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: B s . A A A    : full 3/4 1/2   : E E   : Light Dark Books » Harry Potter » Tu peux pas t'casser, il pleut

Lemoncurd
Author of 16 Stories

Rated: M - French - Romance - Draco M. & Harry P. - Reviews: 302 - Updated: 02-27-08 - Published: 12-07-04 - id:2163342
Dis donc, je ne vous avais pas promis un épilogue cette semaine moi ? Et bien le voilà, il termine donc cette fic enfin achevée que je vous remercie d’avoir lu jusqu’au bout. Bisous !!! Epilogue

La maison de repos « Clair Matin » était réputée pour ses services infirmiers de premier plan, mais aussi pour son luxe. Il s’agissait d’un ancien Manoir dont la famille de Sang Pur avait donné naissance à tant de schizophrènes et de crétins congénitaux que le dernier membre encore sain d’esprit de la lignée en avait fait don à une association de médecins pour peu qu’elle accepte que ses parents y soient pensionnaires.

Narcissa Malefoy vivait là une retraite confortable et paisible. Son état de santé stagnait. Chaque jour, elle se préparait avec soin, persuadée que le soir venu son époux allait la rejoindre dans ce qu’elle prenait pour un lieu de villégiature. Elle finissait invariablement par s’endormir dans le salon de l’établissement à force d’attendre, et le personnel infirmier la raccompagnait dans sa chambre. Le lendemain, la même journée reprenait dans une perpétuelle attente enthousiaste.

Drago Malefoy s’était régulièrement informé de l’évolution de la santé de sa mère. Il avait, depuis sa libération, très envie de la revoir mais quelque chose le retenait.

Un soir, pendant les vacances d’hiver, Harry l’avait surprit en train de regarder fixement une photo de sa mère et il l’avait encouragé à en parler. Cela faisait cinq mois qu’ils vivaient ensemble quand ils n’étaient pas à Poudlard. Après quelques semaines de vacances d’été qu’ils s’amusaient à nommer leur « voyage de noce » et ce bien qu’ils n’aient pratiquement pas quitté la demeure, ils étaient retourné à Poudlard afin d’y finir leur dernière année. Ils étaient tuteur et pupille en ville, simple élève et préfet à Poudlard, amants où qu’ils soient mais toujours en cachette. Les vacances de Noël leur avaient permis de se retrouver sereinement et ils les avaient attendu avec impatience mais depuis leur retour à Londres, Harry voyait bien que son ami était souvent pensif.

Ce soir là, il parvint à lui arracher en douceur l’aveu qu’il se refusait à faire jusqu’ici. : Drago mourrait d’envie de revoir sa mère, mais il ne voulait pas y aller seul. Pas qu’il craigne de se retrouver face à une femme n’ayant plus le sens commun ou ne le reconnaissant plus comme étant son fils, cela, il se sentait prêt à le supporter, mais il voulait, aussi fou que cela puisse paraître, lui présenter Harry. Même si elle ne comprendrait pas. Même s’il sortirait sans doute blessé d’une telle entrevue. Harry lui affirma qu’il comprenait tout à fait et ne chercha même pas à retenir quelques larmes d’émotion : Drago voulait le présenter officiellement à ce qui lui restait de famille, c’était pour lui une magnifique preuve d’amour.

C’est pourquoi, ce matin de décembre, alors qu’un soleil timide illuminait la couche de neige qui ornait le parc de la maison de repos, le gardien du « Clair Matin » fit entrer cérémonieusement Drago Malefoy et Harry Potter dans la somptueuse bâtisse et les emmena jusqu’au jardin couvert où parmi les citronniers et les fleurs grimpantes, Narcissa Malefoy, dans sa plus belle tenue, donnait d’un ton léger des informations aux gardes-malades afin que les derniers préparatifs pour la venue de son époux soient fait

Drago resta un instant planté à l’entrée du jardin et observa sa mère. Il la trouvait toujours aussi belle, comme si protégée du froid par la grande verrière qui entourait le jardin installé dans ce qui ressemblait à un cloître, elle avait été préservée du temps et s’épanouissait telle les plantes qui l’entouraient. Une main posée sur son épaule, Harry l’encouragea à avancer et quand Drago arriva devant sa mère, il vit son visage s’illuminer.

« Drago ! » s’exclama-t elle, « Te voilà enfin mon fils ! J’espère que ce trimestre à Poudlard t’a permis de progresser… Tu fais bien d’arriver, j’aurais besoin que tu ailles vérifier en cuisine si les elfes suivent bien les instructions que j’ai données. Je tiens à ce que tout soit parfait pour l’arrivée de ton père, tu sais bien comme un rien suffit à le contrarier !

« Je le ferais, Mère » répondit Drago d’une voix douce en se penchant vers elle pour l’embrasser. Puis il s’assit à ses côtés, retenant sa main dans les siennes, à la fois nerveux et ravi d’être là. Harry, lui, ne savait où trouver sa place et finit par s’asseoir non loin d’eux sur un banc. Narcissa reprit :

- Tu sais mon fils, depuis ton départ j’ai eu tant à faire… Ce congé m’est vraiment nécessaire et je suis ravie que nous soyons bientôt enfin tous réunis !

- Oui, Mère…

- Ton ami Gregory Goyle se porte-t il toujours aussi bien ? Ses parents m’ont rendu visite il y a quelques mois…

Drago ne savait s’il devait dire à sa mère que non seulement Gregory Goyle n’avait jamais été un ami pour lui, tout au plus un faire-valoir, mais qu’il avait été tué durant le combat de la Forêt Interdite en se battant pour le « mauvais » camp. Plutôt que de lui mentir, il préféra détourner la conversation afin de lui annoncer une autre vérité.

- Mère, je vous présente Harry Potter. Il est… Je vis chez lui maintenant. Et c’est bien ainsi.

Il prit un temps pour rajouter, une étincelle de défi dans le regard :

- Et je l’aime.

Le silence se fit. La mère de Drago n’avait pas changé d’expression, elle regardait distraitement un roitelet posé sur une branche. Drago se sentait soulagé. Il l’avait dit. Elle ne comprendrait pas mais il s’était libéré de ce poids.

Quand sa mère reprit la parole, elle fixait encore l’oiseau et sa voix avait le ton d’une conversation anodine quand elle déclara :

- C’est bien mon fils. Il faut respecter ses ancêtres et son héritage mais sans croire pour autant que leur ligne de conduite ou leurs idées étaient les meilleures. On peut toujours faire mieux. Ne jamais accepter de s’enfermer derrière un rang social, une reconnaissance factice... Ne laisse personne te dicter ta conduite. Tu es le mieux placé pour savoir ce qui te rendra heureux ou fier. J’ai fait ce que l’on attendait de moi, je n’ai jamais fait jaser, mais j’ai rarement fait ou vécu ce que je souhaitais. Mieux vaut, mon fils, souffrir quelques injures et se battre pour ceux qu’on aime que de vouloir complaire à tous et ainsi s’enfermer dans le malheur. Car ceux qui se permettent de te juger ne s’intéressent en fait pas plus à toi que tu les écoutes ou que tu leur tienne tête ; ce qui les intéresse c’est le pouvoir, l’influence qu’ils ont sur toi. Tu ne pourra jamais compter sur le soutient de ceux qui prétendent te dire où est ta place. Car c’est à toi de te la faire. Par le bec et par les griffes(1). Alors tu seras libre, et cela vaut bien mieux que l’approbation de tes voisins. Cet oiseau n’est-il pas magnifique ?

- Ou… Oui Mère.

Drago avait du mal à en croire ses oreilles. Alors que sa mère repartait dans un délire d’un temps qui n’était plus, il venait de recevoir le plus beau cadeau qu’elle lui ait jamais donné : sa bénédiction.

Harry se rapprocha de lui, faisant passer une main légère et réconfortante dans son dos pendant que la dernière des Malefoy discourait sur le menu du soir et encourageait son fils à aller faire visiter les lieux à son « camarade de classe » : elle en profiterait pour se reposer un peu.

Les deux jeunes hommes la laissèrent donc fermer les yeux et s’étendre sur la chaise longue. Ils quittèrent le jardin d’hiver en se tenant la main.

Suite à cette visite, ils revinrent. Souvent. Jusqu’au jour où l’épouse de Lucius Malefoy sur lequel le temps ne semblait pas avoir de prise s’éteignit dans son sommeil, une nuit d’été, sans doute trop lasse d’avoir attendu son époux jour après jour, pour le rejoindre de l’autre côté du miroir.

FIN

(1) pour info, ça n’a rien à voir avec le sujet mais… C’est la devise de la ville dans laquelle je suis née


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