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Anime/Manga » Detective Conan/Case Closed »
Roses are red
Author: Claude le noctambule PM
Tu sais, petit détective, si tu ne fais pas preuve de délicatesse lorsque tu cueilles une rose, ses épines te transperceront au moment où tu l’étreindras… ConanXAi
Rated: Fiction T - French - Drama/Romance - Ai Haibara & M. Sera - Reviews: 21 - Updated: 07-18-06 - Published: 04-07-06 - Status: Complete
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Épilogue

Pour la seconde fois dans sa vie, le jardin secret d'Ayumi s'avéra incapable d'absorber sa tristesse… Mais cette fois, ce n'était plus la tristesse ressentie face à l'idée que l'absence de ses deux meilleurs amis puisse se prolonger à nouveau… Non, à présent, c'était la tristesse d'avoir été trahie par sa meilleure... sa seule amie… Depuis qu'elle avait fait la connaissance de Conan, et que cette rencontre avait fini par donner naissance aux detective's boy, elle n'avait guère eu l'occasion de faire connaissance avec d'autres filles de sa classe…jusqu'à l'arrivée de Ai…

Elle avait beau avoir été légèrement intimidée par la froideur de sa nouvelle camarade de classe, elle avait tout fait pour se rapprocher d'elle et ses efforts avaient fini par porter ses fruits…

Les choses n'avaient guère changées depuis, elle continuait de passer la majeure partie de son temps libre auprès des petits détectives, au point de ne pas se faire de nouveaux amis dans l'école, mais il y avait tout de même eue une infime différence à partir de l'arrivée du cinquième membre… Une différence qui était loin d'être insignifiante pour elle…Elle avait enfin une personne à qui elle pouvait confier ce qu'elle ne pouvait pas avouer aux trois seuls garçons qu'elle fréquentait… Se confier… Non, elle n'avait jamais eu besoin de se confier… Haibara avait toujours réussi à comprendre ce qu'elle ressentait sans qu'elle ait besoin de lui dire… Comme ça avait été le cas, ce jour là, dans un escalier illuminé par le soleil couchant…

A ce moment là, Ayumi avait été persuadée que c'était parce qu'elles étaient amies mais maintenant… Est-ce que Ai avait comprise ses intentions parce qu'elle avait eu les mêmes ? Si elle lui avait dit qu'elle comprenait ce qu'elle ressentait pour Conan, était-ce tout simplement parce qu'elle ressentait la même chose ?

Au fur et à mesure que le temps avait passé, elle en était venu à ne plus voir la fillette taciturne comme une amie mais comme...une grande sœur…

Mais sa relation avec elle n'était finalement pas très différente de celle qu'elle avait avec Conan...

Ils avaient beau faire semblant d'écouter avec beaucoup d'attention ce qu'elle leur disait, elle ne pouvait pas s'empêcher, parfois, de déchiffrer une lueur d'ennui dans leur regard…

Même quand ils semblaient plus proches qu'ils ne l'avaient jamais été auparavant, elle ressentait malgré tout une distance s'interposer entre eux…Comme si ses deux camarades venaient d'un autre monde que le sien… Un monde qu'elle ne connaîtrait sans doute jamais… Et même si elle finissait par y arriver, elle sentait instinctivement qu'elle ne serait plus la même après cela… Oui, le monde où ils avaient vécu…et vivaient encore…lui semblait bien plus inquiétant que celui que lui avait fait découvrir l'association des petits détectives… Et elle sentait qu'elle y serait encore moins à sa place, parce que même si elle n'oserait sans doute jamais l'avouer à Conan et qu'elle faisait tout son possible pour le lui cacher, c'était avant tout pour être avec lui, et Ai, qu'elle était resté dans le club de détectives qu'ils avaient fondé…

Quelquefois, et même bien souvent, elle aurait préféré que leurs enquêtes se limitent aux chasses au trésor organisées par le professeur… Mais cela, elle ne pouvait pas le dire à Mitsuhiko et Genta qui étaient beaucoup plus enthousiastes qu'elle à l'idée d'affronter de vrais criminels…Elle ne pouvait pas le dire à Conan puisque cela revenait à agrandir un peu plus la distance qui l'empêchait d'être vraiment proche de lui… Et elle ne pouvait pas le dire non plus à Ai, puisqu'elle avait peur qu'elle se moque d'elle à cause de sa faiblesse…

Mais est ce qu'elle l'aurait vraiment fait ? Après tout, elle avait eu tellement peur de récolter le mépris de la chimiste qu'elle n'avait pas trouvé le courage de lui demander de l'appeler par son prénom… Haibara l'avait compris, et loin de se moquer d'elle pour ça, elle l'avait autorisé à le faire… Et jusqu'à présent, elle n'avait accordé cette faveur à personne d'autres à part le professeur…

Pourquoi avait-elle fait ça si c'était pour lui voler Conan à la fin ? Pourquoi l'avait-elle aidée à se faire prendre en photographie aux côtés de Conan, dans la position de la reine à côté de son époux, si c'était pour devenir sa reine à sa place ?

Si elle avait fait mine d'être son amie, est ce que c'était pour dissiper sa méfiance et mieux la trahir ensuite ?

Ni le parfum, ni les couleurs des roses ne parvenaient à lui faire oublier sa tristesse… Au contraire, ils semblaient l'accroître…

Toutes ces roses rouges…Ces roses aussi rouges que les cheveux de son amie...d'Ai…Non, d'Haibara… Elles semblaient se moquer d'elle et de sa naïveté…

Ayumi tendit doucement la main vers les fleurs écarlates avant de la retirer quand elle sentit leurs épines la transpercer…

Est-ce que même les roses allaient la trahir maintenant ?

« Tu m'avais pourtant promis que tu ne serait plus jamais triste en venant ici ? »

La petite fille leva un regard attristé vers celui qui partageait son jardin secret.

« J'ai essayé, monsieur…J'ai vraiment essayé…mais c'est trop dur… »

Plusieurs instants s'écoulèrent sans qu'un mot soit prononcé.

« Tu as l'air en effet encore plus triste que la dernière fois… »

Le scientifique se contentait d'énoncer un fait, rien dans le ton de ses paroles ne laissait entendre qu'il lui demandait de lui confier pour qu'il puisse la consoler… Mais rien ne laissait entendre non plus qu'il ne l'écouterait pas si elle le faisait… En fait, il lui donnait l'impression de la comprendre sans qu'elle ait besoin de lui dire ce qu'elle avait sur le cœur…Exactement comme…Ai…

« Ma meilleure amie m'a trahie… c'était mon amie et pourtant…Pourquoi est ce qu'elle as fait ça ? »

« Mais justement parce que c'est ton amie… »

Ayumi leva un regard choqué vers l'inconnu.

« Mais normalement, les amis se font confiance…Elles se disent tout… Elles ne se trahissent pas…Elles restent amies toute leur vie… »

Se penchant vers les roses, le savant en caressant doucement les pétales sans se départir de son air énigmatique.

« Tu sais pourquoi j'aime les roses ? Parce qu'elle ne peuvent pas te trahir… Toi, tu peux le faire, elles non… Ces pauvres fleurs ne désirent rien de plus que de rendre leur propriétaire heureux, parce qu'ainsi elles deviennent heureuses elle-même… Tu sais ce qu'elles veulent lui faire comprendre en s'épanouissant comme elles le font ? Tu sais ce qu'elle te murmure en le faisant ? »

La fillette secoua la tête.

« Cueille moi… C'est ce qu'elles te disent… Elles savent qu'elles vont mourir si tu le fais, mais pourtant elles te demandent de le faire… Pour qu'elles puissent être avec toi en permanence pour te rendre heureuse quand tu les accroches dans ta boutonnière ou que tu les disposes dans un vase à côté de ton lit…Pour qu'elles puissent donner une partie de l'amour que tu leur a confié à celui à qui tu les offres, pour qu'il t'aime en retour, et que tu soit heureuse qu'il t'aime… Tu comprends? Elles t'aiment tellement qu'elles sont prêtes à mourir pour te rendre heureuse… Et elles ne ressentent aucune tristesse en le faisant, parce que, vois-tu, elles ne pensent jamais à elles, mais uniquement à toi… »

Tout en parlant, le scientifique avait cueilli une des roses rouges avant de commencer à en arracher délicatement les épines… Lorsqu'il eût fini de le faire, il glissa doucement la fleur dans les cheveux de la fillette.

« Mais les gens ne sont pas comme les roses… Même s'ils essayent parfois de se persuader du contraire, même s'ils essayent de devenir des roses… Non, malgré tous leurs efforts, ils ne peuvent pas penser uniquement au bonheur de ceux qu'ils aiment, ils doivent aussi penser à leur propre bonheur… et parfois ce bonheur passe par les souffrances des autres… Tu ne peux pas leur demander d'y renoncer, ce serait comme demander à une rose de ne pas fleurir… Tu peux forcer les roses à ne pas fleurir, mais tu ne peux pas le leur faire accepter… Si tu donnes ton affection à quelqu'un, alors tu dois accepter qu'il finira par te trahir un jour ou l'autre, et tu dois aussi accepter qu'un jour ou l'autre, ce sera toi qui finiras par le trahir… »

Ayumi secoua la tête d'un air déterminé.

« Non, moi je ne trahirais personne… Et je sait que papa et maman ne me trahiront jamais…et moi aussi je ne les trahirais jamais.. »

Un sourire mélancolique plissa les lèvres du scientifique.

« Ces roses ne m'ont jamais trahi…mais celles qui les ont planté l'ont fait…Toutes les deux, l'une après l'autre…Enfin, en un sens, c'est moi qui les ai trahi en premier… Non, ma petite, toi aussi tu finiras par trahir quelqu'un, toi aussi tes parents finiront par te trahir…et c'était normal que ton amie finisse par le faire… Parce que la trahison est aussi naturelle à un être humain que l'est à une rose le fait d'avoir des épines… Elles en ont pour se protéger, les gens trahissent pour protéger leur bonheur… Si ton amie t'as trahi, c'est parce qu'elle voulait être heureuse, et lui interdire de le faire, c'est lui interdire de trouver le bonheur… De ce point de vue là, on peut dire que toi aussi tu l'as trahie en t'interposant sans le savoir entre elle et son bonheur… »

« Mais moi, je voulais qu'elle soit heureuse, c'est pour ça que je suit devenu son amie… Alors pourquoi est ce qu'elle m'a rendu triste en échange? Moi je ne l'aurais pas trahi… »

Le scientifique se mit à ébouriffer les cheveux de la fillette.

« Tu es sans doute trop petite pour t'en rendre compte mais on peut trahir les gens sans le savoir, on peux faire souffrir les autres simplement en étant heureux… Parce que lorsque notre bonheur passe par le même chemin qu'eux, et que ce chemin est trop étroit pour qu'on puisse y marcher côte à côte, alors être heureux devant eux signifie qu'on est en train de leur voler leur bonheur… Et de la pire des façons puisqu'on ne peut même pas leur donner des raisons de nous en vouloir pour ça… C'est difficile de pardonner à ceux qui font exprès de vous faire souffrir, c'est encore plus dur de le faire avec ceux qui ne le font pas exprès… Si celle qui t'a trahie était vraiment ton amie, elle voulait te voir heureuse, elle aussi, mais pour cela, il fallait qu'elle soit malheureuse à ta place… Tu comprends ? Non, tu ne peux pas encore comprendre, il faut que tu trahisses quelqu'un pour ça… »

Un soupir franchit les lèvres du chimiste.

« Enfin, ce que tu dois comprendre, c'est que si tu veux avoir des amies, alors tu dois accepter qu'un jour ou l'autre, elles te trahiront… Si c'est trop dur pour toi, si tu ne veux pas être blessé, alors fait comme moi… Contente-toi des roses… Si les roses ne te suffisent pas, pardonne à ton amie…et à toutes les autres personnes qui te trahiront…»

Sur ses paroles énigmatiques, l'inconnu s'éloigna doucement de la petite fille. Ayumi avait été tellement décontenancé par ce qu'il venait de lui dire qu'elle ne se rendit compte de sa disparition que plusieurs minutes plus tard.

-:-

Haibara se mit à sourire quand elle sentit la brise matinale lui caresser les cheveux tandis qu'elle parcourait les allées du parc aux côtés de Conan.

« Est-ce que tu va enfin te décider à me dire quel est cet endroit que tu tiens tant à me montrer ? »

Le sourire de la chimiste prit un pli légèrement moqueur, mais pour autant il n'y avait aucune lueur de mépris pour briller dans ses yeux quand elle se tourna vers son compagnon.

« Pour la majeure partie des gens, ce serait un endroit tout ce qu'il y a de plus banal mais pour moi… En fait, je suis sans doute la seule personne pour qui cet endroit peut être le plus beau qui puisse exister sur terre…Enfin, il l'était la dernière fois que je l'ai vu…Mais c'était il y a si longtemps… »

Une expression mélancolique plissa les traits de la scientifique.

« Je me demande si elles n'ont pas fini par faner…Après tout plus personne ne doit s'en occuper depuis que… »

Le reste des paroles d'Haibara se perdît dans le silence. Un silence qui perdura jusqu'à ce qu'un soupir désabusé franchisse le seuil des lèvres de la chimiste, étirées en un sourire attristé.

« Enfin… Maintenant que tu es avec moi… Peut-être que je pourrais contempler ce jardin sans m'effondrer en voyant que certaines de ses fleurs n'ont pas survécues à celle qui les a plantées… »

Conan sentit l'étreinte de la main d'Haibara autour de la sienne se resserrer doucement tandis qu'elle le guidait dans le parc…avant de se resserrer brusquement de nouveau quand elle s'arrêta soudainement au détour d'une allée.

Se tournant vers ce qui avait été la cause de la stupeur de la chimiste, le détective poussa un soupir en découvrant Ayumi à quelques mètres d'eux.

« Evidemment… Comment pouvait-il en être autrement ? Tôt ou tard, je devrais bien faire face à toutes mes victimes…Toutes… »

La tristesse qui se reflétait dans les yeux d'Haibara contrastait avec son sourire narquois.

« C'est ironique, non ? Ce jour là, je t'avais dit que si tu lui brisais le cœur, je ne te le pardonnerais jamais… Et il a fallu que ce soit moi… Enfin, il fallait bien que je le fasse, non ? Il fallait que je choisisse entre demeurer en enfance pour rester l'amie d'une petite fille et redevenir adulte pour devenir l'épouse d'un détective idiot… Et j'ai fais mon choix, je ne veux pas laisser le moindre regret derrière moi… Quitte à ce qu'Haibara disparaisse, autant qu'il n'y ait plus personne pour l'attendre en vain…et quitte à ce que Conan disparaisse, autant que la petite fille qui est tombé amoureuse de lui n'ait plus aucune raison de l'attendre en vain, lui aussi… »

Relâchant brusquement la main de Shinichi, Haibara s'avança doucement en direction d'Ayumi.

« Qu'est ce que tu vas faire ? »

« Achever de la trahir jusqu'au bout… Ne t'inquiète pas pour moi, va… Je suis une spécialiste en la matière… Enfin, peut-être pas tant que ça… Après tout, il y avait encore des regrets dans le cœur d'Akemi quand je l'ai quitté… Je ne referais pas deux fois la même erreur, Kudo… Je ne veux pas qu'elle subisse le même sort qu'elle en essayant de retrouver celle qu'elle a perdue… »

Le détective posa doucement la main sur l'épaule de la chimiste.

« Ai… Tu n'es pas obligé d'aller aussi loin… »

« Si… Et tu ferais bien de te préparer, Kudo… Parce qu'il se pourrait bien qu'un jour, tu doives te résoudre à en faire de même avec Ran… Et je ne pourrais pas t'y aider… Elle ressemble encore plus à Akemi, quand je l'ai quitté, qu'Ayumi… Alors...ne m'aide pas… »

S'écartant du détective attristé, Haibara franchit avec une expression déterminée les derniers mètres la séparant de la fillette… Mais sa résolution fondit comme neige au soleil quand celle qu'elle s'apprêtait à trahir de la pire des façons se tourna vers elle…avec les traits de celle qu'elle avait déjà trahi lorsqu'elle avait son âge…

Oui, les dernières traces de la drogue dans son organisme avaient pris un malin plaisir à gommer en un instant toutes les différences infimes entre les deux fillettes qu'elle portait dans son cœur… Et la présence en arrière-plan des deux bosquets de roses qu'elle avait planté avec sa sœur plusieurs années plus tôt, lors d'une de leurs retrouvailles, n'arrangeait pas les choses…

Ayumi fixa d'un regard attristé et lourd de reproches celle qui s'était avancé vers elle. Mais pour autant, il n'y eût pas la moindre trace d'accusation dans le ton de sa voix quand elle adressa la parole à son ancienne amie.

« Qu'est ce que tu veux…Haibara ? »

La chimiste tressaillit légèrement sans se départir de son expression impassible.

Un silence pesant tomba sur le jardin de roses planté par deux petites filles qui avaient juré de rester ensemble toute leur vie pour le regarder grandir avec elles, un silence qui perdura plusieurs minutes avant qu'Haibara ne l'interrompe d'une façon totalement inattendue, aussi bien pour elle que pour Ayumi.

Avant d'avaler son propre poison, elle ne s'était jamais mise à genoux devant qui que ce soit… Qu'il s'agisse de Gin, de Vermouth ou du fondateur de l'organisation… Au cours de sa vie, elle ne le fit que devant deux personnes… Le détective qui n'avait pas pu sauver sa sœur…et cette petite fille qui lui ressemblait tellement…et dont elle agrippa doucement la veste en sanglotant tandis qu'elle s'était effondré devant elle…

« Pardon… »

Le seul mot qui franchit ses lèvres tremblotantes s'adressait aussi bien à la sœur qu'elle avait trahie qu'à la petite fille à qui elle avait fait subir le même sort, mais cela Ayumi ne pouvait pas le savoir…

Contrairement à Conan, elle n'avait jamais vu son amie pleurer devant elle…Enfin si, une seule fois, devant le commissaire Maigret… Mais à présent, elle s'en rendait bien compte, les larmes qu'elle avait versées ce jour là n'avaient pas été sincères, contrairement à celles qui imprégnaient sa robe noire tandis que la chimiste la serrait contre elle.

Elle avait déjà vu Haibara ressentir de la peine, de la tristesse ou même de la peur, mais elle ne l'avait jamais vu pleurer pour ça… Et elle n'aurait jamais cru la voir le faire…pour elle…

En fait, pour la première fois depuis qu'elle la connaissait, elle sentait que la distance qui s'interposait entre elles, et qui se réduisait parfois sans pour autant disparaître, venait de s'évanouir complètement…

Le tremblement d'Haibara s'accrût quand elle sentit les mains de son amie se refermer doucement autour de son dos tandis qu'elle l'étreignait.

« Arrête de pleurer, on est amies, non…Ai ? »

Loin de s'arrêter de s'écouler, le flot de larmes de la chimiste s'accrût, mais ce qui s y reflétait, ce n'était plus du désespoir mais de la joie… La joie d'avoir été pardonné, aussi bien par sa petite sœur que par sa grande… Mais cela Ayumi ne pouvait pas le savoir, aussi renforça-t-elle doucement son étreinte en caressant les cheveux de son amie.

-:-

Conan se mit à avoir un sourire attendri en regardant la scène qui se déroulait à une vingtaine de mètres de lui… Un sourire qui s'évanouit aussitôt qu'il sentit une main se poser sur son épaule et qu'il se retourna pour faire face à…Genta et Mitsuhiko… Un Mitsuhiko qui lui adressait un regard plus noir que jamais derrière une paire de lunettes identique à la sienne… Une paire de lunettes dont la fonction radar avait été activée.

« Le professeur a été très gentil… Il a accepté tout de suite de me prêter ta paire de lunettes de rechange… »

Le regard du détective oscilla entre le badge qu'il portait épinglé à sa veste et celui qui lui adressait un sourire digne de Gin tandis que son compagnon faisait doucement craquer les jointures de ses doigts, avec une expression qui aurait été tout à fait à sa place sur le visage de Vodka.

-:-

« Tu lui ressemble tellement… »

Ayumi baissa un regard intrigué vers celle qui était en train de se dégager doucement de son étreinte tout en essuyant ses larmes.

« A qui est ce que je ressemble ? »

Haibara renifla doucement.

« A ma grande sœur… »

La fillette écarquilla les yeux.

« Tu ne m'as jamais dit que tu avais une soeur… »

« Parce que je n'en ait plus… Je l'ai perdue…Comme…comme maman…et papa… »

Les paroles de la chimiste firent tressaillir la fillette tandis qu'elle porta ses mains à sa bouche.

« Oh…je suis…désolé…C'est si triste pour toi…Si triste que… »

Haibara secoua doucement la tête avec un sourire mélancolique.

« Ne soit pas triste, Ayumi… Moi, je ne le suis plus…Parce que je l'ai enfin retrouvé…grâce à toi…et un imbécile de détective… »

Ayumi demeura interloquée, autant par les paroles de la chimiste que par son air radieux quand elle les avait prononcées.

Sa sœur n'était pas morte ? Elle avait été kidnappée et Conan l'avait retrouvé ? Non, elle n'aurait pas eu l'air si triste quand elle lui avait dit qu'elle l'avait perdue si les choses s'étaient passées comme ça, alors qu'est ce qu'elle voulait dire ? Qu'elle avait remplacé sa grande sœur pour elle ? Non, ça ne devait pas être ça… Si elle perdait sa maman, Ayumi savait que personne ne pourrait vraiment la remplacer, même si elle était aussi gentille qu'elle et qu'elle lui ressemblait comme à une sœur jumelle… Et puis, si quelqu'un avait pu être la grande sœur de l'autre, cela aurait du être Ai alors qu'est ce qu'elle voulait dire ?

La chimiste de son côté, contempla les deux bosquets de roses… Avec le temps, ils avaient fini par s'entrelacer au lieu de pousser côte à côte, comme elle et sa soeur l'avaient voulu…Au point qu'à présent, le bosquet de roses blanches donnait l'impression de soutenir celui de roses rouges pour ne pas qu'il s'effondre…

L'ironie de la situation fit doucement sourire Haibara…avant que la drogue ne lui fasse cadeau d'une dernière hallucination…Une hallucination qui ne dura qu'un instant… Un court instant où, en lieu et place des bosquets de roses, elle avait contemplé sa grande sœur en train de l'étreindre, elle…

La douce voix d'Ayumi tira la chimiste de la rêverie où l'avait plongé la vision.

« Dis…Est-ce que tu voudras bien être ma grande sœur ? »

Pas une seule parole ne franchit le seuil de lèvres de la chimiste tandis qu'elle se mit à sourire de nouveau… Mais la façon dont elle étreignit de nouveau Ayumi, de la même façon que l'avait fait Akemi avec elle dans sa vision, répondit amplement à la question de la petite fille.

Leur étreinte se prolongea plusieurs minutes avant qu'elles ne se détachent l'une de l'autre…Pour écarquiller légèrement les yeux en voyant Conan se diriger vers elles d'un pas chancelant. Le garçon portait plusieurs bleus au visage, et à en juger par les traces de terre qui maculait ses vêtements déchirés, on pouvait aisément deviner que son adversaire ne les lui avait pas infligés sans qu'il se défende.

« Qu'est ce qui s'est passé ? »

Le détective soupira avec un air blasé.

« Une erreur d'estimation… Je n'avais qu'un seul projectile dans ma montre hypodermique, et contrairement à ce qu'on pourrait croire, Mitsuhiko est beaucoup plus dangereux que Genta…dans certaines circonstances… »

Ai laissa osciller son regard entre Conan et son camarade qui était étendu à terre, quelques mètres plus loin, aux côtés de son ami inconscient.

« Oh, ne t'inquiète pas pour lui…ni pour nous… Il est plus solide qu'il n'en a l'air… Et puis, je pense que tout est réglé entre nous et qu'il ne m'en veut plus…Plus trop… »

Un sourire mi-attendrie, mi-sarcastique plissa les lèvres de la chimiste.

« Décidément, les hommes ont une bien curieuse façon de régler leur différents et de se pardonner leurs fautes…Enfin… »

Conan eût une grimace de douleur quand Haibara se mit à l'étreindre doucement pour l'empêcher de s'effondrer.

Ayumi, de son côté, détourna pudiquement les yeux en soupirant tandis que le détective refermait ses bras autour de ceux de la scientifique. Elle avait bien compris à l'expression de leur regard qu'elle n'avait aucune chance de pouvoir s'interposer entre ces deux là… C'était sans doute logique, ils n'appartenaient pas au même monde qu'elle… Mais elle espérait malgré tout, qu'ils ne les abandonneraient pas complètement quand ils finiraient par y retourner… Elle avait beau sentir que cela arriverait très bientôt, elle aurait été bien en peine d'en expliquer la raison si on la lui avait demandé.

-:-

Au sommet d'une des collines du parc, une femme réajusta une mèche de ses longs cheveux écarlates en regardant à l'aide d'une paire de jumelles de théâtre les deux enfants qui s'étreignaient.

« A ce que je vois, tu as fini par comprendre ce que je te disait, petit détective…. »

« Tu les avait déjà rencontrés ? »

La mystérieuse anglaise n'avait rien perdu de son air attendri tandis qu'elle se tourna vers son interlocuteur.

« Oui… Leur amie m'avait même donné un de leur tract pour cette pièce de théâtre… Mais j'ai préféré y assister du fond de la salle… Elle n'est sans doute pas encore prête à me revoir…Enfin… »

Repliant ses jumelles, elle les rangea dans la poche de sa veste écarlate avant d'étreindre doucement celui qui la fixait d'un air légèrement intrigué.

« Quand je les vois, je me dit qu'il serait temps que tu te trouve ton Irène Adler…et que tu me donne un petit Mycroft… »

Les traits du détective se plissèrent dans une expression affligée, autant devant la suggestion de sa mère que devant le sourire narquois que sa gêne avait fait naître chez le lycéen qui les observait.

« Enfin, si tu estime que tu n'es pas encore prêt, ce n'est pas bien grave… Je patienterais en t'offrant un demi-frère…Pour ma part, j'ai déjà le candidat idéal pour lui servir de père… »

Kaito s'avéra incapable de garder sa face de poker bien longtemps quand l'anglaise se mit à l'étreindre à son tour avec un sourire gourmand tout en lui murmurant ses paroles.

« Just kidding… Quoique… »

La déconfiture de son Arsène Lupin face à son Irène Adler arracha au détective métis un sourire qui n'avait rien à envier à celui qu'avait eu son ami l'instant d'avant.

« Allez, Saguru, il est temps de rentrer… C'est bientôt l'heure du thé, et je ne voudrais pas qu'Helen et Toichi nous attende trop longtemps… D'ailleurs, ce ne serait pas une mauvaise idée que tu viennes avec nous, Kaito… Je suis sûre que ton père sera heureux de te revoir… »

Même s'il acquiesça en souriant à la proposition de la mère de son meilleure ennemie, une lueur de tristesse illumina le regard de Kaito lorsqu'elle se retourna en s'éloignant.

Quelquefois, il en venait presque à regretter d'être le fils du magicien au lieu d'un simple spectateur…Pour la simple et bonne raison que si ça avait été le cas, il aurait pu croire en la magie de manière aussi naïve que l'anglaise… Croire que ce serait bien avec son père et pas avec un fantôme qu'il partagerait une tasse de thé…

Mais il finit par balayer ses regrets derrière un sourire narquois. Après tout, le magicien devait être capable de croire lui-même à la magie s'il voulait persuader ses spectateurs de son existence…Oui, il se sentait d'humeur à y croire lui aussi, l'espace de quelques heures…

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Tout en caressant doucement les cheveux de celle qu'il serrait contre lui, Shinichi se mit à observer d'un air pensif le bosquet de roses rouges qui lui faisait face.

« Tu sais, Ai… Ca m'a pris du temps… Beaucoup de temps, mais j'ai enfin réussi à cueillir cette roses sans me blesser à ses épines… »

La chimiste demeura silencieuse quelques instants avant d'adresser au détective un sourire aussi narquois qu'attendrie.

« Mais ses épines, tu ne les lui as pas arraché pour autant, tu sait… Alors ne la serre pas trop fort si tu ne veux pas qu'elles te transpercent… »

« Je ne sait pas si je résisterais à la tentation…Après tout, même si je m'y suis égratigné à plusieurs reprises, je ne regrette pas de l'avoir cueilli… »

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FIN

Les derniers mots de l'auteur : Eh oui, cette histoire est terminé… Bon, mais avant de me secouer comme un prunier en hurlant à la mort que je ne peux pas m'arrêter là alors qu'il reste tellement de question en suspens, laissez moi m'expliquer…

Je voulais écrire une romance Conan/Ai… De ce point de vue là, c'est réussi, ils se sont avoués leur sentiments l'un à l'autre, Shinichi a fait son choix, et leur relation peut s'épanouir maintenant qu'elle est établie sur des bases à peu près solides…

Donc autant que la romance s'achève ici… Surtout que ce passage de l'histoire est parfait pour servir de dénouement à la fic.

Mais rassurez-vous, une suite est d'ors et déjà prévu, qui mettra en scène la fin de l'organisation et apportera les dernières réponses à vos questions…

La romance Conan/Ai y passera à l'arrière plan (Mais ne disparaîtra pas, fort heureusement…) et le détective et la chimiste ne seront plus les personnages principaux de l'histoire…

Cela commençait déjà à être le cas dans les derniers chapitres de celle-ci, d'où ma décision de la couper en deux…

Donc rassurez-vous, la suite arrivera bientôt, avec la romance Gin/Ran, d'autres révélations sur l'organisation et en cadeau bonus, des informations inédites sur le Kid, Hakuba et leurs parents respectifs… Parce que oui, dans la fic qui fera suite à celle-ci, le détective métis et son Arsène Lupin n'auront plus le statut de guest star mais de personnages à part entière…

Voilà, voilà…En espérant que cette romance entre le petit Sherlock Holmes et son Irène Adler aura été touchante, émouvante et attendrissante malgré la noirceur de cette histoire…Qui s'achève quand même sur une note d'optimisme et d'espérance, il faut bien l'avouer…

Sinon…Eh bien, je remercie ceux sans qui elle n'aurait jamais vu le jour, à commencer par les écrivains de fics qui m'ont le plus influencé avec certaine de leurs histoires. A savoir…

Kaitou magician et ses drabbles Conan/Ai

SN1987A et sa magnifique fic, Galatea

First Silvera, pour Sarcasm et Encounter in Venice…

Seraphim wings, pour Stars et Give me a reason to smile again

Et tout les autres que j'oublie de citer mais qui ne m'ont pas moins influencé pour autant…

Oh et bien sûr, je remercie avant tout les lecteurs qui auront eu le courage de lire ce pavé jusqu'au bout…

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