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Draco POV
19H31
Je suis un jeune homme
respectable.
Doué de manières
et d'élégance princière, d'un intellect plus que
satisfaisant, et d'une situation familiale que bien du monde
envierait.
De noble origines.
Un patrimoine génétique
et financier exceptionel.
Oui, bien des gens
rêveraient d'être a ma place.
Le nom de Malfoy fait des
jaloux.
Et pourtant, en ce jour,
je souhaiterait qu'il n'en fut rien.
Je céderais
volontier ma place a quiconque viendrait m'en faire la demande, pour
qu'IL cesse de me regarder ainsi.
IL m'est devenu
intélorable.
Harry Potter.
IL me regarde.
IL m'observe sans relâche,
depuis que nous nous sommes attablés.
Je ne connaitrais personne
en cet instant qui puisse trouver ma situation enviable.
Ses grands yeux verdâtres
me fixent avec une insistance malsaine qui me donne une irrésistible
envie de lui plonger la tête dans son assiette.
Cette fixation se fait au
fil des secondes on ne peut plus intolérable.
- “Bon sang, Potter, tu
pourrais pas te concentrer sur ce que tu es en train de manger? ”
Il me sourit béatement.
Et c’est à ce
moment que je remarque qu’il s’en est mis partout sur le pull.
Bien sûr.
Quand on mange de la
soupe, et qu’on ne regarde pas ce qu’on fait de sa cuillère,
évidemment.
Merlin, il n’était
déjà pas très intelligent auparavant.
Mais c’est à
croire que cette potion lui a liquéfié le peu de
cervelle qu’il possédait au départ.
- “Je n’y peux rien,
tu es si fascinant. ”
Me recoule-t-il, stupide.
Je refrène mon
poing destructeur, et redirige avec peine ma colère
grandissante vers l'instigatrice de ma douleur(Dans le seul but de
n'être pas taxé d'homicide volontaire en plein repas et
de ne pas salir les tapis).
Maudite Weasley.
Si je la tenais, celle la,
je la pendrais a la plus haute poutre du château avec ses
propres cheveux roux.
Non, moi, Draco Malfoy,
envié de tous, respecté autant que possible, je n'ai
jamais eut de chance.
Pourquoi faut-il toujours
que les ennuis s’acharnent sur moi?
CE QUI S'EST PASSE AVANT CETTE LITANIE, HIER APRES MIDI
POV Lucinda, serveuse
"affriolante" au “Leaky Cauldron”(Et entraineuse a ses
heures, dans les limites du respectable)
16H25
La journée
d’aujourd’hui est plutôt tranquille.
Pas de quadragénaire
a moitié bourré pour venir vous pincer l'arrière
train entre deux pintes de bierraubeurre.
Pas de mémère
hystérique engoncée dans leur graisse pour venir pester
sur la longueur de votre mini jupe.
Il faut avouer qu’en
pleine période scolaire, les clients se font plutôt
rares.
A part quelque habitués,
deux paumés, trois pelés, un tondu, et deux samourais
en goguettes, l'endroit rapelle dangeureusement l'Arizona sauvage en
plein période estivale.
A la table sept, bavassent
tranquilement trois élèves assez jeunes.
Un petit rouquin hébété,
une frisottée qui n’en finit pas de raconter sa vie, et
Harry Potter.
Celui là, on le
repère de loin.
J'ai lu dans le dernier
potin que ce pôv gosse aurait des tendances alcoliques, mais vu
sa commande d'aujourd'hui(un grand chocolat chaud avec deux morceaux
de sucre), j'ai des doutes.
Je connais les poivrots
sur le bout des doigts.
Au fond, (mal) planquée
sous une table, il y a une gamine rousse d’environ onze ou douze
ans, qui tient dans sa petite main tremblante une petite fiole
arrondie.
Vu son air déconfit,
y'a du rififi dans la cambrousse.
Peut-être qu’elle
prévoit d’empoisonner quelqu’un?
L'un des mômes?
Le Survivor?
Non.
Cette pauvre fille n'a
rien d'un Mangemort, et attenter a la vie du Survivor équivaudrait
a signer au monde un contrat de suicide collectif sans son accord.
Hypothèse écartée.
La mort du pauvre gosse
sera, a mon humble avis, bien plus sanguinolente.
Ce n’est pas mes
affaires, mais ça nuirait sûrement à la
réputation de l’établissement si l’un des clients
tombait raide mort entre les tables,
Sauveur-Du-Monde-Et-Ses-Environs-Immédiats ou pas.
Question de déontologie.
Et surtout d'hygiène.
POV Ron Weasley
Je me suis brûlé.‘Mione m’a tellement
fatigué avec ses histoires que, sans m’en rendre compte, je
me suis effondré sur ma table.
Le menton dans mon
chocolat bouillant.
Et en plus, elle se fout
de moi.
Ca fait un bon moment
qu’elle pagaye dans le vide, ma jolie Intello, et harry et moi
commençons a donner de sérieux signes de faiblesse.
Harry ne tarde pas a
suivre, et se moque gentiment de moi, comme toujours.
Comme s'il croyait que je
n’avais pas remarqué le sort “silencio” qu’il s’était
auto-appliqué pour échapper au bavardages intensifs de
notre intarissable amie.
Puis il s’excuse, et
quitte la table, direction les commodités.
Echappatoire facile.
Je me retrouve tout seul,
a ponctuer de « tu m’étonnes » et autres «
c’est dingue » le flot de paroles imperméable de ma
bien aimée.
Sans me rendre compte
qu’elle avait cessé de parler depuis de deja plusieurs
secondes.
Mione me regarde avec ses
beaux yeux noirs.
Mais elle ne fait que
faire une pause avant de recommencer.
Ca va pas tarder a
repartir.
Il faut que j’agisse
vite.
J’avale ma salive, et
profite qu’elle reprend sa respiration pour me jeter à
l’eau.
Au fait, je sais pas ce
que fabrique Ginny sous la table.
Mais si elle se croit
discrète, c’est raté.
POV Ginny
Plus question de reculer
maintenant.
Harry, mon amour, tu
m’aimeras, de gré ou de... magie?
Hihihi...
C’ est vraiment trop
bête ce que je viens de dire...
Ah! Non! C’est pas le
moment!
Vite!
Je m’approche de la
table à quatre pattes.
Oh! Voilà mon
abruti de frangin qui se jette sur sa copine!
Ils s’embrassent!
Hiiiiiii!
Je me sens rougir
furieusement.
Reprenant mon courage à
deux mains, je profite du fait qu’ils aient roulé sur la
banquette(hum…)pour vite, vite, verser ma potion dans la tasse
d’Harry.
Maintenant, je trace, et
je reviens me cacher sous la table, le coeur battant.
Je ricane toute seule en
pensant à l’effet que ma potion va faire sur mon Harry
adoré.
Trois jours que je
m’acharne dessus pour le réussir, ce filtre d’amour.
Et c’était pas
simple.
Ma balade dans la forêt
a réduit ma manucure a néant, et mon «
altercation » d’avec une licorne belliqueuse m’a foutu ma
permanente en l’air.
Bon toujours est-il que
mon philtre a été réussi.
Et quand il l’aura bu,
alors je me présenterai devant lui, et...
KKKKYYYAAAAA!
POV HarryOuf, j’ai réussi
à me débarrasser de ce foutu sortilège silencio
qui me tenait bon depuis ce matin.
Celui la m’a collé
aux basques pendant deux plombes.
C'est vrai qu'en cours de
Magie pratique, les profs se font une joie de nous enseigner la façon
d'enclencher un sortilège, tout en oubliant avec un sadisme
tout particulier de nous préciser la façon de s'en
débarrasser.
Je suis un
garçon-supposément-prudent(A qui je vais faire croire
ça?).
J'hésite vachement
a utiliser un sortilège comme ça, au pif, lorsque je ne
suis pas sûr du résultat.
Mais la c'était une
urgence, et je n’avais carrément plus le choix(comme
toujours).
Et mon urgence avait un
but bien défini:Echapper au pouvoir somnifère du prof
d'histoire, sous peine de m’écrouler de tout mon long entre
les rangées de chaises.
Ce type pourrait sans
problèmes entamer une brillante carrière dans
l'hypnotisme.
Du coup, j’ai passé
tout le cours suivant(potion, cela va sans dire)dans le silence le
plus total.
Ce qui serait vachement,
vachement, vachement risqué pour n’importe qui d’a peu
près normal.
Et fatal pour moi.
Remarque, voyons le bon
côté des choses.
Ca fait des vacances de ne
pas entendre la douce voix d’assiette ébréchée
de ce cher Snape.
Par contre, si au prochain
cours il m’interroge sur ce qui a été dit en classe,
je peut numéroter mes abbatis, les décompter, les
multiplier puis les soustraire et les enterrer au fond du jardin pour
qu’ils fleurissent au primptemps, je serais cuit.
Revenant auprès de
mes amis, je me frotte les mains à l’idée d’un bon
bol bien chaud de chocoargh.
Ah, d’accord.
Inutile de chercher plus
loin.
Mon cher ami ron est enfin
allé jusqu’au bout.
Et si ça continue,
se sera littéralement jusqu’au bout.
Bon, je me rasseois le
plus discrètement possible.
La dernière chose
que je voudrais étant les déranger dans leurs...
Oui, je crois qu’à
ce niveau la, on peut commencer à appeler ça des ébats.
Machinalement, je porte ma
tasse à mes lèvres, et avale une gorgée.
Ils ne se sont même
pas aperçu de mon retour.
Ou bien même
serait-ce le cas, ca ne ferait pas grande différence.
J'avais toujours soupçonné
chez hermione une nature emportée et passionnée en ce
qui concerne l'amour.
J'étais loin de me
douter qu'elle donnait(a vue de nez)dans l'apprenti cannibalisme.
Ce pauvre ron est sur le
point de se faire dévorer vivant par une furie frisottée.
Mais ca ne semble pas lui
poser de problèmes majeurs.
Alors je ne m'en mêle
pas, distrait la sonnette de la porte d’entrée du bistrot.
Tout pour ne pas regarder
a mes pieds.
Le fond sonore me suffit
largement.
Entre Draco Malfoy
deuxième du nom, Empereur de l'entarctique, Roi des glaçons.
Draco POV
Maudite soit la
gourmandise de mon père.
Nul ne le sait, mais sous
ses airs de Grands Seigneur, mon cher père n’est au fond
qu’un Grand Gamin dont le comportement capricieux m’afflige un
peu plus de jour en jour.
Ca doit être cela
que les moldus appellent communément “la crise de la
cinquantaine”?
Toujours est-il que me
voilà chargé de lui ramener une caisse de bieuraubeurre
"spécifiquement venue du café d’Hogsmade".
Et rien a faire, il n’en
acceptera pas d’autre.
Oh, bien sûr, il me
serait facile d’aller a l’épicerie du coin et de prétendre
avoir fait le voyage spécialement jusqu’ici.
Mais non.
Son flair légendaire
lui indiquerait en un instant que sa fameuse bieraubeurre ne vient
pas scrupuleusement du lieu indiqué.
Il serait bien capable de
me renvoyer les chercher a coups d'Eclair de Feux quelque part.
Non, non, cette attitude
n’est pas digne d’un rang tel que le sien.
J’avise une espèce
de grande dinde affublée d’un tablier ridicule(Rose bonbons
a fraises imprimées)et d’une jupe ressemblant davantage a
une grosse ceinture.
- “Une caisse de
bieuraubeurre. ”
Elle me regarde comme si
je lui avais proposé une nuit d'amour a peu de frais.
Et ne bouge pas.
J’insiste, et grogne,
agacé:
- “Vous êtes
sourde? ”
Cette question impromptue
la sort de sa torpeur.
Ses lèvres
peinturlurées se tordent en une moue contradictoire.
- “Tu connais la formule
de base "bonjour, s’il vous plaît?" ”
Je me cabre.
Cette gourgoudine devrait
se garder d'exiter ma fibre bagarreuse, sourtout en un jour pareil et
en présence de cet imbécile de Potter.
Autant laisser libre cours
a une partie de ma rage.
Les serveuses sont faites
pour ça.
- “Mademoiselle, je vous
prierais de vous adresser a moi sur un autre ton.J’ai le regret de
vous déclarer que nous n’avons pas gardé les cochons
ensemble!”
- “En effet! Je ne me
rappelle pas t’avoir jamais gardé! Mais crois moi que
j’aimerais bien t’avoir à charge, histoire de t’apprendre
les bonnes manières!Sale môme!”
- “Insolente! Allez
immédiatement me chercher ce que je vous demande, servante! ”
Ma galanterie habituelle
en prends un sacré coup.
Je n’aurais pas été
aussi désagréable envers une femme en temps normal.
Même envers une
telle trainée.
Du moins pas à ce
point.
Mais aujourd’hui, il ne
valait mieux pas m’adresser la parole.
Ce jour sent a plein nez
le jour néfaste, et je suis loin de m'en réjouir.
Le mauvais sort va
s'abbatre.
Et ce sera encore pour ma
pomme, tu vas voir.
La courtisane s'éttouffe
de colère impuissante.
Sa main droite récemment
manucurée est agitée de tremblements nerveux.
Il est fort probable que
si elle ne résistait pas a la tentation de m'en retourner une,
ses faux ongles plastiques m'éborgneraient sans complexes.
Mais elle n'en fait rien.
Contrainte de m’obéir,
elle me tourne le dos, hautaine, et file farfouiller dans sa cave.
Je reste seul, avec pour
seule compagnie les regards désaprobateurs des clients
alentours a mon égard.
Je répugne avoir a
attendre.
Surtout le bon vouloir
d'une pareille bécasse.
Bien obligé, je
reste debout près du comptoir, à compter bêtement
mes pieds.
Quand un regard insistant
me picote la nuque.
Je me retourne, pour
plonger dans une paire d’yeux verts aux reflets glauques.
Potter.
Il ne manquait vraiment
plus que lui.
Sinistre journée.
Je lui crache:
- “Qu’est ce que t’as,
Potter, tu veux ma photo?”
Ma brusquerie le heurte.
Je le vois cligner des
yeux, déstabilisé.
Pendant d'interminables
demi-secondes, il ne dit rien.
Puis s’ébroue.
Et sous mes yeux
horrifiés, m’adresse un immense sourire.
- “Oh oui! Avec plaisir!
”
Je m'appelle Draco Malfoy.
J’ai quatorze ans,
bientôt quinze.
Et en ce jour, le monde
vient de s’écrouler sous mes pieds.