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SamaraXX
Author of 8 Stories

Rated: M - French - General/Romance - Harry P. & OC - Reviews: 174 - Updated: 08-29-07 - Published: 12-28-04 - Complete - id:2193084

La Reconversion du Survivant

Titre : La Reconversion du Survivant

Auteur : SamaraXX

Disclaimer : Ceci est une fanfiction inspirée de la saga de J.K Rowling. Certains personnages et lieux lui appartiennent.

Warnings : Fic Post-Poudlard, Dark Harry, OOC, OCs.

Rating : M pour propos injurieux et vulgaires et également pour présence de scènes à caractère érotique. Puis pour violence, prise d’alcools ou drogues.

Genres : Romance, Drama.

Pairings : HP/OC ; DM/OC

Spoilers : Les 5 premiers tomes.


1er chapitre : Mise à pied

Dans l’élégant Atrium du Ministère de la Magie, Harry Potter attendait qu’un des ascenseurs descende d’une manière plus ou moins patiente. Il n’avait pas de temps à perdre et souhaitait pénétrer l’une de ces boîtes de ferrailles grinçantes le plus rapidement possible.

Le petit cadran au-dessus de l’ascenseur indiqua finalement « atrium » et les grilles s’ouvrirent pour laisser passer un flot impressionnant de sorciers. Le jeune homme s’y engouffra, un peu malmené par les coups de coude qu’il avait reçu et se jeta sur les boutons de l’ascenseur, dans l’espoir que l’appareil se mettrait en route rapidement. C’était sans compter sur l’arrivée impromptue d’une jeune femme blonde qui planta son talon aiguille entre les deux portes avant qu’elles ne se ferment totalement. Harry retint de justesse un soupir agacé.

- Où allez-vous ? demanda-t-elle d'une voix polie et charmante.

L’irascibilité du Survivant s’atténua un petit peu.

- Quartier des Aurors, s’il vous plaît, répondit-il prestement avant d’esquisser un léger sourire.

La jeune fille pressa le bouton sept et dégagea sa crinière blonde. Harry la guetta tout le long du trajet, elle s’arrêtait au département des jeux et sports magiques. Elle avait un physique assez plaisant : un visage anguleux, de longues jambes fines découvertes par un tailleur assez court et un regard brillant d’intelligence mais elle possédait cet air bourgeois et légèrement snob qu’Harry ne supportait pas toujours. Une expression pincée de femme d’affaire s’étalait sur son visage et Harry se demanda même pourquoi elle s’arrêtait au département des jeux et sports magiques. Il aurait pensé qu’elle serait davantage à l’aise dans les bureaux poussiéreux du détournement de l’artisanat moldu.

- J’ai lu un article sur vous, dit-elle alors qu’un autre homme entrait dans l’ascenseur, il était très intéressant.

- De quel article s’agit-il ? fit Harry avec un certain détachement, peu ravi qu’on lui rappelle sans cesse sa notoriété.

- Un article paru dans la Gazette du Sorcier à propos de cette attaque à Glasgow, il y est dit que vous y avez mené brillamment votre équipe, expliqua-t-elle avec un léger sourire admirateur.

- Oh ! Eh bien, c’est une bonne chose que ça vous ait semblé intéressant...

Le niveau sept venait d’être franchi, Harry s’apprêta à sortir de l’ascenseur quand il fut retenu par une poigne de fer. Il crut un instant qu’il s’agissait de l’homme silencieux qui avait fait irruption dans l’ascenseur mais constata rapidement que la main était féminine. Une certaine surprise s’inscrivit sur son visage et celle-ci se hâta de lâcher son bras.

- J’ai vraiment été ravi de vous rencontrer, dit-elle d’un ton solennel.

Harry la regarda dans les yeux et le bleu clair de son regard le fit frissonner de façon désagréable. Il y avait quelque chose de fortement dérangeant dans ces yeux : ils semblaient à la fois vides et remplis de convoitise. Une forme de désir qu’Harry haïssait lorsqu’elle était exprimée envers sa personne. L’ambition de la jeune femme se lisait facilement dans ce regard. Quelle qu’elle fut, Harry sut que la précédente sympathie qu’il avait ressentie à son encontre s’était envolée en deux secondes.

- Je m’appelle Hadriana Karlsen, répondit celle-ci avec des pétillements d’espoir dans les yeux.

Harry ne sut quoi répondre face à cela. Il se contenta d’enregistrer précieusement le nom de cette femme car il estimait qu’il était toujours utile de connaître le nom de ses interlocuteurs. De plus, il s’agissait d’un conseil qu’il avait reçu au cours de son entraînement d’auror. Maintenant que celui-ci atteignait sa fin, c’était devenu un automatisme. Les portes de l’ascenseur se refermèrent finalement sur le visage un peu dépité de la blonde mais Harry n’en eut cure. Il se tournait déjà vers le Quartier des Aurors et pestait intérieurement contre le fait qu’il arrivait continuellement en retard à son travail. Surtout les lundi matins.

Harry longea les nombreuses rangées de bureaux qu’occupaient les aurors et s’installa au sien, vide, sans aucun papier jonchant la table contrairement aux bureaux voisins. Il fallait dire qu’Harry n’était pas souvent au bureau, la plupart du temps il était envoyé sur le terrain. En effet, ce n’était pas dans un souci de propreté que son bureau était vide : tout le monde au Quartier des Aurors savait qu’Harry était extrêmement désordonné. C’était simplement qu’il n’avait encore aucun dossier à traiter.

Harry s’assit sur le siège en cuir devant son bureau et ressentit cette impression déprimante d’être complètement inutile. Il n’appréciait pas le fait de venir travailler pour ne rien faire. Quelques heures de sommeil ne lui auraient pas fait de mal. Cependant, ce n’était pas du tout un problème pour lui de venir au travail, ce qu’il détestait était la simple idée de rester inactif.

Le bureau à côté était celui de Ron mais son occupant n'était pas encore arrivé. Désœuvré, il repositionna son regard sur la porte de la salle de réunion où on y débattait souvent des plans à entreprendre contre Voldemort Junior et ses acolytes. Ce jour-là il n’était pas convié à s’y rendre. Cela ne le mettait pas de joyeuse humeur.

Harry avait été recalé : on l’avait obligé à rester calme pendant une semaine. De ce fait il devait travailler au bureau plutôt que sur le terrain. Harry s’était blessé pendant une attaque et le Ministre de la Magie en personne lui avait demandé de se calmer un peu et de prendre des congés. Harry avait purement et simplement refusé. L’idée de ne pas travailler lui paraissait légèrement angoissante, il ne préférait même pas y penser. Son métier était devenu une nécessité dans sa vie, ce qui ne cessait d’inquiéter ses amis. Quoi qu’il en soit, son patron avait tout de même décidé qu’il resterait bien au chaud au Quartier des Aurors pendant quelques temps. La journée promettait d’être longue.

Son ennui fut cependant de courte durée car bientôt une femme d’une cinquantaine d’années lui apporta un tas de papiers à rédiger. Tout ce qu’il n’avait jamais fait depuis son entrée au sein du Quartier des Aurors – c’est-à-dire trois ans – se trouvait désormais sur son bureau. Il était un peu embêté par le fait d’être recalé à quelques semaines de la fin de son apprentissage. Bientôt, il deviendrait un Auror professionnel mais pour cela il devait attendre la fin de l’année et il se devait d’agir de façon exemplaire jusque-là. Il parcourut le tas de feuilles et commença à travailler d’un air résigné.

Il fut bousculé dans sa tâche par l’arrivée digne d’un ouragan de son meilleur ami. Harry jeta un œil à sa montre et s’aperçut qu’il était déjà dix heures et demie. Ron était sacrément en retard. Il semblait avoir parcouru une dizaine de tempêtes avant d’arriver au Quartier des Aurors : sa robe de sorcier était mise de travers et ses cheveux étaient complètement décoiffés d’une façon un peu ridicule. De plus, il était littéralement à bout de souffle.

- Salut Harry, je me suis réveillé il y a cinq minutes ! s’exclama-t-il, encore haletant de sa course, ‘Mione n’a pas pensé à mettre le réveil.

- Eh bien ! répondit Harry tandis qu’un faible sourire s’étalait sur ses lèvres.

Ron s’écrasa dans son fauteuil tout en essayant de reprendre son souffle, ce qui ne prit pas énormément de temps. L’entraînement rude et sévère des Aurors lui avait forgé un corps d’athlète et une condition physique parfaite. Ron enleva sa cape d’un geste brusque, souhaitant probablement attirer un peu de fraîcheur à lui.

Puis, il se tourna vers Harry d’un air amusé et déclama d’une voix forte :

- Elle a failli m’étriper ! Elle m’a accusé d’avoir oublié le réveil alors que pas du tout… Je ne te raconte pas la crise de nerf qu’elle a piquée dès le réveil comme ça. Faut dire qu’elle déteste être en retard, tu la connais.

- Oui…

- Je pense qu’elle va m’en vouloir au moins… deux heures ! reprit Ron avant d’esquisser un grand sourire.

Son enthousiasme était si grand qu’il dénotait largement avec l’abattement d’Harry. Cependant, tout dénotait à côté de ce grand rouquin rempli de vitalité et de bonne humeur.

- Ça va pas ? demanda alors Ron en fronçant les sourcils.

- Oh non, ça va… répondit Harry sans y mettre réellement de conviction.

- Laisse-moi deviner, monsieur n’est pas content car il s’est fait recaler et qu’il est pour la première fois de sa vie assis derrière un bureau ? se moqua Ron, un énorme sourire aux lèvres.

- On dirait Remus, marmonna le brun d’un air lugubre.

- Ah oui, au fait tu l’as vu récemment ? demanda Ron, redevenant sérieux tout à coup.

- Bien-sûr, j’habite chez lui ! répondit Harry avec mauvaise humeur.

Il était assez agacé de la tournure de la conversation. Ces derniers temps, il ne préférait pas penser aux agissements de Remus même si ceux-ci étaient tout à fait anodins.

- Tu ne m’avais pas dit qu’il avait tendance à t’éviter ces temps-ci ? questionna Ron tout en regardant les nouvelles du matin.

Il y eut un silence tacite entre les deux amis, ce qui était coutumier lorsqu’il était question de la vie d’Harry, de son travail, de Remus ou de ses sorties nocturnes. Peu de ses amis se risquaient encore à poser des questions mais Ron ne pouvait pas ignorer l’équilibre précaire de la vie de son meilleur ami.

Harry réfléchissait d’un air distrait à la question de Ron. Il était vrai que Remus l’évitait ces temps-ci mais parfois il se disait que ce n’était que le fruit de son imagination car Remus était toujours aussi agréable avec lui lorsqu’ils se voyaient. Cependant, c’était l’expression retenue de malaise que Remus affectait lorsqu’il lui parlait qui inquiétait Harry.

Ron parut se lasser d’attendre la réponse de son meilleur ami, il soupira fortement, posa bruyamment son journal sur son bureau et darda sur son ami un regard scrutateur. Celui-ci avait un air misérable sur le visage et fixait d’un air vide la porte de la salle de réunion. Tout chez lui respirait l’ennui et la frustration. Ron eut un élan de sympathie à la vision de son ami aussi malheureux mais il ne fit aucun geste. Quelque part, il savait parfaitement que ses mots n’auraient aucun pouvoir bénéfique sur Harry. Il prit la décision de le laisser ruminer dans son coin sans s’attarder davantage sur les raisons de cette mauvaise humeur. C’était devenu tellement courant chez son meilleur ami qu’il sentait l’harassement pointer le bout de son nez. De toute évidence, il fatiguait de voir ses efforts disparaître en fumée. Chaque mot qu’il prononçait perdait de sa force et de sa valeur avant qu’ils n’atteignent la faible résistance de son meilleur ami. C’était comme si sa bouche ne servait plus qu’à sortir des débilités inconsistantes.

Depuis plusieurs jours, Harry était d’une humeur exécrable. Ni Hermione ni lui n’en connaissaient la raison mais ils ne s’en souciaient guère. Ce genre de déprime était assez fréquent chez Harry pour qu’ils n’y prêtent plus qu’une légère attention. De toute façon, Ron comme Hermione savaient que ces déprimes disparaissaient aussi vite qu’elles étaient apparues sans signe avant-coureur. C’était alors troublant de retrouver le Harry de leur adolescence, blagueur, jovial et souriant. Néanmoins, Ron savait que ce n’était qu’une façade qu’il montrait aux yeux du monde. Harry était conscient de ce qu’il provoquait chez ses amis et semblait faire des efforts pour ne pas désespérer ses amis.

Ron n’aurait su expliquer ce qui se passait chez son meilleur ami depuis qu’ils avaient quitté Poudlard. Il n’avait jamais été plus pareil depuis que Lord Voldemort avait péri de sa main, ce que Ron comprenait. Il avait d’abord pensé que cela finirait par passer, qu’il lui fallait du temps pour se remettre des horribles évènements de leur septième année. Cependant, tout n’avait fait qu’empirer depuis lors. Ron notait notamment un changement radical depuis un an et demi. Cela s’observait surtout dans la vie débridée, vide de sens et anarchique qu’Harry entretenait ces derniers temps. Sa vie sentimentale se résumait à un vide béant qu’il comblait par de nombreuses expériences sexuelles. Ron savait qu’il voyait une femme régulièrement mais qu’ils ne sortaient pas ensemble officiellement.

Harry avait une vie houleuse dans laquelle l’amour n’y avait pas sa place. Personne n’occupait son cœur et il ne faisait battre le cœur d’aucune femme. Harry était finalement seul et Ron pensait parfois que c’était peut-être son plus grand problème. Il avait essayé de caser Harry avec quelques connaissances – dont sa propre sœur ! – mais cela n’avait pas été concluant du tout. S’il était sorti avec une d’entre elles, leur relation n’avait duré que deux semaines.

Ron et Hermione avaient emménagé ensemble et depuis Harry était légèrement délaissé. Les amis de Poudlard s’étaient tous trouvés une moitié, même Neville s’était marié le mois dernier à une jeune fille du nom d’Hannah Abbot. Il était devenu un médicomage reconnu et spécialisé dans les plantes.

Harry continuait de remplir ses dossiers mais cela finit rapidement par le lasser. Il n’en voyait par le bout ! C’était tellement énorme qu’il devrait certainement passer toute la semaine à travailler comme un forcené. En outre, ce n’était pas du tout intéressant. Il ne parvenait pas à se concentrer sur ce qu’il faisait. Lorsqu’il aperçut la secrétaire de tout à l’heure revenir avec cinq énormes dossiers en plus, il sentit que sa patience commençait à s’effriter. La femme posa les dossiers sur son bureau et il la regarda s’éloigner sans dire un mot. Il laissa échapper un grand soupir et essaya vaillamment de continuer sa tâche. Cependant, une heure plus tard, il en eut plus qu’assez et décida de faire une pause qu’il pensait bien méritée.

Ron, à ses côtés, plus habitué que lui à ces paperasses inutiles continuait tranquillement son travail. Harry admirait sa patience mais savait qu’il n’arriverait jamais à l’égaler sur ce domaine. Pris d’une certaine frustration qui menaçait d’éclater, Harry préféra quitter le Quartier des Aurors. Dans les couloirs du département, de nombreux sorciers marchaient d’un pas hâtif, l’air préoccupé par de millions de choses sombres et compliquées. Harry croisa quelques-uns de ses collègues de terrain et eut un pincement au cœur en les voyant revenir d’une mission apparemment périlleuse. Leurs robes étaient tâchées de boue et quelques estafilades saignaient sur leurs joues. Harry tourna alors les talons et prit la direction du bureau du Chef des Aurors. Il frappa très fort à la porte du bureau et attendit qu’on lui permette d’entrer, ce qui ne se fit pas tarder.

Une seconde plus tard, Harry se tenait devant le massif bureau du Chef des Aurors qui envahissait tout l’espace de la minuscule pièce. L’homme assis derrière le bureau afficha un air peu étonné en notant l’identité de la personne devant lui. Harry connaissait bien cet homme : il s’agissait de Kylian Stevenson, une personne qui était rapidement devenue l’un de ses amis.

- Harry ! s’écria celui-ci avec enthousiasme.

Devant cette spontanéité des plus enchantée, Harry ne put s’empêcher de sourire.

- Alors qu’est-ce qui t’amène ? demanda-t-il comme s’il ignorait la raison de sa présence dans son bureau.

- Je n’en peux plus de rien faire depuis tout à l’heure. J’ai besoin d’une vraie mission, donne-moi un truc à faire, s’il-te-plaît.

- Quoi ? Mais tu as été recalé mon vieux, je ne peux pas t’envoyer sur le terrain…

- Je sais bien, oui… mais ce n'est pas comme si je n'avais pas l’habitude, je ne me sens pas si mal et puis merde j’ai bien tué Voldemort, qu’est-ce qui pourrait m’achever ? fit Harry avec désinvolture.

- Sa descendance, fils du plus grand sorcier du monde magique en-dehors de Dumbledore et fils de Léanne Grindelwald ! répliqua celui-ci du tac au tac.

- Bon d’accord, c’est vrai qu’il est assez préoccupant mais si je ne bouge pas plus je démissionnerais tellement c’en est barbant d’écrire sur un dossier, sincèrement, répondit Harry d’un air suppliant.

- Comme si tu en étais capable, le taquina Kylian, pas dupe pour un sou.

- Kylian, je ne plaisante pas, je vais finir par péter un plomb ici…

- Calme-toi Harry, ça ne dépend pas que de moi tu sais. Tu peux bien tenir une semaine, non ? demanda-t-il derrière sa pile de dossiers.

- Non, franchement je ne peux pas…

- Qu’est-ce qui te rend si impatient et irrité ? Tu n’as pas pu passer du bon temps avec une jolie femme ce week-end ? fit-il d’un ton moqueur.

Harry tiqua après cette déclaration et esquissa un sourire malaisé.

- Bien-sûr que non, je fais abstinence, je veux devenir moine, tu l’ignorais ?

- Bien-sûr, où avais-je la tête… Depuis le temps que tu prêches la bonne parole avec ta sainte idée que nul doit être tué et tout le monde pardonné de ses péchés.

Kylian éclata de rire mais Harry ne sut comment prendre cette remarque. Il finit par échapper un léger rire mais ce n’était pas vraiment de bon cœur. Il fallait dire que son intransigeance et ses nombreux meurtres depuis sa dix-septième année lui avaient donné la réputation d’un redoutable guerrier qui n’hésitait pas à dégainer sa baguette. Harry ne pensait pas qu’il était si avide de sang et de massacres. C’était simplement que dans la frénésie d’une attaque, il n’était plus question de seconde chance ou de rédemption mais simplement de sauver sa peau. Harry n’était pas aussi indulgent que Dumbledore, il le savait. Il s’était endurci ces dernières années mais il espérait être encore capable de ressentir de la pitié.

Au même moment, la porte s’ouvrit et une fille à la chevelure noire corbeau pénétra dans la pièce. C’était Cho Chang, une des ex d’Harry qui ne remontait pas seulement à sa cinquième année, il avait en effet eu le plaisir de la connaître un peu plus au cours de sa première année d’apprentissage. Cependant, à présent elle était fiancée à Kylian et ils étaient inséparables.

- Oh ! Salut Harry ! Alors comment tu vas ? Toujours pas de fiancée ? fit-elle d’un air surexcité.

- Je n’ai pas l’intention de me marier maintenant, répondit celui-ci, sur ses gardes.

- C’est pourtant dommage, un beau garçon comme toi. J’ai parlé à Hadriana elle est devenue raide dingue de toi, elle dit que t’as un charme incontestable !

- Tu la connais ? Je ne pensais pas lui avoir fait une si bonne impression mais d’un côté, il est évident que je plais à tout le monde. C’est pour ça que je préfère être disponible pour contenter un maximum de personnes, plaisanta Harry en tentant d’esquisser un sourire.

- Bien vu, répondit-elle avant d’embrasser son petit ami qui semblait laissé pour compte.

- Eh bien, je commençais à désespérer, fit celui-ci d’une voix un peu grinçante.

- Bon, Kylian, tu me la donnes cette affaire et tu pourras coucher, euh je veux dire passer un moment merveilleux avec ta fiancée juste après, intervint Harry, le regard malicieux.

- Je ne sais pas si c’est une bonne chose… marmonna Kylian, soudain de nouveau sérieux.

- Sinon, je ne bouge pas d’ici, vous empêchant ainsi de vous bécoter amoureusement.

- Aie un peu plus de respect s’il-te-plaît, déclara-t-il d’une voix neutre, bon je te mets sur les urgences et s’il est vraiment nécessaire que tu y ailles, je te laisserais mais pour l’instant reste tranquillement à ton bureau et rédige ces satanés dossiers !

- Ok, répondit le brun avec un charmant sourire, alors à plus tard !

Il était certain qu’il y aurait une attaque, une urgence quelque part. Que ce soit une vieille dame de cent vingt ans bloquée dans un piège avaleur de trolls ou un gosse qui avait perdu le contrôle de son balai voyageant au-dessus de l’Océan Atlantique, il y avait toujours des urgences au Quartier des Aurors qui requéraient l’aide de puissants et expérimentés sorciers.

Harry revint donc vers son bureau, tranquillisa Ron de quelques paroles et continua son laborieux travail. Quelques heures plus tard, une secrétaire vint le voir en lui annonçant qu’on lui avait laissé un message à l’Atrium. Il était d’Alicia Neil, la femme qu’il voyait de temps en temps lorsqu’ils avaient un moment de libre.

Elle avait écrit un mot dans lequel elle indiquait que son mari revenait de son voyage d’affaire et qu’il était donc préférable de ne pas se voir ce mois-ci. Harry soupira. Il aimait bien Alicia, c’était une des rares filles dont il ne se lassait pas. Ils étaient sortis ensemble pendant un temps mais ça n’avait pas marché. Ils n’avaient gardé contact que pour le plaisir d’être ensemble dans un lit. Harry n’avait aucune stabilité dans sa vie, il se réveillait bien souvent avec une fille différente dans son lit mais cela le fatiguait plutôt qu’autre chose. Il aimait le semblant d’habitude qu’il avait instauré avec Alicia.

Il remarquait que le monde autour de lui se rangeait, cessait les sorties pour construire un foyer et essayait d’aller de l’avant. Ils avaient tous fini par avancer après la Bataille Finale, essayant d’enfouir les horreurs de cette boucherie au plus profond d’eux-mêmes. Ils avaient du courage quelque part de vouloir construire quelque chose malgré les blessures du passé. Harry, de son côté, n’avait pas pu faire de même. Ses amis ne l’accompagnaient plus dans ses sorties mais il s’était trouvé certains dérivatifs. Quant aux filles qui l’entouraient, elles étaient éphémères, anonymes et peu intéressantes. Cependant, il ne pouvait s’empêcher de rechercher leur présence, peut-être simplement pour le plaisir de la chair ou pour se sentir aimé – ce qui était horriblement honteux à ses yeux. Son style de vie aussi précaire soit-il était le seul potable qu’il pouvait encore suivre. Il pensait faire de son mieux malgré ce que pouvaient suggérer Remus et ses amis.

Cependant, mine de rien, il trouvait de plus en plus que ces filles étaient sans saveur. Elles ne l’excitaient plus autant qu’avant. Il fallait dire qu’Harry recherchait certainement autre chose qu’une partie de jambes en l’air et ce qu’elles lui offraient n’égalaient pas ce qu’il désirait réellement.

Harry était de plus en plus consterné par la teneur des dossiers qu’il devait rédiger. Certaines feuilles contenaient des questions aussi stupides que : Aimez-vous l’ambiance au Quartier des Aurors ? Que pensez-vous de la décoration et du mobilier ? Rien de bien intéressant, en somme. Il s’agissait des petits sondages effectués durant les premiers jours de l’apprentissage et qu’Harry n’avait jamais rendus.

XXXXXX

Midi allait sonner, Harry rangeait enfin ses affaires pour aller déjeuner quand une lumière rouge et vivace électrisa la pièce. Les Aurors présents se figèrent avant de tourner la tête vers le tableau d’affichage. Le système d’alarme venait d’être déclenché : signe qu’une urgence appelait l’aide d’Aurors quelque part. D’une écriture large et pétante, les noms des Aurors appelés s’inscrivirent sur le tableau du fond de la pièce. Harry fut soulagé d’apercevoir le sien juste en-dessous de celui de Ron.

Kylian fit un signe de la main aux personnes retenues d’entrer dans la salle de réunion. La confidentialité était toujours de mise avant d’intervenir sur le terrain. Il était important de recevoir les informations en privé, loin des autres Aurors.

D’une voix forte, le Chef des Aurors débita à toute vitesse :

- Il s’agit d’une attaque sur High Street à West Wickham. Cinq mangemorts. Arrêtez-les et je ne veux aucun blessé !

Tout le monde transplana dans un même mouvement mais Kylian retint Harry avant que celui-ci ne disparaisse :

- Dirige l’équipe, j’ai peur que ce ne soit une embuscade, il y a trois autres attaques qui ont été signalées à l’instant, fais attention !

Harry hocha la tête et rejoignit les autres. Ils avaient atterri dans les toilettes d’un restaurant. En vue de l’odeur qu’ils humaient, il s’agissait d’un mexicain. Ils sortirent avec hâte, couvert d’un sort de dissimulation et Harry dévisagea brièvement ses collègues. Il les connaissait tous plus ou moins bien. D’habitude il travaillait avec sa propre équipe mais celle-ci était occupée ailleurs. Il se sentait un peu déstabilisé par ces autres personnes dont il ne connaissait ni la technique de combat ni les années d’expérience. Cependant, il prit quand même les rênes de l’assaut.

- Weasley, Michigan, Bloom et Fisher surveillez la passerelle droite, Olsen, Nguyen et Wood sur la passerelle gauche, tous les autres avec moi, tenez-vous prêts.

Ils sortirent tous et empruntèrent les passerelles demandées. Ils avaient atterri à l’intérieur d’une sorte de marché couvert sur lequel s’ouvraient différentes passerelles sur de grands halls tantôt découverts tantôt fermés par des toits de tuiles. Harry et son équipe partirent vers la passerelle juste derrière eux. En jetant un œil vers le sol, Harry s’aperçut qu’ils étaient au deuxième étage d’une espèce de complexe commercial rempli de boutiques, de restaurants et d’autres endroits plus étranges. Cela ressemblait légèrement au Camden Market du nord de Londres dans lequel de vieux entrepôts de briques se rejoignaient par des passerelles à ciel ouvert.

L’endroit semblait étrangement désert mais ils distinguèrent sans peine du grabuge dans le bâtiment piteux qu’ils rejoignaient par la passerelle. Un léger vent faisait voler des cendres autour de ce qui semblait être une ancienne usine transformée en hôtel bas de gamme. Le détecteur de mangemorts était toujours activé, ce qui signifiait que les truands étaient toujours sur place. Le calme était terrifiant et à la fois euphorisant. Harry marchait très lentement sur la passerelle et atteint finalement la porte de fer du bâtiment. Il l’ouvrit d’un sort et jeta un œil au sombre couloir qui s’étalait devant lui, faiblement éclairé par de fausses chandelles accrochées au mur. Il était recouvert d’un tapis rouge enduit de poussière. Ils venaient d’entrer dans l’hôtel par ce qui semblait être une sortie de secours. Les deux autres hommes suivaient Harry en file indienne sans faire un seul bruit. Le parquet sur lequel était posé le tapis grinçait quelque peu mais rien de trop alarmant.

Cependant, les trois Aurors entendirent parfois quelques bruits provenant des portes qu’ils dépassaient à très lente allure. Des numéros étaient inscrits sur ces portes, leur peinture dorée s’était écaillée et il était difficile de reconnaître certains chiffres. Il semblait évident que l’hôtel était totalement en ruines. Il était même surprenant de savoir que des gens continuaient à vivre là-dedans. Au milieu du couloir, Harry stoppa sa marche et écouta attentivement les bruits qui provenaient de la porte sur sa gauche. Les lumières du couloir vacillèrent un instant, comme emportées par une brève coupure d’électricité. Harry semblait discerner des gémissements de douleur à l’intérieur de cette chambre. Il fit signe à son équipe et se tint prêt, la baguette en l’air devant la porte. Il ferma son esprit et le regard dur, il ouvrit la porte d’un geste brusque. Il faisait si sombre dans la pièce qu’il était impossible de voir quoique ce soit. Les deux Aurors produisirent de puissants « Lumos » et Harry distingua le lieu plus facilement. Ils virent immédiatement trois corps allongés sur le sol de la chambre. Ils semblaient blessés. Harry s’approcha de l’un d’eux mais ce dernier ne le vit pas, il était évanoui. La seule personne éveillée les regardait avec une grande crainte. Un des Aurors vint la rassurer tandis qu’Harry et son collègue continuaient d’inspecter la pièce, sans un mot.

- Regardez ce qu’ils ont mais n’appelez pas les guérisseurs maintenant, ordonna Harry avant de s’avancer vers la porte du fond.

- Qui vous a fait ça ? demanda un des Aurors à la jeune femme en très mauvais état.

- Les… mangem…

- D’accord, restez ici tous ! chuchota Harry d’une voix ferme et autoritaire.

Les Aurors lui lancèrent un regard sceptique comme s’ils pensaient qu’il était inutile de donner cet ordre car ils n’avaient aucune intention de bouger. En effet, une atmosphère terrifiante régnait en ces lieux : cela ne tenait pourtant pas dans la décoration archaïque de la pièce ni l’obscurité opaque qu’aucune lumière ne semblait vaincre totalement. L’air était glacial au fur et à mesure qu’Harry s’approchait de la porte du fond.

L’Auror ne voulait pas s’attarder derrière la porte, peu enclin à laisser la panique l’envahir. Il ouvrit la porte à la volée : l’endroit était désert et le froid mordant. Il n’y avait strictement rien excepté une feuille de papier sur le sol. Harry hésita sur le seuil de la pièce, les sourcils froncés, le cœur battant. Il entendit le plancher grincer derrière lui et devina qu’un des Aurors s’était relevé pour voir ce qu’il y avait dans la pièce. Harry s’avança d’un pas prudent et atteignit le milieu de la pièce plus vite qu’il ne l’aurait voulu. Il se pencha légèrement pour observer le papier plus précisément, l’écriture était fine, serrée et pleine de fioritures. Le temps qu’il déchiffre les quelques mots, il était déjà trop tard. Sur le papier était écrit : « Pris au piège ». La porte claqua violemment, emportant avec elle quelques résidus de peinture séchée qui se décollèrent du mur. La lumière provenant de la pièce adjacente disparut et laissa Harry dans le noir complet.

Harry courut vers la porte mais celle-ci était verrouillée. Il entendait l’Auror derrière la porte qui s’étouffait de jurons en tentant de desceller l’entrée. Harry essaya de transplaner mais un étau de fer l’étreignit à la taille à l’instant où il pensait pouvoir s’échapper. Il jura dans sa barbe. Il était coincé.

Il se tourna vers le centre de la pièce, tremblant de froid et quelque peu de peur également. Soudain, un jaillissement de flamme l’aveugla et le força à protéger ses yeux. Il connaissait bien ce feu rougeoyant empreint de puissance. Il s’agissait du moyen de téléportation d’une personne qu’il ne pensait pas revoir si tôt… Le fils de Voldemort en personne. Harry sentit sa gorge s’assécher et crut qu’il allait défaillir mais le sang-froid inonda son cerveau et lui apporta le calme nécessaire pour rester concentré.

Il se demandait ce que cette raclure faisait là. Pourquoi maintenant ? Que lui voulait-il ? « Brillante question ! » pensa Harry d’un air lugubre. Les Mages Noirs avaient toujours quelque affaire à régler avec lui. Cela n’avait rien de nouveau mais il fallait croire que l’idée n’était pas encore profondément entrée dans son crâne.

Il distingua les contours de sa silhouette élancée derrière le mur de flammes et entendit bientôt sa voix lui parvenir à l’oreille. Vulkaan Voldemort semblait en grande forme : il souriait narquoisement, semblant amusé d’observer le Survivant en si mauvaise posture.

- Mon père m’avait dit que tu étais facilement manipulable, Potter. Pour l’instant, je lui donne raison, lança-t-il d’une voix suave, ensorcelante qui n’eut pourtant aucun effet sur le principal intéressé.

- Tu sembles oublier que c’est moi qui l’ai tué, ton cher paternel ! répliqua Harry vivement, le regard mauvais.

- Lumos, lança-t-il lorsque les flammes de sa téléportation eurent totalement disparu, je préfère te combattre en te regardant dans les yeux.

Harry ne répondit pas, il s’était déjà focalisé sur les gestes du Mage Noir. Il avait déjà eu l’occasion de se battre contre lui : il était très jeune et peu expérimenté car en réalité Vulkaan Voldemort n’avait que deux ans de plus qu’Harry. Cependant contrairement à ce dernier, il n’avait pas l’habitude des combats. Harry s’était vite aperçu qu’il ne possédait pas le pouvoir de son père… Quant à lui, il se sentait bien plus puissant, surtout depuis qu’il avait reçu les pouvoirs de Voldemort à sa mort. Néanmoins, le fils de Lord Voldemort n’était pas un simple sorcier, il était tout de même très puissant et la moindre erreur pourrait être fatale. Harry le savait.

Harry ne voulut pas rentrer dans le jeu de provocation du Mage Noir et fit débuter le duel en commençant par lancer des sorts élémentaires. Voldemort Junior parut agacé par ce début des hostilités : il les repoussa facilement mais se lassa rapidement de cette mise en scène. Il lança des sorts plus puissants qui arrachèrent un sourire à Harry : il revoyait les mêmes techniques de combat que son père, cette impatience mêlée de désinvolture qui avaient eu raison du grand sorcier. Harry sortit un bouclier de sa baguette et renvoya ses propres sorts à son propriétaire.

- Impedimenta !

- Finite incantatum.

- Expecto Casum !

Harry se pencha à temps et rejeta un sort d’immobilisation tout en s’agrémentant d’une protection. Il n’eut pas le temps de la finaliser que le Mage Noir l’inondait de sorts de magie noire démentiels qu’Harry ne connaissait pas. De toute évidence, Vulkaan Voldemort avait amélioré certains sortilèges de façon terrifiante.

Harry se jeta de côté et le martela d’un sort coupant les sens des jambes. Comme il s’en doutait, le prince des ténèbres le dévia rapidement. Cependant, ce laps de temps permit à Harry de se relever. Il prononça une incantation et se retrouva derrière le sorcier à une vitesse affolante. Vulkaan Voldemort n’eut pas le temps d’anticiper et Harry en profita pour jeter un sort d’immobilité par les eaux : un jet d’eau bleue vive s’enroula autour du fils de Voldemort. Harry n’hésita pas plus : il frappa à la porte, espérant que les Aurors l’entendraient et fit le signal de SOS qu’ils devraient rapidement reconnaître. Harry aurait pu combattre Voldemort à mort mais il savait qu’il n’avait pas la même force que le jour où il avait tué Voldemort Senior et il n’était pas sûr de pouvoir le neutraliser sans créer un cataclysme dans ce quartier moldu.

Les doutes du Survivant s’avéraient de plus en plus véridiques à mesure que le temps passait. Harry s’aperçut que Vulkaan Voldemort s’était d’ores et déjà débarrassé de son sort paralysant et s’apprêtait à envoyer d’obscurs sortilèges. Harry les refoula à la dernière seconde mais son équilibre se fissura et il manqua de tomber au sol. Le mage noir profita de cet infime instant pour lancer un puissant sort qui propulsa Harry contre le mur de la pièce.

Une douleur aigüe, insoutenable s’éveilla dans le dos du Survivant et lui arracha un cri de souffrance. Il aperçut à travers ses yeux mi-clos la silhouette de Vulkaan Voldemort s’approcher de lui d’un pas lent, prévoyant. Harry savait qu’il était à sa merci, il allait mourir ici même par la main du fils de Lord Voldemort. Harry luttait pour ne pas défaillir, déterminé à affronter la mort dignement. Il lança un regard de défi au mage noir et décela dans ses yeux noirs quelque chose de différent de tout ce qu’il avait pu voir jusqu’à maintenant, quelque chose de redoutablement dérangeant qui le mit dans une transe singulière. Ce n’était pas désagréable mais Harry ne voulait pas mourir ainsi, et avant qu’une quelconque pensée cohérente ne lui permette d’analyser cette situation, il sombra dans le coma en priant pour que Vulkaan Voldemort n’embrase pas son corps.

N’importe quoi mais pas l’immolation, pensa-t-il bêtement aux portes de l'évanouissement.

XXXXXX

Ron, de son côté, était parti sur la passerelle de droite : il avait pris les commandes de son groupe, chose qu’il ne faisait que très rarement. Il ressortit toute la technique qu’il avait apprise pendant presque trois ans, restant aux aguets, prêt à intervenir au moindre mouvement ou au plus sourd des bruits. La passerelle survolait une route à quatre voies, Ron et son équipe durent se rendre invisible pour pouvoir accéder à l’immeuble d’en face sans être vus des voitures en dessous d’eux.

Quand ils franchirent la porte de fer, ils virent tout de suite que le hall où ils avaient atterris portait les traces d’une bagarre. Des Moldus avaient été assassinés lapidairement et des sorciers reconnaissables à leurs habits étaient encore vivants attachés par des liens magiques sur les rambardes d’un escalier.

- Des démons ! Des Mangemorts Démoniaques sont venus ! Visqueux, rampants… Ils voulaient le sceptre… mais qu’est-ce que c’est que le sceptre ? Bon sang… Serpents ! hurlait une vieille dame à s’en perdre la voix, les yeux révulsés, semblant sortir de leur orbite.

- Ils lui ont jeté un sort de folie, Weasley, dit un des Aurors, la mine sombre.

- Oui j’avais remarqué, répondit Ron.

- Ils ont transplané, il n’y a pas de traces d’eux à l’étage, déclara Fisher qui revenait de sa fouille avec Bloom.

- Bon, appelez les guérisseurs, Michigan et moi, on va voir si les autres ont des problèmes. Restez ici jusqu’à l’arrivée des guérisseurs.

Ron et Michigan tournèrent les talons et traversèrent de nouveau la passerelle. Son instinct lui dictait de vérifier comment se portait l’équipe d’Harry. Alors qu’ils marchaient, Michigan lui murmura à l’oreille :

- À ton avis, c’était quoi les sceptres dont elle parlait ?

Ron haussa les épaules en signe d’ignorance. Il n’en avait pas la moindre idée mais cela ne le rassurait absolument pas. Accélérant le pas, Ron grimpa l’escalier le plus rapidement qu’il put. Arrivé au premier étage, sa première constatation fut de reconnaître la noirceur des lieux. Il sortit sa baguette et la tendit droit devant lui : l’endroit était lugubre, détérioré. Le long corridor qu’ils traversaient était recouvert d’un parquet usé sur lequel s’étalait un vieux tapis poussiéreux. Ron et les autres pénétrèrent la pièce par laquelle Harry avait disparu et ils y virent Baudouin qui agitait furieusement sa baguette magique contre la porte du fond tandis que Fritz appelait les guérisseurs. Tous deux avaient l’air affolé.

- Weasley ! s’écria Baudouin, Potter est enfermé dans cette pièce, il a manifesté vouloir de l’aide mais malgré tous les sorts que je connaisse cette porte est restée close.

Ron accourut vers lui et colla son oreille contre la porte. Pendant près de deux secondes il écouta avec attention et ses yeux s’agrandirent sous la surprise, la peur et la stupeur.

- Appelez du renfort, vite ! cria-t-il aux Aurors.

Tous les mangemorts s’affairèrent et près de deux minutes plus tard, des tas de sorciers étaient dans la pièce. Même le Chef des Aurors s’était déplacé.

Ils expliquèrent rapidement la situation aux autres et presque aussitôt les meilleurs éléments du corps d’attaque essayèrent d’ouvrir la porte. Finalement, ils la firent disparaître dans un sursaut d'intelligence. Quand ils entrèrent, ils remarquèrent le plafond qui s'était écroulé sous la violence des sorts et le mur qui avait été partiellement éboulé à cause de l'impact provoqué par le corps d'Harry. Celui-ci était affalé contre le mur du fond, évanoui… ou mort.

Kylian qui était entré le premier courut vers son meilleur auror et vérifia s’il était en vie : il prit sa main et surveilla son pouls. Quand il sentit les petites pressions au niveau de son poignet il libéra un long soupir de soulagement en remerciant le ciel dans sa tête. Néanmoins, il était très faible et avait besoin de soins en urgence. Il hurla aux guérisseurs de venir. Les aurors restés au seuil de la porte les laissèrent entrer l'air préoccupé et alarmé. Le personnel médical bouscula Kylian et examina Harry sous tous ses angles avec des instruments bizarres qui diffusaient un doux son métallique.

Après plusieurs minutes, le plus jeune des guérisseurs se tourna, la sueur perlant son front et annonça à Kylian qu’il devait être emmené sur-le-champ à Ste-Mangouste.

- Il vient juste d’y revenir, fit Kylian avec peine.

Ron, qui s’était avancé, regardait son meilleur ami, plus pâle que la mort et un sourire se dessina sur ses lèvres malgré son inquiétude.

Il avait pu voir Harry quelques minutes après son combat contre Lord Voldemort. Il avait été le premier à arriver sur les lieux et l’état de son meilleur ami n’avait jamais été aussi grave. Alors qu’il contemplait les traits fatigués d’Harry, il fut rassuré de se dire que ce n’était absolument rien comparé à ce qu’il avait déjà vécu. Il était absolument persuadé qu’Harry s’en sortirait. Néanmoins, l’inquiétude fit rapidement place à l’irritation. Il détourna les yeux de son ami évanoui sur le sol. Harry se mettait toujours dans des situations délicates sans que Voldemort y soit pour quelque chose cette fois. Il était resté un aimant à ennuis. Parfois, Ron se disait qu’il finirait par mourir d’une crise cardiaque à cause de tous les tourments que lui faisaient subir son meilleur ami. Les guérisseurs transplanèrent avec le corps faible d’Harry et Ron les suivit sans hésiter une seule seconde.

De son côté, Kylian réprima son envie de les rattraper et se tourna vers ses aurors, prêt à régler les problèmes survenus et à remettre de l’ordre. Après tout, c’était son travail.

- Bon, Fritz, dépêchez vous de réparer les dégâts, c'est un quartier moldu. Bloom, faites des recherches à propos de tous les moldus et sorciers tués. Ne révélez rien à la presse pour le moment ! s'exclama Kylian, l'œil fixe et sévère. Michigan, rédigez un rapport précis à propos des éléments étranges que la dame dont vous m'avez parlé nous a fait part, interrogez-là surtout ! Quand Harry aura repris connaissance je l’interrogerai moi-même. Les autres suivez-moi, réunion dans deux minutes au ministère.

Kylian lança un regard circulaire à la foule agglutinée devant lui pour s’assurer que les choses étaient bien claires pour tout le monde puis il transplana vers son bureau. Il interpella sa secrétaire et l’avertit de la situation afin qu’elle prévienne Dumbledore et les autres membres de l’Ordre du Phénix dont Harry faisait partie ainsi que Kylian. Il esquissa un léger sourire à sa secrétaire puis quitta la pièce.

Il se dirigeait vers la salle de réunion d’un pas décidé lorsque deux bras fins le happèrent par la taille. Il se retourna vivement et fit face à sa fiancée qui lui offrait un sourire resplendissant.

- Cho ? Je suis pressé ma chérie, j’ai une réunion, il y a eu une attaque… et… commença Kylian d'une voix hachée.

Il eut un moment d’hésitation, avisa le magnifique sourire de sa femme puis décida qu’il aurait tout le temps de lui annoncer l’état d’Harry lorsqu’il rentrerait chez lui. Il était strictement inutile de s’en soucier maintenant et d’inquiéter sa femme inutilement.

- Enfin, je te raconterai, à ce soir !

- Oui, c'est ça, à ce soir, répondit Cho, déçue et soupçonneuse. Elle avait de toute évidence décelé de l’inquiétude dans l’attitude de son fiancé.

Kylian ressentit un léger remord lui pincer l’estomac mais n’y fit pas attention. Il se rendit presque en courant à la salle de réunion et s’aperçut que tout le monde était déjà là : la quasi totalité des Aurors.

- Bon ! Bonjour à tous. Nous avons un gros problème. Comme vous le savez il y a eu quatre attaques cette après-midi, dont une très préoccupante. Harry Potter s’est fait attaqué, on ignore par qui pour le moment. Harry a été transféré à Ste-Mangouste et il est toujours dans le coma, annonça Kylian avec une voix légèrement tremblante. Je l’interrogerai sur ce point dès qu’il ira mieux. Ce qui me semble le plus important est que c’est en tout point une embuscade... Les trois autres attaques n’étaient que des petites urgences, rien de bien méchant. En fait, j’imagine que les mangemorts ont mis en place ces autres urgences mineures pour qu’ils soient sûrs que les Aurors principaux y soient envoyés mais ils nous ont bien fait comprendre que l’attaque qu’Harry a menée était bien plus importante. Ainsi, ils étaient certains qu'il y serait vu ses compétences… En tout cas si ce n’est pas ça qu’ils avaient imaginé ça m’a tout l’air d’un piège tout droit destiné à faire tomber Harry.

- Mais, Kylian, objecta une petite sorcière à l’allure débraillée, Harry n’était-il pas recalé ?

- Si, il l’était mais je lui avais dit qu’il serait mis sur les urgences si urgence il y aurait, répondit Kylian, assez embarrassé.

- Alors comment se fait-il que les mangemorts aient cru qu’il viendrait quand même ? demanda un des Aurors.

- Ils devaient vraisemblablement ignorer qu’Harry était en repos, Riesling.

- Nous n’avons attrapé aucun mangemort ?

- Malheureusement, non.

- Qui aurait pu le faire s’évanouir, Kylian ? demanda Tonks.

- On ne peut faire que des suppositions mais l’hypothèse Vulkaan Voldemort n’est évidemment pas à exclure.

Cette dernière phrase eut l’effet d'une douche froide et stupéfiante dans la salle. Tout le monde eut un léger frisson qu’ils essayèrent de dissimuler rapidement. Non pas qu’il soit plus intimidant que son père mais la simple menace de voir à nouveau un Seigneur des Ténèbres surgir de l’ombre les faisait trembler de peur et de colère noire.

Ils discutèrent encore quelques temps mais ils savaient qu’ils n’aboutiraient à rien de concret sans les révélations d’Harry et celles des sorciers sur place. Bien qu’apparemment tout ceci ne fût qu’un prétexte pour attirer le Survivant, il n’y avait pas de doutes sur le fait qu’un autre facteur avait été pris en compte. Les sceptres dont avait parlée la vieille dame n’était pas une fabulation : ils existaient bien ; West Wickham n’était pas un quartier si anonyme que cela aux oreilles des sorciers. En fait, il était connu au nom d’une vieille légende très ancienne et pratiquement oubliée, surtout dans le Quartier des Aurors où toute trace d’histoires grandiloquentes était rayée d’un simple coup de crayon. Ils n’avaient pas de temps à perdre avec des contes de fées.

XXXXXX

Harry sentit comme du plomb dans son crâne lorsqu’il se réveilla trois jours plus tard. Sa tête lancinait douloureusement et il n’osait même pas ouvrir les yeux de peur de voir s’aggraver sa douleur. De plus, il sentait les autres parties de son corps être particulièrement endolories. Un seul mouvement était susceptible de le faire souffrir. Il était encore imprégné de sommeil et il ne se posa même pas la question de savoir où il était.

Tout ce qu’il sentait était un lit incroyablement dur mais aux draps propres et doux qui sentaient par ailleurs pas trop mauvais. En revanche, une odeur particulière flottait dans la pièce. Il connaissait bien cette odeur, elle lui était familière. Le désinfectant mélangé à la senteur de la propreté irréprochable : ce relent si impersonnel et emprunt de mauvais souvenirs.

Harry ouvrit les yeux d’un seul coup et s’étrangla presque en découvrant les murs blancs, les lits métalliques, le matériel de soins à côté de son lit et l’infirmière défraîchie à l’autre bout de la pièce.

- Oh non ! marmonna-t-il, fermant les yeux de dépit.

Il était désespéré de se retrouver sans arrêts dans un lit d’hôpital. Pourquoi fallait-il qu’il se réveille au moins une fois par mois dans cet endroit horrible ?

- Monsieur Potter ! s’alarma l’infirmière, comment vous sentez-vous ?

- Comme si on m’avait écrasé la tête avec une brique, répliqua Harry, pas franchement de bonne humeur.

Un petit rire moqueur se fit entendre dans la pièce, Harry tourna la tête et découvrit une guérisseuse de dos en train de s’affairer à transposer un liquide transparent dans une aguille. Il leva un sourcil intrigué, peu enclin à être taquiné avec une telle douleur dans le crâne.

- Je peux savoir ce qui vous fait rire ? demanda Harry à la jeune fille.

- Vous, monsieur Potter, répliqua-t-elle, vous retrouver deux fois à l’hôpital dans la même semaine, c’est très fort. Si vous avez le béguin pour Brigitte il faut lui avouer…

La Brigitte en question, vexée, partit en secouant les épaules. Apparemment, l’entente n'était pas des plus harmonieuses entre les deux femmes. Au moment où Harry se faisait cette réflexion, la guérisseuse se retourna en tenant une monstrueuse aiguille entre les doigts.

Harry la détailla rapidement du regard. Cette fille était très belle. Il détourna les yeux, ne souhaitant pas s’attarder sur le physique de la guérisseuse. Elle avait de longs cheveux noirs et des yeux bleus perçants qui possédaient un petit air intransigeant. Elle n’avait pas l’air particulièrement commode bien que le ton de sa voix fut doux.

- Je vais vous donner une potion pour votre tête, vous avez dû être frappé très violemment.

Incapable d’éviter son regard, Harry la contempla de nouveau. Sa peau avait un teint clair mais ses joues avaient inexplicablement rougi. Elle était grande, portée par de longues jambes fines, et c’était aux yeux d’Harry les plus beaux atouts de la jeune fille. Il avait cependant du mal à trancher entre ses yeux et ses jambes.

Harry ressentit une impression étrange comme lorsqu’il était sujet aux malédictions et autres sortilèges déplaisants. Il se souvenait des sorts d’allégresse, de leur effet bienfaiteur mais également de leur côté factice, passablement fade. Il avait l’impression d’être sous l’influence d’un sort dont la durée de vie n’avait pas été déterminée. Il espérait que cette sensation disparaîtrait rapidement.

Cette fille qui l’avait agacé un peu plus tôt devenait la fille la plus attirante qu’il n’avait jamais vue. Il aurait été incapable de dire exactement pourquoi. Il avait rencontré des millions de filles. Il ne pourrait dire en quoi elle semblait plus belle que toutes les autres. Qu’avait-elle de plus que les femmes parfaites à tous points de vue qui avaient croisé son chemin ? Il n’en avait pas la moindre idée. Cette constatation le laissa songeur.

- Vous craignez les piqûres monsieur Potter ? demanda-t-elle, prenant le mutisme d’Harry pour de la peur vis-à-vis de l’aiguille, il ne faut pas s'en inquiéter, c’est totalement indolore.

Harry acquiesça, distrait.

- Qu’est-ce que c’est ? demanda-t-il finalement.

- Un antidouleur, répondit-elle, enfin… Seulement pour les maux de têtes… Vous risquez d'être pris de fièvre pendant encore quelques jours.

- Je ne me sens pas fiévreux, répondit celui-ci en regardant fixement le nom épinglé de la jeune fille sur sa blouse. Il y était inscrit « Agatha O’Meara ».

- Bon, vous allez sentir un léger picotement…

- Je sais, j’ai l’habitude, répliqua-t-il en la regardant dans les yeux, ce qui n’était pas aussi facile que cela.

Elle leva un sourcil mais ne fit pas d’objection. Elle posa le bout de l’aiguille sur son bras et enfonça la fine tige dans sa veine. Il ne tressaillit pas une seule fois mais continuait de la regarder : il aimait l’expression de sa concentration extrême. Un léger sourire se dessina sur ses lèvres. Agatha, quant à elle, sentit le regard brûlant du jeune homme et elle en était pour tout dire légèrement gênée.

- C’est déjà terminé, c’est très rapide, dit-elle pour dissiper le silence qui s’était installé.

Agatha O’Meara essayait de mesurer la fierté qu’elle ressentait à être la médicomage d’Harry Potter. Elle avait été extrêmement flattée que le dossier lui soit destiné vu le nombre de guérisseurs qui lorgnaient dessus. Récemment, Agatha avait publié une thèse qui n’avait pas plu à tout le monde mais cela lui avait donné la réputation d’une femme déterminée qui avait de la suite dans les idées. Ses théories concernant la médicomagie n’étaient pas conventionnelles mais elles étaient efficaces et c’était aux yeux d’Agatha tout ce qui comptait. Le résultat avant tout et pour elle, rien ne comptait plus que de sauver des vies.

Le fait que ce dossier lui soit confié était une preuve de confiance. Elle plongea son regard dans celui du Survivant et fut troublée d’y voir une grande curiosité à son égard. Il semblait vouloir lire en elle. Il y avait une intensité peu commune dans ce regard et cela la fit frissonner. Durant son coma, Agatha avait pu admirer à loisir le physique de son patient et elle avait pu rejoindre les magazines qui encensaient sa beauté. Cependant, ses yeux étaient encore bien au-dessus de sa plastique parfaite.

- Quand est-ce que je pourrais sortirais ? demanda Harry d’une voix plus faible qu’il aurait voulu.

- Encore quelques jours à attendre, votre état était alarmant, vous savez… d’ailleurs je crois que beaucoup de personnes aimeraient savoir ce qui s’est passé.

- Kylian est venu, c’est ça ? demanda-t-il.

- Vous parlez de Monsieur Stevenson ?

Harry hocha la tête.

- Oui, il est venu, mais pas seulement. De mémoire je sais qu’Hermione Granger et Ron Weasley sont venus ainsi que Cho Chang, Ginevra Weasley, Alicia Neil…

- Alicia ? fit Harry, étonné avant d'émettre un rire moqueur, je n’aurais jamais pensé qu’elle viendrait…

Harry essaya de se redresser dans son lit mais la douleur dans son dos le stoppa immédiatement dans son mouvement.

- Et vous savez si Remus Lupin est venu ? reprit Harry avec anxiété.

- Mais pour qui me prends-tu ? s'indigna Remus, sur le seuil de la porte ; un trait anxieux barrait son front.

- Remus ! s’exclama Harry.

- Monsieur Lupin, ce n’est pas l’heure des visites, réprimanda Agatha d'une voix ferme.

- Oh allez Agatha, je connais bien ton père, tu peux me faire cette faveur ! répondit Rémus en souriant gaiement.

- Tu la connais ? fit Harry en fronçant les sourcils.

- Surtout son père, répondit le loup garou.

- Bon, ne vous attardez pas trop, je vais vous laisser, intervint Agatha avant de quitter la pièce.

- Depuis quand tu connais son père ? demanda Harry, toujours étonné.

- Un camarade d’école guérisseur lui-aussi, répondit-il, mais je ne suis pas venu ici pour parler de Dorien O’Meara, comment est-ce que tu vas ?

- Moyen, tu sais la routine, quoi, répondit le brun.

- Je sais, je sais, je commence à bien connaître ton travail, admit-il, mais que s’est-il passé exactement ?

Harry se releva sur son lit et soupira longuement. Il réprima une grimace quand il sentit que sa jambe continuait de le faire souffrir. Il aurait préféré un antidouleur pour autre chose que sa tête.

- M’suis battu, grommela-t-il.

- Ça je l’avais compris, mon bonhomme… murmura Remus d’un air sombre.

- Avec Vulkaan Voldemort, précisa Harry, surveillant la réaction de son ami.

- Eh bien tu ne lésines pas ! Tu étais censé être en repos, est-ce que je dois te rappeler que tu as failli mourir il y a à peine une semaine et que tu nous as fait le même coup il y a trois mois ?

- Je sais ! s’exclama Harry, ça ne m’amuse pas vraiment, tu sais.

- Très franchement, quelque fois, j’ai l’impression que tu cherches les ennuis.

D’un geste brusque de la main, Harry scella la porte de la chambre. Il n’aimait pas les insinuations de Remus et le seul moyen de les contrecarrer était de lui dire la vérité.

- J’ai été piégé, expliqua-t-il d’une voix froide.

- Ah oui ?

- Oui ! Ce fils de pute m’a…

- Harry ! s'exclama Rémus en fronçant les sourcils, tu peux rester poli quand même, non ?

- Pourquoi ? C’est la vérité, répliqua-t-il.

Rrmus secoua la tête avec lassitude et le laissa continuer.

- Donc, je disais qu’il m’avait piégé, un piège débile vraiment, je ne sais même pas comment j’ai pu tomber dedans… poursuivit Harry alors qu’il se remémorait ce qui s’était passé à West Wickham.

- T’as dû tomber de haut, en effet ! le taquina Rémus avec un sourire moqueur.

- Je t’en prie, tu te moques de moi alors que je suis presque mourant… grommela Harry d’un air grognon.

- Oh ! s'époumona Remus, un large sourire accroché aux lèvres, un mourant ne serait pas si agaçant j’en suis sûr, pour preuve tu faisais moins le malin après la défaite de Voldemort, je m’en souviens…

Harry eut un petit rire et hocha la tête se perdant dans des pensées peu gaies. Harry se souvenait très bien de cette bataille sanglante où il avait perdu tellement de choses. Son innocence et son insouciance déjà bien amochées lui avaient été complètement dérobées depuis ce jour de victoire mais également de deuil. Les deux grands frères de Ron, Charlie et Bill avaient péri au combat : Bill avait laissé une femme veuve Fleur Delacour et sa fille Julia sans père. Hagrid était également mort tué par son propre clan, suite à une révolte de géants qui s’en étaient pris au plus faible d’entre eux. Minerva McGonagall morte peu après la bataille de ses blessures… Il y eut d’autres morts, plus ou moins affiliées à Harry, des camarades d’écoles également tels que Seamus Finnigan, Mickael Corner, Angelina Johnson et Susan Bones.

D’un autre côté, cette bataille avait apporté des grands changements. Ainsi Harry trouva en Drago Malefoy une âme de confiance : ce dernier qu’il méprisait toujours autant avait tué son père et s’était allié à Harry à un moment critique où seule son aide avait pu les sauver. Le fils de Voldemort s’était montré au grand jour, révélant son existence au monde alors que très peu de personnes le connaissaient.

Harry avait tué Bellatrix Lestrange de ses mains, il l’avait étranglée. Non pas qu’il le voulait absolument mais tous deux avaient égaré leurs baguettes dans la lutte. Cependant, secrètement, Harry n’éprouvait aucun regret : ça avait été si simple et jouissif. Il avait tué d’autres personnes mais ça ne lui avait procuré nul bien, seulement de la répugnance, du dégoût, de la tristesse face à l’obligation qu’offrait la situation. Par contre, quand il avait tué Voldemort, il se souvenait avoir été heureux mais la bataille avait été tellement douloureuse, tellement harassante qu’au final il n’en gardait pas un souvenir précis. Harry était un tueur, il le savait, cette idée lui parcourait l’esprit très souvent.

Remus finit par partir en comprenant qu’Harry avait sûrement besoin de repos. De plus, Harry devrait affronter Kylian le lendemain matin et il savait que ce n’était pas une mince affaire.

Dix minutes après le départ de Remus, Harry s’ennuyait déjà, que pouvait-il bien faire ? Sa première idée fut de se lever, et d'arpenter la pièce mais il eut horriblement mal au dos quand il essaya de se relever. Il se mordit la lèvre pour ne pas laisser s’échapper un cri de douleur et se résigna avec sagesse en se disant qu’il valait mieux rester au lit. Harry s'étonna que quelqu’un lui ait amené ses affaires, il se demanda même s’ils n’étaient tout simplement pas restés là depuis sa première « visite » à l’hôpital plus tôt dans la semaine. Pris d’ennui, Harry finit par s’endormir à l’instant même où la guérisseuse Agatha O’Meara revenait faire un tour de ses patients. Quand elle entra dans la chambre de son patient préféré de la semaine, elle le découvrit endormi comme un bienheureux.

'Il a meilleure mine' pensa-t-elle en posant une main sur son front pour vérifier sa fièvre. Elle toucha légèrement sa cicatrice et, ce simple touché lui arracha un frisson d'épouvante. Quelles horreurs avaient pu être témoin cette cicatrice ?

Agatha descendit sa main le long de son visage, ne se rendant même pas compte de ce qu’elle faisait. Pourquoi cet homme lui faisait perdre tout son professionnalisme ? Pourtant, on ne pouvait pas dire qu’il l’incitait à agir ainsi. Agatha secoua la tête en se disant qu’elle devenait folle. Elle fit quelques rapides examens, et fut assurée qu'il se portait bien. Elle le regarda encore quelques instants, un léger trouble assombrissant son visage.

En tant qu'interne, elle avait de dures journées qui ne finissaient jamais. Elle n'avait pas de temps à perdre avec Harry Potter même s'il l’intriguait énormément. Peu importait que sa vie sociale soit un désert plus grand encore que le Sahara. Elle ne pouvait tout simplement pas se permettre de tomber sous le charme de cet homme… Cette pensée ne l’enchantait pas vraiment mais elle avait des priorités dans la vie. L’amour, jusqu’à présent, n’en faisait pas partie.


TO BE CONTINUED...

Vos avis sont très attendus. N'hésitez pas à en laisser ! Merci :).

SamaraXX.


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