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Anime/Manga » Detective Conan/Case Closed » Galatée
Claude le noctambule
Author of 51 Stories
Rated: T - French - Drama/Romance - Ai Haibara & M. Sera - Published: 04-17-06 - id:2897724

L'univers de détective Conan appartient à son créateur, Gosho Aoyama. Cette fanfictions appartient à sa créatrice, SN 1987A qui a eu la gentillesse de m'autoriser à la traduire. Je n'en suis que le traducteur et rien de plus. Si vous voulez lire la version originale dans le texte, cliquez sur mon profil, vous la trouverez dans la liste de mes fics préférées.

Chapitre 2 : Un pont

Trois jours s'étaient écoulés depuis la création de la poudre verte.

Pour être sûr qu'aucun imbécile ne mettrait la main par accident sur la gélule la contenant, Haibara s'était enfermé dans son laboratoire pour y travailler sans interruptions, déléguant à Conan son rôle de grade malade du professeur. Ce n'était pas seulement la possibilité qu'un idiot s'empare de la gélule en son absence qui inquiétait Haibara. Il y avait également le fait inquiétant qu'à chaque fois qu'elle franchisait la porte de son laboratoire pour se remettre à ses recherches en rentrant de l'école, elle était obligé de constater que la quantité de poudre verte s'était amenuisé pendant son absence. Elle en avait conclu que la poudre était en train de se sublimer.

La perspective que quelqu'un pouvait subir le même sort que ses rats en inhalant, sans s'en rendre compte, le gaz produit par la dissolution progressive du produit dans l'air ne cessait de l'effrayer. Et ses craintes devenaient particulièrement intenses quand elle songeait que cela pouvait arriver au professeur Agasa qui était déjà suffisamment affaibli par la grippe qu'il couvait depuis plusieurs jours. Mais dans la mesure ou il n'avait pas pu quitter son lit depuis qu'il avait contracté la maladie, cela avait peu de chances d'arriver…

Haibara poussa un soupir de soulagement en s'emparant du tube à essai contenant ce qu'elle espérait être un antidote définitif à l'apotoxine. Elle y était enfin arrivée. Mais elle ne devait pas crier victoire trop vite, elle devait encore mener quelques tests sur des rats de laboratoire pour s'assurer de l'efficacité de la poudre bleuâtre qu'elle tenait entre ses mains.

Après avoir fait absorber une légère dose du nouvel antidote à deux rats qui avaient survécus à l'apotoxine, y perdant quelques années de leur vie au passage, Haibara décida de retourner dans sa chambre pour y trouver le repos dont elle avait désespérément besoin. Elle se sentait comme un voyageur qui s'était égaré dans une gigantesque forêt et qui, après y avoir marché jour et nuit pendant une éternité, en était enfin ressorti pour se retrouver face à un hôtel. Tout en baillant à s'en décrocher la mâchoire, elle commença à gravir les marches qui partaient du sous-sol de la maison pour aboutir aux étages supérieures.

Au sommet de l'escalier, elle rencontra Conan, qui se mit à la regarder sans bouger de la position où il était tranquillement installé, les mains dans les poches.

Elle lui rendit son regard en poussant un autre bâillement.

« Kudo… »

« Tu as une vraie mine de déterrée… »murmura Conan à Haibara en la suivant du regard tandis qu'elle passait devant lui.

« Merci du compliment… »marmonna-t-elle en se dirigeant vers sa chambre. Elle se moquait éperdument de tout ce dont il aurait pu avoir envie de parler avec elle. La seule chose qui l'intéressait pour le moment était de pouvoir dormir en paix.

« Alors, où en sont tes recherches ? »lui demanda Conan.

Haibara se retint de pousser un soupir de désespoir tandis qu'elle posait la main sur la poignée de la porte de sa chambre. La dernière chose au monde qu'elle aurait voulu était bien que quelqu'un l'interroge sur le stade où en étaient ses recherches, particulièrement si ce quelqu'un était Conan Edogawa. Il était donc logique que ce soit la première chose qu'il lui demande quand il était seul à seul avec elle.

Elle n'avait pourtant pas le choix. Même si elle demeurait silencieuse face à ce sujet, comme elle l'avait fait pour la poudre verte qu'elle avait conçue, Conan avait du deviner qu'elle n'était pas loin de trouver l'antidote dès le moment où elle s'était enfermé dans son laboratoire pour y travailler jour et nuit. Tenant compte de ce fait, elle avait déjà décidé d'informer Conan, aussi bien que le professeur, que ses recherches étaient sur le point d'aboutir. Mais à présent…

Se frottant les yeux d'une main tout en ouvrant la porte de sa chambre de l'autre, Haibara se décida enfin à daigner lui répondre.

« Cela prendra encore un certains temps avant d'être concrétisé, et même si c'était déjà le cas, je ne suit même pas sûr que cela puisse fonctionner. Il y a une différence de taille entre la théorie et la pratique, donc ne te fait pas de faux espoirs pour le moment. Maintenant, si tu veux bien m'excuser, j'ai besoin de dormir… »

« Haibara. »s'exclama Conan.

Il y avait quelque chose d'inhabituel dans la façon dont il avait prononcé son nom. Il ne serait pas pris autrement pour le faire s'il était sur le point de lui annoncer sa condamnation à mort. La chimiste à la chevelure auburn s'interrompit au moment où elle allait fermer sa porte au nez de celui qui s'était adressé à elle et se mit à le dévisager. Même si elle voulait plus que tout au monde s'effondrer dans son lit et s'enfoncer doucement dans un sommeil réparateur, elle était encore en état de se rendre compte que l'antidote n'était pas la seule chose dont Conan voulait s'entretenir avec elle.

« Tu m'as laissé entendre que tu connaissait l'identité du chef de l'organisation, n'est ce pas ? » lui demanda Conan en évitant son regard.

Haibara demeura muette tandis que l'étreinte de sa main sur la poignée de sa porte commençait à se resserrer. Elle finit cependant par consentir à lui répondre.

« Oui, mais je t'ai aussi conseillé d'abandonner. Et par-dessus tout, je t'ai prévenu que cette adresse Email était… »

« …était une boite de Pandore, je sait. Mais est ce que tu pourrais au moins me révéler son identité ? De cette manière, je n'aurais même pas à utiliser cette adresse pour envoyer la totalité des membres de l'organisation derrière les barreaux. »

« Non. Tu en sait déjà suffisamment sur l'organisation pour qu'ils veuillent te faire disparaître de la surface de la terre. Tu n'as pas besoin d'en savoir plus. »lui répliqua Haibara en soulignant ses paroles d'un regard menaçant.

« Même si c'est le cas… »

La chimiste épuisée referma sa porte sans l'écouter et s'effondra sur son lit.

« Euh…Pour ce qui est de l'antidote… »

Quand Conan s'adressa de nouveau à elle tandis qu'elle était allongée, elle ne prit pas la peine de dissimuler son énervement plus longtemps et lui signala par un grognement agressif.

« Haibara, écoute moi. Sonoko est en train d'essayer de convaincre Ran de sortir avec quelqu'un de plus accessible que moi et je dois tout faire pour l'empêcher de réussir. Je t'en supplie, Haibara, si tu n'es pas encore arrivé à créer un antidote qui soit permanent, est-ce que tu pourrais au moins me donner une pilule de l'autre, même s'il est seulement temporaire ? Il a déjà fonctionné une fois même si ca n'a duré que quelques jours… »

« Les hommes… » songea Haibara en enterrant sa tête sous on oreiller pour ne plus avoir à entendre les supplications du détective. « Dès que ca concerne la femme qu'ils aiment, ils sont incapable de faire preuve d'un tant soit peu d'intelligence… »

Etait-il donc incapable de se rappeler de la raison pour laquelle elle avait refusé de lui laisser prendre une seconde dose d'antidote temporaire ?

« Essaye de t'en rappeler… » pensa Haibara sans le lui dire directement tandis que les supplications reprenait de plus belle.

« Si tu l'aimes vraiment, tu doit avoir confiance en elle. Si elle t'aimes vraiment, elle ne va pas te larguer juste parce que…Tu as disparu si longtemps. »lui hurla-t-elle tout en agrippant son oreiller de toutes ses forces.

Le silence se fit enfin de l'autre côté de la porte et Haibara ouvrit les yeux, regardant sa chambre à travers l'interstice qui s'étendait entre son lit et son oreiller. Elle n'était pas sûre que Conan ait entendu la fin de sa phrase puisque sa voix s'était réduite à un murmure presque inaudible quand elle l'avait prononcé.

Elle était coupable d'avoir crée l'APTX 4869 et si les deux tourtereaux se retrouvait séparés, c'était entièrement par sa faute. Si une partie d'elle-même était fière de la remarque qu'elle venait de faire à Conan, l'autre regrettait amèrement de lui avoir dit cela.

Si Ran n'était qu'une fille séduisante dont Conan serait tombé amoureux, elle aurait abandonné ses recherches depuis longtemps et lui aurait dit de renoncer à elle. Mais non, elle ne pouvait pas faire ca. Depuis qu'elle l'avait sauvé des griffes de Vermouth, Haibara en était venu à voir Ran comme une autre grande sœur. Elle ne voulait pas la voir souffrir, bien au contraire, elle voulait qu'elle soit heureuse et elle voulait qu'il le soit, lui aussi.

Serrant ses couvertures contre elle, Haibara extirpa sa tête de dessous l'oreiller, la laissa retomber dessus, et ferma les yeux, essayant de s'endormir.

Mais elle ne pouvait éloigner ses pensées de la poudre verte qu'elle avait conçue. A cet instant, cela lui paraissait une bonne idée d'avaler la capsule la contenant et laisser tous ses proches croire qu'elle avait simplement succombé à une maladie. De cette façon, même Conan n'aurait aucune chance de savoir qu'elle avait mis fin à ses jours.

Il lui avait dit qu'il la protégerait. Il lui avait dit qu'elle ne devait pas fuir son propre destin. Il l'avait empêché, au moins une fois, de se suicider et il n'hésiterait sans doute pas à le faire encore si besoin était. Pourquoi avait-il fait tout cela pour celle à cause de qui il souffrait autant ? Haibara savait que ce n'était pas uniquement parce qu'elle en savait plus que lui sur l'organisation qu'il l'avait fait. Utiliser les gens à votre avantage quand ils vous étaient utile avant de les abandonner sans remords à leur sort quand il ne l'était plus était une chose dont Conan était incapable.

Un sourire triste apparut sur le visage d'Haibara. Conan lui avait déjà posé la même question auparavant, lui demandant pourquoi elle lui avait donné directement l'antidote au lieu de s'en servir elle-même, lui demandant la raison pour laquelle elle privilégiait ses intérêts au dépens des siens. Elle lui avait répondu qu'elle n'utiliserait l'antidote que lorsqu'elle serait certaine qu'il était efficace et que son absorption entraînait un minimum de risques. Etait-ce la véritable raison ?

Haibara se rappela une légende chinoise. La déesse Véga tomba amoureuse d'un mortel nommé Altair, ils furent heureux ensemble jusqu'à ce que le père de Véga apprenne leur mariage. Furieux, il ramena Véga dans les cieux et sépara les cieux d'avec la terre en créant la voie lactée. Les deux amants n'avaient le droit d'être ensemble qu'une seule fois par an, le 7 juillet, puisque ce jour là, un pont apparaissait au dessus de la voie lactée. Mais ils ne pouvaient être ensemble sur ce pont qu'une seule journée. Le reste de l'année, le pont disparaissait et chacun d'eux ne pouvait rien faire, à part contempler l'autre de loin. Ca n'était bien sûr rien d'autres qu'une légende romantique, crée autour de ses deux étoiles séparées par la voie lactée.

Elle n'avait pas peur de mourir en absorbant son antidote, elle n'avait pas non plus peur de mourir des mains de Gin ou de n'importe quel autres membres de l'organisation, tant qu'il n'arriverait rien à ceux qui lui étaient cher. Elle n'avait tout simplement pas envie de redevenir adulte. La seule manière dont elle pouvait empêcher Ran et Shinichi d'être ensemble était de s'arranger pour qu'il reste un enfant. Mais si l'antidote qu'elle avait conçu fonctionnait…

Non pas qu'elle prévoyait de confesser quoi que ce soit à qui que ce soit. Cela ne lui apporterait rien d'autres que des souffrances…

S'il n'y avait pas eu un pont au dessus de la voie lactée sur lequel ils pouvaient se rencontrer une fois par an, Véga et Altair auraient certes continué de souffrir mais au fur et à mesure que le temps aurait passé, cette souffrance aurait fini par s'apaiser et par disparaître. Ne disait-on pas « Loin des yeux, loin du cœur. » ? Dans ses conditions ils auraient fini par faire face à la cruelle réalité et ne serait pas demeurés éternellement l'un en face de l'autres, à attendre une rencontre qui ne durait jamais qu'un très court moment. Ils se seraient probablement mutuellement oubliés et auraient continué de vivre leur vie sans que l'un d'eux songe encore à l'autre.

Ils n'auraient eu aucun moyen de traverser la voie lactée, ils n'auraient jamais cru qu'ils puissent seulement leur être possible de la traverser.

.Elle allait fabriquer cet antidote et s'assurer de son efficacité. Une fois qu'elle aurait fait cela, l'organisation s'effondrerait une bonne fois pour toute et elle ne doutait pas qu'elle sera elle aussi entraînée dans sa chute. Conan ne ferait rien pour l'arrêter, il n'aurait de toutes façons aucune possibilité de le faire.

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