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Sang et Honneur
Auteur : Moa !
Disclaimer : Tout est à la fabuleuse JK Rowling, excepté certains personnages et l'histoire, qui m'appartiennent en propre.
Genre : R, dark, slash (Relations entre hommes, homophobes, passez votre chemin !)
Résume : Après sept ans de prison ferme à Azkaban, un homme qui a tout perdu doit reconstruire sa vie et reconquérir sa dignité. Son nom : Draco Malfoy…
Que lui apporteront ses retrouvailles avec son pire ennemi ? La destruction… ou le salut ?
Notes de l'auteur : J'ai essayé de faire quelque chose de totalement différent par rapport à ce qu'on lit d'habitude sur les HPDM.
Je vous préviens amicalement que Draco s'en prend ''plein la gueule'' dans cette fic. Excusez-moi l'expression, mais c'est exactement ça. Et pourtant, j'adore Dray.
De plus, elle n'est pas à mettre entre toutes les mains, notamment à cause de certaines scènes sensibles.
On va dire que les persos sont OOC. Pour Draco, ce n'est pas difficile, car je préfère cent fois ce que les fans en ont fait plutôt que de le voir quasi-inexistant comme dans le tome 5 !
Dernière chose, je me suis lancé un gros gros défi. Regard timide et rougissant Je voudrais voir si je suis capable d'atteindre les 500 rewiews… Alors, je compte sur vous, hein ? Petit clin d'œil.
Cette fic est spécialement dédiée a :
- Saael', ma beta-lectrice. Je n'updaterai chaque chapitre qu'après que celui-ci soit passé entre ses doctes mains, lol ! Merci, Miss Cœur de Lionne !
- Celinette, ma puce, qui me soutient et m'encourage depuis le début (« Changeline », tu te rends comptes, Céline, il y a déjà presque quatre mois !)
- Falyla, l'autre membre du club des trentenaires-folles-de-l'univers-d'Harry-Potter ! (Non, on n'est pas vieilles, c'est faux, lol !)
Mais aussi à tous ceux et celles qui me suivent régulièrement dans mes délires et qui apprécient ce que j'écris. Désolée si je ne les cite pas, la liste est trop longue, lol ! Mais je suis certaine que vous vous êtes tous reconnus !
En quelques mots, JE VOUS AIME, merci d'être la, de me soutenir, de m'encourager. L'écriture n'est pas quelque chose de facile, et vos rewiews sont ma plus belle récompense !
Heu… Voila, la séquence émotion est terminée !
Finis les bla-blas ! Bonne lecture !
Prologue
Dans la salle de tribunal, on n'entendait que le bruit des plumes glissant sur les feuilles de papier. Les journalistes ne perdaient pas une miette des débats, et le silence des auditeurs était un réel témoignage de l'intérêt général que suscitait le procès en cours.
Depuis plusieurs semaines, la cour suprême du monde magique jugeait les mangemorts qui avaient suivi Voldemort et lui étaient restés fidèles jusqu'au bout.
Car la guerre était finie. Le lord noir avait été vaincu six mois plus tôt par Harry Potter, et ce, une bonne fois pour toutes.
De temps à autre, les regards des jurés glissaient furtivement vers le jeune homme brun, d'une vingtaine d'années, assis au premier rang de l'auditoire.
Le vainqueur de Tom Jedusor.
Pour l'heure, le regard émeraude du survivant ne quittait pas le témoin entendu par les jurés et l'auditoire. Un jeune homme roux, à la silhouette longiligne, portant la tenue des apprentis aurors.
Ronald Weasley.
Assis à côté de son avocat, l'accusé affichait une impassibilité totale.
Rita Skeeter, reporter à « La gazette du sorcier », posa sa plume à papote pour le regarder un moment.
« Vingt ans à peine, pensa-t-elle. Et merde, quel gâchis… »
Il se tenait droit, fier, arrogant comme à l'accoutumée. Sa chevelure blonde ne portait aucune trace de gel. Ses yeux gris ne cillaient pas.
Pas la moindre trace de faiblesse dans ce corps musclé. Aucune expression sur ce mâle visage.
Rien. Aucune émotion.
Rita admira comme il se doit. Son éducation aristocratique ne lui faisait pas défaut, surtout en ce moment où il en avait si cruellement besoin.
« Malfoy jusqu'au bout… »
Le jeune homme aurait tout aussi bien pu être ailleurs. Et la journaliste se rendait bien compte que cette attitude indifférente, voire vaguement méprisante, ne lui attirerait pas la sympathie du jury.
Mais Draco Malfoy, lui, se fichait royalement de ce que les personnes présentes pensaient de lui. Il savait que dans le meilleur des cas, il allait finir ses jours à Azkaban.
Dans le pire, un détraqueur lui donnerait le baiser de Thanatos.
Les paroles de son père à la veille de son exécution lui revinrent en mémoire, avec une précision quasi-parfaite.
« Laisse-les rire, laisse-les te regarder comme une bête curieuse. Plie, mais ne romps pas. Un Malfoy ne se laisse pas dominer. Un Malfoy ne montre pas ses peurs ou ses émotions. Ne laisse rien transparaître. Rien. C'est ça qui fera ta force, et qui les fera enrager jusqu'à ta fin… »
Et Draco appliquait à la lettre ce sage précepte, inculqué depuis l'enfance.
Rien n'avait plus d'importance, désormais.
Les sangs de bourbe et Saint Potter avaient gagné la croisade contre les forces du mal.
Pas une seule fois son regard n'avait croisé celui du survivant. Les deux hommes s'ignoraient, mais chacun était intensément conscient de la présence de l'autre.
La haine était trop profondément ancrée dans leur chair pour qu'ils puissent se regarder en face sans se sauter à la gorge…
Le procureur, un homme sec et maigre comme un sarment de vigne, se tourna vers l'auror stagiaire Weasley, qui s'était tu.
- Continuez, M. Weasley. Que s'est-il passé ensuite ?
Ron avala péniblement sa salive. Son regard croisa celui de son ami depuis presque dix ans.
« Pardonne-moi, Harry, mais je ne peux pas mentir, songea-t-il. Je suis incapable de tricher avec ma conscience. »
Le procureur l'encourageait par un sourire.
- La vérité, reprit Ron, c'est que Draco Malfoy m'a sauvé la vie ce jour-la.
Le sourire du procureur s'évanouit aussi sec.
Ce n'était pas ainsi qu'ils s'étaient mis d'accord pour présenter les choses. Le rouquin devait passer sous silence « l'aide » du prisonnier, lors de la folle course-poursuite qui avait précédé son arrestation.
Dans la salle d'audience, un léger brouhaha avait remplacé le respectueux silence.
Un regard noir du juge mit fin aux bavardages.
Les mots se précipitèrent sur les lèvres de Ron.
- J'étais agrippé à cette corniche, et j'avais lâché ma baguette. Je poursuivais Malfoy, mais j'étais blessé, et j'avais perdu trop de sang pour continuer.
Ron marqua une brève pause avant de reprendre, tandis que les souvenirs affluaient.
- J'allais lâcher prise. J'ai pensé à ma fiancée. J'ai vu ma vie défiler devant mes yeux…
Son regard croisa celui, bouleversé, de sa compagne, Hermione Granger. Elle lui fit un discret signe d'encouragement.
- Au moment où j'ai basculé dans le vide, Draco Malfoy m'a retenu et m'a remonté en sûreté, acheva-t-il.
Dans la salle, une tempête de voix s'éleva de nouveau. Le juge leva bien haut sa baguette et la frappa plusieurs fois contre son bureau.
- Silence ou je fais évacuer la salle ! tonna-t-il.
Les murmures se turent peu à peu. Chacun reprit son calme.
- Continuez, maître, fit le juge à l'adresse du procureur.
Celui-ci, un rictus dégoûté aux lèvres, haussa les épaules.
- Je n'ai pas d'autres questions, votre honneur.
Le juge leva la main en direction de l'avocat de la défense, un jeune homme blond à l'air timide, et aux lunettes rondes cerclées d'argent.
- Maître Carmody, c'est à vous.
L'avocat, commis d'office, s'approcha de la barre des témoins avec lenteur.
- Monsieur Weasley, dit-il doucement. Mon client vous a-t-il dit pourquoi il vous avait sauvé la vie ?
- Non, répondit Ron.
- Et vous, savez-vous pourquoi il l'a fait ?
Il y eut un moment de silence. Ron croisa le regard orageux de Harry, et sa gorge se serra. Leur amitié allait certainement s'en ressentir, mais il ne pouvait mentir davantage. Il devait la vie à Draco Malfoy, même s'il lui en avait coûté de le reconnaître.
- Il m'a dit qu'il était fatigué de tout ça. Fatigué de fuir, de se cacher. Je pense, maître, reprit-il après une brève pause, que votre client en avait assez de vivre, tout simplement.
Le silence dans la salle était chargé d'émotions intenses. La gorge du jeune homme était nouée lorsqu'il ajouta :
- C'est l'unique raison pour laquelle il m'a laissé l'arrêter. C'était un homme vaincu.
Durant quelques secondes, l'avocat et le témoin se fixèrent intensément, n'ayant nul besoin de mots supplémentaires. L'air était encore lourd de cette ultime phrase.
- Je n'ai plus d'autres questions, votre honneur, fit maître Carmody.
Les débats durèrent trois jours. Trois longs jours pendant lesquels les jurés ne purent s'entendre sur le verdict. Mais finalement, ils parvinrent à un accord.
Draco Malfoy fut déclaré coupable de haute trahison, de meurtre, d'espionnage et autres crimes divers.
A la question, « Reconnaissez-vous à l'accusé des circonstances atténuantes ? », deux faits vinrent jouer en sa faveur.
- La mort de son père alors qu'il n'avait que seize ans.
- Le sauvetage de l'auror stagiaire Ronald Weasley.
Le jury rendit son verdict dans un calme absolu.
Sept ans de réclusion ferme à la prison de haute sécurité du monde magique : Azkaban…
Draco Malfoy ne cilla même pas en entendant la sentence. Il était bien au-delà de cette parodie de justice, de ces gens qui l'avaient déjà condamné avant même que le procès n'ait commencé.
Il ne réagit toujours pas lorsque le juge demanda que l'on amène sa baguette de sorcier. Le silence le plus total régnait dans la salle. Chacun savait que le tribunal, en la personne d'un auror confirmé, allait procéder à la destruction de ladite baguette.
Ce fut Alastor Maugrey, le vieux Fol-Œil, l'un des plus anciens, qui s'en chargea.
Il posa sa propre baguette tout contre celle de l'accusé, et murmura en une litanie sans fin le mot Destructo.
Au fil des minutes, l'instrument de Draco Malfoy s'enflamma, brûlant de plus en plus vite, les flammes bleutées s'élevant dans l'atmosphère.
Ce fut le seul moment ou les deux ennemis jurés se regardèrent en face. Les yeux émeraude et les yeux lunaires s'accrochèrent, et se soudèrent pour ne plus se lâcher. Chacun observant, fasciné, la haine pure qui brûlait au fond des prunelles de l'autre…
Draco sentait la sueur ruisseler le long de sa nuque. Il n'aurait jamais cru que la destruction de cet objet, si longtemps sien, le rendrait physiquement malade. Il n'aurait jamais cru être en aussi étroite connexion avec lui. Et pourtant, c'était le cas.
Flammes.
Les yeux de Potter…
Vertige.
Les yeux de Potter…
Douleur.
Les yeux de Potter…
Harry Potter, encore et toujours, savourant le spectacle de ses traits décomposés. Jouissant jusqu'à l'extrême du malaise éprouvé par Draco…
Se nourrissant telle une sangsue de sa souffrance, de sa déchéance.
Le serpentard eut soudain l'impression atroce que la haine du survivant à son encontre augmentait la rapidité de combustion de l'instrument magique.
Destructo.
Malgré la douleur croissante, malgré l'humiliation, il se força à fixer jusqu'au bout les prunelles vertes de sa Némésis.
Jusqu'à sentir ses propres orbites le brûler.
Jusqu'à se sentir au bord de la nausée.
Fier et indomptable.
Finite Destructo.
Lorsque la baguette fut totalement réduite en cendres, les médicomages se tenaient prêts, connaissant de longue date les effets de cet acte barbare sur un sorcier.
Ils n'eurent pas longtemps à attendre…
Un hurlement inhumain déchira soudain le silence de la salle d'audience.
Draco Malfoy tomba à genoux et vomit.
Sur le sol, du sang se mélangeait à la bile…
Voilà, à suivre… Vous aimez, vous détestez ? Faites-m'en part ! Chapitre 1, titre : « Sept ans plus tard ».