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Books » Harry Potter » L'Amour a ses raisons
Llily.B
Author of 14 Stories
Rated: M - French - Romance/Angst - Draco M. & Harry P. - Reviews: 29 - Updated: 07-21-10 - Published: 11-02-05 - id:2644374

Titre : L'Amour a ses raisons, que la Raison même ne connaît pas

Auteur : Llily.B alias Lily.B

Base : Harry Potter (tous les tomes dirais-je, sauf le VI – Je fais pas dans le spoiler ! XD)

Genre : Slash, Romance, Angst… Lemon ? – Post Poudlard.

Pairing :Draco x Harry, Harry x Colin et une surprise !

Avertissement : Cette fic fait allusion à une relation homosexuelle donc homophobes allez voir ailleurs si j'y suis !

Rating : M anciennement R pour plusieurs scènes plus ou moins graphiques par la suite. Je précise qu'elles seront toutes écrites par .

Résumé : Quand le cœur d'Harry balance entre deux êtres, lequel choisira- t-il ?

Disclaimer :Les personnages de cette fiction sont la propriété exclusive de J.K Rowling ! Si ils étaient à moi, non seulement Harry et Draco seraient ensemble depuis longtemps mais en plus Sirius ne serait pas mourut et filerait le parfait amour avec Moony !

Note&Co : Je suis vraiment désolée pour ce retard monstrueux. Je vous remercie tous/toutes chaleureusement de ne pas m'avoir 'agresser' de review pour avoir la suite plus rapidement. J'ai vraiment passé les deux dernières semaines à essayer de faire quelque chose de potable pour ce chapitre… Cette semaine à était la pire… Ruines tu vas pouvoir respirer.

Normalement le chapitre III devrait venir plus rapidement…

Je remercie aussi toutes celles qui m'ont soutenu pendant ma crise d'angoisse. Sachez les filles que je vous adore !

Les descriptions de ce second chapitre sont encore et toujours de mon Kiwi que je remercie chaleureusement ! Je ne sais pas ce que je ferais sans elle !

Cette fic est dédiée à mon petit morpion d'à moi : , seule maître à bord de ce navire… Tout ce qui se passera (ou presque) dans cette fic sera sous son contrôle puisque c'est son cadeau d'anniversaire. Pour toutes plaintes, veuillez vous adresser à elle XD – Dans le chapitre du jour, il m'a été demandé un flirt Harry/Colin ! J'avoue avoir lamentablement échoué

Avis aux Lecteurs : Comme la plupart d'entre vous doivent déjà le savoir, les Réponses aux Reviews sont désormais interdites dans les chapitres ! C'est pourquoi, je vous supplie de bien vouloir me laisser votre adresse e-mail que je puisse vous répondre ! Cela me tient réellement à cœur de pouvoir vous remercier personnellement pour tout votre soutien et vos encouragements !
Pour ceux qui ne souhaiteraient pas laisser leur e-mail à la vue de n'importe qui (ce que je comprends parfaitement), envoyez-moi la par mail, mon adresse se trouvant dans ma bio.

Exceptionnellement, je répondrais, en fin de chapitre au reviews dîtes anonymes, ayant déjà répondus aux autres. Ce ne serait plus le cas à partir du prochain chapitre ! Donc laissez-moi vos adresses ! (Oui j'insiste XD)


L'Amour a ses raisons, que la Raison même ne connaît pas


Chapitre II :
Un simple départ

Lorsque Draco se leva ce matin-là, il sut qu'il allait passer une très mauvaise journée pour la simple et bonne raison qu'il ne trouva Harry nulle part dans l'appartement. Le jeune homme se réveillait rarement avant lui, mais quand il le faisait, il fallait généralement s'attendre à affronter la tornade brune qu'était Potter et qui ne manquerait pas de s'abattre dans la journée. Draco espéra sincèrement que ce ne serait pas pendant le déjeuner. Soupirant, il referma la porte de sa chambre en ayant une brève pensée pour les Aspirants Aurors qui auraient cours avec le très renommé "Survivant" et qui compatiraient, eux aussi, à son malheur.

Revoyant mentalement son planning, il contourna le comptoir qui séparait la cuisine du salon et haussa un sourcil étonné, en voyant la cafetière pleine. Il était persuadé qu'elle était vide la veille au soir et il connaissait suffisamment les petites manies de son colocataire pour dire que boire du café dès le matin n'en faisait pas partie. N'osant croire à un acte de pure générosité de la part d'Harry - surtout au vue de la fureur de l'avant-veille - le blond se servit néanmoins une demi-tasse. Il en respira prudemment les effluves avant de juger qu'il avait un arôme tout à fait acceptable et qu'il pouvait donc en boire sans crainte.

A peine eut-il prit une gorgée, qu'il en recracha fort peu élégamment le contenu. Autant l'odeur avait été délicieusement alléchante, autant le goût était désagréablement écoeurant. Du pur jus de chaussettes. Il avait peine à croire que Harry ait pris le temps de lui jouer un aussi mauvais tour avant que le côté Serpentard du brun lui revienne brusquement en mémoire. Et en réfléchissant de plus près, c'était tout à fait le genre de plaisanterie douteuse que Harry aurait très bien pu lui faire pour lui pourrir encore plus sa journée. Draco soupira. Il venait à peine de sortir du lit, qu'il avait déjà hâte d'y retourner. Il détestait les jours comme celui-ci.

Se reprenant, il décida de se changer les idées en allant se doucher. Avec un peu de chance, il en oublierait la corvée qu'il était censé effectuer. Dire qu'il avait encore quelques questions à lui poser pour finir son article.

Il était un peu plus de onze heures lorsque Harry gravit les marches du Mémorial's Hôtel sur les bords de la Tamise. Franchissant les portes de verres, il fut surpris de voir à quel point l'hôtel était somptueux.

Au dessus de sa tête s'élevait une majestueuse arche soutenue par deux colonnes de pierres aussi blanches et lisses qu'une peau d'enfant. Le plafond, d'un style gothique, tendait plus d'une agréable tournure du rococo (1) avec ses éventails de plâtres et ses dorures aux formes extravagantes. Redessinant des yeux le plat des murs d'un blanc éclatant, son regard se porta inexorablement vers un impressionnant escalier de marbres veinés d'or et d'émeraude dont les marches étaient intégralement recouvertes d'une riche moquette rouge sang, lui rappelant la douceur d'un lit de vin, s'étendant sur l'espace complet de l'atrium.

Au pied des marches se tenaient deux grooms aux lourds costumes de velours noir, fièrement mis en évidence par leur haute stature et leur fine musculature, au regard fixe et au sourire inexistant. Sur sa gauche, Harry découvrit un comptoir de bois massif derrière lequel se tenait, souriante et les prunelles pétillantes, une charmante jeune femme blonde aux boucles impossibles, vêtue d'un ravissant bustier de dentelles rouge et d'une veste de velours noir similaire à celle des portiers. S'approchant doucement de cette dernière, il entendit sur sa gauche le chuchotement incessant des notes de jazz provenir de la pièce voisine.

« Bonjour Monsieur, puis-je vous aider ? » demanda la réceptionniste.

Le jeune Auror poussa un petit soupir de soulagement. Apparemment l'hôtel où résidait Colin était entièrement moldu. Il n'aurait pas, aujourd'hui, à braver une horde de fan, plus ou moins reconnaissant.

A cette pensée, un sourire se dessina sur ses lèvres, laissant rêveuse la jeune femme qui attendait patiemment derrière son comptoir que le divin jeune homme parle. Cependant, elle se rembrunit bien vite quand le visage du brun s'assombrit soudainement, mélangeant peine et colère.

Harry se ressaisit pourtant très vite, reprenant une attitude joviale même si l'on pouvait voir subsister au fond de ses yeux une étincelle teintée de tristesse et d'amertume.

« Et bien il se pourrait que oui, en effet. J'aimerais parler à Monsieur Creevey »

La réceptionniste sembla chercher dans son registre s'il existait bien un client du nom de 'Creevey' et lorsqu'elle le trouva, elle releva la tête, l'air désolé.

« Je regrette Monsieur. Monsieur Creevey a expressément donné l'ordre de ne pas le déranger. »

« Oh, je comprends. Mais voyez-vous, Colin est un de mes plus vieux amis… Et je ne pense pas que cet ordre soit valable pour ses vieux amis, n'êtes vous pas d'accord avec moi ? » demanda t-il en lui faisant un sourire charmeur.

La jeune fille rougit légèrement et se confondit en excuse. Elle ne pouvait pas se déroger au règlement sans y jouer sa place. Ici tous les clients étaient traités comme des rois, et aucun ordre ne devait être transgressé.

« Écoutez, je connais bien Colin - ce qui dans le fond était plutôt vrai - et je suis sur qu'il ne vous en tiendra pas rigueur si vous l'avertissez de ma présence… » argumenta-t-il avant d'ajouter pour lui-même «… au contraire. »

L'hôtesse le considéra un instant. Ne voyant que sincérité dans ses yeux, elle empoigna fermement le téléphone.

« Qui dois-je annoncer, Monsieur ? »

« Potter. Harry Potter » répondit-il avec enthousiasme, l'incitant par la même à continuer.

La blonde cessa de se mordiller nerveusement les lèvres, quand elle vit griffonner à la hâte sur son post-it, le nom prononcé juste au-dessous de celui de son client. Ses prunelles s'éclairèrent et elle prit plus d'assurance en composant le numéro de la chambre du photographe. Alors que cela sonnait, elle observa plus en détail le jeune homme qui se trouvait devant elle. Il était vraiment beau. Elle lui sourit chaleureusement en rencontrant son regard émeraude, puis reprit une attitude beaucoup plus sérieuse et concentrée.

« Tu me fais perdre mon temps Creevey ! Réponds à ma question ! »

« Je ne vois pas en quoi la réponse à avoir avec toi ou ton fichu article… Pourri ma vie si tu veux, mais je ne te donnerais pas satisfaction ! »

« Tu ne sais pas à quoi tu t'exposes ! » menaça soudainement son interlocuteur.

Le téléphone sonna dans la chambre 483, interrompant ainsi la conversation qui avait viré en dispute houleuse dans cette petite pièce. Colin lança un dernier regard noir à son interlocuteur, qui souriait toujours aussi narquoisement - que c'en était insupportable - avant de rejoindre à grande enjambée sa table de nuit pour décrocher.

« Creevey, j'écoute. » dit-il d'une voix qu'il espérait calme.

Un petit silence plana dans la pièce, pendant lequel, le jeune homme, avec qui il se disputait un peu plus tôt, en profita pour regarder distraitement autour de lui, l'air passablement intéressé. Il fut cependant rapidement interrompu dans sa passionnante activité, par un petit cri de surprise étranglée, attirant ainsi son regard sur le photographe.

« Quoi ? Harry est ici ! »

Les deux prunelles grises, qui le fixaient jusqu'à présent, s'assombrirent brusquement, tandis que leur propriétaire serrait convulsivement ses poings, se retenant visiblement de ne pas arracher le téléphone des mains de son hôte.

« Entendu… Non, ce ne sera pas la peine, je vais descendre. »

Aussitôt qu'il eut raccroché, il se dirigea prestement vers la porte de la chambre, sans un regard pour l'autre personne présente dans celle-ci. Il s'arrêta néanmoins, lorsque sa main fut sur la clenche.

« Je vais t'apprendre ce que l'expression 'perdre son temps ' signifie réellement ! » cracha t-il avec hargne

Ces derniers mots prononcés, il sortit promptement de la pièce.

Quelques minutes plus tard, Colin retrouvait Harry au bar de l'hôtel. Passant doucement les chambranles, les nerfs en pelote, il se détendit presque automatiquement sous l'atmosphère sereine et le cocon de chaleur qui l'entourèrent à l'entrée du salon. Ce lieu dégageait une telle tranquillité qu'il se sentait reposé rien qu'en en foulant le sol. Devant lui s'étendait, sur près de dix mètres, une petite dizaine de table en bois vernis de noir entourées de confortables fauteuils rouges aux allures de cuir, alignés le long du mur gauche recouvert de granit sombre. Quelques personne y étaient installées et murmuraient doucement, mêlant avec entrain le son étouffé de leur voix à l'agréable sifflement du saxophone résonnant dans les enceintes. Au plafond, une multitude de verres teintés de noir réfléchissaient sous les yeux toujours émerveillés de Colin, les nombreux faisceaux lumineux s'échappant des spots muraux, se répercutant ainsi sur la surface miroitante du bar.

Éternuant sous la légère odeur de cigarette lui agressant le nez, il reporta son attention vers le bar où l'attendait, assis précairement sur une haute chaise de bois, Harry. Celui-ci semblait parti dans un autre monde, fixant sans le voir le barman qui lui parlait avec animation, tentant à sa manière d'attirer à lui l'attention qu'il n'aurait jamais. Il tenait à la main un petit verre à double fond rempli d'un liquide à l'étonnante couleur ambré, certainement du whisky, un des meilleurs de la région, et n'était vêtu que d'un simple tee-shirt aux manches trois quart seyant à merveille le moindre de ses muscles abdominaux et d'un pantalon de toile aux fibres extensible, tout deux d'un noir profond.

Sa simple vue, lui redonna le sourire et tirant une chaise, il s'installa à ses côtés. Le brun releva la tête de son verre, et ses lèvres s'étirèrent doucement en rencontrant les yeux havane de son ex-compagnon de maison.

« Je peux t'offrir quelque chose ? » demanda poliment le blond.

« Non, je te remercie j'ai tout ce qu'il me faut » répondit Harry en faisant doucement tournoyer le liquide ambré dans son verre.

« Dans ce cas, que puis-je faire pour toi ? »

L'Auror baissa les yeux et se réinstalla convenablement face au comptoir.

« Je suis venu m'excuser… pour le comportement de Draco. » lâcha t-il dans un souffle.

Colin perdit instantanément son sourire, ses traits se crispèrent et il serra fortement ses poings posés sur ses cuisses, détournant par la même, le regard afin d'empêcher Harry de lire dans ses yeux, la tempête qu'il avait déclenché à la simple évocation de l'ancien Serpentard.

« Ce n'était pas à toi de venir. Tu n'avais pas à le faire » dit-il d'une voix atone.

Harry soupira avant de répondre.

« Je sais bien, mais si je ne le fais pas à sa place, je ne vais cesser de m'en vouloir pour l'esclandre d'hier soir »

« Tu n'y étais pour rien ! répliqua ardemment le jeune photographe, reportant ses yeux sur lui. Tu n'es pas responsable de ses actes ! Ce n'est pas de ta faute s'il est toujours aussi détestable ! »

Le Survivant ne répondit pas, ses prunelles émeraude perdues dans la contemplation de son whisky qu'il faisait négligemment tourner dans son verre. Au fond de lui, il savait bien que ce n'était qu'une face cachée, un air que se donnait Draco pour se protéger. Cependant, il ne pouvait pas contredire Colin quand tout ce que Malfoy voulait lui montrer, était ce petit côté hautain et arrogant, qui, il le savait, avait une nette tendance à l'agacer.

Ancré dans ses pensées, Harry fronça les sourcils. A bien y réfléchir, Draco n'avait dû dévoiler sa véritable personnalité qu'à une seule personne et c'était lui ; la guerre les ayant beaucoup rapprochés. Trop même. Le jeune homme brun poussa un soupir à fendre l'âme avant de prendre conscience d'une main posée sur son épaule. Il releva la tête et croisa le regard inquiet de son ami photographe. Lui offrant un franc sourire pour le rassurer, il reprit la parole.

« Je me demandais si, en guise d'excuses, je pouvais t'inviter à déjeuner? »

« Wouh, un déjeuner avec le grand Harry Potter ? Dans ce cas j'accepte sans hésitation de lui pardonner ! » plaisanta Colin.

Le sourire d'Harry ne s'agrandit que plus. Colin était vraiment quelqu'un d'adorable. Autant à Poudlard il tentait de l'éviter au maximum, autant ce Colin-ci lui plaisait infiniment plus. Il faut dire que sa petite taille et son corps élancé ne lui semblaient pas menaçant, au contraire des autres hommes qu'il pouvait rencontrer. La rondeur de son visage juvénile du temps de leurs études avait laissé place à une délicatesse sans nom marquant les plis de sa peau. Le froncement régulier de ses traits lui donnait l'air de réfléchir continuellement, accordant une sagesse toute relative pour son jeune âge, qui était mis en valeur par son cossu pantalon de velours beige et son fin gilet de laine noire. On était bien loin de l'adolescent adulateur et hystérique des premières années de Poudlard ? (2)

« Mes cours ne reprenne pas avant deux heures, ça te dit que l'on se trouve dans une heure sur le Chemin de Traverse ? »

« Non. »

Surpris, Harry eut un mouvement de recul qui fit rire le blond.

« Ne fais pas cette tête là, voyons… Je pensais plutôt nous retrouver devant le Chaudron Baveur. Je connais un petit resto côté moldu, pas trop loin où ils font des plats délicieux. Comme ça, nous pourrons déjeuner en paix… Ou plutôt tu pourras déjeuner en paix, je ne suis que le modeste invité. »

Les prunelles du brun s'éclairèrent aussitôt après cette déclaration. Jamais il n'aurait pensé que Colin serait aussi prévenant envers lui. Cette marque d'attention lui fit chaud au cœur, et il ne saurait expliquer d'où lui venaient ces légers picotements dans le creux de son ventre. Depuis qu'il avait vaincu Voldemort, jamais personne n'avait vraiment pris la peine d'être si attentionné envers lui, le jugeant sûrement trop aguerri pour ce genre de chose, qu'on réservait souvent aux petites choses fragiles. La courtoisie n'est-elle donc que réservée aux sentimentaux et aux personnes réputées fleur bleu ?

Jusque là, seul Draco s'était évertué à être aussi attentif à son bien être, Ron et Hermione ayant trop tendance à le traiter comme une poupée de porcelaine, ce que son compagnon ne faisait pas. Draco savait sa vraie valeur et malgré cela, il lui apportait toujours ce dont il manquait le plus, de la tendresse et du réconfort. Les autres membres de la communauté sorcières - ses amants d'une nuit compris - ne voyant que trop souvent en lui, son statut de Survivant, ne prenaient pas la peine d'être si subtils. Après tout un Héros reste un Héros, il n'a pas besoin d'être pris avec des pincettes, n'est-ce pas ?

Trop peu de gens avait, en effet oublié que derrière leur Sauveur se cachait un homme comme tout le monde et qui ne demandait qu'à vivre en paix. Ce n'était pas parce qu'il avait vaincu un mage noir qu'il fallait l'aduler de cette manière. Cela aurait pu être n'importe lequel d'entre eux, si Voldemort n'avait pas décidé de le marquer comme son égal.

Ses lèvres s'incurvèrent naturellement alors qu'il se relevait, prêt à partir. Colin était un délicat mélange des deux et cela le ravissait.

« Bien dans ce cas, je te dis à toute à l'heure. »

D'un coup sec, Harry finit son verre et le reposa sur son le comptoir. Le photographe acquiesça et se décida à le quitter du regard qu'une fois ce dernier hors de sa vue. Resté seul, un sourire niais naquit sur son visage, et il se tourna vers le barman, commandant une limonade. Il avait rendez-vous avec Harry Potter. Rien que d'y penser, il en frémissait d'impatience, son cœur faisant des bonds dans sa poitrine… Mais en attendant, pourquoi ne pas en profiter pour paresser un peu et faire davantage perdre son temps à son invité.

Portant sa boisson à sa bouche, ses lèvres se déformèrent en quelque chose de beaucoup plus machiavélique. Décidément, c'était une très bonne journée aujourd'hui.

« Non, Harry pas comme ça ! » s'exclama une fois de plus Colin en revoyant tomber pour la énième fois un sushi dans leur bol de sauce soja.

« J'en ai marre ! s'écria aussitôt le survivant mi-frustré, mi-amusé par la situation. Je vais demander une fourchette sinon dans une heure on y est encore ! »

« Non, tu restes ici, et tu utilises tes baguettes ! Sinon, ce n'est pas drôle ! »

Harry croisa les bras et se renfrogna dans sa chaise. Quelle idée il avait eu de suivre le jeune photographe dans ce restaurant japonais ? Cela faisait maintenant plus d'un quart d'heure qu'on leur avait apporté leur repas, et presque le même lapse de temps qu'il bataillait avec ses baguettes pour essayer de manger quelque chose.

Colin fit claquer les siennes, le narguant effrontément avant de se saisir du sushi tombé dans la sauce et de le porter à sa bouche. Il esquissa un sourire triomphant, en voyant briller dans les yeux émeraudes une lueur d'envie tandis que le brun passait distraitement sa langue sur sa lèvre supérieure.

« Allez, tiens » lui dit-il en déviant ses baguettes au dernier moment pour lui tendre l'aliment.

« Tu ne comptes pas me donner la becquée jusqu'à la fin du repas quand même ! » répondit le brun en le fusillant du regard.

« Bien que l'idée soit horriblement tentante, non. J'espère réussir à te faire tenir correctement tes baguettes d'ici là »

Les prunelles du Survivant continuèrent un instant à le défier, avant que ce dernier finisse par se détendre, et esquisser un sourire, amusé par la situation. Se penchant au-dessus de la table, il captura entre ses lèvres, le sushi que lui présentait Colin, et savoura la première bouchée de son déjeuner.

« Bon reprenons, déclara le photographe en séparant les deux tiges de bois. D'abord tu tiens ta baguette au deux tiers de sa longueur. Ensuite, tu la maintiens, entre ton index et ton pouce en la laissant reposer sur ton petit doigt. La seconde baguette est celle qui va te servir à attraper les aliments. Tu la coinces donc entre le pouce et le majeur ! Et voilà ! »

Colin fit une nouvelle fois claquer ses baguettes, avant de saisir d'un autre sushi et de le porter à sa bouche pour le manger. Harry répéta fébrilement les mêmes gestes que le blond, et tenta lui aussi de les frapper l'une contre l'autre, sans succès, l'une de ses baguettes ayant tenté de fuir son emprise.

Son cadet laissa échapper un rire clair devant la mine déconfite qu'afficher le brun, puis lui tendit un onigiri pour lui remonter le moral et l'encourager. L'Auror l'accepta avec plaisir et alors qu'il finissait sa boulette de riz, il sentit son portable vibrer. S'essuyant rapidement les mains, il alla chercher son téléphone dans la poche de son pantalon et regarda qui l'appelait avant même de penser à décrocher. Le prénom de 'Draco' s'affichait avec force et fureur sur le petit écran, lui renvoyant de plein fouet la réalité de ses actes et il ferma douloureusement les yeux avant d'éteindre son portable.

« Qui c'était ? » demanda Colin, tout sourire.

Harry soupira avant de répondre.

« Rien d'important »

Il releva son visage vers lui, et ancrant son regard dans le sien, lui sourit d'un air qu'il espérait rassurant. Mais le blond n'était pas dupe. Il avait vu s'allumer au fond de ses prunelles émeraude cette étincelle de douleur, et son cœur se serra à la seule pensée d'être aussi impuissant devant tant de peine. En tant que photographe, il avait appris à voir ce qui paraissait invisible, capter le moindre éclat qu'un œil extérieur serait incapable de percevoir… Et pour la première fois de sa vie, il regrettait. Pas qu'il voulut être insensible à la souffrance d'Harry…Ce serait même plutôt le contraire, il y était trop sensible et il avait mal de ne pas connaître ce mal qui le rongeait, de ne pas être assez proche de lui pour pouvoir le soulager… De n'être qu'un parfait inconnu à ses yeux.

C'est pourquoi, il aurait voulu être comme la plupart des gens… Choisir la facilité et fermer les yeux sur sa souffrance, pour ne pas souffrir lui-même. Il avait été à Gryffondor certes, mais il n'avait jamais été très courageux. Si ça avait été le cas… Il aurait eu la force nécessaire pour faire comprendre à Harry qu'il était plus qu'un simple fan, même si cela avait été vrai au début. Son obsession pour le Survivant n'avait été qu'une simple facette, une simple excuse pour l'approcher et le prendre en photo… Sa beauté était telle, qu'il n'avait de cesse de vouloir l'emprisonner sur un fin papier glacé afin d'idolâtrer cette image, seule apparence qu'il pouvait chérir librement.

Se retenant à grand peine de soupirer, Colin secoua doucement la tête comme pour chasser ses funestes pensées, et d'un nouveau claquement de baguette, sourit tendrement au brun avant de reprendre une boulette de riz.

« Alors ? Que penses-tu des délices asiatiques ? »

Encore bouleversé par son appel, Harry reprit machinalement les siennes et se servit un sushi sans avoir pleinement conscience de ses faits et gestes. Si ça avait été le cas, il se serait sûrement extasié d'avoir réussi à tenir convenablement ses baguettes. Il porta l'aliment à ses lèvres, l'avala puis s'essuya la bouche avec sa serviette avant de répondre.

« J'en pense que c'est pas mauvais, mais je préfère quand même notre bonne vieille cuisine » dit-il avec un sourire qui n'atteignait pas ses yeux. La vérité est qu'il préférait amplement les petits déjeuners à la française que Draco lui apportait parfois au lit.

Colin observa avec quelle grâce naturelle, et beauté inconsciente Harry avait de tenir ses baguettes. Il était subjugué par ses mains qui tenaient avec légèreté - mais fermeté - ces fragiles bouts de bois, et s'imaginait avec quelle volupté, ses paumes larges pourraient vénérer sa peau. Elles semblaient si douces les mains d'Harry, malgré les trop nombreux entraînements qui avaient dû les rendre quelque peu rugueuses, et il se voyait déjà embrasser ces poignets fins alors qu'ils se remettraient doucement du torrent de passion qui venaient de les traverser.

Il sentit brusquement ses joues s'empourprer alors qu'il réalisait la teneur de ses pensées, et il se força à se calmer et à se re-concentrer sur leur conversation plutôt que sur ses mains hâlées.

« Je suis un inconditionnel du Corned Beef Hash ! »

Colin éclata d'un rire clair et franc, ses beaux yeux pétillants d'amusement. Il imaginait très bien le Grand Harry Potter en petit Lord anglais, respectueux des traditions et de la bonne cuisine. La Presse en ferait ses choux gras pour l'année, associant à tout va les termes "so british" pour parler du Survivant, mais étant en fait tellement loin du compte. Pour le jeune homme brun, cela n'aurait été qu'une de ses nombreuses façades, jouant énormément du fait de passer pour ce qu'il n'était pas.

Le supposé petit Lord posa les baguettes qu'il tenait en mains, puis, prenant appui sur ses coudes, se pencha vers son ex camarade de maison. La proximité de leurs deux visages engendra une brusque bouffée de chaleur du côté de Colin, qui se sentit rougir sous ce regard si pénétrant.

« Et puis… Ca au moins, ça se mange avec une FOU-RE-CHET-TE » lui murmurât-il comme s'il s'agissait d'un important secret.

Le jeune photographe prit alors une moue dubitative, et tandis qu'Harry se réinstallait sur sa chaise, il minauda tristement :

« Vraiment tu me déçois… Une étincelle de malice illumina, cependant, ses prunelles chocolat alors qu'il prononçait ces mots. Moi qui te croyais typiquement British, tu m'avoues, à demi-mot, que tu n'es en réalité obsédé que par TOUS les plats se mangeant avec une fourchette Vraiment cela me fait beaucoup de peine… » (3)

Une main posée sur le front, Colin semblait figé dans une pose mélodramatique digne des plus grandes cantatrices d'opéras, imitant à merveille la Castafiore s'évanouissant.(4)

« Les traditions de nos jours ne sont plus respectées… Et je pensais, qu'au moins, le Sauveur de notre Monde aurait à cœur de défendre nos valeurs… Tu casses le mythe, Harry ! »

Le dit Sauveur sourit devant la mise en scène de son invité, qui jouait parfaitement la comédie, se moquant effrontément de son statut de Survivant.

« Qu'en est-il de notre bon vieux Tea Time, avec un bon Earl Grey ? »

« Malheureusement, je n'ai plus de temps à lui consacrer… Il n'y a pas de pause à cinq heures à l'Académie des Aurors, et je la quitte tous les jours à six, mais… »

Harry s'arrêta brutalement, se rendant soudainement compte de la tournure que prenaient ses propos. Il n'était pas censé penser à ça… Encore moins à lui.. Mais le fait était que quelque soit l'heure ou le lieu, il fallait qu'il vienne le hanter. Draco était comme un fantôme, envahissant nuit et jour, ses pensées comme pour lui dire, lui rappeler sans cesse, ne m'oublie pas… Ne m'oublie pas…

Il n'aimait pas constamment penser au jeune critique… Au besoin qu'il avait de continuellement être à ses côtés… à cette peur sourde, dévorante, de le perdre… Il ne voulait pas être si dépendant de lui… C'était pour cela qu'il avait invité Colin à déjeuner… Pour s'excuser, mais aussi pour tenter de réapprendre à vivre sans Draco.

Un jour ou l'autre, ils mettraient fin à cette comédie, à ce pacte qui n'avait plus lieu d'être. Il savait que ce jour là, une seule note se jouerait. Harry l'entendait déjà résonner en lui, à cette seule pensée. Un tintement lent, sinistre, glacial, annonciateur de longues heures de souffrances, d'une fin prochaine.

Colin avait depuis bien longtemps cessé de sourire. Le soudain mutisme du brun marquait la fin d'un rêve qu'il savait éphémère, etil le regardait maintenant avec inquiétude, un pli soucieux barrant les traits délicats de son visage.

« Harry ? » appela t-il dans une vaine tentative de le ramener sur Terre.

« Harry, qu'est-ce qui se passe ? insista le blond avant de continuer sur un ton beaucoup plus hésitant. « Tu n'es plus avec moi depuis que tu as reçu cet appel… »

« Je… Ce n'est rien Colin. » finit-il par répondre sur un ton monocorde. (5)

« Ça n'aurait vraiment pas d'importance, tu ne ferais pas cette tête là ! »

« Je suis désolé. »

Le Survivant baissa la tête, penaud. Ce n'était pas censé se passer comme ça… Pourquoi fallait-il toujours que ce satané Serpentard lui pourrisse la vie ?

« Ne le sois pas… Tout le monde a des soucis et ceux qui prétendent le contraire sont des menteurs…. Je veux juste que tu saches, que si tu as besoin d'en parler… Je suis là… »

« C'est juste que… Draco et moi nous sommes disputés… » lâcha Harry dans un souffle.

Colin passa une main nerveuse dans ses cheveux. Il se doutait que le brusque changement d'humeur était en parti dû à ce maudit Serpent, mais il avait jusque là refusé d'y croire. Il sentit une pointe de déception et de tristesse lui contracter le ventre et remonter sournoisement jusqu'à sa gorge, à la pensée qu'Harry ait pu se servir de lui, et il réprima un rire amer. Il était parfois trop naïf. Comment avait-il seulement pu croire que le Survivant s'intéresserait une seule seconde à lui ?

« Écoutes Harry, je n'ai pas envie d'être un prétexte à sa jalousie. »

« Je… Colin… Ce n'est pas ce que tu crois… Il n'y a rien entre Malfoy et moi… Enfin si… Non… Et puis j'en sais rien. »

Harry bafouillait ses réponses tant il était troublé. Il était depuis trop longtemps embourbé dans cette situation, empêtré dans ses sentiments, qu'il ne savait plus où il en était exactement. Devant ses yeux si doux et sensible, il se sentait comme mis à nu… Il ne se sentait pas le courage de mentir au jeune photographe. Plus qu'une trahison envers lui, il sentait que ce serait lui-même qu'il poignarderait si sa bouche osait proférer un seul mensonge.

Il avait tellement de mal à exprimer ce qu'il ressentait, tellement peur de donner une fausse image de lui à Colin, qu'il voyait, un à un, tomber les morceaux de ce masque qu'il avait si longtemps porté, qu'il s'était, quelque part en route fondu en lui, oubliant la personne qu'il était lui-même.

« Calme-toi s'il te plait » déclara doucement le blond en emprisonnant une de ses mains entre les siennes

« C'est juste… Je ne veux pas que tu croies que je me sers de toi, croassa Harry. Ce que nous entretenons avec Draco, est une relation qui est loin d'être saine… Et je sais pas si j'aurais le courage nécessaire de vouloir m'en séparer… Pas si je ne trouve pas quelqu'un qui me donne cette force. » finit-il dans un murmure.

Devant une telle déclaration, Colin ne sut comment réagir. Il se contenta seulement d'exercer une légère pression sur la main prisonnière dans un geste réconfortant, l'encourageant par la même à poursuivre sa confession.

Se sentant en confiance, Harry releva doucement la tête et croisa le regard tendrement inquiet du jeune homme. Ses prunelles havane étaient emplies de compassion alors qu'il sentait les siennes s'embuaient de larmes trop longtemps contenues.

« Tu sais… Il a toujours été là pour moi… Que ce soit pendant la Guerre ou après… Je veux dire… Il ne m'a jamais abandonné, ne m'a jamais surestimé comme la plupart des sorciers. Il a toujours su me réconforter, ôter mes doutes… Prendre soin de moi comme personne ne voulait le faire… Je n'aurais jamais vaincu Voldemort sans lui… Il est un peu comme la force qu'il me reste. Je ne veux pas le perdre. »

À suivre...


Petites notes qui servent souvent à rien :

(1) Le rococo (terme dérivé du mot rocaille, tendance décorative française qui repose sur des motifs en plâtre évoquant des coquillages) voit le jour à la cour de Louis XIV. Ce style est essentiellement utilisé pour des décorations intérieures (Hôtel Sully, Paris).

(2) Setsu' ? Je peux savoir ce que le Sharpei vient faire ici ? Na parce que vraiment… Pauvre Colin XDDD

(3) Pour ceux qui aurait dû mal avec la compréhension de ce passage… Sortez du contexte général, à savoir le restaurant XD Laissez tomber les sushis et imaginez Harry en pur Bristish qu'il n'est pas lol Je sais si c'est plus clair XD

(4) J'ai rien contre la Castafiore… Mais c'est vraiment les passages que je préfère dans Tintin XD La Capitaine Haddock VS la Castafiore

(5) Sur un ton de vêtement…. Private Joke avec moi-même et Word… Synonyme de monocorde uniforme vêtement… Si si je vous jure, cliquez droit XDDD Qu'est-ce qu'il est con ce Word des fois !


RAR : Il me semble avoir répondu à tout le monde, cependant si certains/certaines d'entre vous ont des réclamations à faire n'hésiter pas ;-)

Crackos :Je m'excuse encore une fois pour ce retard, monstre, je le referais plus, du moins j'essayerais. Quoi ? Cho Chang ? Mais où tu la vu celle là ? Jamais je me permettrais d'écrire une telle abomination ! Voyons… Comme cité plus haut, il s'agit de Colin Creevey :-) C'est mieux ?
En tout cas je te remercie pour cette confiance que tu places en moi, j'espère que je ne te décevrais pas !
Merci pour ta review, et encore sorry pour le retard !
Kisu

Miss Felton/Malfoy : Hello Miss… Vraiment désolée pour le retard de cette RAR, c'était absolument pas prévu ! En tout cas je suis contente que tu aies apprécié ce chapitre… Oui Draco va regretter, d'une certaine façon… Mais c'est plus Harry qui va s'en mordre les doigts :-)
Vraiment désolée, ta patience à dû être mise à rude épreuve… En tout cas tu viens de lire la suite XD Et comme dis plus haut, le chapitre III devrait mettre moins de temps à être publié !
Merci encore pour ta review !
Gros Bisous !


Merci d'avoir lu jusque là ! J'espère que vous avez aimé ce second chapitre :-)
N'hésitez pas à me faire part de vos impressions, questions ou autres en cliquant sur le petit bouton bleu XD

Je rappelle pour tous ceux et celles que cela intéressent, que j'ai crée un blog spécial lecteur pour vous tenir au courant des MAJ ou autres. L'adresse est dans ma bio ;-) Il suffit de cliquer sur homepage !

Gros bisous à tous et à toutes.

Amicalement Vôtre,

Lily.B

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