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Movies » Pirates of the Caribbean » Les Maîtres d'Armes
Zakath Nath
Author of 24 Stories
Rated: K - French - Adventure - Will T. & James N. - Reviews: 44 - Updated: 06-07-07 - Published: 02-28-06 - Complete - id:2822532

Disclaimer et rating : idem

Ahahah : merci beaucoup ! Voilà la suite (et la fin) !

Chapitre 9

Force reste à la Loi

Norrington se lança alors dans des explications dont Will avait bien besoin, tant la dernière demi-heure était passée pour lui dans une sorte de brouillard incompréhensible. Il apparut que Bellamont avait été, comme c'était à prévoir, le maillon faible de la bande de naufrageurs. Cela avait commencé de façon innocente, lorsque le capitaine avait appris qu'un de ses officier, le lieutenant Groves, passait une partie de ses soirées à jouer sa chemise avec les jeunes aristocrates de la colonie.

« Je m'étais seulement lancé dans un sermon sur le démon du jeu, quand au détour de la conversation, Mr Groves a mentionné que Mr Bellamont avait mis un point d'honneur à régler ses dettes dans les plus brefs délais. Ce qui n'a pas manqué d'attirer mon attention, car comme vous l'ignorez sans doute, Turner, notre ami Eustace a pour habitude de se faire prier. Et l'argent provient généralement de l'escarcelle de monsieur son père, qui lui avait pourtant coupé les vivres à peine une semaine auparavant. Décision qu'il aurait dû prendre il y a bien longtemps, si vous voulez mon opinion.

- C'est alors que vous vous êtes mis à soupçonner Bellamont ! » s'exclama Will, ravi d'émerger de son brouillard.

Pour la première fois, Norrington trahit sa fatigue et laissa échapper un petit soupir irrité.

« Non, Turner, c'est alors que je me suis mis à soupçonner votre grand-mère. Évidemment. Ne m'interrompez pas. »

Mortifié, le jeune forgeron obtempéra, pendant que Gillette lui lançait son horripilant sourire goguenard. Norrington poursuivit donc, racontant comment un des laquais de Bellamont, moyennant une petite rétribution, lui avait raconté que Will avait un jour apporté à son maître une lettre d'un certain Cavendish et que de là datait, à peu près, la mystérieuse indépendance financière du jeune homme. Restait à savoir qui était ce Cavendish, d'où il venait, où il se trouvait, enquête à laquelle Will avait à nouveau participé malgré lui en donnant des renseignements à Burns, le valet de pied de Norrington. Le reste, laisser entendre à Cavendish et Bellamont qu'ils étaient fait pour les cueillir lors de leur fuite, avait été chose facile.

« Mais ce que j'aimerais bien comprendre, Mr Turner, conclut Norrington, qui serrait toujours son bras blessé avec indifférence, c'est comment diable vous vous êtes retrouvé au milieu de toute cette affaire. »

Will, mal à l'aise, raconta alors comment Cavendish lui avait proposé de lui donner des cours d'escrime, et comment ils se donnaient rendez-vous à la Crique du Pendu pour se faire. Comment Cavendish avait annulé son dernier cours et comment lui avait décidé de se rendre quand même sur la plage, se retrouvant alors au mauvais endroit au mauvais moment.

« C'est le moins qu'on puisse dire, commenta Norrington, qui semblait à présent consterné. C'est au-delà de ma compréhension. Quel besoin aviez-vous de vous acoquiner avec ce… Cavendish ? Je vous donnais déjà des cours d'escrime, et vous ne vous en êtes jamais plaint. Pourquoi avez-vous décidé, et sans m'en informer, merci bien, de changer de maître d'armes ? »

Will le contempla un instant avec des yeux ronds.

« Mais parce que j'avais cru comprendre que vous ne vouliez plus me donner de ces cours d'escrime. Lorsque vous êtes revenu de votre dernière mission, et que nous nous sommes vus, chez le Gouverneur, vous n'avez pas dit un mot au sujet des nouvelles leçons. »

Norrington semblait vraiment agacé, à présent.

« Oui, eh bien cela vous surprendra, Mr Turner, mais j'avais à ce moment-là d'autres soucis en tête. Il vous suffisait de me relancer, et vous n'en avez rien fait. »

Ce fut au tour de Will de s'énerver. Le sourire narquois de Gillette ne faisant rien pour apaiser son humeur.

« Et c'est ce que j'allais faire, capitaine, protesta-t-il avec véhémence, quand votre second, Mr Gillette, m'a dit de votre part que vous ne souhaitiez plus me donner de leçons, que vous étiez trop occupé, et que de toute façon, cela ne me servirait jamais à rien. »

Will, après cette tirade, se faisait l'effet d'un enfant capricieux, mais le plaisir de voir le sourire de Gillette s'effriter le rasséréna. Norrington fronça les sourcils et interrogea du regard le lieutenant.

« C'est que… balbutia celui-ci, j'avais cru comprendre… Bien sûr vous n'avez jamais rien dit de tel, mais vous étiez tellement accaparé par toute cette histoire que j'ai pensé préférable d'éloigner Turner un moment…

- Et vous pensiez que je ne pouvais pas m'en charger moi-même, que je n'étais pas le meilleur juge pour savoir comment et à quoi consacrer mon temps ? » l'interrompit sèchement Norrington.

Will aurait presque eu pitié de Gillette, qui tenta vainement de changer de sujet :

« Votre bras est blessé, capitaine, laissez moi voir si ce n'est pas trop grave, il ne faudrait pas que… »

Mais son supérieurne l'entendait pas de cette oreille:

« Mr Gillette, vous seriez bien aimable de ne pas détourner la conversation. Je n'ai pas besoin de vous pour veiller à mon bien-être, surtout quand on voit les résultats. Répondez à ma question. »

Gillette n'en menait décidément pas large.

« Je pensais juste que c'était la meilleure chose à faire, tenta-t-il enfin d'une voix plus ferme. Comme je l'ai déjà dit, nous étions tous occupés par ces naufrageurs. Et ce gamin n'arrêtait pas de vous tourner autour pour que vous vous occupiez de lui… »

Will ouvrit la bouche pour protester. Comment Gillette osait-il prétendre une chose pareille quand il s'était contenté de s'adapter au temps libre du capitaine, malgré l'irrégularité dans les leçons que cela entraînait ? Il ne s'en était jamais plaint ! À voix haute, en tout cas. Mais un regard sévère de Norrington le fit taire.

« Ensuite, poursuivit Gillette, il y avait les insinuations de Bellamont. Turner lui avait raconté que vous lui donniez des leçons et ça le faisait beaucoup rire. Vous le savez bien, il a alors répandu la nouvelle, et comme cela ne faisait pas rire les autres autant qu'il l'espérait, il n'a pas pu s'empêcher d'en rajouter. Il commençait à laisser entendre que vous et Turner… »

Norrington leva les yeux au ciel.

« C'est très aimable à vous de protéger ma réputation, mais il n'y avait rien à craindre de ce côté-là. Qui a jamais prêté la moindre attention aux médisances de cet homme ? Vous saviez très bien que personne n'allait croire une chose pareille. Je me demande vraiment à quoi vous pensez parfois. »

Le capitaine contempla longuement Gillette et ses yeux s'écarquillèrent légèrement, comme s'il comprenait, puis son regard se posa sur Will, qui lui ne comprenait plus grand-chose. Cela n'eut pas l'air de lui remonter le moral.

« Toute cette histoire est d'un ridicule achevé. Vraiment. Il serait temps de rentrer à Fort Charles, nous n'en avons pas terminé avec ces naufrageurs. Mr Gillette, ne croyez pas que cette conversation est terminée. J'aurais quelques mots à vous dire, quand nous aurons le temps. Mr Turner, vous allez gentiment rentrer chez vous, et vous tenir tranquille. Dimanche prochain, en début d'après-midi, vous vous rendrez chez moi. Pour une leçon d'escrime, oui. Fermez la bouche, maintenant, vous avez l'air stupide, comme cela, mon pauvre garçon.

L'arrestation des naufrageurs fournit un sujet de conversation pendant un long moment. La présence d'Eustace Bellamont dans leurs rangs, notamment, entretenait les plus sauvages spéculations. Son père le désavouerait-il complètement, ou chercherait-il au contraire à soustraire à la justice son fils indigne ? Will ne sut jamais si le riche planteur alla plaider sa cause auprès du Gouverneur Swann, mais s'il l'avait fait, le père d'Elizabeth ne s'était pas laissé fléchir. Bellamont fut condamné à mort au même titre que ses complices, et affronta la sentence avec bien moins de dignité que ses compères pourtant de plus basse naissance. Will n'assista pas au procès, mais Mr Brown lui en fournissait chaque jour un compte-rendu détaillé. Il ne cachait pas une certaine admiration pour Cavendish « une canaille, mais il ne se laisse pas impressionner, celui-là. À l'aise comme s'il assistait à une pièce de théâtre, et pas à son propre procès ! ».

Mais Will n'avais plus envie de revoir Cavendish, et encore moins d'en entendre parler. Il ne voulait même plus y penser. Chaque fois qu'il essayait, il se retrouvait perdu, incapable de comprendre comment l'homme qui lui avait généreusement dispensé son savoir avait pu aussi se révéler un meurtrier, tuant des innocents par simple appât du gain, tout comme les pirates qui avaient failli l'assassiner, massacrant tout un équipage sous ses yeux, quelques années auparavant.

Il y eut néanmoins un point positif à toute cette équipée. Will ignorait comment, mais sa présence à la Crique du Pendu ne resta pas ignorée, et bientôt, tout le voisinage vint lui demander de raconter le combat. Même Pat Belsey semblait avoir enterré la hache de guerre, trop heureux de la défaite des naufrageurs. Il était même le premier à embellir l'histoire, laissant entendre que Will avait donné un fier coup de main à Norrington au cours de l'échauffourée, sauvant même la vie d'un lieutenant Gillette assailli de toute part. Will se demanda si celui-ci entendrait jamais cette version des faits, et s'il ne s'en étoufferait pas. Lui et Will s'était revu depuis ce fameux dimanche, mais le jeune officier était toujours resté poli, bien que froid. L'horrible sourire en coin n'avait plus refait surface en présence de l'apprenti forgeron, et pour ce qu'il avait pu voir, les rapports entre Norrington et son lieutenant semblaient au beau fixe. Will ignorait quelle avait pu être la fin de leur conversation, mais visiblement, tout était revenu à la normale, du moins en apparence.

Oui, tout était revenu à la normale, se dit Will en décrochant d'un râtelier sa dernière création et se dirigeant d'un bon pas vers le logis de Norrington, avide d'une nouvelle leçon d'escrime. Plus de naufrageurs, le retour de son maître d'armes initial, Brown buvait toujours comme un trou et Elizabeth ne perdait jamais une occasion d'échapper à la vigilance de sa gouvernante pour venir le retrouver. C'était tout de même un bon bilan pour un pauvre orphelin, non ?

Fin

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