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Author of 26 Stories |
Auteur : kokoroyume
Disclaimer : Chaque personnage de X ou Tokyo Babylon est la propriété exclusive des Clamp (mais Hisaki est à moi !)
Voici enfin le tout dernier chapitre de cette fic, j'espère qu'il vous plaira !
Et encore merci Maeve et Yuki-chan de continuer à me suivre :°)
Bonne lecture !
Espérance
Chapitre 11
2007, un banal appartement de Tokyo.
L’homme était assis devant le bureau, l’ordinateur face à lui, et ses doigts pianotaient machinalement à quelques centimètres du clavier. Soudain, l’inspiration sembla lui venir et ses mains s’envolèrent sur les touches.
« Nous sommes toujours ensemble.
Beaucoup d’évènements se sont produits depuis que la bataille des dragons du ciel et de la terre s’est achevée, mais la plupart d’entre eux sont déjà relatés ici. Des expériences dures ou plus agréables, des caps que nous avons passés, des mots que nous avons échangés. Certains que je ne pourrais jamais oublier – cette mission si violente et pourtant si révélatrice, le mariage de ma sœur, chaque nouvelle étape qui a jalonné notre relation – et d’autres, devenus si habituels, qu’il me serait bien difficile de les replacer dans le temps et dans l’espace.
Et pourtant, il ne m’a pas encore quitté ; je n’ai, quant à moi, pas plus tenu compte des mises en garde de mon clan que dans ma jeunesse.
J’ai souffert de notre relation.
J’en souffre toujours.
Les années n’ont rien changé à cela, chaque fois qu’il tue, je me sens un peu plus coupable encore.
N’est-ce pas mon devoir de l’en empêcher ?
J’ai essayé, une fois ; si j’en avais à nouveau l’occasion, j’essaierai sans doute encore.
Mais je n’ai apparemment pas la capacité de faire changer le Sakurazukamori. C’est bête à penser, pourtant, je n’ai même pas réussi à le faire arrêter de fumer. Il fume moins, néanmoins.
Est-ce qu’il tue moins également ? Je ne lui demande pas. Et, finalement, même avec moi, il reste discret sur son « travail » ; ça me convient assez.
De mon côté, je continue à apporter mon aide aux habitants de cette ville.
Bien qu’officiellement je sois toujours le chef de mon clan, et qu’il m’incombe encore d’effectuer les missions les plus dangereuses, c’est Hisaki Sumeragi qui en gère les relations. Ma grand-mère n’a plus la force d’administrer tout cela et, moi, je m’approche le plus rarement possible du clan.
Pour leur propre sécurité, parce que je reste l’amant d’un assassin.
Pourtant, Sei, pour moi qui le connaît – sans pour autant toujours le comprendre, n’a jamais moins ressemblé à un meurtrier que durant ces dernières années. Il m’accompagne même, parfois, dans mes « bonnes actions du jour », comme il les appelle. Ce sont des aides les plus diverses, du simple garde-malade à l’exorcisme improvisé, en dehors de mes missions.
Si je prends les obligations du clan Sumeragi comme un devoir auquel je ne voudrais pas me soustraire, tant celui-ci est indispensable au bien-être d’autrui, ce bénévolat n’est qu’un désir de ma part. Un besoin d’aider les autres qui ne m’a pas encore quitté.
Lorsque Seishiro m’accompagne, il accomplit ses tâches parfaitement même si, comme il me l’a parfois rappelé, il ne considère cela que comme un jeu et une occasion d’être un peu plus à mes côtés.
Hokuto – je ne l’ai vue que deux fois depuis son mariage – m’a dit un jour que j’étais le seul être capable d’apporter au Sakurazukamori ce qu’il recherchait, qu’il avait besoin de moi.
Ses paroles sont souvent justes.
Cependant, je pense, aujourd’hui encore, qu’il pourrait survivre facilement à ma disparition. Certes, j’ai vécu assez longtemps à ses côtés pour savoir qu’il en serait touché – sans savoir dans quelle mesure – toutefois, sans moi, je l’imagine sans trop de difficulté retourner à sa vieille indifférence.
C’est sans doute ce genre de certitude qui freine par moments notre relation.
Je devrais lui poser ces questions un jour, pour pouvoir passer au-delà. Mais je crains un peu sa réponse, s’il se trouve que ma chère sœur à tort, je ne pourrais plus me faire d’illusions. »
L’exorciste s’arrêta et relu ses derniers mots à l’écran ; c’était loin de représenter ce qu’il ressentait vraiment.
Le martèlement des touches reprit.
« Je l’aime.
Et il m’aime aussi, à sa façon.
Le temps où nous avons dormi ensemble la première fois est déjà bien loin. Je n’ai jamais épilogué là-dessus et je ne le ferais pas aujourd’hui. A l’époque, ses gestes envers moi étaient patients et chastes, il me laissait toute occasion de m’éloigner de lui – ce que je n’ai pas fait souvent.
Puis notre relation a évolué naturellement. Même si l’on peut dire que nous sommes un couple un peu atypique.
Depuis la dernière fois où j’ai fait le point sur notre vie, nous avons déménagé deux fois : le Sakurazukamori évite de rester au même endroit trop longtemps. Les seuls lieux fixes que nous avons reste mon petit appartement et cette maison à l’ambiance particulière où il m’a emmené une fois, lors d’une période trouble de notre vie, la demeure de sa mère.
Je ne vais que rarement dans cet appartement que ma grand-mère a tenu à m’acheter, un peu après la reconstruction de Tokyo. Et je n’ai plus jamais remis les pieds dans le domaine de Setsuka Sakurazuka.
Nous vivons pour l’instant dans un petit duplex près d’Inogashira, avant c’était Ikkeburo.
Ca ne me dérange pas. Le lieu où je vis m’importe peu tant que je peux rester avec lui.
Parfois, nos travaux respectifs nous amènent à nous séparer quelques jours – voir semaines – mais nous finissons toujours par nous retrouver, que ce soit au détour d’une rue, à la sortie d’un parc ou dans notre demeure.
J’ai besoin de lui, il le sait. Et, au risque de me contredire, j’aime croire qu’il a lui aussi besoin de moi.
Nous avons surmonté des épreuves, des décès, des désaccords, et j’imagine que l’avenir nous en réserve encore, mais je continue à y croire.
Et tant que j’y crois, je peux voir un futur se dessiner devant nous.
Espérance XV, Subaru Sumeragi, une journée pluvieuse de l’été 2007. »
Il enregistra le document dans un dossier qui en comportait déjà de semblables, éteint son portable, laissa sa chaise pivoter vers les grandes portes vitrées et observa la ville.
En sept années, la capitale avait retrouvé sa grandeur, gagné en technologie et vu sa population s’accroître davantage.
L’exorciste aimait cette ville.
Même si elle se montrait parfois bien cruelle avec ses habitants, ils devenaient plus forts et meilleurs pour elle. Pour la générosité et l’humanité qui se cachaient en son sein. Bien qu’il était conscient que ses qualités n’allaient pas sans ses défauts, c’est ainsi qu’il voyait les choses et il était heureux de constater, qu’au fil des ans, la mégalopole avait pu cicatriser ses blessures.
- Encore à l’observer ?
Il sentit les mains de Seishiro descendre sur son torse. Il aimait percevoir la chaleur de sa peau à travers ses vêtements et se laisser envelopper par son parfum.
- J’aime sa force, répondit-il en détournant les yeux.
Subaru venait d’apercevoir le Rainbow Bridge – reconstruit depuis quelques années – et en avait ressenti le même effet, la même certitude qu’à chaque fois : si le Sakurazukamori devait un jour retourner sur ce pont, il terminerait son travail.
Il se leva pour ranger son ordinateur. Son aîné le retint gentiment par la taille et laissa ses lèvres se poser sur sa gorge. L’exorciste frissonna ; il répondait toujours aussi facilement à ses caresses.
Il sentit l’assassin sourire contre sa peau et le plus jeune pris l’initiative de s’emparer de ses lèvres. Ses mains se perdirent dans ses cheveux tandis que Seishiro maintenait sa nuque et sa hanche. Ce fut un baiser comme ils en avaient souvent échangés, profond et aimant, avide et pourtant doux.
Lentement, ils se séparèrent et les lèvres de l’assassin descendirent vers son oreille.
- Tu n’as vraiment plus rien de l’innocent garçon que j’ai rencontré, Subaru…
Il se sentit légèrement rougir à ces mots. Trente ans passés et il rougissait encore devant cet homme.
- Ou peut-être que si, finalement, se corrigea-t-il en l’observant, un sourire aux lèvres.
Bien qu’il pensait avoir l’habitude de ce genre de remarque, lorsque l’homme les lui adressait, il se sentait toujours inexplicablement jeune et inexpérimenté face à lui.
Seishiro se détacha de lui et rangea son ordinateur à sa place.
- Encore un rapport pour les Sumeragi ? interrogea-t-il, sans paraître très affecté par l’idée.
- Non. Je me disais juste que ces écrits méritaient d’être mis à jour, dit-il en partant en quête de sa veste et d’un parapluie.
- Ah ! Oui, ces fameux mémoires pour ton clan. Tu n’as toujours pas choisi à qui tu allais les confier ?
Il lui tendit le parapluie qu’il avait déjà préparé. Le temps était maussade mais ils avaient décidé qu’ils dîneraient ce midi au restaurant.
- Pas vraiment. Hisaki serait sans doute un bon choix, j’imagine. Je me déciderai bien un jour.
- S’il est celui qui devra affronter le prochain Sakurazukamori, c’est sans doute le meilleur choix.
L’ancien vétérinaire avait déclaré cela sans ciller, son expression ne changeant pas d’un iota. Il n’aimait pas lorsqu’il faisait ce genre de sous-entendu.
- Certainement. Mais n’as-tu jamais songé que tu pourrais être le dernier, le dernier Sakurazukamori ? questionna-t-il en sondant le regard doré.
C’était le genre de sujet qu’il préférait éviter mais, comme parfois, il se persuada qu’il voulait une réponse même si celle-ci aurait pu le blesser.
Le sourire de son compagnon s’épanouit un peu plus.
- Je y ai déjà pensé, avoua-t-il. Ce ne serait pas impossible.
Il posa les lèvres sur celle de son cadet en une simple caresse.
- Nous y allons ?
Subaru sourit à son tour, d’un air confiant - comme les années lui offraient de plus en plus souvent la possibilité de le faire, avec soudain un peu plus de bonheur, et moins d’amertume, dans le cœur, puis ouvrit la marche.
Il ne vit jamais l’étrange regard que Seishiro posa sur lui, ni le sourire si évocateur de ses pensées qui se dessina sur son visage. Mais, même s’il s’en était aperçu, cela n’aurait rien changé à leur avenir ; Subaru Sumeragi, depuis bien des années, ne tenait plus seul les rennes de sa destinée.
Après tout, le Sakurazukamori ne pouvait-il pas, lui aussi, avoir ses espérances ?
FIN
Enfin le dernier chapitre ! Je termine cette petite saga, débutée avec "Le dernier Sakurazukamori", et qui me tient assez à coeur puisque l'entierté de cette histoire fait partie de ma toute première véritable fanfic à chapitres :)
Il pourrait éventuellement y avoir quelques ones qui traiteraient de périodes de leur relation dont je n'ai pas fait détails (à vrai dire j'ai déjà deux idées assez précises en tête depuis un certain temps é.è) et donc, s'il y a certains passages que vous voudriez voir approfondis, n'hésitez pas à me le dire :')
(même si je ne peux pas promettre de forcément en faire le développement que vous en attendriez ni dire dans quel délai ils seront publiés...)
J'espère que vous aurez pris autant de plaisir à lire cette histoire que j'ai pu en prendre à jouer avec ses pauvres petits persos XD
Bye !