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Anime/Manga » Fullmetal Alchemist » Celui qui ne voulait pas
Phenix 260
Author of 24 Stories
Rated: M - French - Romance - Edward E. & Scar - Reviews: 48 - Updated: 12-07-05 - Published: 05-07-05 - Complete - id:2383338

Kikou ! Me revoilà avec une nouvelle fic ! Sur FMA cette fois-ci. J'en dis pas plus, bonne lecture et oubliez pas de reviewer.


Chapitre 1

Quatre ans ont passé depuis l'incident au QG de Central avec Maître Izumi et Wrath.

La jeune femme, ayant résolument abandonné son « vrai-faux » fils, à savoir Wrath, un jeune Homonculus crée lors de la transmutation ratée qu'elle avait tenté pour faire revivre son enfant défunt, s'occupe à présent d'un jeune enfant qu'elle et son mari ont adopté, il y a moins d'une année. Malgré le souvenir persistant de Wrath dans son esprit, Maître Izumi parvient à le mettre de côté lorsqu'elle s'occupe de son fils, Elph, âgé de six mois.

Aujourd'hui est un jour important pour elle. Edward et Alphonse Elric sont de retour dans les environs et ils ont décidé de passer la voir. Tous trois ne se sont plus vus depuis quatre longues années.

> Ed ? Ed, réveille-toi, on est arrivé.

Al secoue son grand frère et celui-ci ouvre des yeux fatigués par un manque élevé de sommeil. De beaux cernes lui décorent les joues et son regard vide fait presque peur.

En effet, ces deux derniers mois, Mustang semble en avoir après le jeune homme de dix-huit ans et son petit frère. Pour quelle raison, on ne le sait. Cependant, ce qui est sûr, c'est que les missions à perpette les oies, c'est pour sa pomme, à Ed, et que Mustang semble y prendre un malin plaisir depuis qu'il est passé Général de Brigade.

Le bruit strident des freins du train finit de réveiller Ed qui se frotte les yeux et regarde par la vitre du wagon. Al fait la même chose puis, quand le train est immobilisé, le petit-frère du Fullmetal lève l'imposante masse de son armure en vue de quitter le train. Ed, quant à lui, ne réagit même pas et Al le secoue à nouveau par l'épaule.

> Ouais, ça va, grogne le blond. Je viens, laisse-moi le temps d'émerger…

A peine descendus du train, deux militaires en uniforme bleu les accostent et les emmènent aussitôt à leur Caserne où ils se retrouvent devant le Colonel Wort.

> Bienvenue, Fullmetal, dit l'homme en se levant de son siège.

Il contourne le bureau qui croule sous les dossiers et Ed fait un maigre salut militaire. Cela semble convenu au Colonel qui dit :

> Je viens à l'instant d'avoir une conversation téléphonique avec le Général de Brigade Mustang. Il m'a fait part des points importants concernant votre mission et je dois dire que celle-ci me laisse un peu perplexe.

> Ya de quoi, grogne Ed. Rechercher des gens censés être en prison, c'est plutôt foireux comme plan.

> Ed… dit Al.

> Laissez, Alphonse, dit le Colonel Wort. Votre frère semble fatigué et vous devez sûrement l'être, vous aussi, aussi, je vous propose de prendre possession des appartements qui vous ont étés assignés et de vous reposer quelques heures.

> Merci, Colonel, dit Al en s'inclinant légèrement.

> Lieutenant Bran, accompagnez-les, je vous prie, dit le Colonel en regardant une jeune femme rousse assise à un bureau à l'autre bout de la pièce.

Celle-ci se lève après avoir acquiescé d'un signe de tête puis elle et les deux frères Elric quittent le bureau du Colonel.

Ils longent un long corridor assez vaste où ils croisent plusieurs autres militaires qui saluent d'un signe de tête le Lieutenant, mais Ed et Al semble être invisibles.

> Ne vous inquiétez pas si personne ne vous salue dans les jours à venir, dit le Lieutenant en tenant une porte à groom ouverte pour laisser passer les deux garçons.

Al est obligé de baisser la tête et de passer de biais mais le Lieutenant ne semble pas s'en rendre compte.

> C'est ici, dit la jeune femme en s'arrêtant près d'une porte en bois.

> Pour quelle raison serions-nous invisibles ? demande Ed en pénétrant dans la chambre exiguë.

> Nous sommes tous débordés de travail, répondit le Lieutenant avec un sourire. À cause de cet incident à la prison il y a deux jours, tous les militaires sont sur le pied de guerre… Quarante des quatre-vingt-dix-neuf détenus se sont échappés du pénitencier et sèment la zizanie en ville. De plus, quinze d'entre eux sont des Alchimistes…

Ed grogne quelque chose puis le Lieutenant leur souhaite un bon repos et les quitte. Al s'assoit alors sur son lit et Ed se laisse tomber sur celui d'en face en soupirant. Il ne tarde pas à s'endormir et les ronflements qui s'élèvent alors du lit font soupirer Al qui s'allonge à son tour.

Cependant, à Central, accompagné de Hawkeye, passée Lieutenant-colonel, Mustang, le nouveau Général de Brigade, descend une volée de marches en tenant une lampe tempête devant lui, à bout de bras.

La faible auréole de lumière n'éclaire que quatre marches devant lui et trois derrière, si bien qu'Hawkeye est obligée de serrer de près son supérieur pour bénéficier de la lumière vacillante.

> Hawkeye, dit Mustang en continuant de descendre les marches qui semblent sans fin. Edward sait-il pour « lui » ?

Hawkeye secoue négativement la tête, concentrée sur les marches irrégulières de l'escalier.

> Hawkeye ?

> Non, mon Général, répond la jeune femme blonde. Seuls vous, ainsi que moi, êtes au courant pour « lui ».

Mustang hoche la tête puis il s'arrête et passe la lampe à Hawkeye, le temps de tirer de la poche intérieure de son uniforme une grosse clé en argent qu'il introduit dans la serrure d'une lourde porte en métal.

La porte grince quand il la pousse et les deux militaires se retrouvent dans une vaste pièce à l'odeur de renfermé. Une ampoule fixée au centre du plafond diffuse sa lumière blafarde sur une forme longiligne étendue contre le mur en face de la porte, recouverte d'une sorte de drap, brun de saleté.

> Comment ça va, aujourd'hui ? demande Mustang sans approcher plus.

Le tas de chiffons remue alors et un bras apparaît alors.

A la vue de ce bras, Mustang sourit vicieusement puis le bras en question repousse le drap sale et un visage pâle mais familier apparaît.

> Bonjour… Scar… dit Mustang d'une voix perfide.

La loque répondant au nom de Scar étendue sur le sol, dos au mur, se redresse sur un coude et celui qui, il y a quatre longues années, avait été appelé le Tueur d'Alchimistes, regarde les deux militaires de son regard de braise qui, malgré l'obscurité dans laquelle il vit depuis quatre ans, n'a rien perdu de sa dureté.

> Sale chien, grogne-t-il d'une voix rauque. Tu me le paieras, Mustang. Un jour, je te le jure, tu me le paieras.

> Ne parle pas trop vite, dit Mustang avec un petit sourire sadique. Sors déjà de ce trou et après on verra.

Il se détourne alors et éclate d'un rire gras qui fait frissonner Hawkeye et bouillir le sang de Scar.

Ce n'est pas l'envie qui lui manque de se servir de son bras droit, mais, hélas, autour de sa main se trouve une grosse boule de métal, fixée à son poignet, l'empêchant ainsi de toucher les choses avec cette main maudite.

Scar fusille Hawkeye du regard et la jeune femme sursaute avant de se détourner et de prendre quelque chose près de la porte. Elle entre ensuite dans la cellule et s'accroupi devant Scar, trop faible pour se lever.

Elle pose devant lui une gamelle en terre cuite où elle dépose un morceau de pain frais ainsi qu'une cuisse de poulet encore tiède qu'elle a subtilisé au mez.

> Cela vous changera de d'habitude, dit-elle d'une voix douce mais tendue.

> Pourquoi lui obéissez-vous ? demande Scar à la jeune femme alors qu'elle froisse le papier sulfurisé qui avait entouré le poulet et le pain.

> Je suis désolée, je ne suis pas autorisée à répondre à cela, dit Hawkeye en se relevant.

Elle quitte ensuite la cellule et referme la lourde porte, plongeant ainsi la pièce dans la semi-obscurité. Le tour de clef qu'elle fait dans la serrure résonne dans la cellule et Scar parvient, à l'aide des aspérités du mur et de son unique main, à s'asseoir, dos au mur, pour grignoter ce que la jeune femme lui avait apporté.

Un peu plus tard, alors qu'il ronge l'os du poulet, tel un chien affamé, un profond soupir ébranle sa poitrine, et une violente quinte de toux s'en suit. Il met plusieurs minutes à la calmer puis il décide de se rallonger et d'attendre que la Mort veuille bien venir le chercher. Cependant, après quatre longues années, soit trente-deux mois, mille quatre cent soixante jours et des millions d'heures, celle-ci ne semble pas encore décidée à trancher le mince fil qui retient l'âme de l'Ishbal sur terre.

Au même moment, loin de Central, dans la ville de Dubltih, Edward et Alphonse sont auprès de leur Sensei, Maître Izumi. Cela fait à présent deux jours qu'ils sont là et, alors qu'ils pistaient un homme ressemblant à l'un des prisonniers évadés de la prison, ils sont tombés sur la jeune femme sortant de chez une amie à qui elle était aller rendre visite.

> Comment allez-vous, Maître ? demande Ed, qui a un peu récupéré de sa fatigue.

> Bien mieux, répond la jeune femme en souriant au jeune homme blond. Et toi, Al ? Toujours dans cette armure ?

Al hoche la tête, et Ed baisse les yeux.

> Ne t'en fait pas, Ed, dit Maître Izumi. Tu trouveras un moyen de lui rendre son corps et de récupérer tes membres, même si tu dois tuer Wrath pour cela.

Ed regarde la jeune femme, étonné par ses paroles.

> Vous dites cela comme si… dit Al, tout aussi étonné que son frère.

> Comme si quoi, Al ? demande Maître Izumi. Wrath n'est pas mon fils, je m'en suis rendu compte il y a déjà plusieurs années lorsqu'ils ont attaqué la ville. Il y avait cet être avec les longs cheveux verts avec eux et cette femme fatale…

> Les Homonculus, dit Ed en fronçant les sourcils. Celui avec les longs cheveux verts c'est Envy et la femme, c'est Lust. Il devait aussi y avoir un gros avec eux, non ?

vHeu… peut-être bien, je n'ai pas fait attention, dit Maître Izumi en s'arrêtant de marcher un instant. En tous cas, Wrath semblait très proche de celui que tu appelle Envy, Ed. Il le suivait partout et obéissait à ses ordres.

> Qu'ont-ils fait ? demande Al.

> Ils ont attaqué le QG militaire, répond Maître Izumi en se remettant à marcher. Ils ont tué plusieurs militaires dont l'ancien Colonel qui dirigeait le QG. C'était il y a deux ans si je me souviens bien… Ils ont dit qu'ils cherchaient une chose, une pierre et aussi un homme.

> La pierre, c'est sûrement la Pierre Philosophale, dit Al. Mais l'homme…

> Je pense que c'est Scar, dit Ed.

> Scar ? demande Maître Izumi.

> Un Ishbal tueur d'Alchimistes qui semait la terreur à Central il y a quatre ans, explique Al.

> On ne l'a pas revu depuis, termine Ed. Je me demande bien où il est passé ce cloporte…

> Ed !

Le blond rentre la tête dans les épaules et demande pardon à Maître Izumi qui n'aime pas que l'on dise du mal des gens absents. La jeune femme lui donne un coup sur la tête en échange puis tous trois se rendent chez la jeune femme qui les invita à déjeuner.

> De toute façon, dit Ed alors qu'ils dînaient. Maintenant, il n'y a plus d'Homonculus, ni de Pierre Philosophale.

> Peut-être, dit Al. Mais on ne les a pas tous eut, souviens-toi…

> Bah, dit Ed. Envy n'est pas bien méchant, il a juste la capacité de prendre l'apparence de qui il veut, c'est tout.

> Et il est super fort aussi, Ed, dit Al.

vOui, dit Ed. Mais blessé comme il était quand il s'est enfui, il n'a pas dû aller bien loin, crois-moi. Sans pierres rouges, il n'a pas pu survivre.

Al regarde son frère puis Maître Izumi qui hausse les épaules.

Ils continuent ensuite de dîner dans le silence et la femme regarde les deux garçons en se disant qu'il est bien loin le temps où elle leur apprenait les rudiments de l'Alchimie.

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> Mais enfin, Général !

> Insubordination, vous savez ce que cela veut dire ? aboie Mustang en bondissant de son fauteuil. Vous me rebattez les oreilles avec ce chien de Scar depuis des années, Hawkeye ! Taisez-vous donc un peu ou je vous fais dégrader !

> Général ! s'exclame Hawkeye, bien décidée à ne pas se laisser faire par un homme. Loin de moi l'idée de vous désobéir, cependant, je trouve totalement stupide de votre part ce que vous faites endurer à cet homme depuis quatre ans ! Il ne méritait pas cela !

> Ha ? Vraiment ? Et que méritait-il à votre avis ? dit Mustang en contournant le bureau. Il a tué des centaines de militaires par simple vengeance !

> Et alors ? aboie Hawkeye.

Mustang recule d'un pas. En temps normaux, quand Hawkeye était en colère, il ne valait mieux pas la fâcher plus, mais là, sa colère semblait sans fin.

> Je vous ai admiré pendant des années, Général, mais là, je dois bien avouer que vous me décevez au plus haut point.

Voyant que le jeune homme lève le poing, elle dit :

> Allez-y, frappez-moi si vous le voulez, mais je ne vous laisserais pas continuer…

Elle n'a pas le temps de finir sa phrase qu'une vive brûlure se propage dans sa joue droite. Y portant sa main, elle dit, les larmes aux yeux :

> Puisque que vous refusez de comprendre, « Général de Brigade Roy Mustang », prenez ceci !

Et elle jette une enveloppe sur le bureau avant de faire volte-face en s'emparant de son manteau et de quelques dossiers.

La main gauche douloureuse, Mustang reste de marbre quand la porte du bureau claque, puis il soupire et baisse les yeux sur la lettre. Le mot « Démission » est écrit dessus en lettres capitales.

> Ca ne va pas se passer ainsi, crois-moi, dit Mustang en prenant la lettre.

Il la pose dans un cendrier puis claque des doigts. Aussitôt, le papier prend feu et, en quelques secondes, il ne reste plus rien de la démission de Riza Hawkeye.

Cependant, furieuse, celle-ci parcourt les couloirs du QG en pestant contre Mustang. Elle le traite de tous les noms d'oiseaux qui lui viennent à l'esprit, et, quand elle se retrouve dans la cour de la caserne, elle la traverse sans même s'arrêter devant Havoc qui la hèle pourtant.

> Hey ! Hawkeye ! dit-il en agitant le bras pour attirer son attention.

Mais la jeune femme disparaît derrière le mur qui entoure le QG et Havoc reste comme un con, au milieu de la cour, une cigarette au bec et le bras levé.

> Mais ? dit-il en baissant le bras.

Il fait tomber la cendre de sa cigarette puis rentre dans la caserne et se dirige aussitôt vers le bureau de Mustang où il entre sans frapper.

> Dites, mon Général… heu… Bah ? Où qu'il est ?

Il regarde tout autour de lui mais le bureau et vide. Seule une mouche vole près de la lampe éteinte, et Havoc ressort du bureau en refermant la porte derrière.

Mustang, quant à lui, est sortit par la porte arrière de la caserne et, c'est d'un pas plus que décidé qu'il se rend chez Riza Hawkeye afin d'avoir une sérieuse discussion.

La jeune femme, elle, est arrivée chez elle depuis quelques minutes et, alors qu'elle se change, revêtant un jean et un T-shirt blanc, la sonnette de la porte d'entrée retentit.

> Je viens ! crie-t-elle depuis la salle de bain située à l'étage.

Fermant son jean rapidement, elle chausse des mules et descend l'escalier pour aller ouvrir au visiteur. Regardant par la petite fenêtre qui borde la porte, elle reconnaît Mustang, visiblement en colère, qui piétine sur le palier, et c'est avec un visage fermé qu'elle lui ouvre, bien que l'envie de le laisser sur le palier la démange énormément.

> Mon Général, dit-elle froidement. Quel bon vent vous amène ?

> Riza ! dit Mustang. Je peux savoir ce que tu me fais, là ? T'es jalouse ou quoi ?

> Et toi ! renchérit Hawkeye alors que Mustang la bouscule pour entrer. Y'en a marre de tes conneries, Roy ! Scar n'a pas mérité de passer le reste de sa vie enfermé dans le noir !

> Ce n'est pas de ça que je te parle, dit Mustang en pénétrant dans la salle à manger puis le salon de la maison. Qu'est-ce qui te prend de me parler ainsi alors qu'on est au QG ? Tu sais parfaitement que les murs ne sont pas épais et que dès qu'on hausse un peu la voix, on entend tout !

> Et alors ? Je m'en contre fiche ! réplique Hawkeye en se dirigeant vers la petite cuisine américaine ouverte sur la salle à manger. J'en ai assez de toi et des tes principes à la manque ! ajoute-t-elle en ouvrant un placard.

> Mes principes à la manque ? s'étrangle Mustang. Pourtant, il y a quatre ans, ce n'était pas toi qui étais d'accord avec tout ce que je disais ?

> Peut-être bien, dit Hawkeye en refermant le placard. Oui, il y a quatre ans, j'étais contente que tu arrête Scar, même si tu as du y laisser une partie de la mobilité de ton bras droit. Oui, j'adhérais à tous tes principes, mais maintenant, tout cela est révolu. J'en ai assez de l'armée, je suis une jeune femme de trente ans et je suis encore célibataire ! Ma propre sœur qui a cinq ans de plus que moi à déjà trois enfants et un mari adorable alors que moi je passe mon temps à obéir comme un bon toutou à un Général de pacotille !

En entendant le mot toutou, Black Hayate ouvre un œil et regarde sa maîtresse depuis le canapé où il était installé. Voyant qu'elle ne venait pas vers lui, il referme son œil et se rendort en soupirant.

> C'est de ta faute si tu es encore célibataire ! réplique Mustang. Il ne faut t'en prendre qu'à toi parce que c'est toi et personne d'autre qui m'a envoyé sur les roses l'année dernière !

> Quoi ? Attend, Roy, tu te fiche de moi là où quoi ? Tu m'as demandé en mariage juste après que celui avec qui je sortais à l'époque ait été tué ! Ca faisait pas trois mois qu'on l'avait enterré et toi tu me faisais déjà des avances. Non, je suis désolée, mais je n'ai rien à me reprocher là-dessus.

Mustang la regarde en soupirant, puis il croise les bras et dit :

> Quoi qu'il en soit, je refuse ta démission. Il est hors de question que tu quitte l'armée maintenant. Dans un an ça fera dix ans que tu es militaire, il n'est pas question que je te laisse filer comme ça, Riza Hawkeye.

> Ca t'arrange bien, dit Hawkeye, la voix soudain incertaine. Franchement, Roy, est-tu vraiment bête ? Ne vois-tu pas que j'en ai ma claque de l'armée ? Je n'en peux plus, Roy ! Tous ces morts, ces sans-abri et ces orphelins… C'est à cause de nous tout ça et moi je ne peux plus le supporter…

Elle s'appuie sur le bar, la tête basse et a un hoquet avant de reprendre :

> Accepte ma démission, je t'en prie… Ou alors vires-moi, mais fait quelque chose. Je ne supporte plus l'armée…

> Riza…

Mustang s'approche de la jeune femme et pose une main sur son épaule. Riza se crispe alors légèrement puis elle se retourne et se blottit dans les bras de son supérieur. Elle ne cherche plus à retenir ses larmes et Mustang la serre contre lui en disant :

> Si tu démissionne, Riza, qui va veiller sur moi ? Qui va me tenir compagnie dans mon grand bureau ?

Riza réussit à sourire malgré les larmes puis elle se redresse et s'excuse en s'essuyant les joues du plat des mains.

> Riza, reste encore un an, rien qu'une année, dit Mustang en posant ses mains sur les épaules de la jeune femme. Reste encore un à mes côtés. Après je te promets que tu pourras quitter l'armée…

La jeune femme le regarde un instant puis elle baisse les yeux et s'éloigne vers la fenêtre. Elle s'appuie sur le rebord de l'évier et regarde distraitement par la fenêtre qui donne sur un petit jardin clos.

Après un moment de silence, elle se tourne à demi vers Mustang et demanda :

> Un an ? Tu me le jures ?

Mustang la regarde fixement puis il hoche la tête, et Hawkeye soupire.

> Très bien. Attention, un an, pas un jour de plus, ok ?

> Je te le promets, Riza, dit Mustang.

> J'imagine que ce n'est pas sans condition, si ?

> Que va-tu imaginer là ?

> Tu va peut-être me demander d'oublier Scar, ou je ne sais quoi, non ? dit Hawkeye en fronçant les sourcils.

> J'avais l'intention de le faire, dit Mustang. Il est vrai. Cependant, puisque tu reviens de toi-même et que je t'ai fait une promesse, je ne vais pas t'en demander trop. Mis à part que tu t'occupes de Scar à ma place.

> Hein ? Que je m'occupe de Scar ?

> Le mois prochain, cela fera quatre ans tout rond qu'il est là-bas dessous, dit Mustang. Je pense qu'il a dû comprendre et j'ai décidé de le changer de cellule. Tu le mettras dans le bâtiment cinq dès demain.

> Dans le bâtiment cinq ? Mais…

> Ne discutez pas, Lieutenant-Colonel, dit Mustang sèchement en se redressant.

> A vos ordres, mon Général, répond Hawkeye en se redressant à son tour. Tu veux dîner avec moi ce soir ? demande-t-elle ensuite à brûle-pourpoint.

> Ma foi, dit Mustang.

> Très bien, alors donnes-moi donc ton manteau, dit la jeune femme en retrouvant le sourire.

Mustang lui sourit alors faiblement puis il ôte son long manteau bleu et le lui donne. La jeune femme le range dans la penderie près de la porte puis elle invite le jeune homme à prendre place dans le salon.

> Roy ? dit-elle en passant derrière le bar.

> Mhm ?

> Tu étais sérieux l'année dernière quand tu m'as demandée en mariage ?

Mustang lève les yeux de Black Hayate et dit :

> Tu vois Riza, t'es tout à fait le genre de femme que les hommes préfèrent éviter.

> Ce qui sous-entend ? demande Hawkeye en fronçant les sourcils.

> Tu vois ? Tu réagis au quart de tour, et je suis certaine que si tu avais eut ton arme à portée de main, j'aurais un beau trou au milieu du front.

Il lui sourit et la jeune femme rougit en baissant les yeux.

> Cependant, pour ce qui est de ma demande en mariage, j'étais sérieux. Je t'admire, Riza, tu sais.

> Est-ce que… Roy, est-ce que tu es amoureux de moi ?

Mustang pince les lèvres et fait mine de s'intéresser au chien qui ronfle comme un sonneur à ses côtés, affalé sur le dos sur le sofa.

Soudain, il se lève et s'approche du bar. Hawkeye le regarde venir puis il s'assoit en face d'elle, sur un des hauts tabourets avant de dire :

> Je t'ai aimée, il est vrai et je le reconnais. Mais depuis que tu m'as envoyé balader, l'année dernière, j'avoue que cela m'a quelque peu refroidit. J'ai toujours sut que tu n'étais pas une fille facile et qu'il fallait plus qu'un grade élevé dans l'armée ou une belle gueule pour t'avoir.

Hawkeye sourit et Mustang ajoute :

> Cependant, j'ignorais que tu étais difficile.

> Difficile ? Moi ?

Mustang hoche la tête et Hawkeye ajoute :

> Il est vrai que j'aime choisir mes compagnons. Cependant, et contrairement à ce que tu pense, une belle gueule me suffit, tout du moins dans un premier temps.

Mustang sourit légèrement puis il tourne la tête vers Black Hayate qui agite ses pattes avant dans un rêve. Tout à coup, il sent une main sur sa joue gauche et il tourne la tête vers Hawkeye qui dit :

> Si tu veux, je peux réchauffer tes sentiments, Roy Mustang.

Mustang la regarde, d'abord étonné, puis il lui sourit et se penche au-dessus du bar. Hawkeye s'avance d'un pas et ils s'embrassent doucement, comme un premier baiser. Quand ils se séparent, Mustang dit :

> Je suppose que pour le mariage, je vais devoir attendre, non ?

> Et oui, dit Hawkeye en souriant. Tu m'as dit un an, non ?

Comprenant, Mustang laisse tomber ses épaules et soupire en disant :

> Si j'avais su, j'aurais accepté ta démission…

> Trop tard, mon Général, dit Hawkeye en se détournant.

Elle se retourne ensuite à demi et lui tire la langue avec un petit air espiègle. Mustang lui fait une grimace puis ils se mettent à rire et Hawkeye se met à la préparation du dîner.

A Dublith, cependant, Ed et Al sont à table en train de dîner avec Maître Izumi et son mari.

> Où est votre fils, Maître ? demande Al.

> Couché depuis longtemps, répond Maître Izumi avec un sourire. Tu sais, Al, les enfants vont coucher avec le soleil.

> Vous l'avez eut où ? demande Ed.

> Je l'ai adopté, répond Maître Izumi. Comme je ne peux plus en avoir à cause de la transmutation ratée qui a fait naître Wrath, je suis allée à Central, il y a cinq mois. J'y suis resté deux ou trois semaines je crois, et c'est au moment où j'allais rentrer à Dublith que l'ont m'a fait savoir qu'un bébé était à l'adoption.

> J'imagine que vous avez sauté sur l'occasion, dit Ed avec un sourire. Cependant, j'ai l'impression qu'il n'est pas…

> Pas humain ? dit Maître Izumi. Si, si, celui-là, il est humain, ne t'inquiète pas. Il n'est simplement pas de la même race que nous.

> C'est un Ishbal, dit Al. Vous n'avez pas peur ?

> Des militaires ? demande Maître Izumi. Tiens ! Qu'ils essaient de toucher à mon fils et ils vont voir ce dont une mère en colère est capable pour protéger sa descendance !

Elle frappe alors ses mains l'une contre l'autre et les deux frères sursautent.

> Maître, dit Ed en posant une main sur son cœur. Si vous pouviez éviter de faire ça…

> Toi, t'aurais vraiment besoin de vacances, dit la jeune femme avec un sourire.

> J'espère que Mustang va nous en accorder quand on aura bouclé notre mission, dit Al.

> Il a intérêt, dit Ed. Sinon, je m'en vais lui botter le cul à ce Général. C'est lui-même qui nous traite de gosses et il nous fait bosser comme des forçats.

Maître Izumi a alors un petit rire qui se transforme rapidement en fou rire et Ed, froissé, s'en va dehors.

> Oh qu'il est susceptible, dit-elle en s'arrêtant de rire. Il ne changera pas.

> Je veux pas qu'il change mon grand frère, dit Al. Ou peut-être qu'il grandisse un peu…

> Je t'ai entendu, Al !

Al rentre la tête dans les épaules et Maître Izumi repart dans un nouveau fou rire. Al la suit rapidement et Ed, assit sur les marches du perron de la maison, les bras croisés, boude dans son coin.

Le lendemain, il est très tôt mais les deux garçons sont déjà à la chasse aux évadés La chance semble être avec eux car, par le plus grand des hasards, ils tombent sur un groupe composé uniquement de ces détenus. A l'aide de quelques coups d'Alchimie, Ed parvient rapidement à les mettre hors d'état de nuire et, alors qu'un groupe de militaires les ramène à la prison, Ed sort de son manteau une feuille de papier et un crayon.

> Et de seize, dit-il en cochant quelque chose sur sa feuille, se servant d'un mur comme support. Il en reste autant en cavale mais s'ils sont tous au même endroit, ça va être de la tarte.

> Ouais, dit Al. Et on va pouvoir rentrer à Central faire notre rapport et ensuite, bonjour Rizenbull !

Ed lui sourit puis ils se remettent à la chasse aux évadés.

Cependant, à Central, Hawkeye s'efforce de réveiller Mustang. Ils ont passé la nuit ensemble mais sans rien faire d'autre que dormir et le Général dort d'un sommeil de plomb.

> Roy, bouge-toi, dit Hawkeye en le secouant. On va être en retard à la caserne si tu te lève pas de suite.

Ledit Roy grogne et se tourne sur le dos, un bras sur les yeux pour se protéger de la luminosité de la pièce.

Hawkeye soupire puis elle s'en va dans la salle de bain et, quand elle en ressort, Mustang est assit au pied du lit, vêtu de son pantalon d'uniforme et d'un T-shirt noir.

> Tu veux quand même pas que je t'aide à t'habiller, si ? demanda Hawkeye en enfilant sa veste d'uniforme.

> Non, merci, ça ira, dit Mustang. T'en fait pas, je suis toujours un peu long à la détente le matin.

> Bon, dit Hawkeye. Dans ce cas, j'y vais.

> Oui, oui, je te rejoindrais au bureau…

La jeune femme se penche alors vers lui et lui vole un baiser avant de quitter la chambre puis la maison et de se diriger d'un pas décidé vers le QG.

Allant directement dans le bureau de Mustang, elle ouvre le premier tiroir d'une commode de style Louis XV et en sort une boîte en argent. L'ouvrant, elle en sort une grosse clé, elle-aussi en argent, qu'elle glisse dans la poche intérieure de son uniforme.

Elle quitte ensuite le bureau et se rend dans l'aile Ouest. Là, elle entre dans un bureau désaffecté servant de débarras et elle se dirige vers une porte au fond de la pièce. La poussant, elle se retrouve en haut d'un long escalier en colimaçon, très étroit et très sombre.

Prenant une lampe tempête accrochée près d'elle au mur, elle l'allume et commence à descendre les marches qui semblent s'enfoncer indéfiniment sous terre.

Contre sa hanche, accroché à sa ceinture, ballote un sac de nourriture qu'elle a prit chez elle avant de partir et qu'elle compte donner à Scar. Elle fait cela depuis maintenant plus d'un an, à l'insu de Mustang, quand elle a vu le peu que le Général de Brigade lui donnait à manger.

Arrivant à la lourde porte de métal, elle introduit la clef d'argent dans la serrure et pousse la porte.

> Bonjour Scar, dit-elle en s'approchant prudemment du tas de couvertures. Scar ?

Soudain, la porte grince derrière elle, et une masse lui tombe dessus, l'aplatissant sur le dos au sol.

> Lâchez-moi, Scar ! Je ne vous veux pas de mal ! crie Hawkeye alors que l'Ishbal lui bloque les bras de chaque côté de sa tête.

> Faites-moi sortir d'ici, dit l'Ishbal d'une voix rauque. Faites-moi sortir d'ici immédiatement ou je vous tue !

> Scar, lâchez-moi, dit Hawkeye. Je suis justement venue vous faire sortir, mais lâchez-moi, vous me faites mal…

Scar se redresse puis il lâche la jeune femme qui s'assoit en se frottant les poignets.

> Écoutez-moi, Scar, dit-elle. Je vous ai apporté à manger. Mangez d'abord et ensuite je vous fais sortir d'ici…

Elle lui donne ensuite le sac, et Scar en dévore le contenu voracement. Sans la jeune femme et sa nourriture, il n'aurait pas pu tenir aussi longtemps.

> Scar, dit Hawkeye au bout d'un moment, alors que l'Ishbal ronge un os du lapin qui composait son repas. Scar, j'ai reçu l'ordre de vous transférer dans une autre cellule. Elle se trouve dans le bâtiment numéro cinq et…

> Et je serais encore dans le noir ? demande Scar, son os dans la bouche. Si c'est pour passer du noir au noir, je préfère encore rester ici et y crever.

> Mustang n'a jamais eut l'intention de vous faire crever ici, dit Hawkeye en fronçant les sourcils. Il voulait simplement que vous compreniez vos actes…

> Je n'ai rien fait de répréhensible, dit Scar en fronçant les sourcils. J'ai simplement vengé la mort de mon frère.

> Décidément, dit Hawkeye dans un soupir. Passer quatre ans ici ne vous a donc rien apprit, Scar ? Vous avez la tête aussi dure que du granit, ma parole.

Elle lui donne alors de petits coups avec son index sur le front et l'Ishbal grogne.

> Aller, levez-vous maintenant. Profitons du fait qu'il est encore tôt pour que je vous conduise au bâtiment cinq.

La jeune femme se relève en époussetant son uniforme, et Scar se lève à son tour en vacillant un peu.

> Aller, venez, dit Hawkeye en sortant de la cellule.

Scar la regarde partir puis il la suit en se drapant dans le vêtement crasseux qu'il porte depuis quatre longues années.

> Hum, dit Hawkeye en s'arrêtant juste avant l'escalier. Avant, vous allez faire un brin de toilette, et croyez-moi, ça ne sera pas du luxe.

Elle fronce le nez puis monte les marches, et Scar la suit en la singeant.

Arrivés en haut, Hawkeye tire de son uniforme une paire de menottes et une chaîne qu'elle lie aux poignets de Scar et à sa propre ceinture.

> Pensez-vous vraiment que, dans l'état où je suis, j'arriverais à m'enfuir ? demande Scar.

> J'en doute, il est vrai, dit Hawkeye sans se retourner. Cependant, vous êtes rusé et je me suis toujours méfiée des gens comme vous.

Scar soupire en levant les yeux au ciel, puis Hawkeye se met en marche et longe le couloir vide de l'aile Ouest. Elle se dirige vers le fond du couloir et entre ensuite dans une vaste pièce d'eau où, sur deux des quatre murs sont alignées des cabines de douche.

> Aller, dit-elle. Et pressez-vous quand même.

Elle le détache et sort de la pièce en fermant la porte.

Scar, quant à lui, trop content de pouvoir enfin se laver, ne réalise même pas que la jeune femme lui a ôté la protection qui entourait sa main droite.

Une fois lavé et rhabillé, Scar signale à Hawkeye qu'elle peut revenir et la jeune femme a un choc en voyant l'homme devant elle.

> Et bien, dit-elle en déroulant la chaîne de son poignet. On peut dire que vous en aviez besoin. Aller, tendez les bras, ajoute-t-elle.

Elle lui remet les menottes puis la coque de métal autour de sa main droite avant de quitter la salle d'eau et de sortir par une porte dérobée. De là, tous deux se dirigent vers le fameux bâtiment cinq en passant par derrière.

Scar cligne des yeux devant la violence de la lumière extérieure et, ayant trop mal aux yeux, il est contraint de faire le chemin les yeux mi-clos.

Soudoyant le soldat qui garde la porte de derrière, Hawkeye fait entrer Scar dans ledit bâtiment et le conduit à une cellule plus petite que celle où il vivait jusqu'à maintenant, mais ayant l'avantage d'avoir une fenêtre qui donne sur le terrain vague derrière le bâtiment ainsi qu'un lit confortable et un coin toilette propre.

> Voilà votre nouveau chez-vous, dit-elle en refermant la lourde grille qui sert de porte. Vous êtes le seul dans ce couloir, vous serez tranquille.

Scar s'assoit sur le lit et demande :

> Vous reviendrez me voir ?

> Si ça peut vous faire plaisir, dit la jeune femme.

> Dites…

> Mhm ?

> Je vais rester combien de temps ici ?

> Je l'ignore mais je tâcherais de demander au Général Mustang, si vous voulez, dit Hawkeye en s'éloignant.

Scar hoche la tête puis la porte par laquelle ils sont entrés se referme en claquant, et l'Ishbal se laisse tomber sur le lit qui, pour lui, est un vrai paradis.

Au bout d'un moment, il se lève et passe un bras à travers les barreaux de la fenêtre. La vitre est bien plus loin, il ne peut même pas la toucher, ne serais-ce que du bout des doigts, cependant, malgré le paysage réduit, cela lui remonte un peu le moral de voir enfin la lumière du jour après tant d'années enfermé dans le noir, dans une pièce nauséabonde avec pour seule visite deux militaires dont l'un encore plus hargneux qu'un chien sauvage.

> C'est fait ? demanda Mustang quand il voit entrer Hawkeye dans le bureau.

> Oui, répond la jeune femme en s'asseyant à son bureau.

Mustang fronce les sourcils puis il se lève et s'approche de la jeune femme. A mi-voix, il demande :

> Ca va, Riza ? Tu m'as l'air un peu abattue…

> Ca va, je t'assure, lui répond-t-elle. C'est juste que voir Scar m'a rappelé pas mal de choses passées pas toujours agréables.

> Tu veux que je le donne à quelqu'un d'autre ? demande Mustang.

> Non, ça ira, je vais m'y faire, assure la jeune femme. Merci.

Elle lève la tête et Mustang la console avec un baiser. Tout à coup, on frappe à la porte et Mustang se redresse en disant, toujours à mi-voix :

> On ne peut vraiment pas avoir une minute de tranquillité dans ce boulot.

Il s'éloigne ensuite vers la fenêtre et Hawkeye signale au visiteur qu'il peut entrer. C'est Havoc.

> Lieutenant Havoc ? dit Mustang. Que faites-vous ici à cette heure ? Vous devriez être au bâtiment trois à faire votre ronde…

> Oui, mon Général, je venais seulement chercher quelque chose, dit Havoc en se dirigeant vers son bureau.

Il prend des papiers puis quitte le bureau.

> Tiens ? dit alors Hawkeye. Tu as amené Black Hayate avec toi ?

> Il m'a suivit, dit Mustang. Je sais bien qu'il n'a rien à faire ici mais bon, on va pas le mettre dehors non plus.

La jeune femme sourit puis elle fait claquer sa langue contre son palais et le chien noir et blanc bondit sur ses pattes. D'un pas souple, il s'avance vers sa maîtresse et pose une patte sur son genou.

> T'es un bon cabot, dit Hawkeye en souriant.

Elle lui flatte la tête et le chien ferme les yeux. Mustang sourit devant ce tableau puis le téléphone sonne et il va répondre.

Cependant, à Dublith, Ed et Al sont toujours en train de traquer leurs évadés mais, depuis le coup de chance du matin, ils font chou blanc.

> Oh, nom de Dieu, grogne Ed. Mais ils sont où tous ?

> Planqués, dit Al en regardant dans une ruelle sombre.

> Ouais ben ils ont intérêt à se montrer parce que j'ai pas l'intention de passer dix ans ici, moi. Ca va faire quatre ans qu'on est pas retourné à Rizenbull.

> Winry a du changer, tu crois pas ? demanda Al. Et Mamie Pinako ? Tu crois qu'elle toujours vivante ?

> Ca va pas de dire ça, Al ? demande Ed, étonné d'entendre ce genre de paroles dans la bouche de son frère.

> Désolé, j'ai pas réfléchit, s'excuse Al.

Il s'incline légèrement puis Ed hausse les épaules et se remet à chercher. Finalement, à la fin de la journée, ils n'ont rien trouvé d'autre que des chats sauvages et c'est bredouille qu'ils rentrent chez Maître Izumi.

Les voyant ainsi désappointés et fatigués, la jeune femme décide de leur faire un bon repas et Ed retrouve vite le sourire malgré sa grande fatigue.

> Aller, tout le monde au lit maintenant, dit Maître Izumi en voyant l'heure tardive sur la pendule. Ed, vous allez rester ici encore longtemps ?

> Je ne sais pas, ça dépendra des prisonniers, répond le jeune homme en se levant de table. J'espère qu'on les aura avant une semaine parce que je vais pas tenir à ce rythme là.

> Franchement, dit Maître Izumi. Je ne comprends pas pourquoi c'est vous qu'on envoie faire un tel boulot. Les autres militaires ne sont pas assez débrouillards pour cela ?

> Justement, nous venons prendre la relève.

Ed, Al et Maître Izumi font volte face en direction de la porte d'entrée de la maison et Ed fronce les sourcils en voyant deux militaires entrer.

> Je suis le Lieutenant John et voici le Sergent Haps, dit le plus grand des deux. Nous venons vous remplacer pour cette mission. Le Général Mustang vous retire la mission et vous demande de rentrer à Central.

> Pourquoi donc ? demande Al.

> Je l'ignore, dit le Lieutenant John.

> Très bien, dit Ed. Demain, nous prendrons le train pour Central alors.

Le Lieutenant hoche la tête puis lui et son subordonné quittent la maison, et les deux frères vont se coucher.

Le lendemain, ils sont dans le train, en train de faire leurs adieux à Maître Izumi depuis le wagon.

> Et reposez-vous, surtout toi, Ed, dit la jeune femme. Tu es un vrai zombie.

Ed lui sourit puis un sifflet retentit et le train s'ébranle.

> A un de ces quatre ! dit Ed en faisant de grands signes à la jeune femme debout sur le quai, son enfant dans les bras.

Maître Izumi lui sourit en agitant son bras libre puis le train disparaît de sa vue et elle s'en retourne chez elle.

A midi, le même jour, à Central, Hawkeye dit à Mustang :

> Je viens de recevoir un télégramme du chef de gare de Dublith, dit-elle. Les frères Elric ont prit le train ce matin même. Ils devraient donc être ici demain dans la journée. Pourquoi les avoir fait revenir au juste ?

> Ce que tu m'as dit l'autre jour m'a fait réfléchir, dit Mustang en croisant les jambes l'une sur l'autre.

> Ha ? Et qu'ais-je dit ? Je ne me souviens pas…

> Peu importe, dit Mustang. Quoi qu'il en soit, cela fait quatre ans que les frères Elric n'ont pas revu leur famille et j'ai décidé de les envoyer à Rizenbull pour quelques semaines.

> Quelques semaines ? Combien exactement ?

> Trois suffiront amplement, dit Mustang en se levant de son siège. Et vous savez quoi, Lieutenant-Colonel Hawkeye ?

> Non ?

> J'ai moi aussi une permission… d'une semaine.

vVraiment ? Cela faisait longtemps que ça n'était pas arrivé, dit Hawkeye en souriant légèrement. Tu va donc partir.

> Oui, mais tu viens avec moi.

> Quoi ?

> Oui, j'ai réussit à bousculer un peu le Généralissime pour qu'il te donne des vacances à toi aussi. Je t'annonce donc que, dès la semaine prochaine, toi et moi, rien que nous deux, on partira pour une semaine à Aquroya.

> A Aquroya ? Roy ! Mais c'est…

> Une ville de rêve pour une femme de rêve, achève Mustang en prenant la jeune femme dans ses bras.

Hawkeye, ravie, noue ses bras autour du cou de son supérieur avant que celui-ci ne l'embrasse. Malheureusement, leur échange sera de courte durée car, comme toujours au mauvais moment, la sonnerie stridente du téléphone retentit.

> Grrr… dit Mustang en reculant. Maudite technologie.

Hawkeye retourne à son bureau en souriant, l'esprit déjà à Aquroya.


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