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Books » Harry Potter » C'est entre Dieu et moi
angel's heaven
Author of 38 Stories
Rated: M - French - Angst/Romance - Remus L. & Severus S. - Reviews: 77 - Updated: 03-12-09 - Published: 07-12-05 - id:2480855

C'est entre Dieu et moi.

NdT : je reprends là où je m'étais arrêtée. Toutes mes excuses pour l'attente, si tant est qu'il y ait encore quelqu'un pour lire. Après celui-ci restent encore 4 chapitres à venir. Je me suis remise à l'écriture et je ferai de mon mieux, mais ils ne viendront peut-être pas tout de suite.

Enfin, certaines tournures de phrases pourront paraître bizarres. L'adaptation n'est pas toujours aisée. Attention aux gros mots, parce qu'ici, il y en a.

NdA : Je ne vais même pas tenter de me rappeler de la dernière fois où j'ai posté un chapitre pour cette histoire. Dans celui-ci, Sirius en apprend plus que prévu, ce qui met Remus mal à l'aise et conduit à un résultat douloureux et humiliant autant pour Severus que pour Remus.

Chapitre 13: Jalousie.

We grew up way too fast and now there's nothing to belive

And re-runs all become our history

A tired song keeps playing on a tired radio

And I won't tell no one your name

I won't tell 'em your name

(Goo Goo Dolls/"Name")

Lorsque Remus se réveilla le matin suivant sa promenade avec Severus, ce fut à la vue de Sirius en train de le fixer, ses yeux sombres grand ouverts. Le souffle coupé sous le coup de la surprise, Remus se recula un peu trop rapidement, se cognant les genoux contre le chêne solide du bureau auquel il était assis. Quelques unes de ses notes bien rangées s'éparpillèrent sur le sol, le reste étant taché de noir à cause de l'encre que Remus avait renversée dans sa hâte de se soustraire au regard fixe de son ami. Sirius se redressa et sourit effrontément.

-Bonjour, mon grand.

Il souriait gaiement, s'agenouillant pour rassembler les notes qui étaient tombées sur le sol de la Common Room, tandis que Remus murmurait un sortilège pour enlever l'encre étalée sur son travail et son bureau. Secouant la tête pour chasser les dernières brumes du sommeil, il se tourna vers on camarade aux cheveux sombres et le regarda d'un air narquois. Bien sûr il s'était endormi alors qu'il était en train d'étudier, mais être réveillé par Sirius –de toutes les personnes présentes- n'était pas une chose qu'il s'attendait à expérimenter un jour.

-Quelle heure est-il ? », marmonna-t-il en frottant ses yeux bouffis.

-Six heures vingt. J'ai pensé que tu voudrais manger un morceau avant d'aller en cours. Je me trompe ? «, demanda Sirius, fixant Remus avec une expression à mi-chemin entre le ravissement et le dégoût total.

-Heu, ouais. Je dois juste aller faire ma toilette », fit Remus d'une voix inaudible, n'essayant pas de comprendre le regard que son ami de longue date lui lançait.

Il recula légèrement lorsque Sirius se rapprocha de lui. Trop près. Le corps plus grand du Gryffindor appuyé contre le sien, leur visage suffisamment près pour se toucher. Remus inspira profondément pour parler, mais Sirius l'interrompit avant même que le moindre son ait franchi ses lèvres.

-Bien entendu. Faire ta toilette. Puis tu descendras.

Il fit un pas en arrière, donnant à Remus la place de passer. Tandis que Sirius marchait, il se tourna à nouveau.

-Oh, et dépêche-toi. Tout le monde t'attend.

-Oui, bien sûr. Je serai bientôt en bas, Sirius…

L'autre jeune homme hocha la tête et se glissa au travers du passage du portrait, laissant Remus seul une fois de plus. Le blond soupira, laissant échapper le souffle frissonnant qu'il ne se rappelait pas retenir. Qu'est-ce que c'était que tout ça ? Sirius n'était pas vraiment du genre à envahir sa vie privée, en particulier son espace vital. Secouant la tête pour s'éclaircir les idées, , Remus rassembla ses affaires et prit la longue remontée vers les dortoirs pour se changer. Il enfila une robe propre, celle qu'il avait achetée après sa dernière prise de bec avec Lucius. Sa simple pensée le fit frissonner en lui-même tandis qu'il pénétrait dans le Great Hall.

Lorsqu'il entra, il fut surpris de constater que pratiquement toute la maison des Gryffindors était là. Alors qu'il passait, quelques-uns de ses camarades de maison, secouèrent la tête comme pour dire qu'ils étaient désolés. James, nota Remus, évita son regard. Confus et un peu nerveux, il s'assit près de Peter, se demandant où Sirius était parti. N'avait-il pas dit qu'il attendrait ? Au moment où il s'apprêtait à ouvrir la bouche pour poser la question, les portes du Great Hall s'ouvrirent à nouveau, révélant un Sirius se pavanant, une petite silhouette dans son sillage. A la grande horreur de Remus, il reconnut celle de Severus.

-Hé, regardez ce que j'ai trouvé en train de rôder autour du passage du portrait ! », s'exclama Sirius, suivi par quelques huées et sifflets des autres Gryffindors.

Remus se mit sur pieds, les mains fermement appuyées sur la table, et Sirius traîna l'autre jeune homme plus près. C'est alors que James leva les yeux vers Remus pour la première fois ce matin-là, sa main touchant le bras de son ami. Remus le regarda à peine parce qu'il comprit au même moment. James savait ce qui allait se passer. C'est pour ça qu'il n'avait pas croisé son regard plus tôt. En colère, Remus retira brusquement son bras.

Sirius était parvenu à traîner Severus jusqu'à la table, puis il le relâcha. Glissant sa main dans sa poche, il en tira un morceau de parchemin qui semblait avoir vécu. Le tenant en l'air, il se mit à parler suffisamment fort pour que la majeure partie de la salle puisse entendre.

-Ceci », dit-il en tenant le parchemin encore plus haut, » est un hibou venant de mon frère et que j'ai reçu tout juste la nuit dernière. Il y est dit que Severus Snape a prévu et tenté de sauter un des nôtres. En fait, il dit que celui qu'il prévoit de sauter est un de mes meilleurs amis », grogna Sirius, dont les yeux passèrent de la foule à Remus, qui déglutit péniblement. Comme il ne faisait aucun geste pour réfuter ce que prétendait la lettre, Sirius continua.

-Il dit aussi que Snape, ici présent, n'est pas la vierge rougissante que vous avez devant vous », gronda-t-il en tirant Severus devant lui, ce qui le fit trébucher et tomber sous les regards jaugeurs et accusateurs.

-Il prétend qu'il a baisé avec une bonne partie, presque la moitié en fait, de ses camarades plus âgés ». Sirius se tourna vers le jeune homme et d'un ton plus bas lui cracha « sale pute » au visage.

Remus s'écarta de la table et se dirigea vers son ami, les yeux flamboyants, le visage brûlant. Que croyait-il être en train de faire ? De quel droit se permettait-il de balancer Severus d'une telle façon ? Et pourquoi les camarades de maison de Severus ne l'aidaient-ils pas ? Se tournant en direction de la table des Slytherins, il y vit quelques visages, souriant entre eux, assisant à la torture de Severus sans pour autant lever le petit doigt pour l'aider. De la colère…non, de la rage, coula dans la poitrine de Remus tandis qu'il dépassait sa propre table pour faire face à Sirius.

-Qu'est-ce que tu fais ?

-Je me contente de prévenir tout le monde que ce n'est pas sain de rester près d'eux.

-Sirius, arrête ça. Laisse-le partir.

-Non.

Sur ce simple mot, Remus sentit quelque chose changer en lui. Il avait espérer mettre un terme à tout ça aussi vite que possible, mais Sirius semblait possédé par une sorte de folie qui rendait toute tentative de le raisonner pratiquement impossible. Un petit bruit tira Remus de ses pensées et il baissa les yeux pour voir Severus toujours agenouillé par terre. Remus se mit rapidement à genoux pour aider l'autre garçon à se relever. Mais avant qu'il ait pu le toucher, Sirius l'avait agrippé par le dos de sa robe et remis sur pieds. Etant plus petit en taille et en poids, Severus avait l'air totalement impuissant sous la prise de Sirius. Il leva la main, rencontra la poigne ferme de son ami sur la robe de Severus et il referma ses doigts sur ceux de Sirius.

-S'il te plaît, arrête ça, Sirius. Tu agis comme un malade. Laisse-le tranquille, simplement », murmura-t-il de façon à ce que seuls lui, Sirius et Severus puissent entendre.

Sirius le regarda avec des yeux aussi pénétrants qu'une lame aiguisée. Enfin, la prise sur la robe se relâcha et il laissa Severus tomber de nouveau. Sirius ne rompit pas le contact visuel avec Remus, pas même lorsqu'il recula. Finalement, tournant les talons, il s'éloigna en froissant le hibou de son frère et en le jetant alors qu'il franchissait les portes.

Poussant un soupir de soulagement, Remus gronda par-dessus son épaule en direction des curieux restants qui avaient été trop bêtes pour ne pas partir en même temps que Sirius.

-Qu'est-ce que vous regardez, bordel ? Le spectacle est terminé !

Il s'agenouilla lentement à côté de Severus et l'aida à rassembler ses affaires éparpillées. Sa main s'arrêta sur un morceau de parchemin porteur de la même malédiction que celle pour laquelle Remus avait cherché le contre-sort la veille. Il l'empocha rapidement et aida Severus à sa relever.

-Tu vas bien ? », chuchota-t-il, le visage près de façon à ce que les autres garçons n'entendent pas. Doucement, il glissa une mèche de cheveux derrière l'oreille du frêle jeune homme et le conduisit hors du Great Hall.

Il lui semblait étrange que durant toute l'épreuve, Severus n'ait pas une seule fois ouvert la bouche ou levé la main pour se défendre. Remus s'inquiéta de la possibilité qu'il ait pu être ensorcelé et tenta de demander à Severus si c'était le cas. Le jeune homme hocha simplement la tête et détourna les yeux, évitant le regard tendre de son amant. Se sentant blessé et déprimé, Remus conduisit Severus jusqu'aux toilettes où ils s'étaient rendus la première fois dont il avait entendu parler de la malédiction. Dieu merci la pièce était inoccupée et Remus posa les livres de son compagnon sur une étagère toute proche. Jetant un coup d'œil par-dessus son épaule, il vit Severus faire couler de l'eau sur une serviette tout en dégageant son bras amoché de la robe. Remus le fixa, abasourdi. Le livre disait vrai. La malédiction était en train de s'étendre. A présent elle ne couvrait pas seulement le bras, mais aussi une partie de son épaule, la poitrine et rampait en direction du cou.

-Merlin, tu vas bien ? «. Il n'avait pas pensé aux mauvais traitements de Sirius sur le bras, et il attira Severus devant lui.

Le jeune homme aux longs cheveux acquiesça et mit la serviette sur la blessure pour apaiser la douleur qui devait être cuisante à cet endroit-là. Remus l'observa soigner ses blessures en silence pendant quelques minutes avant de sortir la note griffonnée qu'il avait trouvée et de la tendre à Severus pour qu'il la regarde.

-Où as-tu eu ça ? », interrogea-t-il, essayant de ne pas laisser passer dans sa voix le ton accusateur qu'elle aurait dû eu.

-Lucius », répondit simplement Severus en faisant toujours pression sur son bras avec le tissu.

-Severus…est-ce qu'il t'a fait du mal ? », demanda Remus, presque effrayé de connaître la réponse.

-Non », répondit Severus doucement.

Il recula légèrement quand Remus la toucha.

-Ne t'inquiète pas. Je parviendrai à avoir le contre-sort. Je te le jure.

Par la résolution de sa voix, Remus espérait que Severus le croirait. Il espérait qu'au moins l'un d'eux le faisait. A sa grande déception, Severus le regarda avec des yeux interrogateurs. Sceptiques, froids, et tristes au-delà du supportable. Ne sachant pas si c'était pour réconforter Severus ou lui-même, Remus se pencha en avant pour embrasser son amant, pour n'éprouver que de la souffrance lorsque Severus se détourna, l'avertissant du regard.

-Je dois y aller…je te verrai en cours », murmura Severus, rassemblant ses affaires dans son bras valide et s'éloignant précipitamment avant que Remus ait le temps de l'arrêter.

Le blond s'enveloppa de ses bras, ayant froid tout à coup. Une vague de nausée le parcourut, le faisant frissonner malgré le fait qu'il n'ait rien mangé depuis la veille.

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