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Books » Harry Potter » New World
Yami Aku
Author of 37 Stories
Rated: T - French - Mystery/Romance - Draco M. & Harry P. - Reviews: 105 - Updated: 01-21-12 - Published: 09-29-04 - id:2076056

New World

Base : HP

Genre : Mystère, romance, et slash HPDM

Disclamer : Rien ne m'appartient à part la trame que prend l'histoire et les personnages qui viendront se greffer ne faisant pas partie du livre.

Note : Projet dont j'avais parlé et qui se trouve dans mon profil. Je ne laisse pas tomber mes autres projets, j'avais juste envie d'écrire autre chose. N'hésitez pas à me faire part de vos avis.

Un très très très grand merci aux personnes qui prennent le temps de reviewer, vraiment merci à vous parce que ça fait extrêmement plaisir de lire vos commentaires.

Chapitre 11 : Conscience

Ils étaient trempés, l'air marin les faisait trembler mais ce n'était pas uniquement le froid qui les mettait dans cet état. Là, juste au-dessus d'eux se balançait un énorme tentacule. Il devait bien faire un quart du navire. Harry et Draco restèrent un moment figés, regardant l'appendice en suspension. La main du brun resserra sa prise doucement sur l'épaule du blond, prêt à le tirer avec lui. Draco sentit la pression mais ne pouvait s'empêcher d'avoir peur. Cette chose était énorme et il se doutait que le reste du corps devait être aussi imposant.

- On va reculer doucement, chuchota Harry.

Draco ne répondit pas mais se laissa tirer vers le pont en contrebas. Bien lever les pieds pour éviter de trébucher dans les cordages, puis les escaliers. Ils gardèrent tous les deux les yeux obstinément fixés sur le tentacule. Il ondulait juste au-dessus d'eux.

Morgan observait lui aussi le mouvement, il avait envoyé Silver réveiller ceux qui ne l'étaient pas encore mais apparemment, Rémy avait pris les devants. Il le vit monter de la cale avec les autres. D'un mouvement rapide, il leur intima l'ordre de faire le moins de bruit possible. Les yeux du second se posèrent alors sur la forme en suspens et il ne put s'empêcher de jurer. Il fit signe aux autres de l'attendre là. Il ne fallait faire aucun geste brusque. Doucement, il rejoignit son capitaine.

- Il n'est pas censé être dans cette zone-là normalement, marmonna Rémy.

- Non. Les changements de Naya commencent à prendre de l'ampleur. Après les terres, les mers sont touchées.

- Qu'allons-nous faire ? Nous ne gagnerons pas contre cette chose.

Morgan le savait. Ces animaux étaient difficiles à tuer, surtout lors d'un combat sur l'eau. Ses membres pouvaient tout saccager à la surface sans qu'on ne puisse jamais voir son corps. Mais surtout, normalement, ils attaquaient très peu les navires. Ils étaient craintifs et préféraient rester au fond de l'eau. Alors pourquoi celui-là était-il remonter à la surface ? Il n'eut pas le temps de pousser plus loin ses pensées qu'un bruit rauque se fit entendre. Il reporta alors de suite son regard sur Harry et Draco qui continuaient de reculer dans leur direction.

Draco se tendit lorsqu'il entendit le premier bruit, non pas un bruit, ça venait de la créature. Il y eut une nouvelle secousse et un autre tentacule s'accrocha à la coque. Un troisième apparut à son tour et s'accrocha aussi le long du bois. Le poids de l'animal faisait tanguer le bateau dangereusement.

- Cette chose va nous faire couler.

Harry n'aimait pas du tout ça. Couler au milieu de nulle part n'était pas vraiment la fin qu'il espérait pour lui. Ils venaient de vivre tellement de choses. Ce n'était pas pour mourir de la sorte.

L'animal émit un nouveau son, cette fois-ci un peu plus aigu qui fit tressaillir le blond. Il avait une drôle de sensation. Comme dans la roseraie. Sur son épaule, Nympha se frotta doucement à sa joue.

- Elle est triste.

- Tu la comprends ? s'étonna Harry.

- Je comprends le chant de beaucoup d'espèces. Elle est juste triste. Elle nous veut pas de mal. Elle…

Nympha n'eut pas le temps de terminer sa phrase, qu'un nouveau tentacule apparut subitement sur le côté, mais derrière eux. Le mouvement surprit les pirates, tendus, prêts, à se défendre. L'un d'eux plus réactif que les autres abattit sa lame qui transperça la chair. Draco et Harry se retournèrent au moment où Morgan criait de l'arrêter. Mais il était trop tard. L'animal était blessé. Un son plaintif se fit entendre et le chaos commença.

Elysa n'en croyait pas ses yeux, elle était restée en bas avec le Coq et Timy quand tous les autres étaient montés sur le pont pour voir ce qui se passait. Personne n'était redescendu pour leur expliquer. À la place, ils avaient entendu les sons, sentit les soubresauts et surtout, le hurlement du capitaine. À ce moment-là, tout avait basculé. Elle n'arrivait plus à se tenir debout tellement le bateau tanguait et Timy était complètement tétanisé. Elle le serait contre elle alors que le Coq était parti en reconnaissance. Lorsqu'elle le vit redescendre, son visage était blanc.

- Un craken.

- Quoi ?

- Le bateau est pris entre les tentacules d'un craken.

Les paroles qu'il venait de prononcer le ramenèrent à la réalité. Regardant Elysa et Timy recroquevillés dans un coin, il prit sur lui de prendre les commandes de la cale.

- Nous devons préparer la poudre, faire attention aux fuites et mettre en hauteur les aliments importants.

Il s'agenouilla devant Timy et posa sa main sur son épaule.

- Allez, c'est comme lors de la tempête.

Timy ancra ses prunelles dans celles du cuisinier et hocha la tête. Oui, comme pour la tempête. Tous les trois, ils devaient s'occuper de la cale. Quoi que ce soit qui se trouvait au-dessus d'eux, ils devaient avoir confiance en leur capitaine.

o

Morgan donnait des ordres clairs. Ils avaient un espoir de se sortir de là. Le craken n'approcherait pas des côtes. Il fallait qu'ils atteignent une des îles de l'archipel qu'il comptait contourner à la base. Rémy était à la barre, tentant de maintenir le cap. Le bateau avançait toujours malgré l'animal fermement accroché à eux. Il maudissait le matelot qui avait pris peur. S'ils étaient restés sans bouger, sans avoir peur, le craken aurait passé son chemin.

- Faites en sorte de décrocher les ventouses !

Les pirates dans un désordre chaotique essayaient plus d'échapper aux membranes que de les défaire du bateau. De son regard orangé, le capitaine chercha Harry et Draco. Il trouva Feyrs, avec quelques hommes, obéir à ses ordres. C'était déjà pas mal si quelques uns exécutaient ses paroles. Cependant, ses prunelles ne trouvèrent pas les deux gamins. Il maugréa et se lança à leur recherche.

o

Harry et Draco étaient dans les escaliers lorsque l'attaque commença, la secousse les avait fait basculer sur le pont. Harry avait tout de suite poussé le blond sous les marches pour le protéger des éclats de bois qui volaient à chaque fois qu'un des tentacules tombait sur le bateau.

- Il faut que tu restes là !

- Et toi ?

- Moi je dois aider le capitaine.

Alors qu'il allait se jeter dans la mêlée, Draco lui attrapa le poignet.

- Non. Arrête ! Il faut les arrêter. Plus ils l'attaqueront, plus elle se défendra.

- Quoi ?

- Tu n'as pas compris ? Elle ne nous voulait aucun mal à la base.

- Je… Harry soupira. Ok. Je vais essayer de trouver Morgan. Mais ne bouge pas.

Draco hocha la tête et se tassa dans l'ombre des marches, Nympha restant avec lui. Il avait une visibilité réduite mais pouvait entendre les pirates s'acharner à défendre leur bateau. À chaque fois que l'animal était blessé, ses plaintes résonnaient dans sa tête. Elle souffrait. Il fallait qu'il arrête tout ça. Nympha le vit se redresser et sortir de sa cachette. Rapidement, elle le suivit. Il se mit à courir sur le pont, essayant de ramener à la raison les pirates. Il fallait qu'ils se calment. Qu'ils arrêtent. Jeter les armes et surtout, ne plus bouger, ne plus l'agresser. Mais personne ne l'écouta. Ses paroles se heurtaient à la peur. Il se stoppa au milieu du pont. Il était impuissant. Complètement impuissant.

o

Harry trouva Morgan qui tentait par tous les moyens de calmer ses hommes. Apparemment, ce que lui avait dit Draco était vrai. Il fallait qu'ils se calment.

- Capitaine !

- Oh Harry. Où est Draco ?

- Sous l'escalier. Il voulait que je vous dise de calmer vos hommes mais apparemment…

- Oui. Je sais. Les crakens ne sont pas hostiles aux humains. Celui-là doit avoir quelque chose à protéger. Va voir Rémy. Il doit maintenir le cap.

Le brun hocha la tête et tout en titubant monta les escaliers jusqu'à la proue. Rémy maintenait difficilement le cap.

- Un coup de main ?

- Ce ne serait pas de refus.

Tous les deux, ils essayèrent de maintenir la barre dans l'angle qu'il fallait. Le second expliqua à Harry que s'ils arrivaient à atteindre l'archipel d'îles qui devait se trouver non loin, l'animal se décrocherait et partirait de lui-même. C'était un animal des profondeurs. Jamais il n'aurait dû se trouver aussi haut. Harry enregistra tout ce qu'on lui disait et continua à aider son ami. Il vit un tentacule s'abattre en plein milieu du pont, manquant de casser en deux le mat central.

- Merde, c'est qu'il devient vraiment dangereux pour le navire, jura Rémy.

Mais Harry ne lui répondit pas. Malgré les gouttes d'eaux qui volaient dans tous les sens, les membranes qui s'abattaient un peu partout, il ne pouvait pas décrocher son regard de Draco.

- Le con !

Il lâcha la barre faisant jurer une fois de plus Rémy et il se jeta dans les escaliers. Toutes les injures qu'il connaissait passèrent ses lèvres. Pourquoi ? Mais pourquoi Draco était-il sorti de sa cachette ? Et surtout que faisait-il au milieu du pont ? Evitant les pirates qui se battaient dans le vide, il essaya de le rejoindre mais sa course fut stoppée par le mouvement du navire. Il penchait. L'animal faisait basculer le bâtiment. Il maintint son équilibre quelques secondes avant de glisser et de sentir la rambarde dans ses côtes. Son regard chercha la tignasse blonde et la lueur de Nympha mais rien. Il avança encore un peu, mais toujours rien. Quelqu'un lui attrapa le bras, il tourna son visage et reconnut Feyrs. Il lui montra le mat et il vit Draco accrocher à une des cordes. Remerciant l'homme, Harry tenta de se hisser vers le mat. Il entendait Morgan hurler des ordres mais il restait fixé sur un objectif : récupérer Draco. Une nouvelle secousse plus violente que les autres le fit glisser de nouveau en arrière. Cette fois-ci la rambarde lui rentra dans le dos. Il ferma les yeux quelques secondes pour accuser le choc et lorsqu'il les rouvrit, il se figea. Il vit Draco lâcher prise, glisser à son tour, trébucher et passer par-dessus bord. Son cœur manqua un battement avant qu'il ne se jette à son tour à l'eau.

Feyrs et Morgan avaient suivi eux aussi la scène. Le capitaine se rua sur son nouveau membre, attrapa une corde au sol et se la noua autour de la taille. Feyrs comprenant ce que l'homme comptait faire, prit l'autre extrémité, l'attacha autour de sa taille avant de monter difficilement vers le mat. Une fois là, il fit deux fois le tour, et prit appui contre le bois. Quand le capitaine fut sûr d'être bien amarré, il plongea à son tour.

o

Le contact de l'eau était saisissant. Il avait eu peur quelques secondes, secondes qui lui avaient semblé des minutes entières lorsqu'il avait perdu l'équilibre et qu'il avait sentit le vide sous lui. Puis l'eau, si froide mais si calme aussi. Plus de bruit de sabre, de hurlements, le silence. Le chaos à la surface ne l'était pas sous l'eau. Il ouvrit les yeux et eut un mouvement de frayeur en voyant le corps de l'animal. Une énorme pieuvre était accrochée au navire. Ou du moins ça ressemblait à ce qu'il avait vu comme image dans les livres. Enfin, peut-être plus à un monstre marin qu'à une pieuvre. Est-ce que le monstre du lac de l'école ressemblait à ça ? S'il était tombé dedans la première année, il l'aurait peut-être vu ? Il avait fait tellement attention ce jour-là. Surtout ne pas faire mauvaise impression dès le début. Mais s'il était tombé à l'eau, c'est sûrement ce qu'il aurait ressenti. Il voulut ouvrir la bouche pour dire quelque chose, mais l'eau commença à rentrer. C'est à ce moment-là qu'il se rendit compte que l'air lui manquait et que sa position était vraiment critique. Mettant son corps en mouvement, il essaya de remonter à la surface, mais il était déjà assez profond. Il ne tiendrait pas longtemps. Et puis la créature commençait à s'affoler. Il n'éviterait pas les appendices longtemps. Pas en étant un si piètre nageur.

Le mouvement de l'un d'eux le balaya plus en profondeur. Il ne sentait plus ses bras ni ses jambes, sa vision devenait floue. Sa cage thoracique se compressait. Il allait mourir. Pourtant, il était serein. Il ferma les yeux et se laissa porter.

Harry nageait, évitant les tentacules et autres objets du navire qui commençaient à passer par-dessus bord. Il chercha Draco du regard. L'eau était sombre et il ne voyait pas grand-chose. Plus profond, toujours plus profond. Il ne pouvait pas le perdre. Pas maintenant qu'il venait enfin de se retrouver. Il avait promis de le protéger, promis une première fois, brisé par la suite, promis une seconde fois, il ne brisera pas une fois de plus cette promesse. Alors qu'il avait l'impression de faire du surplace et qu'il n'y arriverait jamais, une faible lueur attira son attention. Une douce chaleur s'insinua dans sa poitrine et il comprit, oui, c'était Draco. En quelques brasses il fut sur lui. Lorsqu'il le toucha, la lueur s'éteignit. Comment par Merlin, la peau de Draco était-elle devenue luisante ? La compression dans sa cage thoracique lui rappela qu'il n'avait pas le temps de traîner. Il essaya de remonter avec l'inconscient. Mais ses forces l'abandonnaient. Il n'y arrivait pas. Il avait beau remuer les pieds, son bras valide, il ne remontait quasiment pas. Le froid l'engourdissait à son tour. Il baissa son visage vers celui de Draco. Non. Il n'abandonnerait pas. Il continua de monter, monter et encore monter lorsqu'une main attrapa la sienne. Le voile flou devant ses yeux l'empêchait de voir qui c'était mais, cette personne venait les sauver. Il ne prit pourtant pas ça comme un acquis et continua de battre des jambes.

Sa gorge manqua de prendre feu lorsqu'il put respirer et ses poumons s'emplirent au maximum lui donnant l'impression d'exploser. Il extirpa Draco mais celui-ci resta inconscient.

- Il faut le ramener sur le pont.

Harry remarqua à ce moment-là que leur sauveur n'était d'autre que le capitaine Morgan. Il avait du mal à croire que le pirate avait sauté à leur suite pour les sauver. Pourquoi avait-il fait ça pour eux ? Il aurait dû rester à bord pour guider ses hommes. Surtout que le navire commençait sérieusement à se renverser.

- Tiens-toi à moi, on va nous remonter.

Morgan attrapa Draco et Harry vint s'accrocher à son cou. Le capitaine fit un grand mouvement de bras et sentit la corde être tirée. Ils allaient remonter. Il sauverait Draco. La tête du blond retombait sur sa poitrine. Il n'était pas trop tard. Non, il ne l'était pas.

Un baril les percuta alors qu'ils commençaient à quitter l'eau. Morgan relâcha sa prise sur Draco mais Harry le rattrapa de justesse. Morgan referma un bras autour de la taille du brun pour qu'il ne tombe pas lui aussi. Mais le poids de l'inconscient les entraînait de nouveau vers l'eau.

- Draco, par Merlin, réveille-toi !

Harry avait beau hurler, rien ne se passait. Il le sentait glisser. Sa main humide ne le retiendrait pas longtemps. Alors qu'il sentait le reste du tissu lui filer entre les doigts, une lueur vint voleter autour d'eux.

- Nympha, fais quelque chose !

La boule de lumière se mit à voler autour de Draco, tentant de le réveiller en lui lançant de petites décharges de lumière. Mais ça ne fonctionnait pas. Harry la vit remonter rapidement vers le navire. Où diable allait-elle ?

- C'est quoi ça ? questionna le capitaine entre ses dents.

- C'est pas vraiment le moment, répondit Harry lui aussi serrant les dents sous le poids de Draco.

- Curiosité.

- Une sorte de petit guide que nous avons rencontré.

- J'espère qu'elle est efficace parce que là…

Sa phrase fut coupée par un sursaut au niveau de la corde lui broyant l'estomac.

- Lâchez-nous !

- Certainement pas.

- Capitaine, lâchez nous !

Morgan n'approuvait pas du tout. Il tiendrait bon. Ces deux-là commençaient à être de plus en plus mystérieux. Et puis, il l'avait vue, la lueur. Il voulait savoir pourquoi ce jeune homme avait produit un tel phénomène. Nympha revint à ce moment.

- Attention, accrochez-vous !

Alors qu'elle disait ces mots, quelque chose apparut sous leurs pieds. Draco fut plus léger. Harry et Morgan regardèrent vers le bas et ce qu'ils virent les surprit. Le tentacule leur servait de support. Il les remontait même. Harry profita du fait qu'il était stable pour se laisser tomber à genoux près du serpentard. Il tourna lentement son visage et se pencha sur lui. Il respirait. Peu, mais il respirait. Morgan le poussa gentiment.

- On va l'aider un peu.

Il positionna ses deux mains sur sa poitrine et commença à appuyer doucement, mais fermement. Puis plus rapidement. Draco eut trois soubresauts avant d'inspirer un grand coup et de se recroqueviller pour recracher l'eau qu'il avait dans les poumons. Il toussa et Harry lui tapa dans le dos pour l'aider. Ils continuaient cependant de remonter.

- C'est terminé. C'est terminé.

Draco se retourna et se jeta dans ses bras. Il s'en voulait tellement de s'être senti si serein en s'évanouissant. La seule chose qui lui avait traversé l'esprit à ce moment, c'était Harry. Il ne voulait pas quitter Harry. Et maintenant, ils étaient là. Le tentacule bougea et Draco se desserra pour voir où ils étaient. Il fut d'abord surpris puis sa main rencontra une des ventouses. Harry le vit blanchir d'un coup et ses yeux se voiler.

- Draco ! Draco !

- Qu'est-ce qui se passe ?

Morgan vit lui aussi le changement brutal du blond et s'avança jusqu'à Harry. Il semblait qu'on ne tirait plus sur la corde pour les remonter. Il était donc libre de ses mouvements.

- Oh Harry… Elle, elle protège un bébé.

- Quoi ?

- Elle protège son petit. Les fonds marins changent. Ils n'apportent plus ce qu'il faut pour l'aider à le nourrir. Elle migre. Comme beaucoup d'autres. Elle a heurté malencontreusement notre navire. Mais elle a mal. Nous lui avons fait mal.

Nympha vint se poser sur l'épaule de Draco. La boule de lumière se tourna vers Harry.

- Les hommes se sont calmés. C'est fou ce qu'ils peuvent avoir peur de pas grand-chose.

- Qu'est-ce que tu leur as fait ?

- Moi. Oh si peu de chose.

Elle se remit en vol et tournoya autour d'eux.

- Nympha tu penses pouvoir faire quelque chose ? demanda Draco, le regard toujours lointain.

- Je devrais pouvoir. C'est un animal. Mais pourquoi n'essaierais-tu pas toi-même ?

Le blond sembla un instant surpris de ce que venait de dire la luciole. Lui ? Faire quelque chose ? Il pouvait soigner ? Non ? Ou alors ? Comme les fleurs. Oui. Voilà. Comme dans la roseraie. Comme pour Nathalia. Aider. Il posa sa seconde main sur une nouvelle ventouse. Le contact s'accentua. Il l'entendait dans sa tête. Ses sons plaintifs. Elle était blessée. Faire passer le flux. Il ne pouvait pas passer par la terre. Il ne la touchait pas. Une petite voix lointaine lui parvint. C'était Nympha. Comprendre que la mer pouvait être un conducteur. L'eau est un élément. L'eau touche le sol, mais l'eau conduit la vie aussi. Oui. Comme la terre. Juste plus fort, plus émotif, plus de caractère. Les premiers effets se firent sentir. L'eau juste en dessous d'eux était un canalisateur. La pieuvre émit de nouveau son, mais cette fois-ci, tout le monde les entendit. Elle le remerciait. Il l'apaisait.

- Harry !

Il entendit juste Nympha hurler le nom du brun avant que ses mains soient retirées des ventouses. Il tremblait. Avait froid mais Harry le serrait fort contre lui.

- C'est bon. C'est terminé.

Sa tête reposait contre sa poitrine. Harry passait sa main dans ses cheveux pour le rassurer. Nympha lui avait fait comprendre qu'il fallait le stopper. Il ne se maîtrisait pas et il s'épuisait. Le craken était sauf. Elle terminerait de se soigner d'elle-même. Le tentacule les déposa sur le pont. Le navire était de nouveau droit. Rémy et Feyrs les aidèrent à descendre. Ils regardèrent tous la membrane disparaître. De nouveaux sons retentirent. Un chant. Elle le remerciait.

- Capitaine ! Capitaine vous allez bien ! Vous avez vu ça ! Le craken s'est subitement arrêté !

- Et puis il y a eu cette luciole !

- Oui, une boule de lumière nous a foncé dessus en hurlant d'arrêter !

- Elle disait que vous étiez à l'eau !

- On a vu Feyrs et Rémy qui tiraient la corde !

- Et…

- Stop !

Morgan posa sa main contre son front. Ils lui donnaient la migraine.

- Du calme ! Les choses importantes d'abord. Est-ce que nous prenons l'eau ?

- Non capitaine !

Le Coq, Timy et Elysa étaient un peu plus loin. Ils étaient remontés lorsque tout s'était calmé. La cale ne prenait pas l'eau. La plus grande partie des provisions étaient intactes et la poudre aussi. Peu de dommage de leur côté.

- Bien ! Et sur le pont ?

- Le mat tient. Deux voiles sont inutilisables.

- Les rambardes et la proue par contre sont en piteux état. Mais réparable.

- Parfait. Parfait. Rémy, reprends la barre, nous allons quand même faire un arrêt sur une des îles. Les autres, trouvez-vous un endroit pour vous reposer, panser vos blessures. Je passerai vous voir pour que vous me racontiez calmement ce qui s'est passé. En attendant – il se tourna vers Harry et Draco – vous deux, dans ma cabine. Et ça aussi !

Il pointa du doigt Nympha qui se posa sur l'épaule de Draco. Ils suivirent le capitaine, Harry soutenant Draco. Lorsque la porte se referma dans leur dos, ils pouvaient encore sentir le poids des regards sur eux. Mais le plus lourd restait celui du Capitaine. Morgan chercha sa chaise du regard et la trouva fracasser dans un coin. Soupirant, il se laissa glisser au sol. Intimant aux deux autres de faire de même. Savourant le contact du sol et surtout le calme de la pièce, ils prirent le temps de respirer et d'observer un peu les dégâts avant de commencer.

- Je crois que vous me devez quelques explications. C'est quoi ça ?

Nympha se mit à briller plus fort n'appréciant pas comment on la considérait.

- Je suis une luciola et je m'appelle Nympha. Je ne suis pas ça, humain !

- Bien, une luciola. Il me semblait que ces créatures n'existaient plus depuis la disparition de la dernière héritière.

- Nous avons trouvé refuge où nous le pouvons. Ce n'est pas parce que vous ne nous voyez plus, que nous n'existons plus. La mémoire de Naya est toujours là.

- D'accord, d'accord. Et vous deux ? J'en ai assez des mystères. Vous venez d'où ?

Draco se cala un peu mieux dans les bras d'Harry. Le brun comprit que c'était à lui de résumer ce qu'ils savaient. Il lui raconta donc son monde, oubliant Voldemort et autres soucis personnels. Il lui expliqua qu'ils avaient traversé une sorte de sphère et étaient arrivés ici après avoir échappé à deux démons de l'ombre. Ils avaient découvert ce monde inconnu. Ils avaient rencontré des gens, appris à connaître leur monde. Il passa sur les moments que le pirate connaissait déjà et arriva enfin au moment où Draco lui avait fait part de sa découverte. Le blond l'arrêta à ce moment-là.

- Cela vous paraît sûrement invraisemblable.

- C'est en effet surprenant. Comme tout ce qui vient de se passer.

- La personne que nous allons retrouver à la capitale est ma mère. Je ne sais pas comment ça s'est déroulé à l'époque, ni pourquoi elle est restée si longtemps dans notre monde, ni pourquoi d'un coup elle s'est retrouvée ici. Mais ce qui est fait est fait.

Draco ancra son regard dans celui du capitaine. Une idée effrayante et en même temps tellement grisante lui traversa l'esprit. Sans bafouiller, Harry entendit la phrase qui le surprendrait toujours.

- La princesse Narcissa est de retour à Naya.

oOo

Naya, capitale

Artémis passa les portes du palais discrètement et rejoignit une jeune femme qui observait les alentours cachée dans l'ombre de la palissade. Longeant le mur de l'enceinte, ils esquivèrent les quelques gardes en faction ainsi que deux démons de l'ombre qui planaient au-dessus de la cité. Le roi commençait à avoir peur. Il renforçait la surveillance du palais et il devenait de plus en plus difficile pour Artémis de s'échapper sans se faire remarquer. Ils prirent ensuite une ruelle déserte, puis une autre avant de se caler entre deux rangées de caisses pour laisser passer la milice. La jeune femme compta jusqu'à cinq et ils repartirent. Telles des ombres, ils se fondaient dans la nuit. Quand ils arrivèrent à destination, trois petits coups furent donnés contre la porte de la taverne. On leur ouvrit tout de suite et ils purent s'infiltrer dans la chaleur de la pièce.

L'homme qui venait de leur ouvrir était plutôt grand, carré, chauve et portait un bouc grisonnant. Il serra fort Artémis dans ses bras, soulagé de le voir rentrer entier.

- Tu m'as fait peur gamin. Vous êtes en retard.

Artémis se détacha de l'étreinte du tavernier et se tourna vers sa compagne qui retirait sa pelisse pour l'accrocher près du feu. Ses longs cheveux mauves cascadaient sur ses épaules et son visage pâle était rosi par le froid de l'extérieur. Dans son dos pendait une grande épée.

- Tu sais très bien qu'avec Mélissa je ne risque rien.

- Même une fine lame peut tomber au combat.

La jeune femme envoya un regard noir au tavernier avant de s'installer à une table. Le tavernier lui servit une choppe de ce qui devait ressembler à de la bière et en proposa une à Artémis. Le jeune homme refusa et alla s'asseoir à son tour. Il avait des nouvelles à donner. Il laissa son regard vagabonder sur les quelques personnes présentes. Il y avait dans la salle les membres les plus importants du camp de résistants de la capitale. Mélissa était une recruteuse hors paire et surtout une fine lame qui avait appris à un bon nombre des paysans et artisans venus les rejoindre à se battre. Conrad, le tavernier de l'auberge des pois cassés était leur chaperon. Il possédait quatre établissements dans la capitale, et chacun d'eux servait de base pour les rebelles. C'est aussi lui qui avait pris Artémis sous son aile lorsqu'il était venu chercher de l'aide après avoir découvert des choses au palais. Lorsque leur nouveau roi était monté au pouvoir, il était arrivé avec sa garnison, des personnes prêtes à mourir pour lui. Des mercenaires mais surtout des gens venant d'ailleurs. Artémis était né au palais. Seul Conrad savait qu'il était le bâtard du roi et d'une servante. Sa mère avait été tuée par son père car il pensait qu'elle le trompait dans son dos. Depuis ce jour, Artémis avait juré de se venger de ce fléau. Il observait de l'intérieur, apportait des nouvelles fraîches régulièrement et ne perdait pas une occasion d'aider les rebelles à entrer clandestinement dans le palais lorsqu'ils avaient besoin de faire des repérages.

Trois hommes et une femme se trouvaient dans la taverne ce soir avec eux. L'un des deux hommes, Otis, paysan de l'est, avait traversé les mers pour venir se venger. Les démons de l'ombre avaient pris ses trois enfants, sa femme en était morte de chagrin et même s'il ne connaissait rien à l'art de la guerre, c'était un homme fort, brave et courageux. L'autre venait du nord, Roland, un forgeron dont le village avait été détruit par les pillards. Il n'avait pas de famille, sa forge était son seul foyer, et après avoir combattu férocement pour protéger son bien, il avait été blessé à l'œil. Quelques survivants avaient décidé de migrer vers les camps rebelles autour de la capitale, il les avait suivi et était devenu forgeron pour la rébellion. Il entretenait les armes et faisait l'inventaire de ce qu'on leur rapportait. Honorine était la sœur cadette de Conrad et travaillait avec lui en tant que serveuse. Un beau brin de fille, si bien que le tavernier faisait très attention à ce qu'elle s'enlaidisse pour travailler. Il n'avait pas l'intention d'en faire l'une des favorites du roi.

Ils étaient tous là pour la réunion demandée en urgence par Artémis. Il leur avait déjà rapporté quelques informations étranges mais les choses commençaient à vraiment se compliquer. Le roi devenait méfiant, de plus en plus. Les rumeurs circulaient comme quoi il avait peur. Il avait entendu quelques jours auparavant que des démons de l'ombre avait été envoyés en mission et étaient rentrés bredouille. Il cherchait une personne. Et cette personne était importante. Grim et Gram parlaient trop pour le roi. Et il était aisé pour Artémis d'arriver à les écouter. Apparemment, ils recherchaient une jeune femme d'environ 16 ans. Aujourd'hui, il en avait entendu plus.

- Alors, dis-nous tout ! Tu ne vas pas nous faire languir encore plus.

- Oui oui. Ces deux abrutis de Grim et Gram ont dit quelque chose de surprenant ce matin lorsqu'ils sont sortis de la salle du trône – Artémis remit une de ses mèches derrière ses oreilles et croisa ses jambes – Vous vous souvenez, la jeune femme qu'il recherche ?

- La gamine dont tu nous as parlée il y a quelques jours ? questionna Otis.

- Oui. Et bien croyez-le ou non, il semblerait que ce soit une descendante de la famille royale.

Le silence s'installa dans la salle. Tous le regardaient comme s'il venait de dire la chose la plus importante du monde pour eux, ce qui était en effet le cas. Conrad fut le premier à briser ce silence.

- Tu en es certain ? Tu es vraiment sûr de ce que tu avances ?

- Et bien, oui. Ils ont dit « Marre de chercher cette fichue gamine ! Descendante ou pas, elle se cache bien. »

- Putain de merde…

- Roland, s'offusqua Honorine.

Le forgeron rosit légèrement mais personne ne le remarqua. Tous étaient trop surpris par la nouvelle. La descendante de la lignée royale, ici.

- Nous devons la trouver avant eux ! Je vais partir en éclaireur.

Mélissa termina sa choppe et alla chercher sa pelisse pour la glisser sur ses épaules.

- Artémis, je te raccompagne et ensuite je passerai de camps en camps pour voir si quelqu'un a entendu parler d'une gamine de 16 ans.

- L'affaire ne doit pas s'ébruiter Mélissa.

Artémis rejoignit la jeune femme alors que le tavernier reprenait les commandes de leur réunion.

- Nous ne devons pas donner de faux espoirs, mais nous ne pouvons pas risquer qu'elle tombe entre leurs mains.

- Je sais. Je ferai attention à ce que je dirai.

- Le roi ne doit pas savoir que nous sommes au courant.

Tous hochèrent la tête et Artémis et Mélissa disparurent dans la nuit. Ils restèrent un instant en silence avant qu'Otis ne reprenne la conversation.

- Tu crois que c'est vrai ? Une héritière pourrait être de retour ?

- Je ne sais pas – Conrad se laissa tomber sur un tabouret en bois – il est vrai qu'il y a de l'agitation depuis peu. Le roi semble inquiet. Nous pensions que c'était les rumeurs de la rébellion qui s'organise qui le mettait sur ses gardes, mais si nous nous étions trompés ? Il n'a jamais eu peur des rumeurs.

- Ce serait tellement bien si une héritière était vraiment de retour.

Les trois hommes regardèrent la jeune femme. Oui, ce serait une si bonne nouvelle pour eux et pour Naya.

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Mélissa laissa Artémis là où ils s'étaient retrouvés quelques heures plus tôt. Une fois qu'elle fut sûre qu'il était en sécurité, elle se fondit dans les ténèbres et parcourut les ruelles sans se faire voir. Elle connaissait la capitale par cœur. Les heures des tours de garde, pouvait reconnaître le battement d'aile d'un démon de l'ombre avant même qu'elle n'aperçoive son ombre. Elle avait grandi en leur échappant. Elle était l'une des survivantes. Fière de ce qu'elle était. Enlevée dans un village, elle avait vécu sur le mont sombre quelques années. Elle gardait pourtant ce passage de sa vie pour elle.

Les enfants n'étaient pas dévorés par les démons, ils étaient gardés captifs et travaillaient pour eux. Leur chair n'était pas ce dont ils avaient besoin, non, ils voulaient leur jeunesse, leur candeur, leur peur aussi. Elle l'avait vite compris ainsi que quelques autres. La peur les asservissait. Ils obéissaient alors aux doigts et à l'œil à ces horribles monstres et ce jusqu'à la mort.

Au début, elle avait eu peur, avait suivi le mouvement la journée et pleuré la nuit en appelant sa mère à l'aide. Mais petit à petit, elle comprit qu'elle ne viendrait pas. Que personne ne viendrait. Les nouveaux arrivants, quand ils étaient assez vieux pour comprendre ce que disaient les adultes, leur racontaient que personne ne viendrait les aider. Les adultes avaient peur eux aussi. Ils étaient seuls.

Des petits groupes se formèrent, peu, mais les plus valeureux se regroupèrent pour comploter. Ils voulaient s'échapper. Ils mirent des années avant d'arriver à leur faim. A leur échelle, fomenter une rébellion était du domaine de l'impossible. Mais ils gardèrent espoir. Jusqu'au jour où un petit groupe réussit à s'échapper. Leur but, prévenir les adultes, leur expliquer que leurs enfants étaient encore en vie, que les démons les gardaient juste prisonniers dans leur repère. Ils étaient dix. Dix à tromper la vigilance, à quitter le mont sombre. Dix à s'enfuir, mais deux à réussir. Les démons n'étaient pas bêtes. Aux premières lueurs du soleil, ils avaient remarqué qu'il en manquait. La chasse avait alors commencé.

Mélissa quitta la capitale par un souterrain que la résistance avait creusée en secret pour pouvoir entrer et sortir sans se faire voir. Une fois qu'elle fut assez loin de la première enceinte, elle se permit de relâcher un peu sa vigilance. Il lui faudrait trois heures pour rejoindre le premier camp. Elle y arriverait aux premières lueurs de l'aube. Partant d'un bon pas, elle retomba dans ses souvenirs.

Ils avaient couru, dévalé le mont avec leurs petites jambes et leur espoir de sortir de cette horreur. Malheureusement, ils restaient des enfants, tout juste des aspirants adultes. Deux des leur n'avaient pas survécu à leur première chute en descendant le mont. Ils n'avaient même pas pu prendre le temps de les cacher, ils avaient dû continuer. Lorsque les premières forêts apparurent, celles qui leur promettaient un abri et surtout marquant la fin du territoire des démons, le bruit caractéristique du vol des monstres se fit entendre. Ils se cachèrent, continuèrent d'avancer doucement, se fondant dans la nature calcinée du mont.

Cependant, ils finirent par les trouver. La chasse fut lancée et ils ne leur restèrent plus qu'à courir. Lorsqu'elle atteignit le couvert de la forêt salvatrice, elle ne sentait plus ses jambes, ses pieds, et sa poitrine allait exploser. Le bois était trop dense pour que les créatures ne s'y aventurent. Elle était sauvée. Mélissa se retourna pour regarder si les autres avaient suivi, mais elle ne vit d'abord personne. Le silence en devenait même effrayant. D'un pas rapide, elle parcourut quelques mètres pour tenter de trouver d'autres de ses camarades, mais personne. C'était la première fois depuis longtemps qu'elle avait peur. Un cri lui parvint, un premier puis un second. Les mains sur sa bouche, elle voulut aller les aider mais ses jambes refusaient de bouger. Elle était sauve. Elle était vivante. Pourquoi remettre sa vie en jeu pour d'autres qui avaient moins de chance. Un nouveau cri lui parvint et elle se laissa tomber au sol, se recroquevillant dans les racines d'un arbre. Le temps passa. Les cris s'arrêtèrent. Seul le silence se réinstalla.

Lorsqu'elle se réveilla, elle était toujours seule, calée dans les racines et frigorifiée. Elle avait soif et faim mais ne bougea pas. Elle resta ainsi un ou deux jours, elle ne sut pas vraiment combien de temps, le remord, la peur et la faim la clouaient sur place. Sentant la mort approcher, elle trouva ironique d'avoir réussi à s'enfuir et de finalement finir comme ça. Cependant, la mort ne voulut pas d'elle. Lorsqu'elle se réveilla la fois suivante, elle était près d'un feu, une assiette de nourriture était posée à côté d'elle ainsi qu'une gourde d'eau. Sans penser une seconde que tout ce qu'elle voyait ne pouvait être qu'un rêve, elle se rua sur la nourriture et but tout ce qu'elle put. Un rire clair lui fit relever la tête et elle tomba sur un homme assis sur un tronc d'arbre renversé. Melran, son sauveur.

Melran avait été tout pour elle. Beaucoup disaient que ce n'était qu'un voleur, un pilleur de bas étage, et pourtant, il avait de la ressource. C'était un mercenaire. L'un de ceux qui avaient aidé à la prise de pouvoir. Seulement, ce n'était qu'un mercenaire et continuer à vivre et à se battre pour l'homme qui avait pris le pouvoir ne l'intéressait plus. Il en avait vu des horreurs en tant que mercenaire étranger, mais jamais à ce point. Il lui avait dit qu'il avait croisé une gamin comme elle qui fuyait vers le sud. Elle avait déduit qu'ils n'étaient que deux survivants. Melran l'avait gardée avec lui. Au début juste le temps de la ramener à son village. Mélissa espérait que ses parents seraient heureux. Mais tout ce dont elle avait rêvé avait disparu. Ses parents étaient morts, personne ne voulait l'écouter, elle était de nouveau seule. Le voleur la garda avec lui. Elle était douée, adroite et il lui apprit à se défendre, puis à voler, à devenir une mercenaire.

Mélissa ralentit l'allure quand elle aperçut le campement au loin. Elle avait marché plutôt vite et n'avait pas vu passer le temps. Repenser à sa jeunesse l'arrachait toujours à ce qui l'entourait. Il fallait qu'elle oublie Melran. Il était mort. C'était à elle de vivre et de lui faire honneur à présent. Oui. À elle.

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Artémis se glissa à l'intérieur du palais puis dans les couloirs jusqu'au dortoir des domestiques. Tout le monde dormait si bien qu'il n'eut pas besoin de rendre des comptes à son voisin de lit, lui aussi membre de la résistance. Il se dévêtit et s'allongea en silence. Ses prunelles fixèrent le plafond et il repensa à sa soirée. Mélissa était une femme extraordinaire. Son cœur se serra à l'idée qu'il ne la reverrait pas tout de suite. Mais il chassa rapidement cette impression. Elle avait un travail à faire et lui aussi. S'ils sortaient tous les deux vivants de cette histoire alors peut-être qu'il lui dirait les mots qui passaient et repassaient dans sa tête. Si l'héritière dont il avait entendu parler était bien sûr Naya, si elle pouvait les aider à renverser cet homme qui régnait en tyran, alors il se déclarait.

Il lui dirait qu'il l'aimait.

À suivre…

Et voilà le retour d'Artémis qui avait fait une apparition éclair quelques chapitres plus tôt. D'autres personnages aussi viennent se greffer pour que tout puisse se mettre correctement en place. Il ne reste plus énormément de chapitres avant la fin de cette histoire.

Dans le prochain chapitre nous retrouverons Ciam et Narcissa pour suivre leur périple.

J'espère que vous appréciez toujours cette histoire.

Je le redis et redis encore mais un très très très grand merci aux personnes qui prennent le temps de reviewer, vraiment merci à vous parce que ça fait extrêmement plaisir de lire vos commentaires.

Kisu

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