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Lost dream
Author: angel's heaven PM
A la base, c'était une série de songfics, mais ça n'en est plus une. Elle raconte la fin du monde sorcier tel qu'on le connaît. Deathfics, donc prévoyez les mouchoirs.
Rated: Fiction M - French - Tragedy/Drama - Reviews: 3 - Updated: 09-05-05 - Published: 07-04-05 - Status: Complete
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Lost dream.

Chapitre 4: le vent du changement.

Disclaimer: rien ne m'appartient. Les personnages sont à JK Rowling, et la chanson est à Elton John (« The last song »). Je n'ai donc que cette histoire. Et toujours sans paroles.

NdA: dernière song-fic de Lost Dream, et aussi dernier chapitre. Classée M par précaution. Les paroles de la chanson représentent le PoV du personnage principal de ce chapitre, le texte en lui-même n'est que la représentation des sentiments de l'autre personnage. C'est très très sombre, limite death-fic…Mais il se pourrait que cette fic ait une séquelle.

Résumé: l'ancien monde sorcier n'existe plus. Voldemort a gagné la guerre et fait la chasse aux rares survivants. Après avoir finalement exécuté le professeur Rogue, il commence à bâtir un nouveau monde. Mais parfois, la trahison vient du côté où on ne l'attend pas…

Je n'ai jamais autant remercié Salazar d'être aussi rapide et aussi doué pour manipuler les gens. Ça m'a servi. Ça LUI a servi.

Je l'ai découvert sous ce qui restait d'une tente effondrée, après l'évacuation du camp et la répression des derniers résistants. Au début, j'ai cru qu'il était mort. Il était couvert de sang, avait les yeux fermés, et sa peau était si froide…Sans doute le choc dû à la perte de son bras. J'aurais dû me conformer aux ordres et l'abandonner sur le champ de bataille, le laisser être déchiqueté par les créatures de Voldemort, faire un exemple et montrer ce qu'il en coûte de s'élever contre le Lord Noir. Comme nous avions fait avec tous les autres.

Mais je n'ai pas pu.

Je n'ai pas pu me résoudre à abandonner le corps de mon fils aux griffes de ces charognards. Et c'est quand j'ai voulu le transporter jusqu'au manoir pour l'y enterrer que j'ai vu qu'il respirait encore. Voldemort étant à Londres pour prendre possession du ministère, j'avais été chargé de « nettoyer » la zone. C'était à moi de donner les ordres. C'est ce qui lui a sauvé la vie.

C'est un mort que j'ai ramené au manoir. Ou c'est tout comme. Le manque de nourriture avait fait des ravages dans son camp. Je n'ai pas eu trop de mal avec le portoloin lui-même. Non. Le plus difficile, ça a été de l'emmener sans briser ce qu'il restait de lui. Faire en sorte d'éviter que le transport ne rouvre ses blessures et ne déclenche une hémorragie fatale. Placer ses membres brisés sous attelles. Et l'endormir. L'endormir pour qu'il ne souffre pas.

Quand je l'ai allongé sur le lit et que j'ai commencé à nettoyer ses multiples plaies, je me suis demandé si je voulais qu'il survive, si le fait de ne pas l'avoir abandonné à son sort ne le condamnerait pas à quelque chose de plus horrible encore et à une mort plus lente et plus douloureuse. Je savais qu'il nous avait trahi en se battant contre nous. Je savais aussi pour avoir organisé quelques unes des opérations de « purification » que Voldemort traquait tous ceux qui avaient eu le malheur de ne pas mourir en se battant. Et qu'il se montrait d'une rare sauvagerie quand il se trouvait en face d'un de ses opposants. Je ne voulais pas que le Maître s'occupe de lui.

C'était à moi de le faire.

Les mains pleines de sang après lui avoir prodigué les premiers soins, j'ai pris ma baguette et je l'ai pointée vers lui. Si quelqu'un devait prendre une décision le concernant, c'était moi. Et moi seul. Mais quand j'ai voulu lancer le sortilège et mettre un terme à son existence, il a ouvert la bouche. Et il a prononcé le seul mot que je n'espérais plus entendre.

Papa.

Sous le choc, j'en ai lâché ma baguette. Il m'a appelé papa au moment même où j'allais le tuer. J'en ai eu le souffle coupé. Dos au mur, je n'ai pas compris ce que ce simple mot avait provoqué chez moi, alors que j'avais rêvé toute ma vie de l'entendre.

Puis j'ai levé ma main, et j'ai réalisé que je pleurais quand j'ai senti l'eau sur mes joues. J'ai alors pris la seule décision que mon cœur me dictait, même si pour ça je devais trahir Celui pour qui je m'étais battu.

J'ai épargné la vie de mon fils.

Papa.

Ça fait maintenant deux semaines qu'il est de retour au manoir. Deux semaines que je suis à son chevet la plus grande partie de mon temps. J'ai dû le plonger dans un coma magique. Qui peut me dire si il s'en sortira ?

Deux semaines que je redouble d'ardeur auprès de Voldemort pour détourner les soupçons. Je me hais. Je suis obligé de tuer pour le maintenir en vie. J'ai du sang sur les mains, sans savoir si il s'agit du sien ou de celui de mes victimes. Tous les jours je prie Salazar pour que le Maître ne se doute de rien, pour que chaque minute supplémentaire que dure sa vie rachète un peu des crimes que je suis en train de commettre en son nom. J'ai l'impression de ne plus être le même, que ces deux petites syllabes m'ont transformé à jamais.

Qu'il y a eu un avant…

Un avant fait de haine, de colère et de rejet. Un avant rempli de jours où j'ai voulu le tuer de mes propres mains, orgueilleux que j'étais de ne pouvoir contrôler son existence. Un avant où je regrettais que ma femme ne m'ait donné que lui comme héritier. Un avant où je regrettais simplement qu'il soit né. Qu'il soit mon fils.

Ma chair et mon sang.

…Qu'à partir de maintenant, il y a un après.

Quatre semaines. Il en est à quatre semaines de coma, et il n'y a aucun signe d'amélioration de son état. Au contraire. Sa fièvre est encore montée hier. Ses blessures se sont gravement infectées malgré les soins que je lui ai prodigués. Je sais que si son état s'aggrave à nouveau, le coma sera irréversible, quoi que je puisse faire. Il ne me restera alors plus qu'une seule solution…

En attendant, je le veille, assis dans le fauteuil à côté du lit où il est en train de s'éteindre lentement. La mort gagne chaque jour un peu plus de terrain, l'obligeant à livrer un combat dont l'issue semble prévisible.

Chaque seconde qui passe le tue un peu plus.

Chaque seconde qui passe m'épuise un peu plus et me brise le cœur.

Mon fils continue à perdre du poids malgré les sortilèges que je lui ai lancés, et moi, les cernes grandissent sous mes yeux. Voldemort continue à croire que je me tue à la tache. Il ne se méfie pas. Il ne sait pas que je m'acharne à sauver un de ses plus farouches opposants. Que le Mangemort a laissé la place au père. C'est quelque chose qu'il serait totalement incapable de comprendre.

Je reste là, assis dans le noir à attendre. Á attendre quoi ? Un miracle ? Un nouveau départ ? Où sa mort ? Sa respiration sifflante est la seule chose que j'entends. Tant qu'il respire, c'est qu'il vit.

Ai-je le droit de lui faire subir ça ? Ai-je le droit de le maintenir en vie quand chaque fibre de son être aspire à la mort et l'appelle de tous ses vœux ? J'ai beau avoir tué des centaines de personnes, je n'arrive pas à prendre ma baguette qui est là juste à côté, posée sur la table de nuit près de la cuvette remplie d'eau rougie par son sang, et à me résoudre à abréger ses souffrances.

C'est trop dur.

Et quelque part, quelque chose me retient.

Un espoir ?

L'infection s'est généralisée…

Il est perdu…

Son souffle est de plus en plus difficile…

Sa température monte encore malgré mes efforts pour la faire baisser…

Je me sens si impuissant…

Ni les sorts ni les potions n'y font rien…

Son cœur est trop faible et cesse de battre…

…pour finalement repartir.

Je suis toujours là, assis dans sa chambre, depuis huit semaines. Il a mené son combat contre la mort avec encore plus de courage qu'il n'en a eu pendant la guerre.

Je me suis trompé en pensant qu'il était lâche et aveugle. Celui qui était lâche et aveugle, ce n'était pas lui. C'était moi. Son agonie m'a mis face à moi-même, m'a montré qui j'avais été et qui j'étais vraiment. Il m'a montré combien je dépendais du pouvoir d'un seul homme.

Et alors que mon fils agonisait sur son lit, j'ai réalisé qu'il était facile de dire non. Que je venais de faire ce pour quoi il avait sacrifié sa vie.

Je le regarde. Il est toujours dans le coma. Finalement, il va vivre. C'est ce que j'essaie de croire. Je ne sais pas dans quel corps il va vivre. Il a perdu son bras droit. Ses huit semaines de coma n'ont laissé de lui qu'un squelette à peine vivant. L'infection l'a tellement affaibli que ce qui faisait de lui un homme n'existe pratiquement plus. Je suis régulièrement obligé de lui lancer des sortilèges de nettoyage.

Mais peu importe.

Drago est mon fils et j'irai jusqu'au bout, quel qu'en soit le prix à payer. Parce qu'il a montré un courage que je n'aurai jamais.

Parce que c'est mon fils.

Je le regarde, encore et toujours. Neuf semaines de coma et pas un changement. Ses blessures se referment très lentement. Pour moi c'est un signe. Je ferme les yeux.

Depuis neuf semaines je ne vis plus.

Depuis neuf semaines je réfléchis.

Á tout ce que j'ai raté. Á ma vie. Á la sienne. Aux torts que j'ai eus. Á la méchanceté dont j'ai fait preuve envers lui.

Je ne sais pas…Quelque chose m'empêche de faire ce que je désire le plus. La honte ? Les remords ? Je voudrais m'excuser, demander pardon pour mes actes passés.

Mes yeux se posent à nouveau sur lui, et quelque chose se brise en moi. Je me lève et je m'approche doucement de son lit avant de m'asseoir et de me pencher sur Drago. Qu'il m'entende ou pas, quel que soit l'endroit où son esprit se trouve, je dois lui parler. Lui dire.

Mes regrets.

Ma colère envers moi-même et mon impossibilité à réparer ce que j'ai fait.

Mon admiration de père face à ce qu'il est en tant qu'homme.

Et ma douleur.

Ma douleur face au fait qu'il m'a appelé « papa » une fois. Et que je ne l'entendrai plus jamais m'appeler ainsi.

Je serre sa main dans la mienne et caresse son visage avant de m'endormir, épuisé par mon aveu et neuf semaines de veille presque constante.

Quand je me réveille, je suis couché contre lui, ma main toujours dans la sienne, sa tête calée contre mon menton.

Je me relève pour aller appeler un elfe de maison afin qu'il m'apporte quelque chose à manger. Un sifflement se fait entendre dans mon dos. Je me retourne. Et là, toutes mes certitudes s'effondrent.

Il a repris conscience.

Je me précipite vers lui pour m'assurer que je ne rêve pas. Mais non. Il a bien les yeux ouverts et me fixe sans comprendre où il se trouve.

Il inspire de l'air, essaie de parler. En vain.

Je le regarde pour le rassurer. Lui montrer qu'il ne craint rien, lui faire comprendre qu'il est en sécurité. Et les larmes se mettent à rouler.

Des larmes d'épuisement.

Des larmes de soulagement en constatant que le risque que j'ai pris n'a pas été inutile.

Drago est vivant…

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