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angel's heaven
Author of 38 Stories

Rated: M - French - Drama/Angst - Harry P. & Draco M. - Reviews: 119 - Updated: 01-10-06 - Published: 06-23-05 - Complete - id:2451478

Une si fragile flamme.

3e partie : l’Enfer.

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Disclaimer: tous les personnages sont à JK Rowling, sauf ces 8 là: Aurelius, Mireán, Kermar, Eric Sidle, Mathilde Soledango, Adrian Celas, Crimson Lance et Elric Potter. Les poèmes et citations qui sont en tête de chapitres ne sont pas de moi non plus. Et la track-list, c’est juste pour l’ambiance…

NdA: voici le dernier chapitre (qui contient un tout petit spoiler du tome 6). Et oui, il y en avait 100 ! Les remerciements sont en fin de chapitre. A noter que la 100e nreview est détenue par...Lilounatic. Merci!

Track-list: « Yalla », Calogero

« Grissom’s overture », John M. Keane (BO CSI: Las Vegas) (1)

“Now we are free”, Hans Zimmer/Lisa Gerrard (BO Gladiator).

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Chapitre 33: Tout n’est que recommencement.


Á force de mourir et de n’en rien dire

Vous avez fait jaillir, un jour, sans y penser,

Un grand pommier en fleur

Au milieu de l’hiver.

Jules Supervielle.


Cinq ans plus tard…

- « …nous ne pouvons que souhaiter que de pareils événements ne se reproduisent pas. Pour cela, il faut oeuvrer ensemble et reconstruire un monde nouveau en travaillant main dans la main. Mais nous devons aussi rendre hommage à ceux sans qui nous ne serions pas ici aujourd’hui… »

Hermione écoutait d’une oreille distraite le discours de Fudge. Elle essayait de trouver une position confortable, et la température élevée de cette fin de juin n’arrangeait pas les choses. Sa robe lui collait au dos. Le ministre n’avait vraiment aucune considération. Elle tritura nerveusement son alliance en attendant Ron, parti lui chercher quelque chose à boire. L’air était étouffant, et elle allait entrer dans son dernier mois.

Ron et elle s’étaient longtemps demandé si ils devaient assister à la cérémonie. Puis ils avaient quand même décidé de s’y rendre malgré l’imminence de la naissance. Venir pour ceux qui n’étaient plus là. Venir pour ne pas oublier, et revoir ceux qui avaient survécu. Hermione redressa la tête.

- « …Neville Londubat la grand-croix de l’Ordre de Merlin pour services rendus au monde sorcier. »

Un officier du ministère poussa le fauteuil de Neville le long de la rampe permettant de monter sur l’estrade, et Fudge s’approcha de lui. Il se pencha et épingla la médaille sur la chemise du jeune homme.

- Parce que nous sommes là, parce que d’autres n’ont pas eu notre chance, il est de notre devoir de faire attention », commença Neville. » La vie, que ce soit celle d’un enfant à naître ou d’un adulte, est aussi fragile qu’une flamme au vent, tout comme l’amour et la paix. Nous nous pensions invincibles, et nous ne sommes finalement que des êtres humains faillibles, orgueilleux et égoïstes. Nous avons gagné cette guerre grâce au sacrifice de beaucoup. Avant de poursuivre cette cérémonie », continua le jeune homme, « je vous demande de respecter trois minutes de silence en hommage à ceux qui sont tombés.

Un grand silence se fit, pas même troublé par le chant des oiseaux.

- Pour nous souvenir des disparus, nous inaugurons aujourd’hui une stèle à leur mémoire. Monsieur Londubat, c’est à vous que revient cet honneur.

Fudge tendit le cordon à Neville qui tira dessus, dévoilant la plaque. Hermione fit un signe de tête à Eric, qui avait réalisé l’ouvrage et se tenait dans un coin de l’estrade. Il lui répondit par un sourire. Elle regarda à nouveau le monument de marbre blanc qui était devant eux. Plus encore que la pierre, les lettres d’or des noms qui y étaient gravés brillaient sous l’éclat du soleil. Eric avait fait du très bon travail. Ses yeux passèrent de la plaque à son alliance. Oui, du bon travail, aussi bon pour les morts que pour les vivants. Elle se rappela le jour où elle était allée choisir les alliances et où elle avait revu le jeune homme.

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Flash-back

Elle poussa la porte de la bijouterie et la clochette tinta.

- J’arrive, répondit une voix venant de l’arrière-boutique.

Hermione avança vers le comptoir, et Eric Sidle sortit de derrière le rideau.

- Bonjour, mademoiselle Granger.

- Vous vous rappelez de mon nom ?

- Comme vous avez pu le voir. Alors, que puis-je pour vous ?

- Je venais voir vos modèles d’alliance.

Il y eut un instant de silence gêné, puis le jeune homme s’éclaircit la gorge.

- Oh ! Mes félicitations.

Il sortit plusieurs plateaux et lui montra les plus jolies bagues qu’il avait, ainsi que les différents styles de gravure.

Ils restèrent un long moment à discuter, et Hermione apprit que c’était Eric qui avait été choisi pour graver la plaque qui serait posée à Poudlard. Le patron d’Eric arriva alors que ce dernier raccompagnait Hermione.

- C’est étrange que vous ayez choisi ce modèle-ci, lui avait-il dit, car c’est exactement celui que le professeur Snape avait pris pour lui et sa femme.

La Gryffondor ne put s’empêcher de frissonner. Si ce qu’on disait de l’Histoire était vrai…

Fin du flash-back

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Quelque chose bougea dans son champ de vision, la tirant de sa rêverie. Elle reporta son regard sur les trois derniers noms de la liste et son cœur se serra.

Harry James Potter, 18 ans.

Severus Wilhelm Snape, 38 ans.

Mathilde Soledango-Snape, 31 ans.

Les larmes lui montèrent aux yeux et Ron la prit dans ses bras.

- Ça va, ma chérie ?

- Oui, oui, bredouilla Hermione, la voix enrouée. C’est juste l’émotion.

Elle inspira profondément pour se calmer et son mari l’aida à se relever. Fudge avait enfin terminé son discours, et tous ceux qui étaient présents à la cérémonie se dirigèrent vers les tentes pour y chercher un peu d’ombre. Ron et Hermione allèrent à la rencontre de Neville, en pleine discussion avec Ginny.

- Bonjour, Neville.

- Bonjour Hermione. Alors, c’est pour quand ? demanda-t-il.

- C’est prévu pour fin juillet, répondit la jeune femme. Et toi, tu en es où ?

- La rééducation sera encore longue, mais les guérisseurs ont bon espoir que je remarche très bientôt. Il faut absolument que je sois debout pour mon mariage.

- Je te le souhaite vraiment. Tes parents sortent quand ?

- Au début du mois prochain, normalement. Ça va nous faire bizarre…En plus de mon poste ici…

- Luna va bien ?

- Plus que bien. Elle est en congé. Pour le moment, elle est avec Ryan. Il a été malade une bonne partie de la journée d’hier. A dix-huit mois, il a vite fait d’attraper tous les microbes qui passent.

- Ça promet, murmura Ron pour faire râler Hermione.

- Et si on s’éloignait de cette foule en délire ? proposa Ginny.

- Je suis tout à fait d’accord. Où voulez-vous aller ? interrogea le rouquin l’air de rien en constatant que sa femme n’avait pas entendu.

- J’aimerais me rendre là-bas si ça ne vous dérange pas de m’y emmener, dit Neville en désignant l’endroit où étaient enterrés Mathilde et Severus. Je lui dois bien ça.

Ils quittèrent l’ombre salvatrice des tentes et retournèrent dans la fournaise.

- Au fait, vous avez des nouvelles de Draco ? demanda la sœur de Ron. Plus personne n’en parle depuis qu’il a fait don de sa fortune à la fondation pour la paix.

- Il est ici, répondit Neville. J’ai eu du mal à le convaincre de venir, mais je l’ai croisé juste avant la remise de médailles.

- Et comment va-t-il ?

- Très mal, Hermione. C’est comme si il était vraiment en train de se laisser mourir. La disparition de Harry l’a brisé. Il pense sans arrêt qu’il aurait dû y rester, lui aussi. Tiens, quand on en parle…

Ils s’arrêtèrent à une dizaine de mètres des tombes. Draco était agenouillé dans l’herbe, la tête baissée. La chemise qu’il portait ne dissimulait même pas toutes les cicatrices des blessures qu’il avait reçues en combattant, même si la plus douloureuse d’entre elles était invisible. Il releva la tête en les entendant arriver.

- Bonjour, Draco.

- Bonjour.

Tous remarquèrent qu’il avait les yeux rouges et qu’il avait beaucoup maigri.

- Ça va ?

- Je fais ce que je peux, mais ce n’est pas toujours facile, balbutia-t-il en détournant le regard. J’ai beau essayer de me persuader qu’il n’est plus là, je n’y arrive pas. Je sens encore sa présence.

- Draco, si jamais tu as besoin de parler, n’oublie pas que nous sommes là, fit Hermione à voix basse.

- Je sais. C’est gentil de me le dire, souffla-t-il en souriant faiblement.

Il se releva et se prépara à partir. Ron vit la médaille épinglée et le tatouage sur le bras. Draco suivit son regard et lui expliqua avant qu’il ait eu les temps de poser sa question.

- Pour la médaille, j’ai demandé au ministre de m’épargner tout ce…cirque. Il me l’a remise en privé ce matin. Quant à ça, dit-il en désignant le dessin sur son avant-bras, c’est une salamandre. L’un des deux seuls animaux à passer au travers du feu. Pour me souvenir.

- De quoi ?

- Pourquoi je suis encore ici.

Draco ferma les yeux un instant.

- Alors, reprit-il en changeant de sujet, vous avez déjà choisi un prénom ?

- On a quelques idées. On verra.

- Très bien. Tenez-moi au courant.

- Il n’y a pas de problème.

Le Serpentard tendit la main et serra celles de Ron et Neville, puis il embrassa Hermione et Ginny.

- Je suis vraiment content de vous avoir revus. Allez, à la prochaine.

Il regagna les tentes et l’ombre.

- Dumbledore lui a demandé en personne de revenir à Poudlard, déclara Hermione quand Draco fut parti.

- Vraiment ?

- Oui. Comme maître de potions.

- Il va être content…Entre notre fils, celui de Neville et Luna, et l’enfant de Lupin et de Tonks…

- Ron !

- Quoi ? C’est vrai, après tout. La seconde génération arrive. Poudlard peut trembler.

Hermione soupira.

- Tu sais quoi ? Tu peux être très lourd, des fois.

- Je sais. Mais c’est pour ça que tu m’aimes, non ?

La jeune femme chercha le Serpentard des yeux dans la foule pour éviter de s’énerver après son mari.

- J’espère que Crimson le rendra heureux, ajouta-t-elle d’une voix absente.

- Qui ?

- Crimson Lance (2). C’est le nouvel homme de sa vie, même si c’est compliqué.

- Comment tu sais…OK, je n’ai rien dit, lâcha Ron en voyant le regard noir que lui lançait sa femme.

Ron, Hermione, Ginny et Neville se tenaient à présent devant la tombe des Snape.

- Que va-t-il se passer, maintenant ? demanda Neville.

- Ça, je l’ignore complètement. Nous n’avons plus qu’à vivre, j’imagine. Et à rester vigilants.

Une petite brise se mit à souffler, apportant une fraîcheur bienvenue. Quelque chose vint caresser la joue de Neville. C’était une plume dorée. Le jeune homme leva la tête et regarda vers les branches comme si il cherchait d’où elle venait.

- Il y a un problème ? dit Hermione, inquiète.

- Non, non. Rien. J’ai sûrement dû rêver, répondit Neville en dissimulant la plume, un sourire sur le visage.

Ils firent demi-tour et s’éloignèrent en direction du château. L’oiseau, qui les avait observés caché au milieu des branchages, ne reprit sa forme humaine que lorsqu’ils eurent disparu au coin du mur. Il se laissa tomber et atterrit souplement dans l’herbe. Alors il s’approcha à son tour de la tombe de Mathilde et Severus.

- Je suis désolé de ne pas vous avoir compris, murmura-t-il.

Puis il se tourna à nouveau vers Poudlard. Il devrait amener Elric ici. Pendant sept ans, cette école avait été sa maison de cœur, le seul endroit où il s’était vraiment senti chez lui. Même encore maintenant, cinq ans après avoir choisi de disparaître. Il avait été tenté d’aller voir Draco et de le serrer dans ses bras, de lui parler et de l’embrasser. Il n’avait jamais oublié ce que le Serpentard avait fait pour lui, ni ce qu’ils avaient partagé à Sainte-Mangouste. Il se souvenait aussi du regard que Draco lui avait lancé avant qu’ils ne soient séparés.

- Va le voir, lui dicta une petite voix dans sa tête.

- Je ne peux pas, murmura-t-il. Il sera malheureux avec moi.

- Il est malheureux SANS toi. Tu l’as vu.

Il secoua la tête et la voix se tut. Il se sentait terriblement vide et inutile. La guerre s’était achevée en laissant des blessures indélébiles tant dans les esprits que dans les corps. Il avait certes débarrassé le monde sorcier de Voldemort, mais pour ça, il avait dû abandonner tout ce qu’il était et ce qu’il aimait. Surtout celui qu’il aimait. Rien ne pourrait s’effacer, pas même avec le temps. Il réalisa soudain que, quoi qu’ils fassent, lui et ses amis garderaient toujours au cœur bien plus qu’une simple cicatrice (3).


(1) Quand j’entends ce morceau, j’ai l’impression de voir le soleil se lever.

(2) Il n’est nommé que maintenant, mais il est apparu dès le début de la fic. Si si, regardez bien…

(3) ben quoi? Autant que ça sonne vrai... Il paraît que ce serait le dernier mot du tome 7.


NdA2: la séquelle est entamée. Elle aura pour titre « Avant que l’ombre… ». Le premier chapitre sera intitulé « Un monde ordinaire ». Voilà voilà.

NdA3: il existe une fin alternative à cette fic, mais il n’y a pas de séquelle.


Note de fin:

En premier, un merci à mes sponsors officiels pour leur soutien (in)volontaire quant à l’élaboration de cette histoire: à savoir les fournisseurs de chocolat en tout genre (je ne citerai pas de marques), ceux qui nous ont fourni la boisson (si si, et sans alcool en plus !), ceux qui nous ont approvisionné en mouchoirs (et Merlin sait que pour certains chapitres, il en a fallu), aux créateurs de CSI (tout est parti de là…), enfin bref, à plein de monde. Mais surtout…

...Je voudrais dire merci à Onarluca, Madhatter-Hichan, Mily Black, LadyNush, Vega 264, alinemcb254, Io hana ni, lou01, Marie Potter et Doodah qui m’ont –souvent- laissé des reviews et des commentaires avisés. Je voulais vous remercier aussi, lecteurs silencieux, pour m’avoir suivi dans cette folie. Parce que si vous n’étiez pas là, nous ne le serions pas non plus, nous autres auteurs. Écrire 100 chapitres en inversant le plan de la Divine Comédie de Dante n’était pas simple, mais pour vous, de l’autre côté de l’écran, ça n’a pas dû être facile à lire non plus.

Merci à ma sœur May, parce que si nous n’étions pas parties dans certains délires au moment où j’ai commencé à écrire cette fic, elle n’aurait peut-être pas existé sous sa forme actuelle.

Á tous, je vous donne rendez-vous pour la séquelle.

Dans peu de temps j’espère…

5 février 2005.

Ajout des remerciements le 17 novembre 2005 et réponse aux reviews à partir du 12 janvier 2006.

Je regarderai le compteur des reviews. Ceux ou celles qui auront respectivement les 100e (Lilounatic), 250e, 500e, 1000e reviews (on ne sait jamais ! Des fois que les lecteurs veuillent bien en laisser…) pourront me donner des idées d’histoire si ils en ont.


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