| B s . A A A | full 3/4 1/2 | E E | Light Dark |
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Author of 9 Stories |
Hello tout le monde! Voici donc comme promis les réponses aux reviews:
Mélisandre: /rougit/. Merciiiiiiii! La schizophrénie de Sirius m'a été inspirée par une phrase de Mme Weasley. "Harry n'est pas James, Sirius!" (Ou quelque chose d'approchant.)
Enclume: Je suis absolument ravie que tu aimes ce que j'écris. C'est en lisant tes one-shot que j'ai eu envie de me mettre à écrire des fanfictions. Effectivement on n'a pas la même vision des soeurs Black, mais j'aime beaucoup la tienne aussi comme j'ai du te le dire dans une de mes reviews. Pour les âges, je me suis basée sur le fait que Bellatrix était de la même bande que Rogue à Poudlard... Donc elle doivent avoir le même âge que les parents d'Harry. Andromeda, étant la mère de Tonks, doit être plus âgée. J'ai mis Narcissa entre les deux un peu au hasard.
Tabasco: Bellatrix est folle et c'est cette folie que je trouve fascinante. D'ailleurs, en listant mentalement tout ce que j'ai écrit sur ff et ailleurs, je peux vous le confirmer: tous les personnages que je met en scène ont plus ou moins un grain. Et puis avec les projets que j'ai dans la tête ca va pas s'arrêter en si bon chemin. Andromeda aussi est folle à sa manière, dans mon imaginaire. Si elle tue Bellatrix ce n'est pas réellement par vengeance, mais parce qu'elle n'arrive plus à résoudre dans sa tête la contradiction entre son amour et sa haine.
Nelja: Je vais t'avouer un secret, j'ignore totalement si Andromeda est morte ou non dans l'univers Rowlingien. Parce que le tome 5 je l'ai lu en anglais, et en moins de 48h, et comment dire, jaipastoutcompris.
Alana Chantelune:Merci. Essayer de mettre de la tension dans un texte c'est un de mes jeux préférés... Pas de pitié pour les nerfs de mes lecteurs, lol!
miss serpentard: C'est vrai qu'il y a plein de possibilités avec ce personnage... Parce qu'elle est folle justement. Il y a de bonnes fics à droite à gauche qui commencent à l'utiliser... Mais je soupconne certains d'être trop en colère de la mort de Sirius pour l'exploiter correctement.
Nightspark: Tout comme c'est un plaisir de lire les tiens :) . J'espère que tu en écrira d'autres, au fait (sans vouloir te mettre la pression, hein, parce que oui, je sais, mais bon, voilà, j'espère ;) /se relit/ Hum->Hinky va se soigner/)
Aliona: Moi aussi il m'énervait Sirius, c'est pour ca que j'ai décidé de creuser par là. Pour le reste, je ne te prend pas pour une folle et je suis vraiment très flatée :)
Vengeresse: Mettre en mots la folie? Magnifique compliment que tu me fais là. Comme je le dis plus haut, la folie est mon thème favori.
Ptite fleur la fée: Merci. Ca fait plaisir de te retrouver ici.
Fenice: Nah, Tonks n'est plus là... Je l'ai tuée avant le premier chapitre, rapelle-toi, elle a été assassinée par Bella, c'est ca qui pousse Andromeda à tuer Bella... J'ai été sacrément meurtrière avec les Black, sur ce coup-là. C'est parce que je lis trop les tragédies de Racine. Sinon pour les favoris tu peux aussi cliquer sur la petite flèche à côté de "submit review" et choisir "add to favorites" à la place. Et puis tu cliques sur Go. Plus simple que de trouver les identifiants... Suis très flattée d'être dans tes favoris, au passage.
Pixel: Merci. Je suis ravie d'avoir trouvé une fanficeuse chez les fans de Werber.
Titania M:Moi aussi j'ai eu du mal à cerner Narcissa. Ca m'a pris du temps avant de décider comment la m'as fait une jolie surprise en reviewant tous mes one-shot en une soirée! Je ne voulais pas croire ma boite aux lettres.
Voilà voilà. Maintenant je laisse la place à mes divagations et on se retrouve après pour du blabla (pour une fois que je blablate, j'en profite. Je suis une grande bavarde refoulée)
note: en ce moment vous l'avez peut-être remarqué, ff .net mange des mots... ou des lettres... ou des phrases... Où la gloutonnerie de ce site s'arrêtera-t-elle? J'envisage d'aller squatter ailleurs un de ces quatres.
Des voix parlaient bas dans le couloir. Il pouvait les entendre à travers la porte entrouverte.
Cela fait trois jours, maintenant…
Vous dites qu'il ne parle pas ?
Pas un mot. Pas un mot depuis…
Ses blessures sont guéries pourtant…
Il pouvait les entendre, mais il n'écoutait pas. Ses yeux fixaient sans la voir sa table de chevet. Blanche aussi. Ce qu'il haïssait le blanc...
Qu'allons-nous en faire ? Sa famille est au cimetière. Le Manoir est en cendres.
C'est le fils Malfoy… Qui en voudra ? Personne.
Nous avons tous nos propres blessés.
Je ne te permettrais pas cela, fils dégénéré.
Non, non. Cette voix-là n'était pas réelle. Elle était morte. On le lui avait dit. N'est-ce pas ?
N'est-ce pas ?
Il ferma les yeux et plongea dans un sommeil engourdissant, sa conscience s'enfoncant lentement loin des troublants échos du monde.
En fait… Si on y réfléchit bien, il lui reste de la famille.
…
Non.
Non, vous ne pouvez pas lui demander ca. Elle en a fait assez. Elle en même fait beaucoup trop.
Vous êtes donc volontaires pour vous en occuper à sa place ?
…
…
C'est bien ce qu'il me semblait.
D'abord, il y avait eu l'hôpital. On avait soigné ses blessures, on lui avait donné à manger, on avait tenté de lui faire dire comment il allait. Ca, il comprenait. C'était leur boulot, à Ste Mangouste, de ramener les gens à la vie. Paf, quelques coups de baguette, et hop, adieu les ennuis. Payez la note en partant et revenez quand vous voulez.
Sauf que lui, il n'était pas vraiment revenu à la vie, n'est-ce pas. Son cœur avait l'air de battre, ses poumons respiraient convenablement, bravo les Médicomages, chouette boulot. Sauf qu'il n'était pas en vie. Il faisait semblant. Et encore, à peine. Mais ça avait eu l'air de les convaincre, à Ste Mangouste, puisqu'ils l'avaient mis dehors. Donc, pas de problème de ce côté-là, tout était logique, ou à peu près. Se faire servir, se tirer.
Mais elle, il ne comprenait pas. Non, il ne comprenait pas.
D'abord, il s'était dit que c'était encore une infirmière juste payée un peu plus cher, et qu'elle allait s'acharner à le faire parler. Ou que c'était une auror, et qu'elle voulait l'interroger. Mais ce n'était pas ça.
Elle l'avait emmené dans une maison. Ca avait l'air d'être chez elle. Elle lui avait montré une chambre, et elle l'avait laissé là.
Elle n'avait pas dit un mot. Pas seul un mot.
Ce n'était pas une chambre d'hôpital. Il avait compris tout de suite que c'était la chambre de quelqu'un. Il y avait ces posters, ces objets, ces photos, ces choses qui vous disent qu'un endroit appartient à une personne en particulier. « Quelqu'un » devait être une adolescente fan du chanteur de Métalmagic. Il y avait des affiches de lui partout sur les murs.
Il avait pensé qu'elle allait venir lui servir à manger, ou juste venir voir comment il allait. Comme à l'hôpital. Après tout, il était malade. Et si elle l'avait emmené ici, ça devait être pour s'occuper de lui. Mais elle n'était pas revenue. Pourtant, il avait attendu longtemps.
La nuit était tombée. Il était resté là, sans bouger, sur le lit. A attendre. Il ne savait pas trop ce qu'il attendait. Mais il attendait. De toute façon, il n'avait rien d'autre à faire. Les heures passaient, et il s'étonnait que ça soit encore la nuit, est-ce que ça ne faisait pas des jours qu'il était là ? Par moments, il sombrait dans l'inconscience, et puis il ouvrait les yeux, se demandait où il était, s'apprêtait à appeler sa mère. Au moment d'ouvrir la bouche, il se souvenait et se taisait.
Il n'avait plus rien mangé depuis le matin, à l'hôpital. Il n'avait pas vraiment faim, c'était juste qu'il sentait la fatigue s'insinuer dans ses bras et ses jambes, et sa tête qui tournait un peu. Ca faisait presque le même effet qu'être ivre. Ou que mourir. Ca serait peut-être bien, mourir, pas se réveiller. Plus rien manger, juste dormir, dormir. Dormir.
Mais il n'y arrivait pas.
Il avait beau être fatigué. Pas moyen de dormir.
C'était trop bête. Il aurait pas dû courir. Quand il pouvait, il aurait dû dire oui.
Il se traita mentalement d'imbécile et s'obligea à se lever. Il devait bien y avoir quelque chose à manger dans cette maison.
Il sortit de la chambre. C'était étrange de marcher dans cet endroit où tout lui était étranger. Ce n'était pas neutre comme l'hôpital, mais chargé d'un sens qu'il ne pouvait pas comprendre. Une maison de pauvre, pensa-t-il avec dédain, comme pour se rassurer.
Au détour d'un couloir, il trouva le salon, et elle était là. C'était le milieu de la nuit, pourtant. Mais elle était là. Assise sur le canapé. Les genoux serrés contre elle, comme une gamine qui a peur du noir. Ce n'était pas une gamine, pourtant. Il y avait des mèches blanches dans ses cheveux, et quelques rides sur son visage muet. Elle regardait dans le vide. Elle avait tourné les yeux vers lui, un instant. Et puis sans la moindre réaction, elle avait recommencé à fixer le mur. Il avait su tout de suite qu'elle attendait, elle aussi. Elle attendait que quelqu'un vienne, que quelqu'un revienne. Peut-être la fille qui écoutait Métalmagic, et qui pour une raison obscure n'occupait pas sa chambre.
De toute façon, ce n'était pas son problème à lui, n'est-ce pas ? Son problème c'était de trouver à manger. Il finit par repérer la cuisine. Il farfouilla dans les placards, mais il n'y trouva que des trucs moldus qu'il ne connaissait pas. Brusquement, une rage folle transperça sa tête. L'horreur de la défaite, son père assassiné par ces vermines d'aurors, ces moldus qui maintenant pouvaient pulluler en paix et mêler leur sang dégénéré à celui des sorciers. L'image de sa mère sur le balcon, vêtue de noir, et les fleurs qui tombaient. Il prit à plein bras des paquets de il-ne-savait-pas-quoi, et jeta tout violemment par terre. Et puis ça se mis à tourner, soudain, et ça faisait comme un rideau devant ses yeux.
Et il pensa « imbécile !» avant de s'effondrer sur le sol.
Elle était près de lui, et elle lui passait une serviette humide sur le front. Il était allongé sur le canapé. Ce n'était pas comme l'hôpital. Ce n'était pas comme la maison. Elle avait une façon très spéciale d'éponger son front. Pas mécanique et efficace comme les infirmières de Ste Mangouste. Pas respectueuse et craintive comme les elfes de maison. Comme… Il ne savait pas. Comme s'il était la personne la plus importante du monde. Pas comme s'il était le seigneur de l'univers, non, mais juste la personne la plus importante du monde.
C'était absurde.
Et puis ça lui donnait tellement mal à la tête, de réfléchir.
Il avait envie de se rendormir, mais elle lui relevait doucement la tête en lui tendant un bol. Il espérait que ce n'était pas encore de la soupe. Il avait bu tant de soupe à l'hôpital, rien que l'idée lui donnait des haut-le-cœur.
Ce n'était pas de la soupe. C'était du chocolat chaud. Il but avidement, comme si sa vie en dépendait.
Il lui sembla qu'elle souriait. Un sourire étrange, heureux, et en même temps triste, terriblement triste. Encore une absurdité.
Et puis il ferma les yeux et il s'endormit.
Il referma les yeux. Il pouvait rester tranquille aussi longtemps qu'il voulait. Il ne savait toujours pas où il était, mais il était bien. Il pouvait même rester là, sans bouger, dans ce lit, jusqu'à la fin de sa vie, s'il voulait.
C'était ce qu'il aurait dû faire dès le début. Ne pas bouger. Attendre. Attendre que tout finisse.
Comme sa mère.
Que cherches-tu à faire?
Il se leva du lit. La tête lui tournait encore un peu. Ses muscles étaient engourdis. Il ouvrit largement les volets et aspira une grande goulée d'air. Il faillit tourner de l'œil encore une fois. La lumière lui faisait mal.
La lumière, aveuglante. La fumée, suffocante. L'air qui lui brûlait la peau.
Il recula et se réfugia dans le couloir. La lumière y était plus tamisée. Il se rappelait vaguement dans quelle direction était la cuisine. Là, la deuxième porte à droite…
Elle était assise à table, devant une tasse de thé. Elle avait dû l'entendre arriver, pourtant elle ne leva pas les yeux vers lui. Face à l'étrangeté de la situation, son orgueil vint au secours de son esprit troublé. Un agacement sourd s'empara de lui. De quel droit l'ignorait-elle ainsi ? Il s'assit devant elle, attendant qu'elle lui offre du thé. Mais elle ne le fit pas. Il tapota la table des doigts, poussa de profonds soupirs. Elle ne dit rien.
-Bonjour, finit-il par dire d'un ton passablement offensé.
Il réalisa soudain que c'était le premier mot qu'il prononçait depuis…
Depuis.
Elle le regarda enfin dans les yeux et répondit :
-Bonjour.
Et comme si elle avait lu dans ses pensées, elle fit apparaître une tasse pour lui d'un coup de baguette. Puis elle retourna à ses pensées.
Il but son thé à petites gorgées en la regardant par en-dessous, essayant de rassembler ses pensées.
-Qui êtes-vous ? Demanda-t-il brusquement. Que me voulez-vous ?
Sa voix était un peu rauque. Il n'avait plus trop l'habitude de parler et ça lui faisait mal.
-Moi je ne veux rien, répondit-elle calmement. C'est à toi de vouloir.
-Qu'est-ce que ça veut dire ? Demanda-t-il d'une voix basse. C'est quoi ces phrases à l'emporte-pièce ?
Elle ne répondit pas.
-C'est le nouveau plan « réinsertion des fils de Mangemorts » du ministère, c'est ça ? Ajouta-t-il avec un sourire railleur au coin des lèvres.
Elle le fixa un moment sans rien dire, avec une espèce de tristesse nostalgique.
-Tu lui ressembles tellement, murmura-t-elle.
Il se sentit soudain cloué au sol sans vraiment savoir pourquoi. Que disait-elle ? De qui parlait-elle ?
-A qui ? Demanda-t-il dans un souffle. A qui est-ce que je ressemble ?
-Narcissa, fit-elle avec un léger sourire.
-Qui êtes-vous ? Répéta-t-il.
-Andromeda. Andromeda Tonks.
Il chercha dans sa mémoire quelqu'un qui aurait pu connaître sa mère et qui portait ce nom. Mais il était certain de n'avoir jamais entendu parler d'elle. Elle sourit à nouveau en voyant sa confusion.
-Je ne m'attendais pas à ce qu'on t'ai parlé de moi.
-Qui êtes-vous ? Répéta-t-il une troisième fois.
-Je suis ta tante, dit-elle. La sœur de Narcissa.
Il éclata de rire. C'était réellement ridicule, de vouloir lui faire croire ça. Son rire résonna si bizarrement dans sa gorge qu'il se fit presque peur.
-J'avais une tante mais elle est morte, dit-il finalement.
-Bella, fit Andromeda d'une voix distante.
Draco sentit ses entrailles se tordre. Il n'avait jamais entendu que sa mère appeler sa tante Bellatrix ainsi. Et encore, rarement.
-Nous étions trois, reprit Andromeda. Trois sœurs. Narcissa était la préférée de Père. Bella et moi, nous aimions lui jouer de mauvais tours pour nous venger. Nous étions toujours ensembles, toutes les deux. Mais ils m'ont tous reniée quand j'ai épousé Ted. Spécialement Bella. Elle voulais que je soit à elle, toujours. Elle n'a pas supporté que je quitte la maison. Surtout pour épouser un enfant de moldus.
Draco se raccrocha à la dernière phrase, ignorant la stupeur de cette famille inconnue. Le mot « moldu », au moins, appelait une réponse claire. Il fit une grimace de dégoût.
-Alors c'est ça, dit-il avec hauteur. Vous êtes une amoureuse des moldus et des sangs-de-bourbe.
Elle se leva brutalement, renversant sa chaise, et gifla Draco si fort qu'il s'étala sur le carrelage.
-Ne dit plus jamais ces mots devant moi, dit-elle.
-Pourquoi, qu'est-ce que vous ferez ? Rétorqua Draco d'un ton de défi. Vous me jetterez dehors ?
-Oui.
Elle était très pâle, mais aussi très calme. A ce moment précis, il sut qu'elle ferait exactement ce qu'elle avait dit. Car cette femme était bien la sœur de sa mère.
Il était sortit de la maison une fois, pour voir. Personne ne l'en avait empêché. Il avait erré quelque temps dans les rues de Londres, puis il était revenu. Il n'avait, de toute façon, aucun endroit où aller. Les anciens amis de son père étaient pour la plupart morts, en prison ou en fuite. Les autres se faisaient discrets, et n'auraient probablement aucune envie de se voir associés au fils du bras droit de Voldemort. Le Manoir avait brûlé, il ne devait pas en rester grand-chose. Les comptes en banque des anciens Mangemorts avaient été bloqués par le ministère de la magie. Même sa baguette avait disparut dans l'incendie. Il n'avait strictement plus rien. Excepté cette chambre qui n'était pas la sienne dans une maison qui n'était pas la sienne.
Il passait l'essentiel de ses journées dans sa chambre, à lire tout ce qui lui tombait sous la main, pour ne pas trop penser. Il y avait heureusement des livres sorciers dans cette maison polluée par les objets moldus. Mais malgré tous ses efforts, il pensait quand même. A sa mère, Narcissa, assise dans un fauteuil avec ce port de tête royal, ses yeux hypnotisant fixés sur lui. Elle le regardait avec une expression emplie de mépris et d'ennui, comme si elle lui disait : « J'ai toujours su que tu ne valais pas mieux que cela. ».
Pourtant, il fallait bien qu'il reste là. Que pouvait-il faire d'autre ? Qu'y avait-il à faire à part attendre des jours meilleurs, ou bien se suicider comme l'avait fait sa mère ? Et il n'avait pas le courage de se tuer. Il n'avait jamais eu le moindre courage, de toute façon.
-Narcissa ?
-Oui. Comment était-elle, quand elle était petite fille ?
-Plus fière qu'une impératrice. Narcissa méprisait tout le monde. Excepté Père. Tout comme Père méprisait tout le monde, excepté Narcissa… Il me trouvait trop timorée, et Bella trop emportée. Il dédaignait Mère parce qu'elle ne lui avait jamais donné de fils. Narcissa seule était digne à ses yeux de porter son nom. Il estimait qu'elle était sa parfaite héritière.
Elle se tut, puis ajouta paisiblement :
-Je l'ai haïe pour cela.
-Et Bellatrix ?
Le visage d'Andromeda se ferma.
-Bella était malade. Malade dans sa tête. Et ils n'ont rien fait pour la guérir. Ils l'ont nourrie de ces horreurs sur la pureté du sang. Ils en ont fait un monstre.
-C'était une héroïne, lâcha Draco avec suffisance.
-Tais-toi, fit la voix fatiguée d'Andromeda. Tais-toi. Tu ne sais pas de quoi tu parles. Tu ne sais rien. Personne n'a aimé Bella autant que je l'ai aimée. Personne ne l'a haïe autant que je l'ai haïe. Personne ne l'a pleurée autant que je l'ai pleurée. J'aurais fait n'importe quoi pour la sauver. Je serais morte pour elle. Mais elle m'a pris ma fille. Et je l'ai tuée.
Draco sentit son sang se glacer. Y avait-il un seul de ses parents qui n'aie pas sur les mains le sang de sa propre famille ? Y avait-il une malédiction chez les Black qui les condamnait à tous s'entretuer jusqu'au dernier descendant ? Si c'était le cas, sa tante et lui joueraient la finale. Car ils étaient les derniers.
-Bella a tué mon cousin et ma fille, reprit Andromeda d'une voix dure, je l'ai tuée, Narcissa s'est suicidée et t'a presque emporté avec elle. Mais c'est Père le coupable. C'est lui le responsable de ce massacre. Il nous a pourries de l'intérieur, avec ses phrases méprisantes entrecoupées de compliments pervers. Ce monstre manipulateur a fait de nous ce que nous sommes devenues. S'il y a un enfer, j'espère qu'il y brûle.
Tu ressembles à ton père.
Cela avait sonné comme une insulte, dans la bouche de sa mère.
Narcissa méprisait tout le monde.
Tout le monde. Chacun de ces misérables petits êtres humains qui avaient l'audace de respirer le même air qu'elle.
Je ne te permettrais pas cela, fils dégénéré. Je ne te permettrait pas de vivre pour déshonorer le sang de mon père. Je te tuerais plutôt.
L'espace d'un instant, il vit la folie de Narcissa briller au fond de ses propres prunelles grises, et sa voix qui appelait la mort résonna dans sa tête.
Que cherches-tu à faire ? Lâche ! Je te tuerais plutôt.-Tais-toi ! Hurla-t-il.
Et d'un coup de poing, il brisa le miroir.
-Vous avez dit que je lui ressemblais, dit-il soudain.
Elle ne répondit pas.
-Vous êtes la première personne à dire que je ressemble à ma mère, insista-t-il.
-La plupart des gens ne réfléchissent pas et ne regardent pas vraiment, avant de dire « il est le portrait de son père » . C'est seulement une phrase à l'emporte-pièce que l'on prononce en société histoire de dire quelque chose.
-Vous voulez dire que je ressemble vraiment à ma mère.
Elle leva les yeux vers lui. Elle avait l'air triste.
-C'est quelque chose au fond de tes yeux…
-Vous la haïssiez.
-Oui…
Elle secoua la tête.
-Non, fit-elle, hésitante. Je ne sais plus.
Il fuyait aussi le regard d'Andromeda, qui était pire encore que les miroirs.
Il allait saluer une dernière fois Narcissa Malfoy, née Black, brûlée vive par la flamme de son propre orgueil.
C'avait été un enterrement digne des Malfoy. Cérémonieux, lourd, rempli d'ombres qui n'osaient pas dévoiler leur visage. Rempli d'ombres et d'eau de pluie. Tant de pluie, comme pour éteindre cet incendie qui le consumait encore et encore. Mais toute cette eau n'avait pas suffit. Alors il restait encore un peu sous l'averse qui n'en finissait pas de tomber. Encore un peu d'eau glacée pour tenter d'arrêter ce flux brûlant dans ses veines ; mais ça ne s'arrêterait pas. Il le savait.
Elle lui avait dit, pourtant. Elle lui avait dit que vivre encore était impossible. S'il l'avait écoutée, à présent, tout ne serait plus que cendres.
Cendres et eau de pluie, pour laver la bassesse d'un monde perdu.
Andromeda reparut à la porte.
-Entre. Tu es trempé.
Elle tendit la main vers lui, mais il recula d'un pas pour l'empêcher de l'atteindre.
-Je n'entrerais plus dans la maison d'un sang de bourbe.
Elle se figea, ramena sa main, recula d'un pas. Et sans un mot, elle referma la porte. Draco put l'entendre pousser le verrou.
La lumière lui faisait mal aux yeux. Les gens autour marchaient… Se promenaient… Allaient au travail en costume-cravate. Les moldus grouillaient comme les êtres dépourvus de noblesse et d'imagination qu'ils étaient. Sans soupçonner une seconde la guerre qui avait fait rage juste sous leur nez, ils passaient avec des attachés-case, des poussettes, des sacs à dos. Des bambins riaient, montraient du doigt et parlaient tous en même temps devant la vitrine d'un magasin de jouets. Bandes de larves sans dignité. Sans rien du tout.
Est-ce qu'il n'avait pas envie d'être comme eux ? De rire bêtement, sans retenue, montrer du doigt et parler fort, laisser ses cheveux se décoiffer et ses robes se salire, comme si les leçons de tenue de ses parents n'étaient pas gravées dans sa tête jusqu'à la dernière virgule ? N'avait-il pas envie d'être un foutu gosse de moldu, ne faisant attention à rien, se mêlant à tout le monde, parlant sans réfléchir et ne comprenant rien ?
De nouveau la vitrine lui renvoya les impitoyables yeux de sa mère. Mépris. Dégoût. Ce sang qui coulait en lui, il lui brûlait les veines.
Il ramassa un pavé descellé par terre, le soupesa une seconde, et le balança dans la vitrine. Les gosses s'éparpillèrent en hurlant.
-La maison brûle ! S'écria-t-il avec une joie furieuse.
Il éclata de rire.
A moins que ça ne soit pas dans cet ordre. Est-ce qu'elle n'avait pas perdu Bella en premier ?
Elle croisa son propre regard dans un miroir. Draco détestait tant les miroirs. Etait-ce normal, chez un Malfoy, une telle haine de sa propre image ? Sans doute que non…
Pleurerait-elle ? Pleurerait-elle pour lui comme elle avait pleuré pour les autres ? Lui restait-il encore des larmes ?
Non. Elle était trop fatiguée pour tout ça, maintenant. C'était finit.
-Que soit maudit le sang des Black, murmura-t-elle.
Mais on ne le mettrait pas à Azkaban. Azkaban était plein à craquer de Mangemorts, on n'y avait pas de place pour de petits délinquants dans son genre. Non, lui on le garderait pour la nuit dans une cellule du Ministère. Et puis il aurait droit à un sermon. Et on le laisserait partir.
Dommage.
La sorcière du Ministère regardait avec effarement l'héritier Malfoy hurler comme un petit garçon dans son bureau.
-Traîtres, traîtres, traîtres ! Je veux pas de votre monde de pitoyables moins que rien ! Je vaut mieux que ça ! JE VEUX PAS DE VOTRE MONDE !
Soudain tous les placard s'ouvrirent et leur contenu s'éparpilla dans un tourbillon de parchemins.
Il marchait sans cesse, depuis des heures et des heures, au hasard. Il ne s'arrêtait jamais pour se reposer. Peut-être, s'il marchait tout le temps, s'il ne s'asseyait jamais sur un banc ou au bord de la route comme un vagabond, il arriverait à ne pas penser que la faim lui tordait le ventre, ne pas penser qu'il n'allait nulle part, ne pas penser que la nuit allait tomber et qu'il allait dormir sous un pont comme un clochard moldu.
Peut-être, s'il marchait vraiment, vraiment longtemps, il oublierait qu'il faisait froid et qu'il avait mal aux jambes. Peut-être même qu'il oublierait qu'il allait mourir.
Oublier. Ne pas penser. Arrêter le cycle infernal de ses pensées.
Il voulait seulement que tout se taise, maintenant. Il voulait que tout s'arrête.
Il voulait marcher jusqu'à en mourir.
Il s'assit au pied du caveau Malfoy et goûta le repos enfin accordé à ses jambes douloureuses. Ici, il pouvait s'asseoir sans être un vaurien sans le sou. Il avait le droit d'être là. C'était le dernier de ses privilèges.
Autour de lui flottaient des ombres. Certaines, il les reconnaissait, d'autres non. Il y en avait qui étaient plus proches que d'autres. Tout près de lui, la forme évanescente d'Harry Potter le dévisageait avec curiosité.
-Tu es là, toi ? Dit Draco. C'est vrai que tu es mort. J'avais oublié.
Harry Potter lui sourit et s'assit en face de lui.
-Tu me vois. Comment est-ce que tu fais ça ? Ca ne m'était jamais arrivé.
-Ah non ? Fit Draco, conscient d'être en train de bavarder avec le vent.
-Non. Je parle à Ron et Hermione, des fois, mais ils ne m'entendent jamais. Remus Lupin m'écoute un peu. Il me répond parfois. Mme Weasley ne me dit jamais rien, mais je sais qu'elle sent ma présence. Il y a toujours beaucoup d'ombres autour d'elle, je suppose qu'elle a l'habitude. Le professeur Trelawney essaye souvent de me poser des questions sur le monde des morts. J'aime bien aller la voir et la regarder parler à la chaise où elle suppose que je suis assis. Tu es le premier qui me vois.
Draco haussa les épaules.
-C'est drôle, dit-il. Je ne te déteste plus. C'est probablement parce que tu es mort. Tu n'existe pas, en fait. Haïr quelqu'un qui n'existe pas, c'est impossible.
-Je ne sais pas, répondit pensivement Harry. Ca m'est arrivé, de continuer à haïr des morts. Mais je suppose que ça n'a pas beaucoup de sens.
-Non. De toute façon, mon cerveau fonctionne bizarrement depuis quelque temps.
-Depuis que tu t'es réveillé à Ste Mangouste, hein ? Fit Harry avec un sourire.
-Comment tu peux savoir ça ?
-Question d'habitude.
-Habitude de quoi ? Des chambres d'hôpital ? Ca fait toujours cet effet-là ? Rétorqua Draco avecune ironie sombre.
-Habitude de saluer la mort, je dirais. Habitude de tout perdre sauf la vie.
-Finalement, tu as perdu ça aussi.
-Non, Malfoy. Cette fois-là j'ai pas perdu. J'ai donné.
-Héros sauveur du monde, hein ? Murmura Draco en fermant les yeux. Et ça t'avance à quoi ? Le résultat est le même. Tu es six pieds sous terre. Mangemorts, aurors, traîtres et héros, vous êtes tous dans une boîte en bois avec une jolie pierre dessus.
Harry haussa les épaules.
-Je me fiche que ça ait un sens ou pas. J'ai choisit, c'est tout. J'avais mes raisons. Ici, tu sais, il y a deux catégories de morts. Il y a ceux qui ont choisit et ceux qui ont subit. Les seconds, ils n'arrêtent pas de gémir, de tourner en rond, de s'accrocher à tout ce qui passe. Les plus désespérés laissent des empreintes d'eux qui deviennent des fantômes.
-Alors c'est certain que je ne verrais jamais le fantôme de ma mère, dit froidement Draco. Elle est ici, ajouta-t-il en scrutant les ombres silencieuses. Je sais qu'elle est ici. Mais elle ne dit rien. Je me demande pourquoi.
-Tu veux mourir, Malfoy ?
-Je ne peux plus vivre, Potter.
-Pourquoi ?
-Je ne sais pas. Je n'ai plus rien ici. Tout le monde a l'air d'être mort sauf moi. Je ne vois pas pourquoi j'essaierais de m'attarder. Pour faire quoi ?
-Y a des tas de choses à faire quand on est vivant, Malfoy. Cuisiner, se marier, aller en vacances à la plage, manger des chocogrenouilles, avoir des enfants et les emmener sur le quai du Poudlard express, se balader sur le Chemin de Traverse, jeter des bombabouses dans le hall du Ministère de la Magie, manger une glace aux quatorze parfums chez Florian Fortarôme…
-Tu vas continuer longtemps comme ça ? Interrompit Draco avec acidité.
-Toute l'éternité si tu veux. C'est con mais c'est toujours quand c'est trop tard qu'on se rend compte de ce qu'on a manqué. Crois-moi, j'ai de l'expérience en la matière.
Draco s'allongea au sol un peu plus confortablement. Un léger vertige l'envahit. Il se sentait flotter, comme quand il s'était réveillé à Ste Mangouste. Mais dans l'autres sens… En quelque sorte.
-Je n'ai plus mal au jambes, murmura-t-il. Et je n'ai plus faim.
-Ca c'est plutôt mauvais signe, remarqua Harry.
-Je t'emmerde, Potter. Je me sens bien.
-Ca fait toujours cette impression-là, au début. Si tu restes ici, tu vas mourir.
-Peut-être que non. Peut-être qu'Andromeda viendra et dira un truc du genre : j'étais sûre que je te trouverais là, j'étais folle d'inquiétude. Et puis elle se jettera sur moi et me ramènera chez elle.
-Tu sais que ça n'arrivera pas.
-Moi je dis que c'est mieux d'attendre là.
-Attendre qui ? Andromeda ? Ou Narcissa ?
-Elle est là, hein ? Ma mère, elle est toujours là, quelque part ?
-Oui, dit doucement Harry.
-Elle viendra, tu crois ? Tu crois qu'elle se battrait pour que je la rejoigne ?
-Tu vas faire quoi ? Dit Harry. Juste attendre que quelqu'un vienne te chercher ? Tu vas attendre soit Andromeda soit Narcissa, et la première arrivée aura gagné le droit d'emporter Draco Malfoy, c'est ça ?
-Pourquoi pas ?
-Peu importe qui viendra te chercher, Malfoy. Ce sera toujours un mauvais choix si c'est pas toi qui le fait.
-Je t'emmerde, Potter. Tu sais rien de ma vie. Depuis ma naissance j'ai jamais fait un pas sans qu'on balaie le parquet devant moi. Même si j'essayais, je pourrais aller nulle part tout seul.
-Ca tu ne peux pas le savoir tant que tu n'essaies pas.
-Je peux même plus me lever, abruti. J'ai plus la force. J'ai plus envie.
-Tu n'as même pas essayé. Qu'est-ce que tu veux, à la fin, Draco Malfoy ? Tu veux vivre ou tu veux mourir ?
-Ordinairement, quand on me demande ce que je veux, on me tend en même temps un plateau d'argent avec dessus tout ce que je pourrais demander.
-Les choses changent.
-Oui, j'avais remarqué, répondit Draco avec amertume. J'ai plus une noise en poche, tu es finalement mort, et nous sommes en train d'avoir une conversation qu'on pourrait presque considérer comme sensée. C'est la preuve indubitable que rien n'est éternel.
-Est-ce que tu peux vivre dans ce monde-là, Malfoy ?
-Non. Je te l'ai déjà dit il y a une heure, Potter. Faut croire que t'es bouché. Justement non, je ne peux pas.
-Tu ne peux pas, ou tu ne veux pas ?
-Je ne peux pas. C'est comme ça, c'est tout. Je saurais pas.
-Alors ça veux dire que tu veux, en fait ?
-Ca n'a rien à voir, bon sang. Ca n'a rien à voir. J'ai pas de place dans ce monde-là.
-Pas celle à laquelle tu étais habitué, en tout cas, monsieur le petit prince du manoir Malfoy.
Draco pensa à la maison d'Andromeda. Est-ce qu'il pourrait jamais envisager comme possible de décider que c'était sa maison ?
-Alors ? Qu'est-ce que tu veux ? A mon avis, tu ferais mieux de te dépêcher. Si tu continues comme ça, bientôt, tu n'auras plus de choix du tout.
-Ce serait plus simple, fit Draco dans un souffle. Juste s'endormir et pas se réveiller. Tellement plus simple.
-Et les Serpentards choisissent toujours le facile, n'est-ce pas ?
-Dire que je vous ai cru courageux de mourir, marmonna Draco. Finalement, vous êtes tous des lâches.
-Ce qui est courageux, c'est pas de vivre, Malfoy. Ni de mourir. C'est de choisir ce qui n'est pas facile.
-Et moi, je n'ai jamais eu le moindre courage, dit lentement Draco. Un parfait petit Serpentard, disait toujours mon père.
-Les Serpentards aiment se défiler, mais ils ont aussi à cœur de préserver leurs intérêts, remarqua Harry. Réfléchit. La glace quatorze boules… Les bombabouses dans le hall du Ministère…
-Je doit avouer, reconnut Draco avec difficulté, que cette idée-là n'est pas mauvaise.
-Fais-moi plaisir, Malfoy. Envois-en une à Fudge de ma part.
Draco ne put retenir un faible sourire.
Et finalement, après ce chemin qui avait paru durer des années, il était devant la porte prêt à s'effondrer sur lui-même. Et si elle n'ouvrait pas ? Et si elle lui claquait la porte au nez ?
Il appuya sur la sonnette et attendit. Il entendit des pas approcher. Puis le silence. Puis le verrou qu'on tirait. Enfin, la porte s'ouvrit. Et elle le dévisagea sans comprendre, comme on regarde un fantôme ou un rêve. Tout à coup, il se rappela un mot que les gens désolés prononçaient habituellement. Personnellement, il ne se rappelait pas avoir jamais été désolé dans sa vie, et il ne l'avait jamais employé. Mais les choses changeaient, comme disait ce con d'Harry Potter.
-Pardon, murmura-t-il.
Elle le prit d'un coup dans ses bras et le serra contre elle. Et elle pleurait. Elle pleurait de joie. Draco ne se rappelait pas avoir jamais connu une telle étreinte. Il ne se rappelait pas que qui que ce soit ait jamais pleuré pour lui. « Putain de monde bizarre », pensa-t-il. Ce fut sa dernière pensée cohérente pour un petit moment. Troublé, affamé et à bout de forces, il perdit connaissance.
Hier après-midi, alors que le Ministère de la Magie était en pleine activité, d'étranges paquets sont arrivés par hiboux. Les volatiles ont lâché leurs paquets sur la magnifique fontaine qui orne le hall du Ministère, et ceux-ci ont aussitôt explosé, dégageant une puissante odeur nauséabonde. Craignant une attaque d'anciens Mangemorts, les aurors ont aussitôt fait évacuer les lieux et créé un périmètre de sécurité. Mais au bout de plusieurs heures d'expertises et contre-expertises, il s'est avéré que les objets de l'agression n'étaient que de simples bombabouses de modèle courant achetées chez Zonko.
On ne peut que saluer le courage et le dévouement de ceux qui ont bravé l'épouvantable odeur afin de rendre les locaux du Ministère à nouveau fonctionnels. Les lieux ont été nettoyés, mais la fontaine a dû être détruite pour mener à bien l'opération. Cet objet d'art, sculpté en 1064 par Arturo Cicceli, et récemment restauré par l'artiste Iatus Baccaro, a été durant plusieurs siècles le symbole de la communauté sorcière.
On ignore encore les responsables de cet ignoble attentat. L'enquête suis toujours son cours. Zonko nie formellement toute responsabilité dans cette affaire, et affirme que les bombabouses ont été achetées par correspondance sous un faux nom. Un message aurait été retrouvé dans le bureau du Ministre, déclarant qu'il s'agirait d'un cadeau d'Harry Potter pour Cornélius Fudge, mais le Ministère nie formellement cette information.
Est-ce l'acte désespéré d'un ancien combattant mentalement déstabilisé par la guerre ? Une tentative de la part du parti adverse de ridiculiser le Ministère ? L'appel au secours d'un jeune Mangemort anonyme éperdu de regrets, tentant par l'usage de farces et attrapes de rattraper son enfance perdue, tout en marquant son désarroi face un monde en pleine reconstruction, et en proclamant ses remords par la référence au Survivant, se liant ainsi à ce destin terrible qui…
Hermione Granger posa le journal et éclata de rire. Un rire franc, sincère, et heureux. La famille Weasley la dévisagea avec curiosité. Ron lui prit le journal, tandis qu'Arthur Weasley attrapait son propre exemplaire de la Gazette, pour voir ce qui avait pu provoquer l'hilarité de la jeune fille.
Dix minutes plus tard, tout le Terrier était plié en deux.
A des kilomètres les uns des autres, mais au même moment, Remus Lupin, Minerva McGonagall, et même Severus Rogue poffaient et ricanaient devant leur journal. Et l'ombre d'Harry Potter, près de chacun d'eux à la fois, souriait. Ca lui avait prit un moment, mais il avait finalement fait passer le message. Dire que c'était grâce à Draco Malfoy. C'était fou quand même, ce que les choses pouvaient changer.
Un dernier petit mot sur les titres:
Novae: C'est le nom qu'on donne aux étoiles doubles. Il y en a souvent une des deux qui finit par dévorer l'autre... Andromeda et Bellatrix portant toutes les deux des noms d'étoile, j'ai voulu choisir mon titre dans l'astronomie.
Skizein: Par référence à la schizophrénie bien sûr. C'est du grec ancien et ça veut dire "rupture".
Vita Brevis: J'ai volé ce titre-là à Jostein Gaarder (vous savez, l'auteur du Monde de Sophie). C'est du latin, ça veut dire "la vie est brève". Vita Brevis est l'histoire de la concubine de St Augustin. Ca raconte l'amour de la vie contre l'austérité fanatique et destructrice de l'église moyenâgeuse.
Stella Matutina: Ca, c'est du corse. Enfin, ça vient du latin. Ca veut dire "l'étoile du matin" et c'est le nom de l'étoile du berger. Je voulais faire un parallèle avec mon premier titre (vu que Draco, comme quasiment tous les descendants des Black, porte un nom d'étoile).
Bon, mon blablatage est finit. Juste un dernier petit mot: j'ai un autre one-shot tout prêt, qui devrait sortir prochainement. C'est pas sur HP mais sur le Seigneur des Anneaux. C'est la faute à Roselyne, je me suis mise à lire ses très bonnes fics sur le SDA, et voilà, j'suis contaminée. Bref. Ca va être encore plus torturé que d'habitude... Non je préviens, parce que... Enfin, si le coeur vous en dit, vous verrez.
Ciao,
Hinky