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Author of 9 Stories |
Protecteur 07
Par Anyssia
12/11/2004
Disclaimer : Les personnages et le contexte sont la propriété originale de J.K. Rowling. Cette variante du scénario par contre m'appartient entièrement. Je ne reçois pas d'argent sur ce travail.
Chapitre 07 : Boucherie
Hogwarts, 1995, trois mois et demi après l'Erreur
Une nouvelle explosion se fit entendre et un cratère de plus apparut dans le sol jonché de corps du parc de Hogwarts. Hermione Granger cria sous le choc, un long cri terrorisé, qui se mua en cri de rage à la vue du corps mutilé d'un élève de première année qui s'était trouvé trop près de l'impact.
Ronald Weasley tenta vainement de la rattraper, mais elle se faufila entre ses doigts comme une anguille, la fureur l'emportant sur la terreur. Elle s'élança à nouveau dans la bataille, sa baguette vibrant sous l'assaut de puissance, les sorts les plus puissants se bousculant à ses lèvres.
Surmontant son instinct, le jeune homme bondit à sa suite, un hurlement rauque de rage dévastatrice s'échappant de sa gorge. Après un instant de flottement des deux côtés des combattants, Dumbledore se redressa comme son corps blessé le pouvait encore et, de la troupe subitement galvanisée, s'éleva une clameur sauvage, avant qu'elle ne reparte à l'assaut avec ardeur.
Les élèves de Hogwarts, en dernière ligne, tentaient tant bien que mal de seconder l'infirmière Pomfrey, soignant les blessés, tout en contenant le plus possible les Death-eaters qui assaillaient les Aurors appelés en renfort.
En première ligne, les membres de l'Ordre du Phénix. Tous, couverts de sang et de blessures, faisant face aux favoris de Voldemort. Au centre du groupe, Harry Potter. Harry Potter, protégé, barricadé derrière les combattants, en attente d'une ouverture le permettant d'atteindre le Lord Noir.
Sur la droite, le traître Severus Snape, entamant un duel avec Lucius Malfoy, responsable de la destruction de sa couverture d'espion. Responsable également des cicatrices supplémentaires qui parsemaient son corps suite aux tortures inventives du bras droit de Celui-dont-il-ne-faut-pas-prononcer-le-nom.
Un coup d'œil vers le Survivant faillit lui coûter la moitié du visage via un nouveau sort du blond.
Ces derniers mois avaient passé dans un brouillard dense qui ne lui laissait que peu de souvenirs palpables…
De l'indifférence, douloureuse, de chaque côté durant les quelques moments où ils se retrouvèrent en présence l'un de l'autre. Ou du moins, de vaines tentatives de supporter la présence et le regard de l'autre tout en résistant à la tentation de se réfugier entre ses bras.
…
La douleur de la marque de l'infamie qu'il portait sur son bras et qui l'appelait auprès de son « Maître ».
La stupeur face au visage grimaçant de Lucius, lequel offrait à l'Héritier de Slytherin les preuves de la trahison de leur fabriquant de Potions et surveillant de Dumbledore.
La douleur à nouveau, mais cette fois plus puissante, plus présente, tandis que Voldemort offrait à Lucius le plaisir du premier Doloris.
L'enfer, alors qu'ils se relayaient, tous, les uns après les autres, qui avec des sorts, qui avec des armes. Ou encore juste leur corps.
La torture mentale, le cachot funeste et sans la moindre lumière, sans repères, ni de lieu, ni de temps.
L'espoir, mince fil relié à deux yeux verts lumineux.
Le temps et encore le temps.
…
Et enfin, l'éblouissement. La brûlure de la lumière à ses yeux, précédant la chevelure châtain du loup-garou qui avait failli le tuer durant son adolescence.
La gratitude de l'évasion. Discrète, subtile mais efficace.
Finalement, le retour au point de départ. Sans conscience des derniers événements, des deux derniers mois emprisonné.
Puis le coma.
Long. Si long pour certaines personnes. Le désespoir de la veille, les insomnies au chevet.
Et le raz-de-marée de soulagement lorsque les paupières bougent et les doigts remuent. Puis les larmes de joies embuant ses lunettes, face au sourire apaisé quand leurs yeux se croisent.
Un mois à retenir son souffle face au sommeil artificiel avant d'être repoussé, effacé de cette convalescence passée sous silence, tandis que les journaux déclarent la guerre ouverte.
Severus tenta d'ignorer ces réminiscences mal venues, se concentrant sur le combat. Malgré tous les efforts de Lucius, il avait toujours été plus doué que lui pour les duels. Il était d'ailleurs l'un des meilleurs de sa génération. Malheureusement, les rappels des tortures étaient encore présents dans son corps, offrant l'avantage au Death-eater déchaîné.
Il serra les dents, dédaignant les hurlements de sa chair malmenée et de son ennemi hystérique.
Des sorts fusèrent de toute part, jusqu'à ce qu'ils ne sachent plus qui lançait quoi. Puis l'avantage… Quoi qu'il fasse, il perdrait éternellement face à Lucius Malfoy.
Severus baissa ses paupières et sa baguette, déclarant forfait face à l'ultime sort qui fusait dans sa direction.
Mais, malgré la précision du tir et la volonté du lanceur, la vague de magie n'atteignit jamais le Maître des Potions.
Un hurlement de panique retentit parmi les bruits de la bataille, avant qu'un corps chaud ne le percute de plein fouet, le propulsant à plusieurs mètres de là, hors de la trajectoire mortelle.
Severus se redressa, insensible à la douleur des blessures fraîches ajoutée à celles des rouvertes. Il força ses yeux à se focaliser sur un point précis, sa vue s'ajustant petit à petit à la scène d'horreur qui l'entourait.
Brusquement, son cœur rata un battement. Devant lui, le visage déformé par la haine, Harry se dressait face à Lucius, tout son corps à nouveau entouré par l'aura de puissance qu'il avait déjà dégagé contre les Marauders vingt ans auparavant.
Mais cette fois, décuplée. La magie ambiante provoquait des étincelles dans l'air autour de lui et ses cheveux se soulevaient, mû par l'électricité statique.
Un ricanement sarcastique s'éleva dans les airs, prouvant que le grand Malfoy ne comptait pas se laisser intimider par un Potter, et surtout pas par celui-là. Mais, plus choquant encore, un rire sardonique et vicieux lui répondit, tout droit sorti de la gorge du « Survivant », Saint Potter.
Et avant que qui que ce soit n'ait eu le temps d'esquisser un geste, Potter leva sa baguette et énonça calmement et presque froidement un Avada Kedavra mortel. La lumière verte fusa, première de la journée, brisant le tabou que semblaient avoir ridiculement imposé les combattants des deux camps.
Le corps sans vie aux grands yeux gris ouverts retomba sur le sol, le visage effaré figé dans l'éternité de la mort.
Lentement, le silence s'étendit sur le terrain, chaque camp prononçant une trêve tacite et incrédule, tandis que le jeune meurtrier parcourait l'assemblée d'un regard brûlant de puissance.
Il trouva finalement celui qu'il cherchait, debout, raide dans son attitude de maître du monde, à quelques mètres de lui.
Il s'approcha calmement, saluant Lord Voldemort d'un léger signe de tête avant de se positionner face à lui, prenant la pose règlementaire des duels. Après quelques instants, Tom Marvolo Riddle leva à son tour sa baguette, achevant le salut.
Le temps sembla soudainement se ralentir jusqu'à l'arrêt complet tandis que les sorciers de tout bords retenaient inconsciemment leur souffle.
La suite se passa avec la rapidité d'une lenteur paralysante. Et aucune personne présente ne pu jamais reconstruire l'historique des sorts de cette bataille, pas même son survivant.
Puis, brusquement, plus un mouvement. Les deux protagonistes étaient toujours debout, leurs baguettes à demi levée, le visage crispé à mi-chemin entre l'horreur et la jubilation. Et, doucement, sans à-coup, Tom Riddle glissa mollement au sol, son cadavre s'effondrant pitoyablement dans la boue du champ de bataille.
Harry se redressa, et se tourna vers ses spectateurs, son masque d'insensibilité et de cruauté toujours présent, malgré un léger boitillement et un corps trop rigide pour être en parfaite condition.
Il plongea brutalement les billes du vert glacial de ses yeux dans ceux des Death-eaters restants, sans prononcer un seul mot.
Les réactions ne se firent pas attendre. Sans même se concerter, les hommes en noir lâchèrent leur baguette, les uns après les autres. Un instant de flottement suivit cette reddition, mais bien vite les Aurors se jetèrent sur eux, les entravant sans ménagement.
L'air explosa soudain sous la pression de dizaines de cris de joie enfantins, les élèves se jetant dans les bras les uns des autres, pleurant et riant tout à la fois. Certains restaient hébétés, ne comprenant pas que le cauchemar était terminé avant que leurs camarades ne les entraînent dans leur farandole pour la victoire.
Les adultes, aussi incrédules que les adolescents, échangeaient de timides sourires entre eux, puis rirent quand, dans un accès de bonheur pur, Hermione se jeta au cou de Ron pour l'embrasser sauvagement.
La jeune fille le relâcha doucement, les larmes coulant jusqu'à son sourire radieux. Le Gryffindor la regarda quelques instants avant de la serrer tendrement dans ses bras, fermant les yeux pour mieux savourer cet instant de paix.
Lorsqu'il se décida enfin à la relâcher, ce fut pour rechercher Harry, pressé de partager son euphorie avec lui.
Pourtant, son sourire se figea légèrement quand il découvrit que le jeune homme n'avait pas bougé d'un cheveu. Seul son visage semblait différent, plus doux, bienveillant… Protecteur. Et surtout, ses yeux dirigés vers une silhouette à moitié étendue au sol, à quelques mètres de là.
Harry ne pouvait empêcher les coins de sa bouche de se relever, le soulagement menaçant de faire exploser son cœur, tandis qu'il retrouvait la personne qu'il aimait, saine et sauve. Il resserra la main sur sa baguette, tentant vainement de lutter contre le tremblement de ses mains et contre les larmes, dues à la retombée du stress, qui filaient le long de ses joues.
Dans tout cela, son regard n'avait toujours pas quitté Severus. Il ne… Pouvait pas. Pas après la panique qui avait envahi son cœur lorsqu'il l'avait vu sur le point de se faire tuer.
Au même instant, alors qu'il était toujours plongé dans ses pensées, un mouvement de l'homme assis attira son attention. Il concentra son regard sur lui, oubliant la pesante présence des survivants autour d'eux, leurs baguettes prêtes à entrer en action. Oubliant les corps sans vie qui les cernaient. Oubliant le décor. Juste Severus.
Severus et son expression vide, indéchiffrable. Une nouvelle peur s'infiltra jusqu'au cœur de Harry, apportant avec elle son lot de questions quant à la réaction de l'ancien Death-eater.
L'homme se releva péniblement, fixant toujours le jeune homme aux yeux verts, avant de se diriger vers lui, butant contre des obstacles indéfinis sans y prendre garde, toute son attention focalisée sur l'être incertain qui se tenait à quelques mètres de lui.
Les témoins de la scène, inquiets, relevèrent leur baguette, prêts à défendre le garçon au moindre geste déplacé. Pourtant, le manque de réaction évident du jeune homme, son corps tendu en attente de quelque chose, les empêchait d'agir dès maintenant, sans qu'ils ne sachent réellement pourquoi.
L'homme stoppa finalement devant Harry, sans un mot, ses yeux caressant tendrement le visage chaleureux du jeune homme.
Il fit encore un pas. Puis un autre, jusqu'à presque venir le toucher… Et, sereinement, il se laissa tomber à genoux, agrippant Harry par la taille, ses bras l'enserrant fortement, son visage pressé contre son ventre.
Un frisson de bien-être le parcourut tout entier lorsque son amant referma ses bras autour de sa tête, lui caressant tendrement les cheveux, indifférent aux hoquets de surprise (voire d'horreur) qui s'élevèrent autour d'eux.
Juste Severus, blotti intimement entre les bras d'Harry, à l'abri contre la chaleur de son corps.
L'acceptation de Severus face à sa dépendance et la reconnaissance d'Harry envers son besoin irrépressible de protection et d'affection.
La complicité de deux êtres réunis à travers les époques.
FIN
!
Et voinà ! ... Ou comment toute cette histoire s'est entièrement construite uniquement à cause de cette dernière vision de Harry et Severus. Il fallait absolument que je la case quelque part, alors quand j'ai vu le défi sur le site Ombre et Folie...Eh ben ça a donné ça...
Alors, qu'est-ce que vous en pensez ?
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