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Author of 30 Stories |
Voilà la première partie du gros épilogue en plusieurs parties qui conclura cette fic, que je n'ai jamais abandonnée malgré certaines critiques (anonymes, de plus…à bon entendeur…) sur mon rythme de publication…
Dans cet épilogue, chaque partie sera consacrée à un couple ou à un groupe de personnages, et je songe, après cette fic-là, à faire une seconde époque quand j'aurai le temps, présentant Aidan et ceux de la même génération plus grands. A voir…
Epilogue 1 : Pour la vie et au-delà…
Royaume de Sank, 5 décembre 202
La foule se pressait dans la chapelle palatiale pour l'événement de l'année : les épousailles de la princesse régnante Relena. L'antique chapelle de la dynastie Peacecraft avait été nettoyée à fond, garnie de force fleurs et les grandes orgues y résonnaient déjà. Heero était déjà là, tiré à quatre épingles, accompagné de ses témoins, les quatre autres pilotes. Près de lui, Aidan portait fièrement les alliances sur un coussin de soie.
Dans la sacristie, Relena, vêtue d'une splendide robe de mariée ornée de dentelles et de perles, le voile ayant appartenu à sa mère retombant gracieusement sur son visage, tentait de s'empêcher de faire les cent pas. Près d'elle, sa belle-sœur, accompagnée d'Hilde, de Maria, de Sally, de Lady Une, de Mariemeia, toutes rivalisant d'élégance dans des robes de satin ornées de dentelles, essayait de détendre l'atmosphère en attendant que le prince Peacecraft, son époux, vînt chercher sa sœur. Elle se souvenait de sa propre nervosité au moment d'engager sa vie, et racontait avec humour tout ce qui lui était passé par la tête au moment où elle était entrée dans la chapelle pour épouser Zechs.
De son côté, le visage de Heero n'exprimait rien, mais ses amis le connaissaient assez pour savoir qu'il n'en pensait pas moins. Le pilote du Gundam Wing était redoutablement calme, prêt à engager sa vie envers celle qui avait pris son cœur quasiment dès qu'il l'avait vue. Quand il l'avait demandée en mariage, en mars dernier, elle avait ouvert des yeux ronds mais n'avait pas hésité une seule seconde à lui répondre oui…pour être surprise lorsqu'il lui avait révélé sa véritable identité. Désormais, il savait qui il était et cela ajoutait à sa sérénité. C'était quelque chose de plus qu'il pourrait léguer à son fils.
Il tira sur le jabot de sa chemise et feignit d'ignorer le sourire amusé de Duo qui l'avait vu faire ce geste. Il n'était pas à l'aise dans cette vêture mais c'était pour la bonne cause, il savait que cela faisait plaisir à sa future épouse. Il sourit à son fils, dans les bras de sa gouvernante déjà à demi larmoyante, et Tim-Odin, dans son costume blanc brodé d'or, lui rendit son sourire. Pouvait-on être si comblé ? Il ne lui manquait absolument rien, son existence était à présent remplie et il allait parachever cela en faisait de Relena une honnête femme.
Pendant que tout le monde attendait, Zechs, vêtu d'un superbe costume blanc brodé d'argent, s'en alla frapper à la porte de la sacristie. C'était son rôle que de conduire sa sœur à l'autel et tout en lui exprimait le contentement ainsi que l'émotion. A l'assentiment de ces dames, il entra dans la sacristie et s'exclama :
« Que de beauté, ici ! »
Il vint embrasser sa sœur et dit, son regard clair tremblant :
« Comme tu es belle, Lena ! »
Relena lui rappelait les souvenirs qu'il avait de leur mère, tout cela mêlé au fait qu'il était extrêmement ému à l'idée de marier sa sœur unique faisait qu'il avait peine à garder son contrôle. Lucrezia sentit son émotion et vint poser un instant sa main gantée sur son bras avant de s'effacer au profit de sa belle-sœur. Zechs leva le bras, Relena y posa la main et toutes les femmes sortirent pour gagner la nef de la chapelle, les laissant seuls. Zechs regarda sa sœur et lui dit :
« Je te souhaite tout le bonheur du monde, petite sœur… »
Relena embrassa son frère, effaça la trace laissée par son rouge à lèvres et parvint à le remercier, la gorge serrée. Il déposa un baiser sur sa tempe et demanda :
« Si nous y allions ? »
Elle acquiesça et prit le bras qu'il lui tendait. Dès qu'ils apparurent à l'extrémité de la nef, les grandes orgues de la chapelle entonnèrent la marche nuptiale. Ils remontèrent l'allée centrale sous le regard de tous, mais Relena ne vit vraiment personne. Il lui semblait qu'elle rêvait, qu'elle allait se réveiller, mais c'était bien réel et elle retrouva un semblant de sens lorsqu'enfin elle fut près de Heero. Il lui sourit et elle parvint à lui rendre son sourire alors que l'évêque commençait l'office. Les deux fiancés ne voyaient qu'eux-mêmes et entendirent à peine le début de la liturgie. Le regard d'Heero ne quittait pas le regard bleu de Relena alors qu'autour d'eux la maîtrise de la cathédrale de la capitale interprétait un motet classique du XVIIème siècle. Comme pour le mariage de Zechs, plusieurs années plus tôt, un chœur d'adulte, une maîtrise et une débauche de luxe avaient été prévus, et le peuple ému avait été largement associé aux préparatifs et aux célébrations du mariage de sa souveraine. Que le fiancé ne fût pas d'origine noble n'avait gêné personne, et Heero, dont l'appellation était restée malgré la découverte de sa véritable identité, avait été accepté à bras ouverts par tout le royaume comme conjoint de la princesse régnante.
L'évêque déclara alors le moment des serments. Heero prit la main de Relena et déclara sentencieusement :
« Relena, moi, Timothy Odin Lowe, je fais serment de te protéger, de te garder en mon lit et en mon logis, d'élever nos enfants, jusqu'à ce que la mort nous sépare… »
Il avait utilisé là son véritable nom. Il avait découvert avec stupeur voici plusieurs mois que celui qui l'avait élevé était en réalité son géniteur. Quelque part, il en avait toujours eu l'intuition et c'était inconsciemment ressorti lorsqu'il avait choisi le prénom de son fils.
C'était à présent au tour de Relena :
« Timothy, moi, Relena Katrina Peacecraft, je fais serment de t'obéir, de rester en ton lit et en ton logis, de porter tes enfants, jusqu'à ce que la mort nous sépare… »
Elle avait utilisé elle aussi son prénom officiel pour le décorum mais elle ne l'appelait jamais ainsi, personne d'ailleurs. Il sentait sa main trembler légèrement dans la sienne et, derrière la barrière légère du voile, ses yeux brillants et humides.
Aidan s'avança alors avec les alliances. Relena enleva son gant et Heero glissa à son annulaire gauche l'anneau d'or. Elle en fit autant pour lui et l'évêque déclara :
« Ces deux alliances symbolisent l'engagement que vous avez pris l'un envers l'autre, et je vous déclare mari et femme… »
Les grandes orgues résonnèrent pour jouer un morceau de Jean-Sébastien Bach, accompagnées par le chœur d'adultes pendant qu'Heero relevait le voile et embrassait sa jeune épouse sous les applaudissements de l'assemblée. Derrière eux, Duo et Hilde se regardèrent, ainsi que Quatre et Maria et Wu Fei et Sally. Le président des entreprises Winner savait qu'il serait le prochain à se faire passer la bague au doigt, Wu Fei ayant décidé de ne pas se remarier. Près d'eux se tenait Trowa avec son compagnon, David, artiste de cirque comme lui. Cela n'avait pas à proprement parler surpris ses amis, mais il était bien comme cela et c'était bien là l'essentiel pour eux. Catherine, elle, était ravie de voir son frère enfin casé, fût-ce avec un homme.
Ce fut ensuite les signatures, puis, triomphalement, les mariés sortirent de la chapelle pour gagner le balcon et faire signe à la foule qui avait attendu à l'extérieur du palais et suivi la cérémonie sur écran géant. Heero salua lui aussi de la main en souriant et, enfin, ils purent rentrer pour gagner la salle où avait été servi le vin d'honneur. Là, les attendait la gouvernante avec le petit Tim-Odin, et l'enfant princièrement vêtu tendit les mains vers ses parents. Tous deux vinrent l'embrasser et donnèrent le signal des réjouissances.
Tout le monde se pressa autour d'eux, et Duo dit avec sa gouaille habituelle :
« Et voilà, te voici avec la bague au doigt aussi, vieux ! »
Heero ne répondit pas et se contenta de sourire à son ami. Il extériorisait peu sa joie et son émotion mais ceux qui le connaissaient bien pouvait mesurer à quel point il était heureux à ce moment précis, près de la femme qu'il avait toujours aimée, près du fils qu'elle lui avait donné. Autant qu'il s'était battu autrefois aux commandes de son gundam, il se battrait désormais pour qu'il grandisse dans une famille unie, dans un monde en paix. Relena croisa son regard et comprit immédiatement ce à quoi il pensait.
« Je me battrai aussi pour Tim-Odin, pour la paix… », lui dit-elle doucement.
Les deux époux se regardèrent et se sourirent. Près d'eux, Zechs regarda son épouse avec un sourire :
« Cela fait déjà si longtemps que c'était notre tour ? »
Malicieusement, Lucrezia lui répondit :
« Trois ans, déjà… »
Et elle lui déposa un baiser léger sur les lèvres. Relena avait vu cela, et elle dit à son mari :
« J'espère que nous continuerons à rester comme nous sommes actuellement, même après plusieurs années de mariage… »
Le regard d'Heero plongea dans le sien et il répondit avec un sourire :
« J'espère bien, mon cœur… »
Il voulut l'embrasser mais une série de toasts commença, interrompue par Pagan en grande tenue qui vint dire sur un ton cérémoniel que le repas était servi.
Il fut interminable, entrecoupé d'intermèdes musicaux qui contribuèrent à conserver la bonne humeur ambiante. On rit beaucoup et les pilotes tinrent à faire quelques jeux traditionnels des mariages où Quatre se ridiculisa quelque peu. Maria ne lui en tint pas rigueur et l'embrassa ensuite longuement sous les applaudissements de tous, faisant se colorer le teint pâle du jeune pilote.
On amena la gigantesque pièce montée à la fin du repas, et les mariés la découpèrent bravement. Il fut ensuite temps d'ouvrir le bal officiel. Relena savait à quel point Heero avait préparé ce moment, mais elle le trouva un peu raide lorsqu'il se leva et gagna la piste de danse, sa main dans la sienne. Pourtant, il l'étonna car il valsa de façon très souple, elle n'eut qu'à se laisser porter et elle ne quitta pas son regard. Il y brillait une lueur qu'elle connaissait bien, et un sourire étendit lentement ses lèvres.
« Ne pense pas à ça tout de suite, il n'est pas encore temps… », lui dit-elle, amusée et quelque peu émoustillée aussi par son corps contre le sien.
Malgré le temps écoulé, la maternité survenue, elle avait toujours autant envie de lui et il le savait très bien, mais cela l'amusait quelque peu d'éveiller ce désir lentement, pour que leur nuit de noces soit inoubliable.
Une fois la première danse effectuée, d'autres couples vinrent les rejoindre. Sally, de son côté, essayait de convaincre Wu Fei de le faire, mais il resta sur ses positions. Il détestait danser et ne se priva pas de le dire. Sally résolut alors de sortir la grosse artillerie :
« Tu pourrais me faire plaisir, tout de même… », dit-elle en se penchant vers lui d'une certaine façon.
Wu Fei, pourtant habitué à la façon de faire de sa compagne, finit par céder face à sa moue irrésistible. Il se leva, l'attrapa par la taille et chuchota à son oreille :
« Tu vas me payer ça…à ma façon ! »
Personne ne fit attention à cette petite altercation entre amoureux, les couples sur la piste étant essentiellement préoccupés d'eux-mêmes. Pourtant, Heero remarque que Wu Fei dansait lui aussi et se permit un léger sourire en coin…
Il se tourna vers Relena :
« Si on les laissait là et qu'enfin on avait un petit moment à nous ? »
Relena, qui n'en manquait pas d'envie elle non plus, répondit cependant :
« Pas encore, c'est pour nous qu'ils sont là, nous devons encore un peu leur faire honneur… »
Une fois de plus, le devoir avant tout. Ils quittèrent donc la piste de danse et Relena fit resservir du champagne pour permettre à l'orchestre de faire une pause. Dehors, la fraîche nuit de décembre s'était abattue sur le royaume en liesse, et certains des invités commencèrent à partir après les félicitations de rigueur. Ne restèrent que les proches des deux époux, et la discussion se poursuivit à bâtons rompus. Les mariés profitèrent d'un moment d'inattention pour réussir à fuir vers le refuge qui avait été aménagé pour eux dans l'une des résidences appartenant à la famille Peacecraft. Relena lança son bouquet qui fut attrapé par Sally, ce qui fit rire tout le monde.
La petite maison choisie, ancien rendez-vous de chasse, avait été aménagée avec force fleurs, rubans, cœurs, veilleuses et tout ce qu'il fallait pour une nuit de noces. Heero, qui tenait encore Relena dans ses bras, ayant respecté la tradition pour franchir la porte, n'alluma pas la lumière et l'embrassa doucement dans la semi-obscurité. Puis, très lentement, il la déposa à terre et commença à dénouer les rubans qui maintenaient sa robe dans son dos tout en faisant glisser ses lèvres le long de son cou. Ce simple contact mit le feu au sang de Relena, qui se pressa contre lui. Pourtant, il parvint à garder son sang-froid et éveilla chaque parcelle du corps parfumé de son épouse, enlevant pièce par pièce sa robe et sa lingerie légère. Il la connaissait par cœur et savait bien où étaient ses parties les plus sensibles. Pourtant, Relena n'était pas résolue à se laisser ainsi faire et elle le poussa sur le lit tout proche. Il perçut l'étincelle familière de son regard, et se livra tout entier à ses caresses. Pourtant, sentant sa propre résistance faiblir, il l'attrapa vivement et la fit passer sous lui. Ce simple contact peau à peau la fit se cambrer contre lui, et il l'embrassa longuement. Elle le serra davantage contre elle, voulant plus, l'accomplissement final, apaiser la douleur délicieuse qui lui tordait les entrailles. N'y tenant plus lui aussi, il entra en elle presque violemment, et elle gémit de contentement. Leurs regards restèrent perdus l'un dans l'autre un moment, puis Heero bougea, augmentant la sensation de fusion, mû par le désir qui montait dans ses reins, et se laissa aller rapidement alors que Relena, elle aussi à l'acmé de son plaisir, gémissait sous lui. Epuisés, les mariés restèrent là, corps et cœur encore confondus, jusqu'à ce qu'Heero, reprenant ses esprits, ne se pousse sur le côté. Relena vint se blottir contre lui, repue de plaisir, et il dit doucement dans ses cheveux alors qu'elle fermait les yeux :
« Dors, mon cœur, mon amour…ma femme… »
A SUIVRE