

« Aucun doute là-dessus. » répondit James (assis à sa gauche, comme par hasard) en avisant la table des professeurs. Puis il se tourna vers Nawei, qui arborait une mine déçue, et lui confia, le visage résolu : « Ne t’inquiète pas, Nawei, je te promets que vous pourrez aller à la Foire, toi et Remus. »

Nawei lui fit un pâle sourire, pas convaincue, et Remus ne lui adressa qu’un regard étonné, mais Lily se tourna vers le garçon à lunettes, bouche-bée.

« Comment ? » fit-elle, scandalisée.

James parut mal à l’aise, et Lily pencha la tête de côté, le regard foudroyant.

« Heu… »

« James Potter, qu’avez-vous en tête, exactement ? » fit-elle d’un ton sévère.

James soupira, se pencha vers la rousse et l’incita à tourner là tête pour ne pas se faire entendre. Un peu plus loin, le ton commençait à monter entre Kim et Sirius (à propos de la façon de manger de ce dernier, de toute évidence), mais Lily en fit complètement abstraction.

« Promets-moi de ne pas te fâcher… » commença le garçon à voix basse, grimaçant légèrement.

« Ca commence mal. » fit Lily en haussant un sourcil, mais elle sentait les coins de sa bouche frémir et elle eut beaucoup de mal à réprimer son sourire.

James la regarda par-dessus ses lunettes avec l’air d’un petit garçon pris en faute.

« Crache le morceau, James. » fit Lily, impérieuse.

« Heu… OK. » Il glissa nerveusement une main dans ses cheveux et se passa la langue sur les lèvres. « Cette sortie, c’était censé être le premier rendez-vous de Remus et Nawei à l’extérieur. Remus m’a dit qu’ils comptaient passer la journée ensemble, puis assister au feu d’artifice. Et… C’est juste que je suis super déçu pour eux, et je trouve ça vraiment bête… »

« Moi aussi je suis déçue pour eux, » répliqua Lily du tac-au-tac. « Mais je ne planifie pas quelque chose d’illégal pour autant. »

« Ce n’est pas illégal, Lil’, c’est juste… un contournement du règlement. Tout se passera bien. Je peux t’assurer qu’ils seront de retour à la Salle Commune pour dix heures, et qu’ils assisteront au feu d’artifice de la fenêtre de la tour, comme nous tous. »

Il la regarda dans les yeux, et Lily sentit sa conviction s’affaisser peu à peu, au fur et à mesure que la température de son visage gagnait en degrés.

« OK ? » demanda James, soutenant toujours son regard.

Comment pouvait-elle lui dire non quand il lui faisait ces yeux-là ?

« D’accord. » dit-elle finalement, avant de soupirer. « Mais il faut que tu me promettes qu’ils ne risqueront rien. Je n’aime pas l’idée de les laisser partir seuls à cette… »

« Qui t’a dit qu’ils seraient seuls ? » l’interrompit James, un sourire malicieux étirant ses lèvres.

Lily ouvrit la bouche de surprise. « Tu vas aller avec eux ? »

« Oui, ainsi que Sirius et Peter. Tu croyais vraiment que j’allais les laisser enfreindre les règles tous seuls ? C’est une affaire de Maraudeurs, ça… »

Lily roula des yeux. « Très bien, alors je viens avec vous. »

Un large sourire idiot vint éclairer le visage du jeune homme.

« Ce sera une joie de vous avoir parmi nous, Miss. » dit-il d’un ton caressant avant de faire une pseudo-révérence.

Lily sourit, toute réserve et réticence oubliée, James fit de même, et il lui sembla que la Terre s’était arrêtée de tourner, tout à coup.

Ce fut le cri outré de Sirius qui les fit revenir dans le monde des vivants. Le garçon avait le visage couvert de crème chantilly et fixait Kim d’un regard fou, comme prêt à lui sauter dessus pour l’étranger.

« Oh oh… » murmura James à côté de la rousse, et Lily ne put que l’approuver.

Leurs pires craintes se virent confirmées : Sirius bomba le torse de fureur, avisa les plats de desserts sur la table, plongea sur une part de tarte à la mélasse… qui atterrit sur le visage de Kim une demi seconde plus tard.

La jeune fille répliqua immédiatement avec un morceau de gâteau. Heureusement (ou malheureusement ?) Sirius arriva à se baisser à temps et la patisserie finit son vol plané sur la tête d’un Serpentard visiblement irritable.

La suite des événements était aisément prévisible : le Serpentard répliqua, manqua son coup, ce qui amena la table des Serdaigle à déclarer la guerre aux Serpents, et les Pouffsouffle suivirent, par solidarité.

Moins de trois minutes plus tard, c’était la débandade.

Lily avait plongé sous la table pour éviter les projectiles, mais elle arriva quand même à se prendre une boule de chantilly en pleine face. Nawei l’avait suivie et ne cessait de hurler son indignation face à tant de puérilité. Lily n’avait pas vu Kim depuis un moment, et elle supposait que la jeune fille était en pleine guérilla contre tout Poudlard (et plus particulièrement une certaine tête brûlée de Gryffondor).

De temps à autres, James passait sa tête sous la table et prenait de leurs nouvelles, et Lily voyait son état empirer au cours du temps. Elle entendait les cris de guerre que poussait Sirius et vit même le garçon fondre sur Remus (qui s’était terré sous la table un instant pour voir comment allait les filles) et l’obliger à remonter immédiatement, s’il était « un vrai Maraudeur ». Remus, piqué au vif, avait regardé Sirius droit dans les yeux, le visage plus résolu que jamais, avant d’accepter sa main et de replonger tête baissée dans la bataille.

« Quelle horreur ! » hurla Nawei en se rendant compte que ses cheveux d’habitude si lisses et brillants étaient à présent poisseux de coulis de fraise. « Et je suis sûre que ça vient d’un Gryffondor, les traîtres ! »

« Crois-moi, Nawei, à ce stade, c’est chacun pour soi ! » fit James, qui venait de les rejoindre. « Ca va quand même ? »

« Super. » marmonna Nawei, boudeuse. « Vraiment super. »

James jeta un regard à Lily, qui roula des yeux. La tête de Kim (couverte d’une substance rougeâtre plus que douteuse) apparût entre le banc et la table, et la jeune fille adressa un sourire carnassier à la petite asiatique.

« Allez, Nana, c’est l’occasion de nous montrer ce que t’as dans le ventre ! »

« Mais… »

« Pas de mais ! » hurla Kim, sans équivoque, et elle força Nawei à sortir de sa cachette.

Lily se tourna vers James, encore tout sourire. Sourire qu’elle perdit bien vite lorsqu’elle vit l’air conspirateur qu’arborait le jeune homme.

« Tu ne vas pas m’obliger à me jeter là-dedans, n’est-ce pas ? » fit-elle, à la fois méfiante et scandalisée.

« Je n’oserais pas. » rétorqua-t-il aussitôt, la main sur le cœur, mais son sourire était bien trop innocent pour être vrai.

« Tu es dans un état pitoyable, tu sais, ça ? » fit remarquer la rousse, tentant de faire diversion.

James afficha un sourire idiot. Ses cheveux et une partie de son visage étaient couverts de ce qui semblait être de la sauce au chocolat.

« Je sais. » fit-il. « Mais t’es pas mal non plus, pour quelqu’un qui se cache lâchement sous la table… »

« Oh… Oui, pas su éviter l’attaque d’un vil Serpent. » sourit Lily en essayant d’éliminer les restes de crème chantilly de son visage.

« Attends. »

Le garçon leva les mains, et le cœur de la rousse s’emballa un peu lorsqu’elle se rendit compte qu’elles s’approchaient de ton visage. Elle s’immobilisa, complètement tétanisée, et le jeune homme s’arrêta en plein geste, les doigts à quelques centimètres de son visage. Mais la rousse se força à sourire et James, d’abord incertain, finit par lui rendre son sourire et reprit là où il s’était arrêté.

Le contact de ses doigts sur sa peau provoqua chez elle un frisson, qui remonta le long de son échine et qu’elle tenta de réprimer du mieux qu’elle pouvait. Elle pria pour que James n’ait rien remarqué et s’obligea à se calmer, mais le regard du garçon posé sur elle à cet instant ne faisait rien pour l’aider.

Il entreprit de nettoyer le visage de la jeune fille de toute la chantilly restante, et chaque caresse de son pouce semblait le rapprocher d’elle, encore et encore. A un moment, il fut tellement près que la jeune fille se rendit compte que s’il n’arrêtait pas bientôt, elle allait faire une grosse, non une énorme, gigantesque bêtise.

Reprends-toi, Lily… Ne fais rien de compromettant…

« Oh, attend, j’en vois encore là… »

Il venait de remarquer de la crème sur le bout de son nez, et malgré elle, Lily se pencha légèrement en avant, bien que consciente que ça ne ferait qu’aggraver les choses.

Ne fais pas ça, ne fais pas ça, Lily, NE FAIT PAS…

Trop tard. Ses lèvres étaient sur les siennes, le temps s’était arrêté pour la deuxième fois de la soirée, et l’esprit de Lily n’était plus qu’un vague brouillard.

Mais cet instant ne dura probablement qu’une demi-seconde, car presque immédiatement, James s’écartait d’elle, le visage horrifié, et ils se regardèrent, tous les deux aussi secoués que l’autre.

« Je… Désolé. » lâcha le garçon, au grand étonnement de Lily.

Et la jeune fille était tellement déroutée qu’elle n’eut même pas le réflexe de l’attraper par la chemise lorsqu’il remonta presque immédiatement, sans un regard pour elle.

XxxXxxXxxXxxXxxX

Fin du chapitre 25 ! (ouf, l’était long celui-là… ;-) J’espère n’avoir rien oublié d’important (je suis en vacances, donc de retour chez moi, mais j’ai oublié mon précieux carnet de fic à mon kot, comme une pigeonne… /râle/)

Deux bisous en un seul chapitre ! Vous avez TROP de la chance, les gens ! D

Et j’aimerais préciser (avant que mes lecteurs n’appellent le centre des personnages maltraités) que j’aime Sirius autant que vous (si pas plus, mouhaha), et que s’il est si instable dans cette fic, c’est parce que j’aime écrire Sirius tourmenté… ;) C’est un peu comment je vois le personnage, et sa manière de grandir. (oui oui, parce qu’il grandit, là… ça se voit pas ? oh… raté ! ç.ç )

Le prochain chapitre, c’est la dernière ligne droite… Et oui, on approche tout doucement de la fin ! (qui a dit « il était temps ! » ??) Vous aurez donc droit à un peu d’action la prochaine fois, histoire de démêler tout ça ;) Je ne pense pas être excessivement douée pour écrire les dénouements (loin de là, besoin de me rôder un peu) mais je vous promets que je vais essayer de faire de mon mieux !

Et j’espère aussi que je ne vous ai pas tous assommés avec le cours d’Ancienne Magie (c’était nécessaire, je vous assure !)

Bye à tout le monde, merci à tous ceux qui reviewent (et ceux qui ne reviewent pas, aussi, faut pas les oublier !), je ne vous le dirai jamais assez : JE VOUS AIME !!

Clickounette (qui souffle depuis la première fois de l’année (comprendre : premières vraies vacances))

PS : J’ai fait un sketch des Maraudeurs et un de Lily, Kim, Nawei et Poppy, si ça vous intéresse, je l’ai posté sur ma communauté à dessins. Voici le lien (n’oubliez pas de virer les espaces et les parenthèses !)

http (:) // community . livejournal . com / clickart / 11206 . html

(Si j’ai fait une mauvaise manipulation, pas de stress, l’adresse de ma communauté est dans mon profile ;-)

J’espère que vous aimerez !



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