Help
Home Just In Communities Forums Beta Readers Dictionary Search
: B s . A A A    : full 3/4 1/2   : E E   : Light Dark Anime/Manga » Gundam Wing/AC » Entre Terre et Colonies, divers textes Gundam Wing

Meanne77
Author of 71 Stories

Rated: M - French - Friendship/Angst - Reviews: 27 - Updated: 12-05-08 - Published: 08-24-05 - id:2550404

Des quatre écrits ce week-end-là, je crois que celui-ci est mon préféré... Mais trêve de nostalgie, c'est le dernier de la série et je m'en retourne à mes originales ! :p
Bonne lecture ! :)


NaNo GW n°4, écrit le 30 novembre 2008 ; corrigé le 5 décembre 2008
Prompt de Laède : Quatre et Trowa, « Ils s’exercent à améliorer l'empathie de Quatre et à affiner leur connexion psychique, et plus si affinité » ; écrit en 30 minutes


Je me sens un peu coupable. Je ne sais plus qui des trois autres exactement a émis l'idée le premier. Heero peut-être, il prend l'intérêt des missions toujours à cœur et il est certain que les capacités étranges de Quatre peuvent se révéler être un atout précieux sur le champ de bataille ; à moins que ça n’ait été une plaisanterie de Duo sur combien nous étions proches qui a déclenché cette discussion, comme quoi il suffirait de peu pour que nous ne fassions plus qu'un ; ou bien alors, ça a été Wu Fei, levant soudain le nez de son livre avec cette suggestion un peu folle en tête. Je ne sais plus très bien. Je me rappelle parfaitement le débat qui a suivi, par contre, les arguments pour, les contre, puis très vite le qui et surtout le comment. Bien sûr, Quatre et moi sommes assez familiers l’un envers l’autre mais c'est surtout parce que Quatre me comprend bien. Ses capacités font que je n'ai pas besoin de parler avec lui. De là à dire que parmi nous cinq, je suis celui le plus intime avec Quatre, je n'en suis pas si certain : nous nous sommes rencontrés avant, voilà tout. Je n'ai rien dit à voix haute, pas devant les autres, et le dire tout bas aurait été inutile avec Quatre. De toute façon, je ne suis pas sûr qu'il soit du genre à donner une priorité aux gens, à les classer par ordre d'importance. Surtout nous.

Je me sens un peu coupable d'avoir accepté. Renforcer la liaison empathique qui nous relie, qui relie Quatre à chacun d'entre nous, pouvait paraître une bonne idée sur le papier, l'un de ces plans parfaits tant qu'ils restent de la théorie. Affiner ses perceptions, supprimer l'effet de distance, voir si le canal pouvait s'ouvrir dans les deux sens, comme une radio constamment branchée entre nous tous avec Quatre en guise de relais… D'abord avec un – le plus facile, moi – et en cas de réussite, un deuxième, puis un troisième, jusqu'où étions-nous prêts à aller comme ça ? Mais Quatre a dit qu'il se sentait capable de le faire, qu'il voulait essayer. Je me sens coupable d'avoir accepté.

Il y a eu cette mission, j'ai été sévèrement blessé. J'ai grandi au milieu du danger, je connais bien des facettes de la mort, je l'ai souvent côtoyée de près. Avant ce jour, jamais d'aussi près. Je connais bien la douleur, mentale, physique, je l'ai souvent expérimentée. On pourrait dire que mon corps n'a plus de secret pour moi, j'en connais chaque recoin, la plus petite fibre nerveuse, le plus infime centre de douleur, tous les stades, de la simple courbature à l'agonie. Je croyais connaître l'agonie, avant l'échec de cette mission. J'ignore encore comment je m'en suis sorti. J'hésite à parler de miracle, je ne crois pas en Dieu ; un coup de chance, alors ? Duo pourrait dire que j'ai perdu l'une de mes vies. J'espère que je ne suis pas en train de consommer la dernière, la guerre est loin d'être finie.

J'ai eu mal. Vraiment très mal. J'ai été au-delà du stade des mots, là où les émotions même n'ont plus aucun sens, où la pensée se focalise en un seul point, j'ai cru mourir de douleur. Mais pire que tout, je sentais Quatre en moi, sa souffrance faisait écho à la mienne, les deux s'amplifiaient. Nous avions pensé que c'était une bonne idée, nous nous étions dit qu'un contact constant nous serait utile. Comment avons-nous pu oublier si vite le revers de la médaille, l'autre aspect des choses ? Comment avons-nous pu oublier tout ce que cela impliquait de partager ? Comment Quatre a-t-il pu oublier après ce que Heero lui avait déjà fait subir ? Comment a-t-il pu les laisser le convaincre, comment ai-je pu moi-même accepter ? J'ai soigné Heero, j'aurais dû savoir, me rappeler.

J'aurais dû dire non.

Mon corps me fait encore mal mais à présent je peux me lever. J'ai été mis dans une petite pièce blanche avec un seul lit le temps pour moi de guérir avant de me remettre à bouger. Sally est venue tout spécialement s'occuper de moi ; elle est la seule médecin en qui nous avons confiance. Je sais que Quatre n'est pas loin, je ressens toujours son écho. Aujourd'hui, j'ai assez de forces pour aller le voir. Il nous faut trouver le moyen de défaire ce que nous avons fait, de couper le lien qui nous unit.

Je suis assis sur le rebord du lit quand Sally pénètre dans la pièce. Elle me sourit mais je vois la tension sur son visage, la raideur de ses mouvements. Elle est épuisée, inquiète, aussi. Elle sourit, néanmoins ; c'est son devoir de médecin.

« Comment te sens-tu aujourd'hui ?

— Mieux. Je pense pouvoir me lever. »

J'ai déjà essayé hier, et le jour d'avant et celui d'avant encore. Jusqu'à présent elle m'en a toujours empêché. Cette fois-ci, elle m'ausculte rapidement puis hoche la tête.

« Oui, nous pouvons essayer.

— Je voudrais voir Quatre, est-ce qu'il est réveillé ? »

J'ignore l'heure qu'il peut être, mon horloge interne est encore déréglée. Je ne saurais même dire s'il fait jour ou nuit.

Sally soupire. Elle tire jusqu'à elle une chaise et s'y assoit. Je me crispe alors qu'elle prend mes mains entre les siennes. Sa voix est douce, lasse, comme si elle s'apprêtait à prononcer des paroles maintes fois répétées.

« Je sais que c'est difficile pour toi à entendre mais il faut que tu comprennes, que tu parviennes accepter. Il y a eu un grave accident, et… Je suis sincèrement désolée, Quatre. Trowa est mort... »


Return to Top