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IMPROBABILITES 1
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Disclaimers : Les personnages de Saint Seiya ainsi que la trame scenaristique appartiennent a Masami Kurumada ainsi qu'aux differentes compagnies chargees de la production et de la distribution du manga, de l'anime, et autres produits derives. L'auteur de la presente histoire, n'en tire aucun benefice materiel ou autre et celle-ci n'a ete ecrite que pour le plaisir des fans de la serie.
Genre : Romance, aventure, challenge de coupling improbable.
Couples : Siegfried x Kanon
Rating : Pour adultes
Auteur : Esthezyl
Notes : ATTENTION!! Dressage de Dragon des Mers! ;
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Tout en ouvrant son manteau pour laisser le vent glacial de la course penetrer ses vetements, et avec l'espoir que cela le calmerait quelques peu, Siegfried dirigea le galop de son cheval vers le coeur de la tempete.
Certes, quand il y pensait, la Bataille d'Asgard, directement suivie de l'affrontement entre Athena et Poseidon, etait enfin terminee et avait eu une fin... sinon heureuse, du moins inesperee.
Tous ses compagnons d'armes, comme lui-meme, avaient ete ressuscites. Ils etaient a present bien vivants, et de nouveau au complet... En cela, ils avaient eu plus de chance que les Marinas de Poseidon, aux corps engloutis et disparus a jamais dans les flots qui avaient de nouveau immerge le Royaume sous-marin.
Siegfried aurait donc du se sentir rassure, apaise; Il aurait du reprendre confiance en l'avenir, et s'estimer heureux de pouvoir a nouveau veiller en silence sur sa Princesse, comme il l'avait fait pendant des annees, en bon chevalier servant.
Mais, pour une raison obscure, voire par les caprices d'un destin amer qui ne comptait decidement pas l'epargner, les choses avaient tourne toutes autres pour lui.
En premier lieu, il avait eu la stupeur de decouvrir, apres l'heroique mais inutile sacrifice de sa premiere Vie, que ce qui attendait tout valeureux guerrier -legendaire pourfendeur de Dragons ou non- mort au combat, etait une eternite de souffrances dans les tenebres d'une angoisse sans cesse renouvellee. Oui, il s'etait sacrifie en pensant faire son devoir... mais il n'avait pas assiste a la fin du combat, et son ame en peine aurait erre a tous jamais, perdue dans les Limbes, si Athena en personne n'etait venue l'y chercher.
Siegfried ne se souvenait pas avoir verse une seule larme depuis sa naissance, mais quand il etait revenu parmi les mortels, et avait de nouveau pu lever les yeux vers le pale soleil d'Asgard, il avait senti sa gorge se serrer, puis avait du se plaquer une main sur la bouche pour etouffer des sanglots aussi brusques que violents.
Il n'avait cependant pas a en rougir, il le savait...
Et il savait a present autre chose: sept jours, a peine, de sa "nouvelle"vie s'etaient ecoules, et il en etait deja au point de non-retour. Il se sentait sur le point d'exploser...
Apres avoir assiste a deux guerres divines, et en avoir conserve dans la chair et l'esprit plus de blessures qu'il ne pouvait en compter, le guerrier d'Alpha se surprenait quelques fois, et plus souvent qu'il ne l'aurait souhaite, a fouiller dans des souvenirs dont la grande majorite le hantaient pourtant comme autant de cauchemars atroces, une fois la nuit tombee.
Et ce qui lui revenait systematiquement en memoire n'etait pas telle ou telle scene de bataille, ni meme cet instant de totale horreur ou il avait realise que -Sa- Princesse avait effectivement ete ensorcelee, et transformee en incarnation du Mal pour laquelle ses compagnons avaient inutilement donne leur Vie...pour laquelle il avait donne la sienne sans meme savoir quoi faire d'autre pour tenter de la delivrer...non, ce qui lui gachait cette nouvelle Vie accordee par une Deesse grecque aimante et genereuse et par sa Princesse revenue a la raison, etait le souvenir de ce long periple a leurs cotes et a travers les neiges d'Asgard, pour aller sauver les Guerriers Divins qui pouvaient encore l'etre, et ressusciter les autres.
Lui avait ete ressuscite en premier. Fenril, trouve sans connaissance sous une montagne de neige, avait juste necessite d'etre rechauffe pour sortir d'une espece de coma qui eut pu lui etre mortel. Cyd et Bud avaient eux aussi ete trouves errant entre la Vie et la Mort, la ou Mime, Hagen et Thor avaient du etre regeneres, puis ramenes dans le monde des Mortels.
Quand a Alberich...
Siegfried devait bien se l'avouer...A chaque arret aupres d'un nouveau corps glace, il avait espere, avec une joie anticipatrice franchement mauvaise, decouvrir le cadavre ensanglante de ce maudit traitre frappe et abattu en plein delire de gloire...Ce traitre qui serait certainement le seul destine a rester allonge sans vie dans la neige cruelle.
Mais Athena et Hilda lui avaient, a lui aussi, rendu la Vie.
Pourquoi?
Parcequ'elles avaient trouve, etincelant autour du cou pale et froid et a travers les dechirures de vetements que la derniere attaque du Dragon avait laceres, les debris d'un fin anneau d'or brise.
Un anneau d'or dont la seule vue avait suffi a plonger Hilda dans les affres d'une terreur panique; Il avait du la saisir a bras le corps et la soulever du sol, pour la serrer contre lui jusqu'a ce que ses cris percants fondent dans une crise de larmes qui avait mis un certain temps a s'apaiser.
Alors il l'avait delicatement reposee sur le sol, l'avait vu s'approcher a pas titubants du corps d'Alberich...et avait du supporter de la voir rendre la vie a celui n'etait pas un traitre...non: seulement une victime de plus.
Et Alberich s'etait reveille.
Il avait tourne son regard d'un vert felin presque phosphorescent vers Hilda. Pendant une seconde, ses pupilles s'etaient dilatees, ses yeux s'etaient embues derriere les meches de cheveux flamboyantes et trempees de neige, et il avait ouvert la bouche pour dire quelque chose.
Mais un fremissement subit l'avait saisi, et tandis que les debris de l'anneau s'evaporaient poussiere doree, toute lueur de raison ou de conscience avait disparu de ces yeux brusquement semblables a deux billes de verre ternes. Sa main faiblement et un court instant levee etait retombee mollement dans la neige, petit objet blanc tache d'ecarlate...
Hilda avait du faire un effort surhumain pour ne pas hurler a nouveau.
Avec un gemissement de desespoir et de douleur, elle avait etreint le corps du jeune guerrier reduit a l'etat de pantin sans ame.
Avec la certitude de ne jamais etre ni pardonne ni meme considere comme autre chose que le monstrueux rejeton d'une famille de sorciers et d'assassins, quelque chose de deja fragile en Alberich s'etait definitivement brise.
C'etait a se demander s'il n'aurait pas mieux valu le laisser dormir pour l'eternite, etendu dans la neige immaculee comme dans un ecrin de velour blanc qui lui aurait accorde un oubli tout aussi eternel.
Mais Thor s'etait penche sur lui, et avait enleve dans ses bras le petit corps fragile et inerte enveloppe de la cape d'Hilda. Puis ils etaient tous retournes au Palais, en silence.
Alberich avait ete depose dans le grand lit chaud de ses appartements de Guerrier Divin, et on lui avait affecte une jeune servante qui devrait des ce jour le laver, le faire manger, le veiller... en deux mots, prendre soin d'une poupee brisee.
A present, chacun s'affairait de son cote, et si les evenements passes - dont tout le monde evitait de parler- avaient permis a certains de trouver une certaine paix de l'ame, une serenite qui leur avait fait defaut avant leurs demeles avec les Chevaliers d'Athena, Siegfried, lui...
N'en pouvait plus.
Son sang de guerrier avait ete reveille, et la souffrance qui l'habitait ne lui laissait pas une seconde de paix.
Il avait besoin d'exploser.
Pour couronner le tout...
Au cours d'une longue et eprouvante reunion organisee a Asgard afin de faire le bilan de la situation, et reunissant Athena, Julian Solo (qui n'en menait pas large, mais ne pouvait tout simplement pas ne pas etre present), ainsi qu'une bonne partie des rescapes des 3 Guerres Divines qui avaient mis la planete a feu et a sang...il avait appris l'existence d'un responsable.
Un certain Kanon des Gemeaux.
A l'origine, il se trouvait adosse a un des murs de la salle, Hagen et Cyd a sa droite, deux chevaliers d'Or "delegues" du Sanctuaire a sa gauche, et ecoutait les debats...avec un certain calme.
Et brusquement, il avait fallu Hagen, Aiolia et Milo pour le maitriser lorsqu'il avait appris, de la bouche du Phenix, que ce dernier n'avait rien trouve de mieux que de laisser s'echapper, et COMPLETEMENT INDEMNE, le coupable en question.
Et oui: l'homme le plus dangereux de la planete, celui qui avait provoque trois guerres et s'etait en toute impunite joue de trois dieux comme de leurs armees...gambadait gaiment dans la nature!!
Siegfried avait cru en etouffer de colere.
Et qu'est ce que c'etait que cette histoire de "deshonneur de la chevalerie qui ne merite meme pas qu'on lui fasse l'honneur de se battre contre lui"??!!
Siegfried pouvait d'ici imaginer la crise de fou rire de celui auquel Ikki avait tourne le dos avant de le planter la royalement, son Ecaille des Mers meme pas egratignee.
Et tandis que le Guerrier Divin, ecumant de rage, traitait le malheureux Phenix de tous les noms sous le regard d'une princesse Hilda muette de stupeur, tous avaient realise la gravite de la situation.
Parcequ'a supposer qu'Athena mobilise le Sanctuaire tout entier pour le lancer sur les traces du renegat, n'etait-il pas deja trop tard?
Precipiter toutes les armees divines a la poursuite d'un seul homme qui avait de toute facon eu tout le temps de se cacher, franchement...Comme perte de temps, on ne pouvait pas trouver mieux.
Et un grand silence consterne tomba sur la salle.
Ikki, la tete entre les mains, terrasse de honte, commencait a en faire une affaire personnelle, quand Siegfried, enfin revenu a un semblant de calme, fit signe aux deux chevaliers d'Or de le lacher. Milo et Aiolia se regarderent d'un air incertain, puis lui jeterent un coup d'oeil dubitatif. Ils sentaient que si le Guerrier Legendaire se mettait de nouveau en tete d'aller aggripper Ikki pour lui faire passer un mauvais quart d'heure, ils auraient un mal fou a eviter l'"incident diplomatique".
Pourtant, ils ne pouvaient decemment pas le retenir plus longtemps.
Ils le lacherent donc.
Et Siegfried, apres avoir jete un coup d'oeil au Chevalier de la Vierge, personnage qui lui avait donne la chair de poule la premiere fois qu'il l'avait croise dans les couloirs du Palais, et qui se tenait alors a quelques distance de la, immobile et silencieux, presenta ses excuses a l'assemblee, avant de demander a pouvoir se retirer. Comme Hilda, toujours sous le choc, hochait machinalement la tete, Siegfried se hata de s'eclipser.
Oh, oui, il allait sortir de cette salle.
Il allait meme sortir du Palais, enfourcher un cheval, et aller se rafraichir les idees avec une bonne galopee.
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Le cheval fut assez rapidement epuise, force comme il l'avait ete de traverser la tempete a toute allure.
Siegfried descendit de selle, laissa le bel animal race se promener derriere lui tandis qu'il franchissait seul une petite butte de neige herissee d'arbrisseaux secs.
Encore quelques pas. Puis un chemin de pierre nue.
Et maintenant, il se dressait a l'extreme bord d'une haute falaise surplombant la mer glacee.
Le vent s'engouffrant dans son manteau largement ouvert apaisait legerement la fievre toute nerveuse qui enflammait son corps sangle dans un uniforme de certes belle apparence, mais dont les tons de pourpre un rien violents l'irritaient plus que jamais. Sa chevelure pale malmenee par la tempete fouettant son visage et ses epaules, il se pencha legerement au dessus du vide, ferma les yeux. Il se laissa penetrer du parfum des embruns, ce parfum dont il esperait pouvoir s'ennivrer, et oublier, ne serait ce que l'espace de quelques precieuses secondes.
Mais il n'y avait rien a faire.
Cette histoire l'obsedait completement.
Il rouvrit les yeux, se redressa, et son regard fixe sur l'horizon qui commencait a prendre une couleur similaire a celle de son uniforme, commenca a s'assombrir, avant de tres nettement durcir.
Le fameux Kanon, d'apres ce qu'il avait pu apprendre de lui pendant le Conseil, etait un manipulateur de genie qui avait su se jouer de Poseidon 13 longues annees durant, et pas vraiment le dernier sur la liste en ce qui concernait la puissance de son Cosmos.
A supposer que quelqu'un arrive jamais a lui mettre la main dessus, cette personne aurait tout interet a ne pas perdre de vue qu'elle n'etait pas censee... allonger la liste des victimes du renegat, en y ajoutant son nom.
S'il l'avait pu (et il ne revait plus que de cela, a present),Siegfried lui-meme se serait "devoue", mais il devait se raisonner: N'ayant jamais rencontre le fugitif par le passe, il doutait meme d'arriver a l'identifier.
Certes, il savait a peu pres a quoi pouvait ressembler le digne frere du tristement celebre Chevalier des Gemeaux, et il avait reussi a glaner quelques information descriptives quand a l'energie vitale du "Monstre", mais... Savoir que le Cosmos de ce dernier etait semblable a celui d'un Chevalier d'Or, avec quelques "resonnances" marines etait... plus qu'insuffisant.
Quand a la longue chevelure bleue... Mais Siegfried n'allait tout de meme pas commencer a se retourner sur la moindre d'entre elles?!
Et puis il ne pouvait vraisemblablement pas abandonner Asgard dans le Chaos ou la guerre l'avait plonge.
Il ne pouvait s'empecher de s'inquieter pour la sante de sa Princesse, de jour en jour plus rongee par le remord, plus pale et amaigrie, comme pour la population decimee par le froid qui s'etait abattu sur tout le Royaume. Lui et ses freres avaient de tous temps ete la pour intervenir en temps de crise, et il devrait a nouveau s'absorber dans sa mission de conseiller d'Hilda. Aider les villageois a reconstruire leurs habitations detruites par le gigantesque tremblement de terre qui avait sonne la fin de la bataille, etait le premier des imperatifs...
Il soupira.
Autant se faire une raison .
Puis il eut un sourire ironique; Peut-etre que de detruire quelques montagnes a mains nues suffiraient a le calmer?
Mais c'etait tout de meme rageant.
Ce Kanon, il saurait le "calmer", lui. Il en etait certain.
Apres tout, il etait le Pourfendeur de Dragons legendaire, et il avait bien affaire au Dragon des Mers?
C'etait, d'une certaine facon... dans l'ordre des choses...
Il secoua la tete, mettant fin a son "beau reve" de justice aussi magistrale qu'exemplaire, et se detourna de la mer pour aller rejoindre son cheval.
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Quand Kanon reprit conscience et ouvrit les yeux, de petits eclats de givre volerent de ses longs cils de jai pour aller se poser sur sa joue bleuie de froid.
Il ne savait pas ou il etait, il ne savait pas combien de temps il etait reste inconscient, mais il savait une chose: C'est que s'il restait plus longtemps allonge sur la pierre nue comme il l'etait alors, il allait mourir gele.
Il se redressa donc. Et ce faisant, chercha a rassembler ses esprits. Quelques fragments de memoire lui revinrent .De l'eau, beaucoup d'eau, un tourbillon, l'air commencant a lui manquer, puis deux bras fins et doux se refermant autour de son torse...une poitrine feminine, de toute evidence nue, pressee contre son dos...Et sous lui, l'extremite d'une longue queue de poisson aux ecailles luisantes melant tons de rouge et orange.
Mince, pensa Kanon, en arrivant enfin a s'asseoir sur le sol, le souffle court et un peu eprouve par son effort, une sirene??
La ou beaucoup se seraient frotte la tete pour etre sur de ne pas y avoir pris un sacre coup, Kanon se contenta de murmurer:
"C'etait Thetis, pas d'erreur... Jusqu'ou elle m'a emmene, comme ca?!"
Il jeta quelques coup d'oeil autour de lui. La penombre lui laissa entrevoir les parois bleutees d'une grotte tapissee de glace.
Pas etonnant que je me les gele, tiens!, pensa-t-il, avec une pointe d'irritation.
La presence d'une petite riviere souterraine lui apprit l'existence d'une embouchure donnant sur la mer, pas loin.
Il se hata de reprimer le penible souvenir d'une autre grotte marine, grecque, celle-ci...
Quelque soit l'endroit ou il se trouvait, quelqu'un l'avait de toute evidence traine jusque la, apres l'avoir sorti de l'eau.
Restait a savoir s'il allait tomber sur un ours blanc ou un "parterre" de pingouins en essayant de sortir a l'air libre.
Non, parceque, vu la temperature de l'endroit, il devait AU MOINS etre au Pole Nord. Ou au Pole Sud?Au choix.
De toute facon, il s'en fichait, ce qui lui importait pour l'instant etait d'aller reconnaitre les lieux.
Et de se trouver des vetements chauds, tiens. Ca aussi, ca s'imposait. Quoi qu'a la limite, si ses vetement actuels pouvaient lui faire le plaisir de secher apres lui avoir fait l'autre plaisir de degeler...Ah, bien sur, se retrouver en jean et en t-shirt sur la banquise n'etait pas une idee des plus agreables, mais il sentait qu'il allait devoir faire avec pendant quelques temps.
Et c'est tout en luttant pour ignorer son mauvais pressentiment (rien de tel que l'humour noir, contre ca) que Kanon se releva, pour commencer a se diriger vers la sortie de la grotte.
La tete lui tournant un peu, il chemina lentement tout en s'appuyant aux parois patinees de givre.
Enfin, il deboucha a l'air libre.
"Je me demande si ca se mange, de la Sirene ", gronda-t-il, en reconnaissant instantanement le decor des Landes d'Asgard, avec en prime le Palais d'Hilda a l'horizon.
Il sentit un frisson encore plus glacial que le vent furieux qui agitait sa longue chevelure alourdie de glace, parcourir sa colonne vertebrale en songeant a ce qui se serait passe, s'il avait eu la mauvaise idee d'utiliser son Cosmos pour secher ses vetements.
Et tout a coup, pris d'un autre pressentiment encore plus sombre que le precedent, il leva les yeux vers le ciel que la nuit imminente avait commence poudrer d'etoiles.
Il chercha la Grande Ourse.
Et la trouva.
Elle qui etait pratiquement devenue invisible avec la chute de chacun des Guerriers Divins pendant cette Bataille d'Asgard dont il a avait ete le discret temoin comme instigateur... brillait a present de mille feux!!
Pris d'un etourdissement, Kanon se sentit partir en arriere, heurta violemment du dos l'un des mur exterieurs de la grotte dont il venait de sortir.
Ca n'etait pas possible.
Thetis l'avait-elle directement traine jusqu'en Enfer??
Brusquement affole, il scruta les alentours avec precipitation.
Pas ame qui vive, mais le moins qu'on puisse dire, c'est que cela ne suffit pas a le rassurer.
Par tous les Diables, il etait a Asgard, lui, Kanon!!
Ooooohhh, il en connaissait un qui allait se diriger droit vers la frontiere la plus proche!!
Il se mit immediatement en marche, commencant a chercher du regard tout ce qui pourrait ressembler a une foret assez epaisse pour y passer inapercu.
Comble de malheur, la seule foret qu'il apercut fut celle, rougeoyante, qui s'etait attiree les faveurs d'un certain Alberich de Megrez.
S'il voulait mourir plus rapidement, il n'aurait qu'a passer par cette foret.
"Mais qu'est ce que c'est que ce pays de mer...heu, de dingues?? "
maugrea-t-il, d'autant plus mauvaise humeur, que venait une fois de plus de le reprendre cette 'mauvaise' habitude qu'il avait de se corriger systematiquement, des qu'il etait sur le point de prononcer un mot colore.
Ca, c'etait a cause de Saga. Une fois de plus. C'etait lui qui l'avait pour ainsi dire eleve, et il fallait voir le resultat. Il avait beau avoir 28 ans et toutes ses dents, il fallait qu'il continue a s'inquieter de voir s'abattre sous lui la colere d'un frere dirigiste, pour ne pas dire d'une espece de tyran qui...que...
Non, franchement, meme mort, il continuait a l'emmer... l'embeter.
RHAAAAHHH!!! Marre, Marre, Marre!!
Kanon, completement retombe en enfance pour le coup, donna un violent et totalement gratuit coup de pied dans une motte de terre recouverte de neige, avant de reprendre son chemin d'un pas rageur, sa longue chevelure azuree battant l'air derriere lui.
Seulement voila, la geographie d'Asgard etant loin d'etre son cheval d'arcon, il ne tarda pas a completement se perdre.
Et il commencait a serieusement crever la dalle.
Enfin, il finit par s'arreter, las de marcher sans du tout savoir vers ou il se dirigeait.
Comme a son habitude, c'est seulement une fois bien dans la m..., qu'il se mit a reflechir.
Une foret a sa droite, une falaise a sa gauche.
Ah, ca y est, il savait ce qu'il devait faire. S'il arrivait a suivre la cote suffisamment longtemps, il finirait certainement par tomber sur une frontiere.
Il allait mettre cette belle idee a profit, quand il se rendit compte qu'une veritable tempete de neige se preparait. S'il continuait son chemin, il allait se retrouver au beau milieu...
Il n'etait pas maso a ce point, il pouvait bien attendre quelques temps que le gros de cette maudite farce des Elements soit passe.
Bien sur, Kanon, qui ne savait vraiment pas grand chose d'Asgard, ou plutot, qui ne s'etait jamais vraiment donne la peine de se renseigner, aurait certainement pique une crise en apprenant que sur ce territoire glace, une tempete sur son "emplacement de predilection"...pouvait durer un mois. Et que les tempetes d'Asgard adoraient les cotes. Comme toutes les tempetes du globe, d'ailleurs.
Toujours est-il qu'il commenca a se diriger vers la foret, esperant y trouver un endroit sur ou attendre sans se faire remarquer. Tout en marchant, il sortit un ruban noir de sa poche, et se mit en devoir de rapidement tresser puis attacher cette chevelure que le vent se faisait un plaisir d'enrouler autour de ses bras et de sa poitrine. Les meches rebelles glisserent maintes fois entre ses doigts avant de se laisser dompter, puis reunir dans le ruban.
Il venait de rejeter sa lourde tresse dans son dos, quand il entendit le galop d'un cheval.
Un cheval?
Tiens, c'etait vrai qu'une monture pourrait l'aider a atteindre plus vite la frontiere.
Et avec un grand sourire de satisfaction, Kanon attendit tranquillement que le providentiel "voyageur" arrive a sa portee.
Nul doute qu'il s'arreterait en decouvrant un etranger pieds nus, en jean et en t-shirt au beau milieu des dunes enneigees d'Asgard.
Une petite claque suffirait certainement a l'assommer, puis a lui le cheval!
BWAHAHAHAHAHAHA!!!Pas plus dur que ca!
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Peut-etre deux secondes avant que le cavalier ne vienne s'arreter face a lui, il arriva deux choses effroyables a Kanon.
La premiere: Alors qu'il jetait un coup d'oeil distrait alentours, il se rendit compte que sa longue errance avait eu pour effet de le faire se RAPPROCHER du Palais d'Asgard, a present bien visible et plus pres de lui qu'il ne l'aurait souhaite. Et il y avait assurement des Chevaliers d'Or dans ce Palais!!! Il n'avait pas gache toute sa jeunesse aupres de l'un d'entre eux pour rien...
La seconde: Il reconnut Siegfried.
Alors il se mit a reflechir tres vite.
Un peu tard pour faire le mort ou courir vers la foret.
Degoute de n'arriver a penser que des c...ies dans un moment pareil, il se prepara a se defendre. A tous hasards.
Non, parcequ'apres tout, Siegfried ne le connaissait pas...
O.O.O.O.O.O.O.O
Siegfried n'en croyait pas ses yeux. Il y avait un type (un abruti) en jean et en t-shirt au beau milieu de la lande!!
Et en y regardant mieux... mais oui: il etait pieds nus!!
Le Guerrier Divin pressa son cheval vers la silhouette esseulee au milieu de la neige.
Il nota vaguement la longue tresse bleue agitee par la tempete entrain de forcir, mais l'absurdite de la situation l'empecha de soupconner meme etre en presence du... "Monstre" sur lequel il desirait si ardemment se passer les nerfs.
Enfin, il s'arreta face a Kanon, et lui cria, a travers la tourmente qui menacait de balayer jusqu'a ses mots:
"Qu'est ce qui vous arrive?! Qu'est ce que vous faites la, dans cette tenue?!"
Comme son vis a vis le regardait avec de grands yeux et esquissait meme un mouvement de recul, il pensa avoir affaire a un etranger qui ne comprenait pas ses paroles. Mais alors qu'il allait repeter sa question en anglais, l'autre lui cria, dans un allemand approximatif:
"Je, Je me suis perdu!! Nonon, heu... "
Bon, de toute evidence, il n'a plus toute sa tete, ou il ne trouve pas les mots pour m'expliquer, pensa Siegfried, qui commenca a soupconner que le "malheureux" soit un voyageur etranger ayant ete attaque par des voleurs puis cruellement abandonne dans cette tenue, dans un endroit pareil.
Pas etonnant qu'il ne trouve pas ses mots ou qu'il n'ait plus toute sa tete. Il a du avoir la frayeur de sa vie, pensa-t-il encore avec indulgence.
Cependant, l'Etranger le fixait sans un mot, et il se meprit, pensant que s'il ne le rassurait pas immediatement, il allait lui aussi passer pour un voleur de grand chemin.
Alors il reprit, en anglais et en haussant plus encore le ton que la fois precedente, tant le vent avait forci:
"Ne vous inquietez pas, je vais vous emmener en lieu sur!!"
Son anglais etait excellent, et quand il y pensait, il avait aussi de quoi s'ennorgueillir de son grec moderne. Il faut dire que se battre sans comprendre ce que l'autre vous raconte... c'etait une experience qu'il s'etait refuse a tenter.
Face a lui, l'Etranger sembla hesiter. Puis peut etre estima-t-il que de toute facon, il n'avait rien a perdre. Toujours est-il qu'il hocha la tete.
Siegfried lui sourit d'un air rassurant, puis enleva son manteau et le lui tendit.
L'Autre s'en saisit apres un temps d'arret, puis le revetit sans un mot.
Alors il lui tendit la main pour l'inviter a monter en selle derriere lui.
Nouvelle hesitation.
L'etranger le jaugea un instant, puis saisit la main tendue.
Elle etait curieusement tiede, malgre le froid.
Peut etre le malheureux avait-il ete relache relativement peu de temps auparavant?
Mais peu importait, le plus pressant etait de l'emmener dans un endroit sur et chaud au plus tot.
Il voyait mal ou l'accueillir au Palais, surtout avec la presence des "invites"...Il allait donc devoir l'emmener chez lui, dans le domaine de sa famille. Par chance, il ne se trouvait pas si loin.
Il se preparait a aider l'Etranger a se hisser sur le cheval derriere lui, quand a sa grande surprise, l'homme a la natte bleue - qui devait avoir dans les 30 ans, etre a peu pres aussi grand que lui, et etait bati comme un athlete- sauta legerement en selle, sans aucune aide.
Siegfried realisa qu'il avait affaire a quelqu'un de robuste. Peut-etre un sportif connu dans son pays...
Quel pays, au fait?
Bah, il aurait tout le temps de l'interroger plus tard.
Et il lanca son cheval au galop.
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Kanon vit avec stupeur une troisieme herse se lever a leur approche.
Il y en avait encore combien, des comme ca??
Ah, c'etait autre chose que les miserables cabanes affectees aux Chevaliers du Sanctuaire. De toute evidence, les Guerriers Divins d'Asgard n'avaient pas ete assez stupides pour faire voeu de pauvrete.
Quoi qu'en y reflechissant bien, il avait cru comprendre, en se documentant un minimum sur les Guerriers Divins, que Siegfried et de la plupart de ses freres d'armes etaient issus de grandes familles de la Noblesse d'Asgard. Cela devait expliquer l'extraordinaire decor dans lequel son "hote" evoluait avec le plus grand naturel, saluant au passage gardes et serviteurs empresses.
Enfin, Siegfried arreta leur cheval face a l'entree principale de sa demeure familiale, un immense domaine dont les pierres de taille ancestrales, a elles seules, inspiraient le respect et temoignaient de longs siecles de noblesse reveree.
Avant meme d'avoir pu avoir le temps de placer un mot, Kanon depasse par les evenements se retrouva entre les mains de trois jeunes servantes qui le guiderent a travers un veritable dedale de couloirs, jusqu'a une chambre ou avait deja ete prepare un grand bain chaud, et des vetements de rechange.
Quand Diable Siegfried avait-il trouve le temps de donner ses ordres?? Et ou avait-il disparu??
Brusquement, il se rendit compte que les trois jeunes femmes etaient posement en train de le deshabiller.
Ah, non, une seconde, il etait tout de meme assez grand pour... !!... Mais elles allaient le lacher, a la fin?!!
Et Kanon, rougissant comme un ecolier, se retrouva en train de lutter de toutes ses forces pour empecher les trois joyeuses donzelles de le debarrasser du peu de vetements qu'il avait sur le dos.
Il s'etait refugie derriere un rideau, essouffle, torse nu, et essayant desesperement d'expliquer dans toutes les langues qu'il connaissait (C'est a dire en les melangeant toutes), qu'il n'avait besoin d'aucune aide, d'aucune sorte, pour prendre un bain, et qu'il apprecierait meme d'etre laisse seul en tete-a-tete avec le bac d'eau fumante, quand la porte de la chambre s'ouvrit brusquement.
Et Siegfried fit son apparition, un rien exaspere.
"Mais qu'est ce qui se passe ici? On entend vos galopades aux quatres coins du Domaine?!"
Kanon, se pensant sauve, fit un pas hors des plis du rideau et ouvrit la bouche pour prier le guerrier aux yeux pales de congedier ses servantes. A ce moment la, ces dernieres, un instant distraites par l'apparition de leur Seigneur, reporterent de nouveau leur attention de lui. Affole en voyant leurs grands sourires espiegles, Kanon referma la bouche puis se retrancha de nouveau derriere le rideau, d'un air peu commode.
Alors Siegfried comprit enfin ce qui se passait.
En reprimant avec peine un sourire, il fit signe aux trois jeunes femmes de se retirer.
Une fois en tete a tete avec son "invite", et voyant celui-ci sortir avec un grand soupir de sa retraite, il lui dit:
"Desole. Elles ne sont pas mechantes, mais disons qu'elles doivent manquer d'attractions, dans ce grand chateau desert."
Comme Kanon le regardait de nouveau avec de grands yeux, Siegfried repeta patiemment, en anglais, puis en allemand.
Ce faisant, il nota machinalement, a la vue du torse nu de l'Etranger, que la musculature de celui-ci etait un peu semblable a celle d'un nageur, avec une taille un peu plus longue et deliee qu'a l'ordinaire, et d'une extreme finesse, surtout pour un homme. Quelques pales cicatrices ici et la lui firent se demander si son "athlete" n'etait pas un adepte des sports dangereux.
Ses cheveux, une fois detresses, devaient lui arriver jusqu'a mi-cuisses...Ils etaient ternis et reduits a l'etat de filasse par une espece de poussiere blanche qui pouvait bien etre de la neige sechee, mais...
Bizarrement, Siegfried commenca a se sentir mal a l'aise.
Il reprit, sans remarquer que son vis-a-vis semblait vouloir lui dire quelque chose, et en faisant attention de bien detacher ses mots:
"Je te laisse quelques instants. Une fois que tu auras termine, demande a un serviteur de te guider jusqu'au Grand Salon. Je t'y attendrai."
Puis il sortit a son tour.
O.O.O.O.O.
Kanon se retrouva seul dans la grande salle.
Encore abasourdi, il murmura pour lui meme:
"Mais ou est ce que ca va me mener, tout ca??"
Il sentit que s'il ne trouvait pas une histoire bien montee a presenter au Guerrier d'Alpha, il risquait de se retrouver - au mieux - jete dans une des geoles du Palais d'Asgard... et au pire, massacre sur place.
Tout en plongeant le bout des doigts dans l'eau fumante qui commencait a embuer les vitres et emplir la chambre de brume humide, il se prepara a devoir jouer la comedie d'un autre lui-meme.
Et une idee qui lui parut tout d'abord absolument grotesque commenca a germer dans son esprit.
C'etait vraiment tire par les cheveux, mais comme de toute facon, il n'allait pas continuer a pouvoir dissimuler son Cosmos encore bien longtemps...
O.O.O.O.O.O.O.O
Siegfried, confortablement installe dans un profond fauteuil, une coupe de vin chaud et parfume a la main, regardait ses serviteurs garnir une petite table de viandes et autres denrees diverses. L'etranger commencait a se faire un peu long, mais il n'allait pas lui en vouloir de profiter d'un bon bain chaud apres avoir longuement (?) erre dans la tempete de neige qui faisait a present rage a l'exterieur.
Lui-meme avait pris le temps de se changer, revetant une simple tunique d'interieur noire et rebrodee d'argent, par dessus un pantalon serre des chevilles jusqu'aux genoux, par de larges bandes de cuir entrecroisees. Le feu qui brulait et crepitait dans la cheminee a quelques distances de la avait juste commence a rechauffer la vaste salle ornee d'antiques tapisseries et de profondes fourrures jetees sur le sol, trophees de chasse de ses aieuls. Les solides meubles de bois sculpte qui l'entouraient avaient ete patines par le temps, et chacun avait son histoire...Histoire de guerre et de conquetes, histoires de complots et de trahisons...
Sa famille, l'une des plus anciennes et respectees d'Asgard, avait toujours su defendre son honneur, dans le sang si necessaire...
Il fit, d'un pensif mouvement du poignet, tourner dans sa coupe le breuvage odorant dont il devinait qu'une servante attentionnee y avait ajoute quelques gouttes de miel. Le vin ne tarda pas a former un petit tourbillon, et il y portait ses levres, quand on frappa a la porte.
Il permit distraitement que l'on entre.
Un serviteur se presenta sur le seuil de la salle, fit passer Kanon devant lui pour lui permettre d'entrer dans la salle.
Bien sur... parmi les vetements a la taille de l' "invite", on pouvait certes... egalement... compter les anciens uniformes du maitre des lieux, qui avait gravi les echelons de la Garde Divine a une vitesse telle, que les ensembles presque immediatement mis de cote avaient du s'accumuler au fond d'une quelconque penderie poussiereuse. Et compte tenu du fait que ces uniformes changeaient en fonction des promotions de leur proprietaire, il n'avait du y avoir que l'embarras du choix.
Cependant, il ne se souvenait pas avoir permis a ses jeunes servantes de ressortir l'un de ces ensembles, aussi nostalgiques les trois demons en jupons attaches a son service, pouvaient ils-bien etre de ces epoques revolues ou leur jeune seigneur bombait fierement le torse sous quelque nouvel uniforme insigne d'une enieme promotion.
Au diable les convenances et autres permissions, au diable son refus qui aurait sans nul doute ete teinte de verte reprimande.
Il semblaient qu'elles aient honteusement profite de l'occasion pour "depoussierer" l'un de ceux qu'elles preferaient.
Bon.
Admettons.
Mais quand meme!! Comment se faisait-il que tout en reconnaissant l'habit, il ne reconnaisse pas le 'contenu'?!
Il en laissa tomber sa coupe de vin sur le sol, et ne put, pendant ce qui lui parut etre une eternite, que contempler, bouche bee, le spectacle qui s'offrait a lui.
Certes, son uniforme blanc de Lieutenant des Armees d'Asgard etait un des plus beaux qu'il ait jamais porte dans sa longue carriere de soldat, et il pouvait concevoir que n'importe qui ait belle allure en le revetant.
Pourtant, la, ca depassait, et de loin, le cadre de la simple "belle allure".
La... la "creature" qui se dressait alors en face de lui etait d'une beaute tout simplement ahurissante, elle irradiait litteralement, et meme les serviteurs presents s'etaient immobilises a son approche, bras charges de plats dans un equilibre precaire et machoires decrochees de stupeur.
Siegfried se leva lentement, comme dans un reve.
Ces yeux turquoise virant sur un vert translucide et paillete d'eclat de lumiere le fixaient en retour et calmement, par dessous de longs cils de velours noir, tandis qu'il s'avancait d'un pas, muet, comme hypnotise.
Les levres de l'Autre, sur lesquelles flottaient un leger sourire, etaient a la fois delicatement ciselees, et teintees de ce rouge tendre qu'il n'avait jusque la pense exister que dans les peintures des plus grands artistes.
Siegfried douta de plus jamais trouver attirantes les levres de la plus belle des femmes.
Et puis, il y avait cette chevelure, qu'il voyait pour la premiere fois detachee, et propre, pour ne pas dire soigneusement brossee. C'etait un torrent de soie azuree chatoyante, une cascade de boucles couleur ciel et mer, une parure a elle seule, et elle coulait en longs rubans souples sur des epaules et une poitrine larges dont l'uniforme soulignait les lignes pures se prolongeant jusqu'a une taille elegante et fiere, des hanches minces mais pleines, et...et Seigneur Odin, je deviens fou?!... deux jambes absolument interminables dont il sut instinctivement la course rapide, souple... silencieuse.
Maintenant, il le sentait. Il y avait en cet homme "quelque chose" de peu humain, de deja plus proche des grands fauves. De redoutable.
Il avait devant lui l'un de ses semblables.
Mais il avait l'impression d'avoir ete trompe, que l'on venait de lui substituer son "Inconnu" contre un autre. Et pas contre n'importe qui, d'ailleurs...
Il etait sur que pas un seul de ses aieul n'avait jamais vecu une chose pareille...
En attendant, il avait beaucoup de questions a poser, et il ne desirait aucun temoin. Il fit donc signe aux serviteurs de sortir de la salle.
La porte ne tarda pas a se refermer sur le dernier d'entre eux, laissant en tete-a-tete le Seigneur des lieux et son "Invite"... metamorphose...
Une fois le silence revenu dans la salle, Siegfried souffla, trouvant tant bien que mal une bouffee d'air au fond de sa gorge seche:
"Quel est ton nom?"
L'Autre le regarda un instant sans un mot, comme s'il hesitait a repondre.
"Camus du Verseau"
Laissa-t-il enfin tomber, mentant encore plus effrontement qu'il ne l'avait fait devant Poseidon.
Mais les mensonges les plus enormes n'etaient-ils pas non plus les plus difficiles a detecter, tant leurs limites etaient hors de portee?
C'est sur cet espoir qui lui etait a lui-meme quasiment hors de porte, que Kanon a bout de ressources, avait decide de se raccrocher. Meme par les dents s'il le fallait.
Juste le temps de reperer le bon chemin a suivre jusqu'a la sortie de cet immense piege...
Siegfried, lui... en perdit une seconde fois la voix, un laps de temps pendant lequel ce dernier resta a pendouiller betement au bout d'un fil tres, mais alors treeeees fragile (NDLR: tu m'etonnes TT)...
Mais a partir de la, Kanon comprit son malheur d'arracheur de dents qui a trouve tres ingenieux de remplacer toutes les dents de son patient, par un ratelier de cheval. Pire, de s'en glorifier face a sa victime largement plus que sceptique:
Sieg (Alias Scully): " Tu n'es pas cense...etre mort?"
Kanon (Alias Mulder): "Officiellement, si."
Sieg ('Je suis pas un fan d'X-Files' powa): "Et officieusement?"
Kanon ('S'pece d'inculte' powa):"Athena sera ravie de te repondre. De toute facon, je devais me rendre au Palais demain. Tu n'auras qu'a m'accompagner..."
Sieg: "... "
Gros, pesant... lourdeau silence. Puis:
Sieg: "J'en deduis que tu ne peux rien me dire de la raison pour laquelle tu es la?"
Kanon (apres un feint temps de reflexion): "Disons que j'ai une information a communiquer a ma Deesse"
Sieg: "... "
Kanon (panne seche; tente le coup du regard glacial):"Mais tu n'es pas cense savoir quoi que ce soit...Siegfried...tu n'es meme pas cense m'avoir rencontre."
Sieg (avale tant bien que mal le ton du faux Camus et le fait de brusquement avoir ete appele par son nom) :"Tu es venu sans ton armure? Et ton Cosmos?"
Kanon (OH-MY-GOD): "... (heu)... L'un comme l'autre ne passent pas vraiment inapercus...et pour ce qui est de mon Cosmos, ne me dis pas que tu ne le sens pas...
Sieg (se concentre. Juste ce qu'attendait Kanon, qui n'a du coup pas besoin de susciter son aura ):
"Ton cosmos... est effectivement tres similaire a ceux de nos "invites" actuels, et avec de fortes resonnances marines."
Kanon (sourire presque tendre, et en totale relation avec son secret soulagement):"En tant que Chevalier du Verseau, le contraire serait etonnant "
Sieg (ebloui, commence a avoir du mal a reflechir):"Mais ton Cosmos n'a absolument RIEN de comparable avec celui de ton eleve, Hyoga."
Kanon (GLOUPS!! Nonon, on se calme. Et, heu... ah oui: on rit avec bonne humeur):" Tu veux que je te reponde en termes de difference d'age, de difference d'armures, ou de..."
Tout a coup, Kanon se rendit compte de la soudaine paleur de Siegfried.
Il lui demanda, en se penchant legerement pour le regarder par en dessous:
"Ca va? Je n'essaie pas de detourner la conversation, mais...tu es bleme??..."
Alors qu'il se penchait, de longues meches de cheveux brillants glisserent legerement de sur ses epaules et dans son dos, jusque sur sa poitrine. Elles etaient encore humides, et il s'en degageait une legere flagrance salee, un discret parfum d'embruns...
Siegfried ne pouvait deviner ce parfum resultant de longues annees d'emprisonnement dans la grotte du Cap Sunion.
De toute facon, c'etait fini, il avait perdu la tete.
Ce visage penche bien trop pres du sien, ces cheveux qu'il brulait de toucher...
Il saisit brusquement le visage de Kanon entre ses mains, et l'embrassa avec fougue, comme s'il voulait devorer ces levres tendres qui l'avaient tente trop longtemps.
Kanon avait eu un hoquet de stupeur en voyant les mains de Siegfried voler vers son visage, et avait tente de se rejeter en arriere, certain que le Guerrier Divin, l'ayant perce a jour, etait en train de l'attaquer.
Quelle ne fut donc pas sa stupeur quand il sentit les levres de cet homme (qui plus est) plus jeune que lui de quelques annees, et d'apparence tout a fait classique, pour ne pas dire hetero, venir s'emparer des siennes pour lui imposer...
Et c'etait ca le plus rageant (QUI a dit: "... le plus risible"??!!!)...
Son premier baiser!!
Et bien oui, a 28 ans.
ET ALORS?!
Il avait passe les plus belles annees de sa vie a fuir un frere psychotique qui se transformait en pervers exhibitionniste de premiere pour un rien, avant de se retrouver enferme dans une grotte infame ou ses seuls visiteurs avaient ete de vulgaires poissons qui ne lui avaient meme pas fait la grace d'etre mangeables (des Poissons-Lune, RIEN QUE DES POISSONS-LUNE!!...et des crabes infects, plein de poils et de boyaux noiratres nauseabonds. Alors il s'etait tristement rabattu sur les algues).
On s'attendait a quoi, qu'il se soit mis a la zoophilie??...avec des poissons???...
S'il n'avait ete fort occupe a desesperement essayer de repousser ce maudit Guerrier Divin qui l'empechait carrement de respirer, il en aurait peut-etre pleure...
Mais a la reflexion, ca aurait pu etre pire.
Enfin, ca n'etait pas la mort, non plus...
Et Kanon, qui avait compris devoir attendre patiemment que Siegfried se calme, se laissa plaquer contre la porte de la salle.
Le Guerrier Divin, les yeux fermes, lui maintenait des deux mains les poignets immobilises de chaque cote de la tete, et avait fini par s'appuyer contre lui. Son coeur battait a une vitesse folle. C'etait a se demander combien de temps il tiendrait encore comme ca.
Il "tint" bien plus longtemps que Kanon ne l'avait suppose. Ou ne l'avait espere??
De fait, il se calmait peu a peu, tout en continuant a l'embrasser.
Quand il l'avait quelques temps plus tot force a desserer les machoires, Kanon avait ete pris de panique et avait franchement cru que sa langue allait lui etre devoree a l'interieur de la bouche, sans aucune forme de proces. Il n'avait pu s'empecher de gemir de douleur en essayant de saisir la chevelure du forcene. C'etait la que ses poignets avaient ete happes l'un apres l'autre par chacune des mains de Siegfried, et immobilises contre la porte, avec une force stupefiante. Puis Siegfried, en le sentant commencer a trembler, et en voyant la panique embuer le regard de son prisonnier, avait compris qu'il lui faisait mal. Alors il avait commence a se calmer.
A present, il lui caressait doucement la langue de la sienne, changeant de temps en temps l'angle de son baiser, s'emerveillant toujours plus de la chaleur et du gout des levres de celui qu'il aurait massacre s'il avait pu deviner sa veritable identite.
Enfin, il libera ses levres.
Kanon, croyant sincerement qu'il allait enfin le lacher, reprit tant bien que mal son souffle, pour balbutier:
"D'accord, j'ai compris que les natifs d'Asgard... sont des hotes chaleureux... mais de la ou je viens...heu...tu m'ecoutes?...WAAAHH, qu',qu'... qu'est ce que tu...!!... nonon, attends!!...??!!..."
Tres loin de le lacher, Siegfried etait meme en train d'enfouir son visage entre son epaule et son poignet droit, pour aller deposer une serie de petits baisers enflammes sous son oreille et dans son cou.
Kanon eut un frisson dont il ne comprit absolument pas le pourquoi du comment, et se demanda avec anxiete ce qui etait en train de lui arriver.
C'est qu'a chaque nouveau baiser, il perdait un peu plus la force de se debattre...
C'etait etrange, il etait en train de perdre la tete lentement...mais surement.
O.O.O.O.O.O.O.O
Siegfried commenca a defaire un a un chaque bouton de la veste d'uniforme, caressant de ses levres chaque centimetre de peau decouverte, et repoussant de temps a autres, avec douceur mais persuasion, les mains tremblantes qui essayaient faiblement de gener son exploration.
Cet homme etait plus age que lui de peut-etre 3 ou 4 ans, musculairement aussi puissant que lui, mais sans trop savoir pourquoi, Siegfried sentait qu'il etait plus fait pour etre aime... que pour aimer.
De fait, il pourrait presque jurer que l'Autre avait desesperement - besoin - d'etre aime.
Et la facon dont il fondait litteralement sous ses doigts semblait etre tout expres la pour lui donner raison
Sa peau, d'un blanc de neige et d'une douceur de satin, se rechauffait aux endroits precis ou il la touchait, et Seigneur, il ne pouvait plus s'en detacher, il lui semblait qu'il ne se lasserait jamais d'y laisser glisser ses doigts a l'aventure, guettant un petit frisson ou un soupir etrangle de plus.
De temps en temps, il levait les yeux vers le magnifique visage encadre de boucles bleues eparses, et un sourire detendait ses levres joueuses quand il surprenait la rougeur delicieuse qui avait fini par s'etendre sur les joues du... Chevalier d'Or?
Il commencait a serieusement bloquer sur cette appellation, quand subitement, son "faux Camus", les jambes coupees, s'effondra dans ses bras.
Il le ceintura precipitament, lui passa de justesse une main sous la tete alors que celle-ci, partie en arriere, menacait de heurter la porte. Puis il l'aida a s'asseoir sur le sol.
Kanon, qui se savait rouge comme une pivoine, en concevait tant de honte, que sans meme realiser l'effet que cela produisait sur Siegfried, il cherchait desesperement a cacher son visage contre la poitrine du Guerrier Divin.
Mais qu'il etait adorable, ca n'etait pas possible?!
Et a ce moment la, Siegfried se rendit compte qu'il le desirait tout entier.
Tout de suite.(NDLR:Tout le monde a compris?)
Seulement, comment le "Lui" expliquer?
Comment etre sur qu'il n'allait pas prendre peur, et tenter de fuir?
Il avait l'impression de lire en lui a livre ouvert, et savait qu'il suffirait de peu de chose pour l'effrayer... il n'y avait qu'a voir avec quelle violence il avait reagi a de simples preliminaires.
Et, a bien y reflechir, il imaginait sans peine la colere se substituer a cette griserie qui etait entrain d'attiser le feu couvant sous cette peau si sensible. Il pouvait l'imaginer aussi... devastatrice.
Siegfried n'avait aucune envie de s'attirer les foudres de "son" Camus; Il y avait d'autres motifs plus tangibles pour engager un combat, et d'autres facons moins stupides de mourir...
Il glissa doucement une main sous le visage de Kanon, essaya de le detacher de contre sa poitrine pour lui faire tourner les yeux vers lui. Sa tentative eut l'effet contraire de celui qu'il souhaitait; Desirant par dessus tout cacher cette rougeur qui enflammait ses joues et un regard qu'il savait flou et egare, Kanon tenta de s'eloigner de lui.
Alors Siegfried le saisit par les epaules et le forca brusquement a se tourner pour le regarder en face. Pendant une fraction de seconde, les mots se bloquerent dans sa gorge...
Mais que ses yeux etaient beaux... Et cette chevelure si douce qui s'enroulait autour de ses doigts...
Siegfried se forca a sortir de sa contemplation, et murmura:
"Camus "
La reaction de son "Etranger"le prit completement par surprise.
Brusquement, ses yeux turquoise s'etaient equarquilles, pupilles reduites a deux points presque invisibles.
Tout de suite apres, il s'etait degage avec une violence inouie, et l'avait frappe a la tete, de toutes ses forces.
Enfin, il s'etait redresse d'un bond en hurlant "Mon nom est Kanon!!!", et etait sorti en courant de la salle.
O.O.O.O.O.O.O.O
Le visage en sang, Siegfried resta de longues minutes etendu sur le sol, sous le choc.
Ca n'etait pas vrai?!
C'etait un cauchemar??!!
Il avait du mal entendre, ou alors il etait fou
Oui, ca devait venir de lui. La bataille avait du lui laisser des sequelles dont personne n'avait ose lui parler, ca devait etre ca.
Siegfried laissa son regard deriver vers le feu de bois qui brulait toujours dans la cheminee. Il se concentra pour percevoir le moindre crepitement, et son esprit commenca a s'eclaircir peu a peu; Les voiles qui avaient commence a s'abattre sur sa raison des qu'il avait pose les yeux sur Kanon se dechirerent les uns apres les autres, et les premices d'une colere devorante commencerent a poindre au coeur de la tempete de sentiments contradictoires qui s'etait installee au fond de sa poitrine oppressee.
Il se releva lentement, effaca du revers d'un avant-bras le sang qui avait degouline jusque dans son cou, et sortit tranquillement de la salle.
Il ne rencontra personne sur le chemin des ecuries.
Il se faisait tard, et tous les serviteurs s'etaient retires.
Aurait-il croise le veilleur du premier etage, qu'il l'aurait entendu lui raconter d'une voix tremblante avoir vu un fantome aux longs cheveux de soie bleue et au visage couvert de larmes se diriger en courant vers la porte principale... un fantome en uniforme de Lieutenant des Armees d'Asgard...
Mais l'aurait de toute facon ecoute?
Il savait a present avoir eu affaire au "Monstre".
Et il ne faisait nul doute que ce dernier s'etait joue de lui dans les grandes largeurs, usant de ce beau visage troublant pour obscurcir son esprit et lui prouver qu'il etait capable de manipuler n'importe qui.
Il allait lui apprendre ce qui en coutait de dechainer la colere d'un Heros Legendaire.
Il attrappa au passage une longue epee exposee sur un mur, entra dans les ecuries, enfourcha a cru son destrier le plus rapide, et se lanca a la poursuite du fugitif.
La Lune etait haute, la tempete s'etait un peu calmee malgre un vent encore violent...
Si meme les Elements etaient de son cote...
Un sourire d'une rare cruaute detendit ses levres tandis qu'il imaginait avec delectation la seconde ou il allait mettre la main sur son... 'Etranger'...
O.O.O.O.O.O.O.O
Kanon courait a perdre haleine droit a travers la lande glacee, sans meme prendre le temps d'essayer de brouiller sa piste ou de chercher un chemin moins expose.
Son instinct de survie lui dictait ne ne surtout pas stimuler son Cosmos, alors que sa raison paniquee lui hurlait qu'il n'arriverait a semer personne et surtout pas un Guerrier Divin, a cette vitesse.
Mais il n'arrivait pas a se concentrer.
Il ne comprenait rien a ce qui lui arrivait. Son corps tout entier n'etait plus qu'un tison, et il avait beau recevoir de plein fouet toujours plus de rafales de neige melee de glace, rien ne semblait parvenir a apaiser ce brasier. Au contraire, plus il reflechissait, plus il tentait de rassembler ses esprits disperses par trop d'emotions qu'il ne parvenait pas a identifier, plus lui revenait en memoire... la facon dont les doigts de Siegfried avaient...
... glisse sur sa peau, la facon dont il l'avait a demi etouffe de baisers...
La facon dont son regard inquisiteur avait guette sur son visage l'instant meme ou un autre soupir inconsidere allait lui echapper, tandis qu'il le deshabillait doucement, en gestes lents qui n'etaient que caresses renouvellees...
Rien de ce qu'il avait vecu par le passe ne l'avait prepare a un tel traitement.
Dans ses acces de folie, le double de Saga avait bien quelques fois essaye de se servir de lui pour assouvir un desir aussi narcissique que criminel, mais pas une seule fois ne lui avait-il temoigne la moindre douceur?! Pas un seul baiser, pas une seule caresse. Juste des coups assenes sans relache, pour l'obliger a se tenir tranquille et certainement aussi pour affirmer sa domination sur celui qu'il ne considerait que comme une pale et incomplete copie de lui-meme.
Kanon avait toujours ete sauve par l'intervention de l'autre Saga, et puis un jour, son frere comme son double psychotique avaient tout simplement cesse de venir le voir dans sa prison.
Ils avaient..."disparu" de sa vie, se cloitrant definitivement dans la Salle du Grand Pope.
Kanon, plus blesse et amer que vraiment traumatise, en avait concu une vraie allergie aux contacts humain, refusant, fuyant le moindre d'entre eux... C'etait, a la tete des armees de Poseidon aussi, ce qui l'avait rendu difficile a approcher, frequenter... ce qui avait naturellement inspire la mefiance de ses subordonnes, et cela, comble de l'ironie, sans meme que sa veritable identite ait eu besoin d'etre devoilee.
Mais de toute facon, qu'avait-il jamais ete, sinon une copie "incomplete" de ce frere Chevalier d'Or aime et admire de tous? Quel avait jamais ete son reflet dans la glace, sinon celui d'une copie, d'un imposteur... un fantoche dont meme l'armure d'ecailles amoureuse de sa douleur et de sa haine, n'avait ete qu'un emprunt...
A present, Kanon maudissait sa rencontre avec Siegfried, qui ne connaissait pas Saga,
qui ne l'avait pas traite comme un vulgaire objet de substitution... qui n'avait regarde que lui.
Et avec quelle chaleur, avec quelle passion...
Il avait recherche son plaisir sans meme penser au sien, l'avait guide, enveloppe.
L'avait affaibli.
Il etait parvenu a briser ou reveiller quelque chose dans le Dragon des Mers, la Creature du Diable haie de tous et si aise de l'etre.
Il avait libere des trombes de douleur enfouies dans des abimes d'oubli scelles depuis ce qui auraient pu etre des siecles.
Sans parler de ce torrent de larmes trop longtemps refoulees.
Kanon sut qu'il ne pouvait plus revenir en arriere, ni meme se forcer a nier ce qui lui etait arrive pour redevenir la pure incarnation du Mal dont il avait mis des annees a se forger le masque cynique et impassible.
C'etait ce qui lui donnait le plus envie de hurler et de se debattre au risque de signaler sa presence par un Cosmos fou de terreur...
Pourquoi avait-il fallu qu'une chose pareille lui arrive, a lui, a un endroit pareil, a un moment pareil?!
Il allait retourner jusqu'a la grotte par laquelle Thetis s'etait introduite sur le Territoire d'Asgard pour mieux le livrer a ses pires ennemis, et faire le chemin inverse a la nage s'il le fallait, pourvu de s'eloigner au plus vite de ce maudit pays! Et de Siegfried!! Oh, surtout de Siegfried.
Il allait au plus vite devoir oublier ce regard, et ces mains, et...
Presque a bout de souffle, Kanon ralentit legerement le rythme de sa course. Il avait toutes les peines du monde a maitriser le tremblement de ses membres encore sous l'effet des habiles caresses du Guerrier Divin, et l'impression de bruler vif...Sa respiration se faisant de plus en plus difficile, il souhaita arriver au plus vite jusqu'a sa retraite, et prendre un peu de temps pour recuperer tous ses esprits. C'est a dire, se calmer.
Tout a coup, il apercut la foret d'Amethyste.
Sa raison lui dictait de l'ignorer et de poursuivre tout droit son chemin, mais il decida de finalement la traverser. Plus il y pensait, et plus il doutait que Siegfried ne se soit pas lance a sa poursuite, et au cas ou il le rattrapperait, ca n'etait pas dans son etat actuel qu'il arriverait a lui tenir tete.
Peut-etre arriverait-il a se cacher le temps de recuperer ses esprits et de se preparer a un eventuel combat... du moins aurait-il plus de chances d'y arriver, qu'a decouvert comme il l'etait actuellement.
Quelques instants plus tard, Kanon s'engageait donc entre les troncs austeres de la foret maudite... et sans du tout sentir le regard aigu et menacant de Siegfried s'apesantir sur lui a partir d'une petite colline surplombant la plaine a quelques distances de la.
O.O.O.O.O.O.O.O
Kanon ne s'enfonca pas tres loin dans la foret. Le Cimetierre des Cercueils d'Amethyste, cense se trouver au beau milieu de ce labyrinthe naturel redoute de la population d'Asgard toute entiere, etait une "attraction "qui ne le tentait pas trop, et de toute facon, il ne tenait plus qu'avec difficultes sur ses jambes.
Il prit appui sur un rocher couvert de mousse et neige melees pour se hisser sur une branche d' arbre, et s'installa sur une autre un peu plus en hauteur, dos contre le tronc. Apres avoir pris une profonde inspiration, il se laissa completement aller en arriere, et forca progressivement ses muscles noues a se relacher. Mais meme ainsi, il n'arrivait pas a reprimer le tremblement continu de ses membres, ni a chasser de son ventre douloureusement contracte la boule de chaleur qui y pulsait sourdement. Agace, il rouvrit d'une main les boutons de la veste d'uniforme qu'il avait quelques instants plus tot refermee pour se lancer dans la tempete, puis la chemise blanche qui etait, elle, restee completement deboutonnee. Le froid intense de la nuit frappa sa poitrine, lui arrachant un frisson...qui n'etait decidement pas comparable a ceux que Siegfried avait fait naitre le long de sa colonne vertebrale, jusque plus b...
"Kanon, tu es cense te calmer, alors arrete un peu de ressasser les memes souvenirs!!!"
Se hurla interieurement le malheureux Dragon des Mers, qui commencait a franchement se demander s'il n'avait pas absorbe une quelconque substance aphrodisiaque sans s'en rendre compte (NDLR: dans le bain, peut-etre?XD).
Finalement, il ferma les yeux, et se laissa ses pensees deriver loin de cette maudite terre gelee, et de son non moins maudit Guerrier Divin d'Alpha.
Le vent rugissait loin au dessus de la foret, agitant de temps en temps quelques epais feuillages d'hiver. Il s'absorba a l'ecouter, commenca a percevoir de legers bruits, frottements, craquements discrets, petits cris d'animaux nocturnes... cette foret, malgre les apparences, etait bien vivante(NDLR: un peu trop, meme)...
Peut-etre 20 minutes avaient passe, et il etait sur le point de carrement s'endormir (!), a la fois apaise et nerveusement epuise, quand il sentit quelque chose venir se poser doucement sur sa poitrine nue. Probablement un flocon perdu...
Tiens, encore un autre
Hmm? Un troisieme?
Ils devaient commencer a fondre, parceque Kanon sentit un long effleurement sur sa peau, jusqu'a son ventre.
C'etait delicieux, meme si c'etait en train de provoquer sur lui l'effet inverse de ce qu'il souhaitait.
Brusquement, Kanon ouvrit les yeux; Un autre "effleurement" etait en train de remonter vers son cou, et ca, ca n'etait pas naturel!!!!
Il se decouvrit avec stupeur entoure de branches vivantes et ondulantes toutes dirigees vers lui, et semblant s'entre-disputer le privilege de l' "effleurer".
C'en etait trop.
Si meme les arbres commencaient a avoir des vues sur lui, maintenant?!!
Kanon, avec un cri de rage, sauta a bas de l'arbre et se sauva en courant.
O.O.O.O.O.O.O.O
Siegfried arreta son cheval, sauta a terre, et s'engouffra immediatement dans la grotte.
Il avait apercu sa proie y entrer, maintenant, il la tenait.
Elle s'etait amusee a le trainer, en pleine nuit, a travers des kilometres de landes enneigees et se ressemblant par dessus le marche toutes (NDLR: He, ho, c'est TON pays, quand meme!!TT), avant de le faire attendre une eternite aux abords de cette lugubre Foret d'Amethyste,... elle allait le regretter.
Il commenca a suivre l'unique corridor de pierre s'enfoncant dans l'obscurite.
Alors qu'il etait sur le point d'utiliser son aura pour eclairer ses pas, il entrevit un pale point de lumiere rougeoyante au fond du passage.
Il pressa le pas.
O.O.O.O.O.O.O.O
Kanon avait du mal a en croire ses yeux.
Il se tenait a present dans une vaste salle herissee ici et la de cristaux d'Amethyste phosphorescents. Lui qui avait cru se voir oblige de tatonner pour parvenir jusqu'a ce qu'il pensait etre un petit lac sous-terrain, y voyait parfaitement bien dans la lumiere rougeatre des lieux et avait sous les yeux...une vaste etendue d'eau immobile.
Le lit du lac lui meme etincelait: Il etait jonche de petits cristaux arrondis et polis par de longs siecles d'errosion.
Au moment meme ou, subjugue, Kanon faisait un pas reveur vers la surface du precieux miroir liquide, un hurlement de rage assourdissant emplit la salle toute entiere.
Il eut a peine le temps de se retourner pour voir Siegfried, une epee a la main, fondre droit sur lui.
Trop tard pour tenter de s'ecarter.
De sa main droite, il saisit et devia la lame aceree, puis, affirmant tant bien que mal sa prise sur l'arme malgre le sang qui avait immediatement gicle dans sa main profondement entaillee, il precipita Siegfried en avant. En guerrier confirme, son adversaire feignit surprise et perte d'equilibre, juste avant de se retourner en pleine "chute"pour lancer son pied en direction du visage de Kanon. Ce dernier etant lui aussi loin d'etre un novice, il avait deja lache l'arme et s'etait eloigne prudemment.
Tandis que Siegfried se retablissait avec souplesse sur le sol, il leva une main et traca rapidement un triangle dore dans les airs, en disant calmement:
"Golden Triangle."
Ce fut la premiere fois que Siegfried entra en contact avec le Cosmos du Dragon des Mers. C'etait une concentration de cruaute a l'etat pur, un deferlement d'ondes malefiques vrillant le cerveau, et...la plus belle des parures pour Kanon, plonge dans une mer de cristaux aveuglants, yeux etrecis aux iris pailletes d'or sous les longs cils sombres, chevelure aux reflets argentes flottant dans son dos et autour de ses epaules comme autant de draperies arachneenes.
Siegfried sentit a ce spectacle sa colere redoubler.
Qui donc, enfin, avait bien pu oser donner a cette creature malefique une beaute si surhumaine??!!
Et tandis qu'un vide interplanetaire remplacait le decor rougeoyant de la grotte, il se jura de briser cet esprit retors dissimule par une si trompeuse apparence.
Il concentra son energie vitale, se prepara a resister a une attaque qu'il sentait imminente.
Devant lui, l'homme a la longue chevelure bleue lui dit:
"Je vais t'envoyer dans une dimension dont je suis sur que tu ne reviendras jamais. Ou suffisament tard pour que j'aie eu le temps de quitter le territoire d'Asgard et... disparaitre dans la nature."
Il rajouta plus bas, comme pour lui seul:
"Maintenant que j'ai utilise mon Cosmos, il est hors de question que je m'attarde plus longtemps...
"Ne t'inquiete pas pour ca, personne ne viendra."
Aux paroles de Siegfried, Kanon ouvrit de grands yeux.
"Comment cela?"
"J'ai pose un champ de force dans un rayon de trois kilometres avant d'entrer dans la grotte. Aucune manifestation d'energie, quelle qu'elle soit, ne s'en echappera."
" ?! "
"C'est que je ne voulais pas que nous soyions deranges, tu vois..."
"... De... deranges??... "
Le sourire de Siegfried etait tout simplement glacant, et Kanon ne put s'empecher de reculer d'un pas. La facon dont cet homme le regardait lui plaisait de moins en moins.
Il sut avoir tout interet a l'eloigner au plus vite...
Il s'ecria, en levant une main au dessus de sa tete:
"Another Dimension!!!"
Loin de s'affoler, Siegfried se mit a marcher droit sur lui!!
Puis il s'arreta, et lui dit posement, en le saisissant par un bras:
"Je suis d'accord pour aller ou tu voudras, mais tu vas venir avec moi."
Le Dragon des Mers, un instant petrifie par ce qu'il venait d'apercevoir dans le regard de son vis-a-vis et par le contact trop direct d'une aura chargee de menace et de haine vibrantes, realisa tout a coup qu'il allait lui aussi etre entraine a travers la porte dimensionnelle qu'il venait d'ouvrir, s'il ne reagissait pas tres vite.
Il allait se degager brutalement, quand les levres de Siegfried vinrent se poser sur les siennes.
De stupeur, son coeur eut pu s'arreter. De fait, il manqua un battement, puis se mit a pulser jusque dans ses tempes, sur un rythme croissant et assourdissant tandis que sa respiration se bloquait net.
Un etourdissement.
Son corps tout entier recommencait a trembler... a bruler!!
Non... Il ne faut pas...!!
Quelque chose finit de se dechirer au fond de sa poitrine, et il eut soudain devant les yeux, mis a nu dans toute son horreur, le bloc hideux d'une folie qui attendait son heure.
Affole, il repoussa Siegfried...qui le lacha simplement.
Autour d'eux, tout n'etait plus qu'obscurite mouvante, et silence.
Une dimension intermediaire, vide et sterile.
Ils etaient seuls, isoles. Et Siegfried n'avait attendu que cela.
Une main sur la bouche, luttant desesperement pour s'empecher d'hurler, Kanon articula:
"Je ne sais pas ce que tu as en tete, mais ca commence a bien faire "
"Vraiment? Pourtant, ca n'avait pas l'air de te deplaire, quand tu jouais les Chevaliers d'Or en mission secrete...
Repliqua Siegfried, avec une ironie mordante.
Kanon se sentit rougir, sans savoir si c'etait au souvenir de sa pitoyable comedie, ou a celui de la... 'scene contre la porte'.
Il cracha avec colere:
"Ca n'est pas moi qui t'ai saute dessus pour t'embrasser de force, que je sache?!"
"Ah, ca, effectivement, mais je crois me souvenir que tu n'as pas tarde a me tomber dans les bras? Et qui me caressait les cheveux tandis que je couvrais sa poitrine de baisers?"
Kanon, rouge comme une pivoine, hurla cette fois pour de bon:
"JE NE ME SOUVIENS PAS D'AVOIR FAIT UNE CHOSE PAREILLE??!!"
Effectivement, tu ne l'as pas fait, pensa Siegfried, qui commencait a beaucoup apprecier le tour que les evenements etaient en train de prendre.
Je te tiens, mon bel ami, tu ne vas pas t'en tirer comme ca.
Il reprit, sur le ton calme et pose que ses freres d'armes avaient appris a redouter:
"Admettons. Mais tu ne vas pas me soutenir que tu t'es debattu de toutes tes forces pour m'empecher de te deshabiller, non plus? "
Kanon, fremissant de colere mais completement desarconne par les paroles du Guerrier Divin, ouvrit la bouche puis la referma sans rien trouver a repondre.
Au jeu du Chat et de la Souris, c'etait la premiere fois qu'il se retrouvait a jouer la Souris.
Mais Siegfried laissa tout a coup tomber, tres bas:
"Et maintenant, tu vas devoir assumer. "
"... ??... Qu, quoi??"
Kanon crut avoir mal entendu.
Alors Siegfried precisa, obligeamment:
"Oui: Tu vas devoir assumer. Tu m'as plante sur place apres m'avoir allume, tu pensais que j'allais laisser passer ca?"
Il fit un pas en avant, secretement ravi de voir son vis-a-vis palir un peu plus chaque seconde.
"Deshabille-toi."
Dit-il, sur un ton de commandement qu'il n'aurait jamais cru utiliser autre part que face a un autre militaire, et dans des circonstances toutes "officielles".
Kanon explosa.
Jamais personne ne s'etait moque de lui a ce point-la... Il allait ecorcher cet espece de malade vivant, il en faisait le serment!!
Il ota et jeta rageusement la veste de son uniforme a terre, sans quitter des yeux celui auquel il promettait mille morts.
Un sourire de mauvaise augure aux levres, Siegfried vit l'armure du Dragon des Mers se materialiser aux cotes de Kanon, puis ce dernier la revetir en un quart de seconde et dans un deluge d'eclairs eblouissants.
Kanon avait laisse de cote cape comme casque, et tandis qu'il se dressait face a lui, yeux brillants de colere et chevelure agitee par une veritable tempete d'energie, battant comme d'innombrables grandes ailes bleues dans son dos, son armure redessinait les contours d'une silhouette... affolante.
Oh, il le voulait, et il allait l'avoir, a n'importe quel prix...
Se jura le Pourfendeur de Dragons, qui avait devant lui la plus desirable comme haissable des proies.
Et comme Kanon semblait attendre qu'il soit pret a se battre lui aussi, il lui dit, sur un ton cinglant:
"Oooh, et tu crois que je vais te faire l'honneur de revetir mon armure, peut-etre?"
L'ex-General de Poseidon avait deja du essuyer une offense similaire venant d'un certain Phenix, et il n'etait pas d'humeur a en supporter une seconde.
Aussi, quand Siegfried se retrouva aux prises avec un Kanon fou de colere dont les forces decuplees avaient quelque chose d'aussi terrifiant et monstrueux qu'un Dragon se debattant en pleine crise de demence, il eut eut tellement de mal a eviter ses coups portes a une vitesse sans cesse croissante, qu'il commenca a serieusement se demander s'il n'aurait pas mieux fait de revetir son armure.
Puis il se souvint du "point faible" de son adversaire.
Alors que Kanon, qui ne se possedait plus, l'avait renverse sur le sol et, avec un grondement sourd, levait le poing pour, comme c'etait ecrit sur son visage, lui ecraser la tete, il se redressa brusquement en lui saisissant le poignet... et l'embrassa...
Kanon eut un sursaut, son regard turquoise reprit une lueur de lucidite, et il se rejeta en arriere precipitament.
Seulement, voila: Siegfried le tenait.
Et il lui passa son bras libre autour de la taille, pour le forcer a se rapprocher, et lui imposer un second baiser cette fois plus intense. Kanon essaya de le repousser, de secouer la tete, mais rien n'y fit; il put a peine protester par un gemissement tremblant tandis que la langue du Guerrier Divin se frayait un passage entre ses levres, puis dans sa bouche, profondement.
Le regard brulant de haine plante dans le sien lui interdisant meme d'essayer de mordre, un fantome de frayeur apparut au fond de ses yeux tandis que Siegfried le renversait en arriere, finissant par le plaquer au sol sous lui.
Quand Siegfried la lacha, sa proie tremblait comme une feuille, et son regard s'etait fait flou et egare.
Il lui murmura:
"Enleve cette armure."
Un regard brusquement plus vif de meme que nettement menacant lui repondit.
Alors il commenta sur un ton leger:
"Ah, tu le prends comme ca? J'aurais du me douter que j'avais tort d'user de douceur avec toi..."
Il saisit Kanon a la gorge, d'une main, et tout en le maintenant allonge sur le sol, rugit:
"Odin Sword!!"
Une seconde plus tard, une onde de choc monumentale frappait de plein fouet son prisonnier dans le dos, faisant du meme coup voler son armure en eclats.
Siegfried contempla un instant cet homme etendu sous lui, couvert de debris dores etincelant comme autant de bijoux dans sa chevelure eparse, et essayant desesperement, sous sa main toujours serree autour de son cou, de reprendre son souffle coupe par l'impact.
Sans rien laisser paraitre de son trouble, il lacha:
"Ca, c'etait pour l'armure. Pour l'uniforme, tu preferes que je te laisse te deshabiller tout seul, ou...est-ce-que je recommence?"
Le Dragon des Mers tourna son regard pali de douleur vers lui, et Siegfried n'y lut tout d'abord rien. Mais quand il parvint a y lire quelque chose, c'etait deja trop tard: il se retrouva brusquement noye dans une aura doree qui n'etait pas la sienne, et litteralement balaye loin au dessus de Kanon.
Cependant, ce dernier n'etait plus en etat de lui decocher la moindre attaque. Il avait tout juste ete capable de l'eloigner.
Aussi quand Siegfried retomba sur le sol, absolument intact, il savait avoir gagne... ce qui ne voulait pas dire qu'il soit de bonne humeur pour autant.
Il s'approcha de 'Son' Dragon etendu sans forces sur le sol, et dechaina sur lui, les unes apres les autres, autant d "Odin Sword" qu'il le fallait, jusqu'a ce que Kanon perde connaissance.
...Ce qui les ramena directement dans la grotte aux Amethystes.
O.O.O.O.O.O.O.O
Quand Kanon reprit conscience, il se vit allonge sur un sol de roche glacee, dans un decor on-ne-peut-plus infernal. Les Amethystes qui brillaient de tous leurs feux autour de lui en repandant une lumiere rougeoyante, lui donnerent l'impression d'etre couvert de sang. Certes, le traitement qu'il avait subi avait litteralement lacere ses vetements et couvert son corps meurtri d'innombrables entailles, mais cela...c'etait ce dont il se souvenait, et il pouvait a present constater que si l'uniforme lui-meme etait tache de sang, son corps, lui, etait parfaitement indemne.
C'est alors qu'une voix s'eleva derriere lui.
"J'ai gueri tes blessures..."
Tandis qu'il se relevait d'un bond et se retournait, la "voix" reprit, avec une pointe de sarcasme:
"J'espere que tu sauras t'en montrer reconnaissant..."
Kanon sentit une vague de colere menacer d'a nouveau submerger sa raison.
Siegfried. Bien evidemment.
Il repliqua violemment:
"Tu peux toujours rever!"
Mais brusquement, le regard sombre, Siegfried fut devant lui, et Kanon recula precipitament, en balbutiant, d'une voix etranglee qui n'avait plus rien d'agressif:
"Ne m'approche pas!"
Le Guerrier Divin, tout en le poussant d'une main jusque contre une paroi de la grotte, murmura doucement a son oreille:
"Mais tu trembles? Le Redoutable Dragon des Mers commencerait-il a avoir peur? Et de moi?"
Pique au vif, l'homme a la longue chevelure bleue repoussa sechement la main posee contre sa poitrine.
"Ne me touche pas! Tu me degoutes!!"
Une gifle magistrale recompensa son geste comme ses paroles.
Puis, profitant de sa stupeur, Siegfried se colla tout a coup contre lui, lui arrachant son premier veritable cri de terreur.
Tout en se demandant tout de meme pourquoi un simple contact suffisait a le mettre dans un etat pareil, Siegfried enfouit son visage dans le cou de Kanon, savourant le parfum sale de sa chevelure soyeuse, et constatant que, comme il s'y attendait, il ne rencontrait aucune resistance...
Bientot, n'y tenant plus, il saisissait entre ses deux mains les hanches fines collees contre les siennes, glissant ses doigts dans les dechirures du tissu pour aller eprouver la douceur de la peau nue... ce qui le plongea dans un etat a peine descriptible (NDLR: ou alors c'est warp NC-17 XD).
Kanon bondit litteralement au contact aisement reconnaissable du desir de Siegfried, et se debattit si violemment, qu'il reussi a se degager de contre le mur, pour aussitot chercher a s'echapper. Le rattrappant sans difficultes par quelques unes de ses longues meches de cheveux, Siegfried tenta de le ramener contre le mur jusqu'a ce que, excede par une resistance qui tournait a l'hysterie, il ne commence a l'entrainer vers le lac sous-terrain. Kanon, qui n'avait decidement jamais eu que des rapports "difficiles" avec l'eau (en particulier si l'on considere ses longues annees de noyades quotidiennes dans la grotte du Cap Sunion), sentit obscurement que cette fois encore, il allait avoir toutes les raisons de maudire la toute proche presence d'une vaste etendue d'eau.
Loin de se laisser faire, il se debattit du mieux qu'il le put, et finit par bruler son Cosmos, en guise d'avertissement. Siegfried le jaugea un instant, puis soupira, et fit, en leva tranquillement une main:
"Odin Sword."
Kanon sursauta, palit.
Non, pas encore une fois?!
Il se figea, aux abois, certain de voir la colonne de lumiere une nouvelle fois invoquee, apparaitre sous ses pieds pour le propulser dans les airs, a la verticale et dans une grande explosion d'energie.
L'onde de choc... vint effectivement, mais de Siegfried, qui se tenait devant lui.
Elle n'avait rien a voir avec l'attaque pre-citee, et le frappa de plein fouet, le "soufflant" litteralement en arriere.
Satisfait de l'effet de sa diversion, le Guerrier Divin vit sa proie, propulsee droit vers le lac, s'abattre au beau milieu de celui-ci, avec un grand "Splash!" et une gerbe de cristal liquide du plus bel effet...
Mais il n'avait pas de temps a perdre.
Il se transposa directement sur le guerrier trempe et etourdi qu'il se hata d'immobiliser, et commenca a le debarrasser des... vestiges de ses vetements.
La chevelure de Kanon avait ete imbibee d'eau au point de se plaquer en longs rubans d'un bleu luisant sur son visage et sa poitrine, et il s'etonna de voir que les boucles d'aspect pourtant rebelle pouvaient etre lissees a ce point.
Kanon, a demi etendu dans l'eau glacee, n'eut pas le temps de se redresser: Siegfried etait deja sur lui, un genou pesant sur son abdomen, et en train de finir de dechirer la veste d'uniforme et la chemise blanche deja en piteux etat.
Ca n'est pas possible... il continue?!
Saisissant une main occupee a le debarrasser des dernieres bribes du tissu lacere, l'ex-General de Poseidon protesta, tout en essayant d'empecher l'autre main de caresser sa poitrine pratiquement nue:
"Mais ca suffit, maintenant?!"
"Ah, ca, certainement pas Je dirais meme que ca ne fait que commencer. Ah non, tiens toi un peu tranquille, tu veux?! Tu le regretteras plus que moi si je me vois oblige d'utiliser la force."
"C'est deja ce que tu es en train de faire!!...!!??...AH!! Mais qu'est ce que...!!..."
Siegfried, sans facons, etait en train de s'attaquer a la boucle de sa ceinture.
Pour le coup, Kanon paniqua completement. Il hurla, en frappant Siegfried du revers d'un avant-bras:
"Ca suffit comme ca, la plaisanterie a assez dure!!"
Puis il chercha a se redresser en ecartant Siegfried qui s'etait immobilise, le visage detourne, comme si le coup qu'il venait de recevoir l'avait sonne.
Le Guerrier Divin ne faisant pas mine se s'oter de sur lui, Kanon le saisit au collet et cracha:
"Tu vas t'ecarter, oui?!!"
Il ne vit pas partir le coup. Ni les suivants.
Il se retrouva etendu dans l'eau, cherchant desesperement a proteger son visage alors que Siegfried venait d'exploser de colere et se dechainait litteralement sur lui.
Tandis qu'il tentait instinctivement de se tourner sur le flanc, les tempes battantes, aveugle par la panique, le sang et les eclaboussures d'eau glacee, il se sentit saisi a la nuque, puis brusquement, se retrouva la tete sous l'eau. Sa panique redoubla a tel point, que sans meme songer a menager son souffle, il commenca a se debattre de toutes ses forces. Entrevoyant le visage durci de colere de Siegfried au dessus de lui, il lui attrapa les avant-bras et tenta de lui faire lacher prise.
Au moment ou il se rendit compte que rien n'y faisait, l'une des mains du Guerrier Divin le saisit a la gorge, et le tira une premiere fois de l'eau... pour l'y replonger aussitot.
D'anciennes images de noyade dans la grotte de Cap Sunion commencerent a defiler devant les yeux de Kanon, dont le traumatisme se reveilla instantanement. Il avait commence a avaler de l'eau, et sa panique se fondit en veritable terreur.
Il ne voulait pas revivre ca.
Il ne voulait pas...!!!
Ses ongles s'enfoncerent profondement dans la peau du Guerrier Divin, qui resserra violemment son emprise sur son cou comme si c'etait sa facon de l'avertir qu'il n'avait pas apprecie. Mais Kanon, sous l'effet de la douleur, negligea completement l'avertissement. Il fit appel a son Cosmos et concentra ses dernieres forces.
Siegfried, le visage ferme, lui opposa une barriere d'energie qui lui renvoya de plein fouet son attaque.
Il y eut une explosion assourdissante, l'eau s'ouvrit un instant dans un grand cercle de roche dechiquetee autour des deux guerriers, puis se referma, engloutissant a nouveau le corps meurtri du Dragon des Mers inconscient.
Alors du visage de Siegfried se detacha le masque de colere aveugle, et lui passa doucement une main sous la nuque pour lui sortir la tete de l'eau.
Il contempla un instant le beau visage renverse, ecarta du bout des doigts les meches de cheveux eparses qui y collaient. Un filet de sang clair s'ecoula du front de Kanon, disparut dans sa chevelure, un peu au dessus de son oreille. Siegfried recueillit un morceau de tissu dechire qui flottait dans l'eau, effaca la trace sanglante en murmurant:
" Apres tout, pourquoi tuer un Dragon, quand on peut le dresser?... "
Un sourire d'une douceur extreme, et de fait absolument glacant, apparut sur ses levres tandis que, gisant sur le sol a quelque distance de la, l'epee qu'il avait pris le soin d'amener mais n'avait sommes toutes pas utilisee, ponctuait ses paroles d'un bref eclat reflecteur.
Il se releva, soulevant Kanon dans ses bras.
Puis il sortit de la grotte, apres avoir desactive le champ d'energie dont il l'avait enveloppee.
Son cheval, qui l'avait docilement attendu a l'exterieur, devait cette nuit-la ramener jusque chez lui son maitre, ainsi que la proie evanouie de ce dernier.
O.O.O.O.O.O.O.O
Les craquements d'un feu de bois, une semi-penombre bleutee eclairee par quelques bougies... diverses profondes fourrures odorantes eparpillees sur le sol et des meubles reduits au strict minimum. Des armes antiques exposees sur les murs, lames et pointes de fleches luisant doucement... chaleur, parfums, silence...
Kanon se reveilla enchaine les bras au dessus de la tete, sur des draps blancs dont il reconnut immediatement l'odeur.
Certes, ca n'etait pas une odeur desagreable... Siegfried devait apprecier les longues promenades en foret, car de tout son corps emanait un parfum de seve et sapins nordiques a la fois frais et piquant. Cependant, loin de s'extasier, Kanon deduisait surtout que si cette couche inconnue etait impregne de ce parfum, c'etait qu'il etait dans le lit de Siegfried lui-meme.
Pour couronner le tout...
Il n'avait pas besoin de regarder sous le drap jete comme par inadvertance sur son corps, pour se savoir entierement nu.
Il laissa echapper un leger gemissement.
Oh, non, qu'on ne vienne pas lui dire que, pendant son inconscience...
Il secouait avec rage ses chaines sans trouver la force de les briser, quand la porte de la chambre s'ouvrit.
En robe de chambre d'interieur blanche, une bouteille de vin a la main et deux coupes dans l'autre, Siegfried apparut sur le seuil.
Il lui sourit, referma silencieusement la porte derriere lui.
"Tu es reveille? Comment te sens tu?"
Lui dit-il, en s'approchant tranquillement du lit.
"Je peux savoir ce que je fais la?!"
Siegfried rit, franchement amuse.
"A ton avis?"
Kanon se mordit les levres, et des larmes de profonde vexation lui monterent aux yeux.
Il balbutia, sans arriver a maitriser le tremblement de sa voix ni la crispation nerveuse de tout son corps tandis que le pire de ses soupcons lui semblait confirme:
"Comment as-tu pu...!!... Comment as-tu... ose!! "
Le Guerrier Divin haussa un sourcil, reflechit quelques instants, ouvrit de grands yeux, et brusquement, eclata de rire face a un Kanon abasourdi. Il deposa le vin et les coupes sur une petite table basse, vint avec nonchalance s'asseoir sur le lit a cote de l'ex-General, et lui dit, avec un grand sourire narquois:
"Mais c'est qu'il est en train de me faire de grands yeux remplis de larmes, le redoutable Dragon des Mers?!...Q'est ce que tu t'imagines? Que j'ai abuse de toi pendant ton inconscience? Rassure toi. Je ne t'ai encore rien fait."
Kanon faillit s'etrangler de honte, repliqua vertement:
"A qui tu vas faire croire ca?! Je me reveille nu et enchaine dans un lit qui n'est pas le mien, et tu voudrais que je te croie sur parole?"
"Je me suis contente de t'enlever tes vetements trempes, ou du moins ce qui en restait, je ne vois pas ou est le mal. Maintenant, j'ai toute la nuit devant moi pour te prouver que je ne suis pas du style a me contenter d'un partenaire inconscient..."
A ces paroles, Kanon blemit et s'ecria, en reculant du plus qu'il le pouvait dans le lit, jusqu'a se retrouver contre la tete de ce dernier:
"Ne m'approche pas!!! Ne me touche pas!!!"
Tranquillement, Siegfried monta sur le lit, et s'approcha lentement de Kanon comme pour mieux le coincer dans sa retraite.
"Surveille tes paroles, tu veux? Je deteste les ordres."
Tendant une main vers une longue boucle de cheveux lovee sur les draps, il la souleva entre ses doigts et y deposa ses levres, regard etincelant plonge dans celui de son Dragon.
Malgre ce geste presque tendre, Kanon percut parfaitement l'avertissement derriere les paroles de cet homme qu'il commencait, sans s'en douter vraiment, a craindre.
Il laissa tomber, dans un murmure:
"Est-ce-que tu traites toutes les personnes que tu hais comme ca?"
"..."
Sans repondre, Siegfried posa une main contre la joue de Kanon, douce et chaude. Il laissa ses doigts glisser dans la somptueuse chevelure azuree, remarqua que son prisonnier, crispe de haut en bas, recommencait a trembler.
Il a peur, il n'y a pas de doute. Mais est-ce que c'est moi, qu'il craint, ou ce simple contact?
Comme pour verifier sa pensee, il se pencha sur Kanon, approcha ses levres des siennes.
Pendant une fraction de seconde, il vit la peur emplir le magnifique regard turquoise, puis l'instant d'apres, Kanon le frappait au visage, de ses deux mains reunies dans de lourds fers d'acier.
Siegfried fut sur le point d'exploser de colere une fois encore, mais ce qu'il vit brusquement face a lui, arreta sa main levee.
Kanon s'etait... roule en boule contre la tete du lit, dos courbe instinctivement presente aux coups. Et ca, ca n'etait pas le reflexe d'un guerrier.
Siegfried laissa sa main retomber. Il soupira, se demandant ou est-ce qu'il allait bien trouver la force de continuer a detester cette splendide mais etonnament fragile Incarnation du Mal.
C'est alors que lui revinrent en memoire toutes ces scenes de la Bataille d'Asgard qui avaient hante ses nuits, et empoisonnaient la vie de la malheureuse Princesse Hilda.
Il revit la mort de chacun de ses compagnons, la sienne, inutile et desesperee, et la Statue D'Odin renversee.
Cet homme avait bafoue le Dieu d'Asgard, manipule Poseidon en personne, defie par trois fois Athena en toute impunite.
OOOoohh non, il n'allait pas faiblir. Il ne massacrerait pas son prisonnier, comme beaucoup l'auraient fait. Non. Celui-ci 'meritait' mieux.
Il allait le dresser.
En faire une creature enfin controlable, que la seule existence d'un certain Guerrier Divin d'Alpha aurait le don de "calmer".
Il saisit Kanon par la nuque, le "detacha" de contre la tete du lit.
Seigneur, mais il tremble vraiment comme une feuille?!
Les yeux fermes, le Dragon etait redevenu l'adolescent enferme dans l'obscurite et guettant les pas de Saga aux cheveux blancs, l'ombre de Saga aux yeux rouges, ses mains volant vers sa chevelure pour le saisir et le jeter sur le sol de sa prison ou le plaquer contre ses barreaux froids et impassibles, puis lacerer sa peau et ses vetements...
Des mains sur sa gorge, serrant, serrant, serrant...
Et cette longue chevelure qui tombait en ruissellements d'une teinte toujours differente jusque sur son visage... Q'etait-ce donc que cette chose qu'il avait reveillee chez son frere, pourquoi le gout de son sang semblait-elle tant la ravir, pourquoi semblait-il toujours lui en falloir plus?
Pourquoi lui disait-elle qu'elle l'aimait, qu'il etait beau, qu'il etait ELLE, qu'il devait retourner en ELLE... pourquoi n'etait-ce plus des dents qu'il voyait dans sa bouche, mais des crocs destines a se planter encore et encore dans sa chair?
Kanon HURLA.
De toutes ses forces, jusqu'a ce que Siegfried, d'abord fige de stupeur, ne lui plaque precipitament une main sur la bouche pour etouffer cette clameur demente qui menacait de reveiller tout le chateau.
Il tendit l'oreille quelques temps, tandis que contre sa paume vibrait une suite de longs gemissements terrorises.
Aucun bruit ne vint confirmer son inquietude, et il reporta son attention sur Kanon, agite de petits spasmes nerveux sous lui, ses grands yeux ecarquilles et noyes de larmes, de toute evidence fixes sur quelque chose qui n'existait que dans son esprit. Ses mains, crispees sur les draps, se leverent bruquement, comme pour repousser quelque chose ou quelqu'un de place au dessus de lui; Puis une plainte aigue de bete que l'on dechire lui echappa, et il se mit a essayer de secouer la tete malgre la main de Siegfried toujours plaquee sur sa bouche.
Non, non, NON!!!
Siegfried realisa qu'il fallait rapidement le ramener a la realite, avant que sa raison ne s'enfuie loin, tres loin vers d'autres obscurs horizons.
Il ota doucement sa main de sur les levres blemes, et avant que son captif n'ait le temps de laisser echapper un autre cri, redressa son corps inerte agite de petits soubresauts, pour le serrer contre lui. Un brusque frisson parcourut les larges epaules blanches, le regard aveugle sembla chercher quelque chose avec affolement, puis peu a peu, la terrible tension des membres de Kanon commenca a se relacher.
Finalement, il vit la tete couronnee de boucles bleues tomber contre sa poitrine, et les yeux grand ouverts commencer a reprendre une lueur de conscience
Un point lumineux brillait faiblement au milieu du front pale de Kanon
Siegfried comprit brusquement pourquoi Kanon venait, sous ses yeux, de vraisemblablement sombrer en plein cauchemar eveille.
C'etaient donc la, les les sequelles de la fameuse "Illusion du Phenix"
Il fallait croire que si Ikki n'achevait pas ses victimes, celles-ci etaient condamnees a vivre dans un perpetuel cauchemar...
Mais Kanon etait-il seulement conscient d'avoir ete frappe par une telle malediction?
Siegfried s'en voulut d'eprouver de la pitie pour ce... Monstre qui avait mis Asgard a feu et a sang... Mais trop de choses lui echappaient, et il etait trop tard pour revenir en arriere, il ne parviendrait plus a s'armer de cette indifference glaciale qui lui etait pourtant coutumiere.
Il deposa Kanon sur les draps froisses, et lui dit, en cherchant son regard:
" Est-ce que tu sais d'ou t'est venue cette... vision?"
Kanon tourna ses prunelles encore floues vers lui; ses levres remuerent sans que le moindre son ne s'en echappe... il semblait avoir quelque difficultes a rassembler ses esprits.
Siegfried doutait qu'il ait meme bien compris le sens de ses paroles, quand il le vit secouer lentement la tete.
Bon. Il allait peut-etre pouvoir lui poser quelques questions un peu plus delicates.
"Elle m'a eu l'air plutot realiste... un souvenir? Encore un de ceux qu'Ikki t'a force a devoiler avec l'Illusion du Phenix?"
Au nom d'Ikki, l'eclat d'une haine violente etait apparu dans le regard de Kanon, qui se contenta de serrer les levres sans repondre. S'etant plutot attendu a ce genre de reaction, Siegfried continua tranquillement:
"Pourtant, je doute qu'une illusion deja une fois provoquee, et quelle qu'elle soit, produise sur toi autant... d'effet. C'est donc autre chose. Une sorte de cauchemar particulierement horrible?... Qu'est ce qui peut bien t'atteindre a ce point?...
Ignorant la menace a present clairement visible dans le regard de Kanon, il ajouta, comme pour lui-meme:
"Je te vois mal redouter une quelconque Punition Divine, ni meme la colere des victimes de trois guerres consecutives. Et pourtant, a en juger par la facon dont tu te debattais... Un peu comme quand j'essaie de te toucher...!!..."
Brusquement, ce qui etait pourtant le plus inconcevable se presenta, sous la forme du pire des soupcons, a l'idee du Guerrier Divin muet de saisissement.
Un petit rire nerveux lui echappa, et il articula, avec quelque peine:
"Ah, non, la, ca va trop loin. Si l'Illusion du Phenix se met a provoquer ce genre de... de cauchemar, maintenant..."
Comme pour y chercher une reponse qui lui semblait pourtant evidente, Siegfried plongea une nouvelle fois son regard dans celui de Kanon.
Il n'y vit que terreur.
Kanon eut un fremissement, detourna brusquement les yeux, mais il etait deja trop tard.
Attere, Siegfried pensa qu'il avait touche juste.
Il leva une main a son front, en laissant tomber, sur un ton las:
"Je suppose que quelque chose, dans ta memoire, a demutiplie les effets du choc psychique... "
C'est comme dans un reve qu'il vit son Dragon, le regard fou, se redresser brusquement pour le saisir a la gorge de ses deux mains enchainees, le renverser sur le lit, et commencer a serrer en murmurant, d'une voix sourde:
"Je commence a en avoir assez de voir tout le monde et n'importe qui s'autoriser a s'infiltrer dans mon esprit, comme ca... Il va falloir que toi et les tiens appreniez a vous meler de ce qui vous regarde."
"Et toi, il va falloir que tu perdes cette mauvaise habitude de sauter a la gorge des gens pour un rien. "
Repliqua Siegfried, parfaitement conscient du fait que dans son etat, Kanon ne pouvait pas lui faire grand mal.
Puis, en lui saisissant les poignets pour progressivement l'obliger a lacher prise:
"Entre nous, peu m'importe ton passe ou tes soit-disant traumatismes. Quoi que je puisse concevoir qu'un viol aie pu faire de toi ce que tu es..."
"... ?!!...JE N'AI PAS ETE VIOLE!!!"
S'ecria Kanon, en se degageant avant de reprendre:
"Et je t'ai dit de te meler de tes affaires!!"
"Mais c'est ce que je fais?"
" ?? "
"Au cas ou tu l'aurais oublie, je ne t'ai pas ramene jusque dans mon lit pour bien innocemment t'en faire admirer l'architecture medievale...
Siegfried recommencait a s'amuser.
C'etait plus fort que lui, il adorait voir son captif rougir ou se mettre en colere a tout bout de champs.
D'une certaine facon, la "suite" n'en serait que plus rejouissante.
Cependant, Kanon, se souvenant des circonstances, a savoir qu'il etait nu et enchaine dans un lit, se sentit palir.
Ca n'etait pas possible, qu'est ce qu'il avait bien pu faire pour a ce point... motiver le Guerrier Divin d'Alpha?!
Habituellement, quand on arrive a mettre la main sur le responsable de tous vos malheurs, et que celui-ci se paie le luxe d'essayer de vous etrangler... on se defoule sur lui avant de l'envoyer directement en Enfer??!!
A moins que Siegfried n'ait une facon bien particuliere de se defouler...
Dans quel cas, sa poisse legendaire continuait de toute evidence a le poursuivre.
Il avait fallu qu'il tombe sur le SEUL Guerrier Divin d'Asgard capable d'instantanement virer sa cutie en posant les yeux sur lui.
Qu'est ce qu'il pouvait bien lui trouver??...un charme fou??
Premiere nouvelle.
Mais sinon, qu'est ce que ca pouvait bien etre??
En tous cas, ce regard-la n'etait pas celui de quelqu'un d'amoureux, au moins, ca, c'etait sur.
Et d'une certaine facon, ca le rassurait. Il n'avait franchement aucune envie d'en plus s'entendre conter fleurette.
Ah, ca y est, il recommencait a delirer. Ca devait etre la panique.
C'etait comme ca que, pendant la bataille, il avait etourdiement devoile tous ses plans a Ikki, avant meme que l'illusion du Phenix ne commence a faire son effet.
Et quand il y reflechissait, c'etait aussi comme ca que, enferme dans la grotte du Cap Sunion et voyant l'eau monter peu a peu, il s'etait mis a abreuver son frere d'insultes avant de lui reveler l'existence de sa deuxieme personnalite, pour finalement le pousser a bout au point d'instantanement reveiller cette deuxieme personnalite.
Le resultat? Il avait failli se faire violer/devorer vivant un nombre incalculable de fois, etant donne que meme s'il ne pouvait pas sortir de sa grotte, Saga comme son double, EUX, avaient pu y rentrer sans probleme.
Son entourage l'avait estime irrecuperable? D'une certaine facon, il etait bien d'accord.
O.O.O.O.O.O.O.O
"Je ne t'ai pas ramene jusque dans mon lit pour bien innocemment t'en faire admirer l'architecture medievale..."
A ces paroles, son Dragon s'etait fige, puis avait semble se mettre a reflechir intensement. Les sourcils fronces, le regard lointain, il semblait avoir oublie jusqu'a son existence.
Il n'y avait donc plus qu'a la lui rappeler.
Siegfried s'approcha doucement, se pencha, et vola doucement ces levres qu'il savait desormais infiniment douces.
Au yeux de n'importe qui de peu au courant de la situation comme de la psychologie des deux personnes en presence, c'eut pu sembler etre un geste tout a fait attendrissant.
Aux yeux d'un Kanon qui avait eu le malheur de se laisser entrainer loin de certaines realites, ce fut... trouvons les mots justes... le "Debut de la Fin du Monde".
Il sursauta violemment, se rejeta tout aussi violemment en arriere, et heurta de la tete l'un des montants en bois de ce lit qu'il trouvait decidement detestable.
Cependant, loin de se laisser destabiliser par la douleur et trop affole pour noter que quelque chose de chaud etait en train de couler dans son dos, il se groupa contre la tete du lit, d'un air farouche.
Siegfried, qui le regardait avec de grands yeux, laissa echapper un sourire.
Pensait-il pouvoir lui echapper encore longtemps, comme ca?
Il saisit la chaine qui reliait Kanon a la tete du lit, et, d'un mouvement sec, precipita son captif a plat ventre sur les draps.
Avec un cri de surprise, Kanon s'y recut tant bien que mal, avant de precipitament rouler sur le cote, histoire de ne pas perdre son... adversaire" de vue.
Mais Siegfried tenait toujours la solide chaine, et il ne put cette fois, ni plus s'eloigner, ni meme se redresser.
Il se retrouva donc reduit a seulement pouvoir fusiller Siegfried du regard.
Le Guerrier Divin, nullement impressionne, ecarta tranquillement quelques meches de cheveux azures d'une epaule sur la blancheur neigeuse de laquelle il deposa un leger baiser. Kanon fremit, eut le reflexe de s'ecarter, sentit qu'il allait cette fois tomber dos sur les draps, et se forca a garder sa position initiale. Crispe de haut en bas, regard menacant, il souffla:
"Je t'ai dit de ne pas me toucher."
"Je n'ai que faire de tes ordres."
Fut la simple et courte reponse.
Et Siegfried, se penchant une nouvelle fois sur lui, deposa deux autres baisers sur son epaule et dans le creu de son cou.
Kanon, qui avait naivement cru que ca allait s'arreter la, ouvrit de grands yeux stupefaits quand les levres de Siegfried remonterent sous son oreille. Trouble par ce souffle chaud sur sa peau, il essaya instinctivement de lever une main, oubliant qu'il etait enchaine. Quand il se rendit compte que d'une des siennes, Siegfried maintenait la chaine plaquee contre le lit, il etait deja trop tard, et son mouvement l'entrainant en avant, il perdit un equilibre que sa position sur le flanc rendait deja precaire, pour de nouveau se retrouver a plat ventre sur les draps.
Absolument ravi, Siegfried lui posa sans facons un genou sur les reins, histoire de tout a fait l'immobiliser sous lui.
A present, il allait pouvoir prendre son temps.
Il saisit a pleine mains la somptueuse chevelure bleue, l'ecarta du dos de Kanon.
Dos a la fois large, muscle tout en finesse et s'elancant en lignes souples vers ces hanches etonnament etroites...
Et il vit ce long filet de sang encore frais qui suivait le sillon central du dos magnifique, vers des reins auxquels il n'osait pas penser.
Pas encore, du moins.
Du bout d'un doigt et d'un air reveur, il suivit la longue trace luisante, jusqu'a ce que son genou -quelle ironie- ne l'empeche de descendre plus bas.
Ne comprenant pas ou l'homme aux yeux pales voulait en venir, Kanon essaya de tourner la tete pour voir ce qui se passait dans son dos. A la seconde ou il entrevit le visage de Siegfried, un effroi insense le saisit.
Cet homme est un predateur.
D'un violent mouvement de la tete, il ramena la lourde masse de sa chevelure sur son dos, en sifflant:
"Ecarte toi de moi, espece de malade!!"
Apres trois secondes de lourd silence, Siegfried tourna la tete vers lui, et Kanon se petrifia, le souffle coupe net en decouvrant un terrible masque de colere froide qui lui rappela douloureusement les evenements de la grotte.
C'etait l'insulte de trop; Il va me massacrer...
Lentement, Siegfried tendit une main vers lui.
Kanon suivit un instant cette main des yeux comme la souris (NDLR: Kanon... souris??Oo Mais bien sur... ) ne peut detacher ses yeux du regard hypnotique du serpent, puis, cedant a l'affolement, plongea son visage dans les draps en passant ses avant-bras derriere sa tete.
Il ferma les yeux, attendant les coups.
Quelques temps passerent.
Comme rien ne se produisait, il releva avec precautions la tete, vit Siegfried descendre calmement du lit.
Non, ce calme n'etait pas naturel.
Quand il le vit aller decrocher une cravache du mur, Kanon crut etre en train de rever.
Il n'allait tout de meme pas...non, c'etait impensable...
En voyant Siegfried revenir vers le lit, l'arme a la main, Kanon se redressa progressivement, ses doigts crochetant nerveusement dans les draps.
C'etait, c'etait un autre de ces cauchemars...il allait se reveiller...
Une fois de plus, Kanon se retrancha contre la tete du lit. De la, il fit, sur un ton mal assure:
"Si tu leves cette... chose sur moi, tu vas le regretter."
"Moins que toi."
"Si... Si tu m'approches, je... je... concentre mon Cosmos pour alerter tout Asgard de ma presence?!"
"Fais donc? Le temps que tout Asgard debarque ici, j'aurais largement eu le temps de t'apprendre a surveiller tes paroles. Sans compter qu'a Asgard, figure-toi que le chatiment des traitres etant le fouet, j'aurais l'immense plaisir de voir un veritable bourreau prendre ma releve. Et si tu as assez de malchance, c'est Thor lui-meme qui se chargera de ton cas..."
"... Si je fais appel a mon Cosmos, tu ne vas pas t'en tirer indemne..."
Pour le coup, Siegfried eclata de rire:
"Oohh??Parceque tu te penses capable de quoi, dans ton etat?! Et sans armure?!J'ai beau avoir soigne tes blessures, tu as quand meme subi 6 Odin Sword?!"
Comme Kanon, palissant, commencait a jeter de petits coups d'oeil affoles autour de lui, Siegfried acheva, durement:
"N'imagine surtout pas pouvoir m'echapper. Tu viens d'ajouter les menaces aux insultes, je ne vais pas te laisser t'en tirer comme ca."
Kanon sursauta, riposta violemment:
"Comment ca, des menaces ?! J'essaie de me defendre comme je peux, je te signale?!"
"Hmm? Serais-tu en train de te chercher des excuses? Mais ca ne prend pas, avec moi."
Mortifie, Kanon cria, a deux doigts de la crise de nerfs:
"C'est toujours mieux que toi, qui essaies de te faire ta petite justice privee?!De toute facon, si tu crois m'avoir aveugle avec ton grand numero de justicier qui se devoue, tu te trompes!!Tout ce que j'ai devant les yeux, c'est une espece de malade qui...?!!!..."
Brusquement, Siegfried fut devant lui, saisissant sa chaine pour le forcer a se rapprocher, et levant un bras. Entrevoyant la nuee bleutee qui habillait l'avant bras du Guerrier Divin, Kanon sentit que s'il ne reagissait pas rapidement, il n'allait pas s'en tirer avec un simple coup de cravache.
Il se jeta contre son opposant, avec une telle violence, qu'il parvint a le desequilibrer. Alors que Siegfried partait en arriere, Kanon, d'un mouvement, lui enroula sa chaine autour du cou, puis lanca sa jambe droite en avant pour precipiter le guerrier Divin au bas du lit; Il n'esperait pas arriver a lui briser les cervicales, mais un peu de chance, il parviendrait a le blesser au cou, ou a l'etrangler a moitie.
Ensuite, il aurait interet a l'achever rapidement.
Malheureusement pour lui, Siegfried etait bien plus robuste qu'il ne le pensait, et s'il recut effectivement le coup de pied de plein fouet, cela ne suffit pas a le renverser.
Il y eut un instant de silence et d'immobilite totales, pendant lequel ils se regarderent fixement, les yeux dans les yeux.
Puis, sans un mot, Siegfried deroula la chaine d'autour son cou.
Kanon comprit qu'il n'avait plus qu'a reconnaitre sa defaite.
Par contre, il ne serait jamais dit qu'il se serait laisse fouetter par qui que ce soit.
Il se mordit violemment la langue, avec la ferme intention de se la trancher.
Alors que le sang commencait a envahir sa bouche et que, sous l'effet de la douleur, ses epaules commencaient a trembler et les larmes a envahir ses yeux, Siegfried realisa ce qui etait en train de se produire sous ses yeux.
Il s'elanca, l'obligea a desserrer les machoires en grondant:
"Ooooh, toi ?!! TOI, je te jure!!... que je vais!!... "
S'apercevant brusquement que Kanon avait eu le temps de mordre plus profondement qu'il ne le pensait, il posa en hate une barriere d'energie autour de la chambre, puis plaqua sa bouche contre celle qu'il maintenait grande ouverte.
Le sang de son Dragon inondant sa gorge, il concentra son energie vitale et se hata de la transmettre a l'organisme de Kanon, pour accelerer la cicatrisation de la blessure.
Une bonne minute passa.
Puis il lacha l'ex-General, qui glissa sans forces contre lui, epuise et assomme, mais hors de danger.
Sans le moindre commentaire, Siegfried le rejeta sur le lit, s'assit sans facon a cheval sur son ventre, et se mit a le gifler a toute volee, sans interruptions.
Apres les deux premieres gifles, Kanon cligna des yeux, jeta un regard hagard autour de lui. Au moment ou il vit Siegfried au dessus de lui, la troisieme gifle partit, avec une force inouie, puis la quatrieme.
Incapable de comprendre ce qui lui arrivait, Kanon leva ses mains toujours enchainees pour essayer de proteger son visage.
Toujours sans un mot mais presque doucement, Siegfried les lui ecarta, et recommenca a le gifler methodiquement.
Les joues rougies par les coups qui semblaient ne pas vouloir s'arreter de pleuvoir sur lui, le souffle court et precipite, son prisonnier essayait de s'extraire de sous lui en le repoussant de ses deux mains tremblantes, quand Siegfried le saisit par une epaule pour le retourner ventre contre les draps taches de sang.
Saisissant la cravache qu'il avait posee a cote de lui, il commenca immediatement a l'en frapper.
Kanon resta tout d'abord muet de saisissement; puis il eut une plainte sourde, suivie d'un cri de douleur, puis d'un autre, de detresse. Il agrippa les draps, les larmes lui monterent aux yeux.
Une premiere vision vint se substituer au decor de la chambre.
Non, Saga !!... Ne...!!
Mais... qu'on me laisse en paix...qu'on me... laisse... en paix...
Un voile noir tomba devant ses yeux.
Une eternite de tenebres traversees de choses terribles et violentes sembla s'ecouler, puis il y eut un premier flash de lumiere, une vague de chaleur.
Kanon... Kanon!
Il y a avait quelque chose en train de chasser les tenebres au dessus de lui.
Brusquement, il serrait un corps contre lui, et chose etrange, il y avait une main qui caressait ses cheveux, et une voix qui murmurait doucement a son oreille, comme une litanie apaisante.
Il se sentait bien, il etait sorti du cauchemar...
Il ne risquait plus rien... Maintenant, il pouvait s'abandonner...
O.O.O.O.O.O.O.O
Siegfried l'avait vu tomber inerte sur les draps, apres un dernier cri.
Ses yeux etaient grand ouverts, vides, et de nouveau fixes sur un cauchemar certainement aussi terrifiant que le precedent.
Il l'avait retourne avec precautions, avait vu ce point de lumiere qui flamboyait sur son front.
Il l'avait secoue legerement, avait appele son nom.
Il ne devait pas continuer a le laisser sombrer.
Apres une longue minute a l'appeler sans relache pour etre sur de ne pas le perdre, Kanon avait eut un leger sursaut, comme reagissant enfin a son nom.
Siegfried avait redouble d'efforts, caressant ses joues meurtries et son front perle de sueur, massant ses mains glacees...
Tout a coup, sans meme reprendre conscience, Kanon avait fondu en larmes comme un enfant, de longs sanglots dechirants qui avaient du etre longtemps retenus, et entrecoupes de mots dont Siegfried n'avait tout d'abord pas saisi le sens. Puis, en tendant l'oreille:
"Mais qu'on me... laisse... qu'on... me... laisse... en paix..."
Murmurait faiblement une petite voix brisee.
Siegfried, tres pale, avait defait les fers emprisonnant les poignets de celui qu'il s'attendait presque a voir mourir sous ses yeux.
Il avait alors vu avec stupeur les bras de Kanon se lever vers lui.
Puis se nouer autour de son cou, l'attirer contre le corps epuise de... son Dragon.
Sans oser y croire, se demandant avec qui Kanon pouvait bien le confondre, il s'etait laisse faire.
Il s'etait surpris a lui caresser les cheveux, a lui murmurer sans fin des mots dont lui meme ne comprenait pas le sens.
Les yeux de Kanon avaient commence a reprendre un peu de vie, sa respiration a se reguler, tout comme les battements trop rapides de son coeur.
Quand ses larmes avaient cesse de couler, Siegfried avait realise que Kanon savait parfaitement qui il etait en train de serrer dans ses bras.
C'est qu'il avait murmure a son oreille:
"Ne me frappe plus, tu n'en as plus besoin...ni moi non plus..."
O.O.O.O.O.O.O.O
Siegfried leva le yeux vers le visage rosi de honte et de plaisir de celui qui, allonge dans les profonds coussins comme un bijou pale dans son ecrin, et presque noye sous les longs flots d'une chevelure azuree ruisselant entre les draps comme une mer de soie, devorait chacun de ses gestes du regard.
Il y a quelques minutes, Kanon essayait encore de se cacher derriere les coussins, les draps, tout ce qu'il pouvait trouver...
Siegfried, lui, apres l'avoir vu au tout debut et en rougissant repousser les fameux draps longtemps enroules autour de ses reins, n'avait plus reve que d'en voir plus. Mais chez son Dragon, il semblait que ca n'ait ete que les effets d'une breve temerite, et il s'etait retrouve a poursuivre de caresses et baisers, a travers tout le lit, une proie effarouchee regrettant de toute evidence de l'avoir encourage.
Seulement, nuance. Kanon n'en etait pas revenu au schema "effarement-indignation-colere". Il etait consentant. Il lui opposait une resistance de vierge effarouchee et se sauvait aux quatre coins du lit en protestant... mais il n'en descendait pas.
En bref, il n'y avait plus eu qu'a l'etourdir de baisers pour lui faire abandonner la lutte.
Ce qui etait chose faite.
Siegfried n'avait pas tarde a comprendre que sa proie, si elle semblait avoir par le passe eu affaire a quelques brutes assez viles pour la maltraiter, n'avait jamais pour autant appartenu a personne, ni homme, ni femme.
La preuve etait simple et evidente, dans la mesure ou Kanon... ne savait rien!!... Ou si peu.
Il le regardait avec de grands yeux, comme cherchant la signification de chaque geste, et...
Seigneur!!... Ce qu'il etait adorable...
Alors Siegfried prenait son temps, tout en le guidant.
Il voyait sa peau rosir sous ses caresses, la sentait se rechauffer progressivement, et tout en se retenant pour ne pas bruler les etapes, en couvrait chaque centimetre de caresses attentives. Il eut presque souhaite que ses mains puissent s'ouvrir plus grand pour etre sur de rien perdre de ce delice.
Il avait commence par une main, puis un bras, reservant pour la fin l'interieur si sensible du coude. Quand il y avait enfin depose un leger baiser, il avait, comme il s'y attendait, senti Kanon fremir, puis instinctivement tenter de lui retirer son bras.
Evidemment loin de le lui permettre, il avait meme laisse le bout de sa langue effleurer la peau si fine et si sensible. Un petit cri de surprise avait fait echo a son geste, et il etait retourne capturer brievement les levres d'un Kanon incapable de cacher son trouble. Tout en plantant de petits baisers un peu partout sur le beau visage empourpre de son Dragon, il s'etait hasarde a lui poser une main sur la poitrine, pour lentement y laisser glisser ses doigts en savourant la souplesse des muscles fermes et lisses qui fremissaient legerement a son contact. En se mordant les levres, Kanon malmenait les draps de ses mains tremblantes, sans oser regarder ce qui se passait sur sa poitrine.
Voyant ses yeux mi-clos et brillants, Siegfried songea avec amusement:
Serait-il un chat, qu'il ronronnerait certainement...
Tout a coup, il sentit un leger relief sous ses doigts. D'entre eux depassait une petite pointe d'un rose pale dont il etait sur qu'elle n'avait pas ete la quelques secondes plus tot. Et il en avait une autre plus loin.
Siegfried n'eut pas le temps de s'emerveiller de sa trouvaille: affole, Kanon lui saisit brusquement la tete entre ses deux mains pour le forcer a la tourner vers lui, et l'embrassa precipitamment. Ce qui eut loin d'avoir l'effet qu'il attendait, puisque Siegfried, pour le coup enflamme, se mit en devoir de lui faire prendre ses responsabilites, lui imposant un baiser absolument sulfureux tout en caressant du bout des doigts et a tour de role chacune des deux petites pointes tendres. Bientot, il etouffait entre ses levres un premier mais faible cri de protestation, suivi d'une serie de petits gemissements eperdus.
Desirant en entendre plus, il laissa son baiser glisser dans le cou de Kanon, haletant et abasourdi, mais incapable de se retenir de renverser la tete en arriere.
Kanon fit litteralement un bond dans ses coussins, quand les levres brulantes du Guerrier Divin se refermerent sur l'une de ces deux petites pointes apparues sur sa poitrine comme pour mieux l'embarrasser. Il essaya de se redresser, mais se vit fermement maintenu dans sa position initiale par un Siegfried qui ne comptait pas etre plus longtemps gene dans son exploration.
Alors, en desespoir de cause, il se couvrit la bouche d'une main, tentant d'au moins etouffer une voix qu'il commencait a ne plus du tout maitriser.
Impitoyable, Siegfried fit l'effort d'un instant se detourner de son "activite" pour lui faire oter cette main importune, et d'un regard, le defier d'une nouvelle fois oser la lever de sur les draps. Kanon, qui n'avait aucune envie d'a nouveau se retrouver enchaine et pour lequel la presence toute proche des fers, comme poses bien en evidence, etait une menace en elle, dut se resoudre a seulement pouvoir essayer de retenir sa voix entre ses dents serrees.
Il ne lui fallut que quelques minutes pour oublier sa resolution.
Pourquoi donc personne ne lui avait jamais dit que ces deux petites choses insignifiantes et sans utilite, sur sa poitrine, etaient aussi sensibles?!
Mais en y reflechissant bien, il voyait mal qui aurait bien pu, et sous quel pretexte, lui faire une telle "revelation". L'idee meme en etait ridicule...
Et puis, comment ca s'appelait, deja? Des... des...
Il sentit son visage s'enflammer a nouveau.
Non non, finalement, il n'avait aucune envie de s'en souvenir.
Siegfried s'en souvint pour lui.
"C'est la premiere fois que je vois des tetons aussi rose... Je me demande si aucune femme peut se vanter d'en avoir de si appetissants..."
Murmura-t-il, contemplant avec curiosite son oeuvre, c'est a dire une petite pointe luisante qu'un long sucon avait fait virer dans les tons de framboise.
"A-Appe...ti...?! Ne dis pas des choses pareilles et arrete de regarder ca... comme ca!... "
Gemit Kanon dans un coussin, catastrophe par ce qui semblait etre la soudaine humeur joueuse de son "bourreau".
"Hmm? C'est encore un ordre, ca?"
"Non! ", sursauta Kanon, panique.
"Vraiment?"
"... Oui "
"Tu n'es vraiment pas en train de me mentir pour essayer de t'en tirer?"
"Siegfried!"protesta Kanon.
Siegfried jaugea un instant son Dragon qui lui faisait sans complexe des yeux de chaton battu, puis lacha, avec un grand sourire et avant de brusquement lui glisser une main dans l'interieur d'une cuisse pour les lui ouvrir:
"Je ne te crois pas."
Kanon lacha un cri de stupeur, essaya de se retrancher plus en arriere dans les coussins. Mais ce fut peine perdue, et il se retrouva en moins de temps qu'il ne faut pour le dire... avec Siegfried allonge entre ses cuisses ouvertes.
Trop choque pour oser faire un mouvement, il sentit son corps tout entier recommencer a trembler. Bien que son orgueil de male se soit depuis le tout debut jete sur la sirene d'alarme pour la mettre au maximum de son volume, il venait enfin de realiser qu'il allait se retrouver... en dessous!!
Le Guerrier Divin, qui le fixait alors calmement de ses yeux pales, etait toujours habille de sa longue robe de chambre blanche. Curieusement, il trouva ca a la fois vexant et rassurant.
Cependant, Siegfried s'etait place les avants bras poses sur les draps, de chaque cote de sa poitrine, et sa tete au niveau de son sternum. Comment lui echapper, dans une telle situation?
Il commenca, d'une petite voix qu'il ne se reconnut pas:
"Si, Siegfried je ne sais pas si... "
Un doigt vint se poser sur ses levres, l'interrompant.
Puis Siegfried lui demanda doucement:
"Tu n'en a pas envie? Est ce que tu sais seulement ce dont tu as envie?"
Comme, destabilise, Kanon ne savait pas quoi lui repondre, il lui dit:
"Je vais peut-etre te donner l'occasion d'oublier une partie de ton passe? Si je te dis que moi, j'ai envie de t'y aider, tu peux me croire sur parole... et si tu me faisais confiance?"
"Confiance, a toi? "
Kanon se mordit les levres, et souffla:
"Tu oublies qui je suis... "
"Je n'oublie rien, Kanon... rien du tout. Pour ca aussi, tu peux me croire."
Kanon sentit un frisson glace courir le long de sa colonne vertebrale en distinguant une ombre d'une noirceur terrifiante planant dans le regard de son vis-a-vis. Il murmura, sans savoir a quel point l'effort que lui avait de toute evidence coute sa question, laissait filtrer son angoisse. Une angoisse sur laquelle il n'arrivait pas a mettre de nom.
"Ce serait une facon de te venger?"
Siegfried sembla reflechir un instant
"Peut-etre... quoi que mes 6 Odin Sword d'il y a quelques heures, ressemblent deja plus a un debut de vengeance."
Enfin, Kanon sut brusquement que l'homme qu'il avait en face de lui, avait surtout envie d'exorciser le fantome de souffrances dont il n'avait pu proteger Asgard. Maintenant qu'il tenait le responsable, plus que de le massacrer, c'etait de le dominer, de l'asservir, qui lui apporterait le plus de reconfort.
D'une certaine facon, Kanon pouvait comprendre. C'etait une facon deja plus raffinee de se venger, ca depassait meme le stade de la simple vengeance...et ca n'etait pas donne a tout le monde.
Quand a lui, compte tenu de son passe, il devait s'estimer heureux que, ne s'arretant pas a mi-chemin de son schema de pensee, Siegfried n'aie pas opte pour le viol et le meurtre purs et simples.
C'etait une ironie du sort, mais... oui, peut-etre devait-il s'en estimer heureux...
A ce moment precis, un voile noir s'abattit de nouveau devant ses yeux, et il se sentit tomber.
O.O.O.O.O.O.O.O
Siegfried avait entendu parler de ce phenomene, mais n'avait jamais imagine une seule seconde qu'il pourrait en etre le temoin un jour.
Pourtant, le simple fait que Kanon soit le frere jumeau d'un certain Saga aurait du lui mettre la puce a l'oreille.
Et il considera avec un melange de stupeur et d'incredulite celui qui, bien tranquillement, lui rendit son regard, de ses prunelles bleues assombries et cernees de rouge sang.
Ca n'etait pas Kanon.
De fait, ca n'etait plus lui.
La magnifique chevelure azuree avait vire au noir... Un profond jai lustre et chatoyant, somptueux.
Le corps etait toujours de ce blanc eblouissant, mais il s'en degageait comme une legere brume humide. Probablement les effets de la transformation.
Siegfried murmura, d'une voix alteree:
"Ne me dis pas que tu es... sa seconde ame?!"
L'Autre ne sembla jamais vouloir lui repondre, tant il paraissait occupe a le detailler.
Enfin, il laissa tomber, avec un grand sourire carnassier:
"Pas tout a fait... "
"Qu'est ce que ca veut dire, ca, pas tout a fait?!"
Gronda Siegfried, auquel l' " Intrus" ne revenait absolument pas.
Sans se presser et meme avec une certaine lenteur, l'Autre reprit:
"Je suis sa deuxieme personnalite. Ou le veritable lui, je ne sais pas trop moi meme. Il faut dire que son dingue de frere a plutot bien reussi a m'etouffer dans l'oeuf."
Comme Siegfried le regardait sans comprendre, il reprit, avec un certain humour:
"Non, parceque tu vois, quand j'ai commence a perdre le compte des coups d'un cote et des larmes de l'autre, je me suis dit qu'il ne faisait decidement pas bon vivre sur cette Terre, alors je n'ai pas demande mon reste, et je me suis rendormi...Oui, bon, c'est vrai, je l'ai du coup laisse aux prises avec ce malade, mais franchement, qu'est ce que j'aurais bien pu faire, sinon aggraver son cas en me montrant?"
"Heu, tu auras beau me le demander, a moi... ", balbutia Siegfried, completement depasse.
"Effectivement. Je vois mal comment tu pourrais me repondre."
Admit l'Autre, avant de reprendre, d'un air critique:
"Par contre, si tu pouvais t'oter de la?... Je ne peux pas bouger, et je t'avouerais que trouver un homme allonge entre mes jambes au reveil, c'est quelque chose que j'apprecierais d'autant plus que ca aura ete court... non, je veux dire,... je parle du temps pendant lequel il y aura eu un homme entre mes jambes... Ne prends pas ca pour toi..."
Incapable de cerner le personnage (NDLR: Il est pas le seul) mais decidant qu'il n'avait pas a obeir a ses ordres, Siegfried le saisit brusquement a la gorge, et gronda:
"Ou est Kanon?! Qu'est ce que tu as fait de lui?!"
"Oulah, du calme?! il dort, et si tu le reveilles, ca va etre le bazar, alors sois gentil et lache-moi. Au cas ou tu ne l'aurais pas remarque, je te signale que je n'ai aucun Cosmos, en passant. Alors pas de risque que je fasse sauter ton beau chateau... ou salisse de ton sang ces... beaux draps de soie."
Siegfried ne pouvait pas le sentir, mais se rendit compte qu'il disait la verite: Aucune trace de Cosmos dans cette..."personnalite-la".
"Je vois d'ici que c'est toi qui a pousse Kanon a provoquer les trois dernieres Guerres Divines..."
Grinca-t-il, sentant que si ca continuait, c'etait lui qui allait craquer et le faire sauter lui-meme, son "beau" chateau.
"Alors, ca?! Je viens de me reveiller, je te dis?! D'ailleurs, chapeau:Style video X-SM, c'etait parti pour etre le hit de l'ete, la..."
Siegfried ouvrit la bouche, la referma. Il ne comprenait rien a ce qui venait de lui etre dit, mais il sentait vaguement qu'il avait quelque raison de mal le prendre.
"Je te dispense de commentaires!! Et puis d'abord, je peux savoir pourquoi tu t'es reveille, pile maintenant?!"
"Tu te fous de moi?! Tu me secoues comme un prunier, me tapes dessus, me viole a moitie, et tu t'etonnes que je me reveille?!... Heu non, rectification: C'est quand des branches vivantes se sont mises a me tripoter, que j'ai commence a ouvrir un oeil..."
"Pardon?"
"Nonon, fais pas gaffe. Mais franchement, tu as raison. Meme moi, je me demande ce que je fous la. Bon, je vous laisse, mais sois sympa, ne me l'amoche pas trop. N'oublie pas que je suis dedans."
Et Siegfried, abasourdi, le vit s'installer confortablement dans les coussins, et commencer a fermer les yeux. Alors il s'ecria, en l'attrappant par les epaules pour le secouer a lui en decrocher la tete:
"Hela, une seconde, ne t'endors pas!! T'ENDORS PAS, JE TE DIS!!...Tu as cite le nom de son frere, tout a l'heure?! Qu'est ce qu'il lui a fait?!"
L'Autre dodelina un instant de la tete, puis murmura d'une voix ensommeillee:
"Hnn? Saga? Mais rien? Il s'est contente de laisser sa deuxieme personnalite le dominer pour mieux assouvir ses penchants de psychopathe? C'est plus facile, quand on a le couvert d'une possession, non? Ca excuse tout, du moins a ses propres yeux: Les coups, tentatives de viols, morsures... et surtout, les trois longs mois de noyade journaliere dans une mer d'hiver..."
Et il s'endormit.
Siegfried, choque par ce qu'il venait d'apprendre, regarda avec hebetement la chevelure de Kanon reprendre peu a peu sa couleur d'origine.
Maintenant, il se rendait compte que l'attitude de l'Autre, sous des apparences parfaitement futiles, n'avait ete que les manifestations d'une profonde amertume, d'une revolte impuissante. L'humour noir, la derision... c'etait sa seule facon de se proteger... avec le sommeil.
Kanon, lui, etait reste bien eveille et avait choisi de se battre... mais il fallait voir comment. Si seulement il avait eu quelqu'un pour le guider...
Il contempla un instant le beau visage endormi. Il n'y voyait aucune sequelle de ce qu'il avait vecu, mais en touchant l'ex-General des Mers, il avait aussi pu effleurer cette douleur qu'il avait senti bien presente, et devorante.
Seigneur Odin, mais que devait-il faire, a present? Il n'arrivait plus du tout a le detester?!
Il avait souhaite le tuer, puis le briser, puis l'asservir... a present, il brulait de se l'attacher a jamais.
Si ca pouvait le neutraliser, qui pourrait bien le lui reprocher?!, songea-t-il farouchement.
Aurait-il a ce moment la su qu'il se l'attacherait au point de lui faire prendre le parti d'Athena pendant la bataille d'Hades, et que lui, Siegfried, finirait par definitivement se retirer du Monde en apprenant la perte de son corps puis celle de son ame dans le Royaume des Morts...
Aurait-il su tout cela, qu'il l'eut peut-etre immediatement et egoistement acheve dans son sommeil...
Mais il ne savait bien sur rien de tout cela, et ne pouvait predire l'avenir...
Alors il accueillit son reveil d'un baiser.
A suivre (Impro 2)...