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Face à face.
Disclaimer: rien ne m'appartient.
NdA: ma home-page est constituée de mon photo-journal, où vous pouvez voir les photos gênantes que j'ai prises avec ma nouvelle digicam. Allez y jeter un œil si vous voulez. Ce n'est pas bondé. En d'autres termes, « pimp, pimp, pimpity pimp ». Appréciez l'update. Plus de point d'orgue diabolique.
Chapitre 5.
Severus s'assit sur son lit tandis que Remus et lui se regardaient droit dans les yeux. Il y eut une tension féroce et immédiate, et avant que Remus ait tenté de communiquer, Severus était sur pieds. Se précipitant dans le couloir, Severus sortit de l'école en courant, les pieds nus et seulement vêtu de son pyjama.
Il ne prêta pas attention à sa tenue ou au sol froid sous ses pieds. Tout ce qui lui importait était de fuir le plus loin possible de la personne qui avait causé sa blessure.
Avec des jambes faibles et une intense douleur dans le dos, Severus parvint à retourner à l'appartement. Regardant les marches qui avaient toujours été un problème pour lui, Severus commença la terrible et lente ascension. Ça lui prit plusieurs minutes mais finalement, haletant, épuisé et à deux doigts d'une attaque de panique, Severus atteignit la porte.
Quand il entra, pourtant, ses yeux tombèrent sur la silhouette de Lucius. Le blond était nu, et son sexe dur pilonnait le derrière d'un homme que Severus n'avait jamais vu avant. Lucius leva les yeux presque paresseusement et repoussa une mèche de cheveux de ses yeux vitreux.
- Severus…Je pensais que tu était à la résidence.
Severus déglutit et fit demi-tour.
- Je suis désolé…Je ne savais pas que tu…C'est juste que…Je suis désolé, bégaya-t-il en cherchant la poignée de porte à tâtons.
Lucius s'écarta rapidement de l'homme et enfila à la hâte une robe de chambre. Il parvint à rattraper Severus alors que le garçon aux cheveux noirs ouvrait la porte, et il agrippa le bras de Severus.
- Oh, mon coeur, regarde-toi. On dirait une épave, et tu souffres.
Severus écarta son bras et secoua la tête.
- Ça va. Je suis juste…Je vais bien.
- Ne sois pas stupide », ronronna Lucius avant de se retourner vers l'homme qui remettait son pantalon. « Dehors.
L'homme éclata, mais au regard que lui lança Lucius, il s'exécuta rapidement, alla chercher ses affaires et un moment plus tard passa devant les deux hommes avant de quitter l'appartement. Severus laissa échapper un souffle frissonnant et n'opposa aucune résistance à Lucius quand celui-ci l'attira dans le salon.
- Qu'est-ce que tu fais, Severus ? Tu ne devrais pas être en train de dormir dans ta chambre, maintenant ?
Severus laissa échapper un autre souffle et hocha la tête. Il n'avait jamais parlé à Lucius des détails de son accident, mais maintenant il était forcé d'y faire face une fois de plus.
- On dirait que tu as vu un fantôme, insista Lucius.
Severus avala sa salive.
- C'est tout comme.
Et s'armant de courage, Severus raconta toute l'histoire à Lucius.
Remus resta figé sur place tandis que Severus se ruait hors de la chambre. Parmi toutes les personnes du monde entier, Remus ne s'attendait pas à avoir Severus comme camarade de chambre. Dire qu'il était sous le choc était un euphémisme complet tandis que Remus parvenait lentement à traverser la chambre.
Il avait eu toute la place pour lui seul pendant le dernier semestre, et voir soudainement Severus était presque trop pour lui. Il essayait encore d'oublier Sirius, de s'arranger avec sa nouvelle vie et de poursuivre ses études.
C'était déjà bien assez difficile pour lui que ses professeurs remettent sans cesse en cause sa capacité à apprendre les langues et à obtenir son diplôme en communications. C'était un peu une plaisanterie, même pour lui, que le garçon muet veuille faire carrière dans la communication, et pourtant c'était ce qu'il aimait vraiment. Qu'il y arrive, et il pourrait s'éloigner de ce qui lui avait causé de la douleur.
C'était ce qu'il croyait.
Au bout d'une heure, Remus décidé que Severus ne reviendrait pas, et il chercha dans le tiroir de sa table de chevet et en sortit un paquet d'enveloppes liées ensemble. Elles lui étaient toutes adressées, et portaient l'écriture peu soignée de son ancien amant, Sirius. Certaines d'entre elles étaient ouvertes et d'autres non. Remus n'avait voulu lire aucune d'entre elles. Il voulait juste oublier Sirius. Mais pour certaines d'entre elles il n'avait pas pu résister, particulièrement au début.
Tandis que Remus palpait le tas de lettres, il médita sur le fait que Severus marchait et le faisait plutôt bien. Il était clair que le jeune homme aux cheveux noirs avait une boiterie prononcée, et alors que Remus regardait les affaires de Severus, il remarqua une canne appuyée contre l'autre mur.
Que penserait Sirius, maintenant ? Remus soupira et secoua la tête. Ce que pensait Sirius maintenant n'avait pas d'importance parce qu'il ne le saurait jamais. Remus n'allait pas lui parler maintenant, et si il pouvait s'en empêcher, il ne retournerait jamais là où il avait grandi.
Lucius écouta l'histoire de Severus avec une profonde attention. Quand le jeune homme eut terminé, Lucius prit Severus dans ses bras et enleva les larmes amères et honteuses.
- Je suis désolé qu'il t'ait fait ça, mon cœur. Je ne veux pas que tu retournes là-bas, plus jamais. Reste juste ici, comme je t'ai invité à le faire. Je peux te voir quand j'ai le temps, et je promets que tu seras à l'aise, comme tu l'as déjà été il y a longtemps.
Severus fut plus que tenté de dire oui, mais le souvenir récent de Lucius en train d'enculer avec désinvolture un autre homme sur le même sofa que celui sur lequel ils étaient assis fit monter la bile dans sa gorge. Il avait qu'il était stupide pour ça, et idiot, mais Severus croyait vraiment qu'il tomberait amoureux et que ce serait d'un autre homme. Il n'était pas de ceux qui croient aux fins heureuses, loin de là, mais Severus avait juste un petit espoir qu'il y avait quelqu'un quelque part pour lui.
Á un moment, il espérait que cette personne soit Lucius, mais il devint clair que ce ne serait pas le cas. Et Severus ne voulait plus attendre, être utilisé et rester là pour réaliser les petites fantaisies de Lucius. Il voulait juste sa formation, et puis il s'en irait.
- Je n'ai pas peur de lui, lâcha finalement Severus d'un ton mordant. Je vais retourner là-bas, parce que si je ne le fais pas, c'est eux qui auront gagné.
Lucius le regarda pendant quelques minutes et se pencha pour embrasser les joues de Severus.
- C'est vrai, ils auront gagné et nous ne pouvons pas faire ça. Mais reste avec moi ce soir, Severus. Laisse-moi te réconforter et ensuite je te reconduirai dans la matinée.
Ne voulant pas affronter une longue marche, et ne désirant pas faire face à Remus, Severus acquiesça et autorisa Lucius à le mettre au lit1.
Remus était assis sur son lit le soir suivant, s'occupant de ses devoirs, quand la porte s'ouvrit. Il leva les yeux brusquement et vit un Severus Snape très hésitant entrer dans la chambre. Severus avait son sac à dos pendu à l'épaule et regardait partout sauf le visage de Remus.
Severus renifla un peu, puis il jeta ses affaires au pied de son lit. Retirant ses chaussures, il s'assit, inspira de manière audible et se tourna pour faire face à Remus.
- Cet arrangement est un pur hasard. Si j'avais su que tu allais être là, j'aurais demandé une autre chambre. Comme c'est là, je suis très tenté de raconter toute l'histoire et de demander à ce que l'un d'entre nous soit déplacé. Pourtant, je suis trop fatigué et j'ai besoin de calme et de paix. Si tu peux me les apporter, je jure de rester en dehors de ton chemin.
Sachant que Severus ne comprendrait pas ses signes, et sachant aussi qu'il ne lirait probablement pas la note qu'il aurait écrite, Remus croisa le regard dur de Severus et inclina lentement la tête.
- Bien. Maintenant, si ça ne te dérange pas, j'aimerais dormir.
Là-dessus, Severus éteignit sa lampe de chevet, se glissa dans son lit et ferma les yeux.
Remus sentit qu'il devait en faire autant. Pourtant, il savait que ses rêves seraient envahis par les images de son passé, alors il étudia jusqu'à l'épuisement.
Se réveillant plusieurs heures avant Severus, Remus s'habilla rapidement et sortit pour déjeuner, bien déterminé à tenir sa part du marché.
Une semaine passa dans la même routine, même si Severus ne parlait toujours pas à remus. Il était clair qu'il souffrait de violents cauchemars et Remus sympathisait pour lui, mais il savait que son offre de réconfort ne serait pas la bienvenue. Il fit alors la seule chose qu'il pouvait, qui était de prétendre qu'ils ne le réveillaient pas la nuit.
Un jour, après une journée de cours fatigante, Remus retourna dans leur chambre et trouva Severus assis sur son lit, en train de discuter avec un homme plus âgé, très attirant, qui avait de longues mèches blond platine et parlant Français d'une voix traînante.
Remus ouvrit grand les yeux et inclina la tête pour saluer.
- Ah, vous devez être le camarade de chambre de Severus ». Le blond tendit la main et Remus la prit timidement. « Remus Lupin, n'est-ce pas ?
Remus fronça les sourcils mais acquiesça à nouveau.
- Je suis un ami très proche de Severus. Lucius Malefoy.
C'est un plaisir, fit Remus, et il tenta d'articuler aussi clairement qu'il le pouvait.
Le sourire de Lucius s'agrandit et il regarda Severus.
- Bien. Je ferais mieux d'y aller. Je ne veux pas interrompre votre étude ou quoi que ce soit d'autre.
Severus agrippa le bras de Lucius et le retint.
- N-ne t'en va pas, pas maintenant. S'il te plaît ?
Remus tressaillit au son de la voix de Severus, détestant l'entendre si faible et presque fragile. Il prit rapidement son bloc de papier et gribouilla un mot, le tendant à Lucius quand il eut fini.
Ne vous occupez pas de moi, vous ne me gênez pas. Je peux partir si vous voulez.
Lucius regarda Remus.
- Oh, ne partez pas. Vous ne nous ennuyez pas du tout.
Là-dessus, Lucius passa son bras autour du cou de Severus et l'attira à lui dans un profond baiser.
Rougissant complètement, Remus se retira dans un coin de la pièce et ouvrit son livre de maths, tentant de poursuivre ses devoirs. C'était gênant d'entendre les deux hommes se caresser, et il ressentit un étrange tiraillement de regret. Severus avait été le premier à dire qu'il était merveilleux, et Severus n'avait jamais rien fait de vindicatif à qui que ce soit juste parce qu'il faisait attention à Remus. Severus était la raison pour laquelle Remus ne pouvait pas pardonner à Sirius, mais en voyant comment Severus se débrouillait maintenant, il commençait à y penser sérieusement.
Deux semaines et demie plus tard, Severus avait toléré la présence de Remus et avait très peu vu Lucius. Il avait eu des appels sporadiques et avait reçu par deux fois une lettre contenant de l'argent pour ses dépenses quotidiennes.
C'était assez aisé pour Severus, même avec les cauchemars occasionnels et la légère gêne quand il lui arrivait de tomber sur Remus en train de se changer. Il haïssait leur passé, et il détestait que Remus soit juste comme les autres.
Il était tard un soir, et Severus était debout à étudier, refusant d'admettre en lui-même qu'il était curieux de savoir pourquoi Remus n'était pas revenu.
- Probablement en train de se faire tailler une pipe, siffla Severus d'une voix étrangement amère.
Secouant la tête, il se replongea dans son livre et tenta de lire la même phrase qu'il lisait depuis une heure.
Juste au moment où minuit sonnait à sa petite pendule, un coup résonna à la porte et Severus leva brusquement les yeux.
- Stupide crétin qui a probablement oublié sa foutue clé, gronda Severus en se levant pour aller ouvrir.
Il fut pourtant plus que stupéfait quand il se trouva face à un Lucius souriant largement.
- Bonsoir, mon cœur, fit Lucius d'une voix traînante en embrassant doucement Severus.
Severus répondit de façon tendue, s'écartant pour laisser entrer son soi-disant amant.
- Qu'est-ce que tu fais ici ?
- Je t'ai apporté un cadeau, Severus. Mais je ne peux pas te le donner ici.
Severus regarda l'horloge et soupira.
- Il est si tard… et j'ai un cours demain à sept heures.
- Je te promets que ça en vaut la peine, Severus.
Toujours incapable de résister aux yeux brillants et au sourire charmeur de Lucius, Severus acquiesça et agrippa son manteau avant de suivre Lucius jusqu'à sa voiture.
Le blond descendit rapidement la rue jusqu'à un hôtel très vieux et très sale et sa gara une rue plus loin. Conduisant Severus à l'intérieur, ils dépassèrent un affreux vieillard édenté qui inclina simplement la tête vers Lucius quand lui et Severus se dirigèrent vers les escaliers.
- C'est deux étages plus haut. Tu vas pouvoir y arriver ? demanda Lucius doucement. Il n'y a pas d'ascenseur dans ce bâtiment et même si c'était le cas, je n'aurais pas confiance.
Severus haussa les épaules.
- Je vais y arriver.
Ils grimpèrent les marches jusqu'à ce que Lucius arrête Severus et le mène dans un hall pauvrement éclairé.
- C'est ton cadeau, Severus, déclara Lucius avec un sourire presque diabolique en ouvrant la porte devant laquelle ils se tenaient.
Severus fit un pas dans la chambre, plissant les yeux dans la sombre lumière orange. Il remarqua une armoire, un petit matelas nu posé sur le sol, et plusieurs silhouettes sombres blotties dessus. Tandis qu'il s'approchait, il vit une silhouette allongée sur le matelas, sous les deux hommes plus grands, et la personne était attachée et avait les yeux bandés.
La personne était clairement en train de résister, mais ne faisait aucun bruit et n'était pas bâillonnée. Tandis que Severus s'approchait un peu plus, il reconnut soudain une touffe de cheveux fauve et une partie de la cicatrice pointant hors du col du pull.
Severus se mit une main sur la bouche, sous le choc, et sortit hâtivement de la chambre. Lucius accueillit la réaction de Severus avec un léger mécontentement et le suivit dans le hall en fermant la porte fermement derrière lui.
- Quel est le problème, Severus ? demanda Lucius dans un demi-murmure.
- Qu'est-ce que tu veux dire par « quel est le problème ? ». Qu'est-ce que ça signifie ? siffla Severus sous le coup de la colère.
- Je t'offre une occasion de te venger, expliqua Lucius légèrement irrité en haussant les épaules. Il a failli te tuer, il t'a ridiculisé et par-dessus tout, il est resté impuni. Tu ne veux pas faire quelque chose pour ça ?
Severus déglutit péniblement.
- Que voudrais-tu que je fasse ?
- Tout, dit Lucius avec un sourire déterminé et diabolique. Tout ce que tu veux. Tu peux le prendre, tu peux lui faire mal, tu peux lui donner du plaisir ou faire en sorte qu'il t'en donne. Tu peux lui faire subir toute la douleur que tu as subie, et tu peux même lui faire subir plus que ça. Il est à toi et tant que tu ne parleras pas, il ne saura jamais que c'était toi.
Severus sentit son sang geler dans ses veines et s'enroula les bras autour de la taille.
- Et que ferais-tu si tu étais moi ?
Les yeux de Lucius brillèrent d'une lueur méchante et il posa la main sur la joue de Severus.
- Je lui ferais perdre sa volonté de vivre…ce qui est précisément ce qu'il mérite.
Severus inclina la tête lentement et retourna à la porte. En l'ouvrant doucement, Severus s'avança à l'intérieur et vit un des hommes chuchotant quelque chose à l'oreille de Remus, et la bouche de Remus était ouverte dans une sorte de douleur silencieuse.
Severus sentit la bile remonter dans sa gorge et referma la porte une nouvelle fois.
- Je ne peux pas, chuchota-t-il. Je suis désolé, Lucius…mais je ne peux vraiment pas.
Lucius écarta les mains.
- Il ne le saura jamais.
- Mais je le saurai ». Severus passa ses doigts dans ses cheveux. » Fais-le pour moi, Lucius, s'il te plaît. Je ne peux pas, mais toi tu peux.
- C'est tentant…mais ça sera toujours dans ta tête.
- Ça le sera…, murmura Severus en mouillant ses lèvres. Quand Lupin et moi étions dans les douches, je l'ai fait pleurer parce que je lui ai dit qu'il était merveilleux. Il pensait qu'il était un monstre à cause de ses cicatrices.
- C'est un monstre, mais pas à cause de ça.
Severus posa soudain un regard froid sur Lucius.
- Tu n'es pas mieux.
- Ah, fit Lucius en passant un doigt mince sur la joue de Severus, mais je le suis parce que j'assume. Il…il prétend être quelque chose qu'il n'est pas, et c'est ce qui le rend pire que moi.
Severus frissonna.
- Je te donne la permission de faire de lui ce que tu veux. Je rentre à la maison.
- Est-ce que je dois te reconduire ? offrit Lucius.
Severus secoua la tête.
- J'ai besoin de marcher.
- Ça va te faire mal, c'est bien loin.
Severus soupira.
- Je sais, mais j'ai aussi besoin de sentir la douleur.
- Tel un martyr, fit Lucius avec un petit gloussement.
- Non, parce que ce n'est pas ma raison, et je mérite de mourir…Mais je ne vais pas faire ça non plus.
Et là-dessus, Severus se retourna et partit.
Severus parvint à retourner à sa chambre, mais il ne dormit pas. Il ne sentait même pas la douleur, et tout ce qu'il pouvait faire était d'imaginer ce qui était en train d'arriver à Remus en ce moment-même. Une partie de lui croyait que Remus n'avait que ce qu'il méritait, et une autre partie de lui essayait de renier ce que Lucius et ses deux idiots étaient vraiment capables de faire. Mais même alors, Severus Rogue ne fut pas stupide.
Il n'était pas aussi délibérément cruel, et au fond de lui, il était absolument terrifié. Tandis qu'il était assis sur son lit, Severus réalisa soudain qu'il avait juste besoin de savoir. Il se rappelait de Lupin en train de l'implorer, suppliant Severus de croire en son innocence, et Severus n'avait pas pu céder. Il n'avait pas pu céder parce qu'en réalité, il était en colère que Lupin ait choisi Black.
Cédant enfin, Severus s'approcha du coin de Lupin dans la chambre et commença à fouiller dans son bureau et dans le tiroir de la table de chevet. Au début, il ne trouva rien, mais tandis qu'il poussait un peu plus loin, Severus trouva finalement un paquet de lettres qui étaient liées ensemble.
Les prenant avec lui sur son lit, et sachant que Lupin ne reviendrait pas de sitôt –si c'était le cas-, Severus les ouvrit et commença à lire.
Il lui fallut près d'une heure, mais quand il eut fini, les soupçons et les peurs totales de Severus furent confirmés. Remus était vraiment innocent. Jusqu'au lever du soleil, Severus y pensa, et fut proche du suicide à la fin.
- Putain, sanglota Severus. Putain.
Sa panique fut interrompue par la sonnerie stridente de leur téléphone. Par habitude, Severus décrocha et bafouilla un faible « Allô ! ».
- Tu n'étais pas bien la nuit dernière. Comment vas-tu maintenant ?
C'était Lucius.
- C'est pire. Remus était innocent. Il avait dit la vérité avant.
Severus entendit les mots sortir de sa propre bouche, mais il était si choqué que c'était comme si quelqu'un d'autre parlait à sa place.
- Alors c'est trop grave, fit Lucius avant de retomber dans le silence. J'espère que tu ne penses pas faire quelque chose de… stupide.
Severus cligna des yeux et se racla la gorge.
- Quoi ? Stupide ?
- Tu es autant en tort que moi, Severus. Je ne pense pas que tu devrais aller… avertir quelqu'un de ce que tu as fait.
Severus sentit ses mains se mettre à trembler.
- Ce que j'ai fait ?
- Je suis un homme puissant, et tu n'es qu'un adolescent.
Severus sentit une étrange sorte de colère.
- Qu'est-ce que ça fait ?
Lucius soupira.
- Je pense…si tu voulais…nous pourrions conclure un arrangement. Je crois pourtant que ça te sera plus bénéfique et pour cette raison, je demanderai le droit de te rappeler une faveur dans le futur.
Severus empoigna le téléphone.
- Qu'est-ce que c'est ?
- Nous gardons tous les deux le silence sur cette histoire, et je continuerai à payer tes frais de scolarité jusqu'à ce que tu aies ton diplôme.
- Dans n'importe quelle université ?
Lucius soupira.
- Dans n'importe quelle université ?
Sachant qu'il n'avait pas d'autre choix, et pas d'autre moyen de payer ses études, Severus s'inclina.
- Je n'aurai plus rien à faire avec toi, Lucius, jura-t-il.
- Pas jusqu'à ce que j'ai besoin de toi. Et tu sais, Severus, tu étais merveilleux pour moi, et tu me manqueras. Bonne journée, mon cœur, et sois heureux.
Avant que Severus ait pu répondre, Lucius raccrocha.
Avec un frémissement et un sentiment de panique montant dans sa poitrine, Severus quitta la chambre et entreprit de rectifier la situation du mieux qu'il le pouvait sans alerter personne de sa présence ou de l'implication de Lucius.
Sirius se prélassait sur le sofa, ignorant la musique odieuse de son colocataire, quand le téléphone se mit à sonner. Serrant sa cigarette entre ses dents, Sirius parvint à attraper le combiné.
- Quoi ?
- Y a-t-il un monsieur Black ?
La personne parlait avec un fort accent français. La voix lui était complètement inconnue.
- Oui. Qui est-ce ? demanda Sirius.
- J'ai été chargé d'appeler ce numéro et de vous dire qu'un monsieur Lupin est ici, à Paris, au Hertford British Hospital, et a besoin de votre aide.
Sirius sentit la panique le saisir et s'assit avec raideur.
- Quoi ? Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Qui vous a dit d'appeler ?
- C'est tout ce que je sais, fit l'homme avant de raccrocher rapidement.
Sirius, n'étant pas aussi lourd que ce que la plupart des gens pensaient de lui, trouva rapidement le numéro de l'hôpital en question, et quelques instants plus tard fut en ligne avec une infirmière.
- Il est ici, oui, dit-elle calmement. Dans un état critique mais stable.
- Quoi ? beugla Sirius. Qu'est-ce qui lui est arrivé, bordel ? Comment a-t-il atterri là-bas ?
- Je suis désolée, mais je n'ai pas la liberté de vous parler de ça. Êtes-vous un ami ou de la famille ?
- Un-un ami, bafouilla Sirius. Écoutez. Quand il se réveillera, dites-lui juste que Sirius et James seront là-bas pour être avec lui.
- D'accord, je lui donnerai le message. Merci.
Sirius raccrocha puis il appela rapidement James pour lui faire part de la situation et de ce qu'ils avaient à faire. Sirius savait que c'était une erreur de laisser partir Remus comme ça pour la France, et quand il aurait Remus une fois encore, il ne le laisserait pas partir à nouveau. Plus jamais.
1 NdT: ou « à le prendre au lit » (mais vu que Severus a surpris Lucius en flagrant délit…)