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Anime/Manga » Saint Seiya » L'enfant de l'interdit
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Author of 39 Stories
Rated: T - French - Romance/Drama - Reviews: 28 - Updated: 11-10-09 - Published: 04-30-06 - id:2914572

Chapitre XV/

Je fais ici un changement que j'aurais dû faire avant : il était temps que Gaelle et Camus se tutoient ! Désolée de mettre autant de temps à updater mais je suis toujours aussi occupée. A bientôt !

Une solution assez simple quoi que très dangereuse s'était présentée à l'esprit de Camus. Mais ce qu'il venait d'apprendre était quand même un lourd fardeau à porter seul. Il pensa plusieurs fois se confier à Milo mais il y renonça : c'était vraiment trop grave et si grande que fût sa confiance en lui, moins il y aurait de personnes au courant et mieux cela vaudrait.

En qui concernait ses sentiments vis-à-vis de l'enfant à naître, ils étaient assez flous. C'était comme s'il ne réalisait pas, ne comprenait pas tout ce que cela impliquait. Il voulait sauver Gaëlle parce qu'il l'aimait et qu'elle risquait la mort. Pour cela, il était prêt à enfreindre les lois du sanctuaire parce qu'il était convaincu de faire quelque chose de juste. Elle ne méritait pas de mourir juste pour l'avoir aimé et il était aussi responsable qu'elle. Quant à cet enfant, envers qui il ne parvenait pas encore à ressentir le moindre sentiment paternel-il était si jeune encore !- il envisageait déjà de le faire adopter après sa naissance. C'était la seule et la meilleure solution.

Il avait fini par penser que la meilleure solution serait de faire croire à la mort de Gaelle. C'était le seul moyen pour elle de se libérer de sa vie de chevalier sans que personne n'apprenne jamais sa grossesse. Elle pourrait aller s'établir à Rodorio non loin de lui et vivre une vie de femme normale. Ce serait sûrement difficile car il lui faudrait trouver du travail et lui ne pourrait pas être là souvent. Ils s'arrangeraient pour déposer l'enfant dans un bon orphelinat, où il serait bien soigné et aurait la chance de pouvoir un jour retrouver une famille.

Restait à trouver le moyen de le faire passer pour morte…Si seulement on pouvait encore les envoyer en mission tous les deux, Camus pourrait facilement feindre de revenir seul en prétextant une bataille qui aurait conduit à la mort de sa partenaire. Malheureusement, le Pope ne semblait pas avoir ce genre de projets.

Ce fut un coup du sort qui mit fin à ce début de projet. Trois semaines s'étaient écoulées et Gaëlle vivait un début de grossesse difficile. Les nausées étaient quasi-quotidiennes, elle ne supportait plus certaines odeurs de nourriture et les entraînements étaient devenus délicats à négocier. Elle craignait en effet un mauvais coup qui lui fasse faire une fausse couche et révèle son état à tout le quartier des femmes. Pour ne rien arranger, elle se sentait que quelque chose avait changé dans sa cosmo-énergie. Elle ne la contrôlait plus comme avant, elle était fluctuante comme si elle était revenue aux premiers temps de son entraînement. Pour elle, il n'y avait aucun doute que c'était à cause du bébé. Elle n'avait aucun moyen de savoir exactement ce qui se passait mais si l'enfant possédait lui aussi une cosmo-énergie, il était possible qu'elle trouble la sienne.

Malheureusement, Meg, la chef du quartier des femmes, commença à se douter de quelque chose parce que le comportement de Gaëlle avait vraiment trop changé. Comme elle ne l'avait jamais aimée et ne lui avait pas pardonné ce qui s'était passé au sujet d'Athéna, elle aurait été ravie de trouver une occasion de lui causer des problèmes.

Elle se mit à observer attentivement la jeune fille et ne tarda pas à remarquer que, non seulement elle semblait en petite forme mais que cela arrivait surtout le matin. Et bien sûr, elle percevait sans peine les troubles dans sa cosmo-énergie. L'idée d'une grossesse ne tarda pas à lui venir à l'esprit mais elle ne pouvait pas accuser sans preuve. Elle essaya d'abord de faire parler Sayuri en usant de toutes sortes de menaces mais la Japonaise, bonne comédienne, se mit à lui rire au nez en disant qu'elle était folle d'imaginer des choses pareilles. Faute de pouvoir avoir la vérité de façon plus subtile, Mégara prit une décision plus radicale.

Gaëlle fut convoquée dans le petit temple qui servait aux conseils concernant les femmes-chevaliers. Toutes ses congénères l'attendaient dans une ambiance qui lui évoqua désagréablement un tribunal. Elle ne se doutait absolument pas que des soupçons pesaient sur elle donc ce fut un terrible choc pour elle lorsque Mégara lui dit d'une voix autoritaire qu'elle allait passer dans la pièce d'à côté pour se faire examiner afin que l'on soit sûr qu'elle était toujours vierge.

Gaëlle, blême, garda la tête bien droite et demanda :

- Je peux savoir la raison de cet examen ? Qu'est-ce qui vous permet de soupçonner que j'ai pu trahir le serment des femmes-chevaliers ?

- Tu présentes tous les signes d'un début de grossesse, je suppose que je n'ai pas besoin de les énumérer, répondit Mégara dont l'air sadique se devinait sous son masque. Si tu n'as rien fait, dans ce cas l'incident sera clos. Mais nous devons en avoir le cœur net et je te préviens que si tu as fauté, le Pope sera mis au courant et tu le paieras cher. Nous venons tout juste d'être admises au rang des chevaliers alors ce n'est pas le moment de laisser l'une d'entre nous déshonorer notre ordre en se comportant comme une catin ! Quant à l'homme, nous saurons te faire avouer son nom et il paiera également qu'il soit simple mortel ou chevalier !

Là, vous risquez d'avoir du mal ! pensa Gaëlle qui se crut définitivement perdue.

Pourquoi Camus l'avait-il empêché de se suicider ? Tout aurait été réglé et elle n'aurait pas à subir cette abominable humiliation. Refuser de se soumettre à l'examen, c'était avouer. Y aller ne repoussait que de quelques minutes le moment où sa faute serait découverte.

Prise au piège, elle resta pétrifiée sur place, ne sachant que faire. Si bien que deux autres femmes l'empoignèrent chacune par un bras et l'entraînèrent dans la pièce. Là, deux examinatrices l'attendaient. Maintenues par ses gardiennes, sous l'œil narquois de Mégara, Gaelle fut palpée sur le ventre. Ce simple attouchement fut assez pour la révulser mais lorsqu'elle entendit l'une des deux dire que pour en avoir le cœur net, il fallait vérifier si elle était toujours vierge, elle ne put en supporter davantage.

Faisant appel à ses pouvoirs, elle se libéra de leur emprise. Elle mit à toute sa force à percer un trou dans le mur de pierre, de façon à pouvoir s'échapper sans avoir à revenir par où elle était passée. Elle bondit hors de l'ouverture et courut de toute la vitesse que lui permettait son cosmos. Évidemment, elle fut poursuivie.

Elle était complètement paniquée et n'avait pas la moindre idée de plan pour s'en sortir. Elle savait seulement qu'elle ne devait pas cesser de courir, sinon elle était perdue. Sa fuite était un aveu, rien à présent ne pourrait convaincre les autres chevalières qu'elle était innocente et bientôt, tout le Sanctuaire serait au courant. Sa seule consolation était qu'on ne saurait jamais que Camus était mêlé à cette histoire. Peut-être qu'une fois débarrassé d'elle, il se sentirait soulagé.

Elle courait toujours mais les autres la rattrapaient et tentaient de l'attaquer. Vive comme un oiseau, elle esquivait tout mais elle ne pourrait pas tenir éternellement d'autant plus que ses pouvoirs étaient toujours perturbés par sa grossesse.

Elle voulut s'enfuir du Sanctuaire. Sur les marches qui descendaient interminablement vers Athènes, Mégara la rattrapa et lui lança sa plus mortelle attaque. Dans un moment de découragement profond, d'abandon, Gaëlle ne fit pas un geste pour se sauver. Tant pis si elle mourrait, elle n'était plus rien désormais…

Elle fut bien surprise lorsqu'elle reprit conscience, se sentit vivante et ouvrit les yeux. Tout son corps lui faisait mal, elle avait à peine la force de bouger. Mais elle était en vie. Et le plus incroyable était que la pièce dans laquelle elle se trouvait était la chambre de Camus.

Elle eut peur que ce ne soit pas vrai. Que ce soit une illusion, un rêve ou une dernière vision avant de mourir. Elle poussa un gémissement de douleur et de détresse et, à ce moment-là, le visage de Camus apparut dans son champ de vision. Il semblait terriblement inquiet et elle entendit sa voix comme si elle venait de loin :

- Gaëlle, est-ce que ça va ?

Même sa gorge lui faisait mal lorsqu'elle s'efforça d'articuler :

- Que s'est-il passé ?

- Tu étais inconsciente depuis quatre jours. C'est grâce à Sayuri que tu es toujours en vie.

Il s'assit à côté d'elle et posa une main sur son front. C'est à ce moment-là, lorsqu'elle le sentit la toucher qu'elle sut que tout était vrai. Une envie de pleurer comme elle n'en avait jamais connue la submergea. Camus lui demanda doucement :

- Tu m'entends ? Tu veux que je te raconte tout ?

Les yeux humides, elle acquiesça et son amant expliqua :

- Sayuri a eu vent de ce qu'avaient organisé les femmes chevaliers. Elle savait que ça ne pouvait que mal finir. Comme elle ne pouvait pas entrer, ni rester trop près, elle s'est caché dans les alentours en guettant le moindre signe de bataille. Elle t'a vu t'enfuir, poursuivie par d'autres filles et elle vous a suivie. Lorsque Mégara t'a attaquée, elle a utilisé l'une de ses illusions. Elle leur a fait croire que tu avais été réduite en pièces et, pendant que le sort agissait, elle t'a emportée. Tu étais à moitié morte.

Lorsqu'elles ont repris leurs esprits, les femmes ont prévenu tout le Sanctuaire de ce qui s'était passé. Je ne sentais presque plus ton cosmos…c'est là que Sayuri a débarqué ici par le passage secret. Il fallait te cacher mais j'ai eu beaucoup de mal à te soigner suffisamment pour que tu aies une chance de survivre.

En dépit de la faiblesse de la jeune femme, son esprit était parfaitement lucide et elle enregistra toutes ces informations douloureuses qui soulevaient des dizaines de questions.

- Sayuri ?

- Elle est retournée dans ses quartiers. Tu comprends, personne ne sait que c'est elle qui t'a sauvé mais de lourds soupçons pèsent sur elle puisque c'est ton amie. Elle doit faire profil bas et ne rien faire de suspect. Il faut aussi qu'elle évite de venir ici de peur que quelqu'un l'espionne et ne découvre le passage.

Gaëlle ferma les yeux un moment et murmura :

- Je suis dans quel état ?

- Tu as eu de la chance de survivre à ça. Tu as plusieurs côtés cassées, des hématomes partout et la force de l'attaque aurait pu te tuer sur le coup. Mais maintenant, tu devrais commencer à aller mieux, le pire est passé.

- Et le bébé ?

Camus fit une moue qui exprimait presque la déception :

- Il est toujours là. Ca doit être un costaud si tu veux mon avis…

- S'il tient de toi, c'est qu'il est invulnérable…

Les lèvres de Camus frémirent en un bref sourire mais il avait trop de soucis en tête pour arriver à s'égayer. Surtout que la situation était vraiment terrible.

- Gaëlle…tu dois dissimuler ton cosmos en permanence à partir de maintenant. Il faut qu'ils finissent tous par croire que tu as quitté le Sanctuaire. Et…je suis désolé mais…tu ne pourras jamais plus être une femme chevalier.

Gaelle crut qu'on lui plantait un poignard dans le cœur. Elle le savait pourtant. Maintenant qu'on savait ce qu'elle avait fait, c'était terminé. Son armure était rassemblée, dans un coin de la pièce et elle ne pourrait plus jamais l'endosser. Tant d'années d'efforts si vite brisées… Un sanglot contenu lui fit mal à poitrine à cause de ses côtes cassées.

- Qu'est-ce que je vais devenir ?

Malheureusement, Camus n'avait pas d'idées bien précises et c'était pour ça qu'il était aussi sombre. Néanmoins, il lui caressa les cheveux en un geste rassurant :

- Pour commencer, tu vas rester ici jusqu'à ce que tu puisses te déplacer. Personne n'a le droit d'entrer dans ce temple à part moi, il n'y aucun risque qu'on t'y découvre. Ensuite, il faudra que tu quittes le Sanctuaire. Je ne sais pas encore comment mais je vais me débrouiller pour te trouver un endroit où vivre à Athènes. On a moins de risques de te retrouver là-bas qu'à Rodorio. Là, tu pourras rester tranquillement jusqu'à l'accouchement. Ensuite…je crois que ce serait mieux que le bébé soit adopté.

Gaëlle le regarda fixement. Faire adopter son enfant ? Quelque part, ça lui faisait mal. Mais que deviendrait-elle si elle le gardait ? Elle ne savait rien faire d'autre que se battre, elle n'avait pas de famille, pas d'argent. Il lui faudrait trouver du travail, se construire une vie de femme normale comme elle pourrait. Élever un enfant dans des conditions pareilles relevait de l'impossible. De plus, elle ne s'y était pas encore assez attachée pour que la perspective de le confier à d'autres lui soit vraiment insupportable.

- Je suppose qu'il sera mieux avec d'autres gens… Moi je ne pourrai pas. Je suis trop jeune, je n'ai pas les moyens, je ne peux rien faire pour lui…

Camus hocha la tête :

- Ni moi non plus. Je suis lié au Sanctuaire, je ne peux pas bouger d'ici à ma guise et, bien sûr, quand bien même tu déciderais de le garder, il serait toujours hors de question de le faire venir ici. Mieux vaut se dire tout de suite que cet enfant n'est pas pour nous. Je sais que c'est dur, surtout pour toi. Essaie…de ne pas trop t'attacher à lui durant ta grossesse. Je ne voudrais pas que tu aies le cœur brisé lorsqu'il faudra le laisser à d'autres gens.

- Oui…je suppose que les entraînements à la retenue des sentiments et au détachement vont nous servir dans le cas présent.

Elle détourna les yeux, fatiguée et totalement démoralisée.

- Camus…je me demande si tu m'aimes toujours. Notre amour n'aurait jamais dû commencer.

- C'est vrai…admit Camus dans un souffle.

- Notre histoire est vouée à l'échec n'est-ce pas ?

- Sûrement. Et pourtant, je t'aime toujours. Tu es la seule personne que j'ai jamais aimée et tu seras sûrement la dernière aussi. Si un jour, nous sommes séparés, je retomberai dans l'indifférence que mon maître m'a toujours préconisée. Je n'aurais jamais dû en sortir mais je ne le regrette pas. Au moins, j'aurais su ce que c'est que de se sentir son cœur battre.

Gaëlle tourna la tête vers lui au moment où il se penchait pour l'embrasser. Leurs lèvres s'unirent tendrement et chastement. Oui, ils n'avaient aucune chance de pouvoir passer leur vie ensemble comme un couple normal. Tout ce qu'ils pouvaient faire, c'était de profiter de chaque jour qui leur était donné en espérant que cela continuerait encore un peu.

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