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lilou black
Author of 36 Stories
Rated: T - French - Drama/Romance - Sirius B. - Reviews: 565 - Updated: 10-22-05 - Published: 03-09-05 - Complete - id:2298423

Réponses aux reviews :

lovy : Merci beaucoup pour ton passage !

Ladyradcliffe : J'ai jamais lu "Les portes", mais on m'en a beaucoup parlé… Je le lirai peut-être quand j'aurai le temps… Je te remercie beaucoup pour tes compliments, et puis tiens, moi aussi je m'allume des clopes quand je lis une bonne fic, lol… Bisous à toi, et j'espère que tu aimeras ce dernier chapitre.

Andromaque : J'aime pas les "dark Harry" non plus… Mais Harry, c'est comme ça que je le vois. J'aime pas trop quand JKR en fait un ado rebelle, ou une espèce de pré-adulte bourré de sagessitude (oups, référence à Georgia, lol). Plein de gros bisous, et surveille bien ton petit frère.

ANONYMA : Merci beaucoup de ton passage… Je vais peut-être utiliser encore Antje par la suite, mais pas dans l'immédiat. Bisous.

Lily Petite Etoile : Coucou, toi ! Dis donc, ça fait un bail ! Mais c'est pas grave. Je suis contente que tu aies continué à suivre et à aimer ma fic, et j'espère que tu aimeras cet ultime chapitre. Moi aussi, j'ai pleuré à la fin du tome 5, et reprendre la scène de la mort de Sirius dans mon récit n'a pas été facile. Bisous à toi, et à bientôt.

Magaliocha : C'est vrai, ce dernier épilogue est radicalement différent… Pour le reste, c'est vrai que sans ma meilleure amie, je ne sais pas ce que je serais devenue. Elle est un des plus beaux cadeaux que m'ait fait le destin. Je t'embrasse bien fort aussi.

Llewella et Deirdre : Sans rancune pour la dernière review. En fait, je te remercie d'avoir été honnête. En y réfléchissant, c'est vrai que j'aurais pu ajouter certains éléments au passage en question, mais je te répète qu'il a été sacrément dur à écrire. Pour le chapitre précédent, ça m'a paru évident de l'écrire du point de vue de Harry. Remus, je ne vois pas vraiment ce que j'aurais pu lui faire dire, et du point de vue d'Antje, ç'aurait vraiment été trop larmoyant. Quant à savoir si le bébé est une fille ou un garçon, tu le sauras tout bientôt ! Bisous !

Tiflovehpworld0 : Tu auras des renseignements sur le bébé dans ce chapitre-là, même si c'est une alternative du précédent, lol. C'est vrai que dans mon esprit, Harry et Antje vont pouvoir compter l'un sur l'autre… Bisous.

Ithilwyn : Hello, ma belle… Merci beaucoup pour tes compliments qui m'ont énormément touchée. Le nouveau chapitre est, je te rassure, nettement plus joyeuse, alors tu peux sécher tes larmes. Je t'envoie plein de bisous, et te dis encore merci.

fénice : Je n'avais même pas demandé à Lupin si elle était jolie. Tu dis avoir retenu cette phrase… Je l'ai mise parce qu'elle me paraissait correspondre à la curiosité d'un garçon de seize ans comme Harry. Mais ton interprétation est bonne, ceci dit… Y a des phrases qui me viennent, comme ça… Bises.

KaKa La Zen : Merci beaucoup pour ta review. Tu sais, on en apprend sur nos parents avec le temps… Ainsi, j'ai appris beaucoup de choses sur ma mère quand j'avais vingt-deux ans, parce que les circonstances s'y prêtaient. Il y a le temps… Je te fais de gros bisous, te souhaite bon courage pour tous tes devoirs, et te remercie encore.

Shima-chan : On sent que leur amour pour Sirius se rejoint dans l'amour qu'ils portent tous deux à l'enfant, et je trouve ça magnifique. Que cette phrase de ta review est belle… Et en plus, tu as tout compris. Désolée de t'avoir encore rendue triste, et à bientôt.

Rine : Merci de ton passage. Moi aussi, l'attitude de Harry dans le tome 6 vis-à-vis de son deuil m'a agacée. Je n'ai pas trouvé ça crédible du tout. Tu surnommes le bébé petite étoile… C'est mignon… J'aime beaucoup, lol. C'est vrai, dans le second épilogue, Sirius est là, mais bon… C'est ma faute, j'veux contenter tout le monde… bisous à toi !

ilaï : Merci beaucoup ! Cette fic étant terminée, je m'attaque à quelque chose de tout nouveau bientôt, et j'espère que ça te plaira aussi !

Dryadia : Merci pour les compliments !

yuna : Merci !

Aella : Merci du compliment. J'aime beaucoup écrire, et ça me réjouit beaucoup de constater que ça plaît !

luminaria : Tu dis je suis sure que quelque part dans le monde quelqu'un a du vivre ça ... Je ne sais pas, honnêtement… Mais le réalisme est un de mes objectifs… J'espère que ce dernier chapitre te plaira. Bisous !

Fofolleuh : Gros bisous à toi, ma Ludi… Je pense que ce chapitre-là te fera encore plus penser au petit… Je te laisse découvrir pourquoi !

Fee Fleau : Au début, je voyais plus Remus parrain du petit que Harry… Mais j'ai changé d'avis depuis, et c'est tant mieux, vu que ça semble faire l'unanimité. Mais ça m'a quand même paru logique que Remus vienne parler d'Antje à Harry avant qu'il ne regagne le square Grimmaurd… Ceci dit, tu as raison : j'ai voulu montrer que dans le deuil, même si on se sent seul, on ne l'est jamais complètement… Peut-être une expression de l'instinct de survie… En tout cas, cet épilogue-là n'est pas plus sombre… mais carrément plus guimauve ! Bisous !

Alixe : Harry parrain de l'enfant, il me semble en avoir discuté avec toi il y a longtemps, mais peut-être que je me trompe… Quant à cette saleté d'espoir qui vient se quicher partout, une fois de plus, j'ai pas fait exprès… Bisous à toi, j'essaie de corriger ton texte demain matin, sinon je le fais demain soir.

Andromede : Ma Dro à moi, qui est aussi présentement sur meu seu neu, même que tu viens de m'envoyer un mwéhéhéhéhéhé… Ne dénigre pas ton amour pour le syndrome du papa, je l'aime bien aussi, moi… Un aspect intéressant de la littérature, comme disent les intellos… Comme tu l'as vu puisque tu as lu mon épilogue guimauve, je ne fais pas référence au fait que le bébé aime la trombine de Riry, mais peut-être qu'à l'occasion, je me pencherai sur le sujet, et je peux d'ores et déjà t'affirmer que c'est un fait acquis, putain, mais pourquoi je parle comme si j'étais à la fac ? Boudiou de saucisson sec, alors ! Dans tous les cas, tes compliments au fil de cette fic m'ont toujours été direct au palpitant, et je ne te remercierai jamais assez pour ça. J'te dessinerai un Chathos en slip, promis ! Bisous et énormes câlins à toi, ô mon amie. PS. J'ai récupéré une partie de mes RAR… Mwahahaha, je suis un génie !

Ilys : Merci beaucoup, ma belle… T'en fais pas, je comprends pour le chapitre précédent. Tu peux deviner à quel point ç'a été dur pour moi de refaire mourir le Sisi (mon Sirius… Snif, Lilou pleure). Je suis vraiment contente que ce chapitre t'ait plu, et j'espère que tu aimeras celui-là aussi, avec un vrai Sirius vivant dedans. Plein de gros zibouxes, copine !

titliloo : Merci beaucoup, et gros bisous !

GabrielleTrompelaMort : Pourquoi tu as fait la même tête que Harry ? éè En tout cas, je suis contente que tu aies aimé cette fic, et j'espère que tu apprécieras la fin. Gros bisous à toi.
Notes :

Voici donc le dernier épilogue. Je répète qu'il est complètement indépendant et alternatif par rapport au précédent, et qu'il est aussi très guimauve, mille excuses par avance à ceux qui n'aiment pas.

Merci à miss Andromède pour sa relecture du chapitre avant sa mise en ligne.

Ce chapitre est dédié au Petit.

Bonne lecture à vous tous.
Epilogue II: Décembre, en attendant…

J'ai si froid…

J'entends des voix, tout en bas…

James…

James, mon ami, mon frère, donne-moi la main.

Et accueille-moi dans l'autre monde.

— Non!

Je sursautai, et ouvris d'un seul coup les yeux. J'étais assis dans le lit, tremblant et en sueur. À côté de moi somnolait ma fiancée.

Depuis que j'avais rencontré la mort, je faisais souvent ce cauchemar. Dans lequel je n'avais pas de chance à saisir. Dans lequel tout était fini, et bien fini.

Je plongeai mes deux mains dans mes cheveux, et respirai profondément pour me calmer. Peut-être ces rêves étaient-ils le prix à payer pour la chance phénoménale que j'avais eue. Pour une fois.

Quand les battements de mon cœur se furent un peu calmés, je regardai Antje. Elle était étendue sur le dos, son ventre rond formant un atoll sous les draps. Elle était enceinte de plus de huit mois. Le bébé n'allait plus tarder à arriver.

La vision de ma fiancée avait quelque chose de très réconfortant. Son visage était calme et serein. Ses rondeurs, qui s'étaient accentuées avec la grossesse, étaient à mes yeux une source de douceur. Je me recouchai dans le lit, rabattis la couverture sur moi, et vins blottir mon visage contre l'épaule moelleuse de ma sauvageonne. Elle sentait la lavande et le lait. Cette odeur calmait mes angoisses et la culpabilité de ce que j'avais fait subir à mes proches.

— Sirius.

Je levai la tête, et mon regard rencontra celui, un peu voilé, de ma fiancée. Sa voix était rauque de sommeil.

— Tu as encore fait ce cauchemar, dit-elle.

— Oui.

— Je t'ai déjà dit ce que j'en pensais. Je ne le répéterai pas une nouvelle fois.

— Je sais, grimaçai-je en repensant à cette conversation qui n'avait rien eu de drôle.

Je laissai courir mes doigts sur le ventre d'Antje.

— Il dort?

— Je ne sais pas, répondit-elle. En tout cas, il ne bouge pas. Il semble avoir décidé de me laisser dormir, ce qui n'est pas un mal.

Je caressai longuement la peau tiède à travers le coton blanc du vêtement d'Anna. D'elle ou du bébé, je ne savais pas de qui j'étais le plus fou. J'étais tout bonnement bouffi d'amour. Et c'était cet amour qui m'avait sauvé la vie.

— Rendors toi, mon cœur, me dit Antje au bout d'un petit moment. Demain, il fera jour.

Je me soulevai un peu pour l'embrasser sur la bouche.

— Je t'aime, dis-je.

— Moi aussi. Très très fort.

Je me calai confortablement contre elle, fermai les yeux, et essayai de retrouver le sommeil.

oOØOo

Je n'avais qu'un souvenir vague de ce qui s'était produit derrière le voile. Des sensations, des visions furtives. J'avais bel et bien vu les moments importants de ma vie défiler dans ma tête. J'avais bel et bien senti mon cœur ralentir et le froid de la mort m'envahir. Et tout le reste était flou dans ma tête. Flou et terrifiant. Flou et triste. Les dernières pensées qui s'égrainent… J'ai trente-sept ans, merde! Je ne veux pas mourir. Je ne veux pas mourir alors que la femme que j'aime est enceinte, que mon filleul a besoin de moi… Le désespoir, une immense lassitude… une envie de pleurer, mais l'impossibilité de le faire. Plus de cerveau pour ordonner à des larmes impossibles de couler d'yeux qui n'existaient plus… et plus rien.

Et puis j'étais revenu. Attiré au-delà de la mort comme par un aimant.

J'avais, vaguement, tout senti revenir…

Je m'étais retrouvé sur le sol de la salle du Ministère, là où le sort de Bellatrix m'avait frappé. Et avant de m'évanouir, j'avais cru voir une vague lumière derrière l'arche, avant que le voile ne se referme.

oOØOo

Tout cela s'était produit plusieurs mois auparavant, mais j'y pensais encore. J'y pensais ce matin-là en me levant, alors qu'Antje dormait encore.

Tout était pour le mieux, si on reconsidérait les choses… Que serait devenue ma sauvageonne si j'avais vraiment disparu? Mon cœur se serrait à l'idée qu'elle ait pu perdre l'enfant, ou qu'elle le mette au monde toute seule… Je ne pouvais pas m'empêcher d'imaginer le pire. Mais ça n'était pas arrivé. Le voile m'avait en quelque sorte "recraché", j'étais revenu, et je pourrais, si le destin me laissait encore une chance, voir naître et grandir mon fils ou ma fille. Je chassai donc mes mauvais souvenirs comme je le pus.

La matinée se passa en douceur. Je passai mon temps à discuter de choses et d'autres avec Remus qui s'était installé définitivement sous mon toit avec Tonks. Eh oui. Ils avaient fini par se mettre ensemble, ces deux-là. Et pire: ils s'étaient mariés.

Tout s'était passé très vite. Après être sorti de derrière le voile, j'avais erré plusieurs jours sous ma forme de chien pour ne pas être reconnu, car tout le monde devait me croire mort. Finalement, je m'étais rendu jusqu'à la petite maison décrépie de mon vieux copain, en espérant qu'il pourrait m'aider. J'avais longuement gratté à la porte avant qu'il ne m'ouvre et, le choc des retrouvailles passé, j'avais constaté qu'il n'était pas seul. Tonks était avec lui. Ils s'étaient consolés de ma "disparition" dans les bras l'un de l'autre. Et pour fêter mon retour sur terre, ils avaient décidé de se marier.

La cérémonie avait eu lieu fin août. Ç'avait été une belle fête. Je m'en souvenais comme d'un des plus beaux moments de ma vie, malgré la guerre qui faisait maintenant officiellement rage. L'essentiel pour moi ce jour-là avait été de voir mon meilleur ami survivant faire un mariage heureux avec la femme qu'il aimait, mon filleul oublier momentanément Voldemort, et mon Antje, resplendissante et enceinte.

La vie de couple seyait à Remus. Jamais je ne l'avais vu aussi épanoui. Il continuait à effectuer des missions pour le compte de l'Ordre du Phénix, notamment auprès d'autres loups-garous, mais il levait un peu le pied pour pouvoir passer du temps avec son épouse.

— Je ne suis plus aussi indépendant qu'avant, me dit-il ce matin-là, alors qu'il dissertait sur son bonheur, mais j'ai quelqu'un sur qui m'appuyer, maintenant.

Je souris. À mon avis, jamais la maison des Black, pourtant vieille de plusieurs siècles, n'avait abrité autant d'amour.

oOØOo

Antje ne quittait plus le deuxième étage de la maison, où se trouvait la chambre. Descendre les escaliers lui était trop éprouvant. Je lui apportai donc de quoi manger sur un plateau. Elle était d'humeur mélancolique, et elle ne toucha presque pas à son repas.

— Anna, il faut que tu nourrisses le petit, lui dis-je.

— Il est déjà assez gros comme ça, répliqua-t-elle.

Je soupirai. Depuis quelques temps déjà, l'humeur de ma sauvageonne était assez variable. Elle pouvait passer sans transition d'un optimisme pétulant à une incompréhensible tristesse. Ne voulant pas la blesser, je ne lui posais pas de questions dans ces moments-là. Je préférais la laisser me parler si elle en avait envie. Ce qui ne semblait pas être le cas ce jour-là. Je passai donc un peu de temps avec elle, avant de redescendre dans la cuisine avec le plateau de nourriture presque intact.

Au moment où je quittai la pièce, elle me rappela:

— Sirius.

— Oui?

— Viens ici que je t'embrasse, dit-elle avec un sourire triste.

Je fis donc demi-tour. Elle noua ses bras autour de mon cou, et appuya sa bouche contre la mienne:

— Je t'aime vraiment, Sirius, murmura-t-elle. Je suis désolée d'être aussi lunatique en ce moment. J'espère que ça ne va plus trop durer.

— Ne t'en fais pas…

Au moment où je refermai la porte sur elle, je vis qu'elle avait l'air morte d'angoisse.

oOØOo

Il ne fallut même pas une heure pour que les événements se précipitent.

J'avais préféré laisser Antje seule. Quand elle avait un de ses moments de tristesse, je me sentais de trop. Je retournai donc discuter avec Remus. Mais quelques instants plus tard, nous entendîmes tous les deux un cri venant des étages. Je me précipitai auprès de ma sauvageonne, que je trouvai en larmes, serrant son ventre entre ses bras, le visage convulsé de douleur:

— Il arrive, gémit-elle. Appelle Molly tout de suite…

Je redescendis l'escalier à toute vitesse. En effet, Antje avait décidé de ne pas mettre le bébé au monde à Sainte Mangouste, et elle avait demandé à Molly, qui avait quand même eu sept enfants, de l'assister quand le moment serait venu.

Et le moment était venu.

Et je réalisai que j'étais mort de trouille.

J'arrivai en coup de vent dans la cuisine. Remus, qui avait deviné ce qui se passait, avait déjà sorti le pot de poudre de Cheminette, qui trônait sur la table. J'en pris une pincée, et fourrai ma tête dans l'âtre, direction la maison de Molly.

Elle n'était pas dans sa cuisine. J'appelai donc de toute la force de mes poumons, et elle arriva une minute après.

— Sirius, qu'est-ce qui se passe, demanda-t-elle. Pourquoi tu hurles comme ça?

— C'est Antje, dis-je très vite. Le petit va sortir.

— Mon Dieu, s'écria la mère de famille. Enlève ta tête de ma cheminée, j'arrive. Dis à Antje de se coucher. Il y a un bocal de potion antidouleur sous l'évier, donne-lui en un peu. Et surtout, dis-lui de rester calme. J'arrive dans une minute.

Sans me donner la peine de répondre, je me retirai de la cheminée du Terrier, et me retrouvai tout étourdi dans ma cuisine. Je me levai immédiatement en quête de la potion dont Molly m'avait parlé. Je fouinai sous l'évier, en renversant un certain nombre de choses sur mon passage:

— Et merde!

Je finis par mettre la main sur le bocal contenant un liquide bleu clair. Je remontai l'escalier aussi vite que possible.

Antje était agenouillée par terre, son visage baigné de larmes, et Remus la soutenait par les épaules. Je ressentis une colère insensée: qu'est-ce qu'il foutait là, lui? C'était ma fiancée, qui allait mettre au monde mon enfant, c'était pas son bizness, bordel!

— Remus, fous le camp d'ici, lançai-je avec brusquerie.

Il me lança un regard inquiet avant de mettre les voiles discrètement. Je me précipitai sur ma sauvageonne qui gémissait de douleur, à moitié affalée depuis que Remus lui avait lâché les épaules.

— Tout va bien, Anna chérie, dis-je. Molly va arriver, mais il faut que tu te lèves et que tu t'allonges.

— Je ne peux pas bouger, sanglota-t-elle. Je… J'ai mal… J'ai mal, bordel de merde, Sirius, je t'en supplie, bon sang, fais quelque chose…

Oui, mais quoi, me demandai-je avant de me souvenir du bocal de potion que j'avais dans les mains. Antje avait suivi mon regard :

— Potion antidouleur, souffla-t-elle. J'en veux, Sirius.

Alors je lui en donnai un peu. Elle avala de travers. Elle toussa. Puis elle se calma. Elle se releva lentement, et essuya ses larmes.

— Ça va mieux, dit-elle.

Je la soutins jusqu'à la chambre, et l'aidai à s'allonger sur le lit. L'instant d'après, Molly passa la porte avec la violence d'une tornade. Elle commença à parler avec Antje de contractions et d'autres choses auxquelles je ne compris presque rien, aussi je me sentis de trop, et je préférai les laisser toutes les deux.

Je me laissai aller contre le mur du couloir, face à la porte de la chambre. J'étais mort de trouille.

oOØOo

Dix minutes plus tard, Molly vint me trouver.

— Il y en a pour un moment, dit-elle, mais tout devrait bien se passer. Tu devrais aller la voir, elle a besoin de te parler.

— D'accord.

Je rentrai dans la chambre avec précaution.

Antje était toujours couchée sur le lit, mais elle avait retiré ses vêtements. Elle ne portait qu'une de ses immenses chemises blanches. Je m'assis près d'elle sur le bord du matelas, et lui caressai la joue:

— Comment te sens-tu, ma douce?

— Pour le moment, ça va, souffla-t-elle. Mais ce n'est qu'un petit répit.

Je ne répondis pas. Elle semblait très anxieuse.

— J'ai peur, Sirius, dit-elle au bout d'un moment.

— Je vois ça, répondis-je doucement.

— J'ai peur de ne pas être à la hauteur, de ne pas être une bonne mère… Ça fait longtemps que l'avenir ne m'avait pas autant terrifiée.

— Chut, dis-je. Ne t'inquiète pas. Tout se passera bien. Tu sais, il y a des milliers de gamins qui naissent tous les jours, et qui grandissent, et qui sont heureux… Ça ne doit pas être si difficile que ça, d'être une bonne mère… Sauf si tu regardes comment était la mienne, bien entendu.

Elle eut un petit sourire, puis elle soupira :

— Ça n'empêche rien… Peut-être que je ne suis pas faite pour avoir des enfants…

— Tu dis des bêtises. Tu es une femme merveilleuse, et je parie tout ce que tu veux que tu feras une mère formidable. Tu vas voir. On l'élèvera ensemble, ce mioche, et forcément, ce sera beau.

Elle prit ma main dans la sienne:

— J'aime quand tu me rassures. Ça me fait tellement de bien.

Mais quand je me penchai sur elle pour l'embrasser, elle ferma soudainement les yeux, très fort, et un gémissement aigu sortit de sa gorge.

Ça recommençait. Alors j'allai chercher Molly.

oOØOo

Les heures s'écoulèrent lentement. Je m'étais réfugié dans la cuisine, Molly n'ayant pas voulu que je reste dans le couloir. Je m'étais excusé auprès de Remus de l'avoir viré comme un malpropre alors qu'il soutenait Antje. Il se contenta de sourire.

En fin d'après-midi, j'étais remonté, mais aucun son ne sortait de la chambre. Un sort d'Impassibilité avait dû être jeté.

J'avais peur.

Quand je redescendis dans la cuisine, Remus me rassura:

— Ne t'en fais pas. C'est long, un accouchement. Je ne sais pas si tu t'en souviens, mais quand Harry est né, ça avait duré des heures.

Tonks rentra du Ministère en début de soirée. Je ne sus trop dire pourquoi, mais ça m'agaça de la voir s'enrouler autour de Remus et de le couvrir de bisous. Aussi je les laissai roucouler, et je montai m'installer dans la pièce attenante à la chambre où naissait mon enfant.

D'autres heures s'écoulèrent, pendant lesquelles je passai mon temps à réfléchir. Tout s'était passé tellement vite, quand on y pense. Nous étions le 6 décembre 1996. Un an auparavant, je pensais que tout était perdu, qu'Antje ne voudrait plus de moi. Et pourtant…

Pourtant nous nous étions retrouvés. Réunis. Aimés encore. Et puis j'avais rencontré la mort.

Je repensai à mes étranges retrouvailles avec Anna, lorsque j'étais ressorti de derrière le voile. J'avais eu peur qu'elle ne m'en veuille à jamais, à cause de ce que je lui avais fait subir. Avant d'apprendre que c'était grâce à elle que je n'étais pas mort.

Ça s'était passé la nuit où nous avions conçu l'enfant. La nuit de mes trente-sept ans. Antje avait compris, l'acte à peine terminé, qu'elle allait être enceinte. Et elle n'avait plus voulu risquer de me perdre. Elle avait donc usé, alors que nous nous unissions encore, d'un sortilège ancien, compliqué et imprononcé, qui m'assurerait une protection momentanée. Elle m'avait protégé par son amour. Les effets du sort devaient durer six mois, et c'est la profondeur des sentiments de ma sauvageonne envers moi qui m'avait tiré de derrière le voile. Il m'avait suffi d'évoquer sa pensée. Et j'étais revenu.

Antje m'avait expliqué tout ça lorsque nous nous étions revus. Mais elle ne m'avait pas épargné ses reproches. Nous nous étions mis tous les deux en colère. Avant de nous effondrer dans les bras l'un de l'autre. Et c'est là que, pour la première fois, j'avais pu toucher le ventre de ma fiancée en étant conscient qu'une petite surprise était cachée à l'intérieur.

Je repensai longuement à tout ça, vautré dans un fauteuil, avant que le sommeil ne me prenne par surprise.

oOØOo

Je fus réveillé plus tard par un mouvement près de moi. Une voix émue prononçait mon prénom.

— Sirius?

— …?

J'ouvris lentement les yeux, et me redressai. J'avais un torticolis de tous les diables. Près de moi se tenait Molly, une couverture à carreaux dans les bras. Et dans la couverture, il y avait…

— C'est une très jolie petite fille.

Je m'approchai pour voir de plus près.

C'était un tout petit bébé, avec une toute petite tête ronde et rose. Trois poils roux se dressaient sur le sommet de son crâne, et ses yeux… ses yeux étaient gris, et ils me regardaient d'un air vaguement étonné.

Elle était magnifique.

Et c'était ma fille.

Le bébé que j'avais eu avec Antje.

À l'instar de James, plus de seize ans auparavant, je fondis d'amour.

Je pris ma fille dans mes bras. Elle était toute légère. Je contemplai ce visage minuscule, ces yeux gris fixés sur moi, et qui semblaient dire: "C'est toi, mon papa? Eh bé…"

— Tu as fait le contraire de James, me dit Molly en souriant. Tu as eu une fille qui ressemble à sa mère, et avec les yeux de son père.

— Elle est adorable.

— Je suis vraiment heureuse pour Antje et toi.

— Comment va-t-elle?

— Très bien. Ç'a été long, mais tout s'est bien passé. Tu vas pouvoir la voir. Mais avant, dis-moi. Est-ce que vous avez choisi le prénom?

Je souris. Ç'avait été une chose qui s'était décidée très vite. Antje et moi étions presque tout de suite tombés d'accord. Si le bébé avait été un garçon, nous l'aurions appelé Elie. Mais puisque c'était une fille…

— Elle s'appelle Mélanie. Mélanie Mira Andromeda Black.

oOØOo

Je frappai doucement à la porte de la chambre avant d'entrer, en tenant toujours Mélanie dans mes bras. Antje était à moitié assise dans le lit. Elle portait une chemise propre. Elle souriait. Elle était belle.

La femme de ma vie.

— Salut, mon ange, dit-elle.

Je m'assis sur le rebord du lit, et Anna me prit le bébé.

Les deux femmes de ma vie.

J'étais décidément le type le plus heureux du monde.

— Comment tu la trouves, me demanda ma sauvageonne.

— Elle est magnifique. Elle te ressemble.

— J'aurais voulu qu'elle te ressemble un peu plus à toi, répliqua-t-elle. J'espère qu'elle n'héritera pas de mon métabolisme, comme quoi la seule vue d'un paquet de Chocogrenouilles suffit pour prendre dix kilos… Mais elle a tes yeux.

— Molly a dit qu'on a fait le contraire de James et Lily sur ce coup-là. Harry ressemble à son père, avec les yeux de sa mère, et Mélanie te ressemble, et elle les yeux comme les miens.

Ma fille se mit soudain à pleurer. Avec un sourire timide, Antje ouvrit sa chemise, et colla Mélanie contre son sein dénudé. Et le bébé téta.

C'était une vision tellement belle. Ma fiancée et notre enfant. Je dégoulinai une fois de plus d'amour, une véritable hémorragie sentimentale. Je ne savais même plus quoi dire.

Alors je me contentai de phrases galvaudées, mais qui dans mon cas étaient d'une sincérité absolue. J'enlaçai les épaules de ma belle et douce sauvageonne, et lui déclarai, pour la cent millième fois depuis que je la connaissais, mon amour inconditionnel et absolu.

Fin.


Notes finales :

Eh bien voilà. Ma fic est à présent définitivement terminée… Par conséquent, j'ai quelques petits messages à faire passer avant de mettre cet ultime chapitre en ligne.

Merci à tous mes reviewers. J'ai relevé tous vos noms, et j'ai été très flattée de constater à quel point vous étiez nombreux. C'est là une merveilleuse récompense pour mon travail d'auteur neuneu.

Par ordre alphabétique, je remercie donc A-Chan, aella, alana chantelune, Alixe, Andromaque, Andromède, Angel Black, Ánië Celebrindal, Ann, aresse, Arwenn Black, bee, Cassie, Ccilia 7, Claclou, Crackos, Dayanara Michelle, Death Wolf, Delphine, Demoness Lange, diabolikvampyr, Djeiyanna, Ediltam, Edwige, Eiram, Elnath, Fee Fleau, Fenice, Floralege, Fofolleuh, FreyjaIdunna, Gabrielle Trompe-la-Mort, Harana, Hayra, héloïse evans, hermione46, ilaï, Ilys, Ithilwyn, Jamesie-cass, jean-jacques, Julianne, KaKa la Zen, Kalaxa, Kaorulabelle, kiri, kmila, kytice, la marrade, Lady Radcliffe, laeti68, leonine, les Maraudeuses, Lexyanne, Libellule, Lila Flow, Lilura, lily 08, Lily Petite Etoile, Lily Nido, linaewen ilca, Llewella et Deidre, LouiseHime, lovy, Louve, lowrana, Lulu-Cyfair, luminaria, Lyanne, Lyls, Magaliocha, Malicia-moony, Mary Potter, may-yam, Médée, Milenaz, Miss Black 185, Misty, morsure amicale, Mwâh mwâh mwâh, Mystick, Namyothis, Narda, Nefra, nora, Orpheana, , phaine, Phylia, posihee, poisson rouge, ptite fleur la fée, Rine, Senvisage, Severia Dousbrune, Shima-Chan, Shiri, Skyblack4, Sleepy Angel-Lucile, smoke, Soblack, Spaz, Sungirl1, tadzio, Tiflovehpworld, titliloo, yotma, yuna, zagan, yza et Zorette.

Merci à tous.

Je remercie mes lecteurs anonymes, j'ai pu récemment constater que vous étiez nombreux.

Je remercie Alixe d'avoir relu et commenté un certain nombre de chapitres de cette fic, et aussi pour ses idées qui m'ont beaucoup aidée.

Je remercie Andromède pour m'avoir tant de fois rassurée quand je doutais de la qualité de mes écrits, pour m'avoir fait souvent rigoler alors que je n'avais pas la tête à ça, pour avoir relu cinquante fois les mêmes bouts de chapitres sans broncher, et surtout, surtout pour être, au-delà de tous les mondes possibles du n'importe nawak, ma grande petite sœur azimutée du pays des chacals.

Je remercie mon amie Black Lucette, alias Elora, pour m'avoir malgré elle aidée à élaborer le personnage d'Antje adulte.

Je remercie ma meilleure amie Loulou, pour lire mes écrits, pour les aimer, pour toujours m'encourager à continuer, et pour être ma rédemption dans ce monde maudit.

Je remercie J.K. Rowling, même si je ne suis pas toujours d'accord avec la façon dont elle traite ses histoires. Elle a eu la gentillesse de mettre ses personnages à notre disposition, et on ne la remercie pas souvent. C'est chose faite à présent.

Pour ceux qui se demandent ce que je vais écrire maintenant (j'espère qu'il y en a, héhéhé), j'ai en projet un recueil de quatre one-shots sur les Maraudeurs, que je commencerai à mettre en ligne aux environs du premier novembre. Le titre n'est pas encore défini.

Concernant Antje, cette maudite rouquine que j'ai eu le malheur d'inventer et qui a vécu à côté de moi près d'un an et demi, je compte la mettre au placard quelques temps, et, peut-être, l'en faire sortir au moment de Noël. Mais tout ça n'est que conjecture…

Les chapitres uniquement consacrés aux réponses à reviews étant interdits, je ne pourrai pas répondre aux messages laissés sur ce chapitre. Ceci dit, si vous avez une question ou autre chose, laissez-moi votre adresse e-mail et je vous mettrai un petit mot.

Merci encore à tous, ô vous gens gentils de la toile. Vous m'avez beaucoup apporté et, à un certain moment, vous m'avez inconsciemment aidée à rester debout. Merci encore… et à bientôt.

Calimera, le 22 octobre 2005.

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