|
|
| Home Just In Communities Forums Beta Readers Dictionary Search | Login Register Extras |
--
Innocence reconquise
Par Anyssia
24/07/2004 – 25/07/2004
Corrigée le 27/03/2005
e-mail et site : voir sur ma page ffnet
YAOI / Slash – HPSS -
Base : Harry Potter 1 à 5, mais il se peut que je modifie honteusement l’ordre chronologique : de toute façon, je suis une fanfiqueuse alors je fais ce que je veux avec les bouquins, na ! En clair, il est possible que j’utilise des infos du bouquin 5, alors que je garde Sirius Black en vie.
Disclaimer : Les personnages et le contexte sont la propriété originale de J.K. Rowling. Cette variante du scénario par contre m’appartient entièrement. Je ne reçois pas d’argent sur ce travail.
--
- Hermione... Qu’est-ce qui ne va pas avec Harry ?
La jeune fille leva la tête de son livre, intriguée par la question de son ami roux.
- À propos de quoi ?
- Et ben, je sais pas, il est tout calme et il ne va plus se promener dans les couloirs le soir. Pourtant il fait des cauchemars pratiquement toutes les nuits, comme avant. Mais il ne nous en parle plus... J’ai l’impression de voir un automate : il se lève, déjeune, va en cours, re-déjeune, retourne en cours, fait ses devoirs et quand il a du temps libre, il reste à regarder la cheminée sans rien dire et il a même arrêté le Quidditch et ça fait une semaine et demi que ça dure ! Sans parler que je n’ai même pas réussi à le faire rire depuis qu’on est rentré à Poudlard, à peine sourire ! ... Je suis sûr que c’est ma faute ! C’est parce qu’on a pas pu le faire venir au Terrier pendant le mois d’août, ils ont dû le torturer et...
Stoppant d’un geste son ami qui commençait à laisser son imagination galoper un peu trop, Hermione l’observa pensivement un moment, cherchant un moyen de lui expliquer ce qu’elle avait déduit. Oh, bien sûr qu’elle aussi avait remarqué le calme apparent de leur ami commun. Harry donnait bel et bien l’impression d’agir comme un zombie, et ce n’était certainement pas seulement à cause des Dursley.
La mort de Sirius en juin dernier ne devait pas être étrangère à cet état de fait. Le jeune homme semblait perpétuellement perdu dans ses pensées, et Hermione soupçonnait que ce n’était pas simplement une impression et qu’il avait réellement besoin de réfléchir et de remettre ses idées en ordre, de faire un choix.
Car elle était certaine qu’il avait besoin de se décider à propos de quelque chose, et pour cela, ils devaient le laisser en paix et ne pas l’influencer. S’il avait besoin d’un avis, il viendrait les voir. Mais ça, ça sera difficile de l’expliquer à Ron. Rassemblant ses arguments, Hermione tenta tant bien que mal de convaincre son ami, et, contre toutes attentes, y parvint au bout de quelques minutes à peine.
C’est ainsi qu’elle s’aperçut que, pendant qu’elle s’inquiétait pour le Survivant, Ron avait considérablement mûri. Elle concentra cette fois son attention sur le rouquin et son regard envers lui changea au fur et à mesure de la découverte de ce « nouveau » caractère... Somme toute très appréciable...
Pas tout à fait inconscient de l’inquiétude qu’il provoquait chez ses amis, Harry Potter, le Grand Harry Potter, Survivant adulé de tous (sauf des Mangemorts et de Voldemort bien entendu, mais ceux-là, qui aimaient-ils... ?), l’étoile chérie du Grand Dumbledore, futur Auror défenseur de la paix dans le monde sorcier, fervent amateur (et participant secret donc bien sûr connu de tous) des farces des jumeaux Weasley... et bien, s’en fichait complètement.
Comme l’avait supposé Hermione, la mort de son parrain Sirius l’avait en effet amené à réfléchir, une fois la colère contre lui-même et la fureur envers Voldemort un peu atténuées.
Après de nombreux jours passés à observer le plafond de sa chambre (merci les Dursley de « l’oublier » et ainsi de lui ficher la paix !), le jeune Harry était arrivé à plusieurs observations capitales :
1- il s’était fait mené par le bout du nez par Voldemort (et accessoirement par Dumbledore, mais ça, ce n’était pas encore trop mauvais) ;
2- son inconscience avait provoqué la disparition de Sirius ;
3- malgré tout ce qui était arrivé, il ne parvenait toujours pas à éloigner le Seigneur des Ténèbres de son esprit, particulièrement dans l’état troublé dans lequel il était...
Il savait qu’il devait absolument faire quelque chose pour virer ce démon de sa tête, sous peine de devenir fou par manque de sommeil et à cause des visions que ce dernier lui envoyait.
Et pour cela, la seule solution efficace qu’il connaissait était l’occlumencie, mais cela impliquait de travailler avec le professeur Severus Snape, lequel ne l’acceptait plus depuis qu’il avait effectué une visite dans sa pensine...
Visite qui l’avait beaucoup bouleversé d’ailleurs : la découverte de la méchanceté gratuite que pouvaient montrer son père et les Maraudeurs dans leur jeunesse l’avait réellement choqué malgré ce que le professeur avait semblé penser et il comprenait à présent la cause de l’animosité que Snape avait développé envers lui. Mais il n’avait jamais eu l’occasion de s’expliquer à celui-ci et cela le mettait particulièrement mal à l’aise.
Au début, Harry avait eu du mal à décrypter cette réaction. Puis la raison de ce sentiment l’avait laissé complètement ahuri et il avait eu un peu de mal à s’y faire.
Il avait commencé à comprendre vers la fin de son année : durant un énième cours de potion pendant lequel il avait miraculeusement réussi une potion assez difficile, Snape (le Severus Snape, fier, froid et favorisant le plus possible les Serpentards) lui avait adressé un... compliment... Devant tous les Gryffondors et les Serpentards !
Une fois le premier moment de surprise passé et après avoir bien repassé la scène plusieurs fois dans son esprit et avoir vérifié auprès des autres élèves, Harry assuma qu’il l’avait félicité mais le jeune homme garda un visage particulièrement neutre. Pourtant, dans son for intérieur, ses pensées tourbillonnaient avec la même puissance que les commentaires incrédules des élèves quand ils sortirent de la classe.
Il lui avait fallut presque trois semaines pour analyser l’allégresse qui l’avait envahit en entendant ces mots, et quand il comprit, il se trouvait déjà chez les Dursley, incapable de communiquer avec son professeur de Potions. Repassant en boucle cet instant dans sa tête, Harry finit par graver l’expression de Snape dans son esprit et tenta de comparer le sentiment qu’il avait ressenti avec d’autres moments de sa vie.
Finalement, le choc de la révélation se fit sentir alors qu’il commençait juste à se réveiller un matin, à moitié encore dans les limbes du sommeil et perdu dans des délires oniriques. Il se prit à ré-imaginer la scène, mais cette fois en adressant un sourire heureux et fier à son professeur. Cette découverte le sortit définitivement de sa léthargie et il s’assit sur son lit, fixant un point imaginaire sur le mur.
C’était ainsi qu’il avait compris, avec beaucoup de retard, que c’était la reconnaissance et les encouragements de son professeur qu’il recherchait : il voulait à nouveau se sentir fier grâce à lui, comme en ce jour unique !
À partir de ce point, Harry put enfin démêler le fil complexe de ses sentiments et découvrit que seule l’opinion de Severus Snape comptait en fait pour lui. Oh, il restait quasiment toujours un élève modèle, prêtant attention aux professeurs et écoutant la plupart du temps les conseils/ordres de Dumbledore, mais il n’y faisait pas réellement attention, comme pouvait l’attester les nombreux ennuis qu’il avait accumulés au fil de ses années à Poudlard. Pourtant, l’indifférence et le mépris de Snape le blessaient constamment et le mettaient en colère, vraiment en colère. Cette manifestation, il s’en aperçut alors, était une des seules fois où il montrait ses sentiments réels et non pas le masque qu’il avait fabriqué pour coller à son image de Survivant joyeux et aimé de tous.
C’est à partir de cet instant que Harry décida de retourner voir Snape et de lui demander de l’autoriser à recommencer l’occlumencie. Cela lui fournissait une bonne excuse et ainsi il pourrait lui expliquer ce qu’il ressentait et peut-être passer plus de temps avec Snape.
Et c’est ainsi qu’il se retrouvait devant les appartements de Severus Snape, redoutable et redouté Maître des Potions, un soir peu avant le couvre-feu.
Oh bien sûr, il lui avait presque fallu deux semaines pour rassembler son courage, mais le souvenir du sentiment de fierté qu’il avait ressenti face à la reconnaissance de Snape avait fini par venir à bout de ses hésitations et il était parvenu à échapper à ses amis.
Ses amis... Il s’en voulait un peu de ne pas leur avoir parlé de ce qui le préoccupait, mais ils auraient tout de suite poussé de hauts cris, ce genre de réflexions ne cadrant pas du tout avec le masque de jeune homme intrépide et sûr de lui qu’il avait forgé pour son entourage. Masque qui se fissurait de plus en plus depuis qu’il avait compris que le destin imposé par la presse, le ministère et surtout Dumbledore ne lui convenait réellement pas...
Et voilà, il était encore parti dans ses pensées, restant debout sans réaction devant la porte fermée ! Cela lui arrivait souvent depuis ces derniers mois, tout cela était si embrouillé...
Porte qui s’ouvrit brusquement juste à cet instant.
- Et bien Potter, je ne sais pas ce qui vous pousse à faire le pied de grue devant mes appartements depuis plus de dix minutes mais il serait temps que vous retourniez dans votre dortoir. Je ne veux pas savoir quelle mauvaise blague vous étiez sur le point de préparer alors fichez le camp.
Un peu étonné par la tirade lasse que venait de lui lancer Snape, Harry eut tout de même la présence d’esprit de rattraper la porte au dernier moment.
- Non, attendez ! Je voulais vous parler...
Snape le jaugea un instant et soupira avant de s’adosser au montant de la porte.
- Alors allez-y mais dépêchez-vous, je n’ai pas que cela à faire.
Perplexe, Harry observa le visage fatigué de son aîné, avant de soudain comprendre ce qui le tourmentait : une expression ! Snape laissait apparaître une expression devant lui, au lieu du masque froid habituel qu’il présentait à son entourage.
- Potter ! Qu’est-ce que vous attendez !
L’exclamation ennuyée de son professeur le fit redescendre sur terre pour s’apercevoir qu’il avait à nouveau dérivé dans ses pensées, restant à fixer l’homme face à lui sans rien dire.
- Excu... Excusez-moi professeur, bafouilla Harry, gêné, mais en fait, ça risque d’être assez long et donc...
Le jeune homme laissa sa phrase en suspend, se contentant de regarder Snape pour lui demander son accord. Soupirant derechef, celui-ci le laissa finalement entrer dans ses appartements. Il lui désigna un fauteuil auprès du feu et s’installa dans celui face de lui, sans dire un mot.
Ne sachant ni comment lui expliquer, ni par où commencer, Harry resta encore sans parler pendant un moment, fixant le feu. De nouveau, le professeur resta silencieux, confortablement installé. Au bout de quelques instants, Harry releva la tête et le regarda dans les yeux, appréciant bizarrement le silence calme et relaxant qui s’était installé dans la pièce, uniquement troublé par les crépitements du feu. Ils continuèrent ainsi à s’observer pendant un long moment, sans qu’aucun d’eux ne songe même à détourner le regard, mais sans non plus rencontrer de la rivalité ni de la haine à travers cet échange silencieux. Au contraire, chacun d’eux se contentait d’analyser le visage de l’autre, se découvrant pour la première fois sans leurs masques habituels, seuls tout les deux dans leur salle vide et en paix.
Finalement, ce fut encore Harry qui rompit le silence, sans pour autant quitter son professeur des yeux. Il avait saisi une note de perplexité au fond de ce regard noir et s’était décidé à lui expliquer ce qui l’amenait en ces lieux.
- Je suis ici en premier lieu pour vous demander de considérer ma demande de recommencer à étudier l’occlumencie avec vous. Je sais que notre dernière tentative s’est soldée par un échec à cause de mon agressivité et de ma curiosité déplacée. C’est entièrement ma faute et je m’en excuse. Mais, pour ce qui est de la pensine, je ne regrette finalement pas de l’avoir explorée car elle m’a montré une facette du caractère de mon père que je ne connaissais pas. Et contrairement à ce que vous avez dit ce jour-là, je n’étais pas heureux par ce que j’ai vu.
- Je le sais.
- Comment ! s’exclama Harry, stupéfait.
- Vous ne l’avez dit à personne.
- Bien sûr que non ! Ce sont vos souvenirs et en plus c’est un épisode humiliant de votre vie, je ne le divulguerai jamais à personne ! D’autant plus que je ne suis vraiment pas fier de ce qu’a fait mon père, finit-il dans un murmure.
- Vous n’en êtes pas responsable, répondit laconiquement Snape, son visage montrant qu’il n’était pas en colère.
- Mais vous m’avez toujours traité injustement, je croyais que c’était à cause de ce que mon père vous avait fait !
Harry attendit, espérant une réponse qui pourrait enfin le tirer de la confusion qui s’était emparée de lui : il était persuadé que la raison du mépris que son professeur affichait envers lui venait des Maraudeurs. Pour cela, il avait entretenu le mince espoir de pouvoir lui faire changer d’avis à son sujet en lui expliquant combien le souvenir de la pensine l’avait choqué. Mais si cela ne venait pas de ça, comment pourrait-il l’amener à de meilleurs sentiments ? Son principal espoir d’obtenir peut-être un jour un regard approbateur de Snape venait de disparaître, le laissant triste et perdu.
- À cause de Voldemort.
- Pardon ? demanda Harry, confus.
- Voldemort. En tant que Mangemort, je devais montrer de l’animosité envers Harry Potter, l’ennemi de mon maître. Maintenant ce n’est plus nécessaire.
- Comment ça ! Que s’est-il passé durant l’été ?
- J’ai été découvert.
Ignorant le cri d’horreur du jeune homme, Snape continua doucement son explication.
- Ma couverture en tant qu’espion a en effet été détruite, sans que je ne sache comment. Heureusement pour moi, Dumbledore avait découvert récemment un moyen d’isoler ma Marque des Ténèbres en modifiant un sort de magie Ancienne. C’était risqué. Du fait que la magie Ancienne n’est quasiment plus utilisée, nous ne savions pas exactement ce qui allait se passer sans compter que nous l’avions adaptée à nos besoins, mais en l’occurrence nous n’avions réellement pas le choix.
Comme Snape marquait une pause en recommençant à fixer les flammes, Harry se leva et s’agenouilla auprès de lui, inquiet.
- Alors ça a fonctionné ? ...
- ... Oui... Nous sommes parvenus à poser le sceau autour de la Marque, et elle est devenue totalement inactive...
- Mais... ? Il y a eu un problème n’est-ce pas ?
Harry surprit un éclair de douleur dans les yeux de son professeur quand celui-ci baissa la tête vers lui et sentit son estomac se contracter en attendant la suite.
- Voldemort... était déjà en train de me faire payer ma trahison, et la pose du sceau était elle-même également extrêmement douloureuse... Il m’a semblé que je sombrais dans la folie.
Essayant de faire fuir horrible sensation de son esprit, Severus se prit la tête entre les mains, crispant tout son corps... Il avait bien remisé ce souvenir dans sa pensine, mais son corps se souvenait encore de la souffrance.
Pétrifié face aux émotions si intenses que montrait son imperturbable professeur en temps ordinaire, Harry ne sut pas comment réagir au début.
“ Aux grands maux les grands remèdes ! ” se dit-il.
Risquant le tout pour le tout, le jeune homme se redressa sur ses genoux et attira la tête de l’homme dans son giron, le berçant tout en murmurant des mots apaisants et en massant son dos en faisant de grands cercles avec sa main. Il avait vu Hermione faire cela à un première année une fois et celui-ci s’était rapidement calmé, peut-être qu’avec Severus ce serait pareil...
Au bout de quelques minutes, l’homme finit par se détendre dans les bras de Harry, ses mains crispées à présent sur le col de sa robe d’étudiant. Ils restèrent ainsi encore un moment avant de se séparer, Harry essuyant doucement les larmes qui avaient débordé de ses yeux noirs. Il lui semblait que l’espion repenti laissait librement couler ses pleurs pour la première fois devant quelqu’un, demandant ainsi sa protection et son réconfort.
Ce n'était qu'une impression, mais pourtant, à cet instant, le Survivant sentit enfin le fardeau des espoirs de son entourage s’envoler, en même temps que ses derniers restes d’incrédulité face aux réactions de l’homme le plus maître de lui de Poudlard.
Si Severus Snape avait assez confiance en lui pour se laisser aller dans ses bras comme il ne le faisait avec personne, pas même avec Dumbledore, alors lui, futur Sauveur du monde, pouvait faire de même.
Harry resta à genoux aux pieds de son professeur, regardant toujours l’homme dans les yeux, lui montrant à quel point il était différent du masque d’arrogant morveux qu’il avait forgé pour les autres.
- Vous m’avez félicité une fois avant les grandes vacances. reprit-il.
Ne sachant pas trop où il voulait en venir, Severus se contenta de hocher doucement la tête. Puis, comme le jeune semblait à nouveau dériver dans ses pensées, il murmura doucement:
- Cela n’avait pas eu l’air de vous avoir fait plaisir...
Au début, Harry ne réagit pas mais quand ces mots se gravèrent enfin dans son esprit, il se redressa brusquement en agrippant la main de son professeur avec force.
- SI ! Si, ça m’a fait plaisir ! ... Enfin, c’est vrai, pas sur le moment... En fait, au début je ne comprenais pas.
Se reprenant après son exclamation, il enchaîna tandis que l’homme le regardait, perplexe.
- Quand vous m’avez complimenté, j’ai ressenti quelque chose d’étrange, un sentiment que je ne connaissais pas, ou du moins que je ressentais si peu souvent que je ne suis parvenu à mettre un nom dessus qu’au bout de plusieurs semaines... De la fierté.
Face à cette déclaration, Severus ne répondit rien, voyant que le garçon avait commencé à penser tout haut. Apparemment quelque chose d’autre le tourmentait.
- Après cela, j’ai essayé de me repasser tous les moments de ma vie, surtout à Poudlard, à chaque fois qu’un professeur me flattait ou me remerciait à cause de Voldemort. Je me suis alors rendu compte que, malgré leur enthousiasme et malgré le masque que je portais, au fond de moi tout cela me laissait froid, indifférent. Pourtant, il a suffi que vous me fassiez une petite remarque agréable sur une simple potion pour que je sente une vague de chaleur et de joie me submerger.
Ils restèrent à nouveau silencieux un moment, Severus toujours appuyé dans son fauteuil et Harry, assis à ses pieds, la tête posée contre ses puissantes jambes d’adulte, le regard perdu dans le vague tandis que ses doigts jouaient doucement avec les longues mains fines de son professeur. Finalement le garçon recommença à murmurer, autant pour lui même que pour son vis-à-vis.
- C’est votre reconnaissance à vous que je voulais, je voulais que vous soyez fier de moi et que je le sois quand vous me parlez. Du moins c’est ce que j’ai cru alors. Mais en fait, je crois que je me suis trompé, ou du moins, que je n’avais pas tout compris.
Tout à l’heure quand vous m’avez parlé, vous l’avez fait sans arrières pensées, sans manipulation, discourant juste comme si j’étais quelqu’un. Non pas un être spécial à cause d’une cicatrice, mais juste quelqu’un qui pouvait comprendre votre réserve, votre esprit. Et vous m’avez montré vos sentiments, votre peine, vous vous êtes reposé sur moi...
Et moi j’ai agi comme si c’était normal. Je vous ai serré dans mes bras et réconforté comme pourrait le faire un ami mais... je crois que j’ai envie de plus.
J’ai envie de pouvoir vous serrer à nouveau dans mes bras et que vous le fassiez aussi avec moi, mais pas obligatoirement pour une raison précise.
Harry s’arrêta un instant pour reprendre son souffle, relevant les yeux vers Severus qui avait commencé à lui caresser doucement les cheveux de sa main libre, ses yeux noirs et son visage détendu laissant apparaîtrent une expression de douceur et de bien-être. L’homme libéra alors sa main des doigts du garçon et, saisissant son poignet, l’attira calmement sur ses genoux, l’enserrant dans ses bras tandis que le jeune homme à califourchon sur lui laissait sa joue reposer cette fois sur son épaule, ses lèvres à quelques centimètres de son cou.
- Je veux rester avec vous...
- Vous le pouvez, Harry, répondit paisiblement Severus.
- Cette fois je veux détruire Voldemort... Vraiment. Je l’aurai la prochaine fois, je vous le promets.
- Merci.
Severus frotta tranquillement sa joue contre ses cheveux, sa main y reprenant ses caresses tandis que Harry attrapait son autre main, sans jouer avec cette fois.
- Je le tuerai. Pour vous. Mais après, je ne veux plus jamais tuer personne, je ne veux pas devenir Auror. Je veux juste rester avec vous. Mais Dumbledore...
L’homme lui coupa la parole pour la première fois depuis son arrivée:
- Dumbledore ne dira rien. Je le convaincrai...
- Alors je resterai avec vous ? Juste comme maintenant... ?
- Oui.
- Je crois... Je crois que je veux plus... Je veux encore plus de vous, pas seulement de la fierté, mais... de la tendresse. Beaucoup de tendresse et... et de... de plaisir. finit le jeune homme, sans plus de réaction. Pourtant, sa main qui tenait celle de son professeur la serrait fortement, de peur qu’il ne le lâche.
Mais la main ne le quitta pas, au contraire. Harry sentit les doigts bouger, s’enrouler autour des siens, avant de finalement les faire s’entrecroiser, pressant étroitement les deux mains l’une contre l’autre.
Soupirant de soulagement, le garçon passa son autre bras autour du cou fin, prenant garde à ne pas tirer sur les longs cheveux noirs qui lui caressaient la peau et rapprocha encore sa tête, ses lèvres se posant sur ce cou, légèrement, juste une rapide caresse avant de retourner à leur place.
- Je me sens en sécurité avec vous, dans vos bras. Vous me garderez dans vos bras ?
La réponse lui sembla mettre une éternité à venir, et, quand elle troubla le silence, ce n’était plus qu’un souffle inutile, que deux bras le serrant intimement sur un torse large et rassurant avaient supplanté.
- Oui, Harry.
La noble tête se tourna enfin et s’abaissa vers lui, posant presque timidement ses lèvres contre les siennes. Ils restèrent ainsi quelques instants, laissant leur souffle frôler les lèvres de l’autre, puis Harry bougea doucement et fit jouer ses lèvres d’un côté à l’autre de cette bouche offerte, plusieurs fois, sans jamais s’en séparer. Severus répondit alors en l’imitant avec sa langue et lui caressa à son tour les lèvres. Un soupir leur échappa sans qu’ils ne sachent de qui il venait réellement et le jeune homme laissa le bout de sa langue quitter sa bouche et rejoindre celle de Severus.
Ils restèrent ainsi longtemps, jouant juste avec leurs langues, découvrant leur goût mutuel, les pressant sensuellement avant que l’homme n’approfondisse le contact, remplissant l’espace qui les séparait encore pour poser à nouveau ses lèvres contre celles qui occupaient alors ses pensées. Sa langue pénétra dans cette bouche qui l’invitait, caressa à nouveau l’autre langue, mais cette fois plus profondément, s’enroulant autour d’elle, la suçant délicatement. Quand il fut certain de l’avoir entièrement soumise, il partit à l’assaut de son abri, explorant cette fois les dents, les joues, taquinant le palais avant qu’elle ne revienne le chercher, insatiable.
Les deux amants restèrent ainsi plusieurs minutes, leurs deux corps alanguis dans le confortable fauteuil, se découvrant mutuellement, jouant avec leurs bouches, bougeant uniquement la tête. Puis les mains se mirent elles aussi en mouvement, caressant, touchant, voyageant sur les corps, enflammant leur peau à travers les vêtements. Et le temps s’étira, voulant les laisser profiter éternellement de leur simple présence, réchauffant l’atmosphère par leur seule chaleur corporelle.
Mais finalement ce fut Harry qui rompit le contact, le souffle court et les yeux brillants de joie, tendresse, bonheur, espoir et pleins d’autres choses encore. Il se redressa légèrement avant de presser ses hanches contre celles de son professeur juste un instant. Puis il se pencha à nouveau et recommença à effleurer timidement les lèvres de l’homme, gardant cette fois les yeux ouverts et les plongeant dans les opales noirs qui l’observaient avec désir. Lesdites opales se fermèrent un bref instant avant que les bras ne se fassent plus présent. Severus se redressa, emportant avec lui le mince jeune homme vers la chambre qui les attendait.
Le Maître des Potions déposa délicatement son fardeau sur le grand lit à baldaquin, le regardant avec convoitise s’installer confortablement sur les draps de soie noire. Il le débarrassa tout de suite de ses vêtements avant de faire de même pour lui puis le rejoignit. Il ne le toucha pas immédiatement, s’asseyant juste sur ses cuisses, se contentant d’enregistrer les moindres détails de son corps, se repaissant de la vision terriblement excitante qui s’offrait à sa vue, ce corps pâle et ses magnifiques yeux verts formant un contraste saisissant sur le lit sombre.
L’adolescent alangui sous ses cuisses lui rendit son regard tout en l’observant à son tour, étudiant la marque noir enfermée dans un cercle formé de symboles qu’il ne connaissait pas, heureux qu’elle soit enfin impuissante, détaillant les cicatrices qui se croisaient sur son corps sans l’enlaidir, mais au contraire renforçant l’aura de protection qui se dégageait de lui.
Submergé par les sensations que la seule vue de ce corps provoquait en lui, Harry ferma les yeux, gémissant délicatement tout en tendant les mains vers son professeur pour qu’il se rapproche de lui. Répondant à sa supplique, Severus s’allongea tendrement sur lui, sans le caresser, sans se frotter à lui, juste pour le recouvrir et le tenir loin des agressions extérieures, juste là, juste maintenant, juste en sécurité, juste avec lui.
À nouveau, ils restèrent sans bouger pendant un moment, savourant le silence et la sensation puissante de leurs deux corps pressés, emplissant l’air de leur odeur. Puis, les mains se remirent en mouvement comme précédemment, reprenant leurs caresses et leur exploration.
LEMON... mais comme ffnet n'est plus très ouvert à ce genre de choses, il faudra aller sur mon site pour le trouver :) vous en trouverez l'adresse sur ma page ffnet (cliquez sur homepage, juste sous le pseudo)
Après quelques instants de plus, Harry se redressa légèrement et lui tendit la main :
- Viens, Sev’...
Severus accepta l’invitation avec un léger sourire et se rallongea sur lui, capturant à nouveau sa bouche pour un long et profond baiser, toujours avec tendresse et douceur, mais cette fois laissant un peu de passion transparaître à travers ses lèvres. Toutefois, Severus stoppa le baiser et se redressa à nouveau sous les yeux interrogateurs de son compagnon. Il lui sourit brièvement et attrapa le drap pour le tirer vers lui. Comprenant la proposition, Harry se releva à son tour pour entrer dans le lit, rapidement suivi par Severus, qui l’attira cette fois contre lui, reprenant leur baiser.
Ils continuèrent ainsi à s’embrasser pendant encore longtemps, reprenant juste leur respiration de temps en temps sans s’arrêter de se frôler, tantôt se serrant l’un contre l’autre avec force et presque du désespoir, tantôt gardant simplement leurs mains croisées.
Quand ils s’endormirent enfin, il était près de deux heure et demi du matin et ils n’avaient pratiquement pas parlé depuis que Severus avait promis à Harry de le garder dans ses bras. C’est d’ailleurs ainsi qu’ils glissèrent dans les bras accueillants de Morphée, la tête de Harry posée au creux des épaules de Severus, un sourire paisible dessiné sur leurs lèvres.
Il n’y avait pas eu de grandes promesses d’amour, ni même de paroles aimantes, juste des regards partagés, juste de la tendresse, de la douceur, des étreintes... Juste des contacts tangibles.
Et pourtant, il semblait à Harry que ce qui les liait à présent était plus fort que de simples mots, formulés de vive voix ou à l’écrit, dans l’intimité ou en publique. Tout cela n’avait aboutit qu’à une simple reconnaissance mutuel, une unique découverte de leurs corps respectifs, mais qui semblait tellement plus tangible que ces quelques syllabes de vent...
Ils s’étaient vus, ils s’étaient touchés, ils avaient partagé des moments intenses ensemble. Cela ne durerait peut-être pas toute la vie, mais en tout cas, le temps que ça durerait, cela serait puissant. Ils avaient tout le temps pour apprendre la passion et l’ardeur du plaisir physique, maintenant qu’ils avaient ressenti la tendresse et la douceur du partage, de l’abandon à l’autre. Cette soirée sensuelle n’était que le prélude de l’érotisme qu’ils pourraient libérer plus tard, ensemble.
FIN
Version du 05:48
Copyright © 2004 Anyssia
Tous droits réservés.