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Movies » Sound of Music » Frohe Weihnachten
Edelwyn
Author of 3 Stories
Rated: K - French - Romance - Reviews: 9 - Updated: 04-28-08 - Published: 03-21-06 - id:2854864
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I/Noël à Salzburg

Maria serra frileusement son manteau autour d'elle. Salzburg en décembre n'était pas exactement le mois le plus chaud de l'année. La neige continuait de tomber depuis maintenant deux jours, et les montagnes en face, qu'elle voyait chaque matin de ses fenêtres, en étaient recouvertes.

-Demandez les dernières nouvelles! Hitler, l'Allemagne, nos avancées en Pologne!

Maria haussa les épaules. A quoi bon, Les nouvelles n'en étaient pas; tout le monde savait ce qui se passait depuis bien longtemps. Elle se rappela la prise de pouvoir par le chancelier du troisième Reich. La terreur, la colère qui était tombée sur le pays, et surtout, le regard blessé qu'avait eu le Capitaine, le silence épais et lourd dont la maison s'était enveloppée durant quelques jours…

Les von Trapp…que pouvaient ils bien faire, actuellement? Où étaient ils? Après ce soir qu'elle n'oublierait jamais; après sa fuite éperdue, une nuit froide d'août, elle ne les avait pas revus. Elle pensait que jamais son souvenir ne s'effacerait; que jamais, elle n'oublierait ces yeux profonds et intenses plongés dans les siens…Mais les mois avaient passée, elle n'avait eu aucune nouvelle de la famille, depuis maintenant un an et demi, depuis son départ. L'annonce de la brusque disparition de la famille von Trapp dans les journaux avait ravivé des souvenirs qu'elle avait crus endormis; mais leur départ n'avait pas surpris outre mesure la jeune femme; elle savait depuis longtemps que jamais le Capitaine ne pourrait laisser une situation pareille à celle-ci s'installer. La Suisse? L'Italie? Son regard erra vers les montagnes dominant la ville. Haute, menaçantes…infranchissables. Et pourtant…

Elle se secoua. Allons, il n'était pas temps de rêver, une fois de plus, elle allait être en retard, et la directrice la réprimanderait…une fois de plus.

Elle referma la porte de la petite classe derrière elle et s'éclaircit la voix:

-Hum hum…

Les enfants ne se calmèrent pas immédiatement, ils étaient survoltés par l'approche des vacances, même à un âge si jeune. Epuisée parfois, à la fin d'une journée de classe, Maria se demandait où ils trouvaient cette énergie permanente.

Elle frappa ses mains, et le silence finit par se propager dans la petite salle. Maria installa rapidement les enfants autour de leurs tables, non sans leur avoir promis qu'ils reprendraient ensembles les quelques chants qu'elle leur avait appris, et qu'ils chanteraient devant les parents.

-Si vous avez terminé ces lignes, cependant, autrement…

Sa phrase inachevée fit son effet; aussitôt, quinze petites têtes brunes, blondes se penchèrent sur leurs cahiers avec application. Il fallait recopier sur trois lignes deux lettres plus difficiles que hier, le g et le k. En majuscule, heureusement. Mais arrondir le G proprement n'était pas chose facile, et quelque fois, si le G avait un peu trop tendance à évoquer un O, Fräulein Maria se fâchait…Et pas de chants dans la journée. Aussi, les fronts se plissaient, les petites mains serraient fort les crayons, et des langues roses se tiraient sous l'effort.

Maria sourit, assise à sa table, et laissa son regard errer devant elle, sur tous ces bambins de moins de six ans pour la plupart. Tous ces enfants qui étaient en quelques mois devenus toute sa vie. Tous ces enfants qu'elle ne connaissait pas voici un an; mais qui maintenant, étaient son présent et son avenir. Les nattes blondes de la petite Martina encadraient son visage attentif, concentré sur sa feuille; tellement semblable à une autre fillette, blonde elle aussi, au caractère décidé, et qui lui avait, la première, dit: "Parce que je vous aime bien, Fräulein Maria…"Oh Gretl, où es tu? Que faîtes vous? Où allez vous passer Noël? M'avez-vous totalement oublié?

-Fräulein Maria, j'ai terminé, regardez!

-Moi aussi, Fräulein!

-Pouvons nous chanter, maintenant?

-S'il vous plaît!

Maria passa dans les rangs lentement, ramassant les quelques cahiers. Des lignes et des lignes de G et de K, plus ou moins arrondis…Enfin, c'était assez pour aujourd'hui, décida-t-elle. Elle hésita un instant devant les petits visages implorants…La leçon de calcul avait quelque peu souffert ces derniers temps…Oh, et puis, tant pis. Après tout, ce n'était pas Noël tous les jours!

-Entendu, acquiesça-t-elle.

Les cris de joie qui suivirent, suivit de plusieurs petites voix riant et criant dans la classe la récompensèrent largement. D'un geste décidé, elle saisit sa guitare:

-Allez allez, approchez!

Les sept fillettes, et les huit garçons s'assirent en cercle autour d'elle. Martina et Werner, deux inséparables et assez turbulents au demeurant, avaient pris soin de mettre le moins d'espace possible entre eux. Alors qu'un rire en cascade s'échappait de la bouche de la fillette, qui essayait vainement de l'étouffer sous ses mains, Maria reposa sa guitare.

Un sourire qu'elle essaya vainement de réprimer sur ses lèvres, elle feignit un air sévère en s'approchant du petit couple:

-Martina, Werner, que se passe-t-il encore?

Pris en faute, le jeune garçon ne répondit rien. Mais Martina, bravement, releva la tête:

-Heu…

A court de mots, elle s'arrêta. N'essayant plus de cacher son sourire, Maria la saisit par la taille et l'éloigna de son compère.

-Bien, maintenant, chérie, tu vas t'asseoir juste à côté de moi, et, ajouta-t-elle tout bas dans l'oreille de la fillette lorsqu'elle se fut assise, tu m'aides à les surveiller, entendu?

Ravie de sa nouvelle promotion, l'enfant se redressa de toute sa petite taille, et promena autour d'elle un regard sévère.

Sur le long chemin
tout blanc de neige blanche
un vieux monsieur s'avance avec
sa canne dans la main
et tout là-haut le vent qui siffle
dans les branches puis souffle
la romance qu'il chantait petit enfant!

Vive le vent, vive le vent,
vive le vent d'hiver
qui s'en va sifflant, soufflant
dans les grands sapins verts.
Vive le temps, vive le temps,
vive le temps d'hiver
boules de neige et jour de l'an
et bonne année grand-mère…!

L'effervescence était à son comble, dans la petite école, alors que les parents, uns à uns, prenaient place et remplissaient les rangées de chaises blanches. Cachée derrière le rideau, Maria aidait les derniers enfants à se préparer…Et heureusement instruite par l'expérience, avait commencé cette tâche une heure auparavant. Malgré tout, il y avait encore plusieurs paires de mains douteusement noires, des traces de lait autour des petites lèvres gourmandes…Et une quinzaine d'enfants déchaînés, qui couraient dans toute la salle.

Une demi heure après, cependant, et sans trop savoir comment, ces même petits diables étaient rassemblés sagement autour de leur Fräulein, silencieux. Après de derniers conseils, une chemise remise en place et un regard de mise en garde à Martina et Werner, Maria fit signe à la directrice. Lentement, le rideau se leva, et les bambins entrèrent uns à uns, avec cette grâce charmante de l'enfance, sans affectation aucune, et prirent leur place, les plus grands derrière, les plus jeunes devant.

Maria se plaça devant la petite estrade de bois, et après un sourire que seul purent voir les petits chanteurs, leva légèrement la main, et entonna doucement:

Douce Nuit, Sainte Nuit

Dans les cieux, l'astre brille…

Rapidement, les voix pures et fraîches des enfants s'élevèrent et couvrirent la sienne.

Maria pouvait entendre les murmures attendris des parents derrière elle, et enchaîna rapidement sur quelques chants de Noël folkloriques. Malgré les encouragements du public, le plus dur restait à venir, cette ballade autrichienne qu'elle avait apprise avec ses cousines plus jeune. Plusieurs notes montait à l'aigu, et elle avait du se résoudre à chanter pleinement avec les enfants, sachant cependant que cinq des sept fillettes avait un soprano très doux. La gorge un peu serrée, elle commença:

"High on a hill was a lonely goatherd-"Lay odl lay odl lay hee hoo"

Loud was the voice of the lonely goatherd-"Lay odl lay odl-oo"

Folks in a town that was quite remote heard-"Lay odl lay odl lay hee hoo"

Lusty and clear from the goatherd's throat heard-"Lay odl lay odl-oo"

La jeune femme se détendit. Les notes plus hautes étaient très bien tenues, finalement ces enfants avaient un don, c'était indéniable. Il faudrait qu'elle en touche mot à leurs parents ce soir.

odl lay odl lay, odl lay,odl lay, odl lay

Lay odl lay, odl lay-o"

La dernière note s'éleva puis mourut dans l'air. Il y eut un silence…Puis des dizaines et des dizaines d'applaudissements, comme Maria n'en n'avait encore jamais entendu.

Les chants suivants étaient plus simples, mais l'audience, mis dans la joie et l'ambiance de Noël, était plus chaude, et les enfants le sentaient. Enfin, le dernier chant se termina, les derniers enfants saluèrent, les derniers parents remercièrent, les dernières mains furent serrées, les dernières chaises rangées, et il était plus de minuit lorsque Maria enfin, après avoir salué la directrice, repris enfin la direction de son appartement. Salzburg était désert, et elle aurait souhaité être parti de l'école un peu plus tôt. Elle hâta le pas, le froid la gagnant peu à peu. Une rue…encore une autre…Elles se succédaient les unes après les autres, et arrivée devant son appartement, Maria poussa un soupir de soulagement. Un seul. Parce qu'une silhouette noire et haute semblait l'attendre

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