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Books » Harry Potter » un si lointain passé
lilou black
Author of 36 Stories
Rated: K - French - Mystery - Reviews: 66 - Updated: 09-10-04 - Published: 09-04-04 - Complete - id:2043542

Réponses aux reviews et notes :

cécile rogue : Merci tout plein !

Coralie Malefoy : Dis donc, ô Fofolle en rose, tu serais pas en train de passer spécialiste du passage éclair, astheure ? Lol. Contente que ça te plaise, en tout cas. Bisous à toi, 'tite pote !

onarluca: Merci ! C'est vrai, j'ai parfois des idées de génie, lol... Bisous !

Alixe : Merci pour tes compliments qui sont toujours les bienvenus ! À dire vrai, je n'ai pas vraiment pensé que Sirius aurait eu envie ou besoin de rencontrer Harry adulte. J'ai simplement constaté, à la lecture des bouquins, qu'ils n'ont eu que de trop rares occasions de discuter ensemble, et que par voie de conséquence, certaines choses qui auraient pu être dites ne l'ont pas été. Bisous à toi !

Harana : Merci pour ta review, grande, qui m'a fait sourire quelque part. Si les personnages fument ici comme des pompiers, ce n'est qu'une transposition de mon propre cas : quand j'ai une crise de larmes, je me change aussi sec en cendrier ambulant. Je sais bien, fumer tue. D'ailleurs, j'ai très honte, si si. Bisous à toi dans tous les cas, et encore merci.

Bellatrix Black-Snape : Bonsoir, ma 'tite Lu ! Voici une réponse à tes questions, que je ne fournis que pour toi, parce que dans l'histoire, ça n'a pas d'importance. Durant l'histoire, Harry adulte s'est totalement substitué à Harry adolescent, qui a eu une sorte d'absence. Dumby a été obligé de dire à Sirius qu'il était absent de la vie de Harry adulte, parce que sinon, Sirius n'aurait pas saisi la raison, l'importance et l'impact de ce qui se passait. Oui, je sais, c'est un peu dégueulasse. Mais que veux tu, je suis une méchante, donc... Bisounours à toi, ma belle, et bon courage !

Nfertiti : Merci beaucoup ! J'espère que la fin te plaira !

Ilys : Dur dur, le mascara qui coule... J'en sais quelque chose, lol. Désolée pour la dégoulinade, et merci pour tes compliments.

Sleepy-Angel Lucile : Kikou, petit ange roupillant ! Merci pour tes compliments, héhé... Suis une fan de Renaud, moua. L'ai vu en concert l'année dernière... que du bonheur. Mistral Gagnant est une de mes préférées. Je ne savais pas qu'il avait une nièce qui s'appelait Lou, mais il en a une qui est tout bébé ! Bisous !

Broack Dincht : Merci pour les compliments !

Merci beaucoup à tous. Vous êtes vraiment sympa, et je suis très contente que cette histoire vous ait plu. Voici son épilogue. Dans la suite de mes écrits : un nouveau chapitre de "Ce qui restera comme une lumière", et pour finir, comme promis, le nouveau chapitre de "Antje", le 19 septembre prochain.

Gros bisous à tous et bonne lecture.

Un si lointain passé : épilogue.

Quand j'ouvris les yeux, la tête me tournait, et je ressentais une vague nausée. Il faisait vraiment très chaud. Et il me fallut un moment avant de réaliser où j'étais, et ce qui s'était passé.

J'étais étendu sur un banc, comme un clochard, en plein cagnard. À ce compte-là, je devais m'être chopé un coup de soleil pas piqué des hannetons. J'avais des fourmis dans les jambes, et le dos en compote. Je me redressai précautionneusement, et passai une main dans mes cheveux. Ils étaient à nouveau longs, et l'élastique qui les maintenait sur ma nuque était en train de se faire la malle. Tout semblait être redevenu normal. J'essayai de faire le tri dans mes idées, mais j'avais à encore tellement mal au crâne que je dus renoncer rapidement. La seule chose dont j'étais sûr, c'est que tout ça n'était pas un rêve. J'en avais pour preuve l'oreiller venu du passé que j'avais serré sur mon ventre pendant mon sommeil. Comme le faisait toutes les nuits ma propre fille.

Je me levai, pris l'oreiller par un coin, et allai me regarder dans la vitrine du magasin d'à côté. J'avais vraiment une gueule de déterré, blafard, décoiffé, les yeux bouffis. Je n'avais aucune idée de l'heure qu'il était, ni même de la date. Je décidai d'aller boire un verre pour me remettre les idées en place, et de rentrer à la maison. J'espérais que Luna ne se serait pas trop inquiétée. Je savais que j'avais passé six jours dans l'espace-temps de mes quinze ans, mais je ne savais pas ce que ça représentait dans mon époque. Le temps est un truc trop bizarre.

Profitant du fait que j'étais seul, je sortis ma baguette magique, et jetai un sort à l'oreiller pour le miniaturiser et le ranger dans la poche de ma veste. J'aurais eu l'air malin, à me balader dans la rue en tenant un oreiller par un coin. Ceci fait, je quittai cet endroit sinistre qu'est le square Grimmarud, en quête d'un lieu plus civilisé.

Je me rendis dans un bar où je n'avais jamais mis les pieds auparavant. Un endroit frais et agréable. Je commendai un café frappé avec une tonne de glaçons. Tout en sirotant mon breuvage, je pensai à ce que j'avais vécu durant mon voyage dans le temps. Je ne savais pas si je me sentais mieux dans ma tête ou pas, mais lorsque je me pris à penser à Sirius, une image inédite de lui me traversa l'esprit. Je l'imaginai assis sur un nuage, en train de se marrer comme un bossu avec mon père. Selon les dires de Remus, vu les conneries qu'ils ont faites quand ils étaient étudiants, ça devait swinguer grave au Paradis ! À cette pensée, je pouffai derrière mon verre. À ce moment précis, un type vint s'asseoir derrière moi, et je l'entendis commander une bière. Lorsque le serveur fut parti, le type ouvrit son journal. Je me retournai discrètement pour voir la date, et constatai que je n'avais été absent de mon époque que quelques heures. Je demandai d'ailleurs l'heure exact au type : dix-sept heures. En fait, j'étais parti l'équivalent d'une journée de boulot. Les choses sont bien faites, parfois. Je payai ma consommation, et me rendis à la station de métro la plus proche pour rentrer à la maison.

xox

Lorsque j'ouvris la porte de mon appartement, je fus accueilli par une Luna qui avait l'air inquiet. Cela rendait d'ailleurs ses yeux un peu globuleux, comme elle les avait quand je l'ai connue. Elle se jeta sur moi pour m'embrasser :

— Harry, mon chéri, où est-ce que tu étais, demanda-t-elle d'un ton anxieux.

Je la serrai dans mes bras. Elle m'avait manqué. Quelle qu'ait été la durée de mon absence, six jours ou quelques heures, sa présence m'était en cet instant plus nécessaire que n'importe quoi. Luna me rendit mon étreinte, puis elle recula en grimaçant :

— Tu sens le tabac, dit-elle.

— Oups, fis-je en rougissant.

— Allons donc, ce n'est pas grave, reprit ma femme en me caressant la joue. Tant que tu ne te mets pas à fumer dans la maison. Dis-moi plutôt où tu étais passé. J'ai reçu dans l'après-midi un hibou du ministère parce que tu ne t'es pas présenté au travail aujourd'hui. J'étais inquiète, j'ai cru que tu avais eu un accident.

— Il m'est arrivé un truc très bizarre. Je vais te le raconter, mais il faut que tu me promettes de ne le répéter à personne.

— D'accord, c'est promis.

— Où est Vera ?

— Hermione a pris une journée de congé, alors elle l'a emmenée en promenade avec ses filles. Elles ne devraient plus tarder.

— Très bien. Ça ne te gêne pas si je ne te raconte tout ça que ce soir ? J'ai envie qu'on soit tranquilles tous les deux pour discuter.

xox

Ce fut une fin de journée en famille tout ce qu'il y a de plus tranquille. Hermione avait emmené Vera et Kriemhield s'acheter des robes pour l'école. Ma vieille copine déposa ma fille à la maison, et repartit rapidement avec les siennes, en disant : "faut que j'aille m'occuper un peu de mon mari qui n'a pas fini de cuver son whisky d'hier soir. Et toi, Harry, à propos, comment tu vas ?"Je débitai une phrase toute faite, en pensant à autre chose. Si peu de temps auparavant, j'avais revu Hermione adolescente, travailleuse, moralisatrice, et je me demandais si à l'époque, elle se doutait qu'elle deviendrait une femme hyperactive, conjuguant tant bien que mal vie professionnelle et vie de famille.

Je me retrouvai donc seul avec ma femme et ma fille. Vera meubla le silence de ses piapias de gosse de onze ans, je l'écoutais vaguement, perdu dans des pensées confuses, et Luna me jetait sans cesse des coups d'œil en biais, d'un air vaguement inquiet.

Je fus replongé dans mes souvenirs par ma fille, qui après le dîner, me grimpa sur les genoux en demandant :

— Dis, papa, c'était comment, quand t'es entré à Poudlard ?

— Vera, descends de mes genoux, répliquai-je. Tu es trop gande pour faire ça.

— Gnagnagnagnagnagnagna, répliqua l'odieuse gamine avec une insolence innocente qui me laissa coi. Je me demandai de qui elle tenait ça. Sans doute de mon père. L'impertinence légendaire de James Potter avait visiblement sauté une génération. Vera descendit cependant de mes genoux, et je lui racontai un peu ce que j'avais ressenti quand j'étais allé à Poudlard pour la première fois. Elle ne savait pas grand-chose de ce que j'étais par rapport à Voldemort. D'ailleurs, depuis que le mage noir avait définitivement disparu, et ses sbires tués ou mis en prison, plus personne n'en parlait vraiment. Cependant, ma fille savait que j'avais été élevé par des Moldus. Elle n'avait jamais rencontré les Dursley, qui m'avaient mis à la porte dès que j'avais atteint ma majorité. Je ne les ai jamais revus depuis. Ils m'ont toujours méprisé pour être ce que je suis. Bref. Vera écouta d'une oreille attentive mes petites anecdotes, et elle fut estomaquée d'apprendre que je connaissais Ron et Hermione depuis vingt-quatre ans. Quand elle comprit qu'elle ne tirerait pas davantage de moi, elle me souhaita bonne nuit, ainsi qu'à sa mère, et elle alla se coucher.

Je me retrouvais donc seul avec ma femme. Elle me regarda un moment d'un air imperturbable, qu'elle affichait parfois déjà quand je l'ai connue. Puis elle se leva, puis elle alla s'asseoir sur mes genoux. Si je voulais que Vera perde cette habitude, je laissais toujours faire ma femme. Parce qu'avec elle, ce geste pouvait servir de prélude à des activités qu'on pourrait qualifier de passionnées. Luna noua ses bras autour de mon cou en disant :

— Raconte-moi ce qui t'est arrivé aujourd'hui, Harry, mon chéri. Qu'est-ce qui est arrivé pour que tu aies l'air si pensif ?

Alors je lui racontai tout. Ce qui s'était passé, ce que j'avais éprouvé, mes angoisses, ma tristesse, et ce sentiment étrange que je n'arrivais pas à définir, quelque part entre le soulagement et l'acceptation. Luna m'écouta, sans poser la moindre question. Quand j'eus terminé mon récit, je constatai qu'elle pleurait. C'était étrange, car elle souriait en même temps que les larmes coulaient sur ses joues. Je la serrai contre moi :

— Luna, ma douce, qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi tu pleures ?

— Parce que c'est une histoire tellement triste, souffla-t-elle. Et aussi parce que je ne savais pas qu'au fond de toi, tu souffrais encore de ce qui s'est passé à cette époque. Mais ce que je sais, c'est que maintenant, certaines zones d'ombre se sont éclairées, certaines choses qui devaient être dites ont été dites, et que maintenant, tout ira bien.

Je défis les boutons du chemisier de ma femme, et enfouis mon visage dans le creux de sa poitrine. J'éprouvais un sentiment de paix d'une intensité jamais atteinte chez moi. Luna prit ma tête entre ses mains, et me caressa les cheveux. Nous restâmes ainsi un moment en silence.

Lorsque je relevai la tête vers elle, Luna ne pleurait plus, même si ses yeux étaient un peu rougis. Elle souriait toujours, et son sourire était d'une grande douceur :

— Je n'ai qu'un tout petit regret, dit-elle. Je regrette de ne pas avoir connu Sirius Black. Ce devait être quelqu'un de bien.

— C'était quelqu'un de bien, répliquai-je.

— Harry, je sais que pour toi, c'était il y a plus longtemps que pour moi, mais as-tu repensé à notre conversation de ce matin ?

— Ah oui, à propos des vacances ?

— Oui. Je pense vraiment qu'on a besoin de se mettre au vert. De se retrouver un peu seuls tous les deux. Ça nous ferait du bien. Je sais que tu t'inquiètes un peu pour Vera, que tu veux être sûr qu'elle se sente bien à Poudlard, que tu veux être présent s'il y avait un problème, mais il n'y a pas lieu de se faire du souci. Ta fille est débrouillarde, et puis elle ne sera pas seule. Il y aura la petite de Ron et Hermione avec elle. Et s'il y a un problème, ou si à elle deux elles font les pires conneries, le professeur McGonnagal arrivera à nous joindre, même si on partait aux antipodes.

— C'est vrai, tu n'as pas tort.

— Et puis pense un peu à nous deux, mon chéri. Tu travailles beaucoup, moi je reste à la maison à écrire mes articles et à m'occuper de la petite, et je ne te vois pas. Tu me manques. J'ai envie de passer un peu de temps avec toi.

Je serrai ma femme contre moi. Elle avait raison. Des vacances nous feraient du bien, et Vera n'était plus un bébé. Et à l'école, nous n'en étions plus directement responsables. D'ailleurs, en parlant de bébé...

— D'accord, ma Luna. On va partir en vacances. Dès demain, j'irai demander des congés au ministère. Mais en échange, je voudrais te poser une question.

— Tout ce que tu voudras.

— Luna... Est-ce que par le plus grand des hasards, tu aurais envie d'un deuxième enfant ?

— Pourquoi, tu en veux un, toi ?

— J'aimerais bien, oui, bafouillai-je en rougissant comme dix kilos de tomates. En plus, ce serait chouette, ça ferait un copain ou une copine pour le nouveau bébé de Ron et Hermione.

Luna se mit à rire. Elle rit longtemps, la tête renversée en arrière, ses longs cheveux se balançant dans l'air du soir. Quand elle eut un peu retrouvé son calme, elle m'embrassa, et dit, le souffle court :

— Okay, Harry, on va faire ce gosse. De toutes façons, quand on rentrera et que tu reprendras le boulot, je m'ennuierai toute seule. La perspective d'avoir un nouveau gamin à m'occuper ne sera pas pour me déplaire.

— Hum.

— De toutes façons, pendant les vacances, on n'aura que ça à faire, tous les deux. À la base, les exercices érotiques, ça sert à faire des bébés. Alors tu peux être certain que dès qu'on sera au vert, je ne te laisserai pas beaucoup sortir du lit.

Je me mis à rire aussi. La perspective d'un deuxième enfant signifiait également pour moi que j'avais définitivement digéré le passé, et que j'allais pouvoir vraiment commencer ma vie.

Fin.

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