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Author of 27 Stories |
Disclaimer : les persos issus de l'univers merveilleux de Harry Potter ne m'appartiennent toujours pas, etc… C'est pas un peu répétitif, non ?
Réponse aux reviews :
Oxymore : merci ! Tu as vu juste. Mais le plus important, c'est qu'ils l'ignorent tous les deux…
Le loup à la lune : merci et bonne année à toi aussi ! Notre cher prof de potions a bien des problèmes avec ses cheveux. Mais c'est le lot de tous les sex-symbols ! Au fait, à quand la suite de "la chair et le sang" (c'est que je suis en manque de Tristan, moi !)
Petite Dilly : merci pour Algie (il est très flatté) et pour moi (je suis encore plus flattée, mais maintenant, j'ai peur de ne plus être à la hauteur !) Snape ressemble à Snape, sauf qu'il grisonne des cheveux !
Méli-Mélo : merci ! Il faut dire que les autres profs n'ont pas ses problèmes capillaires… Pauvre Sev !
Bonne lecture !
Chapitre 2 : Professeur de potions cherche assistant
"Professeur de potions cherche assistant expérimenté ayant de bonnes références. Contactez S.R., poste restante, Pré-au-lard."
Algie relut l'annonce en souriant, visiblement satisfait.
Il avait répondu dès qu'il l'avait trouvée dans le journal, le cœur plein d'espoir.
Il s'était présenté comme major de promo de Saperlotte (célèbre école de magie américaine imaginaire à laquelle il avait toujours rêvé d'aller et qui lui permettait d'avoir un CV digne de ce nom) documentaliste émérite à la bibliothèque magique fédérale de Toronto (fameuse bibliothèque créée de toutes pièces par et pour les demandeurs d'emploi en mal d'expérience), spécialiste de la section "potions, botanique et minéralogie", et professeur particulier de la progéniture de la diplomatie canadienne à ses heures perdues. Le tout signé A. Iouzbhedlicz.
Comme tout bon CV, il allait de soi que celui-ci était un tissu de mensonges du début à la fin : il n'avait jamais mis les pieds dans une école de magie, ni même sur le nouveau continent, et les riches héritiers canadiens n'avaient pas la chance de bénéficier de son sens inné de la pédagogie et de ses connaissances illimitées en matière de potions.
Si Algie n'avait qu'un seul talent à vanter (outre, bien sûr, son joli minois, son charme indéniable, son intelligence cultivée et son irrésistible sens de l'humour), c'était bien celui de falsifier et d'inventer des CV dignes des plus grands peseurs sorciers de ce siècle. Il avait tour à tour été :
- rédacteur en sous-chef de la rubrique économie de "Sorcier International" (1)
- guérisseur secouriste de l'extrême à Bombay, Alger et Phnom Penh
- détective privé pour le compte du Département des Mystères (mais cela reste entre nous)
- co-directeur de la branche sécurité dans la filiale française de Gringott's.
Malheureusement, ses divers ex futurs employeurs n'avaient que rarement apprécié son imagination débordante. Peut-être aurait-il plus de chances avec S.R. …
Tard dans l'après midi, tandis que le vent et la pluie battaient avec rages les pierres ancestrales de la plus célèbre école de magie de Grande Bretagne, tandis que les élèves s'efforçaient avec peine de réfléchir sur l'interrogation surprise que leur professeur de potions leur avait réservée, Severus Rogue, alias S.R., lisait tranquillement son journal. Arrivé à la page jardinage (celle qui précède la rubrique beauté), il se demandait s'il devait jeter un coup d'œil discret à la page suivante. Peut-être y parlait-on des colorations capillaires ?
Il scruta ses imbéciles d'élèves d'un regard plus que menaçant. Les quelques braves qui avaient osé relever la tête de leur parchemin retournèrent bien vite à leur devoir, tandis que les délinquants en herbe, pris en flagrant délit de triche, récoltaient un zéro d'office, 5 heures de retenue et 50 points en moins. Rassuré quant à son pouvoir de répression sur ses étudiants, le professeur tourna doucement la page jardinage, comme si de rien n'était. Mais il sentit malgré tout une légère chaleur au niveau de ses joues, une moiteur dans ses paumes. Et s'il laissait tomber le journal ? Et si les élèves prenaient conscience de ce qu'il était en train de lire ? Ce serait la ruine pour sa réputation, et la fin pour sa carrière de martyriseur officiel de Poudlard…
"Maquillage-indélébile-épilation-définitive-des-sourcils-et-potions-pour-masques-de-beauté" lut-il d'une traite. Insatisfait, il tourna rapidement la page, l'air de rien. Alors ces potiches qui tenaient la rubrique beauté de la gazette du sorcier ne savaient même pas écrire un petit article sur les colorations capillaires ?
Déçu, il se jeta avec rage sur les petites annonces, espérant trouver l'offre d'emploi d'un tueur à gage. Mais la plupart des colonnes ne proposaient que des inscriptions bon marché à des fans club Harry Potter… Le professeur, anéanti par tant d'injustice dans ce bas monde, replia d'un geste furieux le journal, espérant secrètement que personne n' aurait l'audace de répondre à cette annonce idiote que Dumbledore l'avait obligé à passer…
Que pouvait-elle faire, par Merlin ?
Mais le thé allait refroidir. Elle penserait à cela plus tard…
Il demanda d'un air détaché s'il y avait du courrier pour S.R. La préposée le regarda avec dédain. Le professeur de potions cacherait-il une liaison secrète pour ne pas faire suivre son courrier jusqu'au château ? Soit dit en passant, ses cheveux commençaient sérieusement à blanchir… Il devrait songer à faire quelque ch…
Mais le fil de ses pensées fut interrompu par un regard noir dudit professeur. Elle lui tendit une enveloppe légèrement parfumée. Severus Rogue soupira en empochant la lettre, visiblement déçu et s'empressa de quitter le bureau de poste et le regard indiscret de la préposée.
Arrivé dans un coin désert, il ressortit la lettre de sa poche et observa attentivement l'adresse du destinataire. L'écriture, délicate et recherchée, était à coup sûr celle d'…
- Une femme !
Le cri d'horreur de Severus Rogue retentit autour de lui. Fort heureusement, personne n'avait été sur les lieux pour témoigner de cette exclamation qui prêtait à confusion. C'était du moins ce qu'il croyait…
Dumbledore hésita. Il fallait un endroit agréable où son côté mage honnête et encensé ressortirait d'autant plus.
- Pourquoi pas à l'Anguille Récalcitrante ? demande Rogue, espérant dégoûter le futur assistant hypothétique.
Dumbledore le regarda, horrifié.
- Cette échoppe de misère qui sert de l'anguille frite à toutes les sauces ?
Rogue n'eut pas le courage de répondre. Il appréciait l'Anguille Récalcitrante pour ses prix bon marché, sa cuisine à l'huile et son aptitude à décourager les plus braves. (2)
- Ecrivez plutôt "au Bistrot des Boute-en-train", proposa le directeur.
Rogue retint un soupir dégoûté. Le rendez-vous des joyeux drilles du monde sorcier… Il ne manquait plus que ça…
- Ils y servent un excellent Brandy…
Soudain traversé par une pensée atroce, Rogue se tourna vers lui :
- Vous avez l'intention de venir ?
- Bien sûr ! répondit Dumbledore, tout sourire. J'ai pour habitude de toujours assister aux entretiens d'embauche. On y apprend parfois des choses fort utiles…
Rogue soupira bel et bien. Seul, il aurait pu se débarrasser de la prétendante. Avec Dumbledore, même un elfe de maison avait ses chances. Malheureusement, il n'était pas de taille à lutter contre le directeur…
Il en avait informé Mme Iouzbhedlicz, qui avait eu bien de la peine à masquer son soulagement. Elle s'était empressée de le rassurer, lui assurant que la place de professeur de chimie au collège Alfonsse Boui-Boui était toujours libre.
Mais Algie n'avait que faire d'un collège Moldu. Ce qu'il voulait, c'était un vrai sorcier.
Pourtant, la réponse tant attendue fit son apparition un soir pluvieux, sous les traits d'une chouette noire grisonnante, franchement miteuse et effrayante, transportant une lettre détrempée dont l'écriture fine, bien que peu soignée, était visiblement celle d'…
- Une femme ! s'écria Algie avec joie.
Avec un peu de chance, elle serait jolie et célibataire, et Algie ferait d'une pierre deux coups avec ce nouveau job…
Lorsque la maman d'Algie appris la nouvelle, elle faillit s'évanouir. S.R., malgré son écriture, était loin d'être une jolie demoiselle. Mais Algie aurait bien l'occasion de l'apprendre à ses dépends. Avec un peu de chance, Algie serait déçu et contrarié, et il renoncerait à cet emploi…
Le jour J, Algie se pomponna, bien décidé à faire la conquête de la belle S.R. …
(2) Cf. "Parenthèse", chapitre 7.