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Je crois en l’amour.
Disclaimer: voir le chapitre1.
Note de l’auteur: coupé pour correspondre aux règles de FFnet. La version intégrale est disponible sur Thesilversnitch ou hpfandom. Ce chapitre prend place entre le PoV de Harry et le PoV de Severus pour les besoins des flashbacks. J’espère que ça n’interrompt pas le cours de l’histoire. Désolée que ça ne joue pas beaucoup dans l’intrigue, mais le prochain chapitre verra l’introduction du reste des personnages. J’espère que vous aimerez. Bises.
Note de Traduction: je suis toujours à la recherche d’un site où je pourrais mettre la version intégrale en VF. a supprimé mon compte et le site est planté toutes fois où j’y vais, donc mes fics présentes là-bas n’ont plus été updatées et ont même été supprimées. Quant à Thesilversnitch, il n’est apparemment plus disponible depuis un moment déjà (fermé ?). Désolée de ne pas avoir udpaté cette fic depuis aussi longtemps. J’ai été un peu prise par le temps et je calais bêtement sur ce chapitre. J’espère mettre moins longtemps pour travailler le reste de l’histoire. Cette fic est maintenant terminée en 11 chapitres et il existe une séquelle.
Hard M sur ce chapitre.
Chapitre 3.
Sa main était chaude sur mon bras. Elle brûlait à travers la manche mouillée de mon pull, et quand je regardai dans ses yeux noirs, le regard brûlait tout aussi intensément. Il me regardait de façon curieuse, et je pouvais voir les questions derrière la chaleur de ses yeux.
-Merci, dis-je en essayant de lancer la conversation.
Je jetai un coup d’œil à son domicile et le trouvait vieillot. C’est comme si personne n’avait vécu dans cette maison pendant des années, ce qui était le cas d’après Severus. Une fine couche de poussière recouvrait tout, les miroirs sur les murs et les tableaux. Secouant les gouttelettes de pluie de mes cheveux, je fis un sourire aussi doux que je le pus à Severus avant d’enlever mes lunettes pour les essuyer.
Il me regarda pendant un moment, les coins de sa bouche tressautant. Puis il gloussa.
-Que fais-tu ici ? Ça s’est passé suffisamment bien avec eux pour qu’ils te laissent partir ?
Je reniflai et remis mes lunettes.
-Et bien, ce n’est pas exactement ce que je dirais. Pour être exact, mon père a explosé et je suis parti.
-Comment m’as-tu trouvé ? demanda Severus en prenant mes mains froides dans les siennes.
Il les frotta doucement, ramenant un peu de chaleur, et je souris.
-Remus, dis-je en me penchant légèrement vers lui.
Severus arrêta ses soins et me regarda avec un léger froncement des sourcils.
-Lupin ?
Je hochai la tête et frissonnai.
-Ouais, il m’a montré ta maison. Heu… », dis-je en regardant autour de moi, tu n’aurais pas un endroit plus chaud pour s’asseoir ?
Severus cligna des yeux et inclina brièvement la tête.
-Je viens d’allumer un feu.
Me prenant par l’épaule, il me fit passer une porte et m’amena dans un salon confortable. Il y avait plusieurs étagères pleines de volumes poussiéreux. Le sofa et les fauteuils étaient propres, bien que quelques couvertures blanches se soient trouvées en tas près du meuble à liqueurs. Le feu brûlait fort dans le foyer, même si le froid dans la pièce laissait à penser que Severus venait juste de l’allumer.
-Assieds-toi, fit Severus en désignant le sofa d’un signe de tête. Est-ce que tu aimerais du thé ? Ou quelque chose de plus fort ?
Je haussai les épaules.
-Tu te préparais quelque chose ?
-La bouilloire est en chauffe, dit-il d’un ton presque fatigué.
-Alors je prendrai du thé.
Severus prit place près de moi sur le sofa et me regarda franchement. Il avança son bras comme pour le passer autour de moi, mais il recula.
-Harry…pour en revenir à l’aéroport…
Je rougis.
-Je suis désolé, Severus. Je n’ai pas voulu faire comme si tu étais indésirable.
-Ce n’est pas ça, dit-il d’une voix tendue. Mais c’est gênant, et ça a plus de chances d’aller en empirant plutôt qu’en s’améliorant. Je veux dire, c’était seulement un avant-goût de leur colère et de leur grossièreté, au milieu de leur surprise de me voir après toutes ces années.
Je gloussai devant le choix qu’il faisait de ses mots et je tendis le bras, prenant sa main dans la mienne. Courbant mes doigts dans sa paume, je commençai à suivre les lignes de sa main en montant et en descendant.
-Je m’en moque pas mal, et je m’en arrangerai avec eux. Je ne veux pas que ça soit à toi de faire avec, et je comprendrai que tu veuilles te tenir à l’écart d’eux en permanence ». Je sentis un tiraillement de doute dans mon estomac et je détournai le regard vers les flammes brillantes. » Si tu ne penses pas que ça en vaille la peine…
Je fus réduit au silence quand Severus m’attira brutalement à lui.
-Je n’ai jamais dit ça, Harry. Si ta mémoire était meilleure, tu te rappellerais de moi disant exactement le contraire.
Son ton était taquin, mais il y avait une trace de sérieux dans sa voix que j’appréciai.
Levant les yeux vers son visage, je parvins à sourire d’un air penaud.
-Désolé, je voulais juste…Je veux dire, je sais combien ma famille peut se montrer difficile, et d’après ce que je sais de toi à présent, je dirais que tu es de ceux qui laissent l’irritation et la difficulté en dehors de leur vie. Et que…enfin, quoi qu’il en soit, avec moi, ça n’entraînera vraisemblablement qu’une augmentation des soucis pour toi.
Severus renifla et déposa un baiser ferme sur mon front.
-En effet, mais j’ose dire que les avantages en valent bien la peine.
Je n’eus pas le temps de répondre que le sifflement strident de la bouilloire attira Severus dans la cuisine.
M’asseyant contre les coussins, je laissai échapper un souffle lent. C’était tout simplement de la folie, et ça ne m’offrait aucun indice sur ce que j’allais faire en dehors de sauter l’homme stupidement. Je pourrais recommencer mes études à l’université la prochaine année, ce qui ne serait pas trop difficile. Mais après ? Je ne pouvais pas m’attendre à vivre avec Severus, je venais juste de rencontrer l’homme. Bordel, je ne serais même pas surpris qu’il me force à partir après que nous ayons bu notre thé et que nous ayons couché ensemble. Si tant est que nous couchions ensemble après tous les ennuis que j’avais causés un peu plus tôt.
Mes pensées furent interrompues quand Severus revint dans la pièce avec un plateau chargé de thé et de sandwichs. Je remarquai seulement à ce moment-là combien j’avais faim et j’acceptai la nourriture et la boisson avec reconnaissance. Nous ne parlâmes pas durant notre dîner, nos regards se rencontrant occasionnellement. C’était un silence confortable, et c’était bien. Je n’avais jamais partagé ça avec personne, pas même avec Draco quand notre relation n’en était qu’au début et était heureuse.
Une fois que ce fut fini, Severus écarta tout sur le côté et m’invita à me blottir dans ses bras.
-Et maintenant ? demanda-t-il doucement à travers mes cheveux.
Je haussai les épaules.
-Pas sûr. Je présume que Sirius et Remus sont toujours chez mes parents, et je ne doute pas qu’ils se soient faits la guerre. Ma mère et Remus nous soutiennent, et essaient vraisemblablement d’arrondir les angles.
Severus soupira et me déplaça de façon à ce qu’il puisse voir mon visage.
-Que désires-tu, Harry ?
Je n’en avais aucune idée et le lui dis.
-Je dirais de l’acceptation, mais je sais que je ne l’aurais jamais complètement, pas avec mon père. Je serai suffisamment heureux avec ma mère, elle fait beaucoup pour moi.
-Ta mère, c’est Lily, n ‘est-ce pas ?
J’acquiesçai.
-Je me rappelle d’elle. Elle était toujours gentille avec moi. Je regrette de ne lui avoir jamais donné la chance qu’elle méritait. J’étais aveuglé par sa relation avec Pot-…heu, avec ton père, et je n’ai jamais accepté son offre d’aide ou d’amitié.
-Elle sait encore que tu étais quelqu’un de bon, répondis-je, surpris qu’il ait admis une telle chose.
-Hmmm, dit Severus en détournant le regard. Je ne suis pas le meilleur des hommes, Harry. Tu devrais le savoir avant de te lier à moi.
Je clignai des yeux et appuyai la paume de ma main sur son cœur.
-Tu es suffisamment gentil, Severus. Tu ne l’aurais pas été, tu ne m’aurais pas aidé dans ce café.
-Il ne t’est jamais venu à l’esprit que je t’offrais seulement mon aide pour une bonne partie de jambes en l’air ? demanda-t-il avec un sourcil levé.
Je reniflai avec un rire et je secouai la tête.
-Heu…si je me souviens bien, tu es celui qui a stoppé la partie de jambes en l’air ce soir-là.
-Effectivement, c’est ce que j’ai fait, répondit ironiquement Severus.
Je gloussai un peu et appuyai mon visage contre sa poitrine.
-Que désires-tu, Severus ? demandai-je avant de m’arrêter. Non, qu’es-tu disposé à tolérer ?
Severus se figea, puis il baissa lentement la main, me prenant le menton. Il me força à lever la tête et rencontra mon regard avec une lueur de sérieux au fond des yeux.
-Harry, je ne tolérerai simplement rien de toi. C’est juste que je ne tolère rien dans ma vie. Je te veux ici, bien que nous ne nous connaissions que depuis un temps très court. Mais tu es jeune, et tu n’aurais pas dû traverser tout ça…
-Ça ne comptait pas, dis-je amèrement. Rien de ce que je faisais n’était assez bon pour mon père. Il trouverait un défaut dans chaque type avec qui je sortirais.
-Tu es certain de ça ?
J’inclinai la tête et je soupirai.
-Je le suis.
Severus fit glisser lentement sa main de mon menton vers ma joue et caressa ma peau de son pouce. C’était un geste si doux qu’il me fit frissonner. Penchant la tête sous la caresse, je levai les yeux vers lui et sentis quelque chose se réveiller en moi. Je le désirais ardemment. Je voulais qu’il me tienne pour toujours, qu’il me fasse oublier que je n’étais jamais assez bon…qu’il m’aime, peu importe le temps que ça lui prendrait pour ressentir cet amour. Et je voulais l’aimer moi aussi.
Sur ces pensées laissées inavouées, je levai le visage et nos lèvres se rencontrèrent. Les langues sortirent, se rencontrant avant que la sienne ne s’introduise dans ma bouche. Je grognai et me soumis à lui, autorisant ses bras forts à me mettre sur le dos. Il m’enjamba, penché sur ma poitrine, sa bouche dévorant la mienne tandis que ses mains erraient sur le devant de mon pull.
Severus me pinça doucement les mamelons, me faisant haleter plus fort.
-Putain, sifflai-je, et je remontai mes hanches contre lui, provoquant le contact entre nos ventres.
Severus siffla aussi son propre plaisir, un délicieux flot de jurons s’échappant de ses lèvres tandis qu’il maintenait le contact.
-Harry, chuchota-t-il. Harry, Harry, Harry.
Il le disait doucement, comme si il goûtait quelque chose de délicat. C’était extraordinaire, je n’avais jamais entendu mon nom prononcé de cette manière, et je faillis presque passer le cap sur le champ.
-Severus, répondis-je à voix haute. Plus, j’ai besoin de plus. J’ai besoin…de toi.
Severus se figea et me regarda.
-Qu’est-ce que tu veux dire ?
-Je veux dire plus, fis-je, mourant presque d’envie de le sentir en moi. Prends-moi, Severus. Tout, s’il te plaît.
La main de Severus sa faufila lentement entre nous et attrapa mes testicules à travers mon pantalon.
-Tout ? répéta-t-il. Tu es sûr ?
-Plus que sûr, dis-je en me pressant dans sa main.
La chaleur de sa main était intense et me provoqua un éblouissement quand le sang descendit droit à mon sexe.
-Mon Dieu, s’il te plaît, maintenant Severus.
Rentrant sa lèvre inférieure, Severus m’aida à me redresser et me prit par la main. M’emmenant hors de la pièce, Severus me conduisit à sa chambre qui était très froide et très sombre. Allumant la lampe de chevet, je vis la couverture du lit posée sur le sol et une nouvelle couette jetée au hasard dessus. Les sacs de Severus se trouvaient au pied du lit, pas défaits, et la cheminée dans le coin était vide et froide.
Je frissonnai et souffrai d’être sous les draps, nos corps se tordant pour nous réchauffer.
-Déshabille-toi, commanda doucement Severus.
Le ton de luxure désespérée obscurcissant sa voix m’alla droit au ventre, et avec des mains tremblantes, je m’exécutai. Severus s’excusa par une autre porte, qui conduisait à la salle de bains. Complètement à poil et refroidissant, je grimpai dans le lit et sifflai quand mon corps entra en contact avec les draps froids.
-Dépêche-toi, j’ai froid, criai-je.
-Patience, me répondit Severus, une pointe de rire éclipsant à présent la luxure.
Roulant des yeux, je m’assis contre les oreillers et croisai les bras. Je fis la moue, mais je m’inquiétai bientôt entre mes dents quand Severus revint dans la chambre. Il était nu à présent, son sexe impressionnant se balançant froidement. Son corps était mince, avec un ventre légèrement apparent même si ça semblait lui aller plutôt bien. Il me regarda sans se démonter alors qu’il tenait un pot de lubrifiant dans sa main et s’avançait lentement sur le lit.
-Quelle vue, ronronna-t-il en se glissant sous les couvertures.
Quand son corps tiède rencontra le mien, je grognai et drapai mes bras autour de sa taille.
-Mmm, je parie que ça l’est.
Severus enroula un pied légèrement froid autour de mon mollet et passa un de mes genoux entre ses jambes.
-Es-tu prêt pour moi, Harry ? Le désires-tu vraiment ?
Son ton était taquin, mais ses yeux étaient sérieux.
-Oui, gémissai-je tandis qu’il se frottait lentement le long de ma cuisse. S’il te plaît…maintenant…
Mes pensées cohérentes étaient en train de m’abandonner lentement, et j’étais sur le point de capituler sous l’envie.
Severus eut un sourire alors qu’il ouvrait le lubrifiant et en versait une quantité très généreuse sur ses doigts. Se léchant les lèvres, il passa lentement sa main autour de mes hanches, et écartant légèrement mes fesses, son doigt commença à jouer avec mon entrée.
Et c’était trop bon. Avec un grognement, je me pressai contre lui.
-Ne mets pas longtemps, le suppliai-je bientôt.
Severus gloussa et eut un ton presque sadique quand il chuchota :
-Oh…et que vas-tu faire si je prends mon temps ?
-Gah…je vais jouir sans toi, haletai-je tandis que son doigt entrait en moi.
Severus gloussa à nouveau et appuya son doigt contre ma prostate.
-Ah oui ?
-Oh putain, sifflai-je, jurant contre son doigt talentueux. Plus.
-Comme tu veux, murmura-t-il en ajoutant un autre doigt.
Nous retombâmes dans le silence, en dehors de mes halètements tandis qu’il commençait à me sonder avec deux doigts, puis trois. Pendant ce temps, le sexe dur de Severus frottait ma cuisse et je brûlais de l’avoir en moi.
-Ça suffit, crachai-je finalement.
Me tournant sur le ventre, je pointai mes fesses en l’air et le regardai.
-Maintenant.
Severus ouvrit grand les yeux et déglutit péniblement.
-Oh bordel, Harry, as-tu la moindre idée de l’allure incroyablement sexy que tu as ?
-Non, et je m’en moque. En moi, maintenant !
-Scène coupée-
Ce fut tout à la fois un mélange de sentiments, de passion, de chaleur et de mains tandis qu’il me faisait l’amour dans une étrange combinaison de douceur et d’intensité. Ses coups de reins m’envoyèrent tout droit franchir le cap, et quelques instants plus tard, quand ses doigts minces se drapèrent autour de mon sexe et qu’ils lui imprimèrent un mouvement de pompe en rythme avec ses coups de boutoir, c’est ce que je fis.
Je crois que je criai, mais je n’en fus pas sûr parce que j’enfouis mon visage dans le matelas. Ma semence chaude et collante jaillit hors de moi en un jet épais, imprégnant sa main et les draps sous moi. Il ne fallut pas longtemps pour que Severus suive, et je sentis le fluide chaud me remplir.
-Oh, chuchotai-je quand j’eus retrouvé un peu de mon calme.
-En effet, parvint à articuler Severus d’une voix tendue. Je me retire, maintenant.
Hochant la tête, je fermai les yeux et sentis son sexe adouci glisser hors de moi. C’était une sensation étrange, très vide, et dans un soupir, je m’effondrai sur le flanc.
Severus s’assit, apparaissant de façon trouble au dessus de moi et me souriant très doucement.
-Merveilleux, chuchota-t-il et il fit glisser le bout de ses doigts sur ma joue.
Dans un dernier regard doux, Severus se leva et disparut.
J’étais bien trop perdu dans l’euphorie post-orgasmique pour me soucier de l’endroit où il se rendit. Un moment plus tard, Severus revint, une serviette chaude dans la main. Il me nettoya doucement, puis lui-même, et effaça la tache sur le lit. Jetant la serviette dans un coin, Severus se roula contre un oreiller et m’attira sur sa poitrine.
-Ça en valait la peine ? demanda-t-il prudemment.
Je déposai un baiser sur sa peau nue et souris.
-Ça en valait plus que la peine, Severus. Et pour toi ?
Severus glissa ses doigts dans mes boucles en sueur.
-As-tu seulement besoin de le demander ?
-Tu me le diras de toute façon, répondis-je, souhaitant simplement l’entendre le dire.
-Oui, dit-il, me rendant de l’assurance. Oui, plus que je ne le croyais.
Je souris à ça, puis je m’autorisai à plonger dans une légère somnolence. Ça ne dura pas, je n’étais pas vraiment endormi, juste plus détendu que je ne l’avais jamais été. Quand je revins finalement à moi, je m’éloignai un peu de Severus et le regardai.
Il me fixait avec des yeux voilés, sa main fermement cramponnée à la mienne.
-Á quoi penses-tu ? demandai-je après un moment.
-Je me posais des questions sur toi, répondit-il honnêtement.
-Tu te demandais quoi ?
-Quel est ton pire souvenir, Harry.
Je fronçai les sourcils. C’était une question si étrange après que nous ayons couché ensemble, mais au final, peut-être que ça ne l’était pas. Pas quand son pire souvenir incluait presque probablement ma famille. C’était une question juste, une que je me posais à propos de lui maintenant qu’il avait abordé le sujet.
Mais je n’étais pas sûr de savoir si j’aurais le courage de vouloir parler de mon pire souvenir à voix haute. Il incluait Draco et une nuit affreuse où il était complètement drogué et décidé à prendre exactement ce qu’il désirait. Je frissonnai au murmure du souvenir qui assaillait mon esprit et ma main serra celle de Severus.
-Je suis désolé, dit-il doucement. Ce n’est pas mon affaire.
Je m’assis et remontai la couette sur ma poitrine.
-C’est complètement ton affaire, Severus. C’est juste dur pour moi.
-Dis-moi un de tes pires souvenirs, fit-il après un instant. Quelque chose dont tu peux parler.
Je hochai la tête et m’appuyai contre la tête du lit. Je connaissais un souvenir parfait, bien que je ne fusse pas sûr de savoir si je devais en parler. Ça jetterait seulement de l’huile sur le feu de la haine qu’il avait pour mon père. Mais il l’avait demandé, et je savais que si je partageais un peu plus, il le ferait aussi.
-Je…heu…mon deuxième pire souvenir, c’est la façon dont j’ai dû révéler que j’étais gay à mes parents.
Les sourcils de Severus se froncèrent.
-Ah ?
J’acquiesçai et inspirai profondément.
-J’avais environ quinze ans, je revenais d’un rendez-vous désastreux avec une fille qui avait un an de plus que moi, et je ne savais pas pourquoi ça s’était si mal passé. Un de mes camarades de classe, un garçon nommé Seamus Finnigan qui était assez populaire, m’a offert son aide pour me sentir mieux. Nous nous sommes esquivés jusqu’à une salle de classe abandonnée et il m’a tendu une bouteille de whisky, et nous avons commencé à boire et à parler. Après environ une heure, nous étions bien ivres et Seamus a émis l’idée que les filles ne me plaisaient peut-être pas après tout. Je croyais que c’était ridicule, mais il insista sur le fait que depuis qu’il avait hésité entre les deux, il pouvait l’affirmer. Il m’a demandé un baiser, pour voir si ça m’exciterait, et j’ai accepté. Et je fus très excité. Après ce premier essai, Seamus et moi avons commencé à faire des expériences et un jour, mon petit frère qui était venu me chercher m’a trouvé en train de sucer Seamus dans la salle de bains. Mon frère, qui était très strict et fut horrifié de voir une telle chose, a téléphoné à mes parents. J’ai été ramené à la maison la même semaine et mon père était très en colère. D’abord il m’a accusé d’être anormal. Puis il a dit que ça pourrait être réparé et que je rencontrerais une fille convenable et il m’a interdit de ne serait-ce que regarder un autre gars. Puis quand le choc a été passé, il a téléphoné à Sirius et Remus et les a engueulés pendant une heure pour m’avoir corrompu. Après quelques mois, mon père s’est fait à l’idée que j’étais gay, mais je pouvais dire qu’il n’était jamais heureux pour moi, peu importe que je sois amoureux ou pas.
Tandis que je revivais le souvenir, je me rapprochai de plus en plus près de Severus jusqu’à ce que je fusse blotti contre son flanc. Severus passa son bras autour de mes épaules et traça de petits cercles sur ma peau. Son visage était crispé et ses yeux étaient hantés.
-Je suis tellement désolé, Harry », chuchota-t-il.
-Ce n’était pas si mal », fis-je en haussant les épaules. Je veux dire, c’était à l’époque, et mon frère s’est bien amusé à répandre des rumeurs à propos de l’école. J’ai été anéanti et mon père a cru que Jacob était très intelligent en faisant ça. Je suppose que je me suis senti trahi quand je l’ai entendu rire et plaisanter, et louer mon frère pour avoir totalement réussi à me brutaliser là-dessus. Il a cru que si j’étais suffisamment malmené je pourrais retrouver la raison.
Tout ça était horriblement vrai, et toujours un point douloureux pour moi. Je n’avais jamais détesté mon père, je ne pouvais pas le détester. Il m’aimait de la seule façon qu’il pouvait, et je m’étais arrangé avec ça. Mais je souhaitais toujours un bon père, un qui verrait au-delà de l’étiquette et de toutes ces choses pour m’aimer simplement comme un fils. Je n’exprimai pas ça à voix haute, pourtant. Ça semblait si infantile, et je ne voulais pas passer encore plus pour un enfant aux yeux de mon amant.
Severus me regarda attentivement et laissa échapper un petit souffle.
-Ton père… », dit-il avant de secouer la tête. »Ne fais pas attention.
-Tu me dis le tien ? demandai-je, désespéré d’arriver à détourner l’attention de moi.
Severus me fixa puis il hocha la tête.
-Le mien est un peu du même genre. J’ai eu des parents brutaux, et j’ai beaucoup été frappé, mais j’ai grandi en y étant habitué. Évidemment, tu sais que ton père, Black, Lupin et moi sommes allés à Poudlard aussi, et dans les années soixante-dix, être…disons…différent n’était pas bien vu. Ce n’était pas comme maintenant, mais c’est bien plus toléré aujourd’hui. Bref, quand j’avais environ quinze ans, un garçon nommé Michael Kendall est arrivé à Poudlard. Il était très attirant, très timide et ne semblait pas se faire des amis très facilement. Nous avions mathématiques ensemble, et j’ai commencé à lui parler là et il s’est rapproché de moi plutôt rapidement. Un jour, alors que nous étions allongés sous ce grand arbre près du lac, Michael s’est penché et m’a embrassé. C’était un choc, mais c’était un baiser bienvenu. Ça n’a pourtant pas duré longtemps, parce que Black et ton père nous ont remarqués. Ils se sont mis à crier et à appeler nos noms et à dire des choses horribles jusqu’à ce que presque toute l’école nous regarde. Ils ont commencé à crier après Michael, et ils lui ont demandé si il avait voulu le baiser ou si je l’avais forcé. Michael m’a regardé, puis il a regardé les deux garçons les plus populaires de l’école et il a dit que je l’avais forcé. Il s’est enfui après ça, et ne m’a plus jamais parlé. Black et ton père n’ont pas arrêté de faire une scène quand ça m’est arrivé, mais c’était le pire. J’ai été considéré comme un paria après ça, par tout le monde. Bref…ta mère a essayé de m’offrir son amitié mais j’étais trop soupçonneux sur ses motivations pour accepter son amitié. Une chose que je regrette profondément à présent, comme je l’ai dit avant.
Severus s’arrêta de parler et me regarda pour guetter ma réaction. Je n’étais pas choqué, pour être exact, mais j’étais blessé. J’étais blessé que Severus et moi ayons souffert presque la même chose du même homme. Enfin…, pas tant de Sirius, parce qu’il ne pouvait pas me blesser pour apprécier les mecs. J’étais aussi surpris qu’il ait participé dans la moquerie contre Severus. D’après ce que Sirius m’avait dit, il le savait depuis qu’il était jeune et s’était mis avec Remus sitôt après avoir quitté l’école.
-Je suis désolé, Severus », fut tout ce que je parvins à dire sur le moment. »Je suis désolé pour ce qu’ils t’ont fait.
Severus secoua la tête et m’attira à lui.
-Ce n’est pas de ta faute, Harry. Et je m’y suis fait à présent.
Je souris contre sa poitrine et appuyai un baiser juste sur son cœur.
-Nous avons tout en commun », chuchotai-je. « J’espère seulement que la partie de jambes en l’air était plus heureuse.
Severus grogna et secoua la tête.
-Comme moi ». Severus s’arrêta puis il demanda : »Veux-tu dormir, maintenant ?
Je ne le voulais pas.
-Non, j’aime parler avec toi comme ça. Je veux te connaître, Severus. Si ça ne te dérange pas.
Severus me regarda et haussa les épaules.
-Pas tant que ça. D’habitude ça me gêné, mais je crois que je veux aussi te connaître.
-Alors tu me parles d’autres choses ? le pressai-je.
-D’autres choses ?
-Et bien », fis-je et je me préparais à poser une question qui m’avait hanté depuis que Severus m’avait parlé de la tentative de Sirius pour le tuer. » Pourquoi Sirius te haïssait autant. Ça ne peut pas être parce que tu es gay, puisqu’il l’est aussi.
Severus se tendit et ses bras s’écartèrent de moi.
-C’est…C’est une histoire compliquée, Harry.
Je haussai les épaules.
-Et alors ? J’aimerais l’entendre.
-Je ne suis pas sûr que tu le veuille. Ça me concerne, moi étant fou amoureux d’une autre personne…quelqu’un que tu connais bien.
-Qui ? le pressai-je, à cet instant désespérément curieux.
Severus se pinça l’arête du nez et me regarda.
-Et bien si tu tiens à le savoir, jeune insolent…c’était Remus Lupin.
J’écarquillai les yeux. Je m’étais partiellement attendu à cette réponse, mais je ne m’attendais pas à ce qu’il l’admette. Appuyant mon épaule contre la sienne, je levai les yeux vers le visage de Severus.
-Tu me la raconteras, Severus ? J e veux savoir.
Severus lança un regard en direction d’un coin assombri de la chambre et laissa échapper un soupir.
-Si tu insistes », dit-il. » Mais c’est une longue histoire.
-J’ai toute la nuit, lui assurai-je.
Severus m’observa attentivement puis il m’embrassa doucement, me coupant presque le souffle par la douceur qu’il avait.
-Comme tu veux », chuchota-t-il, et je m’installai contre lui, prêt à écouter.
oOoOo Flashback oOoOo
C’était la dernière année à Poudlard pour Black, Lupin, Potter et moi. Nous nous tuions à la tâche, préparant notre bac, et nous étions seulement en octobre. J’observais Lupin depuis que nous étions entrés à Poudlard, désespérément intrigué par le garçon muet. Il parlait le langage des signes, quelque chose que Potter et Black avaient appris immédiatement. Je l’avais fait aussi, bien que je n’en eut parlé à personne, et c’était un moyen pour moi d’espionner leurs conversations.
Une autre chose qui m’intriguait concernait son attitude étrange. Il portait toujours des pulls, même en pleine chaleur, et ils lui recouvraient toujours le cou. Il ne se douchait jamais avec le reste d’entre nous, toujours aux premières heures du jour ou à la tombée de la nuit, et toujours avec Potter et Black.
Ça m’énervait, et j’étais jaloux parce qu’il avait commencé à me plaire lors de ma cinquième année. Je ne pouvais pas agir, bien sûr, et je ne l’aurais pas fait étant donné la façon dont les choses se sont passées quand Potter et Black m’ont découvert.
Maintenant, parce que notre dernière année était arrivée, notre rivalité s’était calmée et avait laissé la place aux études. Même Black semblait avoir une envie soudaine de bien faire à ses examens. Remus, bien entendu, était toujours studieux, alors son attitude n’avait pas beaucoup changé.
Potter et Black faisaient partie de l’équipe de foot de l’école, et partaient quelques fois pour jouer des matchs dans d’autres écoles durant la saison. L’équipe de foot s’était rendue à Londres fin octobre pour un match là-bas. Quelques élèves y étaient allés mais Remus avait décidé de rester. Le retour de l’équipe était attendu le jour suivant mais à cause de la pluie, le bus avait été retardé.
J’étais debout dans la salle commune en train d’étudier tôt le matin, juste avant le lever du soleil, quand je vis Remus s’esquiver en direction des douches, ses affaires à la main. C’était ma chance de voir pourquoi les douches étaient si sacrées et secrètes, et je l’ai suivi.
Je ne sais pas pourquoi Remus n’a pas fermé la porte, parce qu’il fut sincèrement surpris de me voir quand je suis entré. Il se tenait près du mur le plus éloigné, sous un jet d’eau brûlante, et quand il m’entendit entrer, il se retourna.
La salle de bains était embuée, et je retirai rapidement mes chaussures. Mes pensées rationnelles étaient obscurcies par le désir pour Remus, tout autant qu’à cause de ma curiosité, et la seule réaction que j’eus fut mon désir de ne pas abîmer mes vêtements. Alors je me déshabillai.
Á poil, je marchai sur le carrelage froid et je m’arrêtai devant lui. C’était la première fois que je le voyais en sept ans sans son pull. Et je vis pourquoi il se cachait.
Son cou, son torse et ses épaules étaient couverts de cicatrices criardes. C’était une surprise, bien que j’en sois déjà arrivé à cette hypothèse avant. Je ne savais pas quoi faire, et j’avais peur qu’il me déteste encore plus si je gardais le silence ou que je m’enfuyais.
-C’est pour ça que tu te cachais ? parvins-je à dire.
Remus avait les yeux écarquillés et il avait l’air absolument pétrifié. Il n’était pas sorti de l’eau, ne s’était pas couvert. Quand j’ai posé la question, il a simplement hoché la tête.
-D’où viennent-elles ? continuai-je d’une voix douce et presque perdue dans le bruit de l’eau coulant.
Remus cligna des yeux pendant un moment, puis il haussa les épaules. Il fit le geste d’écrire sur un bloc avec sa main puis haussa à nouveau les épaules.
J’avais oublié qu’il ne savait pas que je connaissais le langage des signes. Je levai les mains. « Je connais un peu la langue des signes », fis-je en tremblant. J’étais loin de pratiquer couramment, l’ayant seulement appris dans les livres et ne m’étant exercé sur personne.
Remus eut l’air surpris une fois de plus et déglutit péniblement. J’ai été mordu par un chien.
Je hochai la tête, comprenant. Un chien ? C’est pour ça que tu ne parles pas ?
Remus eut un faible sourire et acquiesça. « J’avais… », il fit un geste que je ne compris pas.
-Désolé, je n’ai pas pu comprendre la dernière partie.
Remus laissa échapper son rire habituel, qui était une sorte de souffle retenu, quelque chose que je trouvais attachant. « J’avais s-i-x ans », fit-il en épelant le dernier mot et je compris. « Le chien m’a mordu… », et une fois encore je ne compris pas. Remus remarqua ma confusion et épela. « C-o-r-d-e-s v-o-c-a-l-e-s. Je suis muet à présent ».
Je hochai la tête et échappai un souffle.
-Tu ne devrais pas ta cacher.
« Affreux »,fit-il, puis il baissa les yeux sur ses pieds.
Je rougis légèrement. Les cicatrices étaient différentes, elles capturaient votre regard, mais je n’avais jamais trouvé les cicatrices affreuses. Elles étaient nombreuses, c’était sûr, et semblaient presque douloureuses. Quelques unes d’entre elles étaient très bosselées, d’autres formaient des taches de peau trop douce, ressortant et devenant roses sous le jet lourd d’eau chaude.
Je regardai Remus un moment puis je demandai :
-Elles font encore mal ?
Remus me regarda et sonda mon visage, tentant probablement de voir si je me moquais de lui. Je ne le faisais pas. J’étais sincèrement curieux.
Il secoua la tête très lentement.
Avant que je ne puisse m’arrêter, je tendis le bras et touchai les cicatrices sur son épaule. Il se tendit et se recula contre le mur. J’aurais dû retirer ma main, mais je ne le fis pas. Au lieu de ça, je me rapprochai, autorisant mes doigts à parcourir son torse, à remonter son cou et finalement ma paume se pressa contre sa joue.
-Tu es si beau », chuchotai-je, et je le pensais.
Il l’était vraiment. J’étais fou d’amour pour lui, terriblement.
Remus laissa échapper un souffle frissonnant et secoua la tête une nouvelle fois. Non. Je ne peux pas l’être.
Cette simple déclaration me fit mal, parce qu’il n’avait aucune raison de croire qu’il ne l’était pas. Je luttai contre la boule qui était en train de se former dans ma gorge.
-Remus…Je me moque de Black ou de Potter, ou de ce qu’ils pensent. Je m’en moque si tu ne me regardes plus à nouveau. Tu me plais depuis deux ans maintenant, et je doute de pouvoir jamais m’arrêter de te trouver beau.
C’était une chose désespérément romantique à dire, et stupide maintenant que je suis plus âgé et instruit. Il était beau alors, et je ne pus m’empêcher de le dire.
La chose suivante dont je me rappelle, c’était que j’avais la main appuyée contre les carreaux derrière lui, et ma bouche était pressée contre la sienne. L’eau chaude me brûlait la peau, et après un long moment, Remus me rapprocha de lui. Nos ventres se touchèrent et nous étions durs tous les deux. Il ne fallut pas longtemps, étant jeunes et pleins d’hormones bouillonnantes, avant de venir.
Nous étions à bout de souffle, Remus haletait lourdement, tout comme moi. J’avais mon front appuyé contre son épaule, ma main reposait toujours contre le mur et l’eau était en train d’effacer toute preuve de l’expérience. Les mains de Remus étaient encore légèrement appuyées sur mes hanches, et je n’étais pas certain de vouloir bouger.
C’est à ce moment-là que la porte s’ouvrit an grand et que la voix horriblement familière de Black emplit la salle de bains.
-Remy ? Tu es là ? Donny a dit qu’il t’avait entendu te glisser dehors pour prendre une douche et je croyais que je…
Black s’arrêta quand il s’avança plus encore dans les douches.
Il avait dû nous remarquer directement. Je ne le savais pas, je m’étais figé contre l’épaule de Remus et je me trouvais à présent incapable de bouger même si je l’avais voulu.
-Qu’est-ce que c’est que ce bordel ? « siffla Black. « Snape ? Qu’est-ce qui se passe ?
Je déglutis péniblement et me retournai. Mon visage était en feu, mon corps s’était mis à trembler légèrement et je vis que Black se tenait près de mes vêtements.
Remus reprit ses esprits plus vite que moi, et il sortit de la douche. Attrapant deux serviettes, il m’en tendit une et je me séchai à la hâte. Je ne savais pas quoi dire, et je ne supportais pas le poids des yeux de Black sur moi comme ça. Enroulant la serviette autour de ma taille, je m’avançai et ramassai mes vêtements sur le sol.
-Bien », me siffla Black, si près que je pouvais sentir son souffle sur mon épaule. » Vais-je avoir une explication ?
Son regard passa de moi à Remus, qui n’était pas habillé et qui se tenait le ventre.
-Je ne crois pas que quoi que ce soit de cette histoire te regarde », cassai-je en enfilant mes chaussures.
-Va te faire foutre, Snape. L’as-tu forcé comme tu as forcé Michael ? « Sirius se tourna vers Remus. » L’a-t-il fait ?
Remus ne fit aucune réponse. Tournant la tête, je rivai mes yeux aux siens, et je sus à ce moment-là que Remus ne serait jamais mien. Bien sûr, à cet instant je ne savais pas à quel point Black était réellement amoureux de Lupin. Je croyais simplement qu’il me haïssait dans le seul but de me haïr. J’ignorais que c’était par jalousie.
Je soupirai et haussai faiblement les épaules.
Sirius me lança un coup d’œil puis se retourna vers Remus.
-Dis quelque chose », demanda Sirius.
Je sentis la boule étrangler mes paroles dans ma gorge, mais je me forçai à les dire.
-Il ne peut pas, idiot, il est muet.
C’était ça. Là-dessus, je me précipitai hors de la salle de bains sans regarder en arrière.
Je m’étais attendu à être dénoncé à toute l’école et humilié en représailles. Je me suis fais du mauvais sang à ce sujet pendant des semaines. Remus et moi ne nous sommes plus jamais regardés dans les yeux. Après l’incident à la carrière, j’en ai blâmé Remus. Je croyais qu’il avait dit à Black que j’avais essayé de le forcer. Je ne crois pas qu’il l’ait fait, plus maintenant, mais je l’en ai longtemps blâmé. Et que c’était ça, la seule raison des actions de Black.
oOoOo Fin du flashback oOoOo
J’enregistrai tout ça tandis que Severus parlait. Il m’était presque impossible de tout entendre, impossible pour moi de croire Sirius capable de se montrer aussi mesquin. Sirius et Remus n’avaient pas été ensemble avant ce moment, et de croire que mon parrain essaierait de tuer quelqu’un par jalousie mesquine…
Mais il y avait aussi autre chose. Á la façon dont Severus parlait de Remus, dont il y pensait, je me demandai si des sentiments cachés étaient encore présents. Et maintenant, j’étais légèrement jaloux. Qu’étais-je comparé à Remus, de toute façon ? Juste un enfant malingre ayant la moitié de l’âge de Severus et probablement pas aussi attirant.
Je continuai à errer dans ces pensées jusqu’à ce que je sente Severus m’attraper le menton et me forcer à lever les yeux vers lui.
-Tu te fais du souci ? », dit-il doucement.
Je m’écartai et haussai les épaules.
-Est-ce que tu…je veux dire, est-ce que Remus… ». Je m’arrêtai sans conviction et rougis.
Severus se contenta de glousser et se pencha pour m’embrasser.
-Harry, je ne ressens plus rien pour lui. Crois-moi, c’est terminé depuis longtemps. Je t’ai simplement raconté l’histoire parce que tu demandais la vérité.
Il avait raison, je l’avais demandé et il m’avait averti avant. Me sentant possessif, je drapai mes bras autour de Severus et enfouis mon visage dans son cou.
-Merci de me l’avoir dit » ? chuchotai-je.
-De rien », répondit-il, ses mains parcourant mon dos. » Maintenant, serais-tu contre le fait de dormir un peu avant que nous ne fassions face au matin ?
C’était une invitation silencieuse à rester lancée à mon égard, et je l’acceptai avec joie. Bien entendu, le sommeil amènerait le jour rapidement, et je ne voulais vraiment pas faire face au monde extérieur. Mais je savais que je devrais le faire. Embrassant Severus une fois encore, je lui permis d’arranger les couvertures sur nous et d’éteindre la lampe.
Juste avant que je ne sombre dans le sommeil, je sentis ses bras s’enrouler autour de moi et il m’embrassa l’épaule.
-Tu en vaux la peine, Harry », murmura-t-il. » Tu en vaux tellement la peine.
Á suivre…