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Disclaimer : Rien ne nous appartient excepté l'intrigue. Tout le reste est à Rowling.
Note de Laika : Bon ben, il était temps que je poste le dernier chapitre, héhé. Il reste plus que la dernière partie et c'est terminée (il était temps oui!)
Bonne lecture.
Au bout du monde
Chapitre14
Deux jours. Deux jours s'étaient écoulés depuis la mort du Seigneur des Ténèbres. Le monde magique était en effervescence, la nouvelle s'était sue très rapidement, et partout on fêtait, on pleurait, on se réjouissait. On pouvait enfin faire le deuil des morts, laisser la tension se dissiper, laisser la quiétude revenir sur le monde. Au septième étage de la prestigieuse école de sorcellerie de Grande-Bretagne, à Poudlard plus précisément, le Survivant revenait peu à peu dans le royaume des vivants, s'extirpant de l'inconscience. Autour de lui, les autres s'étaient relayés, étaient partis se coucher et manger, mais ils étaient rapidement revenus, n'osant s'absenter trop longtemps. Comme venant de très loin, des bruits étouffés se faisaient entendre tout autour de lui. Harry en fut légèrement troublé. Qu'est-ce que ça pouvait bien être ? Prenant sa décision, il entrouvrit les yeux. L'infirmerie était éclairée par la douce lumière dorée du ciel qui brillait ce jour-là, dans le ciel dégagé. Bougeant légèrement dans ses draps, il releva la tête et regarda autour de lui. Où pouvait-il bien être ? La pièce lui semblait familière. Le déclic se fit rapidement et il reconnut enfin l'infirmerie de Poudlard, ses draps, ses fenêtres, ses lits, ses commodes et ses chariots à potions. Se redressant finalement en position assise dans son lit, Harry regarda encore un moment autour de lui, avec un petit sourire, avant que son regard ne tombe sur quatre personnes assises un peu plus loin. Ils étaient visiblement occupés à jouer aux cartes, une petite table siégeant au milieu d'eux.
-Belotte! dit Snape en abattant ses cartes.
-Oh, putain! râla Blaise.
-Mais il n'est pas humain! s'énerva Sandra. C'est la dix-huitième fois!
-Dix-neuf, corrigea Lupin en se massant les tempes.
-Severus, humain ? fit soudain Harry d'une voix moqueuse. Ça m'étonne que vous ne l'ayez pas remarqué auparavant!
Tous sursautèrent et se tournèrent vers lui.
-HARRY! s'exclama Sandra en sautant de sa chaise.
-Hum hum, fit Pomfresh en la regardant.
-Oups, fit Sandra. Harry...
Le sourire de l'Auror ne fit que s'agrandir.
-Je ne vois vraiment pas qui d'autres je pourrais être Sandra...
La jeune femme se jeta sur lui et lui ébouriffa les cheveux.
-À peine réveillé et déjà en train de m'emmerder! Pas de doute, tu vas bien!
-Miss Traylor, laissez-le un peu tranquille! Vous ne voyez pas qu'il est très pâle ? Aller bien est un euphémisme!
Harry jeta un regard ennuyer vers Pomfresh.
-Je vais bien, en fait...
-C'est ce que vous dites toujours, mais que je sache, la seule personne callée en médecine, ici, c'est moi!
-Que je sache, je peux très bien savoir si je me sens bien oui non!
-Ce n'est pas parce que vous vous sentez bien que vous allez bien, Potter!
-Eh bien si, justement!
-Cessez de m'ennuyer ou je vous lance un couse-bouche et je vous attache à votre lit!
Harry voulut répliquer, mais apparemment trouva préférable et beaucoup plus prudent d'arrêter de tenir tête à l'infirmière. La femme le fusilla du regard puis tourna les talons et s'en fut derrière le paravent. Harry la suivit du regard et sembla alors réaliser ce qu'elle allait faire, ou plutôt qui elle allait voir. Il se laissa retomber sur ses oreillers.
-Tu vas vraiment mieux ? demanda Blaise, soucieux.
Harry acquiesça d'un signe de tête, semblant encore pensif un moment.
-Oui, fit-il finalement. Oui, je vais mieux... Je suis fatigué et un peu endolori, mais ça va...
-Que s'est-il passé là-bas ? demanda Severus.
Harry les regarda tous un moment, semblant se remémorer tout ce qui s'était déroulé dans le parc du manoir des Malfoy.
-Eh bien... Voldemort s'est un peu amusé avec nous, en premier lieu. J'ai fini par trouver où il se cachait et... nous sommes tombés dans un lac, commença-t-il, semblant chercher des souvenirs profondément enfouis en lui. Juste avant... Il avait envoyé des Mangemorts dénicher Draco...
Le regard de Severus se tourna par automatisme vers le paravent.
-Par la suite, c'est un peu plus flou... Je suis ressortit du lac, Draco a reçu un Doloris, je me suis jeté sur Voldemort qui semblait croire que je m'étais noyé... Je crois que j'ai lancé un sortilège et ensuite... C'est le noir total.
Il marqua une pause.
-Il est mort ?
-Oui, répondit Severus.
Un soulagement sans nom envahit aussitôt Harry et quelque chose sembla se réanimer dans son regard. Tout était donc fini...
-Et... Comment va-t-il ? reprit-il, jetant un petit regard en direction du paravent.
-Il est..., hésita Remus. Il est dans le coma... Et nous ne savons pas... Nous ne savons pas quand il va en sortir ni... ni si ça n'aura pas de séquelles sur lui...
Harry le regarda fixement un long moment, ne sachant visiblement pas encore réagir à cette nouvelle.
-Et ça fait combien de temps ?
-Deux jours, répondit sombrement Severus.
Harry poussa un soupir.
-Et que s'est-il passé depuis ?
-Rien, dit Blaise. Absolument et strictement... Rien... Le monde magique fête ta victoire et... C'est tout ce qu'il y a de nouveau...
-Très bien, je ne sors plus de cette infirmerie avant un siècle. Moi et les foules on ne s'entend pas très bien.
-Il faudra pourtant bien le faire, Potter, dit Severus.
-Pas tout de suite, en tout cas!
-C'est certain! dit Sandra. Avec le colosse qui sert d'infirmière, impossible!
À ce moment, cette même infirmière arriva vers Harry avec son chariot.
-Assis Potter, je dois vous examiner!
Harry grogna, mais s'assied tout de même, de mauvaise grâce. Pompom n'y prêta pas attention et ausculta Harry, s'assurant qu'il n'avait plus aucun problème.
-Bien, Potter... Deux jours encore et je vous laisse fuir!
Harry acquiesça d'un signe de tête, alors qu'elle repartait de là où elle était venue.
La journée s'écoula tranquillement, tandis que Harry s'était recouché pour sombrer cette fois dans le sommeil. Les heures se succédèrent, un peu moins lourdes pour le petit groupe qui les veillait. Chacun alla finalement dormir, se relayant à nouveau. Le soleil se leva bien vite sur cette troisième journée après la défaite du Seigneur des Ténèbres et se fut bien tôt que Harry se réveilla, en pleine forme cette fois-ci, essayant de négocier son droit d'aller prendre un peu d'air frais avec Pomfresh.
-PAS QUESTION! criait la femme. Potter, je sais ce qui est bon pour vous et vous promener n'en fait pas partie!
Harry lui jeta un énième regard noir, les bras croisés et bien campé sur ses pieds.
-Mais j'ai besoin d'air frais! s'écria-t-il. Qu'est-ce qu'une petite promenade peut bien dérangée ?
-Votre santé, Potter!
Pomfresh le regarda et poussa un soupir.
-Bon, bon, allez-y! Au moins, j'aurai la paix pendant un petit temps!
Harry eut un grand sourire et se saisit de ses vêtements qui avaient négligemment été jetés en travers d'une chaise, près de son lit.
-À plus tard! lança-t-il, sortant de l'infirmerie, ayant visiblement un besoin pressant de se changer les idées.
-Dix minutes, Potter! lui cria l'infirmière. Dix minutes!
Harry avait déjà refermé la porte derrière lui et se dirigeait tranquillement vers le parc enneigé. Tous les élèves étaient en cours et les couloirs étaient déserts, ce qui faisait bien son affaire. Il descendit plusieurs étages de suite, s'engageant dans plusieurs couloirs – et passages secrets – avant d'atteindre enfin le grand Hall et de sortir dans le parc. La température était plutôt douce, pour une journée de janvier et le soleil qui brillait réchauffait agréablement l'air. Il marcha un moment, sans vraiment savoir quoi faire, et finit par s'approcher du lac, s'assoyant sur la berge et regardant l'eau glacial et sombre se mouvoir au gré du vent.
Loin de là, dans l'infirmerie, couché dans son lit, Draco Malfoy s'agitait. Il avait mal à la tête et se sentait fatigué. Ce n'était pas une fatigue comme celle qu'il avait subit face au manque d'énergie: C'était la fatigue de la convalescence. Il voulait ouvrir les yeux, mais l'énergie lui manquait. Pendant un long moment, il resta immobile, attendant. Son ouïe sembla se réactiver et il entendit de vagues bruits, des cliquetis, des pas... Draco soupira et se résolut à ouvrir les yeux. Ce fut plus difficile que ce à quoi il ne s'attendait mais il le fit, poussant un vague grognement de douleur face à la blancheur de la pièce. Regardant avec difficulté autour de lui, il constata que tout n'était que blanc, blanc, et encore blanc. Depuis les draps jusqu'aux murs. Il se trouvait donc dans une infirmerie... Ou encore à Ste-Mangouste, logiquement. Petit à petit, son esprit se remit en marche, et d'autres questions lui vinrent à l'esprit, des souvenirs lui revinrent, et également ses pensées. Que s'était-il passé exactement ? Voldemort... Harry! Dans le lac! Et ces galeux de Mangemorts qui lui barraient le chemin... Voldemort était sorti! Il avait reçu un Doloris... Et le vide, le noir et cette lumière... Draco sentit son coeur se fendre et il regarda tout autour de lui. Personne. Personne, il était entièrement seul dans la pièce... Ses yeux s'embuèrent de larmes et il sentit tout son corps s'avachirent. Une vague de douleur parcourut tous ses membres pour arriver jusqu'à son coeur qui explosa. Harry... Harry était-il... ? Non... Il ne pouvait le croire! Il ne pouvait pas... Mais il n'y avait personne d'autre que lui, dans cette infirmerie! Paniqué, Draco essaya de se lever pour trouver quelqu'un. Quelqu'un qui sache... Mais il ne fit que basculer et s'effondrer au sol, criant de douleur. Il y eut aussitôt un pas précipité dans la pièce et une bonne femme arriva près de lui, semblant complètement affolée. Draco ne la reconnut pas. Il ne savait qu'une chose. Il avait mal! Il avait atrocement mal et il se sentait incapable de se lever, incapable de faire le moindre mouvement, seulement de crier et d'attendre là, d'attendre que quelqu'un vienne l'aider.
-Calmez-vous, Mr Malfoy! disait la femme. Mais calmez-vous!
Mais il en était incapable. Tout se disloquait autour de lui. Les murs, le sol, son corps, tout! On lui posa un tissu contre son nez et, alors qu'il souhaitait ardemment la mort, il s'endormit profondément, des larmes roulant sur ses joues. Une fois qu'il se fut calmé, l'infirmière sortit sa baguette et le fit léviter jusque dans son lit, le reposant doucement contre le matelas de plume. Elle le recouvrit à nouveau, et soupira. Décidément, il s'était passé quelque chose dernièrement, quelque chose qui n'avait pas nécessairement rapport avec Voldemort, pour mettre le jeune Malfoy dans cet état. Elle jeta par la suite un coup d'oeil agacé à l'horloge qui émettait un tic-tac incessant contre le mur. Les dix minutes étaient passées mais elle s'en moquait. Quelque chose n'allait pas chez Malfoy et elle devait le surveiller. Elle fit apparaître des sangles autour de ses poignets et de ses chevilles et fit disparaître le paravent. Enfin, elle vérifia qu'il ne s'était fait aucune blessure et mesura sa température. De la fièvre... Beaucoup de fièvre. La crise avait peut-être été un délire... Dans ce cas là, il valait vraiment mieux le laisser attaché jusqu'à ce que ça passe... Elle s'en fut rapidement chercher une compresse et la posa sur le front du blond. Il n'avait pourtant pas de fièvre, quelques heures plus tôt... À ce moment, Severus revint dans l'infirmerie, toujours aussi soucieux.
-Comment va Dr...
Il s'arrêta net, en voyant ce que l'infirmière faisait.
-Que s'est-il passé ?
-Il s'est réveillé, répondit Pompom. Et ça c'est assez mal passé. Il a de la fièvre et ça l'a fait délirer... Il est tombé de son lit en hurlant et en pleurant... J'ai été obligé de l'endormir...
Elle lui jeta un regard à la dérobée.
-Vous n'avez pas une idée de ce qui a pu le faire délirer de la sorte ?
Severus allait répondre, alors que la porte s'ouvrait et se refermait à nouveau, et qu'Harry se traînait jusqu'à son lit. L'homme lui adressa un regard agacé puis revint à Draco.
-Non, pas la moindre... Peut-être le choc... Il ne sait rien de ce qu'il s'est passé et encore moins ce qu'il fait là... Il a dut s'effrayer...
-Peut-être, oui, lui accorda la femme, alors que Harry venait de sauter de son lit et les avait rejoint, ayant visiblement aperçu ce qu'ils faisaient.
-Je vais rester près de lui, dit Severus. Ainsi, lorsqu'il se réveillera, je serai là pour lui... Vous l'avez attaché ?
-De peur qu'il ne tombe encore...
-Il s'est réveillé ? s'enquit Harry.
-Oui, répondit Severus. Mais visiblement, ça s'est mal passé...
Harry eut l'air un peu plus inquiet encore, mais ne dit rien, alors que Severus s'installait sur une chaise et que Pomfresh s'en retournait dans son bureau. Estimant qu'il avait l'air ridicule debout là, à ne rien faire, il alla s'asseoir sur son lit. Draco semblait dormir profondément, mais ses lèvres bougeaient vaguement, son front luisant de sueur.
-Vous croyez vraiment que c'est parce qu'il a été effrayé ? lui demanda au bout d'un moment Harry, pour combler le silence.
-Pour quelle autre raison, sinon ? demanda Snape, regardant Draco.
-Je ne sais pas... Peut-être parce qu'il était seul ?
-Précisez, Potter, grogna Severus.
-Eh bien, reprit Harry, peu soucieux du ton que Snape employait. Il était seul dans l'infirmerie non, vu les questions que vous posiez à Pomfresh... ? S'il s'est réveillé, et que tout était désert, il a certes peut-être eut peur, mais... Sortant du coma, après s'être évanoui dans le parc chez lui, et d'avoir vu Voldemort bel et bien vivant avant cela, il peut avoir pensé bien des choses et il a été pris de panique.
-Probablement, oui... Mais nous verrons quand il se sera réveillé...
Harry acquiesça d'un signe de tête.
-On ne peut pas avancer de suppositions...
-En effet, répondit Snape.
Il se leva et enleva la compresse qu'il rafraîchit et la posa de nouveau sur le front de Draco, non sans avoir mesuré encore une fois sa température.
-Quarante... En si peu de temps... C'est bizarre...
Harry hocha de nouveau chef, regardant d'un air soucieux le blond.
-C'est également dû à son délire sans doute...
-J'aurais plutôt dit que le délire est dû à la fièvre!
-Peut-être également... Mais une poussée de fièvre, comme cela, sans aucune raison ?
-Il doit y en avoir une... D'ordre psychologique, sans doute...
-Peut-être oui... Mais encore une fois, on ne pourra rien en tirer sans Draco.
Harry regarda un moment Severus.
-Vous devriez aller dormir, vous avez une mine affreuse.
-Je n'en ai pas envie... Si jamais il se réveille...
-J'enverrai quelqu'un vous chercher... Allez donc vous reposer.
Severus hésita un instant puis poussa un soupir, regardant à l'extérieur où le ciel se couvrait de nuage.
-D'accord, dit-il, résolut. Au pire, je reviendrai dans la soirée...
-Si vous voulez. Mais le repos vous fera le plus grand bien. Si jamais il venait à y avoir des complications, vous ne pourriez pas être très utile, complètement épuisé.
-Je sais, dit Severus. À tout à l'heure, Potter...
-À plus tard, professeur... répondit Harry, avec un léger sourire.
Le calme et le silence revinrent dans l'infirmerie, alors que Harry observait toujours Draco. Celui-ci semblait toujours dominé par quelques mauvais rêves, mais rien de grave, à première vue. Sentant la fatigue peser soudain sur lui, Harry bâilla et s'allongea sous ses couvertures. Il fut réveillé bien plus tard que ce à quoi il ne s'y attendait. La nuit était tombée à l'extérieur, plongeant la salle dans une quasi-obscurité. À côté, Draco bougeait dans tous les sens, marmonnant dans son sommeil et pleurant. Inquiet, Harry se leva aussitôt de son lit, marchant silencieusement jusqu'à celui de Draco. Ne sachant trop comment le réveiller, il s'assied sur le bord et le secoua légèrement, en murmurant son nom, espérant que ce soit assez. Draco ne répondit pas et gigota avec plus de force, tirant sur ses liens qui entaillèrent légèrement sa peau. Prenant rapidement sa décision, Harry défit les sangles une par une, et revint à côté du blond, le secouant à nouveau, l'appelant un peu plus fortement cette fois. Draco bougea un peu plus puis se redressa brusquement, criant presque. Il était à bout de souffle et il se recouvrit le visage de ses mains immédiatement. Harry sursauta légèrement devant sa réaction.
-Draco ? Ce n'était qu'un cauchemar, calme-toi...
Mais le blond ne se calma pas du tout. En entendant la voix d'Harry, il poussa un cri et faillit tomber de son lit. Il finit par tourner son regard vers le brun, l'air à la voix terrorisé et espérant :
-Je suis mort ? demanda Draco d'une voix éraillée.
-Non, pas du tout, répondit Harry, de plus en plus surpris. Tu viens de te réveiller en fait...
Draco le regarda d'un air alors plein d'espoir.
-Et tu es vivant aussi... ?
Harry acquiesça d'un signe de tête.
-Bel et bien... Un peu éreinté, mais je suis vivant.
Draco n'attendit pas une seconde et prit le brun dans ses bras, le pressant désespérément contre lui.
-Oh, Merlin merci, souffla-t-il, pleurant de plus bel.
Harry l'encerclant presque aussitôt de ses bras, lui rendant son étreinte et le laissant pleurer tout son saoul.
-J'ai cru que tu étais mort! lui dit Draco, effondré par cette idée.
-Non, c'est Voldemort qui est mort...
Il marqua une pause, semblant prendre vraiment en considération ce fait.
-Oui, il est vraiment mort...
Draco ne dit rien et le tira à lui, obligeant Harry à monter dans le lit et à s'allonger près de lui. Il resta silencieux et posa sa tête sur l'épaule du brun, l'empêchant de voir son visage.
-Je suis content que ça soit lui.
-Et moi j'ai du mal à croire que tout soit vraiment terminé, répondit Harry, pensif.
Draco se tendit de la tête au pied, semblant presque se geler sur place. Harry sembla s'en apercevoir car il se détacha légèrement de lui, le regardant dans les yeux, ces yeux si bleus, mais qui semblaient infiniment triste, ce qui l'ébranla légèrement.
-Mais qu'est-ce que tu as ?
-Je vais devoir te quitter, lui dit Draco en le regardant de son regard peiné.
Harry le regarda un long moment, d'abord sous le choc, avant de paraître profondément peiné à son tour et d'acquiescer d'un signe de tête et de souffler un:
-Je comprends.
-Je vais partir dès que je serai en état, lui dit Draco. Mais je ne te quitte pas vraiment. Je t'aime et je tiens à toi, mais... J'ai besoin d'une petite pause...
-Et tu as besoin de combien de temps ? lui demanda Harry d'une voix tremblante.
-Le temps de mes études, dit Draco. Je pense que... C'est le mieux.
Harry se mit à trembler carrément.
-Donc, deux ans et demi, reprit Harry, d'une voix un peu plus tremblante encore.
-Oui, dit Draco en le regardant. Ensuite, si tu veux toujours de moi... Je reviendrai.
-Ne plus... vouloir de toi ? J'aurais fini ma vie avec toi Draco...
Il le regarda encore un moment, les yeux brillants.
-Il n'y a aucun moyen de te faire changer d'idée ?
-Pourquoi avoir utilisé le passé ? Dans deux ans et demi, je reviendrai, Harry! Car moi aussi, je veux finir ma vie avec toi... Et il n'y a aucun moyen de me faire changer d'avis... J'ai vraiment besoin de... de réfléchir, de me retrouver... Si je reste... Je finirai par nous détruire et ça, je ne le veux pas...
Harry prit une profonde inspiration comme pour se calmer, et ferma les yeux.
-Je suis vraiment désolé, fit-il.
Draco le regarda et resserra ses bras autour de lui.
-Je le suis aussi, dit-il.
Harry se blottit contre lui et se remit à trembler, ne pouvant empêcher les larmes de rouler sur ses joues. Pourtant, il s'était douté que toute cette histoire finirait ainsi... Draco caressa son dos d'un mouvement apaisant, chuchotant à son oreille:
-Ne pleure pas... Je reviendrai... Tu sais que je ne peux pas me passer de toi. Ne pleure pas...
-C'est impossible, répondit Harry, d'une voix à peine audible. Je ne peux pas... ne pas pleurer (il reprit une inspiration saccadé) en sachant que tu vas... me quitter.
-Ce n'est pas définitif, Harry, je te l'ai dit... Calme-toi...
-Draco... Deux ans et demi... c'est l'éternité! Tu peux me dire ce que... je vais faire... pendant ce temps ?
Draco resta silencieux, caressant doucement ses cheveux.
-Je ne sais pas, avoua-t-il.
Harry ne répondit rien, mais continua de pleurer, loin d'être sur le point de se calmer. Draco continua de caresser son dos, ne sachant trop que faire pour apaiser son amant. Il mourrait d'envie de lui jurer qu'il allait rester, ne jamais s'éloigner de lui de moins d'un mètre et l'aimer jusqu'à sa mort, mais il savait pertinemment que sa colère, étouffée en lui, finirait par ressurgir plus forte et par détruire leur couple totalement. Mieux valait pour eux deux qu'il parte, que chacun réfléchissent de leur côté et alors, ils pourraient réessayer... Les tremblements de Harry finirent par s'apaiser, mais il resta tout de même contre Draco, les yeux fermés et le souffle court, ne voulant jamais que ce petit moment se finisse, ne voulant pas quitter les bras protecteurs de Draco, de peur de ne jamais pouvoir y revenir. Draco resta silencieux. Il craignait d'ouvrir la bouche et de trahir sa culpabilité ou encore de déchirer plus le coeur de Harry. Mais il finit par le faire, ce maudissant tandis qu'il parlait :
-Je ne veux pas te voir pendant ces deux ans et demi, dit-il d'un ton monocorde. Pas de lettre, pas de visite fortuite, rien...
Harry resta parfaitement stoïque, ne bougeant plus entre les bras du blond. Visiblement, il faisait de gros effet pour se retenir de ne pas éclater à nouveau.
-Si c'est ce que tu veux..., répondit-il d'une voix cassée.
-C'est ce que je veux, dit Draco, sa résolution définitivement imprimée dans son coeur.
Devant cet aspect implacable du blond, Harry ne put se retenir plus longtemps et le flot de larme se remit à couler, incontrôlable.
-Je ne voulais pas cela, reprit-il soudain. Et je ne t'avais pas mentit... J'ai trahit ma promesse je sais, et je m'en veux, je... je ne sais pas ce qui m'est passé par la tête. Je me sentais bizarre l'autre soir et j'ai cédé... J'ai fini par céder. Mais je t'aime... Plus que ma propre vie Draco... Je... (il eut du mal à reprendre une inspiration, tremblant dans les bras de son amant) Je, j'aurais fait n'importe quoi pour toi. Je ferais n'importe quoi... Et si... tu veux me voir disparaître de ta vie... complètement, je le ferai...
-Pas complètement, Harry, surtout pas complètement! Je veux te revoir, je veux t'aimer et cela, pour l'éternité, mais je dois m'éloigner parce que même si je sais que tu m'aimes, même si je sais que tu ne voulais pas vraiment céder, le fait est que tu l'as fait et que je... Je ne sais pas exactement ce que je ressens, pour ça et j'ai besoin de me retrouver seul, de faire le point... J'ai besoin de me retrouver, de savoir qui je suis, ce que je veux. Et je pense que tu en as besoin, toi aussi.
Harry resta silencieux un long moment, digérant les paroles de Draco.
-Demain, reprit-il, d'une voix incertaine. À partir de demain, je respecterai ce que tu veux... Je quitterai même Poudlard... Mais jusque-là, je peux rester avec toi ? demanda-t-il d'une voix terriblement basse et suppliante.
Draco resserra ses bras autour de lui.
-Si tu ne l'avais pas demandé, je te l'aurais proposé, dit-il en déposant un baisé dans sa nuque.
Harry s'appuya un peu plus contre Draco et poussa un léger soupir. Un soupir peiné, un soupir de lassitude, mais un soupir également emplit du peu d'espoir que Draco lui avait fait miroiter. Draco soupira lui aussi et embrassa le front d'Harry, l'écartant un peu de lui pour voir son visage. Il passa une main tendre sur son visage, effaçant ses larmes et étudiant par coeur les traits de sa physionomie. Il savait qu'il allait le hanter... Alors il voulait le toucher avant de pleurer seul, dans le noir de sa chambre d'université tout en murmurant le nom du brun dans le vide. Harry détourna ses yeux embués au bout d'un moment. Il allait recommencer à pleurer, s'il continuait à fixer Draco. Draco qui allait le quitter... Partir loin, sans qu'il n'ait aucune nouvelle de lui pendant des années. Des années... Draco appuya son front contre le sien et poussa un second soupir.
-Je t'aime, murmura-t-il en laissant glisser ses bras autour de sa taille.
Harry ferma les yeux, mémorisant les paroles de Draco, ses gestes...
-Je t'aime aussi, répondit-il à mi-voix.
Draco déposa un baisé sur le bout de son nez puis sur ses lèvres. Il s'écarta et caressa encore sa joue, l'air admiratif. Harry ne rouvrit pas les yeux, préférant simplement sentir, et ne plus croiser ces yeux gris qui lui chaviraient impitoyablement le coeur depuis la révélation de Draco... Draco finit lui aussi par fermer les yeux, blottissant son visage dans le cou du brun. Il respira son odeur et frissonna. Il allait devoir se passer de tout ça pendant deux ans... De ses bras, de ce corps, de ses yeux, de sa bouche... Il allait devoir se passer de son esprit bourru et mal à l'aise en publique, de ses regards jaloux, de ses gestes parfois timides, parfois pervers... Il était fou!
Le temps sembla s'arrêter, les laissant seul, dans leur intimité, les laissant se souvenir de tout, des douleurs comme des joies, de leurs pleurs comme de leurs rires. Pendant plusieurs mois, ils n'auraient que cela, des souvenirs, pour les accompagner, les aider. Rien de plus, rien de moins. Que des souvenirs, parfois chaleureux, parfois malheureux. Ils écoutèrent leur coeur battre vite, tout leur corps semblant hurler leur douleur commune. Draco croyait sentir sa chaire le brûler de colère et de peine. Il pouvait presque entendre son coeur prononcer le nom d'Harry à chaque battement et sa peau se coller à celle du brun. Si seulement il pouvait juste oublier ce moment et rester avec lui... Mais il en était incapable et il le savait. À son tour, il sentit ses yeux piqués et serra plus fort Harry contre lui, comme pour repousser le jour, pour le garder plus longtemps contre lui.
Harry passa à son tour ses bras autour de lui, lui rendant son étreinte. Il se sentait complètement égaré, perdu dans la noirceur, cette noirceur que Draco avait réussi à repousser, en restant près de lui, au cours des deniers mois. Cette lumière s'éteignant désormais, Harry se sentait de nouveau cerné. Cerné par les ombres et le désespoir...
-Deux ans et demi, dit Draco. Ce n'est pas si long, ça passera vite... Ce n'est pas si long...
-Si seulement tu pouvais dire vrai..., murmura Harry. C'est pratiquement le temps que tu as disparut... la dernière fois.
-Je sais, dit Draco, s'accrochant encore plus si c'était possible.
-Mais j'attendrai, fit Harry. Plus longtemps s'il le faut, mais j'attendrai...
Le coeur de Draco se gonfla de courage.
-Et je décompterai les jours, dit Draco en souriant contre sa peau. Les heures... Les minutes...
-Et moi les secondes, reprit Harry, regardant le ciel étoilé par la fenêtre.
Draco déposa encore un baisé contre sa peau et se détendit contre lui. Harry ferma les yeux, se détournant de la pleine lune et des étoiles, se sentant plus calme tout à coup, plus en quiétude avec la situation.
-Est-ce que ça va aller ? demanda Draco.
Harry eut un sourire triste et secoua la tête.
-Je ne crois pas non. Mais je n'ai pas vraiment le choix de toute façon.
Draco soupira tristement et se cala un peu mieux contre lui.
-Dans un an, tu ne penseras même plus à moi, je parie, dit-il en riant. Où si tu le fais, c'est en te disant que j'en aurai mit, du temps, pour dégager...
Harry sourit, contre toute attente.
-Tu parles un peu trop vite... Tu ne te débarrasseras pas de moi aussi rapidement...
-Ah non ? Flûte et moi qui espérais..., dit Draco, riant encore, mais difficilement.
-Eh bien tu espérais pour rien, lui répondit doucement Harry.
Draco sourit contre lui et redevint silencieux, se surprenant à penser à ce qui arriverait, au-delà de ces deux ans.
-Quand je reviendrai, je me ferai pardonner chaque larme que tu as versé ou verseras, dit-il.
-Tu n'as rien à te faire pardonner, Draco, fit Harry. C'est moi qui suis en faute dans toute cette histoire...
-Je ne le nie pas... Et ces deux ans sont amplement suffisants comme punition...
-Amplement ? Je mériterais que tu ne veuilles plus m'adresser la parole, plus jamais...
-Tu sais que je préférais mourir plutôt que de faire ça. Je sais parfaitement bien que je devrais te frapper, te hurler dessus, te maudire, te jeter loin de moi et ne plus jamais te voir... Mais... J'en suis incapable!
-Et en égoïste que je suis, j'en suis plutôt soulager...
-Je le serais aussi à ta place, lui dit Draco, riant.
Harry sourit, pour sa part et ferma les yeux, restant silencieux.
-Snape doit être un peu déçu, fit-il, au bout d'un moment.
-Ah ? demanda Draco. Comment cela ?
Harry sourit légèrement.
-Pour résumé l'histoire, il avait prévu de me tuer, si Voldemort ne s'en chargeait pas, s'il t'arrivait quoique ce soit... Et comme j'étais vraiment responsable de ton départ...
Draco sourit.
-S'il te touche, je le tue! dit-il, non sans rire. On aura des enterrements pour tous les jours de la semaine... Celui de Voldemort avec les Mangemorts venu se recueillir... Le tien... Celui de Sev... Et le mien.
-Bon, on oublie un peu les idées de meurtres d'accord ? Il y en a eu suffisamment pour plusieurs décennie, ces derniers jours, si tu veux mon avis...
-D'accord, on oublie, dit Draco en baillant. Je vais dormir un peu... Et demain... Demain, je te dirai au revoir.
Harry acquiesça d'un signe de tête, le sommeil le rattrapant soudainement.
-Bonne nuit Draco.
-Bonne nuit, mon Amour, dit Draco.
Harry resta assez surprit sur le coup, mais finit par sourire et plongea dans le sommeil, blottit contre Draco pour une dernière nuit, avant longtemps.
OoOoO
Harry était étendu sur le divan, fixant le plafond depuis de longues minutes, ces mêmes minutes qui avaient sans doute dû se transformer en heures, sans qu'il ne s'en rende compte. La maison était plongée dans un silence lourd. Sandra, Blaise et Remus n'avaient pas désertés, mais ils dormaient toujours. Lui, pourtant, n'arrivait plus à trouver le sommeil, ou presque plus. Son grand lit qu'il occupait désormais seul lui semblait immense et vide. Il se sentait complètement perdu. Il n'était pas sortit depuis plusieurs jours, reclus au salon – ce salon qu'il avait découvert vide de toutes traces de Alexius, à son retour au square Grimmaurd –, silencieux, ne faisant absolument rien, comme vidé de sa joie de vivre. Il fixait la cheminée, cette même cheminée par laquelle Draco avait quitté la maison quelques jours plutôt, fou de rage et de peine. À présent, c'était lui qui, envahit de tristesse, était là, à attendre il ne savait trop quoi... Sans doute que deux ans et demi passent. Ses amis avaient essayés de lui changer les idées, de le faire sortir. Mais rien n'y avait fait. Il était resté maussade et triste, complètement anéanti, laissant même le soin à Sandra de se rendre au ministère pour lui. Peu lui importait désormais. Il voulait simplement que ces années passent, qu'il revoit Draco et que tout rentre de dans l'ordre. Une semaine entière avait déjà passée, et la solitude qu'il ressentait ne s'apaisait nullement, s'accroissant plutôt. Lorsqu'il s'était réveillé le lendemain matin, Draco ne dormait déjà plus. Il s'était assis dans son lit et lui tournait le dos. Sentant qu'il était éveillé, il lui avait répété ses exigences et avait attendu qu'Harry parte pour se recoucher. Il avait alors abattu sa couverture sur lui et n'en était plus sorti. Harry lui avait jeté un dernier coup d'oeil, avait ramassé ses effets personnels, et était sortit de l'infirmerie, le coeur plus lourd que jamais. Et depuis, il n'avait pas bougé. Il se couchait dans le divan la nuit venue, mais ne dormait pas. Il pensait et fixait le vide. Les autres désespéraient de le voir réagir à quelque chose, mais il s'en moquait. Il voulait que les deux années et demi passent. Ni plus ni moins. Était-ce trop demander, d'avoir à nouveau un peu de bonheur ? Quelqu'un avec qui passer sa vie, quelqu'un à serrer dans ses bras ? Était-ce trop exiger de sa part ? Draco lui avait clairement répondu « Oui ».
Que la maison semblait vide sans sa présence, son rire, sa voix... Son esprit fier et tendre... Entêté et pourtant raisonnable... Que soit maudit le jour où il était tombé amoureux de ce con prétentieux...
« Alors, Potter ? Encore en train de te pleurer sur ton sort ? »
Un vague sourire apparut sur le visage d'Harry. Il entendait sa voix, comme s'il était là... Il se prit à rire doucement. Draco devait tout simplement être invisible... Il s'amuserait un moment de sa situation, un peu comme autrefois, et réapparaîtrait lorsqu'il en aurait envie. D'ici deux ans et demi, sans doute... Harry perdit son sourire, et se remit à fixer l'âtre vide et froid. Une flamme crépita soudain, une flamme verte. Et alors, dans un tourbillon, Severus Snape apparut, toussant légèrement à cause de la suie.
-Argh! fit-il. Bon sang, Potter! Vous ne faites plus fonctionnez cette cheminée, ou quoi ?
Harry leva ses yeux ternes vers le visage de Severus, avant de soupirer bruyamment et de regarder le plafond.
-Non, c'est inutile, répondit-il d'une voix morne.
Severus figea de stupeur. Était-ce Potter ou une imitation ? Jamais il n'avait vu cet emmerdeur de Survivant aussi terne.
-Et bien, Potter, qu'avez-vous, vous êtes malade ?
-Non, je ne suis pas malade, j'attends juste que le temps passe.
Severus se tut et le regarda. Couché dans le divan, le regard fixe, les yeux rougis par la fatigue, une barbe de trois jours... Il soupira.
-Potter... Vous laissez dépérir ne le fera pas revenir.
Harry lui lança un regard qui le fit frissonner, et haussa les épaules.
-Il vous a quitté pour que vous puissiez vous retrouver, pour que, chacun de votre côté, vous pensiez, réfléchissiez à votre couple, à votre avenir, même... Harry... Écoutez-moi. Draco veut vous retrouver en entier, dans deux ans et demi. Il ne veut pas d'un fantôme...
-Un fantôme, se prit à rêver Harry. Je me demande si j'en aurais été un, si je serais resté dans ce lac...
-POTTER! cria Severus en l'empoignant par les épaules. CELA SUFFIT! REPRENEZ-VOUS, BON SANG!
Harry parut légèrement surpris par l'attitude de son professeur et il le regarda, en fronçant les sourcils.
-Calmez-vous un peu professeur... fit-il. Il n'y a aucune raison de crier...
-Il y en a une! Potter, vous allez me faire le plaisir de lever votre derrière de ce divan, d'aller prendre une douche, puis de manger. Ensuite, vous vous vêtirez de votre uniforme d'Auror et vous irez travailler!
Harry le regarda un moment.
-Et si je n'en ai pas envie ? fit-il simplement.
-Trouvez-la! Que pensez-vous que Draco pensera de vous quand il entendra dire que vous êtes en morceau ? Qu'au lieu d'essayer de surmonter tout cela, de relativiser, vous végétez devant votre cheminée ? Que pensez-vous qu'il pensera ? Sera-t-il fier ? Heureux ?
Harry soupira et sembla avoir retrouver un peu de lucidité, lorsqu'il posa son regard sur Severus.
-Qu'est-ce que vous venez faire ici, exactement ?
Severus en resta un instant paralysé puis déglutit.
-Je suis venu... chercher ses affaires.
Harry fit un vague signe de main en direction du couloir et s'avachit à nouveau dans le divan.
-Vous pouvez y aller.
-Je vais y aller, Potter. Je vais aller chercher ses affaires et les lui apporter... Ensuite, je reviendrai... et alors, je vous obligerai à vivre, Potter. Vous valez mieux qu'une loque! Bon sang, je vous respecte en tant qu'Harry Potter, mais je ne pourrai pas respecter ce que vous êtes en train de devenir!
-Mpff, je ne vous oblige pas à me respecter, professeur Snape.
-Mais je vous respecte, Harry! dit-il. Bon sang, Draco rirait bien s'il m'entendait dire ça, mais Potter, je tiens à vous.
L'esprit d'Harry sembla prendre plusieurs secondes à analyser la situation. Il restait parfaitement immobile, fixant un point indéterminé devant lui. Il releva finalement les yeux vers le visage de Severus, semblant toujours aussi décontenancé.
-Pa... Pardon ?
-Vous m'avez entendu, Harry. Je tiens à vous et je me refuse de vous laisser continuer à ce rythme. Alors je vais chercher les bagages de Draco... Et les apporter à Oxford... Ensuite, je viens vous botter le cul jusqu'à ce que vous retrouviez votre état normal.
-Eh bien... fit Harry, sidéré. C'est assez... surprenant comme nouvelle.
Il soupira et haussa les épaules.
-Si vous y tenez tellement, vous n'avez qu'à revenir si vous en avez envie... Moi je ne sais plus ce que je veux. Enfin, oui, je veux une chance, mais elle n'est pas possible, alors à quoi bon vouloir autre chose ?
-Je vais vous faire changer d'avis, moi, je peux vous l'assurer!
Sans attendre de réponse, Severus se leva, montant à l'étage. Il ne lui fallut pas beaucoup de temps pour faire les valises de Draco. Ses affaires étaient si ordonnées qu'il lui suffisait d'un coup de baguette pour vider un tiroir. En dix minutes, il avait remplis les valises et rétrécit le tout. Il prit aussi ses affaires d'enfant. Draco n'en avait pas besoin, mais les laisser là égalait à donner un coup de couteau à Potter. Rapidement, il redescendit au salon et s'arrêta sur le seuil. Potter n'avait pas bougé d'un poil. Draco aussi était dans le même état, mais il faisait confiance à sa motivation, sa fierté et à son rêve pour le redresser. Sans compter les camarades de classe et les professeurs... Potter, lui, était parti pour s'enterrer devant sa cheminée et attendre, attendre jusqu'à en mourir. Et il ne le laisserait pas faire.
-Bien! dit-il en entrant. Je vais porter les valises de Draco à Oxford. Il laisse Flippo ici, preuve qu'il reviendra. Quand je reviendrai moi-même, Potter, je veux vous trouver lavé et attablé dans la cuisine pour manger. Si vous ne le faites pas, j'irai vous faire couler un bain, vous déshabillerai et vous laverai. Je vous rhabillerai et vous descendrai pour vous donner à manger. Ensuite, je vous obligerai à sortir pour aller faire une petite promenade. Ce sera ainsi jusqu'à ce que vous le fassiez vous-même. Et quand ce sera le cas, je vous conduirai à votre travail et je vous suivrai à la trace s'il le faut. C'est clair ?
Harry poussa un soupir à fendre l'âme et releva les yeux vers Severus.
-Si vous insistez... Vous pouvez partir. J'irai... me laver, fit-il d'une voix peu motivée.
-Veillez à ce que ça soit fait avant que je ne revienne... Sinon, je vous donnerai un coup de main... Je vais chercher quelques affaires... Histoire de ne pas avoir à retourner chercher mes vêtements sans arrêt...
Et sans attendre de réponse d'Harry, il disparut dans un tourbillon de flamme, non sans avoir ranimé le feu avec un petit apport de bois.
Harry attendit un bon moment, avant d'enfin se lever, regardant les flammes qui craquaient à nouveau dans la cheminée. À contre coeur, il s'en fut, les pieds traînant, vers le premier. Les couloirs lui parurent interminablement longs, mais il finit tout de même par arriver dans sa chambre. Sans jeter le moindre coup d'œil autour de lui, il ouvrit la penderie et se saisit des premiers vêtements qui lui tombèrent sous la main, avant d'aller se cloîtrer dans la salle de bain où il entra sous la douche, laissant le jet d'eau chaude de le nettoyer. Le nettoyer de la saleté, mais également de sa douleur. Quelques minutes s'écoulèrent ainsi, avant qu'il estime être suffisamment rester sous l'eau et qu'il ne ressorte. Un bref reflet à son visage lui démontrèrent l'image dont Severus avait eut le vision, vision qui semblait lui avoir fait un choc, et pour de bonne raison. Soupirant, Harry se jeta un sortilège de rasage, et se simple fait sembla lui redonner meilleure mine. Il s'habilla et sortit de la pièce. Il descendit d'un pas traînant et entra dans la cuisine, la trouvant déserte. C'était le jour de congé de Dobby, mais l'elfe avait tout de même prit soin de laisser quelques sandwichs. Harry en prit un et s'approcha de la fenêtre donnant sur le jardin. Dehors, le bonhomme de neige qu'il avait fait avec Draco semblait presque le narguer. Se détournant, ses yeux se posèrent sur une photo qui se trouvait sur l'appuie fenêtre. Une fenêtre bien spéciale. Il s'y trouvait, Draco dans ses bras, tout près du bonhomme de neige qu'il avait construit. Se détournant aussitôt du clicher comme si le simple fait de le regarder le brûlait, Harry sortit de la pièce, son sandwich à la main.
Au même moment, dans le salon, la cheminée crépita et Severus Snape apparut, une valise à la main. Il considéra Harry des pieds à la tête et hocha de la tête.
-Bien, Potter, dit-il. Je vois que vous avez réagi... Combien de temps comptez-vous prendre pour avaler ce sandwich ?
-Le temps qu'il faudra pour que je me force de l'avaler, répondit Harry, prenant une autre bouchée.
-Bien, répéta Snape. Pendant que vous peinez à cette activité, laissez-moi vous dire qu'un ami à moi m'a renseigné sur ce cher Alexius... Cela vous intéresse-t-il de savoir ce que cet ami m'a révélé ?
Harry acquiesça d'un signe de tête.
-Si c'est intéressant, alors oui...
-C'est intéressant, dit Severus. Alexius est... comment dire... très très très proche d'un certain ennemi que vous avez tuer dernièrement... En vérité, il était son... amant. Envoyé pour venir vous séduire et détruire le peu de stabilité qu'il y avait dans votre vie. Mon ami m'a révélé qu'il avait un vaporisateur de potion de séduction, à votre nom... Ce qui explique beaucoup de chose, d'ailleurs...
Harry fixa longuement Severus, sembla reprendre un peu plus constance devant cette vérité foudroyante.
-Vous savez autre chose ?
-Il s'est enfui de votre maison une heure avant que vous ne rentriez... Et il a trouvé refuge dans son château d'Écosse, le pauvre petit...
Harry resta silencieux encore un moment, pensif.
-Donc, si je comprends bien... Ce n'était pas vraiment de ma faute ?
-Pas du tout, en fait... La potion qu'il a utilisée a été... analysée par mon ami... Il m'a assuré que personne, quelle que soit sa puissance, n'aurait pu y résister...
-Et je parie que c'est ce cher Tom Jedusor qui a fabriqué cet élixir ? En résumé... Alexius informait quotidiennement Voldemort de tous nos allées et venues, de ce qui se déroulait ici... Ce qui expliquerait...
-Son arrivé chez Narcissa, dit Severus.
-Et le soir où nous avons été assisté à la réunion...
-Entre autre chose... Cela vous tente-t-il, un petit voyage ?
Harry eut un curieux sourire.
-Pourquoi pas... Je n'ai jamais eut l'occasion de visiter l'Écosse comme il se doit.
-Alors il faut remédier à ça tout de suite! dit Severus. Il y a un train dans deux heures... Vous aurez le temps de faire vos valises et de prendre votre matériel de chasseur de vampire ?
Harry acquiesça d'un signe de tête.
-Je commence par mes valises, fit-il, se dirigeant vers l'escalier.
Juste avant d'en entamer l'ascension, il se retourna.
-Severus ?
-Oui ? demanda l'homme.
-Merci, fit simplement l'Auror, avant de monter à l'étage.
-Draco m'a payé cher, pas besoin de me remercier...
Un léger rire lui parvint, alors que Harry disparaissait dans les nombreux couloirs du manoir. Severus poussa un soupir et regarda par la fenêtre où la neige tombait. Le secret de la guérison se trouvait dans l'occupation... C'était valable pour tout le monde et il le savait...
Il eut un sourire. Il allait l'occuper, le jeune Potter... Foi de Severus Snape, il allait l'occuper jour et nuit s'il le fallait, mais dans deux ans et demi, il serait prêt à rendre celui qu'il considérait comme son fils heureux.
ooOOo0oOOoo
The End
(À suivre dans la prochaine partie : D'un grain de sable...