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: B s . A A A    : full 3/4 1/2   : E E   : Light Dark Books » Harry Potter » Signé: Ange Nocturne

Caliadne
Author of 8 Stories

Rated: K+ - French - Romance/Drama - Draco M. - Reviews: 11 - Updated: 05-16-09 - Published: 04-23-05 - id:2364050

Disclaimer : Comme d'habitude, rien sauf l'intrigue ne m'appartient, je ne fais pas un rond sur cette histoire...

Titre : Signé : Ange Nocturne

Auteure : Caliadne

Genre : Romance/Drame

Rating : On va dire PG (K+) pour commencer, on va voir ce que ça donnera plus tard.

Résumé : Tout Malefoy naît avec une vie planifiée à l'avance. Drago Malefoy, 17 ans, ne fait pas exception à cette règle. C'est décidé, à la fin de ses études, il se mariera avec Pansy Parkinson et deviendra Mangemort. Cependant, il reçoit des lettres anonymes qui pourraient affecter radicalement ce futur...

Note de l'auteure: Merci à Sakumoyo d'avoir relu et corrigé !


Lettre et Mystère

‘Qu’est-ce qui a incité les trolls à déclarer la guerre aux géants?’

Mais qu’est-ce que j’en ai à foutre? pensa Drago en recopiant tout de même la question sur une feuille de parchemin vierge. Sept pouces à développer sur ce sujet à la con. Si seulement son père n’avait pas insisté pour qu’il continue à prendre des cours d’Histoire de la Magie pendant sa septième année, il ne serait pas à la bibliothèque, un beau samedi matin ensoleillé du mois d’octobre, en train de faire une recherche sur les trolls!

L’Histoire de la Magie, c’est un bon cours!’ lui répétait sans arrêt son père, au manoir Malefoy. ‘Moi-même, je l’ai pris durant toute mon éducation. Dans le métier que je fais, il est parfois utile d’en connaître sur son passé et celui des autres...

Drago se souvenait vivement de cette conversation qu’il avait eue avec son père, pendant l’été qui venait de s’achever. Il se souvenait aussi de la magistrale taloche qu’il avait reçue, quand il n’avait pu s’empêcher de mentionner à son paternel qu’être Mangemort ne pouvait pas être qualifié d’emploi. Avec un soupir, Drago se remit à son travail.

Il avait à peine écrit trois mots qu’un coup retentit à la fenêtre. Il leva ses yeux gris et vit un hibou brun, perché sur le rebord de la corniche, à l’extérieur. Il se leva pour lui ouvrir et le volatile se posa aussitôt sur la table de travail, au beau milieu de ses livres ouverts.

-Qu’est-ce que tu m’apportes, toi? murmura Drago en détachant une enveloppe de la patte tendue du hibou.

Sur celle-ci était écrit en encre dorée son nom, d’une belle écriture cursive. Délaissant son devoir, Drago se rassit et déchira l’enveloppe. À l’intérieur se trouvait un simple feuillet de parchemin, couvert de la même écriture ronde. Il déplia la feuille avec précaution et la lut.

Cher Drago,

Je ne sais pas ce qui m’a finalement donné assez de courage pour écrire cette lettre, mais me voici, une plume à la main et un parchemin vierge devant moi. Je ne te dirai pas qui je suis, tu risquerais d’être dégoûté et de jeter ma lettre au feu avant même de l’avoir lue jusqu’au bout. Tu devras donc te contenter de mon anonymat.

La première fois que je t’ai rencontré, il y a déjà des années de cela, je suis tombée sous ton charme. Je ne sais pas pourquoi, peut-être était-ce ton regard. Rien n’empêche que toi, tu me détestais déjà, alors je n’ai rien pu te dire. Depuis ce jour-là, plus tu me persécutes, plus je t’aime. C’est comme ça, je ne peux rien y faire.

Puisque tu finis tes études à Poudlard cette année, je tenais à t’avouer mes sentiments avant que tu ne partes, car je doute que nous nous revoyions un jour, hors des murs de ce château. Tu n’es pas obligé de chercher à savoir qui je suis, ni même de répondre à cette lettre. Je tenais simplement à te faire savoir qu’une jeune fille de cette école est désespérément amoureuse de toi.

Signé: Ange Nocturne

Drago lut et relut la lettre trois fois de suite, n’en croyant pas ses yeux. De toute sa jeune vie, on ne lui avait jamais dit de choses aussi belles. Ses parents ne l’aimaient que quand ça les arrangeait et sa fiancée, Pansy, lui disait ‘je t’aime’ en pensant à l’héritage des Malefoy. Que quelqu’un puisse l’aimer au point de lui envoyer une lettre anonyme l’époustouflait.

Drago s’apprêtait à relire la lettre quand un cri retentit derrière lui, le faisant sursauter.

-Monsieur Malefoy ! couinait la bibliothécaire, Madame Pince. Voulez-vous bien m’expliquer ce qu’un hibou fait sur une de mes tables de travail?

Drago avait totalement oublié le messager, qui était maintenant bien occupé à picorer le coin de son devoir.

-Excusez-moi, fit-il en évadant le regard perçant de Pince. Nous partions…

Drago s’empressa de remettre ses livres, plumes et parchemins dans son sac, glissant la lettre dans sa poche au passage. Il se pencha ensuite pour ouvrir la fenêtre et faire sortir le hibou.

Une fois hors de la bibliothèque, il orienta ses pas vers les escaliers qui le mèneraient aux donjons, et à la salle commune de Serpentard. Il ne se rendit même pas compte du chemin qu’il parcourait tellement la lettre anonyme obsédait ses pensées. Heureusement, grâce aux sept dernières années passées à traverser ces mêmes couloirs, ses pieds le guidèrent vers la salle commune sans avoir besoin d’être contrôlés et il fut presque surpris de se retrouver devant le mur pivotant si rapidement.

-Dracula, marmonna-t-il d’un air absent.

Dès que le pan de mur eut pivoté devant lui, il pénétra dans la salle commune de sa maison. Il avait à peine posé un pied dans la pièce qu’une jeune fille se jeta à son cou, le couvrant de baisers excités.

-Drago, couina-t-elle, je me suis tellement ennuyée de toi!

-On s’est vu au déjeuner, Pansy, marmonna-t-il en repoussant les assauts de la brunette.

-Où étais-tu? continua-t-elle, ignorant la réponse de l’objet de ses désirs.

-À la bibliothèque, je faisais un devoir...

Il réussit finalement à se sortir des griffes de Pansy et alla dans son dortoir. Il s’allongea sur son lit, les bras derrière le cou, position idéale pour méditer. Il devrait se montrer plus chaleureux envers Pansy. Après tout, elle serait probablement sa femme dans quelques mois... Il frissonna à cette pensée. Il aimait bien Pansy, mais pas au point de vouloir rentrer chez lui chaque soir et de la voir, elle, de la toucher, lui parler, l’embrasser... Pourtant, il en serait bien obligé.

Tout bon sorcier de sang pur se doit de se marier jeune’ lui avait dit son père quelques semaines plus tôt à peine. ‘Tu vas avoir 18 ans en janvier, Drago, et à cette date tu devras être fiancé à une sorcière, de sang pur elle aussi. Tu te marieras avec elle en été, juste après l’obtention de ton diplôme de Poudlard.’

Pansy Parkinson était la jeune sorcière sang le plus pur des environs. Il n’avait donc pas le choix, ce serait elle sa femme. Au moins elle l’aimait... un peu trop, à vrai dire, mais mieux vaut trop que pas assez...

Drago glissa la main dans sa poche et en sortit l’enveloppe. Malgré lui, et malgré ce que disait la lettre, il ne pouvait s’empêcher de se demander qui en était l’auteure. Une chose était sûre, l’admiratrice secrète était une fille qu’il détestait. Ce qui ne l’aidait pas beaucoup, car il détestait pratiquement tout le monde à Poudlard.

En entendant des pas dans le corridor qui menait au dortoir, il s’empressa de cacher la lettre sous son oreiller. Juste à temps, parce que Blaise entra dans la chambre.

-Tu es parti vite, tout à l’heure, dit le nouvel arrivant. Il y a quelque chose qui ne va pas?

Drago hésitait. Devait-il se confier à Blaise? C’était après tout son meilleur ami, mais certaines choses ne se disent pas... Il décida de lui parler de ses doutes, mais pas de la lettre.

-As-tu déjà regretté de devoir te marier si jeune? demanda le blond en fixant le mur de pierre.

Blaise lui adressa un regard étonné.

-Non. Enfin, je n’en ai aucune raison, parce que j’aime la fille à qui je suis fiancé. Tu as des doutes à propos de Pansy?

-Je ne sais pas... Je vois comment tu es bien avec Sandrine, et je me dis que je n’aimerai jamais autant Pansy. Je sais qu’elle m’adore, mais je me sens coupable de ne pas pouvoir lui rendre la pareille...

Blaise fixa son ami avec des yeux ronds, étonné de tant d’honnêteté de la part de celui qui ne disait rien d’habitude, qui gardait en permanence un masque pour cacher ses sentiments. Soudain, Drago éclata de rire.

-Je suis si ridicule! Non mais, tu m’entends parler? Je suis un Malefoy, l’amour importe peu dans nos mariages. Si mon père a été capable de se marier avec ma mère alors qu’il ne l’aimait pas, j’en ferai de même avec Pansy! En janvier, je me fiancerai avec elle, et en juin nous nous marierons! Rien ne pourra changer cela!

Il se releva dignement, rajusta sa robe et sortit de la pièce, laissant derrière lui un Blaise bouche bée. Le Serpentard se leva pour suivre son ami, mais son regard accrocha le bout d’une enveloppe qui dépassait de sous un oreiller. Il se pencha pour la dégager, et lut le nom de Drago écrit dessus, en une belle écriture cursive. Se disant que ce devait être une lettre d’amour venant de Pansy, il contint sa curiosité, posa la lettre sur la table de nuit du destinataire, et sortit du dortoir.


Drago regardait Pansy, un sourcil haussé. Comment cette fille pouvait-elle parler aussi longtemps sans reprendre son souffle? Faisant mine de l’écouter, le blond laissa son regard errer sur les quatre tables de la Grande Salle, où les élèves dégustaient le poulet qui était au menu du souper. Inévitablement, la lettre anonyme lui revint en mémoire. Il l’avait lue tellement de fois qu’il la connaissait par cœur.

Drago sourit moqueusement quand Potter et ses acolytes, Sang de Bourbe et Weasley, entrèrent dans la salle, tout près de sa table. Il se sentait d’une humeur provocative aujourd’hui. Il fit un clin d’œil à Pansy pour la faire taire un moment et haussa la voix pour se faire entendre du trio.

-Alors Potter, ta relation avec le Cognard se porte bien?

Depuis que le poursuiveur de Gryffondor avait reçu un Cognard dans un endroit bien particulier durant le match de la semaine dernière, Malefoy ne lui laissait pas oublier.

-Le ferme, répliqua-t-il, les dents serrées.

-Je racontais justement à Pansy à quel point Serpentard allait vous terrasser au prochain match.

-Et elle a compris ? Je croyais que les bulldogs étaient reconnus pour être des chiens stupides !

Pansy avait viré au cramoisi en entendant la pique du rouquin et semblait s’attendre à ce que Drago réplique.

-C’est drôle, j’avais entendu la même chose des castors, envoya-t-il en fixant Granger.

Cette réponse sembla toucher un point sensible chez le trio. Granger foudroya Drago du regard, les yeux plissés, tandis que Weasley s’avançait vers lui, les poings serrés. Potter, quant à lui, semblait hésiter entre retenir son ami et sauter sur le Serpentard lui-même. Il semblait pencher vers le deuxième choix quand une petite rouquine vint s’immiscer entre les belligérants. C’était la dernière des Weasley, Ginny.

-Vous feriez mieux de vous en aller, dit-elle à son frère. Rogue vous regarde, et il a l’air prêt à distribuer quelques dizaines de retenues...

Les trois Gryffondor adressèrent un dernier regard meurtrier à Drago avant de faire volte-face et de quitter la salle. Le blond se retourna vers son assiette, un sourire vainqueur ornant ses lèvres pâles. Sourire qui le quitta rapidement quand il vit le visage peiné de Pansy.

-Qu’est-ce qu’il y a ? demanda-t-il.

-Tu ne m’écoutais pas, hein? Avoue-le! répondit-elle avec une moue.

Drago grimaça.

-Eh bien... euh...

Pansy éclata en petits sanglots hystériques.

-Tu ne m’aimes pas, c’est ça? Tu aimes quelqu’un d’autre? On ne va pas se fiancer, et je vais finir ma vie toute seule!

-Pansy, voyons...

Drago tendit la main vers elle pour essayer de la réconforter, mais Pansy recula avec un petit cri et s’enfuit de la Grande Salle à toute vitesse. Le blond se leva en réprimant un soupir, ignorant les ricanements de ses compagnons de table, et sortit à la suite de son amie.

L’entrée était presque déserte. À son grand dam, les seules personnes qui se trouvaient dans le coin étaient les quatre Gryffondor qui l’horripilaient tant. À voir leurs sourires, ils avaient été témoins de la fuite de Pansy. Ginny se tourna vers lui, un air faussement concerné sur le visage.

-Un problème, Draky? susurra-t-elle.

Drago se raidit et fit volte-face.

-Oui, mais dès que tu auras débarassé le plancher j’irai mille fois mieux. Allez, ouste, petite fille.

Ignorant le rire moqueur de Ginny, il descendit les escaliers vers le donjon. Il se retrouva bientôt à l’intérieur de sa salle commune, presque vide puisque tout le monde était encore au souper. Il entendit vaguement des sanglots venant du couloir des chambres des filles, hésita quelques secondes à y pénétrer, et finalement se tourna vers celui des garçons et entra dans sa chambre. Il s’assit sur son lit et sortit la lettre d’entre les pages de son roman. Il la fixa quelques instants avant de prendre une décision cruciale: il allait y répondre.

Drago ferma les rideaux autour de son lit, histoire de ne pas se faire surprendre par ses compagnons de chambre, puis sortit de son sac un bout de parchemin, une plume, de l’encre et un livre sur lequel s’appuyer. Il suça le bout de sa plume de corbeau quelques instants, cherchant de l’inspiration, avant de la plonger dans l’encre rouge sang qu’il avait achetée avant la rentrée.

Chère Ange Nocturne, commença-t-il, avant de tout rayer. Au fond, il ne voulait pas donner de fausses idées à cette fille en l’appelant ‘chère’. Il recommença alors la lettre sur une note un peu moins personnelle.

L’heure qui suivit fut pleine de phrases raturées, de soupirs exaspérés et de taches d’encre sur les draps verts. Les quatre autres Serpentard de dernière année étaient rentrés depuis longtemps quand Drago signa finalement la lettre. Il relut la version finale pour être sûr de ne pas avoir fait de fautes.

Ange Nocturne,

Malgré ta requête, et surtout malgré moi, je ne peux pas m’empêcher de répondre à ta lettre. J’avoue que tu m’as intriguée. Tu dis que je te persécute depuis le jour où l’on s’est rencontré. Ne le prend surtout pas personnellement. Je persécute tous les gens que je rencontre.

Je ne t’écris pas pour essayer de deviner ton identité. Si tu tiens à garder l’anonymat, je respecte ton choix. Je réponds tout simplement parce que ton message m’a touché, et qu’il me hante depuis que je l’ai reçu. Au moins je pourrai me coucher ce soir en sachant que j’ai peut-être rendu une fille de cette école un peu plus heureuse.

Signé: Drago Malefoy

Satisfait, il plia le parchemin et le glissa dans une enveloppe. Il se demanda quelques instants s’il devait l’adresser, et décida finalement de la laisser blanche. Il émergea de son lit à neuf heures passées et vit Blaise qui le regardait, un air d’interrogation dans les yeux.

-Je vais à la volière, dit Drago en prenant bien soin de cacher l’enveloppe.

En traversant la salle commune, il remarqua que Pansy n’était pas avec ses amies, Il haussa les épaules, ayant mieux à faire pour l’instant que de partir à la recherche de sa future fiancée, et sortit du domaine Serpentard. Il monta les escaliers à la course, arrivant à la volière au bout de cinq minutes, à bout de souffle. Il se reposa quelques instants dans l’entrée, confronté à un nouveau problème: comment ferait-il pour envoyer sa lettre à la bonne personne? Quand il sortit la lettre de sa poche, son hibou vint se poser sur son épaule.

-Désolé, Amwolf, elle n’est pas pour toi celle-là, murmura-t-il en lui caressant les plumes.

Offusqué, Amwolf s’envola vers sa perche et tourna le dos à son propriétaire. Soupirant, Drago tourna les yeux vers le reste de la volière. Il devait bien y avoir des centaines d’oiseaux ici, comment ferait-il pour reconnaître celui qui lui avait apporté la lettre, ce matin?

Soudain, il sentit une pression sur son épaule, et se retourna avec un sursaut. Un hibou s’était perché sur lui et Drago reconnut au premier coup d’œil le porteur de la lettre anonyme. Il sentit une bouffée de soulagement l’envahir.

-Tu te souviens de la personne qui t’a envoyé à moi, ce matin? demanda-t-il sérieusement au volatile, qui lui répondit avec un hululement. Parfait. Apporte-lui cette lettre, c’est urgent.

Il attacha l’enveloppe à la patte gauche de l’oiseau, et le regarda s’envoler dans l’obscurité, se sentant en même temps soulagé et inquiet. Sa dernière pensée avant de s’endormir, ce soir-là, fut pour l’auteure de la lettre. Allait-elle lui répondre? Entendrait-il encore parler d’elle ou ne serait-elle plus qu’un souvenir?



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