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Books » Harry Potter » Sang et Honneur
Ivrian
Author of 47 Stories
Rated: M - French - Drama/Angst - Draco M. & Harry P. - Reviews: 689 - Updated: 05-17-09 - Published: 04-19-04 - id:1826835
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Sang et Honneur

Auteur : Moi, la barge déjantée dont le cerveau fêlé imagine toutes ces histoires bizarroïdes !

Disclaimer : Tout est à la fabuleuse JK Rowling, excepté certains personnages et l'histoire, qui m'appartiennent en propre.

Genre : M, Dark, Slash (Relations entre hommes, homophobes, passez votre chemin !) Non mais, franchement, ça existe encore, les homophobes ! C'est pas une espèce en voie de disparition !

Résumé : Après sept ans de prison ferme à Azkaban, un homme qui a tout perdu doit reconstruire sa vie et reconquérir sa dignité. Son nom : Draco Malfoy… Que lui apporteront ses retrouvailles avec son pire ennemi ? La destruction… ou le salut ?

Note de l'auteuze : Sincèrement désolée de ne pas avoir pu répondre à toutes les rewiews, mais je termine l'année sur les rotules (angine, grippe, gastro, toute la famille malade, j'en passe et des meilleures… et merci les antibiotiques parce que ça vous met vraiment en forme, lol !)

Meilleurs vœux 2006 à toutes et à tous !

Résumé de l'interlude "Azkaban 1"

Le lendemain de son procès, Draco Malfoy, malade et à bout, est conduit à Azkaban. Avec les nouveaux arrivants, il a droit au "discours de bienvenue" du gardien-chef. Le détraqueur qui accompagne ce dernier se rend compte de l'extrême état de faiblesse du jeune homme, ce qui lui vaut de passer six jours à l'infirmerie. Une fois sur pied, Draco comprend qu'il a tout intérêt à se chercher des alliés à l'intérieur de la prison…

Interlude Azkaban 2

« Ceux qui prisent trop leur noblesse ne prisent pas assez ce qui en est à l'origine. »

La Rochefoulcauld

Au contact de McNair, je compris bien vite les règles qui régissaient Azkaban. Elles étaient très simples.

Les prisonniers se scindaient en trois groupes principaux. Ici, il n'était pas question de blancs, de noirs, de jaunes, à l'instar des critères raciaux simplistes moldus. Non, loin de là…

Il y avait les sangs purs, les cracmols et les sangs de bourbes. Chacun logé à la même enseigne que les autres, vu que la magie était désormais interdite à tous.

L'idée de partager le même espace vital que ces erreurs de la nature me retournait l'estomac, mais j'allais devoir m'y faire. Tant que ces sous-merdes ne s'approchaient pas de moi, tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Enfin, presque…

J'avais sept ans à tirer dans cet enfer.

Les premiers mois se passèrent sans trop de problèmes, et étrangement, avec rapidité. Walden McNair m'avait à la bonne, et les autres prisonniers le craignaient beaucoup trop pour risquer sa colère. J'avais donc atteint mon but : être protégé. Alors je commençais, lentement mais sûrement, à me détendre et à observer.

Sous mes dehors soumis, voire obséquieux, je ne tardais pas à mépriser profondément McNair. J'avais rapidement réalisé quelle était sa vraie nature. Oh, il savait y faire ! Il avait réussi à se faire respecter de tout Azkaban, mais j'eus le choc de ma vie le jour où je découvris les minables petits trafics auxquels il se livrait.

Ça ne m'aurait pas gêné outre mesure, si ce n'est que ces tractations, incluant drogue, tabac, faveurs sexuelles et autres, étaient conclues avec des sangs de bourbes et des cracmols !

McNair monnayait tout ce qui était monnayable, et il aurait vendu père et mère pour un gallion. Mais il n'avait aucune envergure, et si mon père ou Rodolphus Lestrange avaient été encore vivants, il n'aurait eu aucun pouvoir ici. Je me demandais parfois s'il s'en rendait compte, car je sentais souvent son regard songeur sur moi, semblant s'interroger si je ne deviendrais pas gênant un jour ou l'autre. Mais je faisais celui qui ne s'apercevait de rien, me préparant mentalement pour le moment ou je n'aurais plus besoin de lui, et où je pourrais enfin décider de prendre sa place.

M'imaginer en train d'égorger ce porc et ne plus subir l'atroce vision de son crâne chauve me causa un plaisir proche de la jouissance. Mais mon heure n'était pas encore venue. Il me fallait d'abord endormir la méfiance de l'animal, et je n'étais à Azkaban que depuis trop peu de temps pour ça…

Un midi, à la cantine, un cracmol, d'un ou deux ans plus jeune que moi, me bouscula sans le vouloir. Le choc fut plus rude pour lui que pour ma personne, car il envoya joyeusement valdinguer son plateau de nourriture, m'éclaboussant largement au passage, tandis que le mien restait fermement en place, c'est à dire entre mes mains.

L'incident en lui-même était de peu d'importance, mais en voyant les regards narquois et les sourires en coin des autres prisonniers, je compris que je ne pouvais pas laisser passer ça. Je lui flanquais un violent coup de poing dans le dos, et il alla atterrir à côté de son plateau.

- Sale crevure ! hurlai-je, prenant mon attitude la plus 'Malfoyenne'. Tu ne peux pas faire attention où tu mets les pieds !

Il leva sur moi de limpides yeux bleus, aussi clairs et innocents que ceux d'un enfant, et balbutia en butant sur chaque mot :

- Je… je… vous… de…de…mande… pa…pa…pardon…

Le gamin avait visiblement un problème de bégaiement. Peut-être même était-il débile, et je lui répondis en l'imitant, me moquant cruellement de son infirmité.

- Je…je… me…f…f…fous… de… tes… ex…ex…excuses !

McNair éclata de rire, bientôt suivi par tous les sangs purs, et un sentiment de triomphe m'envahit. J'avais la sensation d'être vraiment l'un des leurs.

Poussant mon avantage, je regardai le jeune type à mes pieds, et vis sa lèvre inférieure trembler, comme s'il allait se mettre à pleurer. Je lui souris, sarcastique, avant de lui balancer un coup de pied vicelard dans le ventre. Il avait commencé à se relever, et se laissa de nouveau tomber à terre avec une plainte de douleur.

Alors que j'allais le rouer de coups, une main m'attrapa fermement par le bras et me retint.

- OK, ça va, il ne l'a pas fait exprès !

Je me retournai pour foudroyer du regard le fauteur de troubles qui osait me priver ainsi du plaisir de tabasser du cracmol. C'était un gars de mon âge, dont la chevelure rousse et les tâches de rousseur me rappelèrent immédiatement ce connard de Weasley. Puis je croisai son regard, le plus fascinant qu'il m'ait jamais été donné de rencontrer, à part celui de Potter : noisette, parsemé de petites paillettes dorées.

- De quoi je me mêle ! fis-je avec agressivité, déstabilisé par ces yeux mordorés.

- Ecoute, ce gosse n'a que dix-huit ans, et il n'est pas normal, me murmura-t-il à voix basse, sans doute pour ne pas que l'autre l'entende. Il est un peu… attardé. Alors tu serais gentil de lui ficher la paix, d'accord ?

- Et si je n'ai pas envie d'être gentil ? rétorquai-je.

Je ne sus jamais ce qu'il aurait répondu, car d'un signe de tête, McNair me fit comprendre de laisser tomber. Alors j'obéis ; d'une part, parce que les gardiens s'approchaient de nous… Et d'autre part, parce que j'avais vite compris qu'on ne désobéissait pas à un ordre direct de McNair. Pas si on tenait à la vie.

Plus tard, à table, je demandais négligemment aux autres, l'air de ne pas y toucher, qui était ce grand rouquin.

- Un emmerdeur du nom de Patrick Kavanaugh, me répondit Avery entre ses dents serrées. Un de ces putains de sangs de bourbe !

Et à voir la haine qui flambait dans les yeux de McNair lorsqu'ils se posaient sur lui, Kavanaugh avait intérêt à surveiller ses arrières.

- Pourquoi Mac ne l'a-t-il pas supprimé ? demandai-je à Avery à voix très basse.

- Le petit salaud est bien protégé, me répondit-il sur le même ton.

En silence, je me replongeais dans mon repas, avalant machinalement chaque bouchée. Ce Kavanaugh me déplaisait fortement. Et sa ressemblance avec la belette (qui se cantonnait fort heureusement aux cheveux et aux tâches de rousseur !) n'était pas faite pour arranger les choses…

Ainsi s'écoula ma première année. Je me tenais peinard, j'obéissais, et en échange, j'étais sous haute protection.

Je me repaissais de ma haine pour Potter, la nourrissant comme on nourrirait un animal familier, et j'appris à ignorer les sangs de bourbe et les cracmols, et à les humilier quand c'était nécessaire.

Chaque clan restait dans son coin, et la vie était (presque !) un long fleuve tranquille…

Tout changea lorsque Henry Dynn, un prisonnier affecté à la tâche fort enviable du polissage des futures baguettes, mourut d'une attaque cardiaque. Dynn avait soixante-cinq ans, et passé la majeure partie de sa vie à Azkaban. D'ailleurs, le contact prolongé avec les détraqueurs l'avait rendu pas très net…

Pendant un mois, le gars qui travaillait avec lui assuma le boulot tout seul, mais il devint bientôt évident qu'il lui faudrait de l'aide. Et à ma grande surprise, je fus choisi.

C'est ainsi que par une belle matinée d'hiver, je me retrouvai de nouveau face à face avec Patrick Kavanaugh.

- Ça va, Draco ? me demanda-t-il le plus naturellement du monde, l'emploi de mon prénom me faisant sursauter.

Il eut un petit sourire devant mon air stupéfait.

- Je te rassure, ta majesté, me dit-il, tout le monde ici sait qui tu es.

Cette constatation, qui se voulait sarcastique, ne m'en remplit pas moins d'orgueil. Malheureusement, le type qui me l'avait faite m'énervait au plus haut point. Décidant de l'ignorer, je m'appuyai contre le mur avec un bâillement d'ennui. Son sourire s'effaça peu à peu, et il haussa les épaules.

- A ta guise, dit-il fermement.

Voyant que je n'avais pas l'intention de bouger, et encore moins de parler, il soupira et me désigna divers coffres, qu'il ouvrit l'un après l'autre.

- Ce sont les différents bois dont on fait les baguettes, me dit-il. Ils sont rangés par catégories. Ça, c'est du noisetier, ça, du saule, du chêne, du hêtre, du cerisier, du sureau…

A mesure qu'il parlait, je ne pouvais m'empêcher d'être fasciné par ses explications. Mais j'eus la sagesse de ne pas le lui montrer. Inutile de fraterniser avec l'Ennemi.

- Le bois arrive ici à l'état brut, continua-t-il. Notre tâche consiste à le polir, de manière à approcher le plus près possible de la forme définitive de la baguette.

Une question me brûlait les lèvres, mais je la retins in extremis. Il était hors de question que j'adresse la parole à ce misérable enfant de moldus. Il parut cependant lire dans mes pensées, car il reprit bientôt :

- Tu te demandes sans doute pourquoi Ollivander ne fabrique pas lui-même ses baguettes ? C'est tout simple… nous, nous sommes les artisans, qui allons dégrossir le matériau. Lui, c'est l'artiste, il lui donne la touche finale.

Pas con. Pas con du tout. Mais j'aurais préféré crever plutôt que de lui révéler que je venais d'admirer son intelligence !

Sans me prévenir, il me fourra un morceau de noisetier entre les mains, et m'observa en souriant. Je sentis le contact de l'écorce contre ma peau, sa douce callosité, et une sensation extraordinaire me traversa. La magie vibrait déjà dans cette enveloppe brute, prête à être libérée.

Sans réfléchir, je fis glisser mes doigts le long des fines rainures, savourant la texture et la puissance millénaire du vieux bois. Patrick parut comprendre ce que je ressentais.

- Incroyable, hein ? fit-il avec douceur.

Je ne répondis pas. Mais cette fois-ci, ce fut moins par mépris que parce que nous partagions tous les deux un moment de grâce. J'étais émerveillé. Alors que je pensais l'avoir définitivement rayée de ma vie, la magie avait de nouveau trouvé le moyen de me toucher.

Il me parut soudain que quoi qu'il m'en coûte, je me devais de remercier celui à qui je devais cet instant privilégié. Je relevai la tête, et mes yeux en dirent sans doute plus long que je ne l'aurais voulu, car il secoua la tête en murmurant :

- Je n'y suis pour rien. C'est la nature qu'il te faut remercier.

Je ne pus rien répondre à cela. Mais il me sembla que l'espace d'un instant trop bref, j'avais quitté ce lieu sordide pour retrouver mon ancienne vie. Et le retour à la réalité fut rude.

Pouvez-vous imaginer une vie sans sortilèges ? Avoir baigné dans la magie depuis sa naissance, et se retrouver brutalement sevré, comme un drogué à qui l'on retire sa cocaïne sans aucune précaution, d'un seul coup. Il y avait des moments ou seul, dans ma cellule, je frissonnais de fièvre et de désespoir, mes doigts se tendant désespérément à la recherche de ma baguette… pour n'étreindre que le vide.

A cet instant, je me réveillais, et je maudissais Potter jusqu'à la treizième génération, lui souhaitant de mourir dans d'atroces souffrances. Et ça finissait toujours de la même manière, par des fantasmes de sexe et de sang, tandis que je me masturbais violemment en imaginant tenir enfin Potter à ma merci.

Oh, tout ce que je lui ferais subir avant de le tuer !

« Tu souffrirais mille tourments, Potter, avant que je ne laisse enfin ton âme quitter ton corps. Ce serait long, atrocement long… pour toi, et délicieusement bon… pour moi. »

Et c'était toujours la même chose, je me rendormais dans mon lit souillé de sperme et de sueur, épuisé tant physiquement que moralement, deux yeux verts ne me quittant pas, même dans mes cauchemars.

Quelques semaines plus tard, La Voix fit son apparition dans ma tête, et commença à me hanter jusque dans mon sommeil…

A suivre… Retour au présent, et retrouvailles Draco/Pansy. Pour connaître l'identitié de La Voix, il faudra attendre le prochain interlude… Mais vous devez vous en douter, non ?
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