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A/N : J'ai pas vraiment eu de reviews transcendantes pour le dernier chapitre, ou des choses auxquelles je ne veux pas répondre : donc, pour ce chapitre, pas de réponses aux reviews. Allez, un petit effort...
A quoi servait d'avoir de la fourrure si ça ne protégeait pas du froid, songea Kurt en enfonçant les mains dans ses poches. L'hiver avait commencé tôt cette année. C'était le début des vacances de Noël, la température était négative et il avait beaucoup neigé les jours précédents. Aujourd'hui, il faisait gris mais il ne neigeait plus.
TJ était fermement accrochée à son pantalon, mais elle s'était écartée de lui – c'était d'ailleurs amusant, son bras tendu et sa petite main tenant le velours côtelé, pas tout à fait prête à lâcher mais presque – et elle regardait les enfants qui jouaient au bac à sable. Il l'emmenait régulièrement au parc de la ville pour qu'elle voie d'autres petits de son âge. Aujourd'hui, il y avait du monde, soit plus de monde que d'habitude. Quand il venait le vendredi matin, seul moment de la semaine où il n'avait pas de cours, il retrouvait les mêmes baby-sitters et grands-mères. Les enfants, jusqu'à trois ans, n'avaient pas de préjugés et TJ apprenait à jouer avec des enfants qui n'avaient pas forcément envie de prêter leur seau et qui mettaient trois fois plus de temps qu'elle à monter au toboggan.
C'était les vacances, il y avait de la neige et donc le parc grouillait de monde. Trois garçons d'une dizaine d'années avaient interrompu leur jeu de ballon pour fixer Kurt avec incrédulité et émerveillement. Les autres gosses ne faisaient pas particulièrement attention à eux, trop occupés à se bombarder de neige. TJ s'agrippait toujours à son pantalon. Peut-être qu'ils lui faisaient peur ?
Il s'accroupit à hauteur de sa fille et lui sourit. S'il ne se camouflait aucunement, sans toutefois arborer un beau X sur son blouson, comme Bobby, TJ était plus discrète que lui. Un grand bonnet de lutin masquait ses oreilles pointues, et des moufles faisaient paraître ses mains pratiquement normales. Pour les pieds, c'était plus difficile. Comme lui, elle avait des chaussures à trois doigts en cuir souple, doublées pour résister au froid et à l'eau, et à l'intérieur les chaussettes que tricotait Margali. Il aurait aimé lui trouver des bottes mais il aurait fallu les faire sur mesure et à la vitesse où elle grandissait, ça aurait coûté trop cher.
Sa puce de 18 mois lui fit un grand sourire.
" Zouer, dada ? " demanda-t-elle avec son intonation unique. Ses crocs la gênaient. Ça passerait.
" Tu veux aller au tas de sable ? " demanda-t-il en jouant avec le pompon de son bonnet.
" Vi. "
Elle tendit les bras vers lui. Il la souleva et partit vers le coin des plus petits. TJ gazouillait dans ses bras, ravie. Elle avait déjà usé son jean, nota Kurt avec un haussement de sourcils incrédule. Comment faisait-elle ? Ça ne faisait que trois semaines qu'elle l'avait, celui-là. Elle ne marchait plus à quatre pattes.
Au bac à sable, ils retrouvèrent avec plaisir leurs alliés du vendredi. TJ courut rejoindre sa copine Tiffany, une ravissante petite métisse, et Kurt s'assit près des parents de la fillette, un des très rares couples du quartier à ne pas refourguer systématiquement la balade au square à la baby-sitter. Il aimait bien ce couple, du même âge que lui ; le père était soudanais et la mère japonaise. Ils avaient un autre enfant, un garçon de six ans aussi beau que sa sœur, qui à l'heure actuelle escaladait le pont de singe.
Ils discutèrent tous les trois en surveillant leur progéniture. Kevin vint les voir et grimpa sur les genoux de Kurt dont il était ravi de partager l'initiale. Après un petit bavardage, il galopa à nouveaux vers ses jeux en poussant des cris de Sioux.
A onze heures, Kurt alla expliquer à sa fille que c'était l'heure de partir. Elle grimpa dans ses bras et ils partirent dans l'allée, mais ils n'allèrent pas loin. Devant la haie qui séparait l'allée du portique d'escalade, une femme toucha la manche de Kurt.
" Etes-vous Kurt Wagner ? "
Il hocha la tête et dégagea sa queue de la poigne de TJ.
" Je m'appelle Marion Quinn. Ma requête va sans doute vous paraître inhabituelle, mais... donnez-vous des cours de sport ? "
Kurt la regarda sans comprendre. Elle n'avait pas l'air spécialement athlétique. C'était plutôt le contraire. En fait, elle était un exemple des qualités nutritionnelles de l'alimentation américaine.
" Ce n'est pas pour moi, c'est pour mon fils. " elle avait compris son regard. " Regardez. "
Kurt leva les yeux vers le pont de singe. Là où tout à l'heure Kevin grimpait joyeusement, il y avait un petit garçon qui se déplaçait avec une agilité étonnante, suspendu par les bras. Il fit le cochon pendu puis grimpa sur une tour en bois et se dressa sur les mains. La femme soupira et s'écarta.
" Gary ! "
Le petit garçon tourna la tête vers elle et eut un sourire contrit. Il se glissa à l'intérieur de la tour et joua plus conventionnellement.
" Quel âge a-t-il ? "
" 8 ans. "
" Vous savez s'il est mutant ? "
" Comment pourrait-il faire ça sinon ? Je ne lui ai jamais fait faire de sport. "
" Il a toujours pu faire ça ? "
" Non. Ça fait quelques mois. "
7 ans et demi, 8 ans... Mutation primaire précoce, c'était rare mais le professeur leur en avait déjà parlé.
" J'ai essayé de l'inscrire dans le cours de gym que propose son école, mais après deux séances le professeur m'a demandé de l'en retirer. Les autres enfants essayaient de l'imiter. "
" Et vous ne voulez pas que ça reste en friche ? "
" Oui. J'ai peur aussi qu'il se blesse. Il prend de tels risques... "
" Il n'en a pas conscience. " dit Kurt en se rappelant comment il était à cet âge.
La mère le regarda avec affliction. Evidemment, la nouvelle ne le réjouissait pas.
" Ecoutez, je n'ai pas vraiment le temps pour l'instant, ma fille va avoir faim, mais je donne à l'Institut Xavier un cours de gymnastique pour des enfants mutants. Ils ont tous une particularité physique, mais il devrait pouvoir se mêler au groupe. Ce sont de gentils enfants. De toutes façons, ça ne coûte rien d'essayer. "
" Quel âge ont ces enfants ? "
" Entre 8 et 12 ans. Les cours sont interrompus pendant les vacances, ils reprendront le 6 janvier. Le cours de gym des enfants a lieu le mercredi après-midi, à 3 heures 30. "
Il prit une carte de visite de l'Institut dans son portefeuille et y griffonna ses coordonnées.
" Tenez, appelez-moi début janvier. On règlera les derniers détails. "
" Merci beaucoup. "
" Je vous en prie. Au revoir, madame. "
Kurt sortit du parc, rejoignit sa voiture, l'ouvrit et installa TJ dans son siège. Alors qu'il entrait sur la route de l'Institut, son portable sonna.
" Allô ? Bonjour, maman. Quoi ? Ah... Mais non, c'est pas grave. Ecoute, maman, je conduis, tu ne veux pas en parler plus tard ? Oui... Attends, tu es venue à mon anniversaire, ça ne fait même pas un mois ! Non... Non, je t'assure. Je te le promets. Ça ne me dérange pas que tu ne viennes pas pour Noël. C'est ça. Oui. Tu ne veux vraiment pas en parler plus tard ? Ah. Bon. Moi aussi, je t'embrasse. Au revoir. "
Il raccrocha et soupira. Mystique était parfois vraiment fatigante quand elle se piquait de maternage !
Trouver des cadeaux pour les enfants avait été facile. Un jouet, un livre, des bonbons – et sensiblement la même chose pour TJ, Rachel et Heiko. Pour les adultes, c'était toujours plus casse-tête.
Pour le Professeur, facile, ils se cotisaient tous pour lui offrir une couverture neuve, un petit bijou de laine et de cachemire d'un brun chaud assorti aux boiseries de son bureau (A/N : je n'invente rien. Charles est hémiplégique, il est paralysé à partir de la taille, et bien qu'il ait une circulation sanguine dans les jambes, il a souvent l'impression d'avoir froid. C'est pour ça que ses jambes sont couvertes !). Pour Scott, c'était également aisé : d'un commun accord, les éléments féminins de l'Institut allaient lui offrir une batte de base-ball. Sophie avait aussi reçu un coup de main par Caro, la fiancée de Warren :
" Il ne l'avouera jamais, mais il aime les bonbons acidulés, et j'ai vu un truc dans une confiserie qui serait super. Ils appellent ça des Grapies. Imagine un bonbon acidulé qui aurait été soufflé comme du pop-corn. On dirait une grappe de petits ballons. "
" Pourquoi tu ne lui offres pas ? "
" Si ça vient de moi, il ne me parlera plus pendant des semaines. Toi, ça ne risque rien. "
" Parce que je suis la comique de service ? Merci, c'est gentil ! " répondit Sophie, l'air faussement offusqué. Les deux filles éclatèrent de rire.
Caroline était devenue dès sa première visite à l'Institut amie avec Sophie. Brune piquante, du même âge que Sophie, elle venait de finir ses études de droit. Elle et Warren devaient se marier l'été suivant. Ils vivaient à New York, au siège même de la multinationale de Warren. Sophie n'était pas mutante, mais son humour et son intelligence lui avaient vite offert une place dans l'équipe. Elle et Sophie étaient d'autant plus proches que Caro possédait un chat de huit mois, nommé Excalibur, et que Sophie l'avait aidée à mieux comprendre son comportement et ses sautes d'humeur (A/N : peux pas résister, je vous donne l'adresse. http/ www. student. ipfw. edu/ 7Eosbodr01/ hallmarks/ hallmark00. html . Enlevez tous les espaces. C'est en anglais, mais il ne faut pas un niveau très élevé pour comprendre. Et c'est vraiment hilarant).
Sophie passa ensuite à ses amis. Pour Ororo, des fleurs. Elle décida de lui offrir des lys, tout petits bébés en pot qui pourraient être replantés. Pour Jean, Kitty et Caro, du parfum. Pour Malicia, de beaux gants en soie trouvés dans la même boutique que le cadeau de Logan.
Son amitié avec Logan avait été une surprise générale. Quand, quelques jours après son arrivée, le Professeur lui avait demandé ce qu'elle pouvait faire sous sa forme féline, elle l'avait regardé avec les yeux ronds. Avec un sourire amusé, où Sophie avait cru lire de l'indulgence et une certaine incrédulité, il l'avait envoyée voir Logan. Le mutant rase-mottes était bien connu pour son caractère irascible. Exigeant avec ses élèves, d'un caractère changeant avec ses collègues, sauf avec Kurt, son meilleur ami, et Ororo.
Logan pouvait la conseiller – lui enseigner – car il avait lui aussi des griffes, six pointes d'os gainées de métal indestructible, de véritables rasoirs aussi longs que ses avant-bras. Freddy Kruger, le retour. De plus, il conservait sous des usages, sous un comportement social bien plus acquis qu'inné, l'instinct d'un animal sauvage. Ils ne combattaient pas dans la même catégorie : fidèle à son nom, Logan était un glouton, un carcajou, petite teigne d'Amérique du Nord qui n'hésitait pas à s'attaquer à des proies trois fois plus grosses que lui et que même les pumas tenaient en respect. A côté de lui, Sophie faisait figure de chaton tout juste sevré. Pas vraiment de quoi rivaliser. Sauf pour une chose : leur pouvoir autoguérisseur. Sophie commençait tout juste à cesser de vieillir. Logan avait plus de 100 ans, dont 70 sans changer d'apparence pour un poil (ce qui n'était pas peu dire). Et en dehors de son pire ennemi, un autre mutant contre qui il s'était battu des dizaines de fois sans que l'un parvienne à supprimer l'autre, elle était le premier mutant qu'il rencontrait qui eût le même pouvoir que lui. Alors, en dehors des entraînements, ils discutaient. Elle l'apprivoisa. Elle sentit qu'il n'attendait que ça. Il se rendit compte, le premier, que la présence de Sophie l'apaisait. Et de fil en aiguille, avec la vivacité des animaux qui ne se posent pas trop de questions, ils étaient devenus très amis.
Pour Logan, Sophie avait repéré une petite boutique tenue par une minuscule japonaise. Elle s'était fait dessiner l'idéogramme de " Samouraï " par un étudiant qui, ne pouvant communiquer que par l'écriture, en apprenait toutes les formes possibles, était allée à la boutique et avait demandé la reproduction du mot sur un panneau de bambou et de soie que Logan pourrait accrocher au mur de sa chambre. Sa connaissance supposée des kanji et le fait qu'elle sache ce qu'elle voulait lui avait fait obtenir un gros rabais. Non pas que tout soit hors de prix dans la boutique, mais la vendeuse devait bien gagner sa vie. Bon, on allait dire ça.
Par Ororo et Logan, Sophie avait fait la connaissance de Kurt. On ne pouvait qu'aimer Kurt. Il était si charmant, si drôle, si tendre avec sa fille, et, accessoirement, si beau, qu'on tombait sous le charme tout de suite. Son amitié avec Logan relevait aussi du mystère : ils avaient peu en commun. C'était peut-être parce que Kurt, quand il était arrivé chez les X-Men à tout juste 19 ans, était banni de sa famille, de son clan. Et qu'il ignorait toujours qui était son père, celui qui lui avait sans doute légué cette apparence. Logan n'avait aucun souvenir de sa famille. Il était son propre ancêtre. Une branche unique. Sans doute celle d'un de ces pins du désert qui semblaient morts de sécheresse mais qui étaient en réalité les plus vieux arbres du monde (A/N : Authentique. Le plus âgé a été abattu par erreur. Il avait 4771 ans. Faites le calcul : il date des pharaons. Le plus vieil arbre de France a dans les 800 ans. Le règne animal détient le record, d'après ce que je sais, d'environ 150 ans avec la tortue de mer).
Connaissant la religion de Kurt, Sophie avait été plus qu'étonnée de voir qu'il ne possédait pas, dans sa bibliothèque, Le Voyage de Théo (A/N : Catherine Clément, éditions du Seuil, 1997. Je ne sais pas si le livre a été traduit en anglais mais d'ici 2013, ça devrait être fait). Plus qu'étonnée, mais elle tenait son cadeau.
Pas mal : d'après sa liste, il ne lui restait plus que trois cadeaux à trouver. Peter était si réservé qu'elle ne le connaissait que peu, mais tout le monde connaissait sa passion pour la peinture. Dans une grande librairie, elle dénicha un livre sur les peintres russes.
Le paquet bien rangé dans son sac à main, elle se promena dans les rues. Il avait neigé juste ce qu'il fallait, assez pour tout recouvrir d'un joli manteau blanc, pas assez pour paralyser le trafic. L'air sentait le gel, les gâteaux, les sucreries, la résine, les bougies. Les maisons s'ornaient de couronnes, de guirlandes de houx. Sophie marcha un moment, pour le plaisir., dans les rues enneigées et lumineuses. Il ne lui restait que deux cadeaux à trouver : Gambit et Bobby. Pensant à ce dernier, elle entra dans une boutique de farces et attrapes, attirée par les sapins chanteurs, les bûches à quatre pattes, les dindes en peluche et les guirlandes lumineuses technicolor. Elle rendit son sourire à une vendeuse radieuse, affublée d'un bonnet rouge qui masquait à moitié ses boucles d'oreilles. La boutique était bien remplie, mais vaste. Sophie apprécia ; elle n'aimait pas jouer des coudes dans une foule pour atteindre un présentoir. Le côté félin de son ADN lui donnait une grande souplesse, mais les chats ne toléraient pas une trop grande proximité.
Dans le fond du magasin, un groupe d'adolescents ricanait en se montrant des T-shirts à inscriptions tendancieuses et des oursons représentant... tout ce qu'un esprit pervers pouvait imaginer faire d'un ourson (A/N (-12) : Vous en avez peut-être vus dans des boutiques de cadeaux. Il paraît que ça se vend... Mon préféré, si j'ose vous faire lire une chose pareille, est celui qui avale de l'eau de Javel. Il est drôle. Si vous êtes totalement scandalisé par ce commentaire et que vous pensez qu'un auteur adulte et responsable ne devrait pas écrire des choses pareilles ; si, par ailleurs, vous êtes abonné à La Croix et militez pour l'établissement de la majorité à 25 ans, peut-être devriez-vous songer à cesser de lire mes histoires). Une bande de collégiennes hésitait devant des agendas et des stylos ornés de plumes. Sophie contourna un présentoir de cartes de vœux siffleuses, chanteuses, lumineuses, projetant des confettis ou un jet d'eau ; puis elle longea une étagère présentant des dindes en peluche de différentes tailles, avec des visages rigolards. Elle s'amusa devant un t-shirt XXXL proclament en lettres énormes " JE NE SUIS PAS GROSSE JE SUIS ENCEINTE ". Elle joua un peu avec les bûches à quatre pattes, qui venaient si on les sifflait, trottinaient sur leurs petites pattes, mais s'enfuyaient si on prononçait le mot " couteau ". Elle traîna ainsi dans le magasin, se laissant entraîner par l'ambiance un peu folle et excitée. En arrivant dans la section " Tours de magie ", elle sourit. Elle était venue en pensant à Bobby et c'était le cadeau de Gambit qu'elle avait trouvé. Ces vieux jeux de cartes truquées existaient toujours. 42 cartes, mais aucune n'était normale. Certaines étaient imprimées des deux côtés, d'autres en miroir ; certaines présentaient le haut d'une carte et le bas d'une autre. Il y avait des figures étranges, des couleurs anormales, des nombres invraisemblables, et la célèbre carte tronquée collée sur une autre, qui donnait l'impression de deux cartes quand il n'y en avait qu'une. Sophie acheta le paquet et sortit du magasin. Elle savait ce qu'elle allait offrir à Bobby. Tant qu'à faire dans l'humour, autant y aller carrément.
Elle alla dans une boutique d'articles de cuisine qu'elle avait repérée pendant sa balade. Elle dut demander de l'aide à plusieurs vendeurs avant de trouver le rayon qu'elle cherchait. Elle examina plusieurs modèles, repoussa d'emblée les plus classiques, regarda attentivement les autres et finit par choisir un kit de trois moules en silicone. Satisfaite, elle ajouta le paquet aux autres et fila prendre la navette New York – Ecole Xavier pour surdoués.
" Ça te plaît ? " demanda Kurt en venant s'accroupir à côté d'elle. Il tenait son livre. Sophie y avait glissé une carte avec une petite dédicace ; il savait que ça venait d'elle.
" Ne me dis pas que c'est toi qui as tricoté ça... "
Il rit. " Non, c'est Margali, ma mère adoptive. "
Elle désigna le livre. " Tu le connaissais ? "
" J'en avais entendu parler, mais je n'avais pas osé l'acheter. Il y a tant de choses là-dedans, il paraît... "
Elle caressa avec affection la fourrure de sa main. Elle était une des rares autorisées à le faire. Il avait un poil de bourre très court, doux comme du duvet, et un poil de jarre un peu plus long, qui créait les reflets de sa fourrure.
" Tu n'oses jamais, Kurt, qu'est-ce qui se passe ? "
Son ami haussa légèrement les épaules. Il ne savait pas. Il avait peur. Peut-être.
Sophie le laissa tranquille et se replongea dans ses cadeaux. Elle avait reçu pas mal de livres, dont un livre humoristique sur les chats, venant de Bobby. Il n'allait pas être déçu, celui-là.
Un bruit étrange, mélange indéfinissable de sifflement et d'expression joyeuse camouflée sous un pseudo grognement, fit tourner la tête à Sophie. Logan avait ouvert son cadeau. Il reconnut tout de suite le mot. Sophie n'oublierait jamais son regard. Il sut tout de suite que c'était elle. Son sourire eut l'éclat de ceux de Kurt. Aussitôt, Sophie chercha, dans ses cadeaux, celui de Logan. Elle le trouva facilement : une simple boîte rectangulaire, emballée dans du papier kraft portant l'empreinte d'un glouton. Elle ouvrit doucement et découvrit une sculpture représentant un chat assis, hiératique, les yeux mi-clos, lourd et doux dans sa main. De la pierre, mais laquelle ? Peu importait. Elle n'avait jamais vu une sculpture aussi belle. Elle lui rendit son sourire et retint un gloussement quand il rougit légèrement et baissa le regard, arrondissant le dos.
Lorsque le Professeur ouvrit le paquet contenant la couverture, un mouvement de foule (coup de coude discret, chuchotement) fit se tourner toutes les têtes vers lui, lui offrant toute la gamme d'expressions depuis l'innocence feinte au rire étouffé. Il les regarda tour à tour, gardant le suspense, avant d'écarter le papier. Ils surent aussitôt que l'idée de Jean avait été bonne (le contraire aurait été étonnant, mais l'inquiétude faisait partie du plaisir).
Après une tournée générale de remerciements, la curée reprit. Heiko et TJ déchiquetaient les papiers, passant d'un cadeau à l'autre avec frénésie, sauf lorsqu'un de leurs présents retenait leur attention. Bobby, à peine plus retenu, ouvrit le cadeau de Sophie. D'abord perplexe, il comprit vite et poussa un cri d'orfraie, exigeant de savoir qui lui avait offert des moules à glaçons " fantaisie ". Sophie riait trop pour parler et elle leva simplement la main. Bobby lui envoya une boule de neige qu'elle esquiva et détourna d'un coup de patte dans la cheminée. Le feu crachota, Gambit siffla entre ses doigts, Caro éclata de rire, les petits battirent des mains, le Professeur réclama le calme. Sophie ouvrit un nouveau paquet : une superbe robe d'été, légère et fine. En regardant dans la pièce, elle repéra les donateurs, Jean et Scott. Jean leva la tête vers elle et lui sourit ; Scott était occupé à enfiler à Rachel un pull made by Margali, bleu tendre, avec son doudou poule tricoté dessus (ce qui ne manquait pas de troubler la petite fille).
Il ne lui restait déjà plus que trois paquets. Au hasard, elle choisit celui enveloppé d'un papier blanc et brillant, découvrant une bouteille de parfum : une eau de fleurs. Ororo, bien sûr. Elle la connaissait trop bien ! Levant la tête pour la remercier, Sophie vit qu'Ororo venait de découvrir ses bébés lys et les regardait déjà avec un amour maternel. Elle lut ensuite la carte que Sophie avait ajoutée et éclata de rire. Il y avait six plants et Sophie avait écrit " Je les ai surnommés Am, Stram, Gram, Pic, Pyc et Colégram, mais c'était juste le temps de m'occuper d'eux – tu peux changer ! " Rassemblant tout le sérieux dont elle était capable, Kurt plié de rire à côté d'elle, Ororo dit " Merci, je pense que ces noms leur iront très bien. "
Gloussant, Sophie défit le beau papier qu'avaient utilisé Warren et Caro et trouva une boîte de chocolats français. Elle en saliva d'avance (Warren avait déjà ouvert son paquet et, stoïque, ignorait les commentaires de Bobby).
Le tout dernier paquet était signé d'avance : le papier représentait des cartes à jouer. Curieuse, elle le défit, découvrant un écrin qu'elle ouvrit : c'était un petit pendentif qui représentait – surprise – un chat, au bout d'une fine chaîne. Quel charmeur !
Elle bondit presque au plafond lorsque le charmeur lui déposa un baiser sur la joue. Dans le tumulte, elle ne l'avait pas vu approcher.
Il se faisait tard. Les parents partirent coucher leurs enfants pendant que les autres rangeaient le salon ; puis, une fois rassemblés, ils se distribuèrent les flûtes, dansèrent, rirent, chantèrent, heureux d'être ensemble. A 11 heures, ils partirent pour la messe dans une église voisine, où ils n'avaient pas à dissimuler leur apparence. Logan resta pour garder le manoir. Ils rentrèrent à presque une heure, ramassèrent leurs cadeaux et allèrent se coucher.
Dents de Sabre se tourna, furieux, vers Wolverine qui venait de l'interpeller. Aussitôt, Diablo se matérialisa derrière lui, en plein air, et le frappa dans les reins de toute la force de ses pieds, le précipitant, déséquilibré, sur les griffes de Wolverine. Son rôle accompli, et une des menaces principales écartées, il se volatilisa pour échapper à la langue du Crapaud.
Tornade et Iceberg (A/N : je déteste ce nom. Je le trouve ridicule. En VO, c'est Iceman. Bon, je reconnais que Homme de Glace c'est pas pratique, que Eskimo c'est ridicule (et, en plus, une insulte), mais Iceberg, franchement... vous imaginez les blagues avec Titanic ?) étaient aux prises avec " Ice ", un jeune homme qui ne devait pas avoir plus de 17 ans. Ils s'étaient fait une idée assez claire du personnage en voyant son costume, une copie d'un ancien costume d'Iceberg, avec un grand " M " bleu glacé sur le torse. Visiblement, il avait très mal pris d'être arrivé plus tard que l'original et, pour bien exprimer sa révolte, s'était mis au service de Magnéto.
Cyclope tentait par tous les moyens de repousser Avalanche et de l'empêcher de détruire totalement le chantier où ils se trouvaient. Mais il ne pouvait s'empêcher totalement de jeter des coups d'œil vers Jean qui luttait contre un autre des nouveaux arrivés dans la Confrérie, le Sorcier. Il avait un costume d'opérette, un casque pour bloquer les intrusions télépathiques, et des pouvoirs visiblement restreints, mais d'après Jean, c'était une bombe à retardement qui pouvait exploser à n'importe quel moment.
Une vision d'horreur, émergeant de derrière les planches où il s'était caché, leur coupa le souffle. Soit c'était un mutant, soit ils avaient basculé dans un univers parallèle de série Z. Ce n'était presque plus qu'un squelette, en partie recouvert de chairs putréfiées. Il avait encore deux yeux, mais c'était à peu près la seule chose qui fût resté intact (A/N : euh... c'est quoi déjà le niveau d'avertissement de cette histoire ?)
" Je vous présente Zombie ! " lança Magnéto, flottant en l'air, avec la fierté de Mary Shelley présentant son œuvre.
S'il n'était plus capable de sourire, le nouvel arrivé cracha fièrement un long jet de liquide indéfinissable vers Alambic – une nouvelle recrue des X-Men, qui venait d'Alabama – lequel recula avec un gémissement écœuré, se masquant le visage.
Wolverine fut naturellement le plus touché. Son odorat surchargeant son cerveau de messages de terreur, il perdit sa concentration et Dents de Sabre en profita pour l'attaquer. Diablo perdit son emprise sur le Crapaud, qui l'envoya voltiger d'un coup de pied assez similaire à ses propres mouvements – honte suprême – avant de s'emparer d'Iceberg pour l'écarter de Ice.
Diablo atterrit près d'Avalanche, qui libéra aussitôt son pouvoir sur le sol. Diablo garda l'équilibre un moment, bondissant et se téléportant, mais sans parvenir à lui échapper, jusqu'à ce que le Sorcier, s'étant libéré un instant de Jean, modifie ses perceptions. Totalement incapable de repérer le haut du bas et son dos du bout de ses pieds, Diablo perdit l'équilibre et valsa en l'air, atterrissant lourdement près d'une des limites du chantier, sur un sol durci de sable. Avant qu'il puisse reprendre ses esprits, Magnéto étendit la main et un rouleau de grillage s'abattit sur lui, se déroula et le plaqua au sol.
Tout l'équipe eut une montée d'adrénaline. Cyclope tira à pleine puissance sur Avalanche, l'envoyant s'écraser sur une poutre levée par Alambic, lequel frappa en sens inverse. Seule l'épaisse armure d'Avalanche l'empêcha de se faire broyer par les chocs. Wolverine se redressa et entreprit une fois de plus de transformer Dent de Sabre en steak tartare. Iceberg renonça à échapper au Crapaud pour aller aider Tornade et le bombarda d'un mélange de neige et de glace. Dès qu'il put se dégager, il prit sa forme de glace, pour empêcher Langue de Glu de le reprendre. Le Crapaud se retrouva vite avec une langue couverte de glaçons. Il dut la replier dans sa bouche pour les faire fondre. Iceberg en profita pour coincer ses chevilles dans une gangue de glace qui grimpa vite jusqu'à la taille, puis jusqu'aux épaules, transformant enfin le Crapaud en une jolie figurine sous cube de glace.
Tornade avait bien du mal contre Ice. Ses pouvoirs avaient juste le petit degré de différence avec ceux d'Iceberg qui l'empêchait de le mettre hors combat. Il la frappait d'un vent glacé continu, diminuant ainsi sa puissance de frappe, car elle devait maintenir la température autour d'elle pour ne pas geler. Elle ne pouvait pas lui lancer de foudre, ni de brouillard assez épais pour s'approcher et passer au corps à corps. Le froid ne lui faisait bien sûr rien, et le chaud non plus. Désespérée, voyant Kurt pris au piège sous le grillage qui l'écrasait, Tornade imagina soudain une autre méthode. Un jour, elle avait versé de l'eau bouillante dans un verre pour se faire une tisane. Le verre s'était brisé, ne pouvant supporter l'écart de température. Qui ne tente rien n'a rien, elle recommença à déverser des trombes d'eau sur le jeune mutant, mais en changeant la température à la vitesse de l'éclair (l'éclair qu'elle ne pouvait malheureusement pas lancer sur ce jeune crétin pour lui apprendre à vivre). Glacé, brûlant, glacé, brûlant, glacé, brûlant... Après quelques minutes, elle eut la satisfaction de voir son adversaire tituber et cesser ses attaques. Sans cesser la douche, elle prépara soigneusement son éclair pour l'assommer sans griller complètement son système nerveux, et le lança en visant son fond de pantalon. Un câble fit une parfaite corde pour le ligoter. Suivant.
Iceberg tentait de combattre Zombie mais celui-ci ne cessait de l'asperger de fluides innommables qu'il parait en les gelant, sans pouvoir l'attaquer efficacement. Alambic retenait Magnéto en le bombardant de planches, afin de l'empêcher de trop s'intéresser à Kurt toujours coincé sous son grillage. C'était l'opposant idéal : son métabolisme était tellement différent de la normale que son organisme ne contenait pas le plus petit atome de métal. Cela, et son pouvoir, troublaient Magnéto.
Cyclope avait rejoint Jean pour lutter contre le Sorcier, mais ils n'arrivaient pas à grand chose, et à en croire le visage défait de Jean et la taille du champ de force qui les entourait, l'explosion annoncée était imminente.
" Tornade, va aider Wolverine ! " ordonna Cyclope. " Puis qu'il s'occupe de Zombie ! Ce truc n'est pas vivant ! "
En même temps que son mari donnait les ordres, Jean avait dit télépathiquement à Tornade – ils s'étaient entraînés à communiquer par les deux voies à la fois – 'J'ai mis un champ de force autour de Kurt, Magnéto ne peut rien contre lui. Fonce !'
Tornade s'appuya sur l'air, s'envola et alla planer au dessus de Wolverine et de Dent de Sabre, largement hors d'atteinte. Wolverine était indifférent au froid, mais n'aimait pas la chaleur ; Dents de Sabre, c'était l'inverse. Donc, une bonne averse de grêle sur les combattants, et en même temps des éclairs sur Dents de Sabre à chaque fois qu'ils étaient séparés. La tendance du combat penchait de plus en plus en faveur de Wolverine lorsque des hurlements retentirent dans tout le chantier. Le propriétaire de la voix clamait être un élève du Docteur Strange, avoir tout appris de Belzébuth dans un rêve, puis il se mit à débiter des mots sans queue ni tête, entre deux hurlements suraigus qui faisaient penser à la plainte d'un matou en chaleur.
" Je crois que le Sorcier a explosé. " dit Tornade pour elle-même.
" Sans blague ? "
Tornade baissa les yeux vers Wolverine qui se relevait. Il était en sang, mais debout, contrairement à son adversaire.
" Appelle Colossus. J'ai une idée pour le défouler. "
Colossus était venu avec eux mais en découvrant que Magnéto avait fait le voyage, Cyclope lui avait ordonné de rester dans le Bird. Il aurait fait une cible trop tentante.
Wolverine prit sa radio, miraculeusement intacte, et appela le jeune russe. Tornade avait grillé le système nerveux de Dents de Sabre avec un éclair envoyé droit dans une plaie de son dos. Colossus les rejoignit et se transforma hors de vue de Magnéto. Tornade lui expliqua son idée et il gloussa silencieusement. Il attrapa les pieds de Dents de Sabre, tourna sur lui-même comme un lanceur de marteau, jusqu'à ce que le mutant inconscient se retrouve à la verticale, et le lâcha. Ils le regardèrent disparaître dans le ciel, et filèrent avant de se faire écraser. Avant de retourner dans le Bird, Colossus chuchota " Pour un lancer spécial, c'était un beau lancer spécial ! "
L' " explosion " du Sorcier en avait fait une sorte de paquet de nerfs à vif de forme vaguement humanoïde, avec un casque anti télépathie sur le crâne. S'il n'était pas rapidement neutralisé, Charles était bon pour sortir la pelle et la balayette afin de ramasser ce qui restait de ses élèves. Mais le seul moyen de le neutraliser était de lui ôter le casque. Jean expliqua cela à son mari, espérant qu'il lui fournisse une solution. Il fit son devoir une fois de plus. Un " arrosage " et un petit bout de télékinésie plus tard, le casque était en miettes par terre. Quelques secondes plus tard, le Sorcier était inconscient au sol, prêt à être embarqué dans un hôpital psychiatrique très compétent, et Jean s'écroulait dans les bras de Cyclope, vidée. Il ne restait de la Confrérie que Zombie. Qui n'était pas vivant ; d'après l'examen que Jean avait pu faire de son esprit, il était mort depuis plusieurs semaines ; sa mutation s'était révélée après son décès. D'un coup de griffes, Wolverine le fit passer de mort-vivant à mort tout court.
Sur le bord du chantier, Magnéto réussit à repousser son adversaire d'un champ de force qui le frappa comme un coup de poing. Il s'avança vers le grillage et rencontra deux yeux dorés, fixes.
Quand Magnéto le regarda, il revit ses priorités. C'était se téléporter ou mourir. Il n'avait que quelques instants avant que Magnéto trouve le second champ de force et l'annule.
Lorsqu'il se téléportait trop loin, ou abusait de ses forces, il souffrait. D'abord essoufflement, puis vertiges, nausées, et enfin une douleur comme un claquage de tous ses muscles. Cette fois, il découvrit un nouveau niveau. La seule chose qu'il perçut à part cela fut le froid. Il n'avait pas eu la force de transporter son costume.
Surpris, Magnéto mit un instant à réagir. Mais il dominait encore. Les X-Men étaient trop loin. Il se tourna vers le corps vautré dans la boue.
" ERIK ! " tonna une voix de femme au comble de la fureur.
Un petit jeu pour vous encourager à m'écrire des reviews ? Non, je ne demanderai pas qui est la femme, c'est bien trop facile. Intéressons-nous plutôt à Alambic, que je n'ai pas eu le temps de vous présenter. Essayez de me trouver :
- Quels sont ses pouvoirs
- Qu'est-ce qui rend son métabolisme si différent
Des indices ? Son apparence physique est normale. Son nom vous aidera pour une des questions. Le fait qu'il vienne d'un des états les plus racistes des Etats-Unis n'a rien à voir avec le personnage. C'était juste une blague de ma part.
See you later !