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Kishu Aonabi Shindara
Author of 25 Stories

Rated: K - French - General/Romance - Roy M. - Reviews: 16 - Updated: 08-20-08 - Published: 02-03-06 - id:2783487

Eeerf. J’ai écrit cette partie il y a deux ans de ça… jamais fini… fallait bien que je m’y remette D:

OMG Merciiiiiiiiiiiiiiiiiiii !! Merci 1000 fois d’avoir reviewé ma modeste fic Arigatô minna-sama !!

Ah, qu’est-ce que je voulais dire ?

Pour ceux et surtout celles qui seraient arrivé(e)s jusqu’au chapitre 57-58 du manga papier, comprenez que j’allais pas reprendre ce que Hiromu a dessiné (surtout qu’apparemment le père de Riza c’était un gros malade qu’est mort dans son propre sang, comme Izumi Oo’ enfin, je me comprend XD). Mais bon. Je n'ai jamais eu l'occasion de lire au-delà du vol.9 ou 10, je ne sais plus. Je suis complétement à l'ouest de la dernière actu FMA. J'ai donc terminé ce chapitre de la façon dont je l'avais imaginé, y'a 2 ans XD

Enfiiiiiiiiiiiiiin je vais passer à un registre plus macabre XD bwahahahaa !!

Voilà ! Tout ce que je peux ajouter... c’est merciiiiiiii !!

Quelques spoilers... mais la majorité sont inventés ou repris du FMA PERFECT GUIDE BOOK 2.

ENJOY !!


IGNITION : Et l’étincelle devint lueur, la lueur devint flamme, puis enfin lumière aveuglante


Chapitre 2 : World on Fire

C’était un accident. Rien qu’un accident.

Papa, Maman, excusez-moi...

On apercevait encore au loin les décombres fumants d’une maison ravagée par les flammes. L’odeur des cendres parvint jusqu’à la demeure des Mustang, encore en émoi par ce qui venait d’arriver. Une colonne de fumée noire s’élevait bien haut dans le ciel.

Heureusement que les secours étaient arrivés à tant.

Un autre cri de colère résonna dans ses oreilles, bourdonnantes à cause du feulement des flammes. Une masse noire se dessina devant ses yeux brouillés.

« EST-CE QUE TU TE RENDS COMPTE DE CE QUE TU AS FAIT ?? »

Et la gifle retentissante qui complétait le tout.

« Chéri, arrête !! », Intervint Mme Mustang en empêchant son mari de donner une autre claque à son enfant, en larmes. Ses sœurs restaient en arrière, effrayées.

Maes et Liza pleuraient eux aussi, se faisant sermonner par leurs parents, Liza par son grand-père en plus. De grosses gouttes perlaient sur leur visage couverts de suie, de larmes, de sueur et dans le cas de Roy, de sang. Mme Mustang attrapa son fils par le bras et le força à se tenir devant elle, pour le débarbouiller et le gronder. Entre deux sanglots, il murmura :

« Maman, –sniff– ma blessure... est-ce que je vais –sniff– en mourir ?

-C’est une blessure légère. Tout ira bien mon cœur... bon dieu, qu’est-ce qui t’as pris de faire ça ?! Et d’entraîner tes petits camarades dans ce...

-C’est inadmissible, Mme Mustang !! », S’écria soudain la mère de Liza. « Nous vous confions nos enfants, et regardez ce qui est arrivé ! Votre fils brûle une grange et a failli tuer nos enfants !!

-S’il te plaît, calme-toi... », La coupe le Général Grumman, le grand-père de Liza.

« Mme. Hawkeye, il faut excuser Roy, je suis... je suis certaine qu’il ne pensait pas à mal ! », justifia sa mère.

« C’est p-pas de sa faute, c’est la mienne !! », Dit soudain Maes, se dégageant de l’étreinte de sa propre mère. « C’est moi qui... qui lui est dit d’utiliser son alchimie !

-Et moi je n’ai rien fait pour les arrêter !! », Ajouta Liza. « Moi aussi je suis fautive, Maman !!

-Elizabeth ça suffit !! », L’arrêta Mr. Hawkeye.

Roy était trop fatigué et ressentait trop encore les effets de la peur pour pouvoir se défendre, lui et ses amis. Comment en étaient-ils arrivés là ?

C’était en début de soirée. Roy avait invité ses deux camarades à passer la nuit chez lui. Sans prévenir Monsieur et Madame Mustang, ils s’étaient éclipsés de sa chambre pour se promener dans la campagne.

Et c’est là qu’ils passèrent devant le vieux grenier abandonné. Les habitants de la maison étaient partis il y a fort longtemps pour le Nord, en laissant leur maison et la grange, vides.

« Hey, Roy , Liza, venez on va y jouer !!

-Heu... Maes, t’es sûr ? Dans le noir, comme ça ?!

-De quoi t’as peur ?

-J... j’ai pas peur !! Mais... on m’a dit que c’était hanté...

-Bah c’est moi qui te l’ai dit, Roy, banane !!

-Ah ?

-Les garçons, moi je crois que c’est dangereux de jouer là-dedans... et c’est déjà pas très futé d’être sorti en pleine nuit sans prévenir un adulte !!

-J’y crois pas ! Vous êtes vraiment des trouillards !

-P-pas du tout Maes !! Tu dis n’importe quoi ! Je vais te prouver que j’ai pas peur et que ce truc n’est pas hanté !! »

D’un pas décidé, Roy s’avança vers le grand bâtiment de bois, sans prêter attention aux avertissements de son amie. Il enleva la chaîne qui n’était pas cadenassée et poussa la porte.

« Alors Roy ?.!

-Il fait trop sombre, j’vois rien !

-On va se faire punir les garçons, je le sens... c’est une violation de domicile, c’est mal...

-Mais si y’a plus personne pour se plaindre, on ne risque rien non ?.! Roy ! Utilise ton pouvoir de feu, on va éclairer l’intérieur !

-Ok ! »

Il prit une branche morte qui se trouvait là, et claqua des doigts pour l’allumer. Il jeta un coup d’œil au contenu des lieux.

« C’est tout pourri. Y’a que de la paille et des bûches. »

Ils entrèrent tous, la torche de Roy étant la seule source de lumière et de la chaleur de l’immense pièce. Maes referma la porte, « pour éviter de se faire coincer comme des voleurs !!

-Très drôle. », répliqua Liza, ironique.

« Hey, on peut jouer au toboggan sur ce tas de paille ! », Proposa Maes, se jetant sur la masse d’herbe.

« Mustang, Hughes ! Il ne faut pas !

-Oh, allez, amuse-toi Liza !!

-Non, moi je préfère rester assise et vous regarder.

-Fais comme tu le sens... mais tu tiens la torche. »

Elle se dirigea alors vers les bûches à moitié fendues et s’y assit.

Ils s’amusèrent ainsi pendant une bonne demi-heure dans la chaume, puis Maes s’enquit : « Roy, si on faisait un vrai feu de camp ?

-Ah ? Ouais ! Bonne idée ! Prenons un peu de paille, ça fera l’affaire. Approche-toi Liza !

-Je suis très bien où je suis, vous n’avez qu’à venir.

-Pss, Maes, pourquoi elle fait la tête comme ça ?.!

-C’est une fille, y’a aucune explication logique là-dessous...

-Mmh... Ça veut dire que pour la comprendre, il faut que j’en sache plus sur les filles...

-A quoi tu penses ?

-Bheu, rien !

-Roy... T’es quand même pas amoureux de Liza ?.?.!.! »

Un ange passa... :

« MAIS T’ES PAS BIEN OU QUOI ?.! M... MOI !.? JE SUIS QUOI ?? TU RIGOLES !! », S’écria Roy, rouge comme une tomate.

« Tu as les yeux qui papillonnent, tu bafouilles, et t’es rouge comme j’sais pas quoi !!

-Cré-crétin !

-Qu’est-ce qui se passe, Hughes, Mustang ?

-RI-RIEN !. !. !. ! », Bégaya Roy, tandis que Maes éclatait de rire.

Enfin, il alluma un petit feu en claquant des doigts fièrement. Néanmoins, la paille brûlait vite, alors ils en rajoutèrent, encore, encore...

« Roy, fais gaffe, faut pas en mettre trop !! », L’avertit Maes.

Un énorme ‘WOOOUUUSH’ se fit entendre, une masse de fumée s’échappa de la paille brûlée qui fit tousser les enfants. Des braises virevoltèrent dans les airs...

« Bah bravo Roy –Kof kof–, je t’avais dit de pas –Kof kof– trop en mettre !

-Touss… oh… ça va ! »

Tout coup, Liza poussa un cri de frayeur. Et puis une lumière et une source de chaleur éclatante les fit réaliser ce qui se passait.

Les restes vifs de paille qui s’étaient envolés étaient retombés sur le gros tas de fourrage sec qui prenait feu à tout allure.

« QU’EST-CE QUE VOUS AVEZ FAIT ?? », Hurla la petite fille en se précipitant sur eux.

« Mais rien, on te le jure !! », Dit Roy, paniqué.

« De l’eau, il nous faut de l’eau !!

-Et t’en vois où de l’eau Maes !! »

Le grand brun s’approcha et essaya de souffler sur les flammes, comme pour les éteindre...

« Hughes, imbécile, tu ne fais que l’attiser !!

-Hey Liza, c’est pas le moment de philosopher, il faut faire quelque chose, garde ton calme !

-Mais j’aimerais bien t’y voir, toi !! », Répliqua celle-ci à Roy, d’un ton mêlé de colère et d’angoisse.

Roy se rapprocha de Maes et commença à donner des coups de pieds aux flammes, celles-ci rongeant tout le vieux bois de la grange...

« Roy, on pourra pas l’éteindre comme ça ! Les flammes sont trop importantes, tu... »

Un craquement sinistre les fit taire. Ils levèrent lentement la tête et virent que le plafond brûlait.

« Et m... »

Soudain, une poutre se détacha du toit et tombait droit sur eux.

« POUSSEZ-VOUS !! », Leur cria Roy, se jetant sur le côté.

La poutre se fracassa sur le sol dans un grand bruit. Elle séparait Roy d’un côté, Maes et Liza de l’autre. D’un geste vif, Maes se leva et courut à la grande porte de bois...

« OH NON !! C’EST COINCÉ !!

-QUOI !! MAIS POUSSE BON SANG !! », Lui ordonna Roy en venant l’aider. Liza aussi. Les garçons se regardèrent, et se mirent à taper très fort sur la porte, comme pour l’enfoncer, et hurlèrent :

« AU SECOURS !! AIDEZ-NOUS !!

-Mon dieu, Mustang, Hughes, qu’est-ce qu’on va faire ?.! », Murmura la fillette, son ton trahissant la panique. « Je refuse de mourir ici. Pas comme ça ! »

Elle se précipita à l’autre bout de la pièce, les laissant là. Roy l’appela : « LIZAAAAA !! REVIENS !! »

Il partit à sa poursuite, laissant le fils Hughes chercher un moyen d’ouvrir la porte.

« Li... LIZA !! –Touss, touss !! – LIZAAAA !! –Kof ! Touss !! – »

Il retrouva la jeune fille à l’autre bout de la pièce, en train d’essayer de pousser une petite porte de bois.

« MUSTANG !! VIENS M’AIDER !! LA PORTE PEUT ÊTRE OUVERTE !!

-LIZA ! »

Il vint rapidement à sa rencontre, et tout deux tentèrent, essoufflés et suant, d’ouvrir la porte. Au passage, ils remarquèrent que le feu dévorait entièrement le plafond.

Ils retinrent un cri de joie en voyant la porte céder sous leurs petites mains. Mais de l’autre côté, il n’y avait pas d’issue. Tout ce qu’il y avait c’était...

« De l’essence. », Bredouilla Liza.

« Ne restons pas là, allons retrouver Ma...

-KYYYAAAAA !! », Cria t’elle, les yeux rivés vers le ciel enflammé.

Tout se déroula en un éclair : une grosse planche s’était décrochée, menaçant de les écraser ensemble ; un cri, des bras qui repoussent, un souffle chaud et un bruit infernal ; une flopée de sang...

« Roy !! »

La petite fille se précipita sur son camarade, qui venait de la sauver. En effet, il l’avait poussé plus loin, et avait à peine eu le temps d’esquiver le morceau de bois... le souffle puissant de flammes l’avait repoussé un peu plus loin.

« MON DIEU ROY !! »

Une vilaine écorchure qui saignait abondamment balafrait le dessus de son œil droit. Elle le secoua par l’épaule, tout en l’appelant par son prénom. Elle se mit à pleurer bruyamment tout en ne cessant de l’appeler.

« Roy ! Roy !! Ouvre les yeux, je t’en supplie ! »

Il grogna soudain, et entrouvrit un œil, encore meurtri par le choc. La 1ère chose qu’il vit, ce fut le sourire de son amie, qui le prit dans ses bras.

« Mmh... Liza ?

-Il... Il ne faut pas rester là. Je vais t’aider... »

Elle l’aida à se tenir debout. Ils se dirigèrent tant bien que mal vers Maes, suffocant, boitillant, jusqu’à ce que celui-ci leur crie : « LIZA !! ROY !! VENEZ VITE ! J’AI OUVERT LA PORTE !! »

Maes se précipita sur eux, portant Roy avec Liza, d’un autre main tenant un pied de biche avec lequel il avait déboîté les gonds.

Ils sortirent en 4ème vitesse, tout juste au moment où le toit entier s’effondrait. Ils s’arrêtèrent un peu plus haut sur une dune d’herbe fraîche pour contempler le désastre. Morts de honte et de trouille, ils n’avaient envie que d’une chose : rentrer le plus rapidement possible chez eux.

Ils coururent dans la campagne tout en lançant des regards effarouchés derrière eux, jusqu’à ce que Roy heurte quelque chose... de grande taille, musclé... il poussa un cri de terreur :

« Roy !! Mon fils !! VITE, ILS SONT LA !! ». Roy reconnu la voix de son père, qui tenait une lampe à pétrole.

« ROY !! MAES, ELIZABETH !! Oh mon Dieu, chéri !! », S’exclama Mme Mustang, presque en larmes, en voyant son fils blessé.

Une explosion retentissante se fit entendre au loin. Un dôme de fumée s’éleva au dessus des nuages, formant un brasier d’enfer.

« Putain de merde, mais qu’est-ce que... », Jura Mr. Mustang, en voyant cela. « Le feu !! Chérie, ne bouge pas avec les enfants, je vais chercher le voisinage pour aller l’éteindre !! Bon sang !!

-Papa !! », Appela Roy, sentant une douleur au ventre. Il avait si peur de ce qui pourrait arriver...

Roy se disait qu’ils avaient eu de la chance, ce soir là.

« De l’alchimie ?! Comment ça de l’alchimie ?! Qu’est-ce que ça veut dire Maes ? », Interrogea son père, surpris.

« Mais... non, en fait c’est que... ». Le concerné lança un regard d’encouragement à son ami, après tout c’était sa faute... il baissa ensuite la tête. Maes déglutit et confessa : « Roy utilise la pyrotechnie comme alchimie... Mais je vous jure que c’est moi qui l’ai forcé !!

-Mr. Mustang, comment cela se fait-il que votre fils sache utiliser l’alchimie ? A son âge ! C’est de l’inconscience pure ! », Dit le général Grumman, se tournant vers le père de Roy.

« C’est moi qui lui ai appris, général. », Répondit Mr. Mustang, au garde à vous.

« Vous vous rendez compte Mr. Mustang ! L’alchimie ce n’est pas un jeu ! C’est une science qui répond à des lois bien précise et strictes !! L’alchimie est sensée être mise au service des gens et de leur protection, pas de les mettre en danger !

-Je m’excuse, général.

-Non, papa, c’est moi qui...

-Tais-toi. », Coupa t’il d’un ton froid. « Général Grumman, je suis prêt à prendre toute la responsabilité de cet acte accidentel. Je vous demande de rejeter entièrement la faute sur moi, pas sur mon fils. J’aurais dû me douter qu’il était trop jeune pour l’apprentissage de l’alchimie, surtout à un tel niveau... Mesdames, Messieurs, tous... veuillez me pardonner. »

Mr. Mustang fit une courbette d’excuse. Chacun rentrèrent chez eux silencieusement. Mme Mustang rentra avec ses filles, tandis que Mr. Mustang restait derrière avec Roy, appréhendant la réaction de son géniteur. Ce dernier posa sur lui un regard pénétrant que Roy n’osa affronter. Il ferma les yeux, attendant un autre coup, sa mère n’étant pas là pour stopper Mr. Mustang.

Mais à la place, il passa sa main dans les cheveux ébène de son fils, et lui dit doucement, d’un ton ni amical ni froid : « Viens, rentrons. »

C’était un ton paternel, tout simplement.

« Papa. »

Le général de brigade s’arrêta et se tourna vers son fils.

« Est-ce que tu me détestes ? »

L’adulte s’approcha et sourit gentiment : « Bien sûr que non mon fils. Pourquoi une telle question ?

-Parce que... après ce que j’ai fait...

-Je suis simplement fâché parce que tu as fait une très grosse bêtise. Ce n’est pas une raison pour que je ne t’aime plus. Tu es mon petit garçon, et tu es vivant, c’est ça qui compte... »

Il posa son front contre celui de son fils : « Ce n’est pas ce que tu voulais entendre ? »

Roy se sentait dérouté. Il avait encore beaucoup de choses à apprendre du monde des adultes. C’était si compliqué d’agir comme tel... mais en même temps c’était si compliqué de n’être qu’un enfant.

Il commença à sangloter dans les bras de son père :

« Je... je suis dé... désolé... de ne pas être à la hauteur...

-A la hauteur de quoi, Roy ?

-De tes espérances... de tout. Je ne serai jamais comme toi. Pas en agissant... comme je l’ai fait.

-C’est en réalisant ses erreurs qu’on mûri.

-On... on peut pas mûrir en 5 minutes comme ça !

-On devient un peu plus adulte tout le temps. Nous sommes ainsi fait. Nous sommes humains. On vit, on apprend...

-... Papa... j’ai toujours voulu te ressembler, tu sais. Tu es mon idole. Plus tard je voudrais être exactement comme toi. »

Mr. Mustang écarquilla les yeux de surprise devant cette révélation. Il prit les mains blessées de son fils, regarda le cercle à moitié effacé sur l’une d’elle, et sourit :

« Mais tu ne dois pas Roy.

-... Pou... Pourquoi ? Tu... tu ne veux pas ?

-Non, non, je me sens très flatté que tu veuilles me ressembler... mais Roy, tu n’es pas moi. Moi je ne suis pas toi. C’est comme l’alchimie... tu dois te trouver un style. Copier les autres ne te fera jamais avancer dans la vie. Il faut savoir innover... tu comprends ? Je ne te repousses pas, je ne te blâmes pas... au début c’est normal, quand on apprend, on apprend à recopier. Mais une fois la méthode acquise, il faut passer à autre chose...

-... Oui. Je comprends. D’accord... excuse-moi encore.

-Allez, sèche tes larmes mon garçon, que va dire ta mère si elle te voit comme ça ?

-... Dis, ça t’es déjà arrivé de pleurer ?

-... Oui. Et plus d’une fois. »

Ce n’était pas grand-chose, mais au fond de lui, cela le rassura que son père lui dise ça.

« Ah, heu... Papa, une dernière chose...

-Oui ?

-Je peux... te copier encore un peu, juste un petit peu ? Pas pour longtemps... juste le temps qu’il faut.

-Bien sûr. »

Ils rirent de bon cœur, et Mr. Mustang prit son fils sur le dos, qui passa ses jambes autour de la taille de son père pour garder l’équilibre, ainsi que ses bras autour du cou.

« Allez garçon, on rentre, il est tard, je suis épuisé...

-Hein, déjà ?

-‘Déjà’ ?.! Hey, je ne suis plus aussi jeune et vigoureux que toi...

-Au fait... Papa.

-Nnh ? », Fit-il en tournant du mieux qu’il pouvait la tête vers Roy.

« Ce qu’on vient de dire... heu... tu... heu... Maman...

-J’ai compris, je ne dirai rien à ta mère. C’est une discussion entre hommes après tout... »

Ils jouèrent encore un peu dehors, avant que Mme Mustang ne les rappelle à l’ordre. Elle paraissait inquiète, mais en les voyant aussi heureux ensemble, elle ne put s’empêcher de sourire à son tour. Lorsqu’ils passèrent la porte, elle demanda d’un ton anodin à son mari et son fils : « Alors ? De quoi avez-vous discuté durant tout ce temps ? »

Mr. Mustang reposa son fils sur la terre ferme et lui lança un regard complice. Roy répondit à sa mère : « On a eu une discussion entre hommes.

-Ohohoho. », Rit sa mère, ravie qu’ils se soient réconciliés. « Bon, le petit homme va dormir à présent. Il est tard mon cœur.

-Bonne nuit, Papa, Maman ! »

Ils se firent des signes de mains et de grands sourires fatigués à cause de l’heure avancée de la nuit.

Ce soir-là, Roy avait appris à ses dépends qu’il y avait des limites en alchimie à ne pas dépasser...


« Je dois partir ma chérie, je suis un officier supérieur, je vais mener les troupes au combat.

-Mais c’est la 1ère fois qu’une guerre d’une telle violence éclate ! Et si tu ne revenais pas ?.!

-Ne t’inquiète pas, je reviendrais.

-Je t’en prie, ne pars pas ! Ne laisse pas nos enfants, ne me laisse pas ! »

Mr. Mustang prit sa femme dans ses bras. Malgré le fait qu’il ait 10 ans, Roy ne comprenait pas très bien la raison de cet au revoir... si ce n’était qu’un au revoir.

Avant de partir, Mr. Mustang embrassa sa femme et ses enfants. Roy lui fit promettre qu’il reviendrait en vie. Puis ce fut tout...

Mais le général de brigade Mustang ne tint jamais sa promesse.

La nouvelle tomba comme une bombe. C’était un soir d’automne.

« Toutes mes condoléances, Mme Mustang...

-... Merci de m’avoir prévenue, général Grumman... mon mari... son corps...

-Il a été transféré à la morgue. Les médecins... sont en train de le rendre présentable.

-... ... Pour... comment est-ce que... ?

-Son régiment a été pris dans une embuscade. Les ennemis étaient trop nombreux... le temps que le 2nd régiment arrive sur les lieux... Mais sachez Madame, que votre mari s’est battu jusqu’au bout. »

Roy, caché derrière le mur, n’entendit plus que les pleurs étouffés de sa mère. Ensuite tout était trop flou pour qu’il s’en rappelle.

Lorsqu’il se réveilla le lendemain, une force mystérieuse l’avait ramené à son lit.

Le jour des obsèques du Général de brigade Mustang s’étaient déroulées toute une journée, mais ce fut trop court, d’après Roy.

Ce qu’il avait vu, dans ce cercueil...

Mme Mustang tenait la main de 2 de ses filles, l’aînée et le petit dernier derrière, tous vêtus de noir.

On avait décidé de faire la cérémonie dans la chapelle où ils s’étaient mariés. Il serait ensuite enterré dans le cimetière de l’armée.

Mme. Mustang s’approcha du cercueil et contempla son défunt époux. Qu’il avait l’air serein, malgré ses écorchures sur les mains croisées sur son ventre, ce bandage qui lui recouvrait la moitié du visage, ce bleu sur sa joue... ce costume noir lui allait si bien. Il ressemblait à celui qu’il avait enfilé lors de leur mariage...

« Que tu es beau. », Murmura t’elle, les yeux brillant, avant de se pencher sur le corps sans vie pour l’embrasser. Elle déposa un bouquet de roses blanches dans le nouveau lit de Mr. Mustang. Ses filles en firent de même, pleurèrent, prièrent...

Puis vint le tour de Roy. Au début, il ne voulait pas voir à quoi ressemblerait son père, dans le cercueil. On lui avait toujours raconté que ce n’est jamais beau à voir. Il ne voulait même pas venir ici.

Mais qu’importe si son corps était déchiqueté, si c’était horrible à voir, s’il devait vomir et faire des cauchemars, c’était son propre père.

Il se leva sur la pointe des pieds et regarda l’intérieur de cette grande boîte rectangulaire.

Et il eut très mal. Partout. Il avait l’impression de ressentir toutes les blessures de son père. Il imaginait exactement la scène : son père et ses hommes, pris en tenaille par l’armée ennemie, la bataille sanglante qui s’ensuivit… son père, cet homme fort, le dernier encore en vie… une balle lui traverse le corps… un bruit de corps qui s’effondre… et un murmure rauque…

« Roy… »

Il se mit à pleurer de douleur. Il avait si mal au cœur :

« Papa… pourquoi tu es mort ? Tu… tu m’avais promis… Papa… »

Mme Mustang s’approcha de son fils, inquiète : « Roy, chéri, tu trembles mon cœur, tu as fr…

-POURQUOI PAPA !.!.! POURQUOI ME LAISSES TU AINSI, POURQUOI TU AS LAISSÉ MAMAN ET MES SŒURS !!.?

-Roy ! »

Tous les gens se tournèrent vers la source des cris. Tout était si sombre, comme les vêtements qu’ils portaient…

« PAPA, PAPA !! TU AVAIS PROMIS !.!.!

-S’il te plaît, Roy… », Supplia sa mère en chuchotant, prenant son fils par le bras pour l’éloigner. Il la repoussa et s’accrocha au bras sans vie de son père.

« TU AVAIS PROMIS DE REVENIR !.! », S’écria t’il, en pleurant à chaudes larmes. Ses sœurs se laissèrent aller elles aussi, silencieusement. Soudain, un gros moine déboula sur Roy et sa mère, et dit, mécontent : « Jeune homme, contrôlez-vous un peu ! Vous êtes dans une église ici !

-Je ne vous permets pas de crier après mon enfant ! Vous ne savez pas ce que c’est que de perdre un proche !.? »

Le moine grogna, et se radoucit à peine en parlant à Roy, ignorant sa mère : « On ne t’as donc jamais appris qu’il ne faut pas toucher les morts ?.! Allez garçon, ne reste pas là…

-Vous n’avez pas le droit de me séparer de mon père, ne me touchez pas gros lard !.!.!

-Quoi ! Je ne permets pas, avorton ! », S’écria le Moine, en attrapant Roy par la taille pour le pousser. Il poussa un cri et s’agrippa un peu plus à son père :

« PAPA !!

-LÂCHE-LE IMMÉDIATEMENT, JE T’AI DIS !

-NE TOUCHEZ PAS À MON FILS !! LES FILLES, ALLEZ CHERCHER LE PÈRE SUPÉRIEUR !! »

Elles ne se firent pas prier, trop effrayées par l’étrange opposant. Néanmoins, la cadette rejoignit son frère et martela de ses petits poings le bonhomme en lui criant : « Lâchez immédiatement mon petit frère grosse brute !

-C’est mon père ! Vous n’avez pas le droit, PAPA !.!.! », hurla Roy, refusant de céder.

Les invités déjà présents n’osèrent intervenir ; alertés par les cris des enfants, le Général Grumman et quelques anciens camarades de Mustang arrivèrent et mirent un terme au conflit. Le moine subit de sérieuses remontrances de la part d’un Prêtre, et Mme Mustang consola ses enfants braillards.

C’était fini. Un voile noir s’était abattu dans l’armée… et la guerre n’était pas finie.


« Maman, je vais partir pour la Cité du Milieu pour devenir alchimiste d’Etat ! »

Il pensait que sa mère allait sourire. Ou l’encourager. A tout, sauf à ce qu’elle renverse à grand fracas la vaisselle qu’elle était en train d’essuyer. Il eut un mouvement de recul, puis se pencha pour ramasser les débris :

« Non Roy, laisse, tu vas te faire mal.

-Non, non. »

Sa mère les entassa tandis que son fils essayait de réunir les pièces correspondantes, comme un puzzle.

« Ce n’est pas le peine, on va les jeter, c’est irrécupérable.

-Bien sûr que si ! Je vais faire de l’alchimie pour les réparer…

-N’Y… TOUCHE… PAS !! », Hurla-t-elle tout à coup. Il écarquilla les yeux d’étonnement.

« Mais maman…

-COMMENT OSES-TU ME FAIRE ÇA ?.! A MOI, A MOI !! TOI AUSSI TU VEUX M’ABANDONNER AVEC TES SŒURS POUR DEVENIR UN SOLDAT ET ALLER TE FAIRE TUER ?.! TU N’AS DONC JAMAIS RIEN APPRIS ?.!

-Maman ! », S’écria Roy en la voyant s’écrouler sur le sol, en larmes. « Maman ! Maman ! Ressaisis-toi ! »

Il fut reconnaissant en voyant Reine et Roxanne se précipiter dans la cuisine, apeurées, pour l’aider à se relever et l’emmener dans son lit.

« Rine ! », Appela une des sœurs. « Viens vite aider Roy a tout nettoyer ! Et ne laissez pas brûler le dîner, on lui apportera au lit ! »

La plus jeune entra, mais son frère la repoussa : « Occupe-toi du repas, moi je m’attelle aux assiettes.

-Mais enfin, elles sont en morceaux !

-Bon sang, qu’est-ce que vous avez toutes avec l’alchimie dans cette maison ?.! », S’irrita-t-il en traçant un cercle à même le sol, recollant les plats un à un.

Une demi-heure plus tard, la cadette revint et ordonna à Roy d’aller voir leur mère. Elle lui tendit en même temps un plateau avec un pichet d’eau et à manger. Il s’exécuta sans discuter.

« Maman ? », Dit-il, devant la porte entr’ouverte. Il aurait voulu frapper mais il avait les mains pleines. « Maman je rentre. »

Il poussa la porte avec l’épaule, s’avança doucement vers elle. Elle avait les yeux rouges et se mouchait.

« Avec Rine on a veillé que les courgettes ne soient pas trop cuites. », Il déposa le plateau sur la table de nuit. « Bon appétit. »

Il resta un moment silencieux. Il amorça un pas en arrière comme celle-ci ne répondait pas, puis tout à coup :

« Excuse-moi mon chéri, maman était juste très fatiguée. Merci pour ce merveilleux repas. »

Il vint à son chevet et lui prit la main.

« Je n’ai jamais eu l’intention de vous abandonner, toutes les quatre.

-Je sais… je sais… », Malgré tout, des larmes roulèrent sur ses joues.

« Et puis je ne vais pas… enfin…

-Je sais.

-Pas tout de suite, en tout cas.

-Je sais. »

Ils se turent, leurs yeux identiques plantés les uns dans les autres. Elle soupira :

« Tu es brillant. Tu réussiras l’examen d’entrée haut la main.

-Pourquoi tu me dis ça en tremblant.

-Parce que ça veut dire que tu ne reviendras plus nous voir de si tôt. Tu vas devoir travailler dur pour l’an prochain, si tu veux devenir un Alchimiste d’Etat… et si ça ne sera pas l’année prochaine, ça sera celle d’après… ainsi de suite.

-Je…

-Mais on t’attendra toujours ici, avec tes grandes sœurs. Tu seras toujours le bienvenu à la maison. »

Sans qu’il s’en rende compte de suite, il se mit à pleurer, lui aussi. De longues minutes passèrent ainsi, où les émotions se traduisaient sans mot. Il reprit après un temps :

« Après la mort de papa, c’est moi qui suis devenu l’homme. Je dois me prendre en main… et la famille. Militaire, ça paye bien. Ce n’est pas facile pour toi maman, avec quatre bouches à nourrir.

-Néanmoins ce que je gagne était suffisant.

-… Je vous écrirai tous les jours.

-Qui va s’occuper de toi quand tu seras là-bas ?

-Moi-même.

-Je vais quand même demander à Grumman de garder un œil sur toi. Il sera sûrement d’accord pour t’héberger. Oh, c’est Liza qui va être triste.

-Elle me rejoindra bientôt, elle m’a dit que son rêve est de devenir militaire.

-Les enfants, de nos jours… », Elle rit doucement. Elle desserra sa main et se leva. « Tu dois avoir faim, va manger avec tes sœurs. Ne t’inquiète pas, je vais venir.

-Hmm, maman… maman je…

-Oui. Mais c’est parce que je suis fatiguée. »

Il n’insista pas. Elle avait très bien compris ce qu’il allait dire. Il admirait ce mystérieux pouvoir de la gent féminine à lire dans les pensées. A ses yeux, elle était égale à son père : c’était un modèle de bravoure.

C’était la première fois qu’il la voyait dans cet état.


Il fait si chaud, sur le quai de la gare ; où les sons se mêlent, les couleurs, les gens.

Roxanne et Rine pleurèrent en embrassant leur petit-frère pour la dernière fois. Il était convenu que l’aînée, dont le petit-ami travaille à Central, allait l’accompagner pour repartir dès le lendemain. Tout était déjà arrangé avec Grumman.

Maes serra son camarade dans une embrassade et une claque dans le dos très masculine. Contrairement à Roy, encore frêle pour son âge, il avait bien grandi et avait de la poigne.

« On s’écrit ?

-On s’écrit ! ». Ils acquiescèrent. Puis arriva le tour de Liza. Etrangement sa gorge se serra et son cœur fit un bond en la voyant commencer à pleurer. Un peu gauche, il lui tendit la main :

« Je t’écrirai aussi. »

Elle opina du chef, toute rouge. Sans crier gare, elle lui sauta dans les bras en le serrant aussi fort que ses petits bras le pouvaient. Roy rougit instantanément. Ensuite ils se séparèrent, sans un mot de plus.

Sa mère passa la dernière. Elle l’embrassa avec tout l’amour qu’elle avait à lui donner, et lui souhaita un bon voyage. Il avait honte, car lui aussi avait envie de pleurer en voyant ses amis et sa famille en pleurs derrière elle… même Maes qui s’essuyait les yeux d’un revers de main.

Ils montèrent dans le train qui recracha sa fumée noire en sifflant. Il démarra quelques secondes après.

Maes et Liza coururent après le véhicule en marche, criant son prénom de toutes leurs forces. Plus loin, sa mère et ses deux autres sœurs le saluaient avec de grands signes de mains.

« Tu es fort, Roy. », Se contenta de dire Reine, en lui souriant tendrement. Il détourna le regard pour observer le paysage qui défilait sous ses yeux. Il abaissa son petit béret pour qu’elle ne le voit pas ses larmes.

Ils arrivèrent à destination très tard. Il ne savait pas bien combien de temps ils avaient voyagé parce qu’il s’était endormi en début de trajet.

Mais la gare de Central City n’avait rien à voir avec celle qu’il avait connu auparavant.

Tout était si immense, tellement qu’il rougit d’être aussi petit. L’endroit était bondé. Les passagers courraient dans tous les sens en empruntant des chemins différents. Il y avait pleins de sorties. Les lumières lui piquèrent les yeux quand il descendit du train. Et son estomac gargouillât à l’odeur d’un plat chaud non loin… on aurait dit des courgettes… il y avait donc un restaurant dans la gare ! Et quelques magasins ! Cette découverte l’intrigua.

Il voulait commencer par aller visiter la place, mais sa sœur l’appela : « Roy, par ici ! Ne t’éloigne pas de moi, enfin ! Si je te perds je ne sais pas si je pourrais te retrouver de sitôt ! On prend la sortie N°3. », Elle lui prit la main et l’entraîna à l’extérieur, pressée. « Ne laisse surtout pas traîner ta valise… »

Il parut complètement désabusé en voyant la vie active qui s’affichait sous ses yeux : sur l’horloge de la plate-forme, il était affiché minuit trente… comment cela se faisait-il qu’il y avait autant de monde à cette heure-ci dans les rues ? Des hommes en costumes impeccables, des femmes belles à en tomber à la renverse… des centaines, même plus, de voitures aux couleurs et formes différentes. Les bâtiments encore plus grands de la grange qu’il avait brûlé lui donnèrent le vertige.

« Taxi ! », Cria sa sœur. Ils grimpèrent en hâte, elle indiqua au chauffeur l’adresse de leur destination et il commença sa traversée de la ville. Roy ne tenait plus en place. Il voulait tout visiter, s’arrêter partout ; de temps en temps il poussait des exclamations de surprise. Son aînée remarqua son attitude et rit :

« Tu t’y feras vite, ne t’en fais pas. Et tu auras le temps de voir bien d’autres choses quand tu seras confortablement installé.

-Oui… », Dit-il avec flegme. L’excitation laissait place au sommeil, mais il n’y céderait pas… non.

Il semblait qu’une seconde s’était écoulée entre le moment où il avait prononcé ses paroles et son réveil. Que faisait-il dans un lit qui sentait aussi bon le lilas et la vanille, alors qu’il était dans le taxi… il faisait jour à la fenêtre. Un coucou retentit, quelque part sous le plancher. Il réalisa qu’il était dix heures du matin.

Reine entra alors, tout pimpante : « Tu es réveillé, petite marmotte ? Allez, habille-toi et vient grignoter un peu ! On déjeunera vers midi. »

En bas, il rencontra un jeune homme qu’il considérait comme « banal », cheveux châtains et les yeux marrons, plutôt grand et mince, ni beau ni moche. Et puis il avait l’air ennuyeux… Il se présenta sous le nom d’Antony et dit qu’il faisait des études d’architecture dans la banlieue de la ville. Mais si c’était l’amoureux de sa grande-sœur, une fille trèèès difficile, c’est qu’il devait être un chic type.

A l’heure de manger, Roy fut tout étonné de trouver le grand-père de Liza assis à leur table. Il le salua et expliqua qu’après le repas, il l’emmènerait chez lui. Il n’habitait pas très lien du QG de l’armée, et Roy frémit quand il annonça qu’il allait s’inscrire le jour même. Il aurait ensuite un mois pour réviser avant le concours d’entrée.

« Le Dr. Marcoh a tout ce qu’il faut pour parfaire ton apprentissage… comme tu es quelqu’un de très obligeant, tu n’auras aucun soucis avec ça. »

Roy se sentait si fier. Encore plus quand ils franchirent le portail de la base militaire de Central City. C’était comme si un rêve devenait réalité, même si rien ne s’était produit déjà !

« Général Grumman ! », Saluèrent plusieurs gardes en se mettant au garde à vous. Tous les soldats qu’ils rencontrèrent en firent de même. Et le garçon s’imaginait dans quelques années, arpentant les couloirs en uniforme bleu horizon qu’il avait tant voulu essayer quand il le voyait sur son père, avec tous ces hommes le traitant en égal… en homme.

Ils arrivèrent au bureau des inscriptions.

« Bonjour mon général, bonjour mon p’tit », fit la secrétaire à l’accueil. Roy se renfrogna.

« J’ai 12ans, madame !

-Oh, pardon !... Que puis-je pour vous ?

-Je souhaiterai retirer un dossier pour l’examen d’Etat. Ce garçon va devenir Alchimiste !

-Hééé ? », S’exclama-t-elle. « Si jeune ?

-Mme Lotte, je connais ce prodige depuis qu’il est né. Il a un véritable talent qu’il ne faudrait pas gâcher, n’est-ce pas ? »

Ses joues s’empourprèrent en entendant le respectable général tenir de tels propos sur son compte. Il se rendurcit et montra sa détermination à la dame.

« Si vous le dites, mon général ! Vous avez toujours eu du flair avec ce genre de choses !

-C’est normal, j’ai entraîné des bambins pendant 20ans à faire la guerre. Je sais ce que c’est. », Il lui sourit comme un bon grand-père. Roy ne savait pas qu’il avait exercé cette profession.

« Tiens Roy, remplis ton dossier et complète-le avec ce que je t’ai dit d’apporter. J’ai quelque chose à faire, je reviens vite. ». Il éclata de rire en le voyant au garde à vous :

« Compris, mon général ! »

Une fois fait, Roy se mit en tête de visiter les lieux ; il fit une dizaine de fois le tour de l’accueil, le bureau des admissions, s’aventura même jusqu’aux bureaux. A plusieurs reprises, il fut interpellé par des adultes pour lui demander ce qu’il faisait là. Il répondait fièrement qu’il faisait un repérage des lieux où il irait, en futur soldat. Personne ne le prenait vraiment au sérieux, mis à part quelques-uns des supérieurs.

Lorsque le général réapparut, il emmena l’apprenti dans un autre bâtiment. Ils traversèrent la cours où l’on entraînait des hommes. Ici, il semblait y avoir plus d’activités que dans le premier lieu…

« C’est l’administration. », Expliqua Grumman comme s’il pouvait sonder son esprit. « Mais on élabore également les stratégies militaires, les plans… c’est bien beau de partir se batter, mais il faut aussi des têtes pensantes. », Dit-il sur un ton pédagogue. Sûrement l’époque où il était prof refaisait surface.

« Désolé de déranger, Patrick ?

-Hey, ce bon vieux Grumman ! De retour à Central ?

-Pour de bon, cette fois… je suis fatigué de faire autant d’aller-retour en train, je suis une vieille plante maintenant !

-Vous n’irez plus voir Liza et ses parents ? », Demanda naïvement Roy.

« Si, mais pendant mes congès…

-Tiens, c’est ton petit fils ?

-Non ! Un futur Alchimiste d’Etat ! », Proclama-t-il en lui tapotant la tête.

« Tu les prends au berceau maintenant ?

-Celui-ci est très spécial. », Sur ce, il lui tendit le dossier de Roy. « Jettes-y un coup d’œil.

-Hmm… il brûle de passion ton gars. », Admit l’homme en le regardant droit dans les yeux. « Erf, t’es culotté de profiter de ton rang pour le faire passer en priorité.

-Pas du tout ! Après c’est toi qui décide de le prendre ou pas ! Je fais juste le boulot à la place de Lotte !

-Ahaha, tu changeras jamais, sacré pépé…

-Pépé ?.! », S’interrogea intérieurement Roy tout le long du chemin, sur cette drôle de façon de s’adresser à un supérieur.


Chère Maman,

Comme je te l’avais dit, j’ai réussi l’examen d’entrée ! C’était vraiment super facile ! A partir d’aujourd’hui je serai l’élève de divers alchimistes de l’armée qui vont tout m’apprendre de leur art… enfin, science. J’ai vraiment hâte de commencer, les épreuves s’annoncent rudes mais c’est pour mon bien, hein ? Dans un an je deviendrai un homme accompli !

En ce moment, à l’entrepôt militaire les techniciens sont en train de mettre au point un appareil qui marche avec des ondes et des réseaux électriques. Chacun en aura un, et si on insère un numéro, on peut parler via la boîte à des personnes qui sont à des kilomètres de nous ! Ils ont fait quelques tests et ça semble marcher… je ne peux pas t’en dire plus car c’est compliqué… ils appellent ça « le téléphone ». S’il est commercialisé, il faudra que tu en achètes un, c’est plus pratique et plus rapide.

J’espère que toi et mes sœurs vont bien. Je pense fort à vous tous les jours, vous me manquez.

Je vous embrasse bien affectueusement,

Roy.

P.S : j’ai envoyé une surprise pour l’anniversaire de Liza, mais ça reste entre nous.


Il avait bientôt 15ans. Il allait bientôt rentrer pour les premières vacances de sa vie depuis qu’il avait intégré la section des militaires alchimistes. Il avait hâte. Maman, je serai à la maison dans quelques heures.

Son train partait à 23h tapantes. Il n’avait pas pu partir plus tôt, à cause du travail. Aussi, ça l’aurait ennuyé de faire lever sa mère à une heure aussi impossible du matin.

Et il était si pressé.

Revoir sa chère maman, ses sœurs, Maes… Liza. C’est fou ce que son petit monde lui avait manqué. Même si sa soeur la plus âgée venait de plus en plus à Central pour être avec son fiancé, l’ambiance serait différente. Ils seraient tous ensemble à la table qu’ils auraient installé dans le jardin. Ils riraient comme avant. Il s’endormit à cette pensée.

Le paysage avait changé.

Même sa ville natale avait subi le phénomène de Révolution Industrielle. Les lignes téléphoniques parsemaient la route, tels les épouvantails dans un champ de blé. Le soleil s’était levé et il avait faim.

La gare s’était légèrement agrandie, et il bénit celui qui avait eu l’idée géniale d’y ouvrir un snack. Il acheta entre autres des beignets, des croissants et des petits pains pour la maison. Personne n’était encore arrivé. Normal, le train était arrivé en avance…

Au bout d’une heure et demie, il se posa tout de même des questions en se demandant si elles ne l’avaient pas oublié… remarque, ça ne serait pas la première fois que ça arrivait. Sa mère avait fait hériter à ses grandes sœurs son côté tête-en-l’air. Mais bon, quand on ne s’était pas revu depuis presque trois ans, on faisait un petit effort ! Il téléphona : personne ne répondait.

Il prit donc la résolution de rentrer à pied. Au moins, il verrait comment ont évolué les lieux depuis son départ. Si ça se trouve ils les croiseraient sur le chemin… il regretta à jamais de s’être dit ça.


« Reculez, reculez !

-Circulez Messieurs Dames, il n’y a rien à voir !

-Vous êtes allé chercher le médecin ?.!

-Ah ! Le taximan se réveille !

-Monsieur, je suis l’Inspecteur Mr. Range. Racontez-moi ce qui s’est passé…

-Ah… ah ?.! Mes clientes ! Mme Mustang !

-Reprenez vos esprits, calmez-vous.

-Que leur est-il arrivé ?

-Hey, qui a laissé passer ce journaliste de mes deux ! Foutez le camp ! Mais que fout la sécurité…

-Mr. L’Inspecteur, il y a un jeune homme qui semble connaître une des blessées… elle-même l’a interpellé.

-Bon, bah faites-le venir mais tenez-le à l’écart…

-Mr. l’Inspecteur, je suis sincèrement désolé… elle m’avait demandé d’accélérer pour aller plus vite à la gare parce que je suis arrivé en retard chez elle… je n’ai pas fait attention à l’autre gars qui roulait à toute allure aussi, parce que je parlais avec une de ses filles ! S’il vous plaît, me mettez pas en prison !!

-Ça ira comme ça mon gars… oui, vous êtes le médecin légiste ?

-La mère et la cadette sont décédées, Monsieur, ainsi que l’autre conducteur. La plus grande et la petite n’ont que des blessures bénignes.

-Erf. Quelle belle journée, putain. La personne qui les attendait à la gare n’aura pas fait le retour pour rien… même si c’est pas pour la bonne raison. »


« Prend le strict minimum, Rine, on redescendra avec Antony pour prendre le reste… demande à Roy de t’aider.

-Reine, Roy est reparti.

-Où ?.!

-A Central.

-Quand ça ! Il aurait pu prévenir, cet imbécile !

-Après que Maes l’ai appelé, je crois… »


Il n’avait pas vraiment compris pourquoi il s’était mis à pleuvoir, alors que quelques heures auparavant il faisait si beau… ce qui en rajoutait à son effondrement.

Il n’arrivait pas à y croire.

Il n’avait jamais été aussi en colère contre quelqu’un ou lui-même de la sorte. Il avait envie de hurler, mais à quoi bon, elles ne reviendraient pas.

Après la sortie de l’hôpital quelques heures avant, Reine avait déclaré qu’elle déménageait sa petite sœur chez son fiancé. Qu’elle quitterait définitivement les lieux. La petite dernière en avait pleuré.

Lui, tout ce temps, il était resté impassible, dans la hall, à regarder dans le vide la maison de son enfance qui allait être abandonnée. Le téléphone sonna ; il décrocha.

« … Allô ?

-… ROY ?.!.?.!

-Maes ?

-MAIS QU’EST-CE QUE TU FOUS LA !! JE VIENS JUSTE D’ARRIVER À CENTRAL !

-Hé ?.! Mais que fais-tu là-bas ?

-Crétin, j’ai 15 piges et je suis en âge d’arrêter les cours ! Je rentre dans l’armée !... JE CROYAIS QUE TU SERAIS SUR PLACE POUR VENIR ME CHERCHER, IDIOT D’ALCHIMISTE DE FLAMME ! J’APPELAIS TA MERE POUR AVOIR TON NUMERO JUSTEMENT !

-Ma mère ne pourra jamais te le donner.

-… Roy ? Qu’est-ce qui ne va pas ?

-Je rentre à Central tout de suite. Je t‘expliquerai tout. Attend-moi au QG, dis que tu es un ami à moi.

-Tu…

-Plus tard, Maes. »

Il raccrocha et, sans regarder en arrière, avait quitté la demeure.

Le train entra en gare. Il embarqua sans hésitation. Il parlerait à ses sœurs après. Il n’irait pas à l’église prier sur les cercueil de sa mère et sa sœur. Dieu était un salaud.

A partir d’aujourd’hui, il ne croirait qu’en lui-même. Et en ses parents et sa grande sœur qui veillaient sur lui, là-haut.


Les années passèrent. Un vent neuf soufflait sur la ville du centre, celui de la mort et de la désolation. Une guerre avait éclaté entre Améstris et Ishbal. Tout le monde était mobilisé, surtout les militaires qui mourraient un peu plus chaque jour, au combat.

Mais là, il s’en fichait parce qu’il soufflait sur ses bougies.

« Joyeux anniversaire, Roy !

-Joyeux anniversaire, Mr. Mustang !

-Lieutenant !

-Merci les mecs… », Se contenta celui-ci en riant, tandis qu’il se faisait aspergé de champagne et qu’en même temps on lui tendait une part.

« Enfin majeur !

-Ouèp, 21ans ça se fête !

-Un discours ! Un discours !

-Maes, ce gars est déjà bourré…

-Mais noooon !

-Heureusement qu’on est en petit comité, c’est déjà le bordel… », Souffla l’un des invités. Au total, il était 5. Roy, Maes et trois camarades dans la même section.

« Alors Roy, qu’as-tu décidé de faire d’indécent pour tes 21ans ?

-Hmm, je ne sais pas, j’en ai déjà fait beaucoup… maintenant je peux légalement en profiter, c’est tout !

-Bien dit, Mustang ! Ça c’est un homme ! », Clama l’un, complètement éméché.

« Maes, je persiste à croire qu’il était déjà ivre avant que vous ne me faites cette surprise-party…

-Peut-être, peut-être ! Qui sait ! »

Ils éclatèrent d’un rire tonitruant quand soudain ils manquèrent de faire une crise cardiaque en voyant le Général Grumman entrer dans le bureau. Tous se redressèrent bien vite et maladroitement en se mettant au garde à vous, tentant tant bien que mal de dissimuler l’alcool derrière eux.

« Ohoho, excusez-moi d’interrompre un moment aussi joyeux ! C’est l’anniversaire de… ?

-Le mien, mon général ! », Dit aussitôt Roy, visiblement embarrassé.

« Mon Général, je vous assure que le 2nd Lieutenant Mustang n’était pas au courant de ceci. C’est moi, Lieutenant Hughes qui ai décidé d’organiser cette petite fête.

-Je comprends parfaitement, rompez soldats. », Ils s’exécutèrent. « On n’a pas 21ans tous les jours !... tiens, mais le soldat Rick est aussi majeur ? »

L’interpellé sursauta et se mit à suer à grosses gouttes. C’était celui qui était le plus imbibé.

« Je fermerai les yeux pour cette fois-ci seulement, n’est-ce pas ? », Aucun ne répondit, trop effrayé. « Je tenais juste à vous présenter notre nouveau tireur d’élite… », Il se décala sur le côté, et à la grande surprise de Roy, il s’agissait de Liza. « Sergent Elizabeth Hawkeye. »

Elle était devenue une femme magnifique… enfin, jeune fille ? Elle avait seize ans. Elle avait les cheveux très courts et portait l’uniforme d’assaut, qui lui allait comme un gant, il devait l’avouer…

Ses grands yeux couleur miel passaient en revue chacun d’eux. Etrangement, quand elle l’observa lui, ils étaient pleins de dédain. Mais aussi, de détermination.

« Une femme ? », Réagit enfin l’un des acolytes, contrit.

« Je pense que vous aurez beaucoup à apprendre d’elle, soldat. », Rétorqua Grumman. Il les salua et sortit en laissant sa petite-fille avec Mustang et ses hommes. Elle ne bougea pas d’un pouce.

« Heeu… bonjour ! », Dit amicalement l’un des militaires en lui tendant la main. Elle eut un léger mouvement de recul et le bruit de cran de sécurité qu’on retire cliqua dans sa poche.

« Vous empestez l’alcool. »

Tous restèrent interdits. L’individu, gêné, essaya de trouver un ton plus conciliant.

« Dés… désolé ! Vou… voudriez-vous boire un verre de champagne ?

-… Non merci. », Répondit-elle simplement, d’une voix neutre. Roy la trouva définitivement changée.

« Ne t’inquiète pas Liza, ils ne mordent pas ! », Dit ce dernier en souriant poliment. Elle ne le regarda même pas et s’avança en direction de Maes. Un petit peu surpris, il dit néanmoins :

« Bienvenue, Sergent Hawkeye.

-Merci, Lieutenant Hughes. Ravie d’avoir fait votre connaissance à tous, mais j’ai entraînement. Je dois descendre sur le terrain de tire. Au revoir. »

Ils la saluèrent d’un hochement de tête. Toutefois, Maes à la droite de Roy, murmura à la demoiselle avant qu’elle ne fasse demi-tour : « Et toutes mes condoléances. »

Mustang écarquilla les yeux. Liza ne parut nullement troublée par cette phrase, et se contente d’opiner du chef et de sortir.

« Hem, attendez Sergent ! », Appela Roy en quittant la pièce pour discuter au calme.

« Oui ? », Dit celle-ci avec nonchalance.

« Est-ce que… vous… enfin, tu te souviens de moi ?

-…

-Roy Mustang ! Tu sais, nous étions voisins.

-Ah ! Oui. Je me souviens… », Et en lui tournant le dos. « Le garçon qui ne m’a pas avertie de son retour au village il y’a des années de ça, et qui est reparti immédiatement ensuite sans même me donner un coup de fil. Ce même garçon qui ne m’a plus jamais écrit depuis tout ce temps, à tel point que c’est son meilleur ami qui m’en donnait des nouvelles… ça me revient, en effet. Vous lui ressemblez beaucoup, 2nd Lieutenant Mustang. »

Sa réaction l’avait laissé sans voix durant 5 bonnes minutes. C’est même Maes qui vint le chercher.

« Oh, une scène de ménage à peine retrouvés ?.!

-N’importe quoi, imbécile.

-… Elle n’est pas de bonne humeur parce qu’elle pense que tu l’as laissé tomber.

-C’est faux, enfin, j’étais… j’ai été très occupé… surtout après la mort de maman je…

-Alors tu dois comprendre qu’elle n’ait plus envie de te parler… pour l’instant.

-Que veux-tu dire ?

-… Ses parents se sont fait assassiner, à la guerre. »

Il comprit immédiatement où son ami voulait en venir. L’homme à lunettes poussa un soupir et posa sa main sur l’épaule de son supérieur hiérarchique.

« Fais pas cette tête, allez, viens finir ton cake. On n’aura pas tous les jours l’occasion de rire ensemble, quand on sera sur le front. »

A suivre (fini le 20/08/08)

Je suis sûre que c'est pas complet... arf. ça m'apprendra à reprendre une fic commencée y'a 2ans. ç.ç j'espère que pour ceux et celles qui attendaient la suite qu'elle est à la heuteur de vos espérances ;D à bientôt dans le 3ème et dernier chapitre !



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