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Author of 36 Stories |
Annexes : parce que vous le valez bien !
Voici quelques textes que j'ai écrits il y a longtemps, dont je me suis inspirée pour écrire, puis développer cette fic. J'espère qu'ils vous plairont.
P.S. Je publierai mes réponses aux reviews en fin de semaines.
Bonne lecture et bises à tous.
Dialogue imaginaire : 6 décembre 2003 :
La scène se passe par temps froid et nuageux, dans un lieu de tristesse, de souvenirs et de nostalgie. En fin d'après-midi. Elle s'approche, elle lui parle.
— Salut!
— Salut! T'as pas amené de fleurs? Dans ce genre de circonstances, on apporte toujours des fleurs. Je pourrais le prendre mal, tu sais.
— Te moque pas, merde. J'ai pas eu le temps d'en acheter.
— Que tu dis... Non, je plaisante.
— Fais pas ça. Tout le monde me l'a fait. Me dire des vacheries affreuses, puis me flanquer des tapes dans le dos en braillant "mais j'rigole!" comme si j'étais une attardée mentale.
— Ok, je le referai plus.
— Je peux fumer une clope?
— Si tu veux. Ça ne risque pas de me déranger de toutes façons. Bon, quel bon vent t'amène?
— J'avais envie de te voir. Je me sens seule en ce moment, c'est horrible.
— Je sais ce que c'est. Dans le temps, ça m'a inspiré plein de trucs, ce genre de sensation.
— Je vois ce que tu veux dire.
— Ça te plaît?
— C'est ça qui m'a donné envie de te voir.
— Tu me flattes.
— Dis, je peux te poser une question?
— Bien sûr!
— Qu'est-ce qu'il y a de l'autre côté?
— Il n'y a rien, ma puce. Si je te parle, c'est parce que tu le crois très fort. Je suis dans ta tête. En vrai, je ne suis pas là, je suis nulle part.
— Y a d'autres gens qui viennent te parler comme moi?
— Des tas.
— Et qu'est-ce qu'ils te disent?
— C'est un secret. Ça ne regarde qu'eux.
— Je me sens bête, là. Je vais acheter des fleurs, je reviens.
Elle fait demi-tour, se rend chez un fleuriste. Achète quelques fleurs. Retourne là d'où elle était partie.
— Voilà. Tiens, des fleurs. Des cyclamens blancs.
— Pourquoi des fleurs blanches?
— Tu le sais très bien.
— Je veux que tu me le dises.
— À cause de la symbolique. Des fleurs blanches, la pureté.
— Tu crois que je suis quelqu'un de pur?
— D'un certain point de vue, oui.
— Mmmm... Tu aimes la symbolique?
— J'aime la mise en scène. Ça me donne l'impression de maîtriser ma propre vie. Mais normalement, ça ne marche pas quand je suis avec des gens, je ne peux pas prévoir leurs réactions.
— Bien sûr que si. Ça ne t'es jamais arrivé de provoquer quelqu'un, pour voir s'il allait réagir différamment et lui dire "je savais que tu le prendrais comme ça" d'un air exaspéré?
— Si en effet.
— Tu sais, la vie, ça va, ça vient. Moi, j'ai pas toujours tout réussi. J'ai dû gérer des impondérables dont j'aurais très bien pu me passer. Un jour, y aura un aspect de ta vie qui te satisfaira, et qu prendra le pas sur le reste. De toutes façons, je veillerai sur toi tant que tu croiras que je le fais. Et pour m'appeler, tu sais comment faire. Appuyer sur le bouton.
— Merci. Je peux te le dire?
— Quoi donc?
— Je t'aime.
— Hihi.
— C'est pas drôle!
— Je sais. Hé, au moins, moi, je ne peux pas te faire de mal. Oublie l'autre. Je ne crois pas qu'il t'apportera grand' chose. Sois zen. Attends ton heure. Je veille sur toi. Allez, fiche le camp maintenant. Va boire un bon café et rentre chez toi.
Elle s'en va. Au bout de quelques pas, elle se retourne, adresse à l'infini un clin d'œil, et souffle un baiser. Elle croit qu'il la regarde. C'est son ange gardien.
Second dialogue imaginaire (comme quoi, tout n'est jamais fini) : 14 décembre 2003 :
Elle avait encore envie de lui parler. Elle avait essayé depuis la dernière fois, mais n'y était pas vraiment parvenue. Manquait l'URGENCE qui donne la concentration nécessaire pour celà. Mais ce soir-là, ça y était. Petit voyage mental, elle est retournée à l'endroit où elle l'avait vu la première fois. Temps froid, soleil couchant avec plein de nuages qui passent devant. Elle se presse dans l'allée caillouteuse, emmitouflée dans un châle comme les musulmanes qu'on fustige à la télé.
Il l'attend, nonchalamment appuyé contre un mur, ce doux sourire timide flottant sur son visage.
— Salut toi. Je t'attendais plus tôt.
— Tu savais que j'allais revenir?
— Je m'y attendais depuis le début. Ta plante va bien au fait. Les cyclamens.
— Ah... euh... c'est bien.
— Quelque chose te préoccupe?
— Mmmh...
— Raconte-moi, ma douce.
Elle baisse la tête, se mord la lèvre inférieure. Ferme les yeux très forts, jusqu'à ce que des éclairs lui traversent la tête. Elle a l'impression qu'il la prend dans ses bras. Ses cheveux sentent bon, elle sent la vibration de sa voix.
— Tu ne vas pas te mettre à pleurer, non?
— Je suis tellement crevée, merde!
— Chut...
Elle ne pleure pas, elle garde les yeux fermés pour garder l'illusion. Elle sent comme un main douce qui lui caresse la nuque, à la racine des cheveux. Elle a la voix sourde et étranglée.
— J'aime pas Noël. C'est du toc. Le monde est un hurlement dans la tête des gens.
— Je sais, ma douce, je sais. C'est un moment difficile.
— Parle pour toi...
— Tu essaies de me coincer... tu es une chipie!
— Non, je... oh, j'en sais rien. Des fois, je me dis que ça se passera tout seul, et puis d'autres, je me demande comment je vais supporter ça cette année... Je stresse un max.
— N'exagère pas. Bien sûr que tu vas le supporter. Préserve-toi.
— Comment?
— Ne pense à rien. N'exige rien. N'attends rien. Et ça passera. Sinon, je serai là. Evoque-moi quand tu voudras. On ne sera même pas obligés de parler. Evoque-moi, et sache juste que je suis là.
— Et les gens? Les gens qui souffrent? J'ai des amis qui...
— Toi aussi tu souffres, ma puce. Même si tu as l'impression que eux ont plus mal que toi, qu'ils sont plus dans la merde que toi, ne sous-estime pas tes propres ennuis. Offre-leur ta compassion, et s'ils savent, ils comprendront, et ils seront touchés. Tu n'es pas Jésus, tu sais.
— Grrrrr... Ne prononce pas ce nom-là. J'y crois pas.
— Moi non plus.
— Dis, je dois y aller. J'aurais bien voulu parler encore mais...
— Ça va. On reprendra cette conversation tout à l'heure. Evoque-moi quand tu seras prête.
Elle tend une main, sens sous ses doigts des cheveux frisés et emmêlés. Elle se détache doucement, et comme l'illusion s'en va, elle commence à avoir froid, malgré des plaques brûlantes sur ses joues.
Elle sait qu'elle lui parlera encore, parce qu'il l'aide à relativiser.
Et elle peut faire comme s'il l'aimait vraiment.
(à suivre)
Conciliabule ensommeillé : 16 décembre 2003
Avant de s'endormir, elle l'a évoqué. Roulée en boule dans son lit, elle l'a vu près d'elle derrière ses yeux fermés. Elle croyait sentir son souffle, sa présence, tout près d'elle sous la couette à fleurs. Elle parle très, très bas, car sous l'effet du somnifère, sa conscience se dilate, se dissout peu à peu dans l'oubli. Elle croit voir flotter ce sourire, si doux...
— Je peux te poser une question?
— Bien sûr.
— Tu ne le prendras pas mal? Je pourrais te blesser...
— Ne t'en fais pas. Plus rien ne peut m'atteindre maintenant.
— Tu es sûr que... que tu ne me feras jamais de mal? Parce que...
— Non. Je ne te ferai pas de mal. Si je suis là, c'est parce que tu le veux. Quand tu n'auras plus besoin de moi, je m'en irai. Mais tant que tu le voudras, je serai là, je veillerai sur toi. Dors maintenant, ma douce. Laisse les vapeurs s'emparer de toi, enroule-toi dans une boule de douceur où rien ne t'atteindra.
C'était comme s'il remontait la couverture sur ses épaules. Elle soupire, enfouit son visage dans oreiller. Elle a envie de lui dire "je t'aime", mais elle n'en a pas le temps. Elle s'endort.
La fiancée du maraudeur : 18 décembre 2003Elle l'a croisé en remontant le boulevard, devant un bâtiment illuminé. Il était appuyé contre le mur, les projecteurs jetant des lumières polychromes sur son corps. Des étoiles lumineuses se reflètent sur ses vêtements, sur sa peau. Ni roi ni prince, ni fils de rien, pour elle ce soir il n'est pas son ange gardien, il est le maraudeur. Il est beau. Elle s'arrête devant lui. Il la regarde, lui adresse un grand sourire.
— Salut!
— Oh euh... salut.
— Je t'attendais.
— Pourquoi?
Son sourire s'élargit encore. Ça lui donne des petites rides au coin des yeux. Mystérieux maraudeur. Très humain pour un ange gardien.
— Tu n'as pas osé y aller, n'est-ce pas?
— Tu es au courant?
— Je sais tout. En tant qu'ange gardien maraudeur, je te suis partout. Je sais que tu t'es dégonflée.
— Ben oui, je sais.
— Tu as une bonne excuse?
— Toi qui sais tout, pourquoi tu ne la trouves pas, mon excuse?
— Tu as peur?
— Ben évidemment que j'ai peur...
— Que tu es bête, ma douce... Que tu es bête.
— Je ne suis pas d'accord. Je n'ose plus aller là-bas.
— Mais de quoi tu as peur? De retomber amoureuse? D'être déçue? Ce type ne vaut pas grand'chose... Tu n'as pas besoin d'une espèce de maniaco-dépressif hypersensible, il ne t'apportera rien de bon. Je sais qu'au fond de toi, tu l'aimes encore un peu...
— Il y avait ce lien un peu spécial entre nous...
— Mmmmh... Trois cafés, quelques discussions et un peu de musique... Deux CD, c'est ça?
— Oui mais... Merde, toi qui es un ange, tu peux pas comprendre ce truc qu'il y avait entre lui et moi?
— Il t'aimait bien. Et peut-être qu'il t'aime bien encore.
— Tu peux savoir ce qu'il pense?
— Non, je ne peux pas. D'abord ça ne me regarde pas. En plus, il vit entièrement dans sa tête. C'est quelqu'un de très seul.
— Tu crois qu'il a un ange gardien lui aussi?
— C'est possible.
— J'ai peur, mon maraudeur.
— Tu devrais prendre le risque. Maintenant, c'est trop tard. Attends le début de l'année prochaine, et prends le risque. Il ne pensera plus au message, il sera peut-être moins préoccuppé, moins triste...
— Tu crois qu'il m'enverra un message pour Noël?
— Si j'étais toi, je n'espérerais pas trop... mais peut-être.
Elle ne sait pas où elle en est. Elle se sent lâche, mais en même temps, pas si abandonnée que ça, parce qu'il est là. Elle le regarde, croise un regard amusé, brun chocolat. Elle lui sourit:
— Je ne suis pas seule.
— Je suis avec toi.
— Mon ange gardien, mon maraudeur.
— Ton tour viendra.
Elle se concentre pour sentir à nouveau ce contact qui l'a tant réconfortée la dernière fois. À nouveau, l'étreinte. La caresse sur la nuque. Elle se sent entourée, croit à une certaine conception de l'amour. Quelque chose de pur.
— Je t'aime...
— Chuuut... Ton tour viendra. La pureté, ça se trouve avec les vrais gens aussi. Mais tant que tu en auras besoin, je serai là. Ma douce.
C'est à regret qu'elle se détache de lui, et qu'elle retrouve le froid. Elle lui jette un dernier regard, silhouette-caméléon dans la lumière.
Je suis la fiancée du maraudeur.
Apnée : 11 janvier 2004Ça a commencé par une engueulade.
— Je sais, tu vas me dire qu'on a pas le choix, mais des fois, j'en ai marre de tout ça, j'aimerais bien que ça s'arrête.
— Qu'est-ce que tu veux que je te dise? Je n'ai aucune réponse. On ne peut rien faire d'autre. Si tu veux, tu peux t'en aller. J'ai aucune réponse.
Elle est partie au bord des larmes éplucher des patates pour le déjeuner, retenant sur ses lèvres le commentaire cinglant qui menaçait de jaillir comme un venin: "Non, je ne peux pas m'en aller. Le seul truc qui me retient ici, c'est ton putain de fric, et je trouve ça dégueulasse."
Il était dans la cuisine, appuyé contre la fenêtre, les bras croisés. Elle a fait comme s'il n'était pas là. Curieusement, elle n'était pas très contente de le voir. Elle s'est mise à éplucher ses patates, ruminant sa colère qui peu à peu laissait la place à un chagrin sans nom. Il s'approche:
— Ne pleure pas. S'il te plaît, calme-toi, non...
Trop tard. Les larmes tombent sur les épluchures, dans l'évier, comme une grosse pluie grise d'orage.
— Casse-toi.
Elle veut qu'il la laisse tranquille. Elle se plie en deux, les bras noués au corps, et laisse échapper un long cri silencieux. Une sorte de râle, comme quelqu'un qui est en train de mourir. Puis elle se redresse, les larmes coulent toujours. Elle a l'impression qu'il l'enlace, elle croit sentir son menton appuyé sur son épaule, l'odeur de ses cheveux, mais elle refuse de se laisser attendrir:
— Casse-toi.
— Non, je ne me casserai pas. Je ne peux pas te laisser dans cet état.
— Casse-toi, je te dis. Je ne veux pas que tu reste. Mon existance est un paquet de merde. Et être obliger de rêver ma vie pour paraître heureuse la rend encore plus pitoyable.
— Il y a des gens qui n'ont même pas ce pouvoir-là. Ils ne peuvent rien faire. Ils sont englués dans leurs problèmes sans aucun moyen d'en sortir. Tu te rends compte que le rêve est une arme? Tu peux te battre. Et je resterai tant que tu en auras besoin.
— Je n'ai pas besoin de toi.
— Je resterai.
Alors elle l'ignore. Elle fait cuire ses pommes de terre. Elle use un demi paquet de kleenex pour essuyer ses larmes, pour ne pas que le Vieux voie qu'elle a pleuré. Elle se noie dans des tâches ménagères pitoyables. Et il la suit. Il est toujours derrière elle et ça l'énerve. Alors qu'elle est en train de refaire un lit, elle dit:
— Après tout, je ne vois pas pourquoi je fais des reproches à l'autre. Je ne vaux pas mieux que lui.
— Ne dis pas n'importe quoi. Tu es plus adulte et plus franche que lui.
— Qu'est-ce que tu en sais? Normalement, quand je te pose des questions sur lui, tu les éludes en disant que tu ignores les réponses.
— Je le sais, c'est tout.
— J'en ai marre d'être seule. Des fois, j'aimerais qu'il y ait quelqu'un qui vienne pour de vrai me prendre dans ses bras et me dire des choses gentilles.
—...
— Ne me dis pas que ça viendra, je vais vraiment m'énerver.
Alors il ne dit rien.
Une fois qu'elle s'est un peu calmée, il s'en va. Mais au moment de disparaître, il se retourne et lui dit:
— Je te le dis et je te le répète, tu ne te débarrasseras pas de moi comme ça.
Elle l'a revu depuis. Vautrée dans un demi-sommeil sur son fauteuil, elle a ouvert un œil et il était là. Il lui a souri. Elle lui a souri aussi, sourire vague et béat. Elle n'aurait jamais cru qu'un jour, elle se mettrait en colère contre le maraudeur. Mais des fois, elle trouve dommage de n'avoir que lui.
Voilà ! Dites-moi ce que vous en pensez ! Merci de m'avoir lue !