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Disclaimer : Les personnages de Harry Potter ainsi que les « décors, mots et créatures » sont la propriété exclusive de J.K. Rowling. Il n’y a aucune intention de contre-façon ou de violation de ses droits d’auteur. Cette histoire est écrite pour le plaisir de l’écriture et ne rapportera aucun centime à son auteur.
Par contre, je peux revendiquer les « rouh » du dragon. Pas la race ( Opaloeil des Antipodes ) puisque pour respecter l’œuvre de Rowling, j’ai pioché dans son petit livre des Animaux Fantastiques.
Cette fanfic se déroule pendant la septième année de Harry à Poudlard qui est majeur.
Avertissement – Cette fic met en relation Harry et Severus sur un plan autre que celui professeur - élève… A savoir une relation homo, quoi ! En clair, si l’idée que Harry ait envie de sauter sur son professeur ou que ce bon vieux Severus fasse subir les pires outrages à Harry, vous dérange ou vous scandalise, ne continuez pas la lecture…
Ah et je précise pour ceux qui penserait que ma fic tomberait dans ce genre là : non, ce n’est absolument pas une histoire de zoophilie !!
Eh si tout arrive. Voilà enfin la suite de cette fic qui est l’une de mes préférées !! Comme je l’expliquais dans « collés pour la St-Valentin » j’ai eu pas mal de petits soucis qui ont ralenti mon rythme d’update déjà très lents en raison de mon travail.
En plus, je sais que ça ne va pas vous faire plaisir, mais je dois avancer mon fanzine pour la Japan Expo de juillet.J’ai deux one-shot à écrire sur le sortilège de la St Valentin (Rowena/Godric et James/Lily), la suite du « pendentif de Merlin », du « démon sur l’épaule » et encore une autre fic, sans doute un Hermione/Draco, peut-être aussi « doux ange » qui est un Harry/Severus... Ca fait beaucoup, non ? Je n’ai plus que deux mois pour m’y mettre, donc les prochains updates sur internet auront lieu en juillet, sauf miracle. Mes deux précédents fanzines sont toujours dispos : envoyez-moi un mail !
Bref, je vous souhaite une bonne lecture de ce chapitre plus long que le 17 !
Les réponses pour les reviewers anonymes car le mail ne reste pas sur le site, (Jenni944, NEPHERIA, Zelda-sama, Lilie-Potter, Maggie, L’ange gardien, Ange34, Yukiko, Lovesevi, Lim Wire, Iamme, Rayondesoleil, Gassia, Yumi-Tasubasa, Yana, 609, Reptilia, Gabrielle) sont là : melindra(.)livejournal(.)com/22107(.)html
Je fais un remerciement spécial pour la review de Gabrielle.
Le petit dragon ne répondit pas, se contentant de le fixer de ses pupilles fendues.
- SEVERUS ?, répéta Harry sans arriver à y croire.
Chapitre 18
1
Jeudi s’était achevé de façon étrange et vendredi débutait à peine : minuit était passé depuis peu. Severus marchait lentement sur le chemin enneigé menant vers le dernier endroit au monde où il aurait souhaité se rendre. Il eut un bref rictus d’écœurement. Il avait fini par détester ce manoir, au fil des réunions des Mangemorts et des souffrances qui s’en suivaient presque inévitablement. Son don d’Occlumens avait toujours « dérangé » le Seigneur des Ténèbres car les secrets du maître de potions lui échappaient... Les tortures lui permettaient d’amoindrir son pouvoir et ainsi, d’espionner les pensées de sa victime.
Severus haïssait encore plus le fait que son Maître ait décidé de s’approprier ce lieu pour en faire son quartier général, point focal de son futur coup d’Etat : le Manoir Snape. Il était certain qu’au moins une personne avait apprécié l’idée de le spolier du seul bien que sa famille lui ait laissé : Bellatrix avait sûrement applaudi des mains à cette idée. Cette garce ne vivait que pour le voir trébucher devant leur Maître afin de pouvoir le tuer d’une façon ou d’une autre. Elle n’avait jamais pu lui pardonner sa position de favori, position qu’il lui céderait bien volontiers vu les faveurs douloureuses que cela lui valait...
En tout cas, le maître des potions n’était guère tranquille : avoir laissé derrière lui une partie de lui-même le rendait terriblement nerveux. Il avait bien compris que si Harry ne pouvait se faire obéir de Rary, il y avait de fortes chances que ce soit pareil pour lui. Il espérait qu’il ne mordrait personne... Severus effleura du bout des doigts Rary, dissimulé sous sa robe de sorcier : il lui avait bien fait comprendre qu’il ne devait bouger sous aucun prétexte. La petite bête était très calme, à croire que la présence de Sevy avait rassuré Harry dans son sommeil... et donc Rary.
Quand même... Combien y avait-il de chances pour que son alter ego s’incarne dans un animal de la même espèce ? Quelqu’un d’autre parlerait d’âme soeur mais lui pensait que la raison était beaucoup plus simple : sans doute voulait-il offrir la même chose que Harry, un adorable et fascinant compagnon. Un dragon espiègle et affectueux.
Harry dormait lorsque Severus avait vu la potion prendre vie sur sa peau, acquérir un relief et un souffle pour devenir un petit dragon noir aux yeux perçants et qui ne cillaient pas. Il avait voulu effleurer l’animal du bout des doigts, mais aussitôt le dragon s’était tourné vers Harry pour se blottir contre lui comme en un geste de possession farouche. Et il avait émis un grognement sourd et peu engageant lorsque Severus avait fait mine de l’en éloigner. Bref, il se comportait comme Severus s’interdisait de le faire vis-à-vis d’Harry. Il avait chassé une brève pulsion de jalousie et était resté un moment à les contempler, rassuré que Harry ne soit plus en danger. Il ne disparaîtrait pas. Mais une douleur familière l’avait arraché bien vite à cette satisfaction : son Maître s’impatientait de ne pas le voir. Ce n’était pas grave : il lui dirait avec conviction que Albus l’avait retenu. Cette excuse fonctionnait parfaitement, à condition de ne pas en abuser...
Severus revint au présent lorsqu’il se trouva devant la porte close de sa demeure. Elle était faite d’un bois très sombre qui éloignait les intrus de manière radicale, car elle était empoisonnée. Quoi de plus naturel dans une famille d’experts en potion ? Un seul effleurement et c’était la certitude d’être malade pendant des jours. Bien sûr le poison n’était pas mortel - inutile n’est-ce pas de se créer des problèmes avec le Ministère de la Magie - mais la réputation de cette porte n’était plus à faire et personne ne venait y frapper par hasard. Une garantie de tranquillité.
Severus sortit sa baguette et d’un bref sortilège, actionna le lourd heurtoir d’argent noirci par le temps. La porte s’ouvrit aussitôt :
- Entre Severus. Nous t’attendions avec impatience, fit Bellatrix en manière de bienvenue.
C’était le comble que cette sorcière le laisse entrer chez lui ! Severus ne laissa rien transparaître et entra en silence.
- Puis-je te débarrasser ?, offrit-elle presque serviable.
Severus réprima un frisson de peur : elle savait ce qu’il dissimulait. Donc le Seigneur des Ténèbres également. Il n’aurait jamais du prendre Rary avec lui, jamais. Il se força à se maîtriser : tout Poudlard savait qu’il avait un dragon doré mais personne ou presque ne savait ce qu’il était, et surtout qui. Tout allait bien se passer. Il n’avait pas le choix.
- Ce n’est pas la peine, répondit-il d’un ton neutre.
Bellatrix ne put retenir une brève expression de dépit avant de dire :
- Notre Maître t’attend dans le salon.
D’un geste de la main, elle lui désigna l’emplacement du salon, comme s’il n’avait jamais vécu ici. Toutefois, elle ne l’accompagna pas. La situation n’était pas si grave qu’il l’avait cru, car sans cela, elle serait venue aux premières loges pour assister à la scène... Il hocha la tête et se dirigea vers le salon en silence. Il frappa à la porte close, attendit l’autorisation d’entrer, puis ouvrit et referma la porte sur lui, le tout sans la moindre hâte ou angoisse qui aurait pu être suspecte.
Le petit salon jaune... C’était là qu’il restait toute la journée à jouer seul lorsqu’il était enfant ; il avait continué à venir y lire étant adolescent. Ses parents n’avaient jamais vraiment apprécié cette pièce : son père passait le plus clair de son temps dans son laboratoire situé au sous-sol, et sa mère au premier étage où elle aimait recevoir ses amies pour créer de nouveaux sortilèges ou de nouvelles potions dans le petit atelier qui lui était réservé. Lui aussi, fut un temps, s’était plu à imiter sa mère dans le chemin de la création. Jusqu’au moment il avait fini par admettre que ses créations étaient dangereuses et que la voie qu’il empruntait ne lui convenait pas... Comme le sortilège de Sectumsempra.
Severus avait vite compris que comme lui, le Seigneur des Ténèbres appréciait le petit salon. Ou alors, il avait senti que Severus détestait qu’il s’y trouvât, et appréciait l’idée de le contrarier. Impossible de savoir.
Un feu brûlait dans l’âtre, sans bois mais sans chaleur ; les lourds rideaux étaient clos comme pour veiller à ce qu’aucun rayon de la pleine lune ne puisse entrer, et toute la pièce avait été redécorée avec du rouge et noir. Nagini, ses anneaux déroulés, se prélassait devant la cheminée, et son maître se trouvait à ses côtés. Dans un coin, Queudver attendait tremblant les ordres de son maître, sa main d’argent luisant étrangement dans l’obscurité. Niché au dessus d’un meuble, Severus entendit les piaillements discrets de chauves-souris. Vampires, se dit-il aussitôt. Pour finir, son entretien ne serait pas sans témoins. Il continua à se forcer à observer les choses d’un point de vue neutre et sans émotions, pour oublier le petit dragon enroulé sagement autour de sa taille. D’ailleurs Rary était inquiet, car il se tenait fermement à l’aide de ses petites griffes aussi dures que du métal.
- Severus, le salua Voldemort. Tu as mis du temps à venir. La réunion était déjà finie.
- Dumbledore m’a retenu, répondit Severus sur un ton humble.
- Approches-toi, oui approches-toi que je te voie.
Un soupçon d’avidité dans la voix. Que savait-il, qu’ignorait-il ? Severus rejeta sa peur car elle seule pouvait faire tomber ses barrières d’Occlumens, et fit quelques pas en avant pour être face à son Maître. Plus de nez, une peau blanche et glabre, des yeux rouges aux pupilles verticales vides de toute émotion humaine. Voilà celui qu’il servait. Voilà ce qu’il rejetait de toutes ses forces.
- Figure-toi, reprit Voldemort, que l’on m’a raconté une bien étrange histoire. Il paraîtrait que le jeune Malfoy t’a offert un animal, un petit dragon doré...
- C’est exact. Il m’a indiqué qu’il s’agissait d’un présent de l’ensemble des élèves de Serpentard. Il m’était impossible de ne pas l’accepter, de même qu’il ne pouvait sans doute pas refuser de me le donner en raison de son statut de Préfet, expliqua Severus avec calme.
- Ah ! C’est vrai qu’il est Préfet. C’est vrai aussi qu’il s’est rapproché de cette sang-de-bourbe pour avoir des informations sur l’Ordre. C’est un bon petit. Une bonne recrue, corrigea-t-il songeur. Mais je parlais de ton dragon. On m’a rapporté qu’il agissait de façon plutôt étrange...
- C’est exact. La seule raison qui m’a empêchée de le tuer, est qu’un tel acte pourrait intriguer Dumbledore. Je ne tiens pas à attirer son attention.
- Ce n’est pas ce que je voulais dire, mon cher Severus.
Severus détestait qu’il prononce son prénom, car il sifflait les « s » à la manière d’un serpent, et cela était particulièrement désagréable.
- Ma question est : l’as-tu avec toi ?
Le coeur de Severus faillit manquer un battement, mais il répondit avec dédain :
- Je ne pouvais pas le laisser. Inutile que mes élèves ou Dumbledore se doutent de quoi que ce soit.
- Alors montre-le moi !
A nouveau, cette nuance d’avidité. Severus entrouvrit sa robe de sorcier pour dévoiler le petit animal toujours blotti contre sa taille, dont les griffes se resserrèrent encore.
- Intéressant, commenta-t-il. Très intéressant.
A ce moment précis, Harry caressait le dragon noir, sans savoir alors qu’il s’agissait de Severus. Alors ce dernier sentit les doigts du jeune homme effleurer doucement son dos, descendant le long de sa colonne vertébrale en un geste innocent. Severus réussit encore une fois à se contrôler, sous le regard de son Maître. Heureusement, Harry ne réitéra pas l’expérience, car la seule sensation de sa main sur sa peau avait électrisé Severus. Il resta silencieux un instant pour être sûr de ne pas perdre le contrôle sur sa voix, puis demanda :
- Comment ça, Maître ?
- Je ne suis pas certain que ce ne soit qu’un simple dragon. Surtout si, comme tu le sous-entend, certains élèves de Serpentard pourraient avoir un lien avec son apparition : chaque Maison a ses traîtres. Peut-être s’agit-il d’un espion, auquel cas (il tendit sa main presque décharnée vers l’animal), il voudrait mieux que je le tue !
Rary sursauta, apeuré, et planta cette fois carrément ses griffes dans la chair de son maître. Severus ne broncha pas.
- Mais j’ai une autre idée encore, ajouta Voldemort sans s’expliquer. Un dragon nain Opaleye, c’est tellement rare, n’est-ce pas ?
Une question à laquelle il n’attendait nulle réponse, Severus le savait : il referma sa robe tranquillement.
- Peu importe. La réunion de ce soir concernait le jeune Malfoy. Depuis son évasion d’Azkaban, Lucius espère avec impatience que son fils nous rejoigne. La cérémonie de la Marque aura lieu la semaine prochaine en présence de nos alliés. (Il désigna d’un geste vague les chauves-souris.) Donc Severus, lorsque je t’appellerai, tu viendras immédiatement. Pas comme ce soir.
Et cette fois, sa main aux longs doigts blanchâtres effleura la joue de Severus dans un geste qui n’avait rien d’affectueux ou de tendre.
Et cette fois, Severus ne put retenir un frémissement : il avait trop souffert et cela était trop profondément gravé en lui pour qu’il puisse rester indifférent à ce contact honni.
- Tu es à moi Severus, l’aurais-tu oublié ?
- Non Maître.
Il savait qu’il ne devait pas discuter, cela aurait été un signe de rébellion. La fin de son existence et surtout, celle de Harry car son dragon lui non plus ne survivrait pas...
- Prépare le jeune Malfoy. Qu’il soit prêt, susurra presque Voldemort.
- Bien Maître.
- Et la prochaine fois que tu viendrais, tu me diras tout ce que tu sais à propos de ce dragon.
Sa main froide s’écarta et le Seigneur des Ténèbres le congédia d’un geste, sans le regarder davantage. Très droit Severus se retira en silence et ferma doucement la porte. Bellatrix l’attendait dans l’entrée. Sa soeur était venue la rejoindre. Le contraste entre les deux femmes avait toujours étonné Severus : l’une blonde, l’autre brune, l’une capable - de temps en temps - de se soucier d’autrui, l’autre meurtrière sans état d’âme.
- Severus, fit Narcissa avec mesure.
En temps normal, elle l’aurait accueilli avec chaleur et sa voix aurait été plus forte. Mais elle crevait de peur dans ce hall lugubre, c’était visible.
- Narcissa, la salua-t-il simplement.
- Severus, mon cher Severus, protège bien mon Draco, veux-tu ?, implora-t-elle presque.
- Narcissa !, intervint Bellatrix d’un ton sec. Ce ne sont pas tes affaires.
La femme blonde se tourna vers sa soeur :
- Bella. C’est mon fils alors oui, il s’agit bien de mes affaires, dit-elle fermement. Je compte sur toi, Severus, comme je l’ai toujours fait par le passé.
Il lui prit la main pour la tenir entre les siennes.
- Ne t’en fais pas Narcissa. Je serai présent pour lui, comme je l’ai toujours été. Par le passé, ajouta-t-il.
Il s’éloigna sans un mot de plus, s’écartant adroitement de Bellatrix lorsqu’elle tenta de se mettre sur son passage. Quelques secondes plus tard, et il se retrouva dehors, dans le froid pour marcher à nouveau dans la neige. Un paradis après ce passage aux enfers.
Il entrouvrit sa robe pour vérifier comment allait le petit dragon. Rary le fixait de ses yeux d’ambre liquide, et vint se blottir dans son cou en ronronnant et en maugréant de façon incompréhensible. Mais Severus devina sans peine :
- Tu as eu peur.
- Rouh.
Severus crut l’imaginer mais la voix du dragon tremblait presque.
- Tout va bien, c’est fini. Là, tout va bien.
Il s’éloigna encore avant de transplaner. Pourtant, il ne retourna pas immédiatement à Poudlard, pour la simple raison qu’il savait que Harry était toujours dans son lit : il ne pourrait jamais réfléchir pendant que le jeune homme dormait, abandonné entre ses draps... Or il voulait rester seul un moment, le temps de mesurer les implications de son choix sur sa vie. Le temps de mettre un « nous » sur son futur.
2
Dans le silence presque tranquille du salon, Voldemort lança un ordre d’un ton sec.
- Queudver ! L’écaille par terre, donne-la moi.
Le petit homme sursauta de façon visible sous les pépiements gouialleurs des chauves-souris, et s’exécuta en tremblant presque. De sa main d’argent, il laissa tomber l’écaille dorée dans celle tendue de son maître, avant de s’écarter prestement.
Songeur, Tom observa l’écaille un instant puis la tritura entre ses doigts. Et comme pour Severus avant, l’écaille redevint peinture... Alors pour la première fois depuis longtemps le Seigneur des Ténèbres sourit et lâcha un rire bref, triomphant.
Terrifiant.
3
Vendredi matin, dernier jour de classe avant les vacances de Noël. La grande salle à manger résonnait sous les conversations animées des élèves surexcités à l’approche des congés de fin d’année. Il régnait une atmosphère presque festive et joyeuse. Mais ce n’était pas le cas pour tout le monde...
Hermione avait commencé la matinée en s’étranglant avec son thé. Sa quinte de toux particulièrement forte attira l’attention sur elle et sur Harry, debout devant elle. Et surtout sur le petit dragon d’ébène qui se tenait sur l’épaule droite du jeune homme avec une certaine grâce. Bizarrement, personne n’eut l’idée de dire combien il était mignon. Sevy était vraiment différent de Rary.
- Hermione ? Tout va bien ?, s’inquiéta Harry.
- Qu’est-ce que...
Une nouvelle quinte de toux l’interrompit. Elle reprit courageusement, affolée :
- Tu vas bien ? Rary ! Il a changé. Pourquoi il a changé. Qu’est-ce qui s’est passé ? Est-ce que tu vas bien ?
Harry sourit et s’assit à côté d’elle. Cela fait toujours plaisir de constater à quel point on peut compter pour ceux que l’on aimait...
- Tout va bien et ce n’est pas Rary. Alors rassure-toi.
Hermione ne faisait que fixer le petit dragon qui le lui rendait bien sans ciller un seul instant.
- Comment ça, ce n’est pas Rary ?, fit Hermione en tendant la main vers l’animal.
Celui-ci bougea légèrement pour éviter son contact.
- Pourtant c’est un dragon nain Opaleye ?, ajouta-t-elle sans comprendre.
Elle se décida à boire une nouvelle gorgée de thé.
- C’est Sevy, révéla Harry avec un sourire ravi.
Son ton jubilatoire disait à quel point il en était heureux. Peut-être aussi car une fois, il savait qu’il allait surprendre la jeune fille... qui s’étrangla à nouveau.
- Tu, euh, tu plaisantes ?
- Absolument pas.
Il mordit avec entrain dans un toast avant de servir une tasse de café. Cela faisait des semaines qu’il ne s’était pas senti aussi bien. De son côté, ce fut l’un des rares moments de sa vie où Hermione ne sut plus que dire. Un vague murmure se répandit de table en table, alors que les élèves tournaient leur tête vers Harry, et surtout vers son petit dragon noir toujours perché adroitement sur son épaule. Quelques « oh » retentirent lorsque Sevy prit son envol pour faire quelques tours dans les airs, volant avec nonchalance avant de poser presque dédaigneusement sur la table. Autant Rary était nature, autant Sevy se la jouait autant qu’il le pouvait. Il vint se poster devant Hermione, la fixant de ses yeux alors mauves.
- Mauve. Qu’est-ce que cela signifie comme émotion ?, murmura Hermione sans comprendre.
Le petit dragon, sans gêne aucune, se rapprocha de sa tasse dont il huma le contenu d’un air appréciateur. Il parut réfléchir un instant avant de se dresser sur ses pattes arrière et pencher sa petite tête pour goûter le thé chaud avec délicatesse. Hermione resta - encore - un moment sans voix.
- Harry...! Ton dragon boit dans ma tasse !, protesta-t-elle enfin sans croire elle-même à ce qu’elle disait.
- Je crois me rappeler que Severus a dit que le mauve représente la satisfaction. Ou l’envie. En tout cas, on dirait bien qu’il adore le thé, répliqua Harry amusé. J’ai l’impression qu’il se baignerait dedans s’il pouvait.
- Du Sou Chong ? Mais je suis la seule à en prendre...
- Non, apparemment Severus aussi...
Hermione le regarda interloquée, puis prit une nouvelle tasse. Sevy s’appropria celle qu’elle venait de délaisser. Pour en boire le contenu lentement. Comme s’il en savourait chaque gorgée. Le contraste entre Rary et Sevy était flagrant...
- Alors je ne me suis pas trompée hier, murmura Hermione avec un soupir.
- Comment ça ?
- Pendant le cours de potion, il préparait une potion de Révélation. Il m’a dit qu’il s’agissait du seul moyen d’empêcher que tu ne disparaisses... Je me demande comment il a fait car la potion ne peut pas être réalisée pendant la pleine lune.
Harry saupoudra de sucre une gaufre croustillante et mordit dedans avec une délectation visible. C’était la première fois depuis des jours que ce qu’il mangeait n’avait pas un arrière-goût de chocolat. Aujourd’hui tout lui semblait parfait. Bien sûr, il aurait préféré que Severus soit resté près de lui - ils avaient encore beaucoup de choses à se dire - mais il savait qu’un jour ils se réveilleraient ensemble. Cette certitude le rendait heureux, tout simplement.
- La Salle sur Demande, répondit-il à Hermione. Je pense qu’il a dû s’en servir, car hier il s’est absenté et je ne vois que ce moyen pour réussir cette potion.
Hermione le regarda avec un intérêt renouvelé. Cela faisait longtemps que Harry n’avait pas été si vif d’esprit, si plein de vie. Même son regard - habituellement toujours un peu triste - paraissait étinceler sous la bonne humeur qui l’animait.
- Ce qui me surprend, c’est la forme de son animal. Je ne pensais pas qu’un autre dragon serait apparu.
- Je trouve ça parfait, commenta Harry sans bien comprendre. Par contre, je ne saisis pas pourquoi c’était le seul moyen de m’empêcher de... disparaître.
Il avait prononcé ce dernier mot dans un souffle, car il avait pris conscience - tardivement - du danger. Il savait qu’il avait désiré n’être plus que Rary pour ne jamais quitter Severus...
- Parce qu’avec Sevy, tu es toujours avec lui. Donc tu n’as pas envie de t’incarner complètement dans Rary, voilà tout, expliqua Hermione.
Tout semblait tellement évident lorsqu’elle l’expliquait. C’était un don assez irritant parfois.
- Est-ce que tu sais ce qu’il va advenir de nos « animaux » ?
- Non, mais tu sais ce qui compte ? C’est que tout va bien, fit-elle soulagée.
Harry jeta un bref coup d’oeil à la table des Professeurs où l’alter ego de son petit dragon brillait par son absence et répondit, laconique tout à coup :
- Presque.
Sevy allait parfaitement bien. Donc il en était de même pour Severus. Mais si Severus avait été blessé, torturé même, est-ce que cela se « transmettrait » à Sevy ? Il chassa son angoisse et regarda à nouveau la table des professeurs, car un détail inhabituel avait attiré son attention. Cette fois, il se rendit compte que Hagrid ne le quittait pas des yeux. Le demi géant semblait plus que fasciné par le petit dragon qui avait entreprit de manger une gaufre avec délicatesse et une précision acérée.
- Hermione, il faudra que tu m’aides. On dirait que Hagrid va me demander où j’ai trouvé Sevy.
- Comment ça ?
Elle observa à son tour la table des professeurs et comprit aussitôt : Hagrid et sa passion pour les dragons.
- Ah. Ne t’en fais pas : tu sais bien que Hagrid ne te prendra pas Sevy, qui de toute façon ne se laissera pas faire. Par contre, je te conseille de trouver une bonne histoire pour Sevy : deux dragons nains à Poudlard, pour lui ça signifie que quelqu’un a un élevage quelque part. Je ne pourrais pas t’aider, je te rappelle que je pars ce soir en week-end.
- C’est vrai, je n’avais pas réalisé que c’était le début des vacances.
- D’ailleurs, je ferais bien de te prévenir, avant que Ron et euh Maïs, n’arrivent.
- Comment ça ?
Hermione entreprit d’expliquer la situation à Harry qui dès alors, ne fit plus attention à ce que faisait Sevy.
Or sa gaufre avalée, Sevy reprit son envol, survolant la grande salle au milieu des oh et des ah de quelques élèves attentifs et jaloux. Il se posa à nouveau, mais cette fois sur la table des professeurs, et sagement loin de Hagrid. Au lieu de ça, il se tenait devant Minerva. Puis il avança sur la table, sa queue fouettant l’air tout à coup nerveusement pour heurter la tasse de thé de Minerva : le liquide chaud se renversa sur la table et sur les genoux qui cria de douleur. Mais le petit dragon ne s’arrêta pas et vint tout près d’Albus. Là, il se mit à renifler ostensiblement comme s’il était tout à coup enrhumé.
- A qui est ce dragon ?, murmura Albus sans bien comprendre ce que venait faire l’animal devant lui.
- Harry Potter, répondit Hagrid de sa voix de basse. Ce dragon l’a choisi pour maître, on dirait bien.
- Harry Potter ?, répéta le Directeur les yeux rivés sur le petit dragon.
Ce dernier continuait à renifler tout en regardant autour de lui avec attention. Ses yeux étaient incolores car Sevy cachait avec soin ses émotions, en fidèle alter ego de Severus... Mais ce jour-là Albus portait à nouveau ses lunettes permettant de lire dans les pensées : même si les intentions du petit dragon lui restaient cachées, son identité elle, ne l’était pas.
- Non ? S...
Albus s’interrompit juste à temps. Le petit dragon quant à lui fixait avec une rare intensité la barbe blanche et immaculée du célèbre sorcier. Il renifla à nouveau et avec le plus parfait des hasard - adroitement simulé, cela va de soi - il éternua en crachant du feu sur ladite barbe.
Visiblement puisque Severus tenait à se venger d’un certain nombre de choses, Sevy avait lui décidé de passer à l’action. Le premier à réagir fut Hagrid - l’habitude sans doute des facéties des animaux- qui se saisit d’une théière pour en jeter le contenu bien entendu bouillant sur le directeur. Quelques secondes plus tard l’ensemble des professeurs présents, sauf Hagrid et Trelawney, jetèrent des sortilèges pour arrêter le feu. Le petit dragon infiniment satisfait de lui-même s’élança dans les airs pour aller ronronner sur les épaules de Harry, afin d’échapper à toutes représailles éventuelles. Peu à peu l’agitation se calma sous les regards curieux et surtout hilares des élèves. En effet Albus était trempé et ce qui restait de sa barbe était noirci et racorni. L’odeur qui avait envahi la salle était innommable.
A côté de Harry, Hermione ne fit qu’une seule remarque :
- Si j’avais seulement douté de savoir qui il était, voilà qui achèverait de me convaincre !
Harry ne savait que dire, car Sevy ne semblait absolument pas regretter ce qu’il venait de faire, et se blottissait contre lui avec une certaine satisfaction...
4
Ron était furieux. Le petit déjeuner était le repas le plus important de la journée. Or Blaise sous sa forme de chat le retardait, ce qui était intolérable.
- Tu es pire que Maïs, finit-il par lâcher lorsque Blaise le supplia de l’aider à descendre les escaliers.
- Ce n’est pas faute. Je suis autant victime que toi.
- Non, c’est toi qui as choisi de faire cette potion, je te le rappelle.
- Trois jours, lui rappela Blaise, seulement trois jours. Tu peux bien faire un effort, non ?
- Et toi ?, fut la réponse brutale.
Les escaliers menant aux dortoirs descendus, Ron le laissa presque tomber par terre, et Blaise dut courir après lui pendant un moment. En fait, heureusement que les escaliers de la tour prirent leur temps pour se positionner car Ron était obligé d’attendre. Blaise put reprendre son souffle et lancer une nouvelle pique :
- Je me suis vraiment trompé sur toi. Je pensais que tu aurais un minimum de coeur, de respect pour que ce j’éprouve pour toi.
- Et il ne t’est pas venu à l’esprit que ce que je souhaite à l’instant, c’est que tu me détestes pour que tout cela cesse ?!, cria presque Ron. Je suis aussi perdu que toi, figure-toi ! Tu m’imposes des sentiments, des choix... Et moi ?!
- D’accord, soupira Blaise, d’accord. Je comprends. Mais dis, est-ce que tu peux me porter jusqu’au réfectoire ? Tu le faisais bien pour Maïs... Parce les couloirs font désormais des kilomètres pour moi.
Ron ne répondit pas et se pencha pour l’attraper et le garder au creux de ses mains. Il ne prononça pas un mot jusqu’à ce qu’ils entrent dans la grande salle, peu après l’exploit de Sevy. Il s’assit face à Hermione et Harry, non sans avoir posé Blaise par terre. Là, il sursauta :
- Rary ?! Qu’est-ce que...? Pourquoi.. ?
Il balbutia, avant de réussir à finir sa phrase.
- Qu’est-ce que c’est que... ça ?!
- Sevy, répliqua Harry avec un grand sourire. Pas Rary.
- Non. Ne me dis pas... Ne me dis pas que...
- Si. Et je te préviens, il a mauvais caractère. C’est incroyable ce qu’il peut être susceptible.
- Tu n’avais pas besoin de le préciser ! Il est bien ce que je crois qu’il est ?, demanda Ron incapable d’y croire.
- Je pense que tu devines très bien qui l’a créé, répondit Harry.
- Sevy... Encore un animal magique ? Mais quand est-ce que ça va s’arrêter ?, fit Ron sans pouvoir contenir son amertume.
Nda - Il y a encore un qui va apparaître, à la toute fin de la fic.
- Ron !, reprocha Hermione. Si Sevy n’était pas apparu, Harry aurait pu... Il aurait pu disparaître.
Elle prononça ces derniers mots très doucement.
- Je sais, fit Ron en manière d’excuse, je ne voulais pas dire ça, comme ça. En fait, je crois que j’ai été surpris.
- Hermione m’a parlé de Maïs, Ron. Je suis désolé de ne pas avoir été là.
- Ne t’en fais pas pour ça, Harry. Ce que tu avais à faire était plus important, fit Ron en grimaçant.
Il était arrivé trop tard et il n’y avait plus de gaufres, or il adorait ça. Il eût une nouvelle bouffée de colère contre Blaise. Il attrapa la dernière assiette de toasts et se servit copieusement. Il reprit après quelques bouchées voraces pour calmer son estomac affamé :
- Tout va bien alors, entre lui et toi ?
- Ce n’est pas si simple, soupira Harry. Tu vois, il n’est pas là, parce qu’il avait reçu une convocation, expliqua-t-il à demi-mot.
- Il va bien, regarde Sevy, il est en pleine forme. Ce qui n’est pas le cas de tout le monde, précisa Hermione en observant la table des professeurs.
- Qu’est-ce qui s’est passé ?
Ron avait parlé la bouche pleine.
- Sevy a éternué en crachant du feu sur la barbe d’Albus.
Le rouquin cessa de mastiquer :
- C’est une blague ?
- Tu connais son créateur, est-ce que ça t’étonne ?
- Hermione !
- Harry, il n’a pas un caractère facile et ce n’est pas toi, avec toutes les heures de retenue que tu as dû faire, qui diras le contraire, non ? J’imagine qu’il devait vraiment en vouloir à Albus, ajouta-t-elle pensive.
- Et tu as pensé qu’il a très bien pu éternuer pour de vrai ?
- Pas un instant. Regarde-le, il ne renifle même pas !
- Ne vous disputez pas, fit Ron. Ce n’est pas le moment.
Il sursauta au même instant lorsqu’un coup de griffe bien placé lui rappela que Blaise avait faim. Ron soupira puis se pencha pour prendre le chat et le poser sur la table. Harry le regarda avec une franche curiosité :
- Alors c’est...
- Eh oui.
- Et, euh, son alter ego ?
Hermione qui avait vu Draco avant le petit déjeuner, répondit à sa place :
- Draco le gère, avec « l’aide » de Crabbe et de Goyle. Il est intenable d’après ce que j’ai compris. Par conséquent, « Blaise » va officiellement manquer un jour de cours. Et Draco aussi : apparemment « Blaise » est vraiment très déterminé à rejoindre son maître, donc il est impossible de le laisser seul, expliqua-t-elle à mots couverts.
Sean qui écoutait d’une oreille distraite les conversations ambiantes, car Katy parlait stratégie de Quidditch avec animation, intervint tout à coup :
- Ron, c’est bizarre, ton chat paraît différent aujourd’hui.
Brusque silence tendu de la part de Harry, Hermione et Ron, jusqu’à ce dernier se décide à répondre :
- Tu dois te tromper, c’est exactement le même.
- Je ne sais pas, il a quelque de différent, insista Sean. Je le trouvais plus câlin. Et plus vorace aussi... Ou alors c’est que tu le câlinais beaucoup, je ne sais pas.
Ron écarta Blaise-chat pour éviter qu’il ne remarque ses yeux gris d’humain qui ne changeaient pas couleur.
- Tu te trompes, je t’assure. Tiens essaye de m’attraper l’assiette de gaufres là-bas, lui demanda Ron pour détourner son attention.
Le jeune homme s’exécuta et Ron entreprit de relancer Katy sur le prochain match histoire de distraire Sean. De leur côté, Harry fit à Hermione :
- Alors tu pars ce soir.
- Oui on doit transplaner ensemble. Je serai là lundi. Tu ne seras pas seul : Ron m’a dit qu’il restait à Poudlard pour les fêtes. Comme ça on fêtera notre dernier Noël à Poudlard tous les trois, c’est parfait, se réjouit-elle.
Mais Harry, qui la connaissait bien, devina qu’elle dissimulait quelque chose. Sans doute était-ce en rapport avec Malfoy ; après tout leur relation était dangereuse : si jamais le père de Malfoy apprenait avec qui était son fils... Avait-il été si obnubilé par ses problèmes qu’il avait négligé sa meilleure amie ? Harry se sentit brusquement mal.
- Weasley, je crois qu’il va falloir qu’on parle, fit Draco en s’approchant de leur table. J’ai un gros problème, si tu vois ce que je veux dire, et je ne suis pas là ce week-end, donc ce serait bien si tu pouvais t’en occuper.
Draco aurait préféré être moins abrupt mais il n’avait pas dormi de la nuit. Il avait bien vu la réaction de malaise de Blaise lorsqu’il avait stupefixié son alter ego alors il avait préféré attacher Maïs, mais le chat-garou avait les dents assez aiguisées pour ronger ses liens... Pour éviter les questions de Crabbe et Goyle, Draco leur avait expliqué que Blaise était sous le coup d’un sortilège expérimenta et que cela devait rester secret.
- Tu parles de ça ?, répliqua Ron avec un geste en direction de Blaise-chat qui grignotait un toast recouvert de nutella sans pouvoir réprimer un ronronnement stupide.
Blaise découvrait qu’il détestait ronronner - il n’y avait rien de plus stupide et de plus incontrôlable que ça -, qu’il détestait quémander des caresses alors qu’il en ressentait un besoin vital. Ses instincts prenaient le pas sur sa raison, et c’était abominable. En temps normal, il contrôlait fermement ses émotions, or là, c’était ses émotions qui le faisaient agir. Un cauchemar pour un Serpentard.
- Exactement.
- Tu pourrais demander à ton chef de maison, suggéra doucement Harry. Sans ça, je ne vois pas du tout comment faire. Nous sommes obligés de rester dans notre dortoir, or on ne peut pas y emmener Blaise...
- Le Professeur Snape n’est pas là ce matin, murmura Draco en se penchant vers Harry.
- Je le sais. Mais je sais aussi qu’il va bien, fit Harry en désignant le petit dragon noir sur ses épaules.
Draco écarquilla les yeux devinant ce qu’était l’animal en question.
- On est envahi, si je comprends bien, commenta-t-il.
- Et il a brûlé la barbe de Dumbledore, l’informa Hermione avec une pointe d’acidité.
- Ca ne m’étonne pas de lui, marmonna le jeune Serpentard avant d’ajouter plus haut à l’attention d’Hermione. On transplane ce soir après le dîner ?
Ce n’était que la troisième fois de la matinée qu’il le lui demandait. Il ne l’aurait admis pour rien au moins, mais il était persuadé que quelque chose - n’importe quoi - allait l’empêcher de partir, de choisir la vie qu’il voulait mener. Et il avait peur de ce qu’il allait devoir affronter pour cela.
- Mes bagages sont déjà prêts, l’assura Hermione avec un sourire pour la troisième fois.
Elle était curieuse de savoir pourquoi cette escapade à deux était si importante pour lui. Même si elle en avait une petite idée...
5
Harry choisit de ne pas aller en cours. Il voulait être là lorsque Severus reviendrait. Il voulait être là lorsque les deux petits dragons se feraient face. Alors il demanda à Malfoy de le faire entrer dans les appartements de Severus, puis se rendormit sagement.
Ce fut ainsi que Severus le découvrit. Il s’y attendait à moitié, et l’espérait de toute façon. Il avait vécu sa vie en essayant d’assumer ses choix. Or Harry était certainement le plus douloureux, le plus lourd d’entre eux à assumer. Et en même temps, sans doute le plus merveilleux.
Il se pencha et caressa du bout des doigts le visage du dormeur qui frémit. Ses paupières papillonnèrent puis s’ouvrirent, dévoilant des yeux toujours aussi verts. Il y avait quelque chose dans son regard d’intense, d’émouvant et qui serra à cet instant le coeur de Severus comme jamais :
- Tu pensais que je ne reviendrais pas, murmura-t-il.
- J’ai vu tes cicatrices, répondit Harry. J’ai vu combien il t’a blessé, alors je craignais que tu ne le sois encore cette nuit. Et que tu ne veuilles plus de moi.
Severus secoua la tête et s’assit sur le lit.
- De toute façon ce qui se passe entre lui et moi n’aura aucune influence sur nous. Je n’ai pas changé d’avis, tu sais.
Le petit dragon noir, lui aussi réveillé, vint sur les épaules du jeune homme, pour s’y agripper, toujours possessif.
- Et lui non plus, ajouta-t-il avec un mince sourire.
Harry s’assit lentement et prit ses lunettes sur la table de nuit :
- C’est la première fois que je te voie souri...
Un baiser atterrit sur ses lèvres.
- Chut, fit Severus avant de l’embrasser à nouveau.
Il l’attira pour le serrer dans ses bras. Et lorsque le baiser prit fin, ils restèrent enlacés, savourant ce moment qui n’exigeait rien, ce moment où ils pouvaient simplement être ensemble. Harry soupira, sentant ses craintes s’apaiser : non, Severus n’allait pas le rejeter encore. Pas avec Sevy et Rary.
- Raconte-moi, dit-il enfin.
Severus n’eut pas même pas l’idée de demander à quoi il faisait allusion :
- Je ne suis pas resté longtemps. Il voulait me voir à propos de Draco. Et de Rary, car certains élèves ont dû en parler.
- Alors dis-moi, si ta « visite » n’a pas duré longtemps, pourquoi n’es-tu pas rentré plus tôt ?
- Je voulais réfléchir. Encore un peu. Je n’ai pas eu souvent de « nous » dans ma vie. Surtout avec quelqu’un qui comptait autant pour moi, avoua-t-il presque pudique.
Harry pencha la tête, réfléchissant un instant avant de dire :
- Hermione... j’ai l’impression qu’elle est inquiète, mais j’ignore pourquoi.
Le visage de Severus se fit aussitôt plus sombre.
- Elle a raison. Draco va être obligé de choisir son camp, et très vite. Je ne sais pas ce qui va se passer. Mais ce n’est pas le plus grave : le Seigneur des Ténèbres se pose des questions sur Rary. Il sait que c’est une espèce très rare. Et la situation va devenir plus dangereuse quand il saura pour...
- Sevy, compléta Harry.
- C’est un maître en sortilège et potions. Il est probable qu’il devine assez vite ce que représentent ces deux dragons. Dans peu de temps, il saura que le dragon doré, c’est toi.
- Et si je le tue ?, murmura Harry après un silence.
- Et si tu meurs ?
- On n’a jamais rien sans rien, déclara Harry avec une maturité surprenante. Surtout pour les choses importantes.
Severus ne sut que dire, ému par la réaction de Harry prêt à tout pour être avec lui... Sevy s’était envolé pour se laisser tomber sur l’oreiller moelleux où dormait Harry, un peu plus tôt. Rary avait fait de même mais avec un autre oreiller : ils semblaient curieusement indifférents l’un à l’autre, comme si chacun ne pouvait avoir qu’un seul centre d’intérêt, Harry pour Sevy, et Severus pour Rary, en accord avec le coeur de leurs alter ego humains. C’était vraiment étrange, car ils ne réagissaient absolument pas comme des animaux... D’ailleurs ils ne dormirent jamais ensemble.
- Ne t’inquiètes pas pour ça. Il y a plus important : nous, fit Harry en venant enfin à l’essentiel.
Un simple petit mot qui résumait tout.
- Nous, répéta Severus.
Un mot qu’il n’avait pas dit depuis longtemps. Il dit enfin :
- Il te reste six mois d’école. Il nous suffit de rester discrets pour être ensemble et après... on avisera.
Six mois passeraient vite, il en était persuadé.
- Tu crois que notre relation va durer aussi longtemps ?
Severus lui prit les mains pour les tenir entre les siennes. Fermement.
- Comment oses-tu en douter ? En tout cas, il faudra aussitôt informer Albus de ce qui se passe entre nous.
- Oh il le sait déjà. Et je crois même qu’il l’approuve, ajouta Harry après réflexion.
- Comment ça ?, dit Severus assez surpris.
- C’est lui qui m’a conseillé de faire en sorte de t’offrir Rary...
- Un jour, je saurais comment il fait pour tout savoir comme ça !
- Et comment sais-tu que notre relation va durer ?, insista le jeune homme. Après tout, tu as mis du temps à accepter mes sentiments.
- Parce que tu t’es battu pour moi. Parce que tu étais prêt à disparaître pour être avec moi. Personne n’a jamais fait ça pour moi, tu sais. Et je ne savais pas, je n’imaginais pas que toi, tu puisses m’offrir cela. Je ne pouvais pas y croire, tu comprends, expliqua Severus tout bas, car si j’y croyais et que c’était finalement un leurre, je ne suis pas certain que je m’en serais remis. Enfin, peut-être que j’exagère, ajouta-t-il comme pour rattraper ces derniers mots douloureux.
- Peut-être pas, corrigea Harry. Après tout, tu aurais continué à me rejeter, je ne sais pas ce que j’aurai fait. Alors je comprends.
- Disons que j’ai du mal à croire ce qui nous arriv...
Cette fois Harry prit l’initiative de l’embrasser.
- Pas moi, Severus.
- Dis-le encore.
- Pas moi ?
- Non, mon prénom.
- Severus ?
Deux lèvres se posèrent à nouveau sur les siennes, plus exigeantes.
- J’aime ta façon de le prononcer, doucement. J’aime, oh oui...
Il le serra encore contre lui, avant de l’embrasser encore, de laisser ses mains caresser le dos du jeune homme, les retenant d’aller ailleurs malgré l’envie qui le saisit soudain. Severus s’écarta à regret : le lit sur lequel ils se trouvaient suggérait bien des choses, mais trop vite. Bien trop vite.
- Quoi ?, demanda Harry qui n’avait pas compris le geste de recul de Severus.
- Je ne veux pas aller vite. Pas comme dans notre rêve. Et puis je ne sais pas comment nous allons faire, à l’école, ajouta-t-il.
- Tu sais combien il y a d’élèves qui sortent ensemble, dorment ensemble sans se faire prendre par Rusard ? Je ne parle même pas de la salle sur Demande, des placards cachés ou des chambres secrètes. Or toi, tu as un appartement.
- Harry, je ne veux pas de voir comme ça. Je veux passer du temps avec toi, discuter, ce genre de choses. Manger ensemble par exemple.
- Tu as un appartement, insista Harry qui ne comprenait pas. On peut facilement installer une table dans ton salon, je pense.
- Et que diront les professeurs et les élèves si nous sommes tous les deux absents des repas ? Les deux possesseurs de dragons ?
- Je m’en fiche, répondit franchement Harry. Je n’ai toujours eu que faire sur ce qu’on disait de moi. Rappelle-toi quand je parlais de son retour et que personne ne me croyait pendant ma cinquième année ? Du moment que j’ai les personnes que j’aime autour de moi, dis-moi pourquoi le reste aurait une importance ?
Severus ne sut que répondre : il le prit à nouveau contre lui pour s’allonger sur le lit et le garder contre son coeur.
- Tu me gardes ou tu vas encore me lâcher ?
- De quoi est-ce que tu parles ?
- Depuis qu’on discute, tu passes ton temps à me serrer contre toi pour t’écarter après, lui fit remarquer Harry avec amusement.
Le jeune homme était couché sur lui, sa tête posée contre son torse.
- Je... C’est parce que tout ce que tu me dis, me touche tellement. Alors j’ai envie de te toucher, comme pour vérifier que tout est bien réel. Je...
- Et tu as envie de moi, ajouta Harry. Moi aussi.
L’air parut se faire plus lourd, plus sensuel à ces simples mots.
- Je sais, murmura Severus. Oh oui, je sais. Mais je refuse d’aller trop vite, répéta-t-il.
- Comme dans notre rêve...
Harry releva la tête pour le regarder :
- Ca me convient. Je peux attendre.
Severus lui sourit :
- Je veux prendre le temps d’être avec toi, d’écouter tes soupirs, d’apprivoiser ton désir. De flirter.
A ces mots, il glissa une main entre eux pour effleurer Harry qui soupira aussitôt. Il posa sa main libre sur la nuque du jeune homme pour l’embrasser. Severus le sentit réagir avec une sensibilité exacerbée par l’attente. Après quelques difficultés, sa main ouvrit le pantalon de son futur amant pour le caresser de façon plus intime.
- Aaah, haleta Harry instantanément.
Cette fois il voulut s’écarter mais son désir longtemps réprimé le trahit et il jouit contre Severus qui ne cessa pas son baiser.
- Pourquoi, balbutia Harry bouleversé. Pourquoi comme ça ?
- Parce que je te désire trop, que tu me désires trop. Or tu n’as jamais couché avec quelqu’un et ne parles pas de ce rêve ! C’est trop intense entre nous pour sauter le cap en une seule fois, ce serait une catastrophe : il y a la douleur et je risque de ne pas pouvoir attendre que tu sois prêt ou inversement. Je te l’ai dit, je veux apprivoiser ton désir, tes sensations. Je veux prendre le temps pour que ce soit bien.
Harry resta contre lui, écoutant son coeur se calmer, savourant la langueur qui l’emportait.
- Pour que ce soit vrai, il faut que ça marche dans les deux sens, dit-il enfin.
Il se décala un peu pour pouvoir mettre sa main là où il le souhaitait.
- Je...
- Ne dis rien, murmura Harry en ouvrant son pantalon pour lui rendre caresse pour caresse.
- Tu es maladroit, commenta Severus pour essayer de se contrôler, de se retenir au moins autant que lui.
Mais en vain, il ne put retenir un léger gémissement. Si longtemps, trop longtemps oui.
- Pas tant que ça, on dirait.
Severus le fit rouler contre lui sur le lit.
- Tu joues avec le feu, gémit-il avant qu’un ultime mouvement ne l’emporte dans un râle.
- Et je découvre que j’aime ça, répondit Harry sous lui.
Les dragons quant à eux dormaient. Severus devait le découvrir par la suite, mais lorsque Harry et lui s’embrassaient - ou se caressaient - les dragons semblaient inexplicablement pris par un sommeil incontrôlable...
6
Ron s’assit avec un soupir de soulagement sur son lit. Cette abominable journée touchait à sa fin.
D’abord, Harry l’avait abandonné. Bon d’accord, son ami avait certainement des choses à éclaircir avec Snape, mais ce n’était pas une raison ! Conclusion, il avait du passer la journée avec Blaise sous sa forme de chat, qui fouinait partout, murmurait des questions indiscrètes, comme s’il était avide de tout découvrir sur l’intimité du rouquin. Or Ron considérait que son intimité, c’était sacré. Personne n’avait besoin de savoir quel était son livre de chevet du moment, qu’il avait sa réserve personnelle de cookies dans sa table de nuit ou bien qu’il dormait avec sa vieille peluche : un petit tigre avec un sortilège de rugissement bien usé.
Bref la simple pensée qu’il avait encore deux jours à supporter Blaise lui donnait envie de le saisir par la peau du cou et de l’envoyer dix mètres plus loin. Tentation certes passagère, mais qui était telle une démangeaison persistante. En temps normal, lorsqu’il fermait les rideaux de son lit, il se coupait du monde pour entrer dans le sien. Même Maïs ne le perturbait pas autant.
- Tu te couches tôt, dis donc !, releva Blaise en sautant sur le matelas.
Il n’arrivait pas à se faire à tout ce rouge et or, à ces fenêtres partout, à cette ambiance presque bon enfant entre les élèves de la tour de Gryffondor. Personne ne se comportait comme ça à Serpentard. Les messes basses étaient habituelles, et il y avait toutes les chances d’être l’objet de la conversation. Ce n’était que médisances, cancans, avec le risque que tout cela ne remonte bien plus tôt, au Seigneur des Ténèbres. Tout était possible.
- Tais-toi un peu, maugréa Ron, en se glissant dans son lit, tiédi par un simple sortilège.
Les hivers à Poudlard étaient devenus beaucoup plus supportables lorsqu’il avait appris ce sort.
- Tu n’as pas voulu me parler de la journée.
- Mais bien sûr, il est tout normal d’avoir une discussion sensée avec un chat, ironisa Ron.
Blaise s’assit sur le lit et le fixa de ses yeux gris un moment. Ron se sentit mal à l’aise, et plus encore, lorsque le chat au regard si humain laissa tomber :
- Quoi que je fasse, tu ne m’aimeras pas.
Le rouquin soupira :
- Ca ne se commande pas, tu le sais bien. Tu es tombé amoureux de moi, mais tu ne me connaissais même pas. Nous n’avons jamais parlé ensemble, tu ne sais pas ce que j’aime...
-... les gaufres, glissa Blaise.
-... ni ce que je déteste.
- ... les serpentards ?
- Arrête ça. Tu ne me connais pas, asséna fermement Ron.
- Mais justement, cette potion permet de connaître la personne que l’on aime. Et ça a été le cas. Tu as toujours été gentil avec Maïs, enfin sauf quand tu le caressais pour me chatouiller, mais bon... j’ai appris à te connaître. Assez pour savoir que je voulais être avec toi.
Il y avait quelque chose d’émouvant dans son attitude et sa voix aigrelette. Ron le considérait sans savoir que dire. Il n’avait jamais été dans sa nature d’être méchant ou cruel et il ne comptait pas l’être avec Blaise.
- Mais pas moi, Blaise, dit-il simplement. Et s’imposer à quelqu’un n’est pas la meilleure façon de commencer une relation.
S’il avait été dans son corps, Blaise aurait pâli et déglutit péniblement. Car ces mots-là, dits avec douceur, étaient les pires qu’il ait entendus de la bouche du jeune homme. Sans doute parce que c’était vrai.
- Quand on est désespéré..., commença Blaise sans finir.
- Blaise, mais pourquoi le serais-tu ?, fit Ron sans comprendre.
- Ron, j’ai passé sept ans ou presque à Poudlard. J’ai vu le pire parmi les élèves de Serpentard et j’ai envié Potter d’avoir un ami aussi fidèle que toi. Alors j’ai pris l’habitude t’observer, de remarquer des choses. Et j’ai voulu avoir un ami comme toi. Ca a commencé comme ça, tu vois.
Ron l’écoutait sans rien dire, conscient qu’enfin Blaise lui dévoilait son coeur après de multiples pirouettes.
- Et puis au fur et à mesure des années, je ne sais pas quand, ça a changé. Surtout à la rentrée en septembre, quand j’ai réalisé que c’était la dernière fois, la dernière année que nous étions ensemble. Je refusais cela. Alors j’ai voulu faire quelque chose, n’importe quoi pour qu’on se rapproche, peu importe comment. Tout valait mieux que ce rien entre nous.
- Et... V... Voldemort ?, demanda Ron.
- Cela ne m’intéresse pas. Je vais sans doute avoir les pires ennuis avec ma famille, mais c’est comme ça. Etre esclave ne m’a jamais attiré, conclut-il.
Ron hocha la tête, comprenant sans peine.
- Voici ce que je te propose. Une fois que la pleine lune sera passée, que tu seras redevenu comme avant, viens me voir. J’ai envie de connaître ce Serpentard qui n’est pas comme les autres.
Et Ron lui tendit la main. Alors Blaise s’approcha et y posa sa patte.
- Et en attendant, arrête d’être aussi bavard.
- Je vais essayer.
Silence. Très bref, hélas.
- Dis, c’est quoi le livre sous ton oreiller ? Eh mais c’est la collection Harlequin Sorcier !
Ron se laissa tomber en arrière sur son lit en fermant les yeux : plus que deux jours à tenir, seulement deux jours.
7
- On y va ?
Draco avait posé leurs sacs dans le Hall d’entrée de Poudlard, et attendait Hermione : ils devaient sortir de Poudlard pour transplaner. Or il s’était remis à neiger. S’éloigner du château n’allait pas être une partie de plaisir.
- Tu sais où est Harry ? Je voudrais lui dire au revoir et...
- Il est avec Severus, ne t’inquiète pas. Tout se passe bien entre Blaise et Weasley ?
- Il ne l’a pas encore étranglé, si tu veux savoir, répondit Hermione.
Elle ferma avec soin son manteau avant de mettre son bonnet.
- Tu es toute mignonne comme ça, fit Draco.
- Merci. Tu ferais bien de faire pareil, il neige beaucoup.
Draco ajusta simplement son écharpe d’un beau vert Serpentard.
- On y va ?, répéta-t-il avec impatience en prenant leurs deux sacs de voyage.
La jeune femme aux boucles folles lui sourit tendrement :
- Pourquoi es-tu si pressé ?
- Parce que je suis heureux de partir avec toi. Parce que c’est la première fois que je fais quelque chose d’aussi fou. Parce que c’est toi qui transplanes. Et avec la neige, un passager des bagages, ça risque de ne pas être évident, alors je préférais que ce soit déjà fini, plaisanta-t-il tout à coup nerveux.
- C’est l’équivalent d’une femme au volant, si je comprends bien !, soupira Hermione avec bonne humeur.
- Pardon ? Quel volant ?
- Laisse tomber. Fais-moi confiance, Draco.
Elle ouvrit la porte de l’école pour sortir dans la nuit glacée, et il la suivit sans hésiter. Ils marchèrent pendant plusieurs minutes, avant de franchir enfin les murs de Poudlard. S’ils avaient choisi de partir après le dîner, c’était en espérant qu’aucun Mangemort n’attendrait dans le froid et qu’ils pourraient s’éclipser discrètement. Avec l’obscurité et les flocons qui tombaient en abondance, on n’y voyait pas à trois mètres.
- Allons-y !, fit Hermione en lui tendant la main.
Draco s’approcha d’elle pour la serrer dans ses bras, pour être sûr de ne pas la lâcher. Jamais.
Ils atterrirent en douceur sur une épaisse couche de poudreuse quelques instants plus tard. L’air était différent : plus vif et plus piquant. Un air d’altitude. Et surtout il ne neigeait plus. La pleine lune brillait, comme toutes les étoiles.
- C’est beau, laissa échapper Draco.
Il ne parlait pas vraiment du ciel. Mais sans doute de son premier moment de liberté depuis bien longtemps. Il avait l’étrange impression que tout lui paraissait meilleur. Parfait. Il laissa tomber les sacs dans la neige et attira la jeune fille vers lui pour lui dire, droit dans les yeux :
- Merci d’être là avec moi.
- Eh bien, c’est que nous avions prévu ?, fit Hermione sans comprendre.
Il la serra plus fort contre lui sans rien ajouter. Il avait tout le temps pendant ce week-end, de lui expliquer.
- Allons nous mettre au chaud, murmura-t-elle.
Elle avait deviné que Draco était ému, et elle espérait qu’il lui parlerait.
L’histoire a bien avancé, non ? Il doit me rester trois gros chapitres environ, pour finir toutes les relations, le devenir de Draco, des dragons, de Maïs, et l’intervention de Voldy. Je prévois aussi un épilogue. La suite sera donc moins drôle en raison de Voldemort, alors j’espère que vous aimerez.
Une petite review pour me dire comment était ce chapitre ? Merci d’être toujours là à me soutenir, c’est vraiment génial !