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Chapitre XVI : « La main bienveillante du Professeur Flitwick »
Hermione savait que l'école sera informée de leur relation passée en moins d'une demi-heure à peine après sa crise en plein Hall. De toute manière quelle importance cela avait il maintenant encore? Elle se moquait bien qu'ils le savent maintenant. Tout ce qu'elle voulait c'est qu'on la laisse tranquille, assise sur une cuvette, dans les toilettes de Mimi Geignarde et pleurant toutes les larmes de son corps, recroquevillée. Comment allait elle supporter le cours du lendemain? Une journée avec lui. Elle éclatera en sanglot dans la pièce dès qu'il lèvera la tête vers elle ou quand il dictera les instructions pour la journée. Elle ne pouvait pas faire comme si rien ne s'était passé. Même si cela n'a duré qu'une semaine entre eux, c'était impossible. Elle avait aimé chaque moment bercée dans ses bras. Les chamailleries qui éclataient pour un oui ou pour un non, ses larmes, ses cris,...ses baisers et ses caresses.
Elle avait envie de disparaître. Comment allaient ils tous réagir quand elle ira manger à la table des gryffondors ? Et les moqueries des Serpentards..Non, ils ne pouvaient pas se moquer de leur propre directeur de maison. Et..lui...comment sera t il par rapport à elle maintenant ? Aussi froid et partial qu'autre fois? Allait il de nouveau la traiter de Miss je sais tout avant d'enlever des points de façon injustifiée ? Allait il prendre leur relation comme un sujet de moquerie pour ne plus y penser ?Et l'écharpe sous son oreiller ? Et ses chocolats sous son lit ? Comment...comment pouvaient ils se retrouver à nouveau ensemble après cela ?
Quoiqu'elle fit, elle sentait toujours son odeur sur elle. Une odeur apaisante et envoûtante. Elle ne savait plus quoi faire. Elle était à deux doigts de se précipiter dans le bureau du directeur de Poudlard pour lui supplier de faire main basse sur ce qui s'était passé entre eux et de lui demander sa bénédiction. Nûment...sa bénédiction. Il était évident qu'il allait lui rappeler le règlement d'ordres et d'intérieurs et que c'était prohibée ce genre de relation...mais ne pouvait il pas faire une exception à la règle ?,,,Après tout personne n'avait hurlé au scandale quand la majorité des filles de Poudlard s'étaient éprises du Professeur Lockhart, allant jusqu'à lui envoyer une carte pour la Saint Valentin ! C'était de l'admiration ? Du fanatisme juvénile et pas de l'amour à proprement parler? Elle pouvait tout aussi bien aller étudier ailleurs et continuer leur relation tranquillement. Mis existait il une autre école de sorcellerie en Angleterre que Poudlard ?,,,Et ses parents...? Comment réagiront ils ?
Plus que tout, elle se sentait horriblement seule. Elle ne pouvait plus compter sur personne. Elle ne voulait plus compter sur personne. Elle s'était mise dans cette situation toute seule en criant dans le hall. C'était mieux comme ça. Au moins tout le monde saura que c'était la faute de Harry Potter. Une maigre compassion en somme. Pire encore, on pourrait tout aussi bien dire qu'il avait bien fait de les séparer car Professeur- Elève n'était pas autorisé. S'appuyer sur un règlement sans prendre en considération les sentiments...
Un bruit faible attira l'attention de la jeune fille. Quelqu'un frappait timidement à la pore de sa cabine,
« Miss Granger? Appela une voix flûtée. »
Le Professeur Flitwick?
Elle s'extirpa doucement de la cuvette des toilettes pour ouvrir la porte d'une main tremblante. Le minuscule Professeur des Sortilèges ainsi que la Dame Grise – le fantôme de la tour de Serdaigles – se trouvaient devant elle. Le directeur des bleus leva sa baguette sur le nez de la Gryffondor, murmura une incantation et les larmes séchèrent doucement. La Dame Grise se mit à genou devant jeune fille et lui prit les mains en lui jetant un oeil compatissant, un sourire chaleureux aux lèvres. La Gryffondor ne fit pas attention à cette sensation glaciale qui lui parcourait maintenant les doigts. Elle contempla le minuscule Professeur, le sourire crispé. Une larme perla de nouveau avant de se faire écrasé par un revers de manche.
« Vous allez bien ? Couina le petit Professeur. »
La jeune fille hocha vivement la tête de haut en bas avant de se remettre à pleurer, portant la main à sa bouche pour refouler ses sanglots. Le Professeur Flitwick lui prit doucement la paume de la main que tenait la Dame Grise. Il pointa sa baguette à quelque centimètre au dessus et murmura une incantation qu'Hermione ne comprit pas. Dans un petit halo de lumière, une forme brunâtre apparu au creux de la main de la jeune fille. Ses yeux embués clignèrent doucement. Un chaton, avec un collier où pendait une minuscule clochette la regardait, assis au creux de sa main. Il était fait totalement de chocolat et l'alternance du chocolat noir et blanc sur l'animal magique rappelait le pelage de l'animagus du Professeur Mc Gonagall. L'animal se mit à ronronner doucement, frottant sa tête contre le pouce de la jeune fille. Devant ce spectacle, un sourire se dessina sur ses lèvres. Le Professeur Flitwick parut ravi. La Dame Grise resta à genoux, observant le petit animal en chocolat d'un regard vide.
« C'est un sortilège que j'avais mis au point pour le Professeur McGonagall, murmura le directeur des Serdaigles d'une voix parsemée de tristesse. »
Le chaton se mit sur le dos, invitant Hermione à lui gratter le ventre.
« Mais je ne m'en suis jamais servi devant elle, continua-t-il. Je ne savais pas comment elle allait réagir,,. Je lui avais confectionné toute une boite de chocolat de ce genre pour la saint valentin. La boite...est restée sous une étagère, dans mon bureau. Je n'ai jamais eu le courage de lui donner. Quand j'ai voulu la rouvrir, le chocolat avait fondu, C'est à ce moment là que j'ai compris que les sentiments étaient pareils que ce chaton. Si on attend trop longtemps, cela peut finir par dépérir ou vous rendre aussi accablé que du chocolat qui n'a jamais pu être dégusté. »
Le chaton se mit en Egyptien, la queue bougeant malicieusement avant de miauler affectueusement.
« On peut vous dire que vous êtes jeune, que vous avez la vie devant vous, Miss Granger, couina-t-il sans lâcher sa main. Mais si vous voyez en Severus une once de bonheur pour vous, ne serait ce qu'un rayon de soleil, ne vous barricadez pas dans ces toilettes. »
Il caressa du bout des doigts la tête du chaton qui se mit en appuie sur les pattes arrière, se collant et savourant la caresse avant de miauler à nouveau.
« La bonheur c'est comme une boite de chocolat. On savoure petit à petit. Trop devient écoeurant et pas assez ne vous satisfait pas. Et si on attend trop pour capturer les maigres moments de bonheur, il finit par disparaître, »
Le chaton se mit en boule dans la main de la jeune fille et bailla. La Gryffondor bégaya d'une voix étouffée :
« Qu'est ce que je dois faire, Professeur ?
Vivez votre bonheur sans vous préoccuper des autres, murmura-t-il en lui lâchant la main.
Mais..mais on ne peut pas, sanglota-t-elle, la main tremblante. On..ne peut pas. »
Il lui tapota gentiment le bras :
« Pensez à ce que je vous ai dit, Miss Granger, dit il de sa voix flûtée. »
Il pointa de nouveau sa baguette sur son nez et fit disparaître ses larmes. Il lui sourit aimablement avant de sortir des toilettes, la Dame Grise sur ses talons. La jeune fille contempla le chaton qui commençait à fondre doucement dans son main. D'un geste fébrile elle le porta délicatement en bouche et lui croqua une partie de la tête. Il se mit à ronronner et elle continua à le croquer savourant le doux chocolat. Elle inspira longuement, essuya du revers de la manche les quelques larmes qui avaient perlé depuis le départ du Professeur Flitwick. Il avait raison. Les sentiments et le bonheur étaient comme ce chaton.
Les mains couvertes légèrement de chocolat, elle sortit des toilettes de Mimi Geignarde, le coeur moins lourd et un sourire aux lèvres.
Le Professeur Flitwick marchait dans les couloirs escorté par la Dame Grise. Autour de lui, il pouvait entendre les commentaires de la récente scène dans le hall de l'école. Les Serpentards semblaient les plus touchés. Ils n'arrivaient pas à comprendre comment leur directeur s'était amouraché d'une gryffondor. Et surtout d'une élève. Des mauvaises langues élaboraient déjà des théories les plus farfelues comme un philtre d'amour ou des menaces pour justifier leur relation. La nouvelle avait déjà pratiquement fait le tour de l'école. On ne parlait plus que de ça. Harry Potter ne cessait d'être harcelé par les curieux qui tenaient à savoir en quoi il était impliqué dans cette histoire. Il leur répétait que ce n'était pas leur histoire mais ceux ci répliquaient que ce n' était pas la sienne non plus en théorie.
Le professeur des Sortilèges passa devant les gargouilles du bureau de Dumbledore. Avant de prendre l'embranchement d'un couloir, il s'arrêta net. Un Professeur Rogue irrité au plus haut point suivi par une Professeur McGonagall décontenancé et une Professeur Chourrave plutôt crispé. Il les regarda se diriger vers le bureau de Dumbledore avant d'emboîter le pas.
« C'est absurde, Severus ! Ne cessait de répéter le Professeur Chourrave. En arriver la...Il y a sans doute une solution à toute cette histoire.
Oui, ma démission, murmura le maître des potions d'un ton glacial.
Vous ne pouvez pas démissionner ! S'étouffa McGonagall. Albus ne vous laissera pas faire une chose pareille.
Qu'il accepte ou non, cela ne changera rien ! Tempéta-t-il. La situation de Miss Granger et moi est plus que précaire et je ne veux pas qu'elle en souffre d'avantage.
Si vous voulez la faire souffrir, la meilleure solution c 'est de démissionner.
Et qu'est ce que vous voulez que je fasse d'autre? En restant son Professeur, je ne peux pas être avec elle.
Non, non, j'insiste, il doit y avoir une autre alternative, maugréa Chourrave.
Vous trouverez facilement un autre maître des potions et directeur de Serpentard.
Poudlard a besoin de vous, Severus. »
Il eut un rire sans joie. La bonne affaire.
« Cela fera plaisir à beaucoup de personnes que je ne sois plus là, Minerva, murmura-t-il de sa voix doucereuse. Ma décision est irrévocable. »
Le Professeur McGonagall et le Professeur Chourave échangèrent unr egard consterné. Le Professeur Flitwick couina simplement :
« Ne faites pas ça, Severus. »
Sans un regard pour le reste du corps enseignant, Severus Rogue murmura le mot de passe à la gargouille et gravit les marches de l'escalier en colimaçon.
« Bonté divine ! S'exclama Chourrave. Je n'y arrive toujours pas à y croire.
Il ne le fera pas, rassura Flitwick de sa voix flûtée.
Et comment le savez-vous?
M'enfin, sortir avec un professeur ! Quelle idée ! Miss Granger me déçoit beaucoup...,éreinta le Professeur McGonagall,
Je le sais car..commença Flitwick en ne prêtant aucunement attention à ce que venait de dire le Professeur McGonagall, j'ai vu son regard. Je ne crois pas que son travail au sein de Poudlard lui ait traversé l'esprit un seul instant.
Que voulez vous dire, Filius ?
C'est un homme amoureux qui veut juste retrouver sa belle. »
Le Professeur Rogue resta un moment impassible devant la porte fermée du bureau de Dumbledore. Il prit une grande inspiration avant de fraper par trois fois.
« Entrez »
Il ouvrit la porte d'un geste précis, entra et referma la porte derrière lui. Le professeur Dumbledore était assis derrière son bureau, une plume en main, devant un long parchemin. Il contempla le Professeur Rogue avec une certaine curiosité, le regard pétillant. Il déposa la plume dans l'encrier et croisa les mains devant lui :
« Bonjour, Severus, salua-t-il aimablement. Que me vaut cette visite? »
Le Professeur Rogue se mordit les lèvres, cherchant ses mots. Après quelques instants de silence, il répondit d'un ton sec :
« Je vous donne ma démission. »
Albus Dumbledore cligna des yeux, ne croyant pas ses oreilles :
« Je vous demande pardon ?
Vous m'avez très bien compris, Professeur. »
Le directeur de l'école dévisagea l'enseignant :
« Et puis-je en connaître les motifs? S'enquit il doucement.
Je ne peux pas...être à la fois l'enseignant et l'amant d'Hermione Granger, voilà pourquoi, répondit il dans un murmure. Et je sais que les lois du monde des sorciers à ce propos sont inflexibles. »
Dumbledore ne fit aucun commentaire, écoutant avec grand intérêt le directeur de Serpentard.
« Je sais que vous avez besoin de moi ici comme maître des potions. Mais Hermione a besoin de moi aussi. Et a défaut de trouver une solution durable qui permettrait de rendre notre relation inaltérable par les lois et les échos des autres sorciers, je ne vois...pas d'autre alternative à ma démission. »
Le regard du directeur de Poudlard passa par-dessus ses lunettes à demi-lunes :
« Je comprends, Severus. Je comprends que votre amour pour Miss Granger vous pousse à agir de la sorte. Mais que ferez vous si jamais cela ne dure pas ? Vous ne pouvez pas prévoir que vous aimerez Hermione jusqu'à la fin de vos jours ou que vous allez vous séparer la semaine prochaine. Est ce que votre place d'enseignant en vaut elle la peine de se sacrifice?
Pour ce qui est de prévoir, pourquoi ne pas demander de l'aide à Sybille ? Murmura Rogue de sa voix doucereuse. Les prédictions c'est son domaine, il me semble.
Vous savez autant que moi que ses prédictions sont à prendre avec des pincettes, répliqua Dumbledore avec le sourire. Mais je repose la question, Severus : est ce que votre amour pour Miss Granger vaut il la peine d'abandonner votre place comme enseignant à Poudlard? »
Le Professeur Rogue plissa les yeux, réfléchissant un moment. Le Professeur Dumbledore posa les coudes sur le bureau, les mains jointes, attendant la réponse de son enseignant :
« Oui, souffla le maître des en vaut la peine, Professeur. »
Le vieil homme soupira doucement, rabaissant un coude sur la table., la mine quelque peu inquiète. Durant un moment qui parut interminable pour le maître des potions, il ne prononça pas un seul mot, se contentant de l'observer depuis son bureau. Fumseck dormait sur son perchoir. Les anciens directeurs de Poudlard contemplaient avec un certain intérêt la scène peu commune.
« Et que pense Miss Granger de tout cela ? Demanda le directeur d'une voix douce. Peut-être ne sera-t-elle pas d'accord.
Vous voulez que je fasse quoi exactement, Professeur ? Dit Rogue d'un ton sec. Je n'ai pas d'autre choix si je veux garder Hermione près de moi.
Et elle ? Est ce qu'elle le souhaite ? »
Le Professeur Rogue ferma les yeux et inspira longuement avant de reprendre :
« Je ne sais pas, Notre relation a été mise à jour et nous avons décidé de nous séparer. Mais je sais que cela ne s'arrêtera pas là. Nous avons été contre la loi des sorciers même si c'était par pur amour. Et je ne crois pas que lancer un sort d'oubliette sur tout Poudlard arrangerait quelque chose.
Et donc vous pensez qu'en démissionnant de votre poste, Severus, la loi sur le rapport Professeur Elève ne sera plus d'actualité, conclut Dumbledore.
C'est la seule solution. »
Le Professeur Dumbledore se leva de son bureau et fit quelque pas, s'arrêtant pendant un moment devant Fumseck. Il lui caressa les plumes du bout des doigts avant d'ajouter :
« En temps normal, j'aurais dit que vous devriez ne pas vous occupez de l'avis des autres, Severus. Que l'amour est un sentiment formidable et quelque fois si compliqué. Pourtant aujourd'hui, je me dois de changer de discours. Vous avez été complètement inconscients, vous et Miss Granger. Que votre relation fût longue ou courte, qu'elle continue ou pas, elle en reste pas moins complètement illégale. Êtes vous conscient que vous risquez deux ans d'emprisonnement à Azkaban? Que votre travail n'est pas le seul en danger?
Je le sais, Professeur, soupira Rogue d'une voix fatiguée.
Que Miss Granger soit consentante ou non pour votre relation, je ne peux pas permettre ce genre de comportement à Poudlard.
C'est pour cela que ma démission est la seule solution.
Et croyez vous que cela changera quelque chose ?
Cela changera tout, Professeur. Je ne serai plus son Professeur. On ne pourra pas me reprocher un quelconque abus d'autorité sur Hermione. Et dans un an, elle a la majorité dans le monde des sorciers. »
Dumbledore eut un sourire crispé :
« Je ne pense pas que cela soit aussi simple. L'Ordre a besoin de vous et Poudlard aussi. Et que dira Lord Voldemort en voyant que vous avez quitté votre place pour ce qu'il hait le plus? Une enfant de moldue? Et proche de Harry Potter?
Sauf votre respect, vous-savez-qui est le cadet de mes soucis. Hermione a - en comptant l'année qui vient de commencer – encore trois ans à faire ici. Vous pouvez vous passer de moi pendant trois ans.
Je vois que votre décision est irrévocable. »
Le vieil homme soupira avant de reprendre place derrière son bureau, posant un regard intense à son maître des potions :
« Je veux que vous y réfléchissez à deux fois, Severus.
Autrement dit, Professeur, répliqua l'intéressé avec un sourire narquois, les bras croisés. Poudlard ou Hermione ? »
Le directeur acquiesça en silence. Le directeur de Serpentard quant à lui lui tourna le dos et se dirigea vers la porte.
« Où allez-vous , Severus? S'enquit doucement Albus Dumbledore. »
L'homme en noir lui répondit, sans se retourner, la main sur la porte du bureau :
« Faire mes valises, monsieur le directeur. »
Quand Severus Rogue referma la porte derrière lui, le directeur de Poudlard passa les mains sur son visage, d'un air de résigné. Comment allaient ils sortir de cette situation ? Et les parents de Hermione ? Comment allaient ils réagir? Ainsi que tout les parents des élèves qui étaient au courant ? Si la situation n'était pas aussi précaire, il aurait été content que son vieil ami Serpentard avait trouvé un rayon de soleil dans sa vie. Mais pour l'heure, il s'était attiré les pires ennuis qu'un Professeur le pouvait.
Même si cela l'horripilait, Harry Potter devait parler avec son professeur de Potions. Coûte que coûte. Il ne pouvait pas voir Hermione dans cet état là. Surtout par sa faute, Certes il l'avait cherché après tout. Il avait tout fait pour les séparer. Mais il était persuadé jusqu'à la claque de son ami – ou plutôt ex-ami – qu'ils n'étaient pas amoureux. Que c'était une relation bancale et sans grand intérêt. Qui pourrait croire que le maître des potions, ce vil personnage, insipide et graisseux, pouvait tomber amoureux d'une élève qu'il avait tant méprisé depuis la première année ? Il se rendait compte qu'il s'était conduit comme un moins que rien. Au lieu de soutenir son amie, il avait tout fait pour la rendre malheureuse. Et pourquoi? Par souci de vengeance personnelle. Pire encore, il avait osé poser la main sur elle par crise de jalousie.
C'était sa Hermione, bon sang. Gentille, intelligente, dévouée. Une parfaite Gryffondor. Peut-être était elle vraiment heureuse avec lui? Peut-être que pour une fois, elle avait trouvé quelqu'un qui la comprenait mieux que ses propres amis ?
Maintenant que tout l'école était au courant – y compris les professeurs – cela ne sera plus pareil pour eux, Et il n'était même pas sûr qu'ils se remettront ensemble. Tout ça à cause de lui. S'il avait fermé son clapet, s'il lui avait demandé des comptes avant, s'il n 'avait pas pensé à la vengeance, tout cela ne serait pas arrivé.
Après tout, pourquoi se souciait il du bonheur du Professeur qu'il haïssait depuis toujours ? Tout ça car il était avec son amie ? Ne cherchera-t-il pas à lui faire du mal par la suite ? Car bien même il fut un ex-mangemort,au service de l'ordre, il pouvait très bien se retourner contre elle...
A force, il avait l'impression que Ron avait raison. Il était simplement jaloux.
Le jeune Gryffondor arpentait les couloirs sombres de l'école, évitant soigneusement ceux bondés d'élèves qui ne refuseront pas de l'harceler de question sur l'incident dans le hall.
Il s'arrêta près d 'une armure, passant la main sur la joue toujours engourdie par la gifle d'Hermione. Il ne l'avait pas volée après tout.
Il arriva enfin dans les cachots. Il descendit avec précautions les marches avant de se diriger vers le bureau de Rogue. Il fut surpris de voir la porte légèrement entre ouverte. Il prit une grande inspiration avant de l'ouvrir délicatement et de passer la tête :
« Professeur Rogue? Appela-t-il. »
Il entra doucement dans la pièce. Le maître des potions se trouvait de dos, devant son bureau. Il tourna la tête vers le Survivant, impassible.
« Potter, dit il simplement. »
En se rapprochant un peu, le gryffondor vit des bocaux empilés sur le bureau. Il déglutit avec peine et lança d'une voix mal assurée :
« Je dois vous parler, Professeur. Je...- il écarquilla les yeux en voyant qu'il mettait des bocaux dans un sac – vous partez ?
J'ai démissionné, Potter, répondit le Professeur en examinant un bocal de couleur bleue pâle avant de le reposer près des autres et d'en prendre un de couleur verte cette fois ci.
Dé...démi..démissionné? Répéta Harry incrédule. Mais pourquoi ?
A votre avis ? Fit il de sa voix doucereuse. N'est ce pas cela que vous cherchiez à tout prix ? Je tiens à dire que je ne vous regretterai pas.
Vous ne pouvez pas démissionner ! S'exclama Harry. Et ...et Hermione ?
Hermione...murmura le Serpentard d'un air songeur.
Si vous partez qui s'occupera d'Hermione ?
En quoi cela vous touche-t-il, Potter ? Après tout,c'est vous qui avez quémandé tout cela.
Je...je ne pensais pas que... »
Le serpentard fit volte face, croisant les bras, toisant le jeune Gryffondor :
« Que quoi, Potter? Pressa-t-il d'un ton sec.
que cela irait jusque la...marmonna le Gryffondor, honteux. »
Il se mordit les lèvres avant de continuer :
« Dumbledore ne peut rien faire ?
Dumbledore...n'est pas d'accord sur le fait que je sorte non seulement avec une élève et aussi avec une mineur. Qui ne le serait pas après tout? Qu'on soit amoureux ou non, Potter, la loi s'en contre-fiche. Maintenant si vous voulez bien m'excuser, j'ai autre chose à faire que d'écouter vos jérémiades.
Il ne peut pas la lever ? S'apostropha le survivant.
Potter, vous n'êtes vraiment pas futé. Croyez vous vraiment que cette loi a été écrite par le directeur lui même ? Non, c'est une loi propre au monde des sorciers. Chez les moldus aussi, il y a ce genre de loi. Et étant données les circonstances, je ne pense pas qu'on puisse faire une entorse.
Et si Hermione boit une potion de vieillissement ? »
Le maître des potions eut un rire sans joie.
« Si elle boit une potion de ce genre, Potter, cela n'affectera que son apparence et non pas sa date de naissance. De plus, elle ne changera pas radicalement en un an. On ne verra pas la moindre différence. Donc : complètement inutile. »
Il se retourna vers son sac et se remit à trier des bocaux puis de les ranger dedans. Harry réfléchit en quatrième vitesse. Il y avait bien une solution.
« Je vous prierai de sortir de mon bureau, Potter. Sinon mes doigts risquent de glisser malencontreusement sur ma baguette et je ne garantirai pas votre sécurité, murmura Severus Rogue de sa voix la plus redoutable. »
Sachant qu'il n'aura plus de chance pour le faire changer d 'avis, Harry s'enfuit du bureau de son maître des potions. Il courut quelque instants dans les couloirs du cachot avant de prendre une allure normale, les mains dans les poches, scrutant ses chaussures.
Il ne savait plus quoi faire. Après tout, quand il les avait vus ce jour là, l'un à coté de l'autre sous l'arbre dans la forêt interdite,,,et toutes les petites choses...et cette écharpe ! Avait il vraiment été jaloux de Rogue? Hermione «était bien trop jeune et trop bien pour le Serpentard, Elle avait dû être manipulée ou même menacée...Ou peut-être pas ? Peut-être étaient ils vraiment amoureux ? Alors pourquoi avait il réagi de la sorte ? Pourquoi cette situation l'avait elle fait perdre la raison au point de sauter sur son amie ? De lui faire peur? De la menacer même?
Ron avait raison : Harry Potter était simplement jaloux.
Il s'arrêta net. Non. C'était impossible. D'un geste fébrile, il passa sa main dans ses cheveux avant de se coller dos au mur. Il était...?
« Bon sang, Hermione...murmura-t-il »
La jeune fille s'était installée au bout d'une table dans la salle commune des Gryffondors. Enfermée derrière une pile de livres, elle essayait tant bien que de mal d'étudier ses leçons de potions pour le lendemain non sans avoir un pincement au coeur et non sans avoir envie d'étrangler Lavande et Parvati qui n'arrêtaient pas de commenter la scène dans le hall une heure plutôt. Ginny était assise à coté de la jeune gryffondor. Elle était entrain de rédiger son devoir de métamorphose et adressait de temps à autre un sourire compatissant à son amie. Quand Hermione était revenue des toilettes, Ginny s'était précipitée sur elle pour l'entraîner dans les dortoirs des filles pour discuter. Elle lui avait demandé les moindres détails de leur relation. Non pas par pure curiosité – même si au début Hermione en doutait fortement – mais plutôt pour comprendre ce qui s'était passé de travers. A son grand étonnement, la rouquine était ravie qu'elle sorte avec le Professeur Rogue. D'après elle, depuis qu'il y avait une sorte d'alchimie entre eux, le professeur n'avait jamais paru maussade ou même grognon durant les cours des potions. Il avait même donné des points à Luna Lovegood pour sa potion de rattatinage qui n'avait même pas une excellente couleur, Ginny avait eu des ennuis avec un serpentard durant un cours et contre toute attente, le directeur des Serpentard avait enlevé des points à sa propre maison.
« Je suis sûre que c'est grâce à toi s'il est devenu plus « juste » avec nous ! Avait elle déclaré, le sourire aux lèvres. Ce n'est plus un enfer d'aller à son cours. »
Mais Hermione n'avait pas arrêté de penser qu'un Rogue qui n'enlevait pas de points de façon injustes à Gryffondor, ce n'était plus un Rogue. Et même s'il l'avait défendu devant Malefoy...Etait elle jalouse que le Professeur s'occupait des autres Gryffondor ? Que ce privilège lui avait été enlevé ?
La rouquine avait alors enchaîné sur tout un tas d'histoire de filles. Elle lui avait demandé comment il embrassait. Hermione lui avait répondu aussi rouge que les cheveux de son amie que c'était à son goût et que de toute manière, vu qu'ils avaient rompu, cela n'avait plus d'importance. Mais en apercevant le regard incrédule de la rouquine, elle avait continué sur le fait qu'elle avait aimé l'odeur et le goût des baisers du Professeur Rogue. Elle avait très vite fait de ne rien dévoiler sur ce qui s'était produit juste avant leur séparation de peur que Ginny ne l'harcèle de nouveau de question. Rien qu'en y repensant, la jeune fille rougissait et en avait des frissons.
Les autres élèves de Gryffondors passaient devant Hermione en lui adressant un regard et en se murmurant. Elle était persuadée qu'ils commentaient la scène avec elle et Harry et élaboraient tout un tas de théorie sur sa relation avec le Professeur Rogue. Elle se convainquait que cette situation allait durer peut-être un mois ou deux et qu'elle savait pertinemment bien où se cacher si elle voulait étudier en paix sans avoir à subir les regards de braises sur elle. Par moment, elle comprenait ce qu'endurait Harry.
Harry...
Tout était de sa faute après tout. Elle ne lui pardonnera pas d'aussitôt. Si sa relation avec le professeur Rogue l'ennuyait tellement, pourquoi ne pas lui avoir parlé ? Ne pas lui avoir demandé ce qui se passait réellement ? Peut-être avait il voulu juste être protecteur par rapport à elle?
Non. C'était du mépris et de la haine qu'il affichait.
Mais peut-être pas tournés vers elle en fait...
Elle tourna la page de son manuel de Potions quand le Survivant entra en trombe dans la salle commune. Elle ne leva même pas la tête quand il s'approcha d'elle, le souffle haletant :
« 'Mione, je dois te parler !
J'en ai rien à faire, Potter, cracha Hermione avec amertume sans lever les yeux sur lui.
Qu'est ce que tu as encore inventé, toi? Lança à son tour Ginny Weasley, d'un ton horriblement venimeux.
Toi, je ne t'ai rien demandé ! Répliqua aussitôt Harry.
Rien demandé? Est ce qu'Hermione t'a demandé de briser son couple? Je ne pense pas non.
Je n'ai rien brisé du tout ! Se défendit le jeune homme en tapant du poing sur la table.
Ha oui? Fit Hermione sarcastiquement en relevant enfin la tête de son manuel des potions. C'est vrai que le Célèbre Harry Potter a toujours raison. »
La salle était devenue soudainement calme. On entendait plus que les crépitements du feu dans la cheminée et les ronronnements de Pattenrond sur les genoux de Dean. Tout les élèves de Gryffondors avaient les yeux rivés sur le trio qui était sur le point de se sauter à la gorge. Ron Weasley quant à lui restait de marbre prés de Neville, un livre de Botanique devant lui. Il était étonnement pâle.
« Le célèbre Harry Potter a bafoué disons..une dizaine de fois le règlement de l'école mais n'a jamais été renvoyé,non non, poursuivit Hermione avec toute sa rancoeur. Voyons. En première année, il a été au deuxième étage alors que c'était interdit.
C'était pour récupérer la pierre philosophale ! Cria Harry mais Hermione continua dans sa lancée sans l'écouter.
En deuxième année, il a préféré venir en voiture volante plutôt que d'envoyer un hibou à l'école. Car le train...- HA !ricana-t-elle sans joie - n'était pas assez..bien pour le garçon qui avait survécu.
Dobby nous avait empêché, moi et Ron de passer...
En troisième année, il s'est baladé au pré-au-lard alors qu'il n'en avait pas la permission. En quatrième année, il a participé à un tournoi alors qu'il n'en avait pas l'âge légal. Est ce que le Grand Harry Potter avait il été puni? Renvoyé ? A part des retenues : rien.
Minute ! Le tournoi je ne voulais...
Sans compter le nombre de fois où Saint Potter s'est promené seul dans les couloirs la nuit. »
Certaines élèves avaient reculés prudemment de la table, sentant une catastrophe venir. Ou plutôt : l'ouragan Hermione Granger.
« Et voilà qu'en cinquième année, son amie – s'il la considérait comme telle – est tombée amoureuse de quelqu'un mais...,bouillit la jeune Gryffondor, s'efforçant de ne pas sauter à la gorge du garçon à lunettes à deux mètres d'elle. MAIS ce quelqu'un ne plaisait pas au célèbre Harry Potter qui avait décidé...décidé de lui même, qu'il n'était pas assez bien pour son amie, Sans se soucier des SENTIMENTS qu'elle pouvait éprouvés car le célèbre HARRY POTTER AVAIT TOUJOURS RAISON ! »
Elle avait crié les derniers mots, versant des larmes de rage.
« Mais qui pourrait lui donner tort? Après tout, c'est celui qui sait combattre celui-dont-on-ne-prononce-pas-le-nom,sanglota Hermione en cachant son visage avec ses mains tremblante. Le garçon qui avait survécu !
Ce n'est pas,,..parce que j'ai survécu à Voldemort que je...commença Harry mais Hermione s'égosilla :
ALORS POURQUOI T ES TU MELE DE CE QUI TE REGARDAIT PAS? JE SORS AVEC QUI JE VEUX ! »
Elle se leva d'un bond, contourna la table vers le coté de Ginny et courut vers l'escalier du dortoir des filles. Elle s'arrêta quelques secondes pour ajouter d'une voix tremblante :
« Tu es aussi abject que les mangemorts. »
Elle gravit les marches de l'escaliers en colimaçon tandis que Harry Potter s'effondra dans un fauteuil, le teint livide, Il venait de perdre définitivement l'amitié d'Hermione.
Hermione Granger se laissa tomber sur son lit, pleurant à chaudes larmes. Elle aurait voulu se faire réconforter par le Professeur Rogue, se frotter contre lui, l'entourer de ses bras frêles, Mais elle ne le pouvait pas. Elle ne le pouvait plus, Elle extirpa une écharpe verte et argentée du dessous de son oreiller et enfouit son visage dans le tissu laineux, tentant d'étouffer ses cris et ses sanglots. Elle resta un long moment à respirer l'odeur du maître des potions imprégnée dans l'écharpe. Exténuée, elle se retourna sur le dos et se mit à fixer le toit de son lit à baldaquin, la main droite touchant du bout des doigt le vêtement serpentard, la main gauche sur son ventre. C'était injuste. Harry Potter avait bafouée des dizaines de règles de l'école et il n'avait jamais subi autant d'ennui qu'elle en moins de vingt-quatre heures. Pourquoi à lui, on lui faisait un traitement de faveur alors qu'elle...elle ne faisait qu'entraver une. Une toute petite règle de rien du tout oubliée dans le fin fond du règlement. Pas de relation plus qu'amicale entre l'élève et le professeur.
La main gauche de la jeune fille se laissa tomber le long du lit. Le bouts de ses doigts effleurèrent quelque chose de solide. La gryffondor se retourna avec peine sur le coté et extirpa la chose qu'elle venait de toucher. La boite de chocolat. Elle en sortit un morceau et les paroles du Professeur Flitwick lui revinrent comme si sa propre mémoire s'était mise à les chanter :
« Vivez votre bonheur sans vous préoccuper des autres »
Elle mangea avidement le chocolat, prit l'écharpe et l'enroula autour de son cou avant de remettre ses cheveux le mien qu'elle pouvait. Elle essuya du revers de sa manche les quelques larmes qui lui restaient avant de sortir en courant du dortoir des filles. Elle passa comme une flèche devant Ginny qui cligna des yeux avant de sourire doucement et de retourner à son devoir.
Suivant son instinct, la jeune fille prit la direction de la salle de classe de Métamorphose. Elle croisa au passage le Professeur Flitwick qui la suivit du regard avant de lever son pouce et de continuer sa route en fredonnant. Un point de coté douloureux, la respiration haletante, la jeune fille s'appuya sur le mur à quelque centimètre de la porte de la chambre du Professeur Rogue,
Prenant une longue inspiration, la jeune fille frappa par trois fois avant de rentrer sans attendre la moindre réponse. La pièce était comme elle l'avait quittée au matin à l'exception prés que le Professeur Rogue semblait faire ses valises.
Attendez.
Faire ses valises ?
« Professeur, que faites-vous? S'étouffa Hermione en entrant, le coeur serré, la main agrppé a la poigné de la porte. »
Le concerné se retourna vers elle et lui afficha un sourire crispé avant de continuer ce qu'il avait commencé.
« Plus « Professeur », Hermione, réctifia-t-il.
Comment..comment ça? Murmura la gryffondor d'une voix d'outre tombe. »
Il n'avait quand même pas...?
« J'ai démissionné, répondit il en se tournant vers elle.
DEMISSIONNE? Hurla Hermione malgré elle, COMMENT? QUOI? POURQUOI? »
Il se rapprocha d'elle, les bras croisé, un rictus désolé sur les lèvres :
« Je vous interdis de partir ! Fit Hermione de nouveau au bord des larmes.
Et pourquoi? Hermione, je ne peux pas rester. Il n'y a pas d'autre solution.
Si ! S'il y en a une ! Vous...vous partez...vous m'abandonnez...
Hermione, je ne peux pas rester à Poudlard. Je ne peux pas,,,rester ton professeur. »
La jeune fille était tellement abasourdie qu'elle ne fit pas attention au fait qu'il venait de la tutoyer.
« C'est de ma faute après tout, soupira-t-il en se retournant. J'aurais dû gardé mes sentiments pour moi. »
Il fit un pas un avant et son bras fut agrippé par les deux mains d'Hermione. Il bougea délicatement la tête vers elle. Elle avait de nouveau les yeux noyés de larmes :
« Je vous interdis de partir, souffla-t-elle.
Il le faut. Je ne pourrais jamais supporter de te voir en classe de nouveau. Pas après..pas après ce que nous avons vécu.
Je ne viendrai plus en potions, répondit Hermione comme si les mots étaient sortis tout seul. »
Il eut un petit rire amer avant de lui ébouriffer affectueusement les cheveux avant de se rendre dans sa salle de bain.
« Où..où irez vous en quittant Poudlard? Demanda-t-elle.
A St mangouste. Non pas pour me faire soigner mais pour y présenter mes talents de préparateurs de potions, répondit il depuis la salle de bain. »
Dans le coin du cerveau d 'Hermione, là où sommeillait une gryffondor blessée au plus profond, une pensée lui arriva a l'esprit comme dans un flash. Cette pensée lui montrait quatre ou cinq infirmières demandant d'une voix langoureuse des potions au Professeur Rogue, le corps parfait et bourré d'intentions des plus déplacées. Elle secoua la tête. Quelle idée...d'une parfaite jalousie.
« Et le Professeur Dumbledore? S'enquit Hermione. »
Le Serpentard quitta la salle de bain avec quelques affaires de toilettes, passa devant la jeune fille pour les introduire dans sa valise et répondre :
« Il ne conçoit pas notre relation. Pour lui, nous avons été inconscients. Je peux le comprendre sur ce point là.
Depuis quand...avez vous besoin de son accord pour faire quelque chose? Demanda-t-elle en détachant chaque syllabe. »
Il se tourna de nouveau vers elle, les yeux plissés :
« C'est mon supérieur hiérarchique, Hermione.
Oui et ?
Et quoi?
Il vous laisse partir comme cela...?
Non.,,,Il est contre ma démission.
Vous voyez ! Ce n'est pas la bonne solution !
Alors, dis-moi ! Dis moi ce que nous devons faire pour vivre notre amour sans bafouer une seule loi !dit il avec amertume. Si je reste ton professeur et que nous continuons notre relation, beaucoup de personnes vont penser que j'abuse de mon autorité sur toi.
C'est..simplement à cause de cela?
A ton avis pourquoi ce genre de relations est prohibé ?
Mais je m'en fiche des lois ! Du règlement et...
Vraiment ? Est ce le fait d'avoir enfreint plusieurs règles de l'école avec Weasley et Potter qui t'a fait changer d'avis sur la question ?
Professeur, je ne veux pas que vous partiez de Poudlard.,,,murmura-t-elle au bord de la crise d'hystérie. »
Il posa doucement sa main sur la joue droite de la jeune fille, Il déposa ses lèvres sur celles humides d'Hermione. Elle lui élança le cou de ses bras frêles tandis qu'il écarta ses lèvres pour glisser une langue douce et chaude. La jeune fille étouffa un gémissement et se laissa aller. Elle répondit au baiser tendrement, savourant avec délectation leur étreinte. Il rompit brusquement le contact :
« Non. C'est une mauvaise idée, souffla-t-il en prenant délicatement les mains de la jeune fille pour les retirer de son cou.
Professeur, je...tenta-t-elle.
Tu trouveras quelqu'un d'autre que moi. Tu es jeune, belle et intelligente, Tu trouveras quelqu'un de ton âge qui pourra te comprendre.
Mais je m'en moque des autres, Professeur ! Sanglota Hermione en lui agrippant le cou. C'est...c'est de toi dont je suis amoureuse. »
Elle avait les yeux qui brillaient de supplications et les joues rosies par les larmes et l'émotion.
« C'est toi...c'est toi que je..j'aime. Pas les autres, répéta-t-elle dans un murmure sans le quitter du regard, »
Il la serra contre lui,lui enroulant un bras autour du cou et de la taille, calant son visage contre le sien. Elle répondit à son étreinte en lui élançant la taille, savourant son odeur et sa chaleur. Au bout de quelques minutes, elle se déplaça pour l'embrasser de nouveau à pleine bouche. Elle déposa ses mains sur les joues du Professeur pour contrôler le baiser tandis que son amant se mit à lui masser la nuque des bouts des doigts. Hermione se sentit fondre quand elle glissa une langue hésitante qui fut accueillit affectueusement. Ses mains descendirent jusqu'au torse du serpentard. Celui-ci lui happa et lui lécha les lèvres et ils ne se séparèrent que pour regagner leur souffle, haletant et rougissant.
Il plaça le front contre celui de la jeune fille, leur souffle se mélangeant.
« Réconciliés ? Demanda timidement Hermione, les joues empourprées,
Réconciliés, affirma le maître des potions.
, toussota une voix derrière eux. »
La jeune fille sursauta. Son compagnon resta impassible et tourna les yeux vers l'origine de la voix. Le Professeur Dumbledore siegeait sur le pas de la porte, le regard pétillant un sourire espiègle aux lèvres,
« Je voulais vous parler...à tout les deux, fit il, le regard pétillant. Content que vous ne soyez pas encore parti, Severus. »
Le directeur entra dans la pièce puis d'un geste de baguette magique ferma la porte derrière lui et fit apparaître un fauteuil où il prit place, croisant les mains sur ses genoux. Le Professeur Rogue le toisa, les yeux plissés. Hermione quant à elle enfouit le visage dans la robe de son compagnon.
« J'ai réfléchi à notre discussion de tout à l'heure, dit le Professeur Dumbledore d'un ton aimable. Je ne pense pas que votre démission soit la meilleure solution. Et – il leva une main devant lui pour faire taire Rogue qui voulut riposter – j'étais persuadé qu'il existait un moyen pour...vous satisfaire tout les deux. J'ai contacté quelqu'un qui pourra donner des cous de potions à Miss Granger quand ceux de sa classe auront cours avec vous. Cela pourra régler le problème d'élève – professeur au point de vu cours. »
Hermione enfouit un peu plus son visage dans la robe de son amant tandis que celui ci lui massa la nuque d'un geste négligé.
« Et de point de vue du reste...j'ai contacté le ministre pour demander conseil, continua-t-il d'un ton qui voulait rassurant. Il veut écarter toute probabilité que vous ayez usé de votre autorité sur Miss Granger pour arriver à vos fins avec elle pour cela, il m'a demandé de...''vérifier l'authenticité'' des vos sentiments à vous deux. Choses que je ne ferai pas ou plutôt que j'ai vérifié malgré moi en vous surprenant tout les deux.
Donc vous voulez que je continue à enseigner mais pas à Hermione?fit Rogue de sa voix doucereuse.
En claire oui. Si vous voulez lui donner des cours particuliers en DFCM ou même en potions, libre à vous mais vous ne serez pas reconnu en tant que Professeur pour elle donc interdiction de lui enlever des points dans ces cas là si jamais Miss Granger est amenée à commettre une erreur. Et pour les cours de remplacement du Professeur Lupin, comme c'est des cas exceptionnels, on fera mains basses que vous soyez le Professeur remplaçant, même pour Miss Granger. N'était-ce pas...ce que vous vouliez,,,Professeur Rogue ? »
Hermione ouvrit doucement les yeux, tenant toujours fermement la taille du Serpentard. Alors...tout était arrangé ? Elle sentit la main du maître des Potions lui caresser les cheveux affectueusement.
« J'espère...que ce genre de situation ne se reproduira pas, soupira Dumbledore en se relevant avant de faire disparaître le fauteuil d'un coup de baguette. Mais dans le cas où Miss Granger tomberait enceinte avant ses dix-sept ans, je ne pourrais pas intervenir, Severus, Ce sera au-dessus de mes capacités. Des amourettes avant, il n'y a pas de souci mais des flirts plus poussés avant la majorité...grand dieu ! Il manquerait plus que ça... »
L'estomac de la jeune fille se resserra. Visiblement, le directeur ne savait pas ce qu'ils avaient fait quelques heures plutôt et c'était tant mieux. Après tout, qui pourrait savoir ce qu'ils avaient fait à part eux-mêmes ? C'était évident que ce genre d'information ne pourrait pas être divulguée aussi facilement. Du moins elle espérait, sinon c'en était fini d'eux. Enceinte ? Elle n'arrivait plus à se rappeler de la dernière date de ses règles. Deux semaines? Peut-être trois ? Il y avait aucune raison pour qu'elle fut enceinte de toute manière. Même dans l'euphorie et dans le désespoir à la fois ils avaient fait attention...
Le directeur de Poudlard ouvrit la porte et se tourna vers les deux tourtereaux :
« Le dîner va bientôt être servi. J'espère que vous serez de la partie. Il y a une délicieuse tarte,,,
A la cerise que vous aimerez goûter, je sais, Professeur, acheva le Serpentard en soupirant. »
Le directeur ne répondit rien. Il se contenta de sourire avant de refermer la porte derrière lui. Hermione leva la tête vers son professeur, les yeux embués :
« C'est arrangé ? Demanda-t-elle la voix tremblante.
Visiblement, murmura-t-il. »
Elle lui afficha son plus large sourire tandis qu'il lui répondit avec un plutôt crispé. La jeune fille se lova un peu plus contre lui, savourant enfin une sereinité bien mérité. Il l'étreignit, posant son menton au-dessus de la tête de la Gryffondor.
« Je savais qu'il ne pouvait pas se passer de toi, murmura Hermione de façon espiègle.
Un maître des potions ex-mangemort espion pour l'ordre du phénix...c'est sûr que ça ne court pas les rues, répliqua le concerné. »
Elle gloussa, se retirant un peu pour le regarder dans les yeux :
« Tout va bien maintenant, souffla-t-elle.
Et pour Potter ?
Oh lui...ne t'en fais pas, répondit la jeune fille en haussant les épaules. Il s'y fera. Même s'il s'y fait pas, je m'en fiche, »
Elle n'était pas résolue à lui pardonner. Même si tout avait fini par s'arranger, même si elle regrettera un peu les cours avec son professeur, même si l'amitié de Harry Potter lui manquera sans doute...un peu, elle ne pouvait pas oublier comme ça. Du moins tout comme il lui faudra du temps pour s'y faire, autant elle aura besoin de temps pour lui pardonner.
Le Professeur Rogue la lâcha et se dirigea vers sa valise posée sur son lit.
« Il faudra que je remercie le Professeur Flitwick, murmura Hermione presque à elle-même. Au fait, ajouta-t-elle plus distinctement. Pourquoi ne pas avoir utilisé le sortilège Failamalle? Pour la valise ?
Je n'ai jamais pu maîtriser les sortilèges ménagers. »
La jeune Gryffondor éclata de rire ce qui lui valut un regard noir de son compagnon. Malheureusement il n'eut pas l'effet escompté car elle redoubla son fou rire, Il leva les yeux au ciel en soupirant. Elle s'avança vers lui, lui élança la taille, un sourire radieux sur les lèvres. Il se pencha pour l'embrasser et elle lui entoura le cou de ses bras frêles. Ni Hermione ni le Professeur Rogue ne voulut que leur étreinte cesse, savourant le souffle, la chaleur et le goût de l'autre.
Le souffle haletant, ils se séparèrent un moment. Collant son front contre le sien, Severus Rogue dit d'une voix douce :
« Je t'aime. »
Le cœur bondissant dans sa poitrine, les joues empourprées, Hermione l'embrassa de nouveau. Il lui répondit plus langoureusement, lui caressant les cheveux et le dos. Il lui défia l'écharpe sans quitter ses lèvres avant de happer délicatement la peau douce et soyeuse de la jeune fille au niveau du cou. Elle réprima un gémissement, passant ses doigts dans les cheveux graisseux de son amant. Et avant qu'elle ait pu retrouver ses esprits, son dos se retrouva en contact avec le sol, sa peau exposée à des milliers de baisers. Il lui prit de nouveau les lèvres dans un baiser doux et passionné et Hermione ne se sentit jamais aussi bien de toute sa vie…
Ils vivaient enfin leur bonheur.
A la table des Gryffondors, Harry Potter se morfondait dans ses saucisses. Blême et ravagé par les remords, il ne mangeait pas une miette de son repas. Ginny, qui se trouvait de l'autre coté de la table, avait réussi a dénouer la langue de Ron. Ce dernier avait dit avec mauvaise humeur qu'Hermione faisait ce qu'elle voulait et que cela ne le regardait pas; Même s'il avait préféré qu'elle fut avec Harry. Il aura besoin de temps pour digérer. Mais si Hermione était heureuse, alors...pourquoi pas?
A la table des Professeurs ce soir là, Dumbledore regardait avec appréhension la chaise vide du maître des potions. Après tout, il s'en était un peu douté. Souriant, il porta un calice de jus de citrouille aux lèvres tandis qu'à coté de lui, le Professeur Flitwick tenait la main du professeur McGonagall la baguette pointée sur la paume. Un chaton en chocolat ronronnait affectueusement dans la main du Professeur de Métamorphose qui affichait un sourire plus qu'enjôleur.
FIN
Auteur : Yataa comment j'ai eu du mal mais j'y suis arrivée à
- faire une fin heureuse (youhou)
- Terminer la fic ( youhou²)
Alors je voudrais remercier tout les lecteurs et lectrices ( :D). Fra,nchement ce n'etait pas evident de faire une fic sur ce couple là et je voulais couper court avec les clichés des Snape(Rogue) x Hermione. J'ai eu du mal mais bon.
Encore une fois merci aux reviewers et lecteurs. En esperant que vous avez appréciez ma fic !