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TV Shows » Sentinel » Révélations
Rieval
Author of 101 Stories
Rated: K+ - French - Angst - Reviews: 17 - Updated: 08-13-10 - Published: 05-06-05 - id:2382321

Samedi 30 mai 1998

17 : 22

Jim avait à peine écouté ce que Simon lui avait dit après leur conversation concernant Blair. Il avait hoché la tête, acquiescant silencieusement à ce que lui disait son supérieur, incapable de comprendre ce que voulait dire les mots qui sortaient de la bouche de ce dernier. Il voulait juste que la conversation, ou le sermon, ou la leçon de morale, quoi que soit le sens de ce que lui disait Simon, se termine. Vite.

La Sentinelle avait mieux à faire. Elle était sur le pied de guerre.

Ceux qui avaient kidnappé Blair avaient commis une terrible erreur en leur envoyant cette cassette.

Et Jim entendait bien faire en sorte que cela soit aussi leur dernière. Il mit le contact et sortit du garage du bâtiment de la police, direction 852 Prospect Avenue. Il ne remarqua pas l'homme qui gesticulait derrière lui, lui faisant de grands signes.

oOo

Arrivé dans son appartement, Jim posa sa veste sur le porte manteau et s'installa sur le divan. Il tira la vidéo de l'enveloppe kraft dans laquelle il l'avait déposée après l'avoir 'empruntée' à Séréna. Il n'avait pas le choix, il lui fallait l'enregistrement original, pas de copie. Une copie serait pleine de 'parasites', imparfaite et il avait besoin de l'enregistrement de la meilleure qualité qui soit. Il aurait certainement besoin de se concentrer un maximum et sans son guide, comme l'avait appelé Brackett, la Sentinelle serait vulnérable. Pas la peine d'ajouter d'obstacles supplémentaires.

Jim lança la vidéo.

Il fallait qu'il ignore ce qui se déroulait au premier plan pour se concentrer sur 'l'environnement' : la lumière, les sons, tout ce qui pourrait lui révéler où ces ordures retenaient Blair.

Lumière : contraste, intensité … des reflets, là, sur une poutrelle, des reflets qui provenaient de … là ! Une lucarne !

Jim grimaça. Il ne pourrait jamais arriver à VOIR ce qu'il y avait derrière cette lucarne. La définition de l'image était trop mauvaise. Il y avait trop de grains et –

Jim, tu peux y arriver. Tu es une sentinelle ! Un véritable laboratoire humain. Aucun ordinateur ne peut analyser autant de données que toi. Il faut juste que tu te détendes. Tu essayes trop fort. L'important n'est pas de te concentrer sur ce que tu cherches à analyser. Tu dois trouver un … un équilibre. Concentre toi sur TOI. Tu dois être complètement détendu pour y arriver … Relax, Jim, relax …

La voix de Blair était aussi claire que s'il s'était trouvé dans la pièce avec Jim.

Se concentrer sur lui-même ! Bah voyons. Et trouver son Chi aussi ? Ok, ok. Si Blair disait qu'il pouvait y arriver, il pouvait y arriver.

Jim ferma les yeux et s'installa confortablement dans le divan. Il se mit à pratiquer les exercices de respiration que Blair lui avait appris. Inspirer, expirer, inspirer, expirer … Jim rouvrit les yeux et fixa la lucarne.

L'image était floue mais rapidement elle se stabilisa. Des bateaux, un quai. Et … oui, la tour de la Capitainerie !

Il avait les informations dont il avait besoin. La position de la tour de Capitainerie lui livrerait sans difficulté l'adresse du bon entrepôt.

Jim allait éteindre la télévision lorsqu'un son attira son attention.

Thump-thump, thump-thump

C'était un bruit familier.

Des battements de cœur …

Non, pas n'importe quel battement de cœur.

Ceux de Blair.

Thump-thump, thump-thump.

Le bruit était hypnotique, le forçant à se concentrer sur la malheureuse victime sur l'enregistrement. L'obligeant à se concentrer sur Blair.

Thump-thump, thump-thump

Thump-thump, thump-thump

Bientôt, il n'y eut plus que le son régulier des battements de cœur. Jim n'aurait même pas su dire s'il était assis ou debout, s'il était en plein air ou à l'intérieur. Il n'y avait plus d'autres sons que celui-ci. Son univers tout entier se résumait à ces battements …

Thump-thump, thump-thump

… Jusqu'à ce que tout finisse par se dissoudre autour de lui et qu'il ne reste plus que l'obscurité et ce bruit familier, rassurant ...

Thump-thump, thump-thump

Thump-thump, thump-thump

Thump-thump, thump-thump

Samedi 30 mai 1998

18 :41

Ellison, je jure au nom de tout ce qui est sacré, que si vous ne vous réveillez pas IMMEDIATEMENT, je vais me faire un plaisir de passer à une tactique un peu plus musclée et nettement plus satisfaisante. Putain, rien que pour m'avoir laissé comme un con dans le garage vous la méritez cette baffe !

Une voix. Une voix qui l'appelait … mais ce n'était pas LA voix, celle à laquelle il avait l'habitude de se raccrocher, son ancre dans les tempêtes qui pouvaient s'abattre à tous moments sur ses sens. La voix était proche, le timbre aussi, soulageant la douleur comme un baume appliqué sur une plaie à vif.

Jim cligna des yeux et réagit juste à temps pour éviter la gifle que le propriétaire de la mystérieuse voix s'apprêtait à lui donner.

« Hey, Ellison, bon retour parmi les vivants ! » annonça Mark Bowen.

oOo

« … merde, j'ai vraiment cru que j'allais devoir appeler une ambulance, Ellison ! Franchement, si vous avez un probème médical, vous -»

Jim avait du mal à se concentrer sur ce que disais Bowen. Il avait une migraine de la taille de Manhattan. Il se dirigea vers la salle de bain et se mit à fouiller dans l'armoire à pharmacie. Il en tira une bouteille d'aspirine et avala deux comprimés avec un verre d'eau. Il s'adossa à la vasque et attendit que la douleur s'éloigne. Il n'avait pas eu de zone out de cette magnitude depuis une éternité … et certainement pas depuis que Blair l'aidait.

« … m'écoutez ? »

Jim se tourna vers Bowen. Le détective se tenait dans l'embrasure de la porte. Son visage reflétait deux émotions que Jim n'aurait jamais pensé à associer avec le détective : soulagement et sollicitude.

« Bowen, comment êtes vous entré ? » finit par croasser Jim (Gah ! Il avait l'impression que quelque chose s'était glissé dans sa bouche et avait décidé que c'était un super endroit pour y crever).

« Par la porte … » ricana Bowen, « elle était ouverte. Plutôt dangereux ça, détective. Laisser la porte ouverte et décider de faire un petit somme. Oh, et si j'étais vous, je changerais de somnifère, je ne sais pas ce que vous avez pris mais ce un truc ne vous fais visiblement pas dormir il vous plonge tout bonnement dans le coma. »

Jim bouscula Bowen et retourna dans le salon. L'écran de la télévision affichait juste de la neige. Il avait zoné pendant plus d'une heure s'il devait en croire ce qu'indiquait le timer du magnétoscope. Une heure de perdue alors qu'il pourrait être en train d'identifier ce fichu entrepôt.

« Alors, on commence par quoi ? »

« Que … quoi ? » grogna Jim.

« L'enquête ? Qu'est-ce que vous avez pour le moment ? »

Jim hocha la tête.

« Oui, bien sûr, l'enquête … le dossier Correli doit se trouver sur mon bureau. »

Jim mit sa veste et récupéra les clefs de la Ford.

« L'enquête Correlli ? Ellison, faut vous réveiller ! Banks nous a mis sur l'enquête concernant la disparition de votre 'observateur'. Et je crois … » Bowen récupéra la jaquette de la vidéo et désigna la télévision d'un signe de tête « … que la pièce numéro 1 du dossier se trouve dans votre salon ».

oOo

« HEY ! Doucement ! » cria Bowen. « Putaindebordeldedieude- ! On va y passer tous les deux Ellison si vous ne vous calmez pas un peu. »

Sa seule réponse fut un nouveau crissement de pneu sur l'asphalte après un énième tournant pris à une vitesse peu réglementaire par Jim.

Jim n'en revenait toujours pas de la décision de Simon. Il sourit. Il avait … non, Blair et lui avaient de la chance de l'avoir comme ami.

Le seul petit hic, c'était Bowen. Pourquoi diable Simon voulait-il qu'il babysitte ce … ce pauvre type. Il n'y avait rien qui enrageait plus Jim qu'un policier qui abusait de sa position, comme Bowen. Et Simon le savait très bien. Jim serra la mâchoire.

« … au moins, vous êtes moins pénible que ce petit crétin de Davies» se lamentait Bowen, « blablablabla … un vrai moulin à parole ce bleu. Et côté, professionnalisme, on repassera ! Putain, mais comment a-t-il pu rater Correli ? Je ne comprends pas ce - »

Jim se tourna vers Bowen.

« Comme vous dites Bowen, Davies est un 'bleu' et en votre qualité de détective sénior, c'était à vous d'assurer la responsabilité de la planque.»

Bowen ne répondit pas.

Samedi 30 mai 1998

19 : 08

Blair réprima un cri. Ouch. Il fallait qu'il se souvienne d'éviter de se mettre sur le côté droit. La lanière du fouet l'avait cinglé deux fois au niveau de l'épaule droite.

L'expérience avait été terrifiante … non, en fait ce qui avait été terrifiant, c'était ce qui avait précédé la petite séance vidéo. Toutes ces heures, ces longues heures à être manipulé comme … comme une chose, un vulgaire objet.

Mais lorsqu'il avait vu le tripode, Blair avait su qu'il était sauvé.

Il ne faisait aucun doute pour Blair que la vidéo était destinée à Jim. Peut-être son ami subissait-il un chantage : Jim avait couvert des affaires importantes à la MC et son témoignage s'avérait capital dans un grand nombre desdites affaires.

Quoiqu'il en soit, ces hommes avaient commis une erreur. Une grave erreur. Il avait donné à une Sentinelle tout ce dont elle avait besoin pour les trouver : images et sons.

Blair regrettait juste ne pas avoir pu parler ou même croasser pour donner à Jim plus d'indices. Ces abrutis avaient encore essayé de l'étrangler lorsqu'il avait 'osé' se plaindre qu'ils avaient voulu le ligoter à nouveau. Blair en avait vraiment assez des tactiques d'intimidation de ces … de ces foutus ninjas !

Yeah, c'est comme ça qu'il allait les appeler, les ninjas ... non, mieux les tortues ninjas il y aurait Donatello, Léonardo, Michelangelo et Raphaël. Sauf qu'il ne s'agissait pas de justiciers, n'est-ce pas ? Ok, peut-être qu'il devrait leur trouver un autre surnom : il avait l'impression de trahir les tortues !

Blair laissa échappé un petit gloussement. Oups, attention, il ne devait pas faire de bruit ! Ses cordes vocales ne résisteraient pas à une nouvelle attaque.

Blair se mit, péniblement, sur le dos et examina sa 'nouvelle' prison.

Il était dans une cage. Une cage située au beau milieu d'un immense entrepôt. Il pouvait y tenir à genoux mais pas debout, en revanche, il pouvait s'y allonger. Ce qui était plutôt une bonne chose vu que pour le moment, il ne se sentait pas en état de se tenir debout. Son regard fit le tour de l'endroit où il se trouvait.

A part la cage, il n'y avait rien d'autres dans la pièce : pas de caisses, pas de détritus. Rien. L'endroit avait été manifestement 'nettoyé' avant que Blair ne soit amené ici.

Blair ferma les yeux. Ok, il avait clairement changé de statut : il était passé de victime-objet à victime-animal. Le rituel avait bien évidemment changé lui aussi. Il n'avait pas eu droit à la séance de douche après … Blair dégluttit péniblement … après la séance vidéo. Il y avait deux écuelles sur le sol : une remplie d'eau, l'autre de … Humpf, pas sûr que Blair ait envie d'identifier le gruau grisâtre qui se trouvait dans le récipient.

De toute manière, tout cela n'avait pas beaucoup d'importance. Quoiqu'il arrive maintenant, il fallait juste qu'il reste en vie, qu'il tienne le coup parce que s'il y avait une chose dont il était certain, c'était que Jim n'était pas loin.

Samedi 30 mai 1998

20 :39

Sur la marina, le soleil se couchait. Le spectacle était superbe : le ciel bleu se lézardait de rouge, les rayons rougeoyant donnaient l'impression de fer de lance rougies par le feu s'enfonçant dans la mer comme le fer s'enfoncerait dans la chair.

Oui, le spectacle était vraiment magnifique. Il marquait la fin d'une mission parfaitement réussie.

Le propriétaire du bâteau arborant les couleurs du Canada avait toutes les raisons du monde d'apprécier le paysage. Il avait presque terminé sa mission. Le client était satisfait des derniers déroulements de l'affaire.

Il pouvait passer à la phase 3.

Il se demandait si le sang de Blair Sandburg donnerait un aussi beau 'spectacle' que celui qu'il avait présentement sous les yeux.

A suivre …

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