|
Author of 10 Stories |
17/09/06
Ok, je réédite encore une fois ce chapitre car ma béta m'a signalé que l'alerte n'avait pas fonctionnée... et comme j'ai constaté que j'avais eu beaucoup moins de reviews que d'habitude... Non, je ne le fait pas exprès pour apparaitre en tête de liste, mais je serais désolée que certains ne puissent pas lire ce chapitre (déjà que je mets du temps à écrire et publier...)
gros bisous
speedy
Juste une petite réédition pour les dernières corrections... désolée, non, ce n'est pas un nouveau chapitre. Gros bisous
Okay... hem, je ne sais pas vraiment trop par quoi commencer, et je ne veux pas m'attarder sur le sujet plus que nécéssaire. Voilà donc une liste ordonnée de ce que j'avais à vous dire :
1°) Je suis désolée pour le délai qui m'a été nécéssaire à l'écriture de ce chapitre. Entre la fin de l'année (oui, bon, d'accord, depuis le mois de mars, ça fait la fin du deuxième trismestre plus tout le troisième plus la période de bac, donc la moitié de l'année scolaire) qui a été très intense pour moi, le début des vacances dont j'ai profité à mort, et ma période de presque-page-blanche, je n'ai quasiment rien écrit.
2°) Je suis désolée pour ceux qui ont pris le temps de m'envoyer un mail ou un PM à propos de cette histoire et à qui je n'ai pas répondu.
3°) Je suis désolée de ne pas avoir le temps de répondre à vos si nombreuses et si fabuleuses reviews.
4°) Je vous remercie de vos si nombreuses et si fabuleuses reviews.
5°) J'ai retrouvé à la fois l'esprit que je voulais donner à cette fic et la trame du scénario, donc n'ayez aucune crainte, je ne la laisserai pas tomber.
6°) Toutefois, j'entre en prépa en septembre, j'aurais donc encore moins le temps d'écrire, les updates seront donc peu fréquentes, je m'en excuse donc à l'avance (quoique j'aurai encore des cours de philo, alors tout peu arriver...)
7°) Je vous aime énormément et j'espère que ce chapitre sera à la hauteur de vos attentes et de l'attente.
8°) Résumé très rapide des chapitres précédents : Blaise, amant d'Eluan, frère de Draco, s'est fait enlevé et on apprend que c'est Spica qui le détient prisonnier pour assouvir ses propres desseins inconnu. Harry s'est fait agressé et Draco a dû utiliser son don de guérison. J'essayerai de faire des résumé à chaque début de chapitre pour que vous ne me retrouviez pas dans ma situation et que tout ne se mélange pas dans votre tête.
9°) Disclaimer : rien de tout ceci ne m'appartient exepté le scénario et encore, j'ai été très inspirée... Seuls Eluan et Spica m'appartiennent exclusivement. J'accepte de prêter tout autre perso de mon invention, sur simple demande par mail... (merci de me prévenir si vous voulez utilisez mes persos, j'y tient)
10°) Remerciement : à Ruth Dedallime sans qui l'histoire aurait été bien plus mauvaise et sans qui j'aurais sans doute laissé tomber si ses corrections ne m'arrivaient pas toujours au moment ou je m'y attend le moins, histoire de me rappeler que, hého, il y a des lecteurs qui attendent.
11°) Dédicace : à mes plus proches amis bien sûr, je vous aime horriblement et vous allez affreusement me manquer l'année prochaine
12°) J'ai fini avec ma liste, je vous laisse à ce chapitre, bonne lecture à vous tous !
Aube et Crépuscule
Chapitre 7 :
Souffrances d'âmes (pures et moins pures…)
Résidence de Lord Voldemort, appartements privés, 5 Mars 1802 au matin.
Avec jubilation, Lord Voldemort voyait ses petits pions se mettre en place. La toile qu'il avait patiemment tissée gagnait en résistance jour après jour et bientôt, tous ceux qui se frotteraient à lui s'y englueraient les ailes…
Il attendait cette revanche depuis des années. La guerre menée deux décennies auparavant n'avait été qu'un avant-goût de sa puissance et de sa haine. D'ici peu, toutes les contrées du Nouveau Monde lui seraient soumises et il n'aurait plus qu'à fermer le poing pour écraser tous ces imbéciles qui avaient cru en sa disparition. Et ceci fait, il retournerait son attention vers l'Europe, et la terreur qu'il avait laissée derrière lui aurait des arrière-goûts de paradis comparée à son règne.
Il retrouverait Harry Potter, dernier descendant de la lignée royale, et il le tuerait de ses mains. Et alors, plus rien ne l'arrêterait. Non, plus rien…
La porte de son salon s'ouvrit et il sourit en voyant sa dernière conquête, débout dans l'encadrement, nue.
« Bonjour, mon ange, » susurra-t-il en lui faisant signe d'approcher. « Bien dormi ? »
« Parfaitement bien, quoique sans doute pas assez. Tu m'as épuisé. »
Voldemort le regarda avec délectation.
« Mais ne rejette pas la faute sur moi, très cher. Je n'ai fait que céder aux pulsions que ton attitude m'inspirait, » répondit-il. « D'ailleurs, tu devrais te vêtir un peu plus décemment avant que ça ne me reprenne. »
Une lueur coquine s'alluma dans les yeux de son partenaire. Il s'approcha lentement de Voldemort et se laissa glisser à genoux devant lui en posant les mains sur ses cuisses.
« Mais je t'en prie, laisse-moi te soulager de ce mal qui commence à te ronger… » proposa-t-il d'une voix langoureuse.
Voldemort sourit un peu plus, satisfait de lui-même.
« Mais je t'en prie, ne te gène surtout pas pour moi, mon très cher Lucius… »
Bureau de Lucius Malefoy, Manoir Malefoy, 5 Mars 1802, plus tard dans la matinée.
Quand Draco Malefoy entra dans le bureau de son père ce matin-là, il était ravagé de colère. Il se contint pourtant comme il le put et prit place dans le fauteuil que Lucius lui désignait.
« Eh bien, cher fils, quelle sombre raison t'amène dans mon bureau à une heure aussi matinale ? Tu ne m'as guère habitué à un tel zèle, » demanda celui-ci, les mains jointes devant lui avec élégance.
« Il y a eu un léger incident hier, avec votre palefrenier John, » répondit Draco. « Je me fiche de savoir ce que font les esclaves entre eux, mais je refuse que qui que ce soit s'attaque à mon serviteur personnel. John a tenté de le violer, et ce faisant, il a manqué le tuer. »
Lucius haussa un sourcil surpris, bien qu'une moue d'indifférence ait pris place sur ses lèvres.
« Tiens donc, » fit-il. « Et pourquoi me signales-tu ce fait ? »
« Je veux que vous preniez les mesures nécessaires pour que cela ne se reproduise pas, » exigea Draco.
« Cher fils, toujours prompt à défendre les esclaves qui te sont chers, n'est-ce pas ? » ironisa Lucius. « Ton si loyal serviteur est une putain. Comment veux-tu que j'empêche mes esclaves de vouloir le culbuter ? Et puis, j'ai bien d'autres sujets de préoccupations, si tu veux tout savoir. Alors tu n'as qu'à défendre les intérêts de ton petit protégé toi-même. Si tu voulais bien me laisser, maintenant… ? »
Un sourire satisfait et sadique apparut sur les lèvres du plus jeune.
« Certes, » répondit-il en se levant. « Je vous remercie, Père. »
Il quitta la pièce et prit la direction de sa salle d'entraînement. Il prit tout son temps pour choisir l'arme avec laquelle il allait infliger la punition. Il était certes privé de magie mais il savait encore comment torturer à la Moldue. Harry n'avait pas besoin d'être au courant. Et ce John allait amèrement regretter ses actes de la veille. Il serait simple de le soigner ensuite pour le revendre comme il l'avait promis.
Appartements privés d'Eluan Malefoy, Manoir Malefoy, 5 Mars 1802.
Harry entra lentement dans le salon où l'attendait Eluan Malefoy. Il fut surpris de trouver celui-ci debout devant un chevalet, vêtu d'un pantalon et d'une chemise couverts de taches de peintures. L'esclave nota avec étonnement la noirceur de la scène qu'il était en train de peindre. Elle représentait un paysage apocalyptique : on voyait à peine l'horizon rougeâtre, car le ciel était rempli de nuages aussi sombres que l'Enfer. Au sol, on pouvait distinguer, dans la lumière faiblarde du crépuscule, des corps sans vie. Et au centre se détachait une silhouette, seule, androgyne, dont on ne distinguait ni le visage ni les vêtements.
Il fut soudain frappé de stupeur. Cette scène représentait à la perfection ce qu'il avait ressenti, quand il avait été plongé dans l'âme de l'adolescent.
« Je n'avais jamais rien vu de tel, » songea Harry à voix haute.
Eluan sursauta violemment et se tourna vers lui, renversant sa palette par terre.
« De quel droit entres-tu ici ?» s'écria le jeune homme. « Sans frapper de surcroit ? »
« Pardon, » répondit Harry en baissant la tête. « J'ai frappé, Maître, mais vous ne m'avez pas entendu. Comme la porte était entrouverte et que je vous avais prévenu que je viendrais… Je suis désolé. »
« Ce n'est pas parce que tu es avec mon frère que tu peux te croire tout permis ! » fit Eluan, l'air vraiment énervé, en faisant disparaître sa toile d'un coup de baguette. « Je te jure que si tu parles à quelqu'un de ce que tu viens de voir, tu le regretteras ! »
« Oui Maître, » répondit Harry. « Pardonnez-moi. Je ne voulais pas vous offenser. »
Le jeune Malefoy soupira lourdement et secoua la tête.
« Bon, ce n'est pas grave, » dit-il finalement. « Assieds-toi. »
Harry obéit et prit place dans un fauteuil. Il se sentait mal à l'aise face à ce jeune homme pourtant plus jeune que lui. Son comportement lui paraissait étrangement lunatique. Il avait beau être avec Draco, il n'était toujours qu'un esclave. Quoi que lui voulait Eluan, il ne pourrait que se soumettre.
« Sers-moi un cognac, » ordonna le jeune homme.
L'esclave le regarda, éberlué, et mit bien trente secondes avant de réagir. Ses gestes étaient un peu maladroits, mais il parvint néanmoins à emplir un verre et à l'amener au jeune Maître sans encombre. Seigneur. Dans quel pétrin s'était-il encore fourré ?
« Puis-je me permettre de vous poser une question ? » dit-il après avoir hésité quelques minutes, pendant qu'Eluan buvait son verre à petites gorgées.
« Non, » répondit celui-ci, hautain. « Assieds-toi. C'est moi qui pose les questions. Un cheval ou un chien ne pose pas de question à leur Maître. Je crois qu'il est grand temps que tu prennes conscience de ta réelle position dans cette maison. »
Harry se sentit rougir de rage et d'humiliation. Il aurait pourtant dû être habitué à ce qu'on lui parle ainsi, et il l'était vraiment, mais ce… gamin était le frère de son compagnon. Il avait espéré un peu de respect de sa part, après les éloges de Draco à son égard. Visiblement, il avait fait erreur. Il s'en voulait de réagir ainsi. Il était esclave, il le savait, et n'avait aucun droit d'exiger qu'Eluan le considère comme un être humain. Il avait délibérément fait ce choix, pas si longtemps auparavant : être avec celui qu'il aimait signifiait renoncer à la liberté. Et pourtant, il était déçu. Pas seulement pour lui, pour Draco aussi. Il savait que le blond accordait une grande importance à l'opinion de son frère. Il n'avait pas peur que Draco veuille cesser de le voir à cause d'Eluan, non… mais l'idée était quand même là. Il s'assit lentement, gardant les yeux fixés sur le sol, revêtant le masque neutre que tout esclave se devait de porter.
« Alors comme cela, tu es en relation avec mon frère ? » fit Eluan avec calme, faisant semblant de ne pas remarquer l'état de colère de l'esclave.
« Je suppose que l'on peut présenter les choses ainsi, oui, » répondit Harry, les yeux rivés au sol.
« Je vois… Et qu'espères-tu obtenir de lui ? »
Harry fronça les sourcils et releva le regard vers son interlocuteur. Celui-ci lui renvoya un regard parfaitement impassible qui ne lui inspira que méfiance.
« Je ne comprends pas très bien le sens de votre question, » dit lentement l'esclave.
Eluan leva les yeux au ciel.
« Ne fais pas l'innocent, » fit-il sèchement. « Je peux lire par-delà tes yeux d'ange. Tu cherches à rendre mon frère fou de toi pour pouvoir le manipuler. Je vois clair dans ton jeu, pauvre catin, mais je ne te laisserai pas utiliser Draco comme un pantin. »
L'esclave le regarda avec des yeux ronds. Une nouvelle bouffée de colère lui chauffa les joues et ses poings se crispèrent malgré lui.
« De quel droit croyez-vous disposer pour me juger ainsi ? » lâcha-t-il. « Vous ne savez strictement rien de moi. Et visiblement, vous ne devez pas très bien connaître votre frère non plus. Sinon vous sauriez qu'il ne serait jamais tombé dans un piège aussi grossier. »
Eluan bougea trop vite pour qu'il puisse réagir. Le bruit de la gifle claqua dans la pièce et, sous le choc, il posa une main sur sa joue échauffée.
« Je t'interdis de me parler comme ça ! » cracha Eluan en saisissant Harry par les cheveux. « Est-ce bien clair, petite pute ? Sinon je te tue ! J'en ai le droit ! »
Il approcha son visage de celui d'Harry qui, tétanisé, voyait très clairement les pensées du jeune homme défiler sur son visage. Un désir de violence se dégageait de ses traits. L'esclave sentit la peur lui tordre les entrailles. Il vit une soudaine résolution éclairer le visage d'Eluan.
« D'ailleurs je me demande ce qui me retient encore, » murmura celui-ci. « Draco serait débarrassé de ton influence néfaste ! »
Malgré sa peur, Harry eut envie de rire. Le scénario ridicule envisagé par Eluan et l'idée tragiquement pathétique que le jeune homme puisse le tuer lui semblaient totalement irréels.
« Vous n'êtes pas capable de tuer quelqu'un, Maître Eluan Malefoy, » railla-t-il, se laissant porter par l'énergie du désespoir. « Il faut une certaine force de volonté que vous ne possédez clairement pas. »
Le coup suivant partit, et Harry réalisa que si Eluan était incapable de tuer, il pouvait en revanche faire mal. Il se retrouva affalé sur le sofa où il s'était assis, à moitié assommé par le violent coup de poing d'Eluan. Celui-ci le tenait toujours par les cheveux. Quand il tenta de se redresser, il sentit le genou du jeune homme appuyer sur son dos l'en empêcher. Sa vision était obscurcie par le tissu sombre du canapé et il ne pouvait pas changer de position. Il sentit une baguette sous sa mâchoire et il se figea. Il reconnaissait trop bien cette sensation et avait cru ne plus jamais avoir à la revivre. Il savait qu'il était à la merci de quelqu'un de bien plus puissant que lui, et que le moindre geste pouvait être puni d'un sortilège aléatoire.
« Maintenant tu vas bien gentiment répondre à mes questions, » dit une voix basse à son oreille. « Qu'est-ce que tu attends de Draco ? »
« Rien, » fit lentement Harry. « Je veux simplement être avec lui. Il me rend heureux et j'ai la prétention de croire que je le rends heureux aussi. »
« Mais bien sûr, » rétorqua Eluan. « T'a-t-il déjà baisé comme la putain que tu es ? »
Il y eut un bruit de porte qui s'ouvre.
« Lou, je cherche… »
La voix s'interrompit et Harry crut qu'il allait pleurer de soulagement.
« Harry ! » s'exclama Draco. « Qu'est-ce que tu fais, Lou ? Lâche-le tout de suite ! »
« Hors de question ! » rétorqua le jeune homme en appuyant son genou un peu plus fort. « Si tu t'approches, je le tue ! »
Harry émit un gémissement de douleur.
« Eluan… » gronda Draco. « Lâche-le. Immédiatement. Si tu lui fait quoi que ce soit, je peux te jurer que je ne te le pardonnerai pas. »
« Pas question ! » rétorqua le plus jeune. « Je veux qu'il avoue ! Là, maintenant, devant toi, je veux qu'il dise qu'il ne ressent rien pour toi et qu'il n'est avec toi que pour t'extorquer des avantages ! »
« Ce n'est pas vrai ! » fit Harry d'une voix faible. « Je te jure que ce n'est pas vrai, Draco, je t'en prie, ne crois pas ce qu'il raconte ! »
Il poussa un cri quand Eluan lui attrapa les cheveux pour lui tirer violemment la tête en arrière. Puis il fut brusquement libéré. Il se dégagea aussitôt et s'assit pour faire face à son amant. Celui-ci tenait son frère par les poignets, le forçant à reculer vers le mur et à lâcher sa baguette.
« Je peux savoir ce que tu croyais faire ? » fit Draco, l'air ivre de fureur.
« J'essayais de te libérer de la racaille qui a envahi ton lit ! » répondit Eluan. « Il essaye de prendre ma place dans ton cœur, Draco ! Il ne t'aime pas ! Je suis persuadé qu'il te manipule ! »
« Je t'interdis de dire des choses pareilles ! » cria Draco pour couvrir la voix du jeune homme. « Ce n'est pas parce que tu es jaloux de lui que tu peux te permettre de le soupçonner de telles horreurs ! Je te jure, Eluan, que si je te reprends à lui faire le moindre mal, tu le regretteras ! »
Il repoussa son cadet qui s'écroula dans un fauteuil. Il se détourna sans le regarder, saisit fermement le bras d'Harry et le fit sortir de force.
Dès qu'ils eurent passé la porte de la chambre, Draco serra fortement Harry dans ses bras.
« Je suis profondément désolé, » murmura le blond. « Je n'aurais jamais cru que ce petit idiot se permettrait de tels agissements envers toi. »
« Ce… n'est pas grave, » articula difficilement Harry.
« Bien sûr que si, c'est grave ! » répliqua Draco en se détachant de lui pour le tenir par les épaules, le fixant de ses yeux gris. « Cesse de te comporter comme si tu étais insignifiant ! Ce n'est pas le cas ! Si tu ne le fais pas pour toi, fais-le au moins pour moi et évite de te mettre dans des situations si fâcheuses ! »
« Tu t'imagines peut-être que c'est volontaire de ma part ? » s'agaça Harry en se dégageant brusquement. « Est-ce ma faute si ton frère est un forcené qui prend du plaisir à humilier les gens ? Si cette maudite baraque est une vraie antre du vice ? »
Draco sursauta. Il ouvrit la bouche pour répondre mais il la referma presque aussitôt. Son visage se tordit de colère.
« Mon frère n'est pas un forcené ! » rétorqua-t-il finalement.
« Reconnais tout de même qu'il est sacrément perturbé pour m'avoir agressé de cette manière ! Qu'il puisse imaginer que je veuille profiter de toi, d'accord. Ce ne serait pas la première fois qu'on verrait un esclave chercher à exploiter les faiblesses de son Maître. Mais me porter violemment la main sur moi ne menait à rien ! » cracha Harry.
« Je sais qu'il est perturbé, tu n'as pas besoin de me le rappeler, » répondit Draco. « Mets-toi à sa place, il ne te connaît pas ! Il s'inquiète simplement pour moi. »
« Ce n'est pas une raison pour me planter une baguette sous la gorge, enfin ! Je ne fais rien pour me trouver en de telles situations, aussi ne t'énerve pas contre moi sous prétexte que n'importe quel homme libre peut me faire ce que bon lui semble ! »
« Je t'ai dit que j'étais désolé ! » cria Draco. « Merde, je sais que je suis responsable. Je sais que j'aurais du discuter avec mon frère plus tôt pour éviter cela ! Mais jamais je n'aurais imaginé qu'il serait aussi vindicatif dans ses idées, » fit-il d'une voix plus calme. « Je suis désolé. »
« Je ne te reproche rien, tu es en train de t'énerver tout seul ! »
« Si, tu me reproches de n'être pas parvenu à te protéger malgré la promesse que je t'avais faite ! »
« C'est faux ! »
« Non, c'est la vérité, » répondit Draco d'une voix amère. « Tu ne te l'avoues peut-être pas parce que tu trouves toi-même que c'est ridicule. Mais c'est un fait. Tu m'en veux de n'avoir rien fait pour t'éviter ce genre de situation et… moi aussi. »
« Je… »
Harry se tut. Brusquement, il réalisa que c'était la vérité. Qu'aussi stupide que cela puisse paraître, compte tenu du fait que Draco n'était pas tout-puissant, il lui en voulait de l'avoir laissé se retrouver dans cette situation d'impuissance totale. Et pourtant, Draco n'était pas responsable. Harry n'avait-il pas lui-même pris la décision de rester esclave ? Il ne pouvait raisonnablement pas tenir rigueur à son compagnon des conséquences de son choix personnel, n'est-ce pas ? Il fronça les sourcils et se détourna pour aller marcher sur le balcon.
« Je suis désolé, » répéta le blond. « Je suis vraiment désolé. Si tu veux bien m'accorder jusqu'à la fin de la journée pour y songer… J'ai besoin de parler à mon frère, seul à seul, pour lui expliquer la situation. Puis je me mettrais en quête d'un moyen de t'éviter ce genre… ce genre d'horreur. »
Harry ne répondit pas. Il s'accouda à la rambarde pour regarder les jardins.
« Je… tu ferais mieux de rester ici jusqu'à mon retour, si ça ne t'ennuie pas. Personne ne viendra, » reprit Draco.
La voix du blond était triste mais décidée. L'esclave n'eut pas le courage de se retourner pour le regarder. L'eut-il fait qu'il aurait vu les larmes qui brillaient dans les yeux de son compagnon.
Draco n'attendit pas de réponse et Harry entendit ses pas s'éloigner vers la porte. Il dut faire appel à toute sa volonté pour s'empêcher de lui courir après. Quand la porte claqua, il laissa un long soupir s'exhaler de ses lèvres. Il regagna l'intérieur de la chambre, se saisit d'une chemise du blond qui traînait là et se roula en boule dans un fauteuil.
Draco entra sans frapper dans le salon de son frère. Il sursauta légèrement en constatant l'état de la pièce ; on aurait pu croire qu'un ouragan avait tout dévasté. Les meubles, les vitres, les miroirs, tout avait été fracassé, éventré, déchiré. Et Eluan était prostré à genoux au milieu du salon, entouré de débris. Il était tête baissée, ses mains ensanglantées posées sur ses cuisses.
Le blond ouvrit de grands yeux et amorça un geste pour se précipiter vers son frère. Mais la scène qu'il avait surprise si peu de temps auparavant lui revint brutalement à l'esprit. Aussi s'efforça-t-il de rester impassible.
« Lou… » murmura-t-il en s'approchant lentement.
« Ne m'appelle pas comme ça, » éructa le cadet d'une voix rageuse.
« Pourquoi ? » demanda doucement Draco en s'accroupissant à côté de lui.
Il posa une main sur son épaule mais le jeune homme le repoussa violemment.
« Ne me touche pas ! » cria-t-il.
Il leva vers son frère des yeux rouges et larmoyants, envahis de fureur.
« Je t'interdis de te comporter comme ça avec moi ! Pas après l'affront que tu viens de me faire devant une catin d'esclave ! »
« Je t'interdis de parler ainsi ! Tu n'as pas la plus petite idée de ce que nous partageons ! » rugit Draco.
« Vous ne partagez rien ! Il prend, toi tu payes, c'est tout ! Tu est vraiment borné si tu ne veux pas le voir. »
« Tu as peur de quoi, à la fin ? N'est-ce pas toi qui voulais absolument que j'ai quelqu'un dans ma vie ? Quelqu'un à chérir, et cela, malgré mes obligations familiales ? J'avais beau te répéter que ce serait stupide et que de toute façon personne ne m'intéressait assez, tu ne voulais rien savoir. Et plus je m'y opposais, plus tu t'entêtais en me jetant les pires pervers dans les bras. Alors voilà, ça y est, j'ai quelqu'un ! Pourquoi réagis-tu ainsi ? »
« Il profite de toi ! » rétorqua Eluan. « Regarde dans quel état il te met ! Jamais tu ne m'avais parlé comme ça, Draco ! Il veut… » Il eut un hoquet. « Il veut te détourner de moi ! Je le sais… Je t'en prie, crois-moi… »
L'aîné regarda avec effarement les larmes rouler sur les joues blêmes de son frère. Celui-ci fronça les sourcils et secoua la tête, comme pour les effacer.
« Lou… » souffla Draco. « Et moi qui croyais que tu te remettais… que tu parvenais à surmonter la douleur… »
Il s'approcha de son frère et le prit de force pour le serrer contre lui. La culpabilité qu'il ressentait à l'égard de son frère prit brusquement de nouvelles mesures. La haine qu'Eluan avait pour Harry aussi. Trop occupé à régler ses problèmes personnels avec l'esclave, il en avait oublié son frère et la souffrance qu'il vivait depuis la disparition de Blaise.
« Lâche-moi, » fit faiblement le jeune homme en essayant de se débattre. « Il n'y a aucune douleur à surmonter ! Ne me sers pas la même comédie ! »
Le blond comprit tout de suite à quel comédien Eluan faisait référence.
« Personne ne fait l'hypocrite ! » s'énerva Draco en lâchant son frère pour poser ses mains sur ses joues, le forçant à le regarder dans les yeux. « Personne, Lou. Je t'aime. Tu es mon frère et je t'aimerai toujours, quoi qu'il arrive. Et Blaise aussi t'aimait. »
Le jeune homme se dégagea de l'étreinte de son frère.
« Non, c'est faux, je le sais, » répondit Eluan, ses yeux rouges et gonflés fixant le sol sans le voir. « Ce n'est qu'un salaud, un putain de salaud ! Il m'a laissé après après avoir tout obtenu de moi, mon coeur et mon corps... il... il m'a abandonné ! »
« Ce n'est pas vrai. Il ne voulait pas partir. Il a été enlevé, Lou ! Il ne voulait pas ! Et même si ça avait été le cas, il ne t'aurait pas laissé derrière. Il ne t'aurait jamais quitté. Tu dois me croire. »
Draco laissa le silence s'installer entre eux quelques secondes avant de reprendre.
« Eluan, tu réalises que Blaise a disparu depuis près de six mois. Peut-être endure-t-il les pires tortures… Nous ne savons pas où il est, pas plus que ses parents. Nous ne pouvons faire aucune supposition. »
« Ce n'est pas juste… » souffla le plus jeune. « Ce n'est pas juste. »
Draco soupira et l'attira contre lui. Non, ce n'était pas juste. Eluan ne méritait pas de souffrir autant. Il était la personne la plus pure qui existait.
Le jeune homme se mit à pleurer de plus belle dans les bras de son frère.
« Il me manque, » hoqueta-t-il. « I-il me manque tellement si tu savais ! »
« Je sais, » murmura doucement Draco. « Je sais combien c'est dur. Mais il t'aime. Tu ne dois pas en douter. »
Le blond sentit son frère se crisper contre lui.
« Comment veux-tu que je fasse ? Comment puis-je ne pas envisager cette possibilité ? Après tout, on n'a retrouvé aucune trace de lutte, pas de témoins, pas un minuscule petit indice ! Et c'est bien lui qui a écrit cette lettre, merde ! Qu'est-ce que tu veux que – »
« Eluan… »
« Et puis toi, hein, avec ta pute qui t'attend bien sagement dans ton lit, n'essaye pas de me faire changer d'avis ! » cria le jeune homme en se dégageant brusquement de ses bras. « Je n'arrive pas à croire que tu ne vois pas clair dans son jeu ! »
« Eluan, tais-toi, » gronda Draco d'une voix menaçante.
« Il te dépouillera comme l'imbécile que tu es, » rétorqua son frère. « Il va te laisser le sauter comme la catin qu'il est et te prendra tout ce que tu as pendant que tu dormiras ! »
« Mais arrête ! » cria Draco. « Si tu oses encore dire des horreurs pareilles, je te jure que je te gifle ! »
Draco se figea soudainement. Comment pouvait-il perdre son sang froid au point de menacer physiquement son propre frère ? Il se détourna pour aller poser ses mains contre le mur, tendant les bras pour se forcer à évacuer sa colère. Il était si absorbé dans sa concentration qu'il ne remarqua pas que les sanglots de son frère s'atténuaient, pour finir par s'arrêter totalement. Ce n'est que lorsque la voix d'Eluan s'éleva qu'il réalisa que son frère avait cessé de pleurer.
« Tu l'aimes vraiment, n'est-ce pas ? »
Le blond déglutit. Il n'arrivait pas à se faire à ce mot. Aimer. Pas avec Harry. Ce qu'il ressentait pour lui, était tellement plus fort, tellement plus intense que cette vision simpliste d'amour. C'était inexprimable. Il le savait. Il était lié à Harry pour le reste de sa vie. Mais faute d'autre terme…
« Du plus profond de moi-même, » dit-il finalement en se détendant et en se retournant. « Mais ce n'est pas pour ça que tu peux penser que je t'aime moins qu'avant. C'est faux. »
« Je ne veux pas avoir à te partager, » fit lentement Eluan en baissant les yeux. « J-je suis désolé pour tout ce que j'ai dit. Je n'en pensais rien. Je sais que c'est stupide, mais j'ai l'impression que si tu restes avec lui, tu vas m'abandonner. A-alors je crois que j'essaye de te repousser pour avoir l'impression… d'avoir eu le contrôle sur les choses. Pour penser que c'est moi qui aie décidé de partir, et pas le contraire. »
Draco tendit le bras et caressa lentement la joue de son cadet.
« Ne doute pas de mon amour pour toi, petit frère, » murmura-t-il. « Ni de celui de Blaise. »
Lou releva la tête et eut un petit sourire triste en laissant le blond le prendre à nouveau contre lui.
« Jamais, » répondit-il. « Je suis désolé. »
« Pas autant que moi, » dit Draco avec douceur. « Tu ne méritais pas ça. »
Le jeune homme se blottit un peu plus étroitement contre lui et Draco le tint dans ses bras avec tendresse et amertume.
Palais Résidentiel des Pouvoirs Nocturnes, Chambre de Spica Black, 5 Mars 1802, tard dans la soirée.
Un grognement sauvage s'échappa des lèvres de Spica Black, Chef Suprême des Vampires. Elle se dégagea, un peu brusquement elle devait l'admettre, de l'étreinte un peu trop entreprenante de son amant.
« Par l'Enfer, Jemmy, je t'ai dit que je n'étais pas d'humeur ! » cracha-t-elle en rejetant la couverture pour s'asseoir au bord du lit.
L'homme dans le lit soupira bruyamment et se redressa à son tour.
« Ca fait des mois que tu n'es pas d'humeur, » répliqua-t-il avec amertume. « J'ai plutôt l'impression que tu n'as plus envie de moi ! »
Spica laissa un rire désabusé lui échapper et frotta légèrement la paume de sa main sur son front.
« Tu es ridicule, Jérémiah, » répliqua-t-elle. « Je t'ai dit que je n'avais pas la tête à ça. Tu n'es pas obligé de rester et tu le sais. C'est toi qui as insisté pour dormir avec moi. Ne viens pas me reprocher quelque chose dont je t'avais prévenu. »
« Cela fait des années que je partage ta couche et c'est la première fois que tu te refuses à moi aussi longtemps, » fit Jérémiah. « Tu ne me feras pas croire qu'il n'y a pas un problème avec moi. »
« Tu me fatigues, voilà le problème avec toi, » répondit Spica d'une voix cinglante.
« C'est également la première fois depuis des années que tu refuses d'être honnête avec moi, » continua calmement le vampire. « Peut-être est-ce parce que tu refuses d'être honnête avec toi-même. »
Spica tourna vers lui un regard glacial.
« Qu'est-ce que c'est que ces élucubrations ? » rétorqua-t-elle.
Elle aurait voulu calmer sa colère. Elle savait que cette discussion ne mènerait à rien de bon, et elle ne voulait vraiment pas se disputer avec Jemmy. Ils entretenaient tous les deux une relation ambiguë depuis des années. Il lui avait plu dès la première fois qu'elle avait posé les yeux sur lui mais elle avait toujours été incapable de faire comprendre son désir à un homme. Elle l'avait donc choisi comme 'favori', si cette expression pouvait s'appliquer à sa position.
Depuis, ils étaient devenus amis, puis confidents. La situation lui convenait très bien, et elle avait cru qu'elle convenait également à son amant. Mais depuis quelques temps, Spica surprenait des regards tristes de Jemmy dans sa direction. Elle savait que les sentiments qu'il nourrissait pour elle étaient bien plus profonds qu'elle ne l'aurait voulu. Mais elle n'avait jamais été capable de gérer les sentiments des autres. Elle n'était pas de la maison Serpentard pour rien. Alors elle avait laissé les choses se faire en espérant qu'elles se rêgleraient d'elles-mêmes.
Toutefois, depuis qu'elle avait appris que Tom était sans doute vivant, elle savait que les relations entre elle et Jérémiah s'envenimaient gravement. Mais ça non plus, elle n'était pas capable de le gérer. Visiblement, Jemmy allait s'en charger lui-même. Elle détestait ne pas avoir le contrôle de ses émotions. Elle haïssait encore plus quand quelqu'un semblait la percer à jour avant elle.
« Tu n'as pas tenu ta promesse, » souffla Jérémiah. « Tu m'y as fait croire. Tu as réussi à me faire croire que tu m'aimais, autant que moi je t'aime. Alors que ça n'a jamais été le cas. »
Spica resta silencieuse et le regarda fixement. Elle n'aimait vraiment pas ce qu'il impliquait. Elle se souvenait parfaitement de la promesse qu'il l'avait forcée à faire au début de leur relation.
« Tu m'avait promis de ne pas jouer avec moi, » continua Jemmy, la voix un peu sourde. « Tu te souviens, n'est-ce pas ? Je t'ai tout donné en échange de cette promesse. Mon corps, mon esprit, mon amour. Je me suis donné à toi comme j'aurais tant voulu que tu te donnes à moi. »
« Je sais, » répondit Spica, fatiguée et énervée par la tournure de la conversation. « Je sais tout ça, Jemmy. Et je pense très sincèrement avoir tenu ma promesse. »
« Tu penses mal, » répliqua Jérémiah. « Tu m'as fait croire que tu m'aimais en retour, autant que je t'aime. Alors que ce n'est absolument pas le cas. Ton cœur est pris depuis bien longtemps et tu n'es pas libre. »
« C'est faux, » fit la vampire en tournant enfin les yeux vers lui.
Elle fut frappée par la souffrance qui perçait dans les pupilles couleur glacier. Malgré elle, elle ne put détourner le regard.
« Qu'est-ce qui est faux ? » murmura Jérémiah. « Le fait que tu as fait semblant de m'aimer, ou le fait que tu en aimes un autre ? »
« Arrête, je t'en prie, cette conversation ne mène à rien, » tenta désespérément Spica.
Elle ne voulait pas entendre ce que Jérémiah allait lui dire. Ce n'était pas juste. Elle avait fait tant d'effort pour que Tom ne soit plus un facteur déterminant dans sa vie personelle ! Elle ne voulait pas que Jemmy lui balance en pleine figure qu'elle avait échoué.
« Tu sais parfaitement que cette conversation mène à quelque chose, » répliqua le vampire. « Si tu n'as pas tenu ta promesse, pourquoi devrai-je encore tenir la mienne alors que cela me fait affreusement souffrir ? »
Spica ouvrit la bouche pour répondre mais la signification de cette phrase la lui fit refermer. Elle se contenta de fixer son amant avec reproche. Elle lui en voulait de la mettre dans cette situation.
« Pourquoi tu me parles de ça aujourd'hui ? » demanda-t-elle. « Pourquoi essayes-tu de tout détruire maintenant ? »
Jérémiah la regarda avec gravité.
« Parce que jusqu'à hier soir, je croyais encore que cela pouvait s'arranger, » répondit-il, la tristesse perçant derrière ses mots. « Jusqu'à hier soir, j'avais l'espoir fou que ta distance ne soit dûe qu'à des souvenirs, et que tu m'aimais vraiment. »
Spica fronça les sourcils, essayant de se rappeller ce qui avait pu se passer la veille pour que Jérémiah soit si abattu. Puis son visage s'éclaira en comprenant, et elle serra les poings, furieuse contre elle-même.
« Oui, cela te revient, n'est-ce pas ? » fit Jemmy en l'observant attentivement.
« Ecoute, Jemmy – » tenta Spica.
« Non ! Non, c'est toi qui va m'écouter aujourd'hui ! » coupa le vampire. « La nuit dernière, Spica, tu as gémis dans ton sommeil. Tu t'es tordue dans les draps comme si un esprit prenait possession de ton corps. Tu rêvais. Et moi, comme le fou amoureux que je suis, je te regardais, me perdant à croire que j'étais peut-être celui qui, dans ton esprit, te donnait plus de plaisir que jamais. »
Spica grimaça et soupira, mais elle ne détourna pas les yeux. Elle lui devait au moins cela, au moins le regarder jusqu'au bout. Ce n'était pas le jeu de celui qui fermerait les yeux le premier. C'était simplement la question de préserver leur fierté. A tous les deux.
« Mais ce n'était pas moi, » continua Jemmy d'une voix égale. « N'est-ce pas ? Non, ce n'était pas moi. Quand tu as joui, tu as crié son prénom si fort, mo chridhe(1), que j'ai compris que jamais tu ne pourrais l'oublier. Jamais tu ne penseras à moi de la façon dont tu penses à lui. »
« Jemmy… » murmura-t-elle.
« Tais-toi, » fit-il d'une voix basse et ferme. « Je pensais pouvoir y arriver. Je croyais y être arrivé. A te le faire oublier. A le remplacer, à me faire aimer de toi à sa place. Tu m'as fait croire que j'y étais arrivé. Mais la nuit dernière… Par Lucifer, tu te serais vue ! Jamais je n'ai réussi à te faire perdre le contrôle de nos nuits ensemble de cette façon… Et il n'était même pas là ! »
« Parce que tu crois peut-être que ça me fait plaisir ? » fit Spica d'une voix forte, agacée de ces reproches. « Tu crois que je l'ai fait exprès pour te faire souffrir ? Tu penses que ça me plait d'avoir été ensorcelée à ce point par un être si immonde ? Tu crois vraiment que je n'aurais pas préféré tomber amoureuse de toi ? »
« Mais je sais que ce n'est pas de ta faute, » répondit Jérémiah en se levant sans la quitter des yeux. « Seulement, je ne peux pas le supporter. Ce que je te reproche, c'est de ne pas m'en avoir parlé. De ne pas m'avoir dit à quel point tu avais été affectée par cette lettre, t'annonçant qu'il n'était sans doute pas mort. J'aurais compris. Je n'aurais sans doute pas moins crié, je n'aurais sans doute pas eu moins mal… mais j'aurais compris. C'est ce que je t'avais demandé. De ne pas jouer avec moi. »
« Tu aurais compris, tu es sûr ? » répéta Spica d'un ton amer. « Peux-tu seulement imaginer ce que c'est ? »
« Oh oui, je le sais, » répondit Jemmy, perdant enfin maîtrise de lui-même, un son de sanglot refoulé couvrant sa voix. « Bien sûr que je sais ce que c'est d'aimer une personne qui ne te rendra jamais ton amour comme tu le voudrais. Même si les choses ne sont pas tout à fait pareilles, nous sommes finalement dans la même situation. »
Spica sentit son ventre se nouer. Seigneur. C'était si injuste, pour lui comme pour elle. Pourquoi n'arrivait-elle pas à se défaire de cette emprise que l'autre avait sur elle ? Elle avait pourtant été si sûre d'aimer Jemmy de toute son âme…
Elle serra les poings quand l'homme détourna les yeux pour prendre ses affaires et s'habiller à la va-vite.
« Je pense qu'il vaut mieux que nous en restions là, » dit-il d'une voix ironique, semblant se moquer de lui-même en prononçant ces mots.
« C'est ta décision, » répondit Spica.
« Si je peux me permettre de te demander une chose, c'est de ne pas faire appel à mes services avant demain. J'ai grand besoin d'aller me défouler dehors. Avec votre permission, Votre Altesse… »
Il s'inclina légèrement dans une parodie de révérence.
Spica pinça les lèvres.
« C'est ta décision, » répéta-t-elle d'une voix plus douce.
Elle savait que Jemmy allait se retrancher derrière cette allégeance de soldat envers son officier. C'était sa manière de repousser la souffrance. Elle ne soupira pas. Elle ne regrettait pas non plus. Elle se sentait juste terriblement triste. Elle ne voulait pas lui faire de mal. Il ne le méritait pas. Elle non plus ne méritait pas de souffrir ainsi. Du moins, elle ne pensait pas avoir fait quelque chose de si répréhensible dans sa vie pour que cette douleur soit une punition.
Elle s'aperçut que Jérémiah la fixait encore, silencieux, le visage inexpressif, mais le regard brûlant d'un feu ardent qu'elle ne savait attribuer à la colère ou à la douleur.
« Penses-tu que ce soit un châtiment ? » demanda-t-elle.
Il eut un reniflement mi-méprisant, mi-triste.
« En ce cas, nous avons dû provoquer bien des douleurs et des tourments dans une autre vie, » répondit-il.
Il ne dit rien de plus et se détourna enfin. Elle le laissa quitter la pièce, les poings toujours étroitement serrés. Elle n'aurait su dire si c'était pour se retenir de lui courir après, ou de fondre en larmes.
Chambre de Draco Malefoy, même jour, même heure.
En entrant dans la pièce, Draco sut qu'Harry était toujours là. Il l'aperçut aussitôt, malgré l'obscurité. L'esclave était assoupi dans un fauteuil, un livre ouvert posé sur ses cuisses. Une des chemises de Draco était roulée en boule sous son menton. La nuit était tombée depuis plusieurs heures et la porte du balcon, toujours ouverte, laissait entrer un air glacial. Le feu était éteint et aucune bougie n'était allumé ; Harry devait dormir depuis un bon moment.
Le blond se détourna pour aller fermer la fenêtre avant de tenter difficilement de mettre en route un feu. Il y passa un bon quart d'heure, sans parvenir à faire jaillir une seule étincelle des pierres. Il se refusait à réveiller Harry. Il ne pouvait pas non plus prendre le risque de déclencher des rumeurs en appelant un autre esclave. Il jura grossièrement contre son absence de magie qui l'empêchait de relancer le sortilège du feu perpétuel – fallait-il que celui-ci décide de s'arrêter aujourd'hui ! Il sursauta quand une main légère se posa sur son épaule pour le calmer.
« Laisse-moi faire, » fit doucement Harry en lui prenant gentiment mais fermement les pierres des mains.
Draco les lâcha puis se laissa tomber sur les fesses pour le regarder faire. En moins de cinq minutes, le feu était parti et de belles flammes jaune pâle crépitaient joyeusement.
« Tu devrais tenter de t'immerger quelques mois dans le monde Moldu pour apprendre leurs techniques, ça t'éviterait d'avoir besoin d'aide pour ce genre de choses, » dit l'esclave avec une certaine ironie, mais sans méchanceté.
« A quoi bon, » répondit Draco avec un petit sourire. « Puisque je t'aurais toujours à porté de main ? »
Harry lui rendit un sourire hésitant en retour. Avant que Draco ait le temps de lever la main vers lui pour lui caresser la joue, il se releva. Il alluma les nombreuses chandelles de la pièce, tandis que le blond restait assis par terre à le regarder, se demandant comment présenter les choses. Enfin, quand Harry eut allumé la dernière bougie et commença à se tordre les doigts pour trouver autre chose à faire, Draco se lança.
« J'ai trouvé un moyen, » dit-il.
Harry tourna les yeux vers lui.
« Ah, » fut tout ce qu'il trouva à répondre.
« Il faut que tu choisisses un de mes bijoux, » continua Draco. « Il me suffira ensuite d'y jeter un sortilège pour y lier une partie de ma magie. Si, comme je le pense, tu possèdes une sorte de magie résiduelle en toi, elle se liera à la mienne en cas de danger et tu pourras former un bouclier. »
Harry semblait étonné et plutôt inquiet. Il avait cessé de se tordre les doigts mais détourna les yeux quand il croisa le regard de son compagnon.
« Tu es certain que ça va marcher ? » demanda-t-il.
« Absolument. »
Il se releva et s'approcha de lui.
« Naturellement, je ne pourrais pas procéder au rituel tant que ma magie ne sera pas entièrement revenue, » ajouta-t-il. « Je te propose donc de rester ici jusqu'à ce que ce soit le cas. »
Draco vit avec plaisir le regard d'Harry se troubler quand il posa les mains sur les hanches du brun.
« Je ne pense pas que ce soit une si bonne idée que cela, » répondit l'esclave en détournant les yeux.
Le blond s'approcha encore un peu de lui, collant leurs deux corps, enserrant avec force la taille de son amant.
« Ne me prends pas pour un imbécile, » murmura-t-il à son oreille. « Cela fait un moment que j'ai remarqué que ta nervosité en ma présence n'est plus lié à ton passé. Tu me désires, Harry. N'ai-je pas raison ? »
Celui-ci déglutit mais tourna son regard vers lui.
« Je te déconseille de jouer avec moi, » répondit l'esclave d'une voix ô combien suave. « Parce que sur ce plan-là, je suis sûr d'être aussi doué que toi. »
Draco sentit le sang lui monter aux joues et descendre directement dans ses culottes. Seigneur. Depuis le premier jour, Harry l'excitait au plus haut point. Et Draco savait que le jour où il pourrait enfin lui faire l'amour, ce serait divin. Mais il n'avait pas vraiment imaginé qu'Harry aurait un comportement si… coquin. Il savait qu'il apprécierait son corps – parce que, par Merlin, avait-on jamais vu un corps si parfait ? – mais de là à ce que l'esclave joue de cette capacité à exciter les gens…
« Je ne jouerai pas, » chuchota Draco. « Pas ce soir. Je te veux Harry. Et ce soir, je ne te laisserai pas partir sous prétexte que tu es nerveux. »
« Draco, » souffla le brun.
Celui-ci posa sa bouche dans son cou.
« Viens au lit avec moi, créature des Enfers, » haleta Draco. « Viens me faire toucher les rives du Paradis… »
« Le plaisir sera pour moi, » répondit Harry d'un ton malicieux.
Draco n'attendait aucune autre invitation. Il tira l'esclave par la main et l'allongea sur le lit avec douceur et avidité. Mais avant qu'il ait le temps de réagir, le brun lui saisit la main et le tira. Le blond se retrouva sur le dos, Harry à califourchon sur lui, et la bouche pleine d'une langue intruse, avant d'avoir le temps de comprendre ce qui lui était arrivé.
« Seigneur, Draco, tu es si dur que j'ai l'impression que, si je te touche, tu vas exploser, » murmura Harry contre ses lèvres.
Il bougea légèrement la hanche pour bien faire comprendre à quelle 'dureté' il faisait allusion.
« Si ça peut te rassurer je suis très près de penser la même chose, » répondit le blond d'une voix tremblante. « Mais tu m'as l'air d'être dans le même état que moi… »
« Ce n'est pas faux, » rigola Harry en embrassant sa gorge.
« Déshabille-toi, » demanda Draco. « Je veux te voir nu. »
« Non, » répondit l'esclave. « Toi d'abord. »
Il n'attendit pas que le blond fasse un geste. Il s'appliqua lentement à défaire les boutons de sa chemise, explorant de sa bouche toute parcelle de peau qu'il semblait trouver intéressante.
« Harry… » souffla Draco d'une voix de plus en plus rauque.
« Chut… » répondit celui-ci. « Laisse-moi faire, mon amour. Tu as eu une dure journée. Il faut bien que je me fasse pardonner d'une façon ou d'une autre… »
Il remonta vers les lèvres de son amant et passa une main derrière sa nuque pour l'embrasser à nouveau.
« Je ne veux pas aller jusqu'à te laisser me prendre, » chuchota-t-il. « Je suis désolé, je ne peux pas. »
« Peu importe, tant que tu n'arrêtes pas de me toucher, » répondit Draco « Par Merlin, Harry, tu me rends fou, complètement fou… »
« Je sais, » murmura le brun. « Je sais. Toi aussi, tu me rends fou, fou d'envie et de désirs indécents… »
Draco gémit. Il aurait pu jouir rien qu'en écoutant cette voix lui parler. En fait, il était persuadé que si Harry n'arrêtait pas de lui murmurer tant d'obscénités à l'oreille de sa voix si sensuellement rauque, il allait effectivement éjaculer dans son pantalon.
Il posa donc ses mains sur les fesses de son amant et les serra brièvement. Il fut récompensé d'un gémissement surpris et, avec un sourire aux lèvres, il utilisa ses jambes pour se glisser le long du corps d'Harry. L'esclave se releva légèrement sur les genoux pour lui permettre de bouger. Draco défit sa chemise au passage et le brun l'enleva sans trop protester davantage. Puis le visage du blond arriva au niveau de l'entrejambe de son amant et il défit rapidement ses lacets pour prendre en bouche l'érection qui se tenait devant lui.
Harry fit un bruit étrange avec sa gorge et amorça un mouvement pour plonger plus profondément dans la bouche de Draco. Celui-ci le retint en le tenant par les hanches ; il le fit descendre lentement avant de le repousser, puis de le reprendre, et ainsi de suite. Il allait certainement jouir sans qu'Harry ne le touche ; mais foi de Malefoy, l'esclave jouirait aussi.
« Putain, Draco, » grogna le brun.
Le blond retint un rire. C'était probablement une des premières fois que l'esclave expérimentait ce genre de position, en étant au-dessus tout du moins, et Draco se souvenait de sa propre excitation la première fois. Il suça un peu plus fort en enfonçant le plus qu'il pouvait d'Harry dans sa bouche.
Le blond gémissait aussi, désormais. Il savait que c'était fini pour lui ; il allait atteindre l'orgasme d'une seconde à l'autre maintenant. Et comme il était certain de ne pas pouvoir continuer sa fellation après, il s'acharna à sucer Harry de plus en plus, le laissant presque aller et venir dans sa bouche comme il le voulait. Il le retenait uniquement si sa respiration se faisait trop rare.
Puis tout arriva ; le cri d'Harry, trop rauque, trop excitant. Il sentit un jet âcre lui frapper le fond de la gorge, et il se perdit à son tour dans les limbes de la jouissance.
Quand Draco reprit ses esprits, le brun s'était retiré de sa bouche, mais il gisait à coté de lui, la tête sur l'oreiller, la respiration lourde. Le blond remua et remonta à son niveau pour s'affaler à coté de lui. Harry le regarda une seconde avec des yeux brillants, puis il vint se blottir contre lui. Draco l'accueillit avec complaisance et remonta d'une main les draps sur eux, avant de passer un bras autour de sa taille pour le serrer étroitement contre lui.
avis ? Si il y a des gens qui n'aime pas, je vous en prie dites-le moi et expliquez-moi pourquoi... par review, par mail ou par commentaire sur l'un de mes blogs...
je vous embrasse
pas de date pour le prochain chapitre vu que de toute façon je ne la respecterai pas
love you all
speedy
|
Review this Chapter |