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Books » Harry Potter » Mais pourquoi toujours moi? font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: marlene
Fiction Rated: M - French - Humor/Romance - Harry P. & Draco M. - Reviews: 121 - Published: 08-07-05 - Updated: 11-07-06 - id:2523649

Draco POV
19H31

Je suis un jeune homme respectable.
Doué de manières et d'élégance princière, d'un intellect plus que satisfaisant, et d'une situation familiale que bien du monde envierait.
De noble origines.
Un patrimoine génétique et financier exceptionel.
Oui, bien des gens rêveraient d'être a ma place.
Le nom de Malfoy fait des jaloux.
Et pourtant, en ce jour, je souhaiterait qu'il n'en fut rien.
Je céderais volontier ma place a quiconque viendrait m'en faire la demande, pour qu'IL cesse de me regarder ainsi.
IL m'est devenu intélorable.
Harry Potter.
IL me regarde.
IL m'observe sans relâche, depuis que nous nous sommes attablés.
Je ne connaitrais personne en cet instant qui puisse trouver ma situation enviable.
Ses grands yeux verdâtres me fixent avec une insistance malsaine qui me donne une irrésistible envie de lui plonger la tête dans son assiette.
Cette fixation se fait au fil des secondes on ne peut plus intolérable.
- “Bon sang, Potter, tu pourrais pas te concentrer sur ce que tu es en train de manger? ”
Il me sourit béatement.
Et c’est à ce moment que je remarque qu’il s’en est mis partout sur le pull.
Bien sûr.
Quand on mange de la soupe, et qu’on ne regarde pas ce qu’on fait de sa cuillère, évidemment.
Merlin, il n’était déjà pas très intelligent auparavant.
Mais c’est à croire que cette potion lui a liquéfié le peu de cervelle qu’il possédait au départ.
- “Je n’y peux rien, tu es si fascinant. ”
Me recoule-t-il, stupide.
Je refrène mon poing destructeur, et redirige avec peine ma colère grandissante vers l'instigatrice de ma douleur(Dans le seul but de n'être pas taxé d'homicide volontaire en plein repas et de ne pas salir les tapis).
Maudite Weasley.
Si je la tenais, celle la, je la pendrais a la plus haute poutre du château avec ses propres cheveux roux.
Non, moi, Draco Malfoy, envié de tous, respecté autant que possible, je n'ai jamais eut de chance.
Pourquoi faut-il toujours que les ennuis s’acharnent sur moi?

CE QUI S'EST PASSE AVANT CETTE LITANIE, HIER APRES MIDI

POV Lucinda, serveuse "affriolante" au “Leaky Cauldron”(Et entraineuse a ses heures, dans les limites du respectable)
16H25

La journée d’aujourd’hui est plutôt tranquille.
Pas de quadragénaire a moitié bourré pour venir vous pincer l'arrière train entre deux pintes de bierraubeurre.
Pas de mémère hystérique engoncée dans leur graisse pour venir pester sur la longueur de votre mini jupe.
Il faut avouer qu’en pleine période scolaire, les clients se font plutôt rares.
A part quelque habitués, deux paumés, trois pelés, un tondu, et deux samourais en goguettes, l'endroit rapelle dangeureusement l'Arizona sauvage en plein période estivale.
A la table sept, bavassent tranquilement trois élèves assez jeunes.
Un petit rouquin hébété, une frisottée qui n’en finit pas de raconter sa vie, et Harry Potter.
Celui là, on le repère de loin.
J'ai lu dans le dernier potin que ce pôv gosse aurait des tendances alcoliques, mais vu sa commande d'aujourd'hui(un grand chocolat chaud avec deux morceaux de sucre), j'ai des doutes.
Je connais les poivrots sur le bout des doigts.
Au fond, (mal) planquée sous une table, il y a une gamine rousse d’environ onze ou douze ans, qui tient dans sa petite main tremblante une petite fiole arrondie.
Vu son air déconfit, y'a du rififi dans la cambrousse.
Peut-être qu’elle prévoit d’empoisonner quelqu’un?
L'un des mômes?
Le Survivor?
Non.
Cette pauvre fille n'a rien d'un Mangemort, et attenter a la vie du Survivor équivaudrait a signer au monde un contrat de suicide collectif sans son accord.
Hypothèse écartée.
La mort du pauvre gosse sera, a mon humble avis, bien plus sanguinolente.
Ce n’est pas mes affaires, mais ça nuirait sûrement à la réputation de l’établissement si l’un des clients tombait raide mort entre les tables, Sauveur-Du-Monde-Et-Ses-Environs-Immédiats ou pas.
Question de déontologie.
Et surtout d'hygiène.

POV Ron Weasley

Je me suis brûlé.‘Mione m’a tellement fatigué avec ses histoires que, sans m’en rendre compte, je me suis effondré sur ma table.
Le menton dans mon chocolat bouillant.
Et en plus, elle se fout de moi.
Ca fait un bon moment qu’elle pagaye dans le vide, ma jolie Intello, et harry et moi commençons a donner de sérieux signes de faiblesse.
Harry ne tarde pas a suivre, et se moque gentiment de moi, comme toujours.
Comme s'il croyait que je n’avais pas remarqué le sort “silencio” qu’il s’était auto-appliqué pour échapper au bavardages intensifs de notre intarissable amie.
Puis il s’excuse, et quitte la table, direction les commodités.
Echappatoire facile.
Je me retrouve tout seul, a ponctuer de « tu m’étonnes » et autres « c’est dingue » le flot de paroles imperméable de ma bien aimée.
Sans me rendre compte qu’elle avait cessé de parler depuis de deja plusieurs secondes.
Mione me regarde avec ses beaux yeux noirs.
Mais elle ne fait que faire une pause avant de recommencer.
Ca va pas tarder a repartir.
Il faut que j’agisse vite.
J’avale ma salive, et profite qu’elle reprend sa respiration pour me jeter à l’eau.
Au fait, je sais pas ce que fabrique Ginny sous la table.
Mais si elle se croit discrète, c’est raté.

POV Ginny

Plus question de reculer maintenant.
Harry, mon amour, tu m’aimeras, de gré ou de... magie?
Hihihi...
C’ est vraiment trop bête ce que je viens de dire...
Ah! Non! C’est pas le moment!
Vite!
Je m’approche de la table à quatre pattes.
Oh! Voilà mon abruti de frangin qui se jette sur sa copine!
Ils s’embrassent!
Hiiiiiii!
Je me sens rougir furieusement.
Reprenant mon courage à deux mains, je profite du fait qu’ils aient roulé sur la banquette(hum…)pour vite, vite, verser ma potion dans la tasse d’Harry.
Maintenant, je trace, et je reviens me cacher sous la table, le coeur battant.
Je ricane toute seule en pensant à l’effet que ma potion va faire sur mon Harry adoré.
Trois jours que je m’acharne dessus pour le réussir, ce filtre d’amour.
Et c’était pas simple.
Ma balade dans la forêt a réduit ma manucure a néant, et mon « altercation » d’avec une licorne belliqueuse m’a foutu ma permanente en l’air.
Bon toujours est-il que mon philtre a été réussi.
Et quand il l’aura bu, alors je me présenterai devant lui, et...
KKKKYYYAAAAA!

POV HarryOuf, j’ai réussi à me débarrasser de ce foutu sortilège silencio qui me tenait bon depuis ce matin.
Celui la m’a collé aux basques pendant deux plombes.
C'est vrai qu'en cours de Magie pratique, les profs se font une joie de nous enseigner la façon d'enclencher un sortilège, tout en oubliant avec un sadisme tout particulier de nous préciser la façon de s'en débarrasser.
Je suis un garçon-supposément-prudent(A qui je vais faire croire ça?).
J'hésite vachement a utiliser un sortilège comme ça, au pif, lorsque je ne suis pas sûr du résultat.
Mais la c'était une urgence, et je n’avais carrément plus le choix(comme toujours).
Et mon urgence avait un but bien défini:Echapper au pouvoir somnifère du prof d'histoire, sous peine de m’écrouler de tout mon long entre les rangées de chaises.
Ce type pourrait sans problèmes entamer une brillante carrière dans l'hypnotisme.
Du coup, j’ai passé tout le cours suivant(potion, cela va sans dire)dans le silence le plus total.
Ce qui serait vachement, vachement, vachement risqué pour n’importe qui d’a peu près normal.
Et fatal pour moi.
Remarque, voyons le bon côté des choses.
Ca fait des vacances de ne pas entendre la douce voix d’assiette ébréchée de ce cher Snape.
Par contre, si au prochain cours il m’interroge sur ce qui a été dit en classe, je peut numéroter mes abbatis, les décompter, les multiplier puis les soustraire et les enterrer au fond du jardin pour qu’ils fleurissent au primptemps, je serais cuit.
Revenant auprès de mes amis, je me frotte les mains à l’idée d’un bon bol bien chaud de chocoargh.
Ah, d’accord.
Inutile de chercher plus loin.
Mon cher ami ron est enfin allé jusqu’au bout.
Et si ça continue, se sera littéralement jusqu’au bout.
Bon, je me rasseois le plus discrètement possible.
La dernière chose que je voudrais étant les déranger dans leurs...
Oui, je crois qu’à ce niveau la, on peut commencer à appeler ça des ébats.
Machinalement, je porte ma tasse à mes lèvres, et avale une gorgée.
Ils ne se sont même pas aperçu de mon retour.
Ou bien même serait-ce le cas, ca ne ferait pas grande différence.
J'avais toujours soupçonné chez hermione une nature emportée et passionnée en ce qui concerne l'amour.
J'étais loin de me douter qu'elle donnait(a vue de nez)dans l'apprenti cannibalisme.
Ce pauvre ron est sur le point de se faire dévorer vivant par une furie frisottée.
Mais ca ne semble pas lui poser de problèmes majeurs.
Alors je ne m'en mêle pas, distrait la sonnette de la porte d’entrée du bistrot.
Tout pour ne pas regarder a mes pieds.
Le fond sonore me suffit largement.
Entre Draco Malfoy deuxième du nom, Empereur de l'entarctique, Roi des glaçons.

Draco POV

Maudite soit la gourmandise de mon père.
Nul ne le sait, mais sous ses airs de Grands Seigneur, mon cher père n’est au fond qu’un Grand Gamin dont le comportement capricieux m’afflige un peu plus de jour en jour.
Ca doit être cela que les moldus appellent communément “la crise de la cinquantaine”?
Toujours est-il que me voilà chargé de lui ramener une caisse de bieuraubeurre "spécifiquement venue du café d’Hogsmade".
Et rien a faire, il n’en acceptera pas d’autre.
Oh, bien sûr, il me serait facile d’aller a l’épicerie du coin et de prétendre avoir fait le voyage spécialement jusqu’ici.
Mais non.
Son flair légendaire lui indiquerait en un instant que sa fameuse bieraubeurre ne vient pas scrupuleusement du lieu indiqué.
Il serait bien capable de me renvoyer les chercher a coups d'Eclair de Feux quelque part.
Non, non, cette attitude n’est pas digne d’un rang tel que le sien.
J’avise une espèce de grande dinde affublée d’un tablier ridicule(Rose bonbons a fraises imprimées)et d’une jupe ressemblant davantage a une grosse ceinture.
- “Une caisse de bieuraubeurre. ”
Elle me regarde comme si je lui avais proposé une nuit d'amour a peu de frais.
Et ne bouge pas.
J’insiste, et grogne, agacé:
- “Vous êtes sourde? ”
Cette question impromptue la sort de sa torpeur.
Ses lèvres peinturlurées se tordent en une moue contradictoire.
- “Tu connais la formule de base "bonjour, s’il vous plaît?" ”
Je me cabre.
Cette gourgoudine devrait se garder d'exiter ma fibre bagarreuse, sourtout en un jour pareil et en présence de cet imbécile de Potter.
Autant laisser libre cours a une partie de ma rage.
Les serveuses sont faites pour ça.
- “Mademoiselle, je vous prierais de vous adresser a moi sur un autre ton.J’ai le regret de vous déclarer que nous n’avons pas gardé les cochons ensemble!”
- “En effet! Je ne me rappelle pas t’avoir jamais gardé! Mais crois moi que j’aimerais bien t’avoir à charge, histoire de t’apprendre les bonnes manières!Sale môme!”
- “Insolente! Allez immédiatement me chercher ce que je vous demande, servante! ”
Ma galanterie habituelle en prends un sacré coup.
Je n’aurais pas été aussi désagréable envers une femme en temps normal.
Même envers une telle trainée.
Du moins pas à ce point.
Mais aujourd’hui, il ne valait mieux pas m’adresser la parole.
Ce jour sent a plein nez le jour néfaste, et je suis loin de m'en réjouir.
Le mauvais sort va s'abbatre.
Et ce sera encore pour ma pomme, tu vas voir.
La courtisane s'éttouffe de colère impuissante.
Sa main droite récemment manucurée est agitée de tremblements nerveux.
Il est fort probable que si elle ne résistait pas a la tentation de m'en retourner une, ses faux ongles plastiques m'éborgneraient sans complexes.
Mais elle n'en fait rien.
Contrainte de m’obéir, elle me tourne le dos, hautaine, et file farfouiller dans sa cave.
Je reste seul, avec pour seule compagnie les regards désaprobateurs des clients alentours a mon égard.
Je répugne avoir a attendre.
Surtout le bon vouloir d'une pareille bécasse.
Bien obligé, je reste debout près du comptoir, à compter bêtement mes pieds.
Quand un regard insistant me picote la nuque.
Je me retourne, pour plonger dans une paire d’yeux verts aux reflets glauques.
Potter.
Il ne manquait vraiment plus que lui.
Sinistre journée.
Je lui crache:
- “Qu’est ce que t’as, Potter, tu veux ma photo?”
Ma brusquerie le heurte.
Je le vois cligner des yeux, déstabilisé.
Pendant d'interminables demi-secondes, il ne dit rien.
Puis s’ébroue.
Et sous mes yeux horrifiés, m’adresse un immense sourire.
- “Oh oui! Avec plaisir! ”
Je m'appelle Draco Malfoy.
J’ai quatorze ans, bientôt quinze.
Et en ce jour, le monde vient de s’écrouler sous mes pieds.



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