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Books » Harry Potter » Au bout du monde
Nemesis et Umbre77
Author of 7 Stories
Rated: M - French - Romance/Adventure - Harry P. & Draco M. - Reviews: 346 - Updated: 10-29-06 - Published: 05-14-05 - Complete - id:2393570

Disclaimer Rien ne nous appartient excepté l'intrigue! Tout le reste est à J.K Rowling! Bonne lecture!

Note des auteurs : Eh ouiiiiiiiiii! La troisième partie! (Ma préférée héhéhé)! Bonne lecture tous!

oooO0Oooo

Au bout du monde

Chapitre 01 :

La Noble et Très Ancienne Maison des Black apparut devant eux et un sourire indéfinissable apparut sur le visage d'Harry. D'un pas sûr, il s'avança vers la porte d'entrée défraîchie et égratignée. L'aspect extérieur du bâtiment n'avait rien perdu de sa maussade apparence qui témoignait pourtant d'un passé où elle s'était élevée fièrement sur ses fondations, magnifiquement entretenue. Une vigne rabougrie et tordue où quelques feuilles desséchées pendaient tristement s'élevait encore courageusement sur un des murs tout de pierres gris opale, faisant beaucoup plus office d'encombrement et de délaissement que du magnifique rosier qu'il avait dû être. Draco le suivit d'un pas peu assuré, craignant légèrement d'entrer dans l'univers purement gryffondorien. Actionnant la poignée de la porte, Harry entra, précédant Draco, tandis qu'ils portaient encore tout leurs bagages. À l'encontre de quelques années auparavant, le hall lugubre était désormais éclairé par les hautes fenêtres qui montaient jusqu'au plafond, le sol était impeccable et son marbre noir veiné d'or – on avait fait de nombreuses rénovations – laissait paraître leurs reflets, tel un miroir. Le portrait de la vieille mère de Sirius avait finalement été retiré du mur (on l'avait précautionneusement déposé dans le grenier et recouvert d'une vieille couverture), et ses cris stridents avaient cessé d'envahir la maison en entier. Un peu plus loin, à leur gauche, un portemanteau sur pied représentant un dragon taillé dans ce qui semblait être de l'argent offrait un échantillon de ce qui devait meubler la demeure. Draco regarda l'intérieur avec une sorte de stupéfaction. Il ne s'attendait absolument pas à cela, surtout quand il avait vu l'état extérieur du bâtiment ! Harry lui ébouriffa les cheveux gaiement, voyant sa stupéfaction.

– Bienvenue chez moi, Dray !

Ledit Dray se recoiffa les cheveux en lui lançant un regard perçant.

– Ne fais pas ça, dit-il d'un air agacé.

– Quoi dont ? demanda Harry, faisant mine de vouloir remettre les mèches à nouveau en batailles.

Draco lui tira la langue, ronchonnant. Il fut légèrement bousculé par Flippo qui se mit à inspecter les lieux. À son tour, Harry délivra son chat de sa cage, celui-ci allant joyeusement trottiner dans sa demeure qu'il n'était pas mécontent de retrouver.

– Fais comme chez toi, vieux toutou ! lui lança Harry, tandis qu'une silhouette courte sur pattes faisait discrètement irruption à côté de lui.

– Dobby peut-il porter vos bagages, Monsieur Harry Potter, Monsieur ? demanda le petit elfe de maison, apparemment heureux de revoir le maître des lieux.

Draco eut un bond magistral en voyant l'ancien elfe de maison de sa famille.

– Mr Ma…Ma…Malfoy, bégaya soudainement la créature, les yeux grands ouverts.

– Dobby, dit simplement Draco, lui souriant.

Les yeux verts plus démesurés qu'habituellement de l'elfe passèrent frénétiquement de Harry à Draco. Harry eut un sourire amusé.

– Tu peux emmener les bagages – ceux de Draco également – dans ma chambre Dobby.

L'elfe continua de regarder alternativement les deux hommes puis, semblant s'apercevoir de ce qu'avait dit son maître, s'exécuta rapidement.

– Je nous fais un sandwich et je te fais visiter le tout après ? proposa le brun, se dirigeant vers le fond du hall où se trouvait la porte qui menait à la cuisine.

– Heu… D'accord, dit Draco en suivant le brun de près.

Le manoir semblait complètement désert. On aurait dit qu'aucun membre de l'Ordre n'était présent, et c'était peut-être effectivement le cas. Pourtant… Chacun savait qu'il rentrait aujourd'hui. Le silence était beaucoup trop calme…

Harry enclencha la poignée en argent représentant un serpent – il n'avait pas cru bon de les changer – et poussa la porte de chêne vernie, entrant dans la cuisine plongée dans une semi obscurité due aux rideaux vaporeux de couleur bleu nuit qui était tirés. Traversant rapidement la pièce, il les écarta d'un geste vif, laissant la lumière s'attaquer à l'obscurité, dévoilant une pièce aussi magnifiquement décorée que le hall. L'ancienne table égratignée au vernis terni qui ornait le centre de la pièce autrefois avait laissé place à une table au plateau de verre, où, en son centre, était gravé un grand phénix au ailes déployées, le tout soutenu par un enchevêtrement de fer forgé. Les chaises étaient parfaitement assorties, tout comme le reste du mobilier. Un peu plus loin, face à une grande fenêtre s'alignait un comptoir surmonté d'armoires contre le mur. À quelques détails près, la pièce ressemblait à une cuisine moldu.

Lorsque Draco fut entré dans la pièce, la porte se referma brusquement derrière lui, l'enfermant avec Harry. Presque au même instant, sept silhouettes apparurent, leur sortilège de Désillusionnement brisé.

– SURPRISE ! crièrent-ils tous.

Harry les regarda, figé, clignant des yeux tandis que Draco semblait s'être transformé en statut de sel.

– Vous alors ! s'exclama le brun, souriant.

Ron vint lui tonner une solide bourrade dans le dos.

– Content de te revoir vivant.

– Il était temps que tu reviennes, dit Hermione en souriant, le serrant contre elle.

– Tu as grandi, fiston, renchérit Remus en venant lui ébouriffer les cheveux – si c'était encore possible.

– Ça j'en doute Remus, répondit Harry, tentant de remettre quelques mèches à leur place, sans grand succès.

– Il a raison, intervint Molly. Au moins de cinq centimètres !

– À dix-neuf ans ?

– Les sorciers ne sont pas formés de la même manière que les Moldus, intervint Arthur.

– Si vous le dites.

Harry haussa les épaules tandis que Fred, George et Charlie le serrait contre eux chacun leur tour. Alors seulement, tous semblèrent remarquer la présence de Draco qui s'efforçait de se faire le plus petit possible. Gêné, le blond semblait regarder à gauche et à droite dans l'espoir de trouver une issue quelconque à tous ses regards peu accueillants.

– Ahem… Vous connaissez tous Draco ? tenta Harry.

– Malheureusement, oui, répondit Ron, froid.

Harry lui jeta un regard noir, contre toute attente pour le rouquin.

– Qu'est-ce qu'il fiche ici, le Serpentard ? demanda Fred. Il a enfin décidé à sortir de son trou à rat ?

– Et nous qui le croyions mort ! dit George.

– Il est ici parce que c'est chez lui, répondit Harry, polaire.

Il ne s'était pas attendu à voir une dizaine de personne devant lui et devant y confronter Draco.

– Chez lui ? demanda Hermione, choquée.

– Exactement.

– Je t'avais dit que ce n'était pas une bonne idée, murmura Draco, fixant le sol.

Harry fit mine de l'ignorer.

– Je peux savoir pourquoi cela semble vous causer un problème.

– Mais enfin, Harry, dit Ron comme si c'était évident. C'est Malfoy !

– C'est Draco, rectifia Harry, appuyant bien sur le nom.

– Que tu changes le nom ne fait pas de lui autre chose qu'un sale con !

– Prénom ou nom, ce n'est pas ce qui fait la différence Ron, tu as bien raison, mais plutôt ce qu'il est pour moi – et certainement pas un sale con !

– Je suis un peu perdue, intervint Hermione. Pourrais-tu au moins nous expliquer… pourquoi il est là ? Outre qu'il soit… « Chez lui ».

– Il rentre avec moi de New York, bien sûr ! fit Harry, exaspéré. Il est chez lui parce que je l'ai invité à venir vivre ici !

– Mais pourquoi ? demanda Ron, l'air horrifié.

– Parce que je l'aime, gros malin !

Ron resta stupéfait, comme pratiquement toutes les personnes de la pièce. Seul Remus resta calme et alla se poster à côté de Draco qui s'était reculé jusqu'à toucher la porte, sa main crispée sur la poignée. Le lycanthrope lui fit un sourire rassurant.

– Content de te revoir, mon gars ! fit-il, en lui tendant la main.

Draco eut l'air surpris mais lui serra la main tout de même, bien que craintif. Harry ne fit pas le moindre geste, fixant Ron d'un air glacial.

– Harry, dit finalement le roux. Tu ne… Tu ne peux pas… aimer ça !

Ça a un prénom, et ce n'est pas à toi de me dire qui je dois aimer !

– Un peu de calme, les enfants, dit Molly, s'interposant. Nous n'allons pas gâcher un si beau jour par de vaines disputes, n'est-ce pas ?

Harry sembla s'apaiser sous ses paroles, au contraire de son fils. Les invités allèrent s'asseoir autour de la table dans un calme fort bien simulé, Draco se mettant le plus prêt possible de Harry et le plus loin de Ron.

– Vous avez déjà fini de dîner, Molly ? demanda aimablement Harry.

– Oui, dit la femme en souriant. Nous aurions bien fait un repas pour ton… enfin, votre retour, mais nous avons pensé que tu serais plus fatigué qu'autre chose…

Harry haussa les épaules.

– Nous mangerons plus tard. Je me débrouillerai.

Molly lui sourit, le silence revenant dans leur groupe. Draco, mal à l'aise, ne cessait de gigoter, essayant de trouver une excuse pour s'esquisser.

– Je vais aller faire faire le tour du propriétaire à Draco… Si ça ne vous dérange pas.

– Non, pas du tout, répondit Hermione en empêchant Ron de parler.

Harry se leva donc de table et lui et Draco sortirent rapidement de la pièce, refermant silencieusement la porte derrière eux. Une fois sorti, Draco poussa un profond soupir, se détendant très légèrement.

– Désolé, murmura Harry. Je ne m'attendais pas à ce qu'ils soient dans ma cuisine…

– Oui, je l'ai vu sur ton visage, dit Draco en lui souriant. Ce n'est pas grave… Je savais que je ne serai pas le bienvenu…

– Mais si tu l'es ! répliqua Harry en venant l'embrasser.

Draco répondit vivement à son baiser, profitant de la seule personne qui désirait ne pas le voir dans un fossé.

– Par toi, oui, finit-il par dire. Mais pas par eux…

– Remus avait l'air plutôt réjoui…

– Bon, Remus mis à part, je ne suis pas le bienvenu…

Harry soupira.

– Ça changera.

– Je ne pense pas, non, dit Draco. Ils avaient tous l'air de voir un monstre au lieu de moi…

– Draco… reprit Harry, passant sous le vieux lustre de cristal nettoyé qui pendait au-dessus de leurs têtes et l'entraînant dans le grand escalier recouvert d'un tapis persan d'un blanc immaculé. Lorsque tu as disparu il y a pratiquement trois ans, Hermione, Ron et moi – enfin, pas vraiment moi – te détestions. Tu étais la représentation junior de Lucius Malfoy pour tout le monde… Ce qui n'est plus le cas. Ça prendra peut-être un peu de temps, mais leurs avis changeront.

– J'en doute, dit simplement le blond, pensif.

– Tu doutes de toi maintenant ?

– Je n'ai jamais été confiant, dit simplement Draco.

– Vraiment ? répondit doucement Harry alors qu'ils passaient devant une série de portes où chaque panneau portait, gravée d'une élégante et fine écriture, la pièce qu'elle refermait, et qu'un couloir s'ouvrait à eux, à leur droite, couloir qu'ils empruntèrent, toujours mené sur la même moquette blanche. Des tableaux s'animaient sur leur passage, certains ayant l'air assez vieux, mais toutefois entretenus, d'autres étant plus récents.

– Oui, répondit Draco.

– Alors tu es un bon acteur.

Il actionna la poignée en argent d'une porte dans le même modèle que celle de la cuisine, aussi bien vernie et brillante, faisant pénétré Draco dans une chambre, non peinte en rouge de fond en comble comme celui-ci l'aurait soupçonné, mais plutôt d'un bleu nuit, découpé d'un plafond et de tentures crème. À première vue, Dobby avait déjà rangé tous les vêtements, et rien ne semblait être déplacé dans la pièce.

– C'est relaxant, dit Draco en regardant la pièce.

Harry sourit et s'approcha de la fenêtre, ses pas étouffés par la moquette tout aussi sombre que les murs de la pièce, y tirant les rideaux et entrouvrant légèrement la fenêtre.

– C'était l'ancienne chambre de mon parrain. J'y ai emménagé à sa mort. Il y avait trop de souvenirs de lui – et de mes parents – pour que je la laisse dépérir.

Draco sourit et s'approcha de Harry, déposant un petit baiser sur sa joue.

– Tu as dû avoir beaucoup de mal à entrer ici…

– Assez oui. Je n'ai pas voulu y entrer pendant des jours, et encore moins de m'en approcher.

Draco sourit et posa sa tête sur l'épaule de Harry tandis que celui-ci enlaçait sa taille de ses bras.

– Dois-je redescendre avec toi ? demanda-t-il.

– Tu peux prétexter une subite envie de sommeil. Je te monterai un truc à manger un peu plus tard…

– J'ai vraiment sommeil, avoua Draco.

– Alors dors, répondit Harry. Ça ne me pose aucun problème.

Draco sourit et attira le visage de Harry à lui pour l'embrasser avec tendresse, soupirant légèrement de joie en sentant son amant contre lui. Harry sourit contre ses lèvres et le souleva dans ses bras pour le porter jusqu'au lit double à l'opposé de la porte.

Draco eut l'air surpris mais sourit tout en nichant son visage dans le cou d'Harry, sa langue passant doucement sur la peau douce et ses dents la mordillant de temps à autre.

– Plus tard Dray, murmura le brun à son oreille. Dors plutôt.

Harry tira les couvertures assez maladroitement, soutenant toujours Draco, déposant par la suite le blond dans le lit.

– Oh, je n'avais rien l'intention de faire, dit Draco d'un air amusé. Seulement, si tu pouvais prendre une photo de Weasley quand il verra ton suçon… Je suis sûr que j'en rirai encore dans vingt ans !

Harry eut un sourire amusé.

– Tu es diabolique, souffla-t-il sur ses lèvres. Peut-être un peu trop pour ton propre bien…

Harry rabattit les chaudes et moelleuses couvertures bleu Berlin sur lui, non sans lui avoir au préalable retiré ses chaussures.

– Moi ? fit Draco, innocent. Pas du tout !

Il se débrouilla pour embrasser une fois de plus Harry, souriant de toutes ses dents.

– Je vais vite dormir, dit-il. Car quand je me réveillerai, tu seras là !

Harry l'embrassa une dernière fois puis s'éloigna du lit, refermant doucement la porte derrière lui. S'engageant à nouveau dans les couloirs, il s'en fut d'un pas tranquille, aucunement pressé de se retrouver à nouveau devant son groupe d'accueil. Il passa devant de nombreux portraits représentant pour certains la défunte famille Black, pour d'autres de magnifiques paysages féeriques et de tous les jours, enfin, certains illustraient tout simplement de puissants sorciers d'autrefois.

Harry s'engagea finalement dans l'escalier et traversa rapidement le hall, revenant à la cuisine. Ron, Hermione, Remus et les jumeaux n'y étaient plus. Harry sourit à Molly et à Charlie qui discutait tranquillement devant un café, cachant sa légère tension et se dirigea vers l'une des nombreuses armoires en bois de noyer au fond de la cuisine, se sortant de quoi faire un sandwich. Quand il l'eut terminé, il se dirigea vers le salon d'où lui venaient les voix de ses amis. Traversant à nouveau le hall, se dirigeant vers la porte opposé de la cuisine, il poussa celle du salon resté entrouverte et y entra. Aussitôt, les voix faiblirent, comme gênées. Harry n'y fit pas attention et se dirigea vers le centre de la pièce, ses pas qui avaient résonné sur le marbre du hall maintenant silencieux sur le tapis ébène. Il se laissa tomber dans un des fauteuils en cuir noir, face à Ron, à la gauche de Fred, fixant l'âtre en pierre blanche magnifiquement sculptée d'une vigne florale qui se découpait sur toute la cheminée où, sur le manteau, ciselé dans une plaque en argent incrusté dans la pierre, apparaissait Spero es liberta (L'espoir est notre liberté), tandis que crépitait doucement une flambé qui chassait la température glaciale qui aurait pu essayé de s'engouffrer par le conduit de la cheminée.

Harry posa son assiette sur la table basse ovale, aux pieds effilés faites en bois d'acajou qui se trouvait devant lui, y laissant également son sandwich.

– Draco est parti dormir, déclara-t-il, voyant le regard curieux de Hermione autour de la pièce.

– Il a l'air fort fatigué, je trouve, intervint Remus.

Harry haussa les épaules.

– Je sais. Il est dans cet état depuis une semaine environ.

Il se gratta nonchalamment dans le cou, ses doigts passant inconsciemment sur son suçon. Ron écarquilla les yeux d'horreur et faillit s'étrangler avec sa salive.

– Je ne comprends pas comment tu peux sortir avec un truc pareil ! s'exclama le rouquin, dégoûté.

Harry lui jeta un regard glacial qui aurait pu facilement faire penser à celui de Draco.

– Je ne t'ai pas demandé de me comprendre, Ron. Je ne t'ai même pas demandé ton avis.

– Eh bien je te le donne quand même. Enfin, Harry, c'est Malfoy ! Qu'il se prénomme Draco ne change rien !

– Qu'est-ce que tu sais vraiment de lui Ron, hein ? gronda le brun.

– Je sais qu'il n'a pas cessé de nous pourrir l'existence ! explosa le rouquin.

– C'était avant ! Tu n'étais pas là ces six derniers mois ! Tu n'étais pas là cest deux dernières années à vrai dire ! Si nous avons gardé contact, c'est bien grâce à l'Ordre du Phénix et lors des vacances d'été – lorsque je n'étais pas absorbé par mes études. Si quelqu'un ou quelque chose me pourrit la vie ces temps-ci, c'est bien toi, avec tes idées préconçues et ton dégoût pour ce qui s'est déroulé autrefois ! Apprends un peu à apprivoiser ce que tu ne connais pas, tu veux ! Grandis à la fin, Ron ! Draco a disparu trois années entières, ça ne t'est pas venu à l'esprit qu'il a changé ? Ça ne t'est pas venu à l'esprit, sachant que j'avais tué son père, qu'il s'était enfin relâché ? explosa à son tour Harry.

– JE TE POURRIS LA VIE ? cria Ron, rouge de colère. Comment oses-tu me dire ça ? Tu fréquentes trop Malfoy, Harry, il déteint sur toi !

– C'est DRACO ! Pense ce que tu veux Ron, je n'en ai strictement rien à foutre ! Je l'aime, point barre !

– Calmez-vous ! intervint Hermione. Ron, assieds-toi. Harry, essaye de baisser le ton. Nous n'arriverons à rien de cette manière !

Prenant une grande respiration, Harry se rassied lentement dans son fauteuil, une tempête de colère faisant rage dans ses yeux émeraude.

– Bien, dit Hermione, satisfaite. Et si tu nous expliquais toute l'histoire ?

– Toute l'histoire bien en détails avec tout ce que nous avons fait, y compris lorsque nous étions seuls ? répondit Harry sur un ton plein de morgue.

Hermione rougit.

– Non, bien sûr que non ! s'empressa-t-elle de dire. Simplement ce qu'il s'est passé pour que tu finisses avec lui ! Pour que tu aies une si grande confiance en lui…

Harry la fixa un moment.

– Ces deux semaines où j'ai disparu lors de notre septième année… Je vous ai dit que je m'étais retrouvé dans un désert, avec Draco, après m'être chamaillé avec lui. C'était le cas. Ce que je n'ai pas dit c'est que nous avons appris à nous connaître, il m'a révélé bien des choses et moi aussi. De là a naquit une… complicité. Et ça s'est terminé sur un lit de sable sous un cocotier dans une oasis… Puis il a disparu, une fois de retour à Poudlard.

Ron eut une moue dégoûtée.

– Je ne veux rien entendre de plus, dit Ron en se levant. Tu me répugnes, Harry !

– EH BIEN DERRIÈRE TOI, IL Y A LA PORTE DU SALON, PUIS CELLE DU MANOIR. JE NE TE RETIENS PAS, TU PEUX T'EN ALLER SI TU N'AS PAS UNE ONCE DE CERVELLE POUR AVOIR UN PEU DE COMPRÉHENSION !

– Je n'avais nullement l'intention de rester ! cracha Ron.

– Ron ! s'exclama Hermione, horrifiée.

Mais le rouquin ne l'écouta pas et quitta la pièce, la porte d'entrée claquant. Harry resta parfaitement stoïque un moment, puis soupira et se saisit de son sandwich.

– Ne… ne t'inquiète pas, dit Hermione, blême. Je vais le raisonner, il… Je suis sûre qu'il ne le pense pas vraiment. Ça lui a fait un choc, c'est tout…

Harry leva son regard vers elle.

– Hermione, tu ne crois pas ces paroles toi-même.

La jeune femme baissa la tête et se rassit mollement.

– Non, c'est vrai, avoua-t-elle.

Il y eut un instant un long moment de silence.

– Et si tu nous racontais comment tu l'as retrouvé ? demanda Remus, appuyé contre le piano de la pièce.

Harry eut un petit sourire.

– Nous venions, Sandra et moi, de rencontrer Steve et Samantha. C'est avec eux que nous devions parlementer. Ils nous ont trouvé dans une position fort… gênante et, embarrassée, Sandra complètement trempée, nous avons remis notre rendez-vous. C'est donc un soir, alors que nous nous rendions au Spider Web's – une boîte de nuit très réputée du quartier –, que Draco est apparu… Il était serveur.

– Serveur ? demanda Fred, manquant de s'étouffer.

– Il a changé je vous le répète. Donc… Je l'ai aperçu la première fois là-bas. Ça a été un choc et j'en ai été ébranlé. J'ai tout simplement reporté à nouveau notre première entrevue avec les ambassadeurs d'Amérique. Quelques jours se sont ainsi déroulés. Puis, je ne sais comment, des Mangemorts ont eu vent de notre position et il y a eu un attentat à la bombe contre nous, sur une terrasse. Nous avons été saufs, grâce à l'intervention de Samantha. Malheureusement, l'édifice était en feu et il menaçait d'exploser et de faire de sérieux dommage. Draco se trouvait dans ce coin ce jour-là. J'ai donc envoyé Sandra le chercher… J'avais sérieusement besoin d'un coup de main, et l'incendie ne pouvait se maîtriser que du haut des airs. Draco à user de magie noire et son père l'a repéré immédiatement. Il s'est par la suite enfui chez lui et je l'ai suivi. Je lui ai sans aucune hésitation proposer de venir habiter à l'appartement.

– Et il ne le savait pas ? s'étonna George.

– Qui ne savait pas ?

– Draco !

Harry haussa les épaules.

– Bien sûr qu'il savait, mais je ne pouvais pas prendre le risque que Draco tombe face à face avec eux, je ne pouvais pas me le permettre. Draco est finalement arrivé à l'hôtel, alors que je me demandais si j'aurais mieux fait de le traîner moi-même jusque-là. Les premiers temps ont été très tendus… Puis, un soir, alors qu'il allait travailler, il est passé directement à son ancien appartement. Moi, pour ma part, je faisais une ronde à l'extérieur et je suivais deux Mangemorts. J'ai alors eu un très mauvais pressentiment et je me suis précipité chez lui… Là, j'ai fait le tour de l'appartement après m'être au préalable assuré qu'il n'avait rien, j'étais horriblement angoissé ! À mon grand malheur, j'ai découvert un Mangemort dans la penderie et nous avons déguerpi en quatrième vitesse, filant à travers les ruelles de New York. Pour faire diversion nous avons hmm… fait mine d'être un couple assez euh… occupé.

Remus eut un sourire amusé.

– Mais encore ? dit-il.

– Ensuite bah… son enlèvement s'est ensuivi, j'ai tué Lucius Malfoy de sang froid, sans aucun remord et ça s'est développé entre moi et Draco.

Hermione eut l'air pensive.

– Il a dû beaucoup changer… Pour que tu l'acceptes dans ta vie, dit-elle d'un air perplexe.

– Il a changé, croyez-moi.

Le silence régna un long moment.

– Moi, je te crois, dit Remus. Je le sens…

– Vous le verrez bien par vous-même.

Harry se leva.

– Je vais prendre un truc pour Draco et je remonte à l'étage…

Il entendit vaguement ses amis partir, prépara rapidement un sandwich à Draco dans la cuisine. Il y ajouta une carafe du jus de citrouille et mit le tout sur un plateau, retournant vers la chambre, prenant tout son temps pour traverser les couloirs. Il ouvrit par la suite la porte et vint déposer le plateau sur la table de chevet, s'asseyant par la suite à côté de Draco. Il fronça les sourcils en voyant l'état agité du blond et son front luisant de sueur. Les doigts de Draco étaient crispés sur la couverture et de très légers et angoissés gémissements sortaient de sa bouche qui s'ouvrait doucement. Il gigotait, semblant totalement paniqué dans son rêve.

– Draco ! souffla doucement Harry, secouant son épaule.

Le blond ne sembla pas l'entendre, continuant de bouger d'un air apeuré. Légèrement inquiet, Harry s'allongea finalement près de lui et saisit sa main, respirant à fond. Il se laissa finalement baigné dans la Légilimencie en abaissant ses murailles et se projeta dans l'esprit de Draco. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'il se retrouva dans un sombre couloir entouré de verre, juste à côté d'une petite forme recroquevillée sur elle-même, pleurant à chaudes larmes. Harry s'agenouilla à côté de lui, posant sa main sur son épaule. L'enfant tourna un visage baigné de larmes vers lui, et Harry eut le cœur brisé.

– Draco, souffla-t-il.

Le petit garçon le regarda, ses grands yeux bleus brillants d'effroi.

– Qu'est-ce que vous… Qu'est-ce que vous faites ici ? Qui êtes-vous ?

– Un ami… Je viens t'aider, répondit tendrement Harry.

– Me… m'aider ? demanda le petit garçon. Non, c'est pas vrai ! C'est un de ses pièges !

– Qui te tend un piège, Draco ?

Le petit garçon recula d'un air effrayé.

– Papa, dit-il d'une petite voix brisée. Papa me cherche. Et il ne faut pas qu'il me trouve ! Je dois bien me cacher… Ne pas être trouvé !

– Je peux t'aider Draco, répondit Harry, s'approchant de lui. Je peux encore t'aider contre Lucius. Je vais t'aider à te cacher. Je suis un ami.

Il hésita.

– Je m'appelle Harry.

Les yeux de Draco se posèrent sur son visage, troublés.

– Harry ? dit-il timidement.

Celui-ci acquiesça vivement de la tête.

– Tu me reconnais ?

Draco hésita un peu puis tendit la main pour frôler son visage. Il enleva rapidement sa main puis, voyant qu'Harry ne se fâchait pas, recommença. Ses petits doigts passèrent sur les joues d'Harry. Au fur et à mesures de son exploration, Draco osa le toucher plus fortement. De nouvelles larmes coulèrent sur son visage et il se jeta dans les bras du brun.

– Harry ! dit-il.

Celui-ci le serra contre lui, fredonnant doucement.

– Ça va aller, chuchota-t-il, frottant doucement son dos.

Draco se blottit contre lui, pleurant à chaudes larmes à nouveau.

– Harry, répétait-il en s'accrochant à lui comme à son seul espoir. Il me cherche, Harry ! Il me cherche !

– Dans tes rêves Draco, seulement dans tes rêves.

Harry s'assied au sol, contre le mur, serrant toujours Draco contre lui.

– Non, dit le petit garçon. Il est ici. Nous devons nous cacher ! Sinon, il va me punir !

– Mais je suis là moi, je suis là. Il ne pourra pas te punir si je reste avec toi. Pourquoi n'es-tu pas dans ta chambre à cette heure ? Tu devrais dormir non ?

Draco s'accrocha encore plus fort à Harry, son petit visage crispé de peur.

– Non, dit Draco. Papa veut toujours que je me cache la nuit. Il dit que je dois me cacher… Et que s'il me trouve, je serai puni !

– Dors cette fois Draco, je veille sur toi.

Mais Draco secoua la tête.

– Je veux partir d'ici, dit le petit Draco en pleurant. Je veux plus jouer. Je n'aime pas ce jeu. La maison est trop grande… Il n'y a pas de bonne cachette… Je me fais toujours attraper…

Harry lui sourit d'un air rassurant.

– Draco, ton papa n'est pas vraiment là. En fait, tu dors en ce moment dans ton lit. C'est un cauchemar.

Il devait le réveiller à présent… Draco était beaucoup trop terrifié pour son propre bien.

– Non, dit Draco. Il va me trouver…

– Non. Ferme les yeux et pense à de belles choses. Oublie ta peur.

Draco se mordit les lèvres et ferma très fort les yeux.

– Harry… murmura-t-il.

– Oui ? répondit celui-ci sur le même ton.

– Si je me réveille… Tu seras là, n'est-ce pas ?

– Je serai là, tout à côté de toi, c'est promis.

Draco eut l'air soudainement très rassuré et se détendit totalement, s'affaissant contre Harry. Celui-ci eut un sourire attendri et fixa les alentours, attendant que Draco se réveille. Il le saurait bien assez vite… Le décor se disloqua rapidement, seul un miroir restant net et clair en face d'eux. Draco trembla contre Harry et le miroir explosa, les deux hommes se retrouvant dans le monde réel. Draco se réveilla en poussant un cri d'horreur et Harry reprit brusquement une bouffé d'air, se redressant trop vivement dans le lit. Une migraine effroyable s'empara de son esprit et il gémit, peu conscient de ce qui l'entourait soudainement, excepté de Draco qui avait hurlé à s'en briser les cordes vocales. Draco se couvrit le visage des mains pour ne pas voir ce qui l'entourait, mais il entendit très nettement la respiration haletante d'Harry près de lui. Ouvrant les yeux craintivement, il vit son amant au visage douloureux près de lui et oublia sa peur pour aller se lover contre lui.

– Harry ? l'appela-t-il.

Ouvrant péniblement un œil, Harry voulut lui faire un sourire rassurant, mais ne parvint qu'à créer une grimace.

– Je suis là Draco, souffla-t-il d'une voix rauque, passant un bras autour de lui tendit qu'il refermait les yeux, sa migraine le faisant toujours souffrir. Il était d'une pâleur inhabituelle.

Draco déposa un baiser sur son nez.

– Je sais. Shhh… Tu n'as pas l'air d'aller bien, reste calme et silencieux…

– J'ai un de ces mal de tête, répondit le brun, soupirant, sa respiration reprenant un rythme plus calme.

– Shhh, fit encore Draco, caressant son dos. Je vois que ça ne va pas, reste calme.
Le blond déposa de petits baisers sur le front et les tempes d'Harry, espérant que le mal de tête passerait vite. Quelle idée, aussi, de venir ainsi dans ses rêves ! Harry ferma les yeux, soupirant.

– Je t'ai apporté un sandwich, tu devrais manger, marmonna-t-il, passant une main sur son front brûlant.

Il y eut un bref silence.

– Je n'ai pas eu ce genre de malaise la dernière fois…

– Je n'ai pas faim maintenant, répliqua Draco d'un air inquiet. Reste là je vais… Je vais essayer de trouver quelque chose pour te soigner…

Il passa sa main sur le front moite d'Harry et se leva pratiquement en sautant du lit pour se diriger vers le petit coffret de bois que Dobby avait posé sur le coussin de velours d'un fauteuil. Sortant sa chaînette d'argent avec au bout sa petite clef, Draco ouvrit rapidement le coffret, y mit sa main, attendit, puis en sortit une potion bleuâtre. Aussitôt, il referma la boîte et, vacillant un peu, retourna vers le lit pour la tendre à Harry.

– Cette potion t'ai…t'aidera à passer ton mal de tête et à diminuer l'effet de vertige. Elle peut aussi servir contre les fièvres subites, donc, je pense que ça te fera le plus… le plus grand bien.

Harry se redressa dans le lit et saisit la potion dans une de ses mains moites, souriant à Draco pour le remercier. Il déboucha la fiole, et sans plus de cérémonie la but cul sec. Le flacon vide, une moue de dégoût se peignit sur ses traits. Il posa la fiole sur la table de chevet à côté de lui et se retourna vers Draco.

– Viens t'asseoir, dit-il doucement, tu dois manger quelque chose. Tu n'as rien avalé depuis le dîner d'hier, et l'heure du dîner d'aujourd'hui est largement passée !

Il tapota à couette à côté de lui, puis se retourna vers le plateau et le souleva, heureux de voir que les légers tremblements qui le parcouraient s'estompaient peu à peu.

– C'était quoi, cette boîte ? demanda-t-il, soudain curieux tandis qu'il emplissait un verre de jus de citrouille pour le blond, et lui tendait.

Draco vint s'asseoir à côté de lui, prenant le verre dont il but une petite gorgée.

– C'est une boîte magique, dit Draco. Je l'ai depuis l'âge de dix ans… Je l'avais acheté en secret, un jour, sur le Chemin de Traverse… Elle me donne tout ce que je veux, quand je le veux… Elle demande juste… un petit prix à payer… Parfois, je donne de l'argent… Parfois du sang… Parfois de l'énergie magique.

Draco but encore un peu de jus de citrouille, poussant un petit soupir.

– Ça me fait du bien, avoua-t-il en souriant à Harry. Mine de rien, la boîte m'a pris beaucoup d'énergie pour la potion…

Un pli soucieux vint barrer le front toujours un peu moite de Harry.

– J'ai entendu parler de ces boîtes une fois ou deux… Elle sont très pratiques, mais peuvent s'avérer assez dangereuses, si l'on prend l'initiative de s'en servir dans des situations critiques. Je te conseillerais en temps normal de te reposer un peu et de dormir… Mais avec le cauchemar que tu viens de faire, je doute que ce soit une excellente idée…

Il se versa un verre à son tour, son regard dérivant vers l'extérieur où valsaient de minuscules flocons.

– J'ai presque oublié que ce sera Noël dans quelques jours… dit-il doucement avec un sourire indéchiffrable.

Draco sourit tout en picorant son sandwich.

– Déjà, dit-il d'un air rêveur. C'est dommage que nous ne l'ayons pas passé à New York… C'est merveilleux, Noël… Il y a des décorations partout et bien que la ville demeure la même question ambiance, la magie de Noël la rend plus agréable… Le jour même, on le passe en famille et… enfin, je veux dire que je le passais avec la famille de Cassandra… C'était extraordinaire…

Draco poussa un petit soupir puis reposa la moitié de son sandwich sur le plateau qu'il posa au sol.

– Je n'ai plus faim, dit-il.

– Mais tu n'as presque rien mangé !

Harry sourit pourtant.

– Tu aurais préféré passer Noël avec eux ?

Draco haussa les épaules.

– D'une certaine manière, oui, dit-il en regardant par la fenêtre. J'ai passé de si bons moments, en leur compagnie… Mais d'un autre côté… Je suis heureux d'être là.

Il se tourna vers Harry et lui sourit. Harry lui sourit à son tour et se leva finalement du lit, se saisissant du plateau.

– J'ai assez traîné… Avec tout cela, je n'ai pas encore eu le temps de faire le tour du manoir pour m'assurer que tout est en ordre…

Draco se contenta de bâiller en réponse, se frottant péniblement les yeux.

– Et moi, j'aimerais beaucoup aller me laver… Peux-tu m'indiquer le chemin de la salle de bain ?

Harry eut un sourire amusé.

– Tu commences par sortir de la chambre et tu longes le couloir – il n'y que notre chambre dans celui-ci -, puis, lorsque tu passeras devant le tableau des Fondateurs de Poudlard, tu obliqueras sur ta gauche à l'intersection. C'est la troisième porte à ta droite. Tu trouveras vite, le nom de la pièce est gravé sur la porte…

Draco eut l'air septique.

– Tu m'aurais parler en… Heu… Quelle langue je ne parle pas ? en allemand ! que je n'aurai pas mieux compris ! Tu ne peux pas juste m'y mener ?

Le sourire du brun s'agrandit.

– Allez, suis-moi…

Draco pouffa et déposa un rapide baisé sur le bout du nez d'Harry.

– Merci, Mr Potter, répondit-il en souriant.

– C'est moi qui vous remercie, répliqua Harry en reculant, fermant doucement la porte derrière lui. Bon séjour chez nous, conclut-il en une ravissante – quoiqu'un peu trop extravagante – révérence.

Draco leva les yeux au ciel et se tourna enfin vers l'intérieur de la salle de bain, ses yeux s'écarquillant de stupeur. Devant lui, dans un des coins de l'immense pièce trônait un grande baignoire de marbre blanc où un trio de marches était sculpté pour y accéder. Au-dessus de la baignoire, posés au mur, de grands miroirs montaient jusqu'aux plafonds.

La douche se trouvait derrière la porte de la salle de bain, le verre de sa porte coulissante à l'image d'une myriade de gouttelettes d'eau. L'évier et ses robinets en argent se trouvaient un peu plus loin, surmonté d'un miroir au cadre ciselé de petites fées, et à son opposé, juste au-dessous d'une fenêtre, se trouvait la toilette. Une douce lumière tamisée, créée par des bougies magiquement ensorcelées pour ne pas se consumer, lévitaient dans l'air et diffusait une halo doré dans toute la pièce. Draco se contenta de pousser un « Et à par ça, je suis un aristocrate ! » avant d'aller sortir deux serviettes éponges d'une douceur extrême de l'armoire. Il se déshabilla lentement, se hâtant de rentrer dans la douche. Des pas se firent entendre dans le couloir, Draco reconnaissant parfaitement la démarche souple de Harry. Celui-ci semblait revenir du rez-de-chaussée. Draco esquissa un sourire et voulut s'habiller pour rejoindre son amant. Ce fut seulement à ce moment-là qu'il s'aperçut de son oubli vestimentaire. Pestant contre son étourderie, mais résigné à devoir traverser toute la maison seulement vêtu d'une serviette, il ouvrit la porte, Harry passant juste devant lui à ce moment-là. Se retournant sur son passage, Harry lui sourit, mais ses yeux de jade dérivèrent rapidement sur le corps de Draco, quelque chose s'allumant dans son regard.

– Et où comptez-vous aller ainsi Mr Malfoy ? demanda-t-il, sa voix légèrement plus rauque qu'à l'ordinaire.

– Heu… Dans ta chambre, répondit Draco. J'ai oublié de prendre des vêtements de rechange, avoua-t-il d'un air enfantin.

Harry eut un sourire attendri.

– Et tu comptais t'y rendre sans t'y perdre, comme un grand garçon ? reprit-il, taquin.

– Et bien, je suppose qu'un beau jeune homme aurait fini par s'inquiéter de mon absence après deux ou trois mois, dit le blond en passant ses bras autour du cou d'Harry, collant son corps à moitié nu contre lui.

Celui-ci enlaça sa taille de ses bras.

– Tu sais que c'est très risqué ce que tu fais en ce moment ? Mais pour tout dire, j'aurais envoyé une équipe de sauvetage au maximum dans trois heures…

– Risqué ? demanda Draco, curieux. Pourquoi ?

Harry glissa une jambe entre celles de Draco et demanda, innocent :

– Tu ne vois vraiment pas ?

– Non, vraiment pas, dit Draco d'une voix langoureuse. Je pense que j'ai besoin d'explications plus concrètes…

Une des mains de Harry s'aventura vers le nœud de la serviette, tirant simplement dessus, celle-ci tombant au sol, et Draco se retrouvant nu comme un ver, son corps pressé contre Harry, tandis que celui-ci s'était emparé de ses lèvres, soufflant entre deux baisers un « Tu ne vois toujours pas ? ». Draco frémit en sentant les mains d'Harry sur lui et sa bouche dévorant la sienne. Il se cramponna au brun, poussant un petit gémissement.

– Mhmm, dit-il quand il fut enfin libre de parler. Un peu, mais… J'aimerai une confirmation !

– En plein milieu du couloir ? fit le brun, levant un sourire, un sourire amusé aux lèvres.

– Pas… spécialement, dit Draco.

– Dans ce cas, si vous voulez bien me suivre Mr Malfoy, souffla Harry, contre ses lèvres.

– Avec plaisir, répondit Draco, les yeux brillant de passion.

Calmement Harry se détacha de lui et s'en fut dans le couloir, Draco lui emboîtant le pas, tandis qu'il passait devant le tableau des Fondateurs de Poudlard que Harry avait mentionné un peu plus tôt, puis tournait dans le couloirs de la chambre du brun. À la porte, Harry lui ouvrit passage et referma la cloison une fois que tout deux furent dans la pièce. À peine la porte fut-elle enclenchée que Harry sauta pratiquement sur Draco, le plaquant sous lui dans le moelleux matelas en plume d'oie, le blond, toujours complètement nu, se retrouvant coincé sous le poids de son amant. Draco eut un sourire amusé et déposa un petit baiser sur le menton d'Harry.

– Tu es bien impatient ! dit-il en souriant.

– Tu trouves ? fit innocemment Harry, à cheval sur son ventre.

Draco lui lança un regard félin.

– Moui, dit-il d'un air suave.

– Alors ce doit être le cas ! répondit Harry, s'emparant de ses lèvres.

Draco répondit avec empressement, ses mains parcourant les reins d'Harry et passant imperceptiblement sur son nombril. Celui-ci gémit contre les lèvres de Draco, sa langue valsant avec celle du blond tandis que ses mains glissaient sur son torse, descendant jusqu'à son bas-ventre et évitant l'érection, s'arrêtant sur les cuisses. Draco grogna et s'évertua à dévêtir son amant, ses mains caressant rapidement la peau douce. Il eut un peu de mal avec le pantalon, mais s'en débarrassa finalement par magie, trop impatient que pour se débattre avec le vêtement.

– Ne serais-je donc pas le seul a qui l'impatience a rendu visite ? demanda Harry, ses doigts passant sur les hanches, puis les reins de Draco.

Celui-ci se cambra en poussant un petit gémissement, se frottant avec ferveur contre Harry. Celui-ci sentit son érection caresser celle du blond et un gémissement lui échappa à son tour. Le désir les rendait fou et leur mouvement se fit un peu plus rapide, tout leur corps frémissant d'impatience et leur bouche s'unissant dans un ballet sans fin. Son souffle se mélangeant à celui de Draco, Harry fut soudainement parcourut d'un violent tremblement.

– Hmm, Dray, gémit-il, ondulant légèrement des hanches. Tout de suite… S'il te plait, supplia-t-il.

Renversant habillement Harry sous lui, Draco lui fit un sourire carnassier avant d'aller dévorer le cou de son amant, son index s'enfonçant doucement en lui. Harry gémit et se cambra aussitôt, la tête renversée vers l'arrière, laissant plus d'espace à Draco pour embrasser, lécher et sucer sa peau hâlée. Le blond ne se fit pas prier, dévorant la peau aimée avec passion, se frottant inlassablement contre Harry tandis qu'il le préparait lentement. Harry laissa ses mains descendre dans le dos de Draco jusqu'à ses fesses. La réaction ne se fit pas attendre. Il poussa un cri de plaisir et scella sa bouche de celle de son amant, introduisant un second doigt en lui. Harry sourit contre ses lèvres, sa langue caressant celle de Draco avec une passionne non dissimulée. Draco finit par cesser de l'embrasser, ses doigts ralentissant également. Harry grogna de mécontentement.

– Un problème ? souffla-t-il.

– Absolument pas, dit Draco d'une voix rauque. J'avais juste envie de te torturer un peu…

Le brun eut un second grondement et joua un peu des reins, sans grands succès

– Nous avons tout notre temps, dit Draco avec sensualité. Ne te presse donc pas…

Harry le coupa en l'embrassant à nouveau, une main appuyant sur sa nuque. Draco, malgré son affirmation précédente, enfonça brusquement un troisième doigt, répondant vivement à Harry. Harry gémit, son souffle se perdant dans l'antre chaude de Draco, se cambrant brusquement, tout son corps tremblant de désir.

– Tu comptes me torturer longtemps ? demanda Harry, dans un souffle rauque, les yeux toujours fermés et la tête renversée.

Draco cessa aussitôt et termina sa préparation, sa bouche mordillant un des tétons d'Harry. Celui-ci, se mordant la lèvre inférieure, vint aussitôt entourer la taille du blond de ses jambes. Draco n'entra pourtant pas en lui tout de suite, calmant leur respiration précipitée avant de s'enfoncer lentement en son amant.

– Draco, fit Harry en gémissant, le souffle haletant.

Le blond sourit et imprima un lent mouvement de va-et-vient, de légers gémissements sortant de sa bouche. Respirant bruyamment, Harry rouvrit les yeux, dévoilant une forêt de jade où le désir faisait danser les arbres, s'emparant doucement des lèvres de Draco. Le blond se figea un vague instant puis recommença à aller et venir plus follement, le désir d'Harry décuplant le sien. Celui-ci s'accrocha à Draco, son bassin allant au même rythme que celui de son amant. Ils perdirent tout sens de la réalité, leurs deux corps ne faisant plus qu'un, l'univers tout entier s'était dissipé autour d'eux. Des cris leur échappaient et tout, dans la pièce, semblait avoir disparu à leurs yeux, ne laissant que celui qu'ils aimaient. Leurs corps bougèrent plus vivement, les gémissements se muant en cris. Ils atteignirent finalement les portes du Septième Ciel, Draco déversant en Harry un délicieux feu ardent tandis que tout deux criait leur jouissance. Repu, Draco s'effondra sur Harry, haletant mais trouvant encore la force d'embrasser le torse et le cou de Harry. Celui-ci laissa ses doigts glisser dans les mèches blondes, fermant les yeux.

– Je t'aime Draco, souffla-t-il dans son cou.

Le concerné poussa un petit soupir de satisfaction.

– Je t'aime aussi, dit-il. Et j'adore quand tu me le dis !

Harry posa ses lèvres sur les siennes, serein.

Draco répondit à son petit baiser, caressant le corps à sa disposition avec une sorte de joie et d'admiration.

– Tu es très beau, dit-il en souriant.

– Humpf, je me planterais dans un concours contre toi.

Draco rougit.

– Pas si sûr, dit-il. Je n'étais pas le seul dévorer des yeux, aujourd'hui, dit-il d'un air jaloux et possessif.

– Tu dormais dans l'avion, gros nigaud !

– Je faisais référence à l'aéroport, dit le blond, boudeur.

Harry l'embrassa à nouveau.

– Je suis tout à toi, arrête un peu.

Draco sourit et déposa sa tête sur celle d'Harry, le serrant contre lui d'un air satisfait.

– Voui ! dit-il d'un air enfantin. Et je n'ai pas l'intention de te partager !

– Pas même un petit morceau ? plaisanta gentiment le brun contre lui.

– Pas un cheveu ! Ni même un cil !

Harry rit doucement.

– Content d'apprendre que je ne finirai pas à une vente aux enchères avec un écriteau « Le Survivant à vendre ».

– Si ça arrive un jour, dit Draco. C'est que… je suis devenu fou… ou que je suis mort…

– Hmm, alors je me demande bien qui m'aura mis à vendre.

Harry tourna la tête pour planter ses yeux dans les siens.

– Mais dis-toi bien que je mourrais avant qu'on puisse te toucher.

Draco sourit et se blottit contre lui.

– Nous sommes mal embarqués ! Tu ne veux pas qu'on me touche, je ne veux pas qu'on te touche… Et si nous restions simplement couchés ici, ensemble, pour passer l'éternité à nous aimer…

– Si je le pouvais vraiment, je le ferais Dray. Sans aucune hésitation, répondit Harry, ses bras autour de sa taille.

Draco sourit et ferma paisiblement les yeux.

– De toute façon, même moi, je ne peux pas me permettre de faire ça, dit-il en soupirant.

– Personne ne le peut.

– Je sais, dit Draco. Mais… Hum… je faisais surtout référence à l'école de Médicomagie…

– Je n'y vois pas d'objection, seulement si tu me jures que tu ne prends pas un dortoir là-bas !

– Et bien, maintenant que tu m'en parles…. dit Draco en faisant mine de s'éloigner.

Harry resserra possessivement ses bras autour de sa taille.

– Je ne te laisse plus quitter ce lit dans ce cas !

Draco pouffa.

– Je plaisantais, dit-il. Mais si tu insistes pour que je reste…

– C'est ce que je suis en train de faire.

Draco sourit et embrassa le front puis les paupières et les lèvres d'Harry.

– Tu as changé, depuis notre retour, dit soudainement le blond.

– Je t'ai expliqué qu'il y a eu une transition de comportement entre New York et l'Angleterre. Ici… Je suis chez moi. Là-bas je ne devais pas me faire remarqué…

– Si j'avais su… Je serai revenu plus tôt !

– Tu ne savais pas… C'est tout.

Draco sourit, mais redevint sérieux.

– J'ai… une petite question à te poser, dit-il, gêné.

– Eh bien pose-la ! répondit doucement Harry, intrigué.

– Qu'est-ce que tu… enfin, qu'est-ce que tu as ressenti… quand je suis parti ? Et quand tu m'as retrouvé ?

Harry le regarda un moment, puis baissa les yeux et fixa un point imaginaire derrière l'épaule de Draco.

– Quand tu es parti, commença-t-il. J'ai tout d'abord paniqué et je me suis rendu en pyjamas au pas de course chez Snape – tu me fais faire des choses stupides parfois –, et je lui ai dit que tu étais parti, que tu avais disparu. Il n'a pas voulu me croire et a dit que tu devais certainement te promener dans le château. Je suis donc reparti à l'infirmerie m'habiller, puis je suis descendu dans le parc, près du lac. Là, j'ai cru que j'allais mourir, puisque, inévitablement, je regardais désormais la vérité en face, mais j'avais toujours un peu de mal à croire que tu étais parti comme cela. Snape est venu me trouver avec une lettre – de toi – et je n'ai pas eu grand choix que de croire que tu avais déserté, cette fois.

Il soupira.

– J'ai continué mon chemin, avec un gouffre immense au cœur. J'ai terminé mes études, puis j'ai fait ma formation d'Auror, comme tout le monde s'y attendait… Ensuite, le soir même de ma remise de diplôme, on m'a offert une mission à l'étranger. Que rêver de mieux ? Snape venait de me parler de toi – il m'avait suivi à l'Académie –, et la vieille douleur s'était réveillée. Je suis partie une semaine plus tard en direction de New York. Là, j'ai rencontré Steve et Samantha le jour même de notre arrivée. Dans les circonstances assez embarrassantes où ils nous ont trouvés, nous avons conclu de reporter notre rendez-vous au soir même, dans une boîte assez réputée du quartier. La soirée se serait très certainement terminée sur un entretien fort concluant si un serveur à tomber n'était pas venu prendre notre commande et que je ne l'avais pas reconnu. Jusqu'alors, le mince équilibre intérieur que j'avais réussi à retrouver s'est totalement écroulé…

Draco resserra ses bras autour d'Harry et embrassa son front.

– Continue, dit-il.

– Je t'en ai tout d'abord voulu, reprit Harry. Puis je me suis senti complètement étouffé. Je devais fuir cet endroit, te fuir toi. J'avais fini par me faire une raison, et te revoir devant moi, comme cela, par le plus pur des hasards c'était… trop. Sandra connaissait la plupart de l'histoire et elle a aussitôt deviné ce qui clochait, vu le changement de comportement qui s'était obtempéré chez moi. Nous sommes donc partis, elle assez inquiète je crois, et moi complètement dévasté pas quelque chose que j'avais désormais cru enterré.

Draco embrassa son front et caressa son ventre nu.

– Si ça peut te rassurer, j'étais tout autant bouleversé…

Harry eut un sourire étrange.

– Je souhaite ne plus jamais revivre ce genre de situation. Mieux vaut encore affronter Voldemort !

Draco eut un petit gémissement désespéré.

– Ne parle pas de ça ! supplia-t-il. Continue plutôt de me raconter…

– Tu sais… Quand tu as disparu, j'avais déjà commencé à me faire à l'idée que tu avais changé… Ce qui ne s'est pas avéré faux, une fois à New York. Pourtant… J'avais la frousse de te croiser dans la rue, et malgré tout ce que Sandra disait, je refusait catégoriquement l'idée d'aller te parler.

Il y eut un bref silence.

– Puis, il y a eu l'attentat… Je crois que je n'ai jamais été aussi soulagé de te voir arrivé, mais j'avais également la frousse. Ça impliquait que j'aurais à te parler. Lorsque les Aurors sont arrivés, tu as mystérieusement disparu et je t'ai suivi. Pourquoi ? Parce que je t'aimais déjà. En fait, je t'aimais depuis des années déjà. (Il rit doucement.) Je suis pratiquement entré par infraction chez toi, simplement pour te parler, et le bon sens m'a poussé à t'inviter à venir vivre dans l'appartement mis à ma disposition pour les six mois à venir. Je savais que le danger était désormais partout avec ces Mangemorts dans le coin… J'avais peur pour ta sécurité, pour toi, mais j'avais également peur de ce que je ressentais et si cette aventure dans laquelle je m'embarquais ne me déchirerait pas à nouveau, si jamais tu venais encore à disparaître.

– Tu es bien plus mystérieux que je ne le pensais… L'influence de Snape, je suppose ! Qu'est-ce qui t'a fait changer à ce point d'avis, dis-moi ?

– Ma conscience, je crois… Et l'influence de Snape, en effet. S'il m'a suivi à l'Académie, alors qu'il me détestait, c'était pour toi… Il m'a confié, le soir où je recevais mon diplôme, que c'était pour cette raison qu'il avait démissionné de Poudlard et accepter deux autres années de calvaire – autant pour lui que pour moi – à m'enseigner les potions. Il m'a tout simplement dit – aussi aimablement qu'il en est capable – que tu aurais voulu me savoir en sécurité et protégé. C'était le rôle qu'il s'était donné.

Draco sourit d'un air rêveur.

– Je lui en suis reconnaissant, en effet… S'il devait t'arriver quelque chose… Je ne m'en remettrai pas…

– Je peux te poser une question à mon tour ?

– Oui, bien sûr, dit Draco tout en frottant sa joue contre les cheveux du brun.

– Qu'est-ce qui t'a fait partir d'ici ? Et pourquoi n'as-tu jamais penser à revenir et si oui, pourquoi ne l'as-tu pas fait ?

Draco sembla réfléchir un instant.

– Je ne voulais pas gêner, dit tout d'abord Draco. Dans le désert, je t'ai demandé de l'aide, bien que tu ne l'ais pas compris. Repoussé, j'ai commencé à réfléchir sur ce que j'allai faire de mon avenir. Je ne voulais pas me prosterner aux pieds de Voldemort, c'était une certitude. Mais je savais qu'un refus serait ma mort… Alors la fuite m'a semblé être la solution la plus raisonnable. J'ai longuement hésité, notamment lorsque ça allait mieux entre nous… Mais nous étions stupide, à cet âge et nous nous sommes disputés. J'ai désespéré. Déjà à ce moment-là, je t'aimais… Et je me faisais rejeté d'une manière que je n'avais pas imaginé… Puis… il y a eu la scène de l'oasis… J'ai voulu rester. Renoncer à mon plan et te convaincre, te séduire. Mais j'ai soudain pensé à ce que je serai. Mon père me pourchassant pour le refus… Et avec cette guerre. Je n'aurai été qu'une gêne. Et je ne veux pas être ça. J'aurais sans doute fui plus tard si, en me réveillant, tu n'avais pas été si distant.

D'une certaine manière, je m'en suis senti blessé et je n'ai plus hésité. Je suis parti, du jour au lendemain. J'ai eu du mal, pourtant. Cette nuit-là, dans l'infirmerie, je t'ai longtemps regardé… Mais j'ai fini par quitter la pièce avant de renoncer. Je suis allé chercher mes affaires, et fais la lettre à Severus, pris l'argent sur mon compte de Gringott's et j'ai fui.

Draco se tut un instant.

– Arrivé en Amérique, j'ai commencé à faire ma vie. Je suis rentré à l'université, me suis fait des amis et j'ai trouvé du travail. Mais tous mes jours et toutes mes nuits étaient obsédés par toi. J'ai voulu revenir. Mais je ne l'ai pas fait. D'abord, parce que j'avais peur de ta réaction face à moi. Ensuite, parce que… j'ai eu mon accident. Et après, je ne me suis même plus imaginé revenir. J'ai rencontré Tony qui a pris soin de moi. Je ne compte pas le nombre de fois où j'ai fini chez lui, juste pour le plaisir de me changer les idées. Il savait que j'avais un passé lourd. Et pas une fois, il ne m'a posé de question. Il s'est contenté de me distraire à sa manière… C'est lui qui m'a donné la force de continuer, quelle que soit la situation…

– Et en me voyant débarqué du jour au lendemain dans ta paisible petite vie ?

– Je te l'ai déjà dit, répondit Draco. Lors du jeu de carte…

– Oui, mais… Il y avait Blaise et Sandra. Tu avais l'air de vouloir cacher… certaines choses.

– Et bien, pas vraiment. J'étais sincèrement terrifié. J'ai même failli partir en Chine ! Si tu n'étais pas arrivé dans mon appartement, j'aurai en effet disparu…

– Et moi j'aurais terminé ma mission, puis je me serais cloîtré ici jusqu'à la fin de mes jours.

Draco sourit.

– Comme quoi, le hasard fait bien les choses, dit-il.

– J'aimerais savoir… Tu m'en as voulu de débarquer comme ça ? Puis que peu à peu, je mette tout le monde au courant de ta présence chez moi, en commençant par Blaise, ensuite par Dumbledore et enfin Snape ?

– Non, répondit Draco. Bien sûr, c'était… Choquant ! Du jour au lendemain, voilà que mon précieux secret était révélé à tout le monde… un peu perturbant !

– Je suis désolé, marmonna Harry.

Draco l'embrassa délicatement.

– C'est pas grave, dit-il, se hissant sur Harry, une jambe de chaque côté de son corps.

– Et après je me demande pourquoi je suis épuisé, et que toi, tu dors debout, grommela Harry, se redressant légèrement pour s'emparer de sa bouche.

Draco sourit contre la sienne, se mouvant sensuellement contre son corps.

– C'est le genre de fatigue que j'aime, dit Draco, l'embrassant aussitôt.

– Tais-toi un peu, marmonna Harry, le faisant brusquement basculer sur le dos.

Draco sourit et noua ses jambes autour d'Harry, attirant ses lèvres aux siennes avec passion. Celui-ci y répondit avec ferveur, ne s'y attardant pourtant que très peu, sa bouche et sa langue venaient torturer le cou de Draco, mordillant et léchant la peau douce. Sa langue léchant du creux de l'épaule jusqu'au lobe de l'oreille qu'il mordilla avec délice avant de s'aventurer sur le torse du blond et de mordiller un de ses tétons roses, laissant échapper un gémissement à son amant, sous le sourire carnassier du brun qui se redressait légèrement pour passer la langue sur ses lèvres – peut-être un peu trop lentement – question de les humecter. Draco grogna et leva les hanches pour se frotter contre son amant.

– Harry, supplia-t-il. Je t'en prie…

Celui-ci eut un sourire étrange.

– J'espère que tu as bien appris à réciter le verbe torturer, car je compte bien l'employer.

Draco poussa un gémissement désespéré.

– Pitié, non, dit-il, ses mains caressant le dos de son amant. Viens…

Harry fit la sourde oreille et se langue continua son ascension vers le bas-ventre de Draco, s'amusant à lécher et embrasser chaque parcelle brûlante de l'épiderme du blond. Doucement, comme une caresse brûlante, ses mains suivaient, caressant avec un passion non dissimulée le corps offert, passant non sans une certaine joie sadique, au creux des reins. Harry fut bien conscient de l'halètement de Draco et sourit, sa langue contournant le membre fièrement tendu du blond, s'aventurant vers l'intérieur des cuisses. Draco haletait, gémissait, suppliait… Jamais Harry n'avait été aussi sadique. Jamais il n'avait été aussi lent dans leur rapport, lui arrachant même des larmes de désir. Trouvant que la comédie avait assez durée, Harry titilla du bout de la langue le gland rougi et où affluait le sang de Draco, et voyant le blond pratiquement craquer, il l'engloba totalement, sans plus de machination, sa langue caressant avec une volupté encore jamais dévoilée, et créant un doux va-et-vient qui devint pourtant un peu plus rapide au fil que passait les secondes, puis le temps. Draco se cambra sur le lit, ses mains serrant le drap en dessous de lui et sa voix résonnant dans la pièce. Il cria le nom d'Harry, se répandant dans sa bouche. Harry ne se fit pas prier pour tout avaler, passant sa langue sur ses lèvres pour en nettoyer les dernières gouttelettes blanches, tandis qu'il retournait embrasser Draco. Une de ses mains s'aventura pourtant le long de la cuisse du blond et un doigt taquin vint titiller son anus avant d'y pénétrer doucement. Le blond poussa un petit gémissement et embrassa Harry avec passion, ses jambes allant se nouer autour de sa taille. Depuis sa première fois, Harry l'avait déjà repris, si bien qu'il ne craignait plus la douleur… Il savait très bien que son amant serait doux et, qu'au final, il en aurait un plaisir incommensurable. Harry introduisit un deuxième doigt, quoiqu'un peu plus brutalement, embrassant toujours Draco avec une fougue qui ne semblait avoir limite, et une certaine violence. Draco grogna et resserra encore ses jambes autour de son amant.

– Harry, supplia-t-il. Je t'en prie, je n'en peux plus !

Celui-ci introduisit rapidement un troisième doigt et joua un moment dans l'intimité du blond avant de les retirer et de se positionner. Au final, il le pénétra doucement, avec un gémissement étouffé par le baiser qu'ils échangeaient toujours. Draco finit par le rompre, les émotions qu'il ressentait étant trop fortes. Il inspira de longue goulée d'air, tremblant des pieds à la tête. Harry donna un léger coup de rein, réveillant un feu ardant dans chacun de leur corps. Draco haleta et se cramponna à Harry, bougeant furieusement des hanches sous lui. Il fit exprès de frôler de son sexe dressé le nombril du brun, souriant face au cri que le jeune homme poussa. Celui-ci, pour le punir, posa ses mains au creux des reins de Draco et y appuya légèrement pour se soutenir par la même occasion, tandis que son bassin bougea plus frénétiquement, entraînant Draco dans une délicieuse danse. Le plaisir ressentit peu de temps avant combiné par celui que lui donnait Harry faisait perdre la tête au blond. Il ne savait pas ce qu'il disait, se contentant de bouger frénétiquement sous le corps en sueur. Il le regarda avec passion, admirant les lèvres rougies et le visage empourpré par l'effort, ses cheveux noirs collés à son front. Draco regarda le corps de son amant se mouvoir et son plaisir en fut décuplé.

– Oh Draco, souffla Harry, à son oreille, d'une voix rauque, tandis qu'il s'approchait rapidement des portes de l'orgasme.

Le blond se crispa sous Harry, la voix de son amant étant la dernière chose manquante à l'ultime plaisir. Il se cambra sous le brun et jouit en prononçant le nom de l'Auror. Il n'en fallut pas plus à Harry pour se déverser dans l'intimité chaude et étroite du blond, le souffle coupé, les yeux clos. Harry se laissa choir dans le lit, un peu décalé du corps du blond pour éviter de l'écraser sous son poids, complètement terrassé par l'épuisement, la respiration haletante. À côté de lui, Draco essayait également de reprendre sa respiration, tremblant de la tête au pied.

–'crois vais dormir, marmonna Harry, cherchant à tâtons le moelleuse et épaisse couverture bleu Berlin.

Draco sourit vaguement et marmonna à peine un mot lui aussi avant de se rouler en boule et de fermer les yeux, somnolant. Harry n'eut pas le moins du monde l'idée de venir se serrer contre lui. Son corps était encore en ébullition et il désirait limiter le degré de chaleur. C'était sans compter Draco qui, se réveillant difficilement, alla péniblement se coller contre lui. Harry marmonnait vaguement dans son sommeil soudain allégé, mais retomba rapidement comme une souche, dans les bras de Morphée. Draco ne mit pas deux secondes à le rejoindre, un bras noué autour de sa taille et ses lèvres posées dans sa nuque.

oooO0Oooo

Eh voilààààààààà! Le premier chapitre et non le moindre! Comment avez-vous trouvé ? On attend vos commentaires en force! Ciao!

REVIEW PLEAAAAAASE!

Laika&Umbre77

14 mai 2005

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