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Books » Harry Potter » Harry Potter et Lord Voldemort rencontrent Rowling
Litany Riddle
Author of 47 Stories
Rated: T - French - Humor - Harry P. & Voldemort - Reviews: 180 - Updated: 09-24-07 - Published: 10-08-05 - Complete - id:2609977

Note de l'auteur :Du retard pour ce chapitre : j'aurais dû le poster avant la sortie du tome 7 ° ça ne veut plus dire grand chose maintenant mais je le mets quand même.

Résumé : Dans le chapitre précédent, un vent de folie souffle sur l'univers de Harry Potter. Celui-ci et ses amis finissent par attérir dans le monde réel... Notre monde.


Chapitre neuf.

« -Et bien... » commença Harry.

Mac Gonagall vit alors Harry, Ron et Hermione disparaître soudainement, comme si la terre les avait avalés.

Harry ne sentit absolument rien, par contre son environnement changea à la vitesse d'un clignement d'oeil. Il s'apprêtait à donner des explications à Mac Gonagall, quand soudain cette dernière s'évapora. Il n'y eut pas que la directrice de Gryffondor qui disparut : Harry, Ron et Hermione se retrouvèrent brusquement seuls au milieu d'une sorte de prairie où paissaient des moutons noirs et blancs.

Envolée Mac Gonagall, envolé Dumbledore, envolés tous les professeurs, envolés les Mangemorts peintres, envolé l'imposant château de Poudlard. Il ne restait plus à la place de l'édifice qu'un escarpement granitique recouvert d'herbe rare, où les moutons ne s'aventuraient guère. Ceux-ci préféraient les bords du lac, où l'herbe était bien verte et bien grasse. Lac par ailleurs encore remplit. Par contre, la forêt interdite avait été remplacée par des pâturages, où broutaient aussi des caprins, et une petite route départementale en mauvais état protégée des moutons par un fil barbelé passait non loin de nos trois Gryffondors abasourdis.

Harry, désorienté par ce brusque changement d'univers, se retourna vers ses compagnons, et là il eut un deuxième choc : Hermione et Ron avaient repris l'apparence qu'ils avaient lors de leur première rencontre. Le jeune garçon regarda alors ses propres mains, toutes petites, examina son corps et se rendit compte qu'il avait à peu près... dix ans.

« -Mais qu'est-ce que c'est que ça ? S'exclama Hermione en passant un pouce sur ses dents de devant redevenues proéminentes.

-On a rapetissé ? » Demanda Ron en dévisageant Harry avec étonnement.

Pendant que les trois enfants s'agitaient, un bélier s'aperçut de cette intrusion sur son territoire. Leurs piaillements et leurs gesticulations le dérangèrent. Il s'énerva, se rapprochant d'eux au petit galop, bien décidé à leur montrer qui était le chef de ce troupeau !

« -Ron attention derrière toi ! »

Et les trois enfants se mirent à courir vers la clôture. Le bélier hésitait à poursuivre l'un ou l'autre, et cela ralentit sa course. Harry se jeta le premier entre les fils barbelés et roula dans l'herbe de l'autre côté. Ron l'imita et Hermione s'en sortit de justesse : le bélier écumant pila devant la clôture juste après que la petite fille soit passée. Sa précipitation lui valut d'ailleurs une balafre sur la joue droite.

Les enfants restèrent sur le bord de la route, encore choqués, essayant de reprendre leur respiration. Ils étaient au beau milieu de nulle part, le long d'une petite route entourée de pâtures quelque part en Ecosse, sans magie, sans famille, sans but précis, sans rien.

Mais ils étaient libres.

Harry leva les yeux. Son destin n'était pas inscrit dans le ciel. Il se sentait heureux d'avoir quitté sa prison, mais en même temps, perdu et mélancolique.

« -Qu'est-ce qu'on fait, maintenant ? Demanda Ron en exposant par cette phrase les pensées de ses camarades.

-Aucune idée, murmura Harry en se relevant. On pourrait faire du stop, mais vu le nombre de voitures qui passent ici... on ferait mieux de marcher. »

Justement, à ce moment-là, un bruit de moteur retentit au lointain et ils virent arriver vers eux une voiture rouge. Elle prenait les virages à toute vitesse, ralentissait ou accélérait sans raison apparente, et les enfants crurent plusieurs fois qu'elle allait finir dans le fossé.

« -Ne comptez pas sur moi pour le stop ! » Déclara Ron en entendant les pneus crisser.

La voiture, qui était une Audi décapotable rouge, pila enfin devant eux après moult agression du goudron.

« -Vous montez ou vous restez avec les moutons ? Demanda Voldemort d'un ton exaspéré.

-Heu... On se connaît ? Demanda Hermione en voyant un garçon de leur âge au volant.

-C'est Voldemort, Hermione, répondit Harry.

-Ah... Enchantée alors.

-Je ne suis pas venu là pour faire la conversation, montez ! »

Harry fit le tour de la voiture en examinant Voldemort : celui-ci avait aussi retrouvé son apparence d'antan, celle que le survivant avait vue dans la pensine.

« -Tu as une explication pour notre apparence ?

-Effet secondaire. Attachez vos ceintures. »

Les trois enfants ne se firent pas prier. Quand Voldemort redémarra, la voiture fit une embardée et elle fonça sur l'accotement. Il fit une marche arrière pour se sortir des fils barbelés qui avaient esquinté la carrosserie et les roues arrière se retrouvèrent sur l'autre côté de l'accotement boueux.

« -Heum... Je peux conduire, peut-être ? » Proposa Hermione horrifiée par le maniement de la boîte à vitesse qu'avait Voldemort.

Tom se retourna vers elle et lui jeta un regard noir.

« -Tu sais conduire toi ?

-Mes parents ont tenu à me faire prendre des cours de conduite cette année... Je n'ai pas encore le permis mais je me débrouille...

"En tout cas mieux que toi", faillit-elle ajouter.

« -Ok. »

Après cet échange laconique ils échangèrent de place et Voldemort se retrouva à l'arrière avec Ron. Hermione se débrouilla impeccablement pour les sortir du fossé et commença une conduite tout à fait normale bien qu'un peu lente : avec tous les virages, il fallait se montrer prudent.

Mais avec cette succession de virages, l'estomac à tendance à être un peu trop brassé et à ne pas supporter les trajets en voiture, surtout chez les enfants. Hermione fut surprise par un hurlement suraigu et dégoûté provenant de la banquette arrière. L'arrêt fut brutal et Harry et Hermione se retournèrent pour découvrir que Ron avait tout simplement vomi sur Voldemort et que celui-ci braillait comme si on avait essayé de l'égorger. Cet incident se régla avec du papier essuie-tout trouvé dans la boîte à gant, et en interchangeant les places de Harry et Ron. Heureusement que cette voiture est décapotable, pensa le petit sorcier en sentant de temps à autre les relents de vomi lui chatouiller les narines.

Une heure plus tard, ils arrivèrent dans la ville où habitait Rowling,Perthshire... Et ils se firent arrêter à un carrefour par des gendarmes sidérés de voir une voiture conduite par une petite fille.

Nos quatre petits amis se retouvèrent donc au poste, entourés de gendarmes curieux qui essayaient de leur faire cracher le nom de leurs parents avec des sourires hypocrites, des biscuits et des tasses de chocolat chaud, tout en leur faisant des remontrances.

« -Allons, dites-nous votre nom, on va dire à vos parents de ne pas se fâcher, si c'est ça qui vous fait peur, promis, répéta pour la troisième fois une femme-flic avec un sourire aimable mais très crispé.

-On ne dira absolument rien et vous serez obligés de nous relâcher dans qurante-huit heures, alors arrêter de nous faire chier. » Finit par dire Tom d'une voix sourde en croisant les bras et en se calant dans sa chaise.

Le sourire de la policière se fit encore plus crispé, on sentit qu'elle hésitait, puis elle soupira d'exaspération et tourna les talons.

« -Jo, tu pourrais les surveiller ? Moi j'en peux plus.

-Si tu veux, répondit le dénomé Jo avec un air circonspect. J'en fais quoi, je les met en cellule ?

-Nan, c'est pas la peine, reste avec eux. Je vais en parler au chef, c'est la première fois que je vois un cas comme ça. »

Le flic s'assit en face des enfants et commença à leur parler avec le sourire :

« -Alors les enfants, vous avez eu envie de jouer avec la voiture de Papa et Maman ? Héhé, vous êtes des petits malins ! Mais je vous comprends ! Moi aussi à votre âge, je voulais essayer de conduire une vraie voiture. Surtout que vous avez pas choisi la plus moche, mes petits amis ! »

Hermione leva les yeux au ciel, Harry soupira pour la trentième fois de l'heure, Ron posa un regard vide de sens sur le mur derrière le flic et Tom se calla au fin fond de sa chaise.

Le policier se sentit instantanément gêné par leur attitude, s'éloigna et alla discuter de leur cas avec un collègue tout en les surveillant du coin de l'oeil.

« -Et dire que ce matin j'étais encore Lord Voldemort ! S'exclama Tom en pleine crise existentielle. Et maintenant, je me retrouve dans un commissariat moldu, sans pouvoirs et couvert de vomi !

-Heu... ça se voit plus beaucoup, là… » Fit Ron avec un air d'excuse.

Voldemort lui tourna le dos en maugréant furieusement contre ce monde à la con.

« -Je te signale que c'est toi qui a voulu venir ! répliqua Harry à ses jérémiades. Au moins ici, tu ne te fais pas exploser la gueule par le héro d'un livre pour enfant. C'était le but, non ? Dans l'histoire, c'est moi qui me suis fait avoir.

-Le tome sept n'est pas encore sorti. Comment peux-tu savoir si Rowling ne va pas te sacrifier pour la paix à la fin ? T'as pas lu les interviews ? Des personnages vont encore mourir, etc... Tu peux très bien en faire partie. »

Harry baissa la tête, mélancolique de sa précédente existence. Cela ne le concernait plus, mais il ne s'attendait certe pas à apparaître ainsi dans le monde réel.

« -En gros c'est nous qui n'avons rien à faire ici, dit Hermione d'un ton morne après un long silence. »

Silence qui revient après ces paroles.

-Vous n'étiez pas censés venir, finit par répondre Voldemort.

-Et je suppose que ce n'était pas prévu qu'on soit des enfants, aussi ?

-Non. L'hypothèse que nous avons pris l'apparence la moins âgée de nos apparitions paraît plausible.

-Dans ce cas-là, je serais encore nourri au biberon, répliqua Harry d'un ton rogue.

-Heu... Premier dialogue, suggéra Ron.

"Peu importe" avait envie de crier Harry. Il voulait sortir d'ici et vivre sa propre vie maintenant, vite ! Il y avait urgence dans la recherche du bonheur.

Un agent de police s'approcha d'eux et dévisagea Harry.

« -Tu serais pas déguisé en Harry Potter, toi par hasard ? »

Le jeune garçon retint le rire maussade qui menaçait de s'échapper de ses lèvres, et hocha la tête.

« -C'est parce qu'il sort demain, c'est ça ? Le dernier tome ou je sais pas quoi...

-Ouais...

-Vous savez combien de temps on va rester là ? en profita Hermione.

-Hum... Je crois qu'ils ont appelé la DASS... Dans tous les cas, vous ne dormirez pas là, fit l'agent avec un sourire amical. Ma fille est fan d'Harry Potter aussi, vous savez ? Si, demain, je ne l'emmène pas acheter son livre, elle va piquer sa crise... »

Harry remarqua que Voldemort s'était énervé au mot "DASS" et que maintenant il examinait avec attention les portes de sortie.

-Hey, qu'est-ce que tu as, bonhomme ? lui demanda l'agent.

-Heu... Où sont les toilettes, s'il vous plait ? répliqua Voldemort avec un sourire angélique.

Une heure après, tout le poste de police était en émoi parce qu'on avait perdu un des quatre enfants trouvés.

- Genial ! Il nous a largués ! Marmonna Ron en s'enfonçant dans son siége. On va faire quoi nous maintenant?

-J'étais sûr qu'il allait partir, dit Harry en soupirant. Avec ce sourire hypocrite, il aurait rongé les barreaux avec les dents pour ne pas encore aller dans un orphelinat...

-On pourrait pas s'enfuir nous aussi ? suggéra Hermione. Ça commence à sentir mauvais pour nous ici.

-Ah oui ? Et tu veux qu'on fasse comment avec ces policiers tout autour qui nous lâchent plus d'une semelle ? chuchota furieusement Ron.

-Hey ! les interpella Harry.

-Quoi ?

-Regardez... ils ont laissé la porte ouverte...

-On court ? demanda Hermione en regardant les garçons.

-On court ! s'exclamèrent ceux-ci avec enthousiasme.

Aussitôt dit, aussitôt fait : les gamins entreprirent un glissé-courru jusqu'à la porte de sortie, bluffant les agents de police surpris et détalèrent dans la rue avec une bonne dizaine de mètres d'avance. Ils prirent les petites rues latérales, coururent à en perdre haleine en entendant les cris des policiers derrière eux et finalement atteignirent une gare de marchandise désaffectée. Ils se jetèrent sous un wagon engoncé entre plusieurs autres et se terrèrent là plusieurs minutes, angoissés, éreintés et transpirants.

Un peu plus tard, ils s'extirpèrent de leur cachette, couverts de poussière immonde et particulièrement bien collante.

-On devrait attendre la nuit pour faire quoique ce soit, dit Hermione. Les recherches d'enfants s'arrêtent souvent à la tombé du jour, surtout quand ils n'ont pas été kidnappés par des déviants sexuels.

-D'accord ! » Répondit Harry en s'asseyant sur un poteau électrique renversé pendant que Ron faisait de même sur un tas de vieilles poutres vermoulues et envahies par les ronces.

Ils attendirent quelques heures que la lumière décline. Quand le soleil eut dardé de ses derniers rayons les vieux wagons rouillés, des petits lapins de Garenne commencèrent à sortir de leur cachette. D'abord timides, la présence des trois enfants immobiles ne les gêna guère. Ils se mirent à gambader joyeusement, à faire des pirouettes, à brouter un trèfle ici ou là. Ils se livrèrent aussi à l'occupation caractéristique des lapins : plusieurs couples s'activaient gaiement à la perpétuation de la race et un troisième lapin vint même se greffer sur deux petits lapins occupés à cette activité, ce qui ne gêna pas outre mesure le mâle qui continua son ouvrage comme si de rien n'était.

Le survivant interrompit ses compagnons occupés à se documenter sur la reproduction des lapins de Garenne pour attirer leur attention sur lui et manifester le signal qu'il était temps de se mettre en route :

« -Rowling habite dans un château à l'écart de la ville. Je crois me souvenir où, mais j'en suis pas très sûr...

-On a pas d'autre choix de toute façon. » Dit Ron en haussant les épaules et en détournant son regard des lapins dans une tentative d'indifférence.

La campagne anglaise dans laquelle ils s'avançaient était recouverte d'un ciel immense. Des nuages sur la moitié est, à l'opposé de l'endroit où le soleil avait disparu, reflétaient encore l'orangé tendre de ses rayons. On aurait dit qu'un grand coquillage nacré d'une légère couleur crème et abricot était posé sur le monde et le couvrait comme une sorte de dôme protecteur. Harry respirait et se sentait libre comme jamais auparavant. Il pouvait aller où il voulait, faire ce qu'il lui plaisait sans besoin d'accomplir un destin tragique.

Mais bientôt, la faible lumière déclina, jusqu'à ce que les enfants ne distinguent plus que par la texture sous leur pieds s'ils marchaient sur la route ou dans l'herbe... Ils se retrouvèrent à longer une petite route sous le couvert d'une forêt sombre, humide, froide et angoissante. Evidemment, Harry n'était plus du tout sûr de la direction et ils commençaient à se disputer :

« -On aurait dû rester au commissariat cette nuit, râla Ron.

-Pour finir à la DASS ?

-Non, mais tu aurais pu mieux regarder l'adresse, Harry !

-C'est que Voldemort n'était pas censé nous planter non plus ! Il l'a apprise plus que par coeur lui !

-Bon, on fait quoi maintenant ?

-Il y a un chemin, là... ça doit mener à une habitation, forcement !

Les trois enfants quittèrent donc la route. Guère rassurés par l'ambiance et les cris lugubres des oiseaux de nuit, ils ne se quittaient pas d'une semelle et Ron marcha plusieurs fois sur les pieds de Harry.

-Aie ! Mais fait attention enfin !

-C'est pas ma faute j'y vois rien !

-Les garçons, vous avez entendu ce bruit ?

Ils s'immobilisèrent aussitôt et tendirent l'oreille : des pas retentissaient derrière eux. Hermione se retourna brusquement en hurlant. Avec la tension ambiante, Harry et Ron se mirent eux aussi à hurler comme des porcs qu'on égorge, et l'inconnu leur cria de se taire en se bouchant les oreilles.

-BORDEL C'EST MOI !

-Tom ? Mais qu'est-ce qu'il te prend de nous faire peur comme ça ? s'écria Harry au bord de la crise de nerf.

-Et vous qu'est-ce que vous avez à hurler en me voyant ? Je n'aie plus une geule de serpent ni des yeux rouges qui brillent dans le noir pourtant !

-T'as une mauvaise aura...

-C'est ça...

-Bon, au lieu de vous embrouiller avec des suppositions stériles, elle est où la baraque de notre chère auteure ? Qu'on en finisse... soupira Ron.

-On est sur le chemin qui y mène : c'est à cent mètres derrière vous, répliqua Voldemort en se dirigeant vers le portail avec une moue dédaigneuse.

Quand ils se retrouvèrent tous devant la grille, ils se demandèrent un instant comment procéder : sonner ou escalader les murs de deux mètres de haut hérissés de tessons de verre pour finir dans le parc où gambadaient des rottweilers dressés à l'attaque.

-Bonsoir, Madame Rowling ? dit Harry dans le visiophone.

-Oh mon Dieu ! Harry !

"BOUM !"

-Heu... Madame ? ça va ?

-Tu lui fais de l'effet, on dirait ! ricana Tom après que Rowling se soit évanouie d'émotion.

-C'est pas drôle... On va devoir attendre qu'elle se réveille...

-Et ici on se gèle les c... AIE ! Hermione !

-Ron, language !

Ils entendirent un raclement et Rowling, cheveux blonds en bataille et air hagard réapparut à l'écran du visiophone.

-Ne... Ne bouge pas Harry, j'envoie quelqu'un... non, je viens te chercher ! Ne bouge pas, hein !

-Et nous, on compte pour du beurre ? se plaignit Ron. Pff... De toute façon je me suis toujours tapé le rôle secondaire dans ce fichu bouquin, y a pas de raison que ça change ici non plus !

-Tu vas pouvoir te plaindre à la responsable, alors arrête, lui intima Harry assez vexé.

Rowling arriva en courant avec une lampe poche et se hâta d'ouvrir la grille.

Ils restèrent tous à se regarder quelques secondes, sans rien faire. Harry ne savait que penser : sa créatrice était là, devant lui. La femme à qui il devait la vie, mais celle qui l'avait aussi gouverné comme un pantin, qui lui avait fait subir toutes ces aventures trop dures...

Rowling finit par écarter les bras, et dans un éclat de rire où brillaient des larmes, déclara :

-Oh... Mes enfants ! Je suis si fière de vous...

A cet instant, Harry sentit quelque chose se briser au fond de lui, et sans réfléchir, s'élança dans ses bras en criant "Maman !" Voldemort fit exactement la même chose au même moment, et Rowling les serra contre elle en sanglotant. Ils restèrent très longtemps ainsi, aggripés ensemble, tombèrent à genoux et pleurèrent autant de larmes que leurs glandes lacrymales pouvaient en produire.

Pendant ce temps, Ron et Hermione interloqués, glandaient comme des poireaux et se demandaient si finalement ils n'auraient pas été mieux avec les lapins. Finalement comme il faisait froid et qu'au bout de dix minutes Rowling, Tom et Harry étaient toujours dans les bras les uns des autres, Hermione finit par demander à l'écrivaine :

-Madame Rowling, on ne va pas rester là toute la nuit, non ?

-Hein ? Heu... Oui oui. Suivez-moi les enfants, dit-elle en se relevant.

-Ah, pour l'apparence il y a eu des ratées, sinon on sort du tome six.

-C'est... bouleversant ! Mes chéris, si j'avais su un jour que je vous verrais ! Holala, c'est incroyable... Il ne faut pas qu'on sache que vous êtes ici surtout !

Rowling les conduisit donc dans un petit salon et ferma toutes les portes à clefs. Ils s'assirent tous et restèrent encore de longues minutes sans trop savoir que dire ou que faire. Rowling souriait, ses yeux brillaient et de petites fossettes lui creusaient les joues. Au bout d'un très long moment où personne ne prit la parole ni ne bougea d'un pouce, l'écrivaine finit par demander :

-Vous prendrez bien un chocolat chaud les enfants ?

-Ah pitié plus de chocolat ! s'exclama Harry.

Rowling le regarda avec des yeux ronds :

-Mais pourtant... tu aimes le chocolat... N'est-ce pas ?

-Voui ben justement j'en aie un peu trop bu, je crois... Overdose, désolé. Et puis la dernière fois une mouche s'est noyée dans ma tasse...

-Bon... Une bière alors ?

Harry hocha la tête, Rowling interrogea les autres enfants du regard et ceux-ci lui firent des signes affirmatifs. Elle se leva donc et revint avec cinq bières sur un plateau. Ils burent encore dans le silence, mais curieusement aucune tension ne régnait dans l'air. Harry avait l'impression d'avoir attendu toute sa vie d'être dans cette pièce, assis sur ce fauteuil, en train de boire cette bière avec ces quatre personnes là.

Ce fut encore Rowling qui rompit le silence :

-Alors, dites-moi comment vous êtes venus ici ?

Elle regretta sûrement sa question car Voldemort se lança aussitôt dans des explications terriblement compliquées qui durèrent plusieurs minutes. Personne n'osa l'interrompre pour lui préciser qu'ils ne comprenaient strictement rien, et Hermione, déjà saoule, pouffait sans raison.

-En fait la question c'est plutôt : pourquoi êtes-vous venus, dit Rowling après que Tom eut fini.

-Pour ne pas mourir, répondit l'ex-mage noir.

-Moi parce que j'en avais marre que vous me dictiez ma vie, répondit Harry.

-Ben nous on est venu un peu pas hasard, mais on regrette pas, répondit Ron, un peu inquiet par l'état d'Hermione.

-D'ailleurs, est-ce que vous pourriez nous dire, vous, si on va rester comme ça longtemps ? demanda Voldemort.

-Je n'en sais fichtre rien, répondit l'écrivaine.

-Génial, ça nous aide beaucoup... De toute façon, il y a plus important : il faut absolument qu'on empêche la sortie du tome sept ! déclara Tom.

À ces mots, Rowling recracha sa bière et un peu de liquide dégoulina sur son menton.

-Co... Comment ça empêcher la sortie de mon livre ? ( Mon fric ! )

-Si ce livre sort, on repart immédiatement dedans !

-Hein ? s'exclama soudain Harry. Mais tu me l'avais pas dit ça !

-T'as pas demandé. Alors, vous pouvez faire ça ? reprit Voldemort à l'attention de Rowling.

-Mais... je voudrais bien, mais... c'est impossible, il sort demain ! Les livres sont déjà dans les librairies du monde entier... À mon niveau je ne peux plus rien faire !

-Demain... murmura Tom en s'enfonçant dans son fauteuil complètement découragé.

-Il doit y avoir une autre solution ? risqua Harry.

-Pas que je connaisse, répondit Voldemort en gardant un air éteint.

-Mais pourquoi vous voulez rester ici ? ça ne vous plait pas d'être dans mon livre ?

-NAN ! crièrent en coeur Harry, Tom, Ron et brebouilla Hermione à moitié noyée dans sa bière.

-Ah... fit simplement Rowling en se tassant un peu dans son fauteuil.

-Franchement avec ce que vous m'avez fait subir depuis mon enfance, comment voulez-vous que je veuille encore mettre un pied dans ce bouquin ? s'exclama Harry ulcéré. Je pensais pas que quelqu'un était capable d'inventer des gens aussi détestables que les Dursley ! Ma vie est un total merdier depuis seize ans !

-Et moi je veux bien croire qu'il faut un méchant dans chaque livre pour enfant, mais j'ai été gratiné, là ! ajouta Voldemort en croisant les bras avec une expression renforgée.

-L'intello que personne ne supporte c'est pas mal non plus comme rôle, renchérit Hermione avant de retourner s'enfouir dans son fauteuil pour cuver sa bière.

-Et puis moi ben... j'aurais à me plaindre aussi... c'est pas très intéressant de jouer l'ami au grand coeur mais toujours fauché, de n'avoir que des seconds rôles toute sa vie...

Rowling n'osa pas répliquer, toute rouge sur son siège, elle tenait sa bouteille de bière entre ses genoux, fixant le sol comme s'il recelait un secret particulièrement intéressant.

-Il est minuit moins cinq, finit par dire Voldemort en pleine déprime. ( Horloge parlante )

Harry sentit une immense lassitude fondre sur lui. Il ne pourrait donc jamais échapper à son destin ? Et dire qu'il avait cru pouvoir vivre enfin sa vie, tranquille et sans scénario au-dessus de lui !

-J'veux pas y retourner...

Cependant, il fallait bien s'y résoudre. Comme d'habitude, il n'avait pas le choix.

-Je vais me servir du whisky pur feu ! déclara Ron en se levant brusquement et en se dirigeant vers le bar. Ça faisait longtemps que j'avais envie d'y goûter.

Personne d'autre ne profita de ses cinq dernières minutes de liberté, car ils restèrent tous tétanisés avec des yeux vides et l'air de ceux qui viennent de passer quelques mois en psychiatrie (Ndla : oh putain j'en sors tout juste moi ° ). Rowling se mit à sangloter en leur demandant pardon, en disant qu'elle était désolée de les avoir inventés, mais elle ne réussit pas à les émouvoir. Enfin le premier coup de minuit vint à sonner.

-Harry... dit Tom en fixant le bout de ses chaussures. Je te demande pardon... pour tes parents et tout ça. ( Désolé de les avoir massacrés de sang froid, de les avoir piétinés, dolorisés, avadakadavérisés et j'en passe... )

-Erf... C'est pas ta faute. Et moi je vais devoir te tuer...

-Puf... J'espère que je serais pas trop ridicule au moins ! ( Ben... )

Sur cet échange, le douzième coup de minuit sonna, et les quatre enfants disparurent d'un seul coup du salon de Rowling.

Celle-ci resta encore à sangloter de longues minutes, se demandant parfois si tout cela était bien réel. Alors qu'elle fixait la lune presque toute ronde par la fenêtre, mélancolique, un cliquetis retentit dans le silence de la pièce et un grincement de porte se fit entendre. Elle sursauta et se retourna vivement vers la personne qui venait d'entrer.

Et cette personne, c'était moi.

Moi, et le reflet argenté de la lune sur ma hache terrifia Rowling.

Elle se mit à appeler au secours et se jeta sur une porte opposée.

Mais je fus plus rapide qu'elle, et surtout préparée : je bondis et en trois pas fut prêt d'elle, ma hache fendit l'air avec un sifflement sinistre et l'atteignit à l'épaule. Je sentis avec soulagement le métal rentrer dans sa chair, presque étonnée que ce soit si facile, un peu comme dans du beurre mou. Elle hurla de douleur mais tituba encore vers la porte avec l'énergie du désespoir. Enervée je lui donnais un coup dans le dos, et cette fois-ci touchais les vertèbres qui craquèrent avec un bruit affreux. Elle s'effondra sur le sol, ensanglantée et hurlante.

Tout à ma folie haineuse, je la retournais d'un grand coup de pied dans le ventre, et lui fendis le visage avec ma hache en criant :

-Mais tais-toi donc !

Seul un gargouillis immonde sortit de sa bouche après celà. Enfin... si on pouvait encore appeler cette bouillie infâme qui déversait un torrent de sang une bouche... L'arme avait emporté l'oeil droit, la joue et brisé l'os de la mâchoire que j'avais ressenti crisser jusque dans ma propre mâchoire. Une envie totalement folle et malsaine me prit subitement : je levais mon arme une dernière fois et l'abattit brusquement sur le poignet droit de l'écrivain. Il en résulta un craquement sinistre, et la main qui avait rédigé toute cette merveilleuse histoire se retrouva détachée du corps de son auteur.

Elle gisait là, à quelque centimètre du bras, et frémissait tandis qu'un flot de sang inondait le sol peu à peu et que Rowling se convulsait de douleur, son unique oeil roulant dans son orbite et sa bouche noire de sang laissant échapper des gémissement qui n'avaient plus rien d'humain.

Je fus alors prise d'une envie de vomir et me précipitais vers l'évier de la première salle de bain venue, lâchant le lourd manche en bois. Malheureusement je ne tins pas jusque-là et déversais mes tripes et ma bile verdâtre sur le parquet en chêne massif. J'allais me rincer la bouche, pensant à cette femme baignant dans son sang que je venais de laisser. Je me rendis enfin compte de ce que je venais de faire et quittais doucement la torpeur où m'avait plongée ma résolution meurtrière sous le filet d'eau froide.

Les mains tremblantes, pâle, bien plus morte que vive, je retournais à pas très lents vers le petit salon morbide.

Le bruit me vrilla les tympan par son absence. Un silence de mort avait étendu son domaine sur le château endeuillé...

La hache sanglante, restée près du corps à peine frémissant de la célèbre écrivaine, brillait sous la lune. Je passais devant le couple sordide en toute hâte, et aggripais la bouteille de Firewhisky que Ron avait laissée sur le comptoir.

Je bus.

L'alcool me brûla la gorge, puis me brûla la conscience. Je revins alors plus calmement vers Rowling. Je contemplais mon oeuvre délictueuse en réfléchissant à ce que je devais faire. Ayant enfin pris une décision, peut-être stupide ( mais j'avais fini la bouteille de whisky ) je me dirigeais vers le rez-de-chaussée. Faisant attention à ne croiser aucun garde du corps, je me rendis dans le garage, et revins avec un gros bidon d'essence. Arrivée dans la salle du meurtre, je renversais le contenu du bidon en plastique un peu partout dans la pièce. J'en aspergeais ma victime qui se rétracta encore sous la douleur.

-T'es pas encore morte toi ?

Je m'aspergeais moi-même généreusement : je ne voulais pas entendre la sentence "réclusion criminelle à perpétuité". Le liquide me coula agréablement dans les cheveux, colla mes vêtements contre mon corps... Ce n'était pas froid, mais d'une tiédeur exquise... Je m'assis ensuite dans un fauteuil en face de Rowling.

-Ça te gêne pas la fumée ?

J'allumais très prudemment une dernière cigarette, et ô miracle : rien ne s'embrasa.

-Tu vois, dis-je en tirant une première bouffée, j'ai adoré tes quatre premiers livres... J'ai pas aimé les suivants. T'as pas de pot, mais il fallait s'y attendre : sur les millions et les millions de fans d' Harry Potter à travers le monde, il y aurait bien quelques fous sanguinaires, quelques déséquilibrés dans le lot... C'est moi. Mais ça aurait pu être n'importe qui d'autre.

Je finis ma cigarette dans le silence, les yeux clos, savourant chaque bouffée comme jamais. La tête me tournait, je rigolais doucement en pensant aux journaux du lendemain. L'odeur d'essence recouvrait celle du sang et ça m'allait très bien.

-Hum... La mort comme une grande morsure... Comme un éclair de feu... Haha ! Un éclair de feu ! Tu goûtes le jeu de mot ?

Je regardais le corps avec plus d'attention : l'unique oeil de Rowling était vide. Ce n'était plus qu'un cadavre recroquevillé dont l'âme s'était envolée comme la fumée de ma cigarette.

Une grimace de déception tordit ma bouche et je jetais mon mégot encore incandescent sur la moquette imbibée d'essence.


Note de l'auteur : J'ai modifié la fin : Rowling n'était pas censée mourir et j'étais pas censée m'incruster en fait... Mais bon, ça m'est venu tout seul après avoir lu une partie du tome 7... Deux ans pour "ça", vous avez le droit au lâché de tomates pourries, les enfants ! Enfin plutôt : qu'est-ce que vous pensez de ce chapitre, et plus particulièrement de la fic en entier, maintenant qu'elle est finiteuh ? (snif, ma première fific T.T publiée !). Merci à Ishtar et Dalou pour la correction et à tous mes revieweurs qui m'ont apporté leurs critiques !

Critiques acceptées et réclamées !

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