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Berylia-Crystalia
Author of 31 Stories

Rated: M - French - Romance/Adventure - Iruka U. & Kakashi H. - Reviews: 142 - Updated: 09-24-08 - Published: 02-08-06 - id:2790794

Disclaimer : Je ne possède pas Naruto, tous ces personnages sont l'œuvre du cerveau fertile de Kishimoto Masashi, puisse-t-il garder son cerveau bien entraîné.

Attention : Cette fic narre toujours les aventures et amours de deux hommes, soyez averti de sa forte teneur en yaoi en conséquence. De plus, le sang, la violence et le sexe font partie de la vie des shinobi tenez-le vous pour dit.

Bla-bla de l'auteur : Tout d'abord je suis désolée, vraiment désolée de ne pas avoir écrit pendant ces deux ans (oui, deux ans c'est long), disons que j'ai été rattrapée par la vie, le boulot et que j'avais du mal à me remettre à Naruto. Heureusement vous étiez là, vous lecteurs qui me demandiez régulièrement où j'avais disparu... Et puis il y a eu deux choses : un matin je me suis réveillée avec un scénar dans la tête, manque de bol je ne l'ai pas marqué alors depuis je cours désespérément après pour tenter de boucler cette histoire dans les trois chapitres qui lui restent. Et enfin une personne m'a rappelé à mes devoirs et à mon amour pour les ninja : j'ai lu Clair Obscur de Twin Sun Leader et je me suis souvenu que j'avais cette histoire à achever.

Merci : à tous ceux qui me lisent.

Merci : à Mokoshna pour sa béta-lecture et pour écrire cette merveilleuse histoire qu'est Vent d'Est

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Chapitre 10 : Port Lampion

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Comme des papillons attirés par la flamme, des dizaines de personnes se pressaient aux portes du principal port du nord du Pays de la Foudre. Des paysans chargés du fruit de leur labeur, des colporteurs venus se réapprovisionner, des journaliers à la recherche d'un travail, des jeunes mariés sur le chemin de leur voyage de noce, des jeunes filles en route pour une journée de lèche-vitrines, de riches bourgeois en carriole et de jeunes nobles caracolant à cheval formaient la troupe hétéroclite qui passait sous l'arche rouge délimitant l'entrée de la ville portuaire.

Avec une certaine indifférence née de l'habitude et de la fatigue, les gardes regardaient avec des yeux bovins passer tous ces gens, parfois, ils arrêtaient quelqu'un pour un contrôle de routine : un paysan ou un journalier avec ses quelques maigres possessions, ou encore un groupe de jeunes filles avenantes, mais étrangement ils n'arrêtaient jamais ces gens en carrosse ou à cheval qui passaient devant eux sans même les regarder.

« M’enfin, vous pourriez quand même sourire un peu ! C'est pas comme si on allait à un enterrement ! Oh et puis zut ! »

Les gardes levèrent les yeux, mus d'un sursaut d'adrénaline au son de cette voix forte et aiguë. Un petit groupe de trois paysannes avançait vers la ville. Leurs yeux se posèrent de suite sur la propriétaire de cette voix puissante et des attributs mammaires qui allaient avec. Lentement, comme à regret, leurs regards montèrent de la poitrine généreuse vers le cou légèrement doré et les lèvres aussi roses que les joues pour aller se perdre dans la crinière dorée. Un joli brin de fille bien de chez nous ça mon gars. Les deux gardes se jetèrent un regard de complicité avant de se redresser et de bomber le torse.

Le vieux Boccha poussa avec peine son chariot sous la grande arche de pierre rouge, sans que les gardes ne daignent le regarder. Puis ce fut un jeune homme habillé de soie et monté sur un cheval fougueux qui franchit au galop l'entrée de la ville, manquant de faire tomber la carriole du vieux marchand des quatre saisons. Les trois paysannes s'avancèrent en silence, la blonde boudait, quand aux deux autres elles regardaient leurs pieds et les épaules de la plus frêle semblaient trembloter. D'un air décidé, et en reniflant de dépit envers ses compagnes, la blonde fit un pas en avant. Le bruit métallique de deux lances se croisant l'arrêta net et provoqua le glapissement d'une de ses amies.

« Halte là ! On ne passe pas. » lancèrent les gardes de leur voix la plus grave et majestueuse. Instinctivement ils firent luire les quelques rayons du soleil matinal sur le métal lustré de leurs armures et armes.

Mais la blonde n'allait pas s'en laisser compter ; se redressant fièrement du haut de son mètre soixante, elle posa les poings sur les hanches et leva un regard furieux vers les deux hommes.

« Qu'est-ce qui veulent les molosses ?

— Ma... Mari-chan, je t'en prie... » s'éleva une petite voix fluette derrière elle.

Les deux petites souris s'étaient agglutinées autour de la grande gueule et tentaient désespérément de la retenir de leurs petites mains brunes.

« C'est pas deux fils de sag... mounft... »

L'une d'elles venait de la bâillonner.

« Je... je vous prie de l'excuser messires gardes. » dit l'autre en s'inclinant du plus profondément qu'elle pouvait et en tremblant de tout son corps.

« N'aie pas peur mon petit, nous ne te voulons aucun mal. » déclara en lui souriant doucement l'un des gardes. « Nous devons juste savoir quel est le motif de votre venue ici. » continua-t-il sur le même ton doux et lent qu'il aurait employé avec un chien apeuré.

La jeune fille sembla se rasséréner et détacha son visage du sol pour regarder avec crainte et espoir le représentant de l'ordre.

« Nous sommes venues pour aller voir Yoshida la couturière.

— C'te jolie souris va se marier. On est là pour l'accompagner récupérer sa robe de mariage. »

De toute évidence la blonde s'était débarrassée de la main qui l'empêchait d'ouvrir son moulin à paroles.

« Bien sûr elle a pas l'air d'être la plus joyeuse poule du poulailler, mais bon, elle est plutôt du genre madeleine... »

La future jeune mariée ouvrit la bouche comme un poisson hors de l'eau.

« Elle dit qu'il est vieux. La belle affaire, y serait la moitié d'aussi riche et le double de vieux que moi j'en voudrais bien quand même. »

Énervée, la blonde passa une main rageuse dans ses cheveux.

« Meuh non, mademoiselle fait la fine bouche et pleure comme une gamine et...

— Mari-chan arrête ! »

La troisième paysanne haussa la voix et le visage. Les gardes esquivèrent un mouvement de recul avant de se reprendre. Le visage de la dernière paysanne était défiguré sous son oeil gauche par les restes d'une brûlure s'étalant comme une traînée d'huile sur son cou. Voyant les regards portés sur elle la jeune fille se hâta de baisser à nouveau la tête, laissant son chapeau de roseau couvrir d'ombre sa disgrâce.

« Pourquoi tu baisses les yeux petite gourde ! T'as aucune honte à avoir ! Et puis arrête de te cacher avec ce chapeau ! »

Et malgré les efforts désespérés de sa propriétaire le chapeau vola au loin, obligeant la pauvre fille à cacher sa laideur sous les mèches de ses cheveux noirs.

« Bon allez-y passez ! »

La scène commençait à durer un peu trop longtemps, les gens attendaient derrière et puis ce qui avait commencé comme une bonne blague tournait vite à la débandade, cette blondasse était une vraie harpie, la petite passait son temps à pleurnicher et l'autre... ils frissonnaient en repensant à ces boursouflures qui descendaient sous le kimono. Pauvre fille, elle aurait beau avoir un caractère en or il était peu probable qu'elle vienne un jour faire ses courses de mariée ici... Quant à la blonde, avec un caractère pareil, ils n'en voudraient pas pour tout l'or du monde, aucun doute qu'elle taillerait son pauvre époux en pièce tous les soirs à crier comme un putois pour un oui ou pour un non.

Mari-chan ne se le fit pas dire deux fois et pénétra dans la ville d'un pas animé, ses deux compagnes la suivirent en trottinant rapidement, non sans avoir auparavant balbutié un remerciement hâtif.

Elles eurent vite fait de disparaître dans la ville portuaire qui semblait en perpétuelle effervescence. En effet, qui irait prêter attention à de petites paysannes quand il y avait tant de belles dames vêtues de soie à contempler de loin et tant de courtisanes vêtues de rêves sur lesquelles baver de près.

La blonde et opulente Mari-chan déambulait le long des étals pendant que ses deux compagnes tentaient désespérément de suivre le rythme et s'accrochaient l'une à l'autre submergées par le sentiment de grandeur et de foule qui émanait de la ville. Elles ne quittaient pas Mari des yeux, sachant qu'elles ne retrouveraient jamais seules leur chemin dans cette foule labyrinthique. A plusieurs reprises elles tentèrent d'attraper la jeune fille par la manche pour se raccrocher à quelque chose de tangible mais cette dernière se dégageait et continuait à papillonner, attirée par les lumières et les sirènes de la cité bigarrée. Alors elles pressaient le pas et trottinaient en prenant garde à ne pas faire de ces mauvaises rencontres que les mères des campagnes racontent à leurs filles pour les dissuader de partir à la grande ville.

Finalement après un périple mouvementé où elles avaient même été abordées par un saoulard aux intentions mauvaises que Mari-chan avait remis en place d'un coup de geta bien placé, finalement donc, elles arrivèrent à la porte de l'établissement Yoshida.

Un jeune homme, frêle enfant à peine sorti de l'adolescence vint ouvrir la porte.

« Nous... nous venons pour la robe de mariée... » bégaya la fiancée avant d'éclater en sanglots.

« Oh ça va pas recommencer ! » maugréa la blonde avant de pousser sa malheureuse payse à l'intérieur.

La dernière jeune fille leur emboîta le pas et la porte se referma sur cette scène banale et ordinaire de la vie à la ville.

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« Bon dieu, je serais pas mécontent d'enlever ça, y a le tissu du kimono qui gratte contre mes seins, ça fait un mal de chien ! » se plaignit Mari tout en se laissant aller à glisser contre le mur, pour atterrir jambes écartées dans une position plus digne d'un yakuza que d'une dame.

« Voilà ce que c'est de sortir sans soutien-gorge et pourtant je croyais vous l'avoir plusieurs fois répété jeune fille. »

Une silhouette d'armoire à glace apparut dans la pièce, la rendant immédiatement plus petite.

« Mais ma chère Mako, à l'époque j'étais un homme trop jeune et intéressé par mes futurs atouts pour prêter une oreille attentive aux conseils que dans ta grande mansuétude tu voulais bien me donner. » lui répondit la blonde en écartant les pans de son kimono pour libérer un peu de place pour ses généreuses rondeurs.

« Quelle idée aussi de se balader avec des outres pareilles.

— J'en connais d'autres qui en ont de bien plus gros. » balança la blonde avec un sourire détendu. Elle avait enfin cessé de se sentir à l'étroit, et puis, ça faisait du bien de se retrouver en compagnie de compatriotes dans un lieu sûr. Enfin aussi sûr que pouvait être un lieu en ce monde de shinobi.

« Oui, et qui ont les capacités médicales nécessaires et l'intelligence suffisante pour en prendre soin.

— Seriez-vous en train de m'insulter très chère ? » demanda la blonde au décolleté en battant des cils.

« A peine. Bon alors où se trouve la biche que je suis sensée ramener au pays ? » demanda la géante en se plantant devant la blonde accroupie contre le mur.

« En train de vomir joyeusement, de toute évidence elle fait une allergie aux drogues avec lesquelles les ninja de Kumo l'ont assommée. »

Mako fit une mine légèrement dégoûtée.

« J'espère qu'elle n'aura pas en plus le mal de mer... »

« C'est une kunoichi. Je suis certain qu'elle pourra arroser tous ses ennemis potentiels à grand renfort de vomi. »

« Charmant, je vois que tu me refiles encore tes problèmes.

― Et tu n'as même pas idée à quel point, souffla le nouveau venu avec sérieux.

— Dans ce cas-là je crois qu'il est temps que nous nous retirions pour avoir une conversation sérieuse. »

Kakashi et Mako laissèrent alors Shin et Iruka s'occuper de la pauvre Tsubaki qui continuait à vomir ses boyaux.

« Shin, j'ai besoin d'un lit sur lequel l'allonger pour essayer de nettoyer son chakra des impuretés qui se sont introduites dans son système. »

Preste et docile, exactement comme il avait été à l'Académie, Shin exécuta ses ordres avec une telle efficacité que lorsque l'estomac de Tsubaki cessa enfin de se contracter le lit était prêt et propre. A eux deux ils guidèrent la jeune femme et la firent s'allonger. Iruka lava consciencieusement ses mains pendant que sa patiente échangeait son kimono et ses dessous contre une simple chemise de nuit proposée par le jeune couturier.

Iruka était nerveux. Il n'était pas un très bon médecin, il connaissait bien ses bases, il pouvait essayer de remplacer un véritable docteur en cas d'urgence en attendant un véritable professionnel, mais ses capacités limitées lui pesaient et faisaient trembler ses mains. Et puis c'était Tsubaki... Depuis qu'ils l'avaient trouvée dans cette clairière son cerveau semblait sans dessus dessous, tout ce qu'il avait essayé d'oublier, tout ce qu'il croyait avoir mis derrière lui, tous ces sentiments qu'il avait fuis en sortant de Konoha, tout était revenu à la surface comme un taureau sortant de son enclos et renversant tout sur son passage. Quand il regardait ce visage pâle et triste il ne pouvait s'empêcher de l'associer à toutes ces blessures, ces souffrances, cette rancœur secrète qui avait empoisonné son cœur pendant de longues années.

« Vous êtes bien installée Tsubaki-san ? »

La jeune femme hocha la tête. Ses traits étaient tirés et de lourdes cernes se dessinaient sous ses yeux.

« Ça risque de vous chatouiller puis de vous irriter, mais il faudra que vous le supportiez. Si je vous fais mal dites-le moi. »

Iruka s'installa sur sa chaise, le dos droit, les mouvements rigides et sans grâce. Il ferma les yeux et respira profondément. Lentement il malaxa son chakra, permettant aux battements de son cœur de se calmer, à son souffle de retrouver la régularité. Puis il concentra son chakra dans ses mains et rouvrit les yeux. Avec douceur il passa ses mains au-dessus du corps de sa patiente : de délicats entrelacs de lignes azurées apparurent sur la peau de Tsubaki. Elles étaient pâles, beaucoup trop pâles, les canaux ne charriaient qu'un dixième de l'énergie qu'ils auraient dû transporter. Ça et là apparaissaient de gros caillots qui bouchaient le flux d'énergie. Iruka en compta onze. Prudent et méthodique il repassa cependant une deuxième fois les mains au-dessus du corps étendu, observant au fur et à mesure l'apparition des lignes blafardes.

C'est alors qu'il le remarqua.

Le chakra le long de ses paumes s'enflamma brusquement, crépitant à la surface de la peau de Tsubaki qui poussa un cri de douleur. Il retira vivement ses mains, son chakra disparaissant d'un coup comme soufflé par un coup de vent.

« Excusez-moi. » dit-il d'une voix livide.

Il prit une lente inspiration et se remit à malaxer son chakra. Il passa une nouvelle fois les mains au-dessus de l'abdomen et serra les dents quand il vit la petite concentration de chakra qui pulsait au niveau de la Porte de l'Extase. Ses lèvres se retroussèrent en un sourire si faux qu'il lui brisait le cœur.

« Félicitations Tsubaki-san, vous êtes enceinte. »

La jeune femme releva la tête, les yeux ébahis.

« Vraiment ? Oh dieux, ça a donc marché ! »

Son visage retrouva des couleurs tandis qu'elle passait une main émerveillée sur son ventre plat.

« Le médecin avait dit qu'il était probable que les premières inséminations ne donnent pas de résultat à cause de mes problèmes de chakra... » confia-t-elle, un sourire glorieux aux lèvres, la main toujours fermement posée sur son ventre, chaleureuse et protectrice.

Iruka se contenta de la regarder, un sourire figé sur les lèvres. Mais elle ne parut se rendre compte de rien, trop heureuse, prise de cette envie de partager sa joie avec le monde entier.

« Oh Iruka-san, c'est tellement merveilleux ! Quand je suis allée à l'hôpital pour demander la première insémination j'avais tellement de doutes, je me demandais s'il était bon que j'essaye d'élever un enfant alors que Mizuki est... si faible » continua-t-elle sur un ton plus doux après une légère hésitation.

« Oh mais j'ai bien fait, je le sais maintenant, la présence de son enfant fera le plus grand bien à Mizuki et comme ça nous formerons enfin une famille ! »

Ses yeux brillaient, ses joues étaient roses, les cernes semblaient s'estomper, elle respirait le bonheur et Iruka avait envie de la frapper en hurlant. Mais il se contenta de conserver son sourire glacé et la refaire s'allonger. Il malaxa une nouvelle fois son chakra pendant que la future maman babillait toujours et commença la délicate et épuisante opération de retirer les caillots qui bouchaient les canaux de Tsubaki.

Ce qui pour un véritable médecin aurait à peine pris plus d'un quart d'heure dura toute l'après-midi, dévorant la majeure partie de son chakra et faisant trembler son corps épuisé.

Quand il quitta sa patiente cette dernière était rayonnante et dévorait avec appétit le repas que Shin lui avait apporté.

Après s'être lavé les mains Iruka finit par se réfugier dans la cuisine. Le désespoir et la rage combattaient dans son cœur, il se sentait prêt à pleurer et à hurler, ses yeux se voilaient de sang quand il pensait à Tsubaki et un goût de fiel lui emplissait la bouche.

Il se recomposa un visage quand il entendit Mako et Kakashi revenir. Obligeant comme l'humble chuunin qu'il était, il se mit à préparer le thé. Après tout, c'était ce qu'on attendait du gentil professeur Iruka, qu'il s'occupe de tout le monde, qu'il veille au confort de chacun, pas qu'il veuille arracher l'enfant à naître du ventre d'une femme enceinte, brûlant d'une jalousie incompréhensible.

« Merci. » dit Mako quand il posa une tasse de thé fumant devant elle. « Alors, comment va la jeune biche ? »

Un masque de sourire toujours posé sur son visage, Iruka ne laissa pas ses mains trembler en servant la tasse de Kakashi et répondit :

« Tsubaki-san et l'enfant se portent bien, si elle s'alimente convenablement et qu'elle se précipite chez un médecin dès qu'elle sera rentrée tout devrait se passer pour le mieux.

— L'enfant ? demanda Kakashi

— Je viens de l'apprendre à Tsubaki-san. De toute évidence les médecins l'avaient prévenue qu'il risquait de se passer un certain temps avant que les inséminations ne soient un succès.

— Inséminations ?

— Le fiancé de Tsubaki-san n'est pas vraiment en condition de faire un enfant en ce moment.

— Mizuki, c'est ça ? »

Le regard perçant de Kakashi se planta dans celui d'Iruka, semblant pouvoir deviner tous ces sentiments contradictoires qui agitaient son cadet.

« Exactement.

— Le même Mizuki qui a essayé de faire voler à Naruto le rouleau des techniques interdites ? »

Le regard de Kakashi était tranchant comme l'acier et se glissait lentement dans chacune des blessures d'Iruka.

« Le même.

—.Eh, ce ne serait pas le gars qu'a essayé de retrouver un des laboratoires secret du sannin renégat ? demanda Mako-san

— Si c'est encore lui.

— Un fauteur de troubles donc. » conclut Kakashi en soufflant sur son thé chaud avant d'en boire la première gorgée.

Et un briseur de coeur doublé d'un connard d'égoïste ambitieux... compléta Iruka en lui-même. Bref le mec parfait dont tomber amoureux.

« Je m'étonne quand même que le service généalogie ait laissé un type pareil avoir des enfants... »

Le regard de Kakashi était toujours cloué au sien, comme un chien qui avait flairé une piste et la suivait obstinément.

« Bah, ils ont dû se dire que la docilité de la mère contrebalancerait les défauts du père.

— Ou alors quelqu'un de haut placé voulait qu'elle ait un enfant à tout prix et le plus vite possible... »

Les mots de Kakashi sonnaient très sérieusement et Iruka sentit sa rage s'apaiser.

« Qu'est-ce que vous sous-entendez par là ? »

Naturellement, devant un tiers Iruka en était revenu à vouvoyer son supérieur.

« Pas grand chose, je suis toujours aussi étonné de sa filiation.

— Parce que son père est Danzou Kakogan, c'est ça ? Je n'ai jamais entendu... »

Iruka laissa le reste de sa phrase s'envoler, un souvenir voletait dans sa mémoire, presque à portée de main... Il était avec le Troisième et le vieil homme avait des soucis et il avait mentionné quelque chose sur Danzou et une rivalité maligne et enfouie.

« Il était sur les rangs avec le Troisième pour devenir Hokage. Il est toujours du parti de la guerre et on le soupçonne de posséder sa propre milice qui fomente de renverser le Hokage actuel. » révéla Kakashi.

Iruka leva les yeux sur la porte de la cuisine et fut bien heureux de la trouver fermée. Cette discussion prenait un tour trop sérieux et dangereux pour que des bribes parviennent à Shin ou Tsubaki.

« Et sa fille enceinte a été enlevée à quelques mètres des murs de Konoha... » compléta Iruka qui commençait à comprendre où voulait en venir Kakashi.

« Et comble du hasard elle a été enlevée par des ninja de la Foudre... »

Le silence retomba pendant que les trois présents tiraient les conclusions qui s'imposaient.

De légers coups frappés à la porte les tirèrent de leurs réflexions.

« Cousine Hotaru vient de rentrer ; annonça Shin.

— Cousine Hotaru, permets-moi de te présenter : Mari-chan et Suzu-chan. »

Ce n'est qu'à ce moment qu'Iruka s'aperçut qu'il n'avait toujours pas rompu le henge. Voilà qui expliquait pourquoi il se sentait aussi fatigué.

« Dans l'autre pièce doit se trouver Nadeshiko-chan qui est venue pour une robe de mariée. Elles nous quitteront demain matin et mon apprenti et moi prendrons le bateau du soir avec ma belle-sœur pour rentrer au pays. »

Hotaru accepta l'histoire avec sérieux puis partit s'enfermer avec Mari-chan.

Iruka ne resta pas seul pour autant, Shin et Mako-san s'ingénièrent à éloigner de lui les sombres nuages qui passaient derrière ses yeux. Ils parlèrent de Shin, de son travail, de ses progrès, de son éducation, et le professeur ne put s'empêcher de voir dans certains de ses sourires le reflet de celui de Naruto. Par tous les dieux qu'est-ce qu'il ne donnerait pas pour se retrouver en train de discuter avec son protégé tranquillement assis chez Ichiraku...

Lorsque la nuit tomba ces demoiselles furent conviées à suivre les couturières au grand festival qui avait lieu ce soir-là pour remercier les divinités protectrices de la ville. Mari-chan se hâta d'ouvrir un peu plus son décolleté, Nadeshiko couina qu'elle n'était plus malade et qu'elle voulait se joindre à la fête ; quant à la dernière, privée de son chapeau de roseau, Suzu la défigurée cacha ses brûlures sous un châle qu'elle noua autour de son visage et se résolut à suivre ses compagnes.

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Les rues étaient aussi remplies que ce matin si ce n'était plus, la ville entière semblait engloutie sous la foule et les pauvres Suzu et Nadeshiko en étaient réduites à s'accrocher désespérément aux manches de Mari-chan qui fendait les flots de gens comme un brise-glace. Nadeshiko ne cessait de trébucher et de manquer de se faire happer par la multitude, elle tentait malgré tout de protéger précieusement son ventre. Au bout d'un moment Mari finit par s'arrêter et par la prendre par la taille : « Comme ça tu ne risques plus de te perdre ou de te faire bousculer. »

Iruka fut forcé de lâcher la manche de la fausse blonde et lorsque son regard se posa sur Tsubaki à peine déguisée d'une perruque châtain une vague de haine fouetta son corps, crispant ses dents sur ses lèvres jusqu'à ce qu'un filet de sang coule dans sa bouche.

Respirant lentement, tentant toujours de rester dans le sillage des deux autres, il tenta de se calmer. Son esprit raisonnable se mit en tête de lui présenter toutes les qualités de Tsubaki-san et toutes les raisons pour lesquelles il devrait être heureux qu'elle ait la chance d'attendre un enfant de Mizuki. Mais rien n'y faisait, la colère et la jalousie sifflaient dans son cœur, agitaient son corps de mille tremblements. Comment aurait-il pu accepter sans réaction une telle injustice et une provocation aussi basse de la part du destin ?

Il fut un temps où Mizuki était tout pour lui : un amant, un ami, un confident, un partenaire, un frère. Il aurait été prêt à souffrir mille morts et mille tortures pour qu'il aille bien, pour qu'il soit heureux. C'était d'ailleurs ce qu'il avait fait. Quand Mizuki était venu lui dire qu'il se fiançait il l'avait accepté avec calme, il l'avait félicité, il lui avait souhaité beaucoup de bonheur et quand il était parti il avait hurlé de douleur et de colère mais il avait fait bonne figure, il avait accepté parce que c'était ce que Mizuki voulait, parce qu'il était prêt à sacrifier tout ce qu'il avait pour le rendre heureux.

Mais Mizuki n'était pas heureux. Tsubaki ne représentait rien pour lui. Il le lui avait dit un soir avant de venir chercher l'apaisement dans son corps et Iruka s'était senti supérieur, il s'était gaussé intérieurement de cette fille qui croyait que Mizuki l'aimait, qui pensait le satisfaire. Alors il avait ravalé sa fierté, il avait noyé ses principes, il l'avait accepté à chaque fois que l'envie lui venait de passer par son lit et chaque fois le réveil était plus dur, son cœur, sa fierté, ses principes violés hurlaient et il se sentait tomber dans un dégoût profond. Mais il n'avait pas réussi à renoncer à lui. Il était son ami, son âme-sœur, son amant et s'il pouvait fonder une famille il se devait d'être heureux pour lui et de l'encourager. Tsubaki était une fille d'une bonne lignée, elle pourrait lui donner tout ce qu'il ne pouvait lui offrir et s'il fallait qu'il se sacrifie et bien qu'importe.

Le temps s'écoula. Fuyant ses problèmes de cœur, s'immergeant dans son travail il découvrit un enfant esseulé, un double de lui-même dans ce petit que le Troisième lui présenta : sale, pestant, le regard fermé et défiant et en même temps plein d'espoir. Il se laissa apprivoiser. Quand il était près de lui ou sur ses traces, quand il lui criait dessus, quand il veillait sur son sommeil, tant qu'il s'occupait de lui ses pensées le laissaient tranquille, Naruto semblait chasser de son cœur l'amour souillé qu'il portait à Mizuki, comme si sa présence avait le pouvoir de purifier ses sentiments, de mettre un frein à ses désirs malsains. Il utilisa Naruto comme un bouclier, évitant les rendez-vous, le faisant passer la nuit à la maison, il commença à s'éloigner de son meilleur ami, il le voyait toujours mais l'emprise qu'il avait sur lui s'érodait lentement.

Puis il y eut la première trahison : son amant, son ami prêt à tromper et à tuer un enfant innocent. Il s'était interposé, avait protégé ce futur Hokage qui allait changer le monde de toute la force de son obstination et de sa volonté. Pour Mizuki c'était une trahison. Il avait refusé de lui parler, même après qu'il a plaidé en sa défense auprès du Hokage lui évitant l'exécution en place publique.

Rejeté, il s'était à nouveau plongé dans son travail, faisant des heures supplémentaires au bureau des missions et à l'administration. Quand son coeur s'emplissait de chagrin il repensait aux jours heureux, à leur enfance, aux premiers temps de leur relation quand tout avait été aussi doux qu'un rêve.

Il croyait son cœur guéri quand il reparut dans sa vie, mais il ne tomba que de plus haut. Un à un, avec un plaisir sadique il déchira tous leurs souvenirs, tous les moments heureux et il lui cria sa haine. A présent il ne lui restait plus rien, plus rien que la sensation glaciale d'avoir été utilisé, de s'être laissé souillé volontairement juste pour essayer d'être aimé, d'appartenir à quelqu'un, d'être important.

Il leva des yeux rouges de rage vers Tsubaki tendrement guidée par Kakashi. Mais elle, elle avait tout. Elle n'avait jamais rien su des mensonges de Mizuki, elle avait toujours ignoré ses infidélités, elle avait récupéré les restes dociles de son aimé dont elle pourrait s'occuper sagement et bonnement jusqu'à la fin. Et maintenant elle portait son enfant et elle allait fonder une famille heureuse, perdue dans les mensonges qui rendaient sa vie tellement plus belle que la sienne où tout avait été brisé.

C'était injuste. Est-ce qu'elle l'avait autant aimé que lui ? Est-ce qu'elle s'était autant sacrifiée ? Est-ce qu'elle avait autant supporté ? Est-ce qu'elle avait autant souffert ? Non. Et pourtant à la fin c'était elle qui triomphait, elle était la femme de Mizuki, la mère de son enfant, celle qui transmettrait son souvenir et qui imposerait au monde la force de leur amour. Leur faux amour survivrait alors que ce sentiment qu'il avait eu pendant toutes ces années, pour lequel il s'était immolé, scarifié, humilié ; ce sentiment mourrait avec lui, inconnu, dédaigné, accessoire. Tout ça parce qu'elle était une femme. Un chromosome de différence et elle pouvait aller à l'hôpital se faire inséminer avec le sperme de Mizuki. Alors que lui dès qu'il inscrirait sur les registres de Konoha sa véritable préférence sexuelle perdrait tout droit sur la semence que l'hôpital lui avait prélevée, son patrimoine génétique serait conservé et transmis à des inconnus, ses rêves d'orphelin ne se transformeraient jamais en réalité. Tout ça à cause d'un hasard génétique...

La colère tomba d'un coup, remplacée par un vide immense. La cicatrice dans son dos le lançait, les éclats de ses souvenirs se fichaient dans son cœur comme autant de morceaux de verre. Quand il disparaîtrait il emporterait tous ses souvenirs avec lui, il ne les léguerait à personne, nul ne perpétuerait sa mémoire. Il était seul et il mourrait seul.

Tout à ses pensées il ne sentit même pas le gamin approcher. En quelques secondes il redescendit de toute la hauteur de son désespoir pour se retrouver par terre, le postérieur endolori et un gamin sur les genoux.

« Miso, demeuré, combien de fois faudra te dire de regarder devant toi !

— Oh ça va, tout le monde peut pas marcher d'un pas de pépé comme toi, Shoyu ! »

Le gamin s'était redressé d'un bond pour aller crier sur un de ses camarades.

« C'est pas bientôt fini ce boucan ! Shoyu tu arrêtes d'embêter Miso et Miso si tu aidais la dame à se relever et que tu lui présentais des excuses ? » exigea une jeune adolescente aux cheveux incendiaires qui venait d'arriver.

Le dénommé Miso baissa la tête, grommela dans la barbe qu'il n'avait pas et se tourna vers sa victime, tendant la main avant de dire les yeux toujours baissés :

« Désolée madame, c'est ma faute, j'regardais pas où j'allais... »

Suzu accepta la main qu'on lui tendait, se releva et dit en achevant d'épousseter l'arrière de son kimono :

« Excuses acceptées jeune homme. »

C'est alors qu'elle vit un spasme d'horreur passer sur les traits du gosse. Trop tard elle baissa son châle cachant les cicatrices horribles qui s'étendaient de sa joue sur son cou comme une tache d'acide. Elle se détourna, prête à fuir mais une main sur l'arrière de sa manche la retint.

« Excusez-moi, madame, je voulais pas vous blesser, je suis désolé... »

Le pauvre petit avait encore la voix bouleversée. Serrant convulsivement son châle sur son visage, Suzu murmura que ce n'était pas grave et se glissa dans la foule.

Iruka n'avait aucune idée de l'endroit où il était. Il ne savait pas non plus où avaient disparu les autres... Décidément il ne pouvait rien faire comme il faut. Autour de lui les gens passaient, pressés, riant, parlant, le bousculant, mais ils semblaient si lointains, tous pris dans leur vie, parlant avec leurs amis, profitant de la soirée tandis qu'il restait là, figé, seul, le cœur si douloureux qu'il le sentait se briser lentement.

« Yo. »

Il glapit de surprise.

« Mari-chan, ça ne va pas de faire peur aux gens comme ça ? »

« C'est ta faute Suzu-chan, on a pas idée de disparaître comme ça, t'es là et paf je me retourne t'as disparu. Est-ce que je dois te rappeler que j'ai promis à ta mère de te ramener saine, sauve et toujours vierge au village ? »

Suzu poussa un cri suraigu et se mit à frapper sa camarade à grand renfort de petits couinements outrés.

La foule passait tranquillement autour d'eux, ne jetant que quelques brefs coup d'œil à ces filles avant que leur regard ne soit accroché par autre chose : un stand de takoyaki, un étalage d'épingles à cheveux, une baraque de yakisoba...

Lentement, discrètement, ils quittèrent les rues animées pour finir par se retrouver seuls dans une petite ruelle dont le lampadaire avait visiblement rendu l'âme.

« Je suis désolé, j'étais perdu dans mes pensées et un gosse m'a bousculé... »

La voix et les épaules d'Iruka tremblaient, il était pitoyable, un super subordonné pour sûr...

Kakashi ne répondit pas. Il observa le chuunin, ses épaules rentrées, sa tête basse, ses bras las. Le chêne de l'Académie n'était plus qu'un roseau pliant sous le poids de ses soucis. Depuis qu'ils avaient récupéré Tsubaki, pas un seul véritable sourire n'avait fleuri sur ses lèvres, son regard était hanté par des fantômes du passé et son corps était crispé par une haine et un désespoir qui déchiraient l'âme du professeur. Tandis qu'il guidait Tsubaki à travers la foule il avait senti le regard brûlant de colère qui émanait d'Iruka. Il ne pouvait qu'imaginer ce qui avait pu se passer entre Tsubaki, Iruka et ce Mizuki mais il sentait que ce n'était pas le genre de choses dont ils avaient besoin maintenant, pas alors qu'ils avaient décimé une équipe de ninja de Kumo, pas lorsqu'ils allaient devoir faire route le plus vite possible vers le village caché des Nuages où ils devaient rencontrer leur espion le plus important et le plus en danger. Il fallait qu'Iruka pense à autre chose.

Or la meilleure façon que Kakashi connaissait pour distraire quelqu'un, c'était de laisser son corps penser à sa place.

Iruka ne releva pas la tête quand son supérieur se planta devant lui. Il se sentait indigne de le regarder. Il aurait mieux valu pour tout le monde que le sol l'avalât ici et maintenant. Deux doigts se glissèrent sous son menton, sans douceur, forçant ses yeux à rencontrer les siens. Le masque de Kakashi était impassible, le visage postiche de Mari-chan ne reflétait rien, ses grands yeux bleus étaient aussi vides que des billes de verre. Mais ses doigts étaient contre son visage, sa main logeait au creux de ses reins, son corps était collé au sien. Un frisson involontaire parcourut son corps, il n'y avait aucun indice à chercher dans ce regard mort mais il savait ce qui allait arriver, il sentait que ces lèvres allaient se poser sur les siennes et lui voler toutes ses questions, que son corps allait embraser le sien et faire s'éparpiller les noires colombes qui pesaient sur son âme, que sa volonté allait briser la sienne et le laisser sans rien, l'esprit vide. Et c'était ce qu'il voulait, désespérément. Alors, pour la première fois il fit le premier pas et se jeta sur ces lèvres.

Le baiser prit Kakashi par surprise, jusque-là Iruka s'était toujours laissé faire. Il s'offrait avec un abandon de poupée, il l'attirait par ses regards languides mais jamais il ne prenait l'initiative, comme s'il s'attendait à être rejeté s'il le faisait... Curieux et soucieux de lui faire oublier ce qui le tourmentait, il laissa son subordonné se pendre à son cou, frotter son corps contre le sien, le dévorer avec désespoir. Il ouvrit les yeux lorsqu'une humidité suspecte courut jusqu'à sa bouche. Les baisers se mêlaient aux larmes, le corps contre lui frissonnait de désir et tremblait de longs sanglots. Mais le chuunin ne semblait pas vouloir le lâcher, bien au contraire, il resserra son étreinte, agrippant le kimono, plantant ses dents dans les lèvres roses, gémissant de besoin contre lui. Lorsque ses yeux se rouvrirent tant d'émotions jouaient dans ces pupilles assombries que Kakashi craignit que son compagnon ne devienne fou.

« Est-ce que je te fais bander ? »

Les mots sortirent de la bouche du professeur, froids, crus, détachés, contrastant avec la fièvre qui secouait son corps et le tumulte qui peuplait son regard.

« Oui. Même si là tout de suite ça ne se sent pas vraiment à cause du henge. »

Les yeux de Kakashi étaient clairs, plantés dans les siens. Iruka les observa, cherchant à voir sous le masque de Mari-chan, sous celui de Shiro, sous celui du ninja copieur, jusqu'à arriver à cet individu appelé Kakashi qu'il connaissait si peu mais dont le corps semblait répondre à la fièvre qui habitait le sien. Les yeux n'avaient pas cillé, soutenant son regard, ses attentes.

« Est-ce que je suis plus excitant qu'elle ? »

Sa voix s'était légèrement cassée. Le simple fait de poser la question enfonçait le fuma-shuriken planté dans son cœur.

« Oui. » Les yeux bleu-clair de Mari-chan le regardaient. Il sentait tous ces masques posés les uns sur les autres qui le regardaient, fixement, sans bouger mais au fond de ces paupières il vit trembler quelque chose, il n'aurait su dire quoi, mais quelque chose et c'était tout ce à quoi il pouvait se raccrocher. Alors il s'y accrocha, de toute la force de ses bras, de ses lèvres, de son corps. Ce serait suffisant, il fallait que ce soit suffisant.

Iruka cria de surprise quand il se sentit soudainement poussé contre le mur. Kakashi avait repris l'initiative ; puisque visiblement le fait d'attaquer n'avait pas l'air de sortir tout ce qui encombrait son joli crâne, il prit sur lui de lui faire oublier ce qui le gênait. Ses mains se saisirent des petits seins qui pointaient sous le yukata, sa bouche s'empara des lèvres roses, son corps se fraya un chemin entre les jambes veloutées, sa cuisse se frotta contre le sexe encore caché. Iruka gémit. Les larmes avaient disparu de ses yeux, ce corps pour l'instant encore féminin se tendait vers lui.

Il était imprudent, il le savait. N'importe qui pouvait surgir et trouver les deux jeunes filles dans cette indécente position ; le contrôle d'Iruka pouvait lui échapper à n'importe quel moment et dissiper son henge ; pire il pouvait ne plus réussir à se contrôler et le prendre, ici, dans cette ruelle sombre au milieu des ordures, et si pour lui ce n'était pas grave il savait qu'il n'en était pas de même pour Iruka, pas pour ce cœur doux et fragile.

Il réfléchissait encore à tout ça. Preuve s'il en fallait qu'ils n'étaient pas encore allé trop loin, qu'il pouvait encore arrêter et repartir sans trop souffrir de désir. Mais à chaque nouveau frisson, à chaque gémissement, à chaque coup de reins que lui donnait Iruka il sentait un lambeau de son contrôle se déchirer et partir, dans sa tête les idées commençaient à se mêler et l'envie de le posséder là, contre ce mur, de s'enfoncer dans sa chair, de le marquer de toutes ses forces enflait en lui, gagnant sans cesse du terrain.

« Mari-chan ? Suzu-chan ? Bon sang, où est-ce qu'elles ont disparu ! »

La voix était forte, résonnant dans la ruelle où seuls se répercutaient les gémissements et les soupirs.

« Bon, on finira par les retrouver, venez Nadeshiko-chan, si vous vous perdiez rappelez-vous bien que l'on se retrouve sous le troisième tori du temple. »

La voix de Mako porta à travers le brouhaha de la fête avant de s'éteindre.

A regrets Kakashi se défit de l'étreinte d'Iruka. Posée contre le mur, la jeune femme au kimono défait le regardait sans comprendre.

« Il vaut mieux que nous rejoignions les autres. »

Il finit de rajuster son yukata avant d'entreprendre de rhabiller sa compagne aux yeux alanguis.

« Il faut au moins rendre ça à Mako, elle a beaucoup de tact. »

Iruka ne répondit rien. Il n'avait pas l'air de comprendre. Kakashi avait voulu chasser toute pensée de ce cerveau trop plein ; eh bien c'était réussi.

La jeune fille face à lui était aussi présentable que possible malgré ces yeux alourdis par le plaisir et cette bouche rouge de baisers. Kakashi attrapa la main de son compagnon.

« Prêt ? »

Iruka ne lui répondit pas. Il déposa un dernier baiser sur ces jolies lèvres et emporta le jeune homme à sa suite jusqu'au troisième tori du temple.

xxx

Ils partirent de bon matin. Contrairement à toute attente Iruka avait connu une longue nuit sans rêve. Ils firent leurs adieux à Mako et Tsubaki. Shin transformé en Nadeshiko devait les accompagner un petit bout de chemin avant de pouvoir revenir à la ville.

« Prenez bien soin de vous et revenez vite à la maison. » leur lança Mako en accompagnant ses vœux d'une bonne claque dans le dos.

« Merci infiniment, je ne sais comment vous exprimer ma gratitude. »

Tsubaki s'inclina devant ses sauveurs et Iruka tenta de lui sourire en lui disant que ce n'était rien.

« Mais, dit-il tandis que Kakashi était occupé à parler avec Mako, quand vous rentrerez est-ce que vous pourrez me laisser un mot pour que je sache si Mizuki... »

Il n'acheva pas sa phrase mais elle comprit immédiatement et promit.

Mari, Suzu et Nadeshiko repartirent par le même chemin qu'elles avaient emprunté à l'aller mais cette fois les gardes se retinrent d'arrêter la mégère blonde et ses deux souris apprivoisées.

La fausse Nadeshiko les accompagna une longue partie de la matinée. Ils se quittèrent au détour d'un chemin, alors que Kakashi et Iruka s'apprêtaient à emprunter un petit sentier les ramenant vers le petit bois où ils avaient laissé Gloire et Eclair ainsi que leur fidèle carriole. Shin fit promettre à son professeur de passer le voir lorsqu'il reviendrait au village et partit d'un pas juvénile pour retourner à Port Lampion.

Mari et Suzu avançaient lentement sous les arbres torturés et grisâtres de la forêt. Kakashi avait prévu qu'ils pourraient redevenir Shiro et Kuro quand ils auraient passé le petit ru qui allait se jeter dans l'estuaire de Lampion, il n'y aurait alors plus aucun risque que quelqu'un ne les retrouve.

« Que se passe-t-il ? »

Kakashi s'était figé, le nez au vent, le visage plissé par la concentration.

« Un groupe... de trois... dans notre direction... »

Ils plongèrent dans les buissons, recouvrant de feuilles et de terre leurs vêtements voyants. Au bout d'une minute Iruka les perçut aussi ; il força sa respiration à se calmer, baissa son activité corporelle le plus possible et pria pour que ces ninja ne fassent que passer. Mais les puissances célestes firent la sourde oreille et les ninja se dirigeaient toujours vers eux.

La branche n'émit qu'un léger craquement de protestation quand ils s'arrêtèrent, à l'orée de la clairière, à moitié cachés par le feuillage. Ils étaient trois et soit ils avaient eu des problèmes de croissance soit ils n'étaient que des enfants. Des enfants qui portaient un protecteur orné du nuage de Kumo...

Le coeur d'Iruka descendit dans son estomac. Pourvu que ces enfants s'en aillent le plus vite possible...

L'un d'entre eux sauta à terre, dévoilant son visage aux deux shinobi planqués dans les buissons. Iruka attrapa la main de Kakashi et y dessina les signes « enfant port fête », c'était celui qui l'avait renversé hier. Ses deux acolytes le rejoignirent à terre et Kakashi lui fit remarquer que leur instructeur jounin ne semblait nulle part en vue. Qu'est-ce qu'un groupe de genin ayant échappé à leur professeur pouvait faire là et quelles étaient les chances pour que le fait qu'il y ait deux shinobi de la Feuille à côté soit une simple coïncidence ?

Les enfants étaient silencieux et extrêmement sérieux, trop au gré d'Iruka. Le gamin aux cheveux châtains : Miso ou quelque chose dans le genre sortit de sa poche une sorte de petit personnage de terre cuite. Lorsqu'il le posa à terre le petit golem se mit à cheminer vers les buissons.

Dispersion ! lui ordonna Kakashi.

Lançant chacun une salve de gravillons dans une autre direction, les deux hommes s'envolèrent séparément vers une nouvelle cachette.

Le petit golem s'arrêta quelques secondes puis se tourna et se remit à marcher en direction d'Iruka.

Merde ! Kakashi attrapa l'un des rares kunai qu'il portait sous le kimono et le lança sur la poupée de terre qui se brisa et cessa enfin d'avancer vers son partenaire. Ils profitèrent tous deux de ce moment pour changer à nouveau de place.

Le silence descendit dans la clairière, les enfants n'avaient pas bougé, tous trois plantés au milieu de la trouée, adossés les uns aux autres.

« Vous feriez mieux de sortir de là !

— Ça sert à rien de vous cacher.

— On sait que vous êtes là.

— Et on sait qui vous êtes. » rajouta Miso.

Iruka pâlit. Comment était-ce possible ? Ils s'étaient trahis ? Il avait fait quelque chose qui avait compromis leur déguisement et laissé deviner leur identité ?

« Sors de là, Mahio ! Sors de là et viens te battre ! Je suis Miso Shiru et au nom de mon clan je vais te faire ravaler par le fer chacune des âmes que tu as volées ! Je vais te tuer ! »

La douleur et les larmes gonflaient son visage de gosse et ce regard haineux et désespéré vint se planter dans le coeur d'Iruka.

Kakashi réfléchissait. Le plus vite possible. Il tentait de trouver une solution. S'il avait été seul il savait pertinemment ce qu'il aurait fait, mais il était certain qu'Iruka ne le laisserait pas tuer les enfants. Ils ne pouvaient pas s'enfuir, il ne savait pas de quel moyen de pistage se servaient ces mômes mais il était drôlement efficace. Il fallait qu'il les hypnotise et qu'il les mette K.O. pour le compte et le plus vite possible, avant que leur instructeur ne rapplique

Bon, maintenant qu'il avait un plan il fallait qu'il l'applique.

Le gamin aux cheveux noirs para le premier kunai mais ne vit pas celui qui était caché dans son ombre, il eut à peine le temps d'esquiver. La note explosive toucha le sol derrière lui et la déflagration rompit le cercle, jetant les enfants à terre. Dans la seconde qui suivit la jeune fille se retrouva clouée au sol, quatre kunai plantés dans ses vêtements l'empêchant de se relever et une nouvelle seconde plus tard la lame de son propre kunai se retrouva collée contre son cou tandis qu'Iruka pesait de tout son poids sur elle.

« C'est fini, les enfants ! Tonna-t-il. Jetez vos armes et mettez vos mains derrière vos têtes ou je la tue. »

Les deux garçons se regardèrent, pris au dépourvu, mais le regard de Miso se posa sur Iruka et la haine durcit ses traits.

« De toutes façons qu'on t'obéisse ou pas tu tueras Kari comme tu as tué toute ma famille ! Cracha-t-il.

— Ecoute petit, je sais pas avec qui tu me confonds mais jusqu'à hier je ne t'avais jamais vu alors si tu veux jouer la vie de ta partenaire sur un malentendu c'est juste tant pis pour elle. »

Kakashi était admiratif du calme avec lequel l'habituellement émotif Iruka s'exprimait.

La prise du gamin sur son arme faiblit un moment puis reprit de la force.

« Tu auras beau essayer tu ne m'auras pas. Cette cicatrice que tu portes au visage c'est ma mère qui te l'a faite pour me permettre de m'enfuir. J'ai vu les flammes continuer à brûler ton visage alors que tu brisais sa tête sur le sol. Je sais qui tu es et je sais que tu n'as aucune parole. »

Obnubilé par sa rage l'enfant ne prêtait plus attention à ce qui l'entourait.

Kakashi profita de ce moment pour se placer devant lui et découvrir le sharingan.

La terre trembla sous leurs pieds, parcourue soudain de vagues acérées d'acier. Iruka et Kakashi sautèrent vers les arbres les plus proches.

« Bordel mais ça va pas la tête ! Non seulement vous me faites rouler sous la table mais en plus vous m'abandonnez comme une vieille chaussette. »

Un nouveau venu tenait dans ses bras Kari la rouquine.

« Maître Kimuchi ! s'écrièrent ses élèves.

— Bon alors dans quel guêpier vous vous êtes encore fourrés ? »

Il jeta un coup d'œil à la cantonade et son sourire tomba.

« Kakashi le ninja copieur ! »

Un couperet tomba sur le souffle d'Iruka. Maintenant ils étaient clairement dans la mouise. Il était hors de question que l'un d'entre eux ressorte vivant de cette clairière. Et ça incluait les enfants. Le regard glacial que lui lança son supérieur ne laissait aucun doute là-dessus.

« Kari, Miso, Shoyu, écoutez-moi bien : vous rentrez au village le plus vite possible et vous allez directement chez le Raikage, moi je me charge de retenir ces deux-là. C'est bien compris ?

— Non. »

Miso fit un pas en avant, son kunai à la main.

« Je dois me venger.

— Ecoute-moi bien petit con, tu n'as aucune idée de qui est ce ninja alors tu vas m'obéir tout de suite ou je vais te mettre une de ces fessées dont tu te souviendras toute ta vie. »

Il n'eut pas le temps de continuer car un déluge de feu s'abattit sur lui. Kimuchi attrapa Miso et d'un bond esquiva le sort de Katon. Il jeta le jeune homme à ses camarades avant de se mettre à composer des signes à grande vitesse. Kakashi se mit alors à courir, préférant éloigner le plus possible le jounin ennemi d'Iruka.

Raffermissant sa main sur le kunai qu'il avait volé, Iruka bondit vers les genin, espérant que son élan l'entraînerait à trancher ces jeunes vies le plus vite possible. Mais à peine posa-t-il le pied à terre que tout se couvrit de noir. La nuit s'était faite autour de lui et aucun son ne lui parvenait. Sans paniquer il s'arrêta et se concentra. Aucun son, aucun mouvement, on eût dit qu'il était dans une bulle d'obscurité et de silence.

« Dissipation ! »

L'illusion disparut mais les enfants aussi. Faisant affluer le chakra vers ses oreilles il tenta de déceler le bruit de leur fuite.

« Je refuse ! »

En fait il n'eut pas besoin de faire quoi que ce soit, Miso était revenu face à lui, toujours rongé par la haine.

« Je ne fuirai plus !

— Alors nous non plus. » déclarèrent les deux autres en se réunissant à ses côtés.

Un sourire sordide traversa les lèvres d'Iruka et il laissa tomber l'apparence équivoque de Suzu, surprenant les enfants assez longtemps pour s'élancer vers la poitrine découverte du brun. Un autre kunai l'arrêta, il n'avait pas été assez rapide.

« Tu ne nous auras pas en te déguisant, Mahio. Avec l'aide de mes amis je vais venger l'âme de mes parents. »

Du sang coula dans la bouche d'Iruka, laissant un goût âcre, il s'était mordu.

« Shoyu à toi ! »

Iruka n'eut pas le temps de réagir qu'à nouveau une prison de ténèbres l'enveloppait. Sauf que cette fois l'obscurité semblait liquide et il ne pouvait plus respirer et son corps était pressé de toutes parts par le poids de l'eau noire. Il lui fallut nettement plus de temps pour se défaire de ce mirage-là.

Quand ses yeux virent à nouveau il s'étonna de ne pas se trouver encerclé. Les enfants avaient disparu et cette fois pas de bruit pour lui indiquer où ils étaient. Affinant son regard, Iruka se mit à la recherche de traces. Il les trouva facilement et se mit à courir à travers la forêt. Il n'avait fait que quelques longues foulées quand l'odeur caractéristique du sang parvint à ses narines. Quand il arriva en vue de la clairière un grand cercle de symboles tracés dans le sang serpentait sur la terre. Au milieu les trois enfants, les poignets ouverts incantaient en composant les signes avec une coordination parfaite. Quoi qu'ils soient en train de préparer ça n'annonçait rien de bon pour lui.

Emplissant ses poumons il laissa ses mains se nouer et se dénouer tandis que son chakra se malaxait de plus en plus finement.

« Suiton Le souffle de l'eau ! »

La pression dans son corps atteignit son paroxysme et le torrent de liquide se jeta sur le groupe de genin. Mais le sang répandu se dressa soudain comme un mur et son attaque retomba. A ce moment un cri déchirant se fit entendre. Il sortait de la bouche des trois gamins qui se tordaient de douleur. Leurs corps se mirent à fondre ne laissant d'eux que leurs vêtements et leurs armes et les flaques immondes se mirent à ramper les unes vers les autres. Les symboles de sang bougeaient eux aussi, resserrant le cercle, rejoignant l'étang de chair.

Iruka essaya une nouvelle fois d'attaquer mais la barrière de sang dissipa l'eau. Les flaques se mêlèrent et commencèrent à former un tas, des bras apparurent, des jambes et des têtes. Un cri dévastateur annonça au monde la naissance du monstre et Iruka observa comment les six bras et les six jambes se mirent soudain à bouger, se jetant dans sa direction.

La chose était rapide. Beaucoup trop rapide si on tenait compte du fait qu'elle avait six pattes et donc la possibilité de s'embrouiller avec plein d'entre elles. Et puis elle était trop forte aussi puisqu'elle venait de créer un cratère là où s'étaient trouvés quelques secondes auparavant un arbre et un ninja. Et elle puait le sang et le chakra.

Il n'était clairement pas de taille, elle le surpassait en vitesse, en force et il était en territoire inconnu. Mais il était seul, si Kakashi ne lui avait pas laissé un clone et avait décidé de s'éloigner ce devait être parce qu'il avait à faire à forte partie... Il n'avait qu'une seule chose pour lui. Même s'ils étaient monstrueusement forts et rapides et emplis à craquer de chakra ce n'étaient que des genin, ils ne connaissaient pas encore tous les trucs des shinobi pour faire succomber un adversaire. Il pouvait gagner ce combat. Avec beaucoup d'astuce et encore plus de chance, mais il pouvait le gagner.

Tout en continuant à esquiver la créature il se rapprocha de l'endroit où les enfants avaient pratiqué leur rituel. Sa première priorité était de récupérer leurs armes parce qu'avec un unique kunai il n'allait pas aller bien loin.

Poussant un peu de chakra sous ses semelles pour sauter plus vite, il bondit sur les vêtements. Il n'avait pas pris la première tenue que quelque chose arriva dans son champ de vision. Vif comme l'éclair il se jeta en avant. Lorsqu'il se retourna il constata qu'il ne restait plus rien des affaires des genin, une sorte de feu jaune était en train de tout consumer et continuait de brûler sur la terre nue.

Une des têtes, celle qui avait appartenu à Kari ouvrit la bouche et une nappe de feu liquide fusa vers lui et embrasa l'arbre qu'il mit entre eux.

Tout en esquivant les attaques il cherchait frénétiquement dans les seuls vêtements qu'il avait réussi à sauver. Une poche à kunai, des shuriken, des fils d'acier, quelques notes paralysantes et une arme étrange sans aucune partie tranchante et qui ne paraissait pas très efficace. Dans le doute il préféra la garder mais concentra son attention sur le reste.

Pendant ce temps le monstre gagnait du terrain, commençant à lui roussir les cheveux et transformant l'endroit où ils étaient en une véritable fournaise. Il devait se dépêcher, ce n'était qu'une question de temps avant que l'incendie ne se propage et qu'une escouade de ninja ne vienne tenter de le maîtriser et surtout savoir ce qui l'avait provoqué.

Un plan commençait à se former dans son esprit. Tout en continuant à esquiver et les attaques à distance et les coups et les tentatives du monstre pour obstruer son passage, il commença à poser les jalons de sa victoire. Mais tout à coup les yeux d'une nouvelle tête s'ouvrirent. C'était ceux de Shoyu, l'utilisateur de genjutsu. Iruka baissa précipitamment le regard. Les choses allaient devenir bien plus compliquées. C'est alors qu'il remarqua que ses pieds étaient en train de s'enfoncer dans le sol, tout comme les cailloux et les arbres : la terre devenait un marécage gluant et collant. Sautant sur la branche la plus proche, Iruka fut atteint par un jet de liquide. Il arracha sa manche avant que le feu liquide ne se soit complètement déposé sur sa chair mais une énorme cloque se forma sur son bras gauche tandis qu'au milieu de la boue qui l'avalait lentement le tissu de sa manche continuait de brûler.

Changeant de stratégie il se positionna sur un arbre, parallèle au sol et attrapa un énorme rocher enflammé qu'il envoya de toutes ses forces sur son adversaire. Le monstre le rejeta comme s'il ne s'était agi que d'une balle. Iruka continua un long moment mais aucune roche n'atteignait sa cible et le monstre se rapprochait de plus en plus. Il se mit alors à fuir sans but, affolé, le souffle court. Le monstre le suivait à la trace. Bientôt il se retrouva acculé par un mur de flammes. Il fit volte-face, le kunai à la main. Le monstre avança d'un pas. Iruka coupa le filin d'acier et un sifflement se fit entendre dans l'air. Le monstre leva la tête mais trop tard, une multitude de rochers enflammés lui tomba dessus. Iruka attendit quelques secondes avant de s'élancer. Un fil d'acier à la main il se précipita sur la masse prisonnière, il fit un premier tour, un deuxième, un troisième. Il malaxa le reste de son chakra dans ses bras et tira.

Les trois têtes s'envolèrent de concert, le corps à moitié enterré fut encore agité de quelques soubresauts mais ce fut tout. Le combat était terminé, il avait gagné.

Une tête roula à ses pieds. Les flammes jaunes qui consumaient le bois jetèrent sur cette chevelure des reflets blonds et les yeux bleus du mort le regardèrent. Un froid intense et doux comme la mort descendit sur Iruka.


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