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Anime/Manga » Detective Conan/Case Closed » Never forgive me, never forget me font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: Claude le noctambule
Fiction Rated: M - French - Mystery/Tragedy - Saguru H. - Reviews: 1 - Published: 04-30-06 - Updated: 02-21-07 - id:2914584

Le manga détective Conan appartient son créateur, Gosho Aoyama. Cette histoire est en grande partie inspirée du chef d’œuvre de Michael Didbin, L’ultime défi de Sherlock Holmes, et de celui de Bob Garcia, Le testament de Sherlock Holmes.

AVERTISSEMENT : cette histoire contiendra de nombreuses scènes de violence parfois très crues, elle est donc déconseillée au moins de 16ans, je ne me répèterai pas et je serais intransigeant là-dessus .Si vous êtes trop jeune ou trop sensible, ne la lisez pas !

« Soudain, le passé prend d’assaut le présent en se servant de l’inexorable tourment de la mémoire. »

Seichi Kirima

Never forgive me, never forget me: Prologue

La silhouette se rapprocha doucement du lit où l’enfant était endormie. Si la distance qui l’en séparait n’était que de quelques mètres, elle lui parût aussi interminable que si sa future victime était située à l’autre bout du système solaire. Elle prenait tant de précaution pour la parcourir la plus silencieusement possible, les yeux fixés sur le sol de la chambre pour éviter que son pied ne percute un des jouets qui y étaient éparpillés, qu’elle mit de longues minutes avant d’atteindre son but. Lorsqu’elle y fût enfin parvenue, son regard se posa sur le visage innocent de celle qui était endormie devant elle, inconsciente du fait qu’elle ne sortirait jamais plus de son sommeil. Quand bien même elle aurait été réveillée, elle n’aurait éprouvée aucune méfiance envers son assassin, ne s’attendant certainement pas à ce que la mort se soit dissimulée sous un visage si familier pour lui rendre sa première et dernière visite.

Mais malgré cela, il ne fallait pas qu’elle se réveille, le meurtrier savait que sa résolution fondrait comme neige au soleil si jamais ses yeux candides se posaient sur lui au moment où il s’apprêterait à frapper. La main qui tenait fermement le couteau s’était mise à trembler, témoignant amplement du fait que la résolution était déjà loin d’être ferme. Pourrait-il arriver à la tuer même dans son sommeil ?

Il devait se calmer à tout prix, s'il continuait de trembler ainsi au moment où il passerait à l’acte, sa victime souffrirait inutilement et ça, il ne le voulait absolument pas. Sa mort ne devait être un simple prolongement de ce sommeil et pas une longue agonie. La pensée qu’il devrait peut-être s’y reprendre à plusieurs fois si jamais il ratait son coup, l’image de ses yeux terrifiés qui le regarderaient avec un air de reproche tandis qu’il s'acharnerait sur elle, le contact visqueux du sang qui lui aspergerait les mains, tout cela le fit frissonner mais l’aida paradoxalement à regagner un semblant de sang froid.

Comment devait-il s’y prendre ? Devait-il plonger la lame dans ce corps si fragile à travers les draps ou plutôt les soulever avant de frapper ?

Est-ce qu’elle s’éveillerait avant d’expirer, lui lançant un denier regard dans lequel se refléterait le visage de la personne qui lui aurait infligé la pire des trahisons que l’on puisse faire à quelqu’un ? Un regard qui hanterait cette même personne jusqu’à la fin de ses jours…

Un regard qui était déjà posé sur elle, bien qu’il n’exprimait pour l’instant que de la curiosité et de la fatigue. Elle venait de se réveiller et fixait d’un air interrogateur la silhouette qui était dressée au dessus d’elle.

Avait-elle pu apercevoir la lame de son couteau briller à la pâle lumière de la lune avant qu’elle ne dissimule derrière son dos la main qui le tenait ?

Apparemment non, sinon elle ne serait pas resté aussi calme. Ce n’était qu’un simple contretemps, il suffirait de la rassurer et elle se rendormirait tout naturellement sans se poser de question.

« Ce n’est rien, Ai… Je venais juste contempler ton visage une dernière fois avant d’aller me coucher. Rendors-toi mon ange, il ne t’arrivera rien… »

La douceur de la voix qui avait résonnée et le sourire bienveillant de la personne qui était penchée sur elle semblèrent produire l’effet escompté sur la fillette puisque l’instant d’après elle semblait s’être assoupie de nouveau.

Elle semblait si fragile, si innocente, pourquoi est ce qu’elle devait subir cela ? Elle était la chose la plus chère qui pouvait exister à ses yeux, plus précieuse à son coeur que n’importe qui d’autre au monde, alors pourquoi est ce que de tout les habitants de cette planète, c’était à lui que la destinée avait confié cette macabre besogne ?

Le futur criminel trembla de plus en plus. Si ses pensées continuaient de suivre ce cours, ce couteau finirait par tomber de sa main tandis qu’il se mettrait à genoux devant elle pour la supplier de le pardonner d’avoir eu seulement la pensée de vouloir commettre cet acte.

Il devait s’efforcer de se convaincre que c’était la meilleure chose qu’il pouvait faire pour elle, qu’il n’y avait rien qu’elle ne désirait plus que cette mort qu’il allait lui offrir. Aussi douloureux que cela puisse être pour celui qui exaucerait son souhait, il se devait de tenir la promesse qu’il lui avait faite sans qu’elle le sache.

C’était l’amour qu’il éprouvait pour elle qui guidait sa main, un amour qui ne reculerait devant aucune limite, pas même celle d’avoir à tuer de ses mains l’être qui l’inspirait.

De longues minutes s’écoulèrent, laissant l’assassin seul face à ses pensées et à sa future victime.

Parvenant finalement à acquérir la résolution suffisante pour passer à l’acte, il leva au dessus de sa tête le couteau qu’il tenait à présent de ses deux mains.

Dans un instant, tout serait fini, un seul instant…Mais à ce moment là, la porte de la chambre s’entrouvrît laissant échapper un mince filet de lumière.

Le meurtrier tressaillit quand il fit face à la dernière personne au monde avec laquelle il aurait voulu être confronté dans cette situation…

Et sa peur s’accrût lorsqu’il constata que le témoin du crime qu’il s’apprêtait à commettre avait vu ce qu’il tenait dans sa main et qu’il avait parfaitement compris ce qu’il s’apprêtait à faire avec…

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S’éveillant en sursaut, Shinichi mit plusieurs minutes à reprendre a respiration. Venait-il de faire un cauchemar ? Il espérait de tout cœur que cela soit le cas malgré la désagréable sensation de réalité attachée aux images qui étaient encore imprimées au fer rouge dans son esprit. La douleur qui le déchira tandis qu’il essaya de se lever du lit où il était étendu lui confirma malheureusement que ce n’était pas le cas. Il baissa les yeux vers la blessure qu’il portait à son flanc, cette blessure qui correspondait exactement à celle qu’il aurait dû recevoir si son rêve n’en était pas un…

Bien que quelqu’un ait entreprît de le soigner entre temps, elle continuait de lui infliger des élancements douloureux chaque fois qu’il respirait. Mais sa souffrance fût le cadet de ses soucis quand il aperçût la personne qui avait assisté à son réveil et qui était sûrement celle qu’il devait remercier pour les soins qu’il avait reçus.

« Tu es enfin réveillé ? »

Le détective se rapprocha de la jeune femme qui s’était adressé à lui, avant de poser les mains sur les barreaux qui le séparaient d’elle. Bien que l’espace entre eux fût suffisant pour qu’il puisse y passer la tête, la distance à laquelle était placé la chaise sur laquelle son interlocutrice était installée était trop grande pour qu’il ait seulement une chance de l’effleurer.

« Est-ce que tu te souviens de ce qui s’est passé ? Est-ce que tu sais pourquoi tu es ici ? »

Devant le silence de celui qui la regardait, la jeune femme repoussa une mèche de ses cheveux auburn en soupirant.

« Est-ce qu’au moins tu me reconnaît ? Est-ce que tu te rappelles au moins de mon nom ? »

« Shiho… »

Les lèvres de la jeune femme se plissèrent en un sourire sarcastique tandis que le prisonnier s’adressait à elle.

« Tu te souviens encore de ton épouse…Donc la situation n’est pas aussi désespérée que je l’avais craint…. »

« Shiho… Où sommes-nous ? »

« Nous ne sommes pas en prison si c’est cela qui te fait peur… Je ne suis quand même pas sans cœur au point d’envoyer mon cher et tendre époux derrière les barreaux…Enfin pas derrière des barreaux dont je ne possède pas la clé en tout cas… »

« Pourquoi est ce que.. ? »

« Contrairement à l’idiot de détective avec qui je partage ma vie, je ne me sens pas obligée de dénoncer à la police un criminel quand je l’aie découvert… Tu restes celui que j’aime malgré ce que tu as essayé de faire à notre enfant… »

Shinichi écarquilla les yeux au fur et à mesure que la signification des paroles qu’il venait d’entendre pénétrait dans son esprit.

« Ce que j’ai fait…a notre fille ? »

« Tu ne te souviens vraiment pas de ce qui s’est passé ? »

Oh que si, il s’en souvenait fort bien, à son plus grand malheur…Comment aurait-il pu oublier ce qui s’était passé cette nuit là ?

Lisant la réponse à sa question dans le regard de son époux, Shiho garda le silence en le fixant avec une expression mélancolique.

« Est-ce qu’elle va bien ? »

La jeune femme acquiesça sans dire un mot.

« Est-ce que tu peut me laisser sortir ? Je dois la voir pour en être sûr… »

« C’est hors de question…Tu ne quitteras pas cette pièce tant que je ne me serais pas assurée que tu n’essaieras pas de lui faire du mal de nouveau. »

Le détective demeura muet plusieurs minutes, se demandant de quelle façon il allait devoir s’y prendre pour convaincre son épouse qu’il ne s’en prendrait jamais à leur fille. Mais avant cela, il devait s’assurer qu’elle était encore de ce monde, craignant par-dessus tout que celle qui venait de l’enfermer cherche à lui dissimuler la terrible vérité auquel il allait devoir faire face si ses craintes s’avéraient justifiées…Et elles avaient malheureusement toutes les raisons de l’être…

« Est-ce que tu pourrait au moins l’amener ici ? Je voudrais juste…la regarder… »

« J’aurais bien voulu accéder à ta requête mais malheureusement cela m’est impossible…Elle s’est enfuie de la maison…cette nuit là…pendant que tu te vidais de ton sang…Et cela fait maintenant deux jours que je suis à sa recherche…Sans succès… »

Est-ce qu’elle lui disait la vérité ? Elle semblait sincère mais il savait pertinemment qu’elle était parfaitement capable de lui dissimuler ses émotions aussi bien que ses pensées… Et quand bien même elle serait elle-même persuadée que ce qu’elle venait de lui dire était la vérité, cela ne serait guère plus rassurant… Si leur fille était vraiment morte cette nuit là, elle aurait été la dernière personne au monde à pouvoir l’accepter. Et il était bien possible qu’inconsciemment elle soit parvenue à se convaincre que leur enfant s’était vraiment enfuie hors de portée de son assassin…Oh oui, c’était parfaitement possible, il le savait…

Allait-elle le laisser enfermé là toute sa vie pour ne pas qu’il découvre son mensonge ? Allait-il devoir rester là, impuissant, à attendre la mort sans savoir si sa fille était encore de ce monde ou non? S’il voulait éviter cela, il devait absolument convaincre la chimiste de le libérer mais comment allait-il bien pouvoir y arriver?

« Ecoute, tu sais bien que si tu me laisse sortir, il ne me faudra que quelques heures pour la retrouver… »

« Et c’est bien pour cela que je ne te laisserais pas sortir…Oh que non, mon cher époux…Tu resteras ici jusqu’à ce que je me soit assurée que notre fille soit enfin délivrée de ses souffrances, et pour y arriver, je doit être certaine que tu m’empêcheras pas de faire ce qui est nécessaire pour cela… »

Elle voulait s’assurer qu’Ai soit délivrée de ses souffrances…Il n’en doutait pas un instant, et c’est bien ce qui lui faisait peur, car il savait fort bien de quel manière elle comptait s’y prendre pour atteindre ce but si louable…Et il était en effet hors de question qu’il la laisse faire si leur fille était vraiment en vie…

« Laisse moi t’aider à le faire…Je désire autant que toi aider Ai… »

Son épouse le dévisagea avec une expression narquoise.

« Oh mais je n’en doute pas…Mais je ne pense pas que tu partages les même idées que moi sur la meilleure façon de s’y prendre pour cela… »

En toute sincérité, il aurait pu difficilement le nier…Mais il n’avait pas à être sincère s’il voulait sauver son épouse et sa fille…

« Peut-être pas autant que tu le croit… »

La jeune femme le scruta quelques instants avant d’éclater de rire.

« Voyons Shinichi…Est-ce que tu me prend vraiment pour une idiote ? Après presque vingt années de mariage, j’espérais quand même que tu ais compris que c’était loin d’être le cas… »

Presque vingt ans de vie commune…Tant de temps s’était écoulé sans qu’il s’en soit rendu compte. Mais comment aurait-il pu le faire quand n’importe qui d’autre que lui n’aurait justement pas donné vingt ans à son épouse ?

Tant d’années qu’ils avaient traversés ensemble sans qu’elles laissent la moindre trace de leur passage sur eux…Du moins, la moindre trace visible…

« Tu te souviens du jour où tu m’avait enfermé dans le laboratoire du professeur avant d’aller affronter Vermouth à ma place ? Qui aurait cru que, vingt ans plus tard, les rôles seraient inversés… »

Le détective se mit à avoir un sourire triste.

« Je m’en souviens…Mais je me souviens aussi que tu avais réussi à t’enfuir malgré toutes mes précautions, alors si les rôles sont vraiment inversés… »

« Et le résultat c’est que j’ai faillie provoquer ma mort et la tienne…Navré, mais je tâcherais d’éviter que tu commettes la même erreur que moi… »

Se levant de sa chaise, l’épouse du détective s’avança en direction de la sortie de la pièce après avoir jeté un dernier regard à son époux derrière les barreaux.

« Si tu veux bien m’excuser, j’aurais bien voulu rester avec toi et profiter de l’occasion pour aborder tout les sujets qui sont restés en suspens entre nous, en étant sûre que, cette fois, tu ne te déroberais pas…mais malheureusement il y a de nombreuses choses auxquelles je doit me consacrer pour le bien de notre enfant…et le nôtre…A plus tard, Shinichi… »

Contemplant d’un air sombre la porte que venait de refermer sa femme, Shinichi frissonna en songeant que cette porte lui évoquait plus le couvercle d’une tombe que d’une cellule.

Mais cette peur ne fût rien par rapport à celle qu’il ressentit lorsqu’il se mit à réfléchir à ce que pouvait être en train de faire celle qui le séquestrait… Etait-elle partie faire disparaître le corps qui s’interposait entre eux ? Si leur fille était bien morte, cela devait être on ne peut plus logique dans l’esprit de Shiho de procéder ainsi…En se débarrassant de la preuve la plus évidente du meurtre, elle éviterait à son mari de passer le reste de ses jours dans une prison, du moins dans une autre prison que celle où elle le faisait déjà croupir, et surtout, elle ferait disparaître la seule chose qui aurait pu lui prouver que sa fille ne reviendrait plus jamais à la maison… Passer le restant de ses jours avec une épouse qui préférerait s’enfoncer dans la folie et attendre le retour de sa fille qui avait simplement fuguée plutôt que d’admettre qu’elle était morte de la main d’un de ses parents, la perspective était loin d’être réjouissante… D’autant que s’il n’y prenait pas garde, il risquait bien de partager la folie de son épouse…

S’il voulait avoir une chance d’éviter ça, et peut-être même une chance de délivrer son enfant de ses tourments, il devait absolument sortir d’ici…

Malheureusement il était incapable de réfléchir à un moyen de s’évader de cette cellule... Des scènes plus atroces les unes que les autres venaient le hanter sans qu’il puisse rien faire pour arrêter cela…

Shiho creusant un trou dans le jardin de leur maison pour y ensevelir le corps d’une fillette…

Son épouse jetant dans l’océan un sac lesté d’un bloc de ciment…

L’ex-scientifique en train d’immerger un cadavre dans un réservoir d’acide…

La mère de son enfant occupé à brûler dans un haut fourneau le corps de sa propre fille…

Comme il regrettait en cet instant sa longue expérience de détective tandis que la multitude de crimes qu’il avait résolu lui inspirait des pensées aussi morbides.

Il sentit des larmes couler le long de ses joues tandis qu’il s’allongeait sur le lit où il s’était éveillé. Allait-il être condamné à demeurer éternellement dans l’incertitude, sans savoir s’il avait ou non réussi à délivrer sa fille des souffrances qui menaçaient de s’abattre sur elle cette nuit là ?

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La jeune femme regardait d’un air rêveur sa propre main tenant son pinceau aller et venir sur la toile, donnant petit à petit vie à l’image qui n’existait auparavant qu’au fond de son âme… Depuis combien de temps rêvait-elle de peindre ce tableau ? Des semaines ? Des mois ? Des années ?

Elle ne savait plus mais elle se souvenait des centaines de tentatives qu’elle avait déjà faite pour donner corps à ce rêve évanescent qui lui apparaissait parfois tel un rayon de soleil au milieu de ses cauchemars…Elle se souvenait de ses appréhensions lorsqu’elle s’était installé devant cette toile vierge plusieurs minutes auparavant…De sa peur que cette image si chère à son cœur disparaisse avec elle… Mais à présent, pour la première fois de sa vie, elle se sentait libre…Libre de peindre ce qu’elle voulait sans être condamné à reproduire indéfiniment les mêmes scènes terrifiantes qui peuplaient chacune de ses nuits depuis tant d’années…

Tant d’années avant de pouvoir être enfin capable de peindre la toile auquel elle voulait donner naissance depuis si longtemps… La toile qui exprimerait le dernier message qu’elle voulait lui transmettre avant de mourir…

« Est-ce que tu crois qu’elle comprendras quand elle la verras ? »murmura l’artiste en se tournant vers la personne qui était installée sur son lit en train de la regarder peindre.

Le silence fût la seule réponse qu’elle reçut à sa question. Est-ce que qu’elle n’avait pas parlé assez fort pour que celui à qui elle s’était adressée puisse lui répondre ? Celui à qui elle s’était adressée…ou bien celle à qui elle s’était adressée ? Elle n’arrivait pas à se souvenir, et de toutes façon dans son état, le monde qui s’étendait au-delà de quelques mètres lui apparaissait déjà comme un brouillard coloré peuplé d’êtres et de choses floues aux contours dépourvus de consistance… Quelle peinture magnifique elle aurait pu réalisé à partir de là…Mais il était trop tard maintenant…

Tant pis, elle n’avait plus aucun regret, si elle pouvait juste achever cette toile alors elle pourrait mourir en paix…

Auparavant, elle avait toujours eue l’impression, quand elle peignait, d’être possédée par un démon se servant d’elle pour coucher sur la toile ses pensées les plus atroce tandis que maintenant elle savait que c’était elle, et elle seule, qui peignait.

Posant délicatement son pinceau dans le récipient qui débordait d’un liquide écarlate, elle admira l’œuvre qu’elle venait de faire avec un sourire radieux.

Oui c’était exactement cela…Il n’y avait rien à y ajouter ou à y retrancher…Elle ne pourrait jamais se rapprocher plus de son rêve qu’elle ne venait déjà de le faire…

A présent, elle pouvait se reposer…Oui se reposer…Elle ferma les yeux, ne luttant plus contre l’engourdissement qui menaçait de la submerger mais le laissant au contraire l’engloutir avec volupté…

Quelques instants plus tard, la personne qui venait d’assister aux derniers instants de l’artiste se rapprocha d’elle avant de prendre son pouls.

Elle contempla en souriant le visage apaisé de celle qui venait de quitter ce monde, on aurait dit un ange.

« Oui, je suis sûr qu’elle comprendras…Ne t’inquiète pas, j’y veillerai… »murmura-t-elle à son oreille bien qu’elle ne pouvait déjà plus l’entendre…



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