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Trucydae
Author of 35 Stories

Rated: T - French - Drama/Romance - Reviews: 2 - Published: 06-13-06 - Complete - id:2989757

Forever gone, forever you

Rame avait décidé que les Vidoll célébreraient la sortie de leur nouveau single en allant dîner au restaurant. L'idée avait immédiatement été acceptée et quelques minutes plus tard, le bassiste était en train de parler au téléphone avec le responsable du resto en question pour savoir s'ils auraient une table de libre pour cinq vers 20h. Peu après, il revint vers Hide, Jui, Tero et Yukine avec un sourire aux lèvres.

- Ils en ont une ! annonça-t-il. Mais seulement pour 20h30...
- Chic ! fit Jui en battant des mains comme une petite fille.
- Comment ça, chic ? Ça t’arrange tant que ça que ce soit reporté d’une demi-heure ? demanda Tero, un sourcil levé.
- Mais t’es bête ou quoi ? s’indigna le chanteur

- Ben, ça va me permettre d’avoir plus de temps pour me préparer !

Le batteur leva les yeux au ciel, visiblement découragé de l’attitude d’adolescente du châtain.

- En fait, il a pas tord, ajouta le leader.
- Ben, en tout cas, moi, je m’en plaindrai pas, à ta place Tero ! renchérit Hide avec des yeux fuyant.
- Et pis, moi, ça me convient, cette heure, dit Yukine
- J’ai jamais dit que ça me plairait pas ou que l’heure ne me convenait pas, au contraire ! C’est que… m’enfin… laissez tomber, c’est pas important !
- Moi, j’vais rentrer me préparer, alors ! J’ai assez perdu de temps comme ça !
- Déjà ! fit Yukine
- Ben si ! J’dois enlever le maquillage de la séance de photos, je dois prendre une douche, me laver les cheveux, puis me les sécher et coiffer, je dois choisir quelles fringues mettre et y assortir mon maquillage et les accessoires ! Ensuite euh… dit-il en transférant son poids sur une seule hanche et en portant son index à ses lèvres, lui donnant ainsi un air à la fois penseur et ridicule. Je devrais être assez bien pour venir !
- Tu pourrais aussi venir comme ça ! dit le batteur.
- Tero ! fit Rame d’un ton réprobateur.
- Allez, à tout à l’heure ! lança Jui en partant.
- Moi aussi, je vais y aller, continua le bassiste.
- Toi aussi, tu dois mettre une tonne de machins et gnagnagna ? interrogea le roux
- On dirait bien ! on se revoit au resto, les gars ! dit-il en partant à son tour
- Si c’est comme ça… commença Yukine
- Toi aussi !
- Non ! Mais, quand même… À ce soir, Tero, Hide !
- À ce soir ! répondit l’autre guitariste.
- M’ouais, marmonna le dernier
- J’vois pas pourquoi ça te dérange tant que ça qu’ils se pomponnent autant… toi aussi, tu en fait pas mal !
- Mais, Hide ! On va au resto entre potes ! C’est pas comme si on allait à un truc dans le genre télé-réalité-passez-une-journée-dans-la-peau-de-Vidoll ! ça ne me prend pas 20 millions d’années pour me préparer, moi !
- Ben maintenant, on sait qui a le plus haut taux de testostérone dans le corps parmi les gars du groupe ! rigola Hide
- C’est même pas drôle !
- Je sais ! Et pis comme tout le monde est parti et que j’ai pas envie de manquer de me faire arracher la tête, j’vais rentrer aussi.
- Ben, tant qu’à rester tout seul au studio… j’vais faire idem… soupira le batteur.

Quelques heures plus tard, ils se retrouvèrent tous les cinq à une des tables du restaurant choisi. Tero avait complètement retrouvé sa bonne humeur et ils semblaient tous à être prêts à faire la fête. Quand le repas tira à sa fin, Jui s’absenta pour aller à la salle de bain.

- J’dois y aller aussi, dit Hide

Et il se leva avant que quelqu’un n’ajoute quelque chose qui aurait pu être gênant.

- Jui ?
- Ah ! Toi aussi, tu…
- Oui… en fait non, c’est pour autre chose…
- Alors, je me dépêche à sortir, dans ce cas !
- Non ! C’est pas ce que je voulais dire !
- J’ai finit de toute façon.
- Non, reste !
- … Tu veux tout de même pas que j’te regarde pisser !
- Jui…

Merde ! À la tête qu’il fait, on le croirait sur le point de me demander en mariage…

- Jui… je…

Mais… c’est même pas encore légal ici… enfin, je crois… j’devrais me renseigner…

- Je sais pas si c’est réciproque mais, je voudrais te demander….

Putain, je le savais ! C’est une demande en mariage !

- Oui, je le veux !
- … Que… quoi ?
- Hide, tu sais de quoi je parle, enfin ! dit Jui avec un sourire tout en s’approchant tout près du brun.

- T’allais justement me demander quelque chose par rapport à ceci…

Curieusement, plus aucune distance ne les séparait maintenant et ce baiser que lui donnait Jui était le plus délicieux que Hide n’ait jamais reçu.

- En fait, Ju-kun, c’est pas vraiment ça que je devais te demander…
- Ah bon ?

Merdeuh ! J’ai foiré !

- Mais j’ai oublié…
- Ah ? À cause de euh… ce que je… viens de faire ?
- Ouais, mais…

Merd’ merd’ merd’ merd’ merdeuh !

- Mais, j’en suis pas fâché !
- Ah ?
- Non, tout le contraire, même !
- C’est vrai ?

Fiou !

Et le guitariste rompit pour une deuxième fois l’espace entre eux. Jui avait passé ses bras autour de son cou, rendant le baiser légèrement plus passionné… et passionnant. Yukine choisit le moment où ils reprenaient leur souffle pour parler :

- Ben, dites donc ! J’en connais deux qui s’embêtaient pas ! Et qui nous cachent quelque chose, j’ai l’impression !
- Euh… Yukine ? Ça fait longtemps que tu es là ? demanda Hide, l’air visiblement embarrassé.
- Tu sais quoi, Yuki-chan ? En réalité, je vérifiais s’il avait pas des caries ! fit le chanteur avec un grand sourire.
- Alors ? dit le nouvel arrivé
- Impec’ ! répondit l’autre en sortant, toujours souriant, mais replaçant son chandail et sa jupe définitivement très courte mais, ô combien sexy, se disait le brun en le regardant sortir.
- Tu baves…
- Hein ? euh… ha… dit-il nerveusement en s’essuyant la bouche.
- Ça fait longtemps que vous nous cachez ça ?
- Ah ouais ! Tellement !
- Tant quand ça ?
- Ouais, ça doit bien faire un peu moins de 5 minutes !
- Ah, alors ça fat cinq minutes que vous êtes ensemble ! ricana Yukine
- Ben… je sais pas si c’est officiel ou s’il a seulement fait ça pour m’aguicher…
- Tu crois qu’il ferait ça ?
- Je sais pas, justement. Je détesterais pas que la réponse soit négative…
- Ça se voit, ça !
- Non mais, je veux dire… c’est pas vraiment ça que j’envisageais au début…
- Qu’est-ce que tu lui voulais, alors ?
- Ça n’a plus d’importance…
- Mais encore ?
- J’t’assure !
- J’veux savoir quand même !
- … Ouais… d’accord… c’est que… grâce à la courte relation qu’il a eut avec Kisaki, ce qui lui a d’ailleurs permis de pouvoir faire le Kisaki Project, ben il connaît pas mal tout le p’tit monde d’Under Code…
- Et ?
- Anooo… je voulais savoir pour Enya…
- Enya ? Euh… celle qui…
- Non, pas elle ! Yukine, je parle de celui de 12012 !
- Oh, Hide !
- Ben tu vois, c’est plus important maintenant !
- C’est vrai… Bon ! On devrait sortir, maintenant… Sinon, ça sera pas le bon couple que les autres soupçonneront ! remarqua-t-il en s’apprêtant à sortir.
- Yukine… t’avais pas un truc à faire ici, avant ?
- En fait, si… j’arrive dans pas longtemps !

Quand il revint à la table, les autres avaient tous fini de manger et se consultaient à savoir s’il leur restait assez de place pour un dessert. Lorsque Yukine revint à son tour, ils avaient décidé de ne pas en prendre et Rame avait demandé l’addition. Tero avait dit que ce n’était pas à lui de tout payer mais, le leader avais insisté en disant qu’après tout c’était lui qui avait proposé le resto et, du fait même, qui les avait tous invités. Personne d’autre n’argumenta contre et quand le repas fut payé, tous se levèrent pour partir de la place mais, Jui retint Hide dans le portique avant de sortir.

- Hey, beau brun ! Les autres vont en boîte mais… J’aurais plutôt envie d’une balade en voiture…
- … Une balade en voiture… ?
- Jusqu’à, disons, chez toi ? dit-il en prenant un air innocent
- Mm’d’accord !
- Mais, tu fais une drôle de tête, kokoro no…
- (Il sourit) J’étais en train de me demander si je n’étais pas tombé sous le charme d’un hentai !
- Hide ! s’exclama le chanteur en lui donnant une petite tape sur le bras.
- On la fait, alors, cette balade ?
- Mais certainement !
- On fait quoi de ta voiture ?
- Oh, je suis venu en taxi !
- Bon, alors laissez-moi vous ouvrir la portière, jeune demoiselle !
- Demoiseau, Hide, j’suis pas une fille !
- En tout cas, c’est pas l’impression que tu laisses !
- Et alors ! On s’en fout ! J’suis pas une fille ! Si c’est ça que tu voulais, une nana, t’avais qu’à pas m’embrasser !
- Mais… c’est toi qui m’as embrassé le premier parce que tu croyais que je parlais de ça !
- Oui, mais je parle d’après, moi !
- Écoute, Jui euh… j’suis désolé…
- C’est fou ça, hein ! Ça fait même pas une heure qu’on est ensemble et voilà déjà une chicane… dit Jui, le regard humide
- Alors tu… tu veux que ce soit sérieux, toi et moi ?
- Mais oui ! s’exclama-t-il en essuyant une larme qui s’était échappée de son œil. Pourquoi… ? Tu croyais que je faisais que m’amuser un peu ?
- Non, non c’est pas ça… c’est que… écoute, on a fait que s’embrasser dans les toilettes d’un resto… ça aurait bien put se finir là… sans que personne n’en sache rien… à part Yukine… mais…
- C’est ça… Tu crois que j’suis une traînée…
- Non, Jui ! Pas du tout ! Si j’aurais cru ça, je crois pas que je serais en train d’avoir cette discussion avec toi !
- Excuse-moi, Hide… je… j’ai la larme facile…
- C’est pas grave… en fait, c’est plutôt moi qui devrais te présenter mes excuses…
- Mais, non, c’est rien…
- Tu veux que je te ramène chez toi ?
- … Honnêtement, Hide, j’aurais bien voulu aller chez toi, mais, si tu veux pas, je comprendrais. Je veux pas m’imposer…
- Ok, on va chez moi, si c’est ce que tu veux !
- C’est vrai ?
- À moins que tu veuilles que je rentre avec toi.
- Oh non, pas chez moi ! s’empressa-t-il de répondre
- C’est si nul que ça, chez toi ? demanda le brun en démarrant
- J’ai une coloc chiante… elle a 16 ans, elle vient de quitter l’école… En réalité, je crois qu’elle est en fugue… mais, bon, je l’ai trouvée sur le trottoir en avant de mon bloc… il pleuvait des cordes, je l’ai donc invitée à monter. Le lendemain, elle m’a demander si elle pouvait rester un jour de plus et je lui ai dit qu’elle pouvait rester tant qu’elle le désirait, en autant qu’elle paie la moitié du loyer. Elle m’a promis de le faire et jusqu’à maintenant, elle n’a pas manqué à sa promesse…
- Elle a pas l’air si chiante que ça…
- Non, mais, avec Kisaki… enfin je préférerais ne pas avoir de témoins, tu comprends ?
- Oui, bien sûr !

Et il l’accompagna chez le guitariste. Une fois à l’intérieur, il engagea la conversation comme nous avons l’habitude de l’entendre :

- Tu veux quelque chose à boire ?
- Non, répondit le chanteur avec un autre sourire en coin, c’est mieux quand on est à jeun. Au moins, on en garde des souvenirs !
- T’as pas tort, tu sais, fit Hide alors que Jui s’approchait de lui en faisant courir ses doigts sur les boutons de la chemise de celui en face de lui.

Il lui vola un autre baiser avant de lui demander :

- Ça te dirait pas, plutôt, d’aller dans ta chambre ? On y serait plus… confortable…
- Comme tu veux ! dit le brun en le soulevant de terre, tout en l’embrassant pour le porter jusqu’à la chambre et le poser sur le dos sur le lit.

Jui glissa langoureusement ses mains sous la chemise de Hide et les fit parcourir le long de chaque vertèbre de sa colonne vertébrale avant de les faire revenir vers l’avant pour la déboutonner. Cette dernière se retrouva bien vite sur le sol, rapidement rejoint par le t-shirt du chanteur. Quand le guitariste s’eut retrouver en boxer et qu’il s’apprêtait à lui retirer sa jupe, Jui se figea.

- Qu’est-ce qu’il y a ?
- Ben… c’est que… tu vas rire de moi…
- Non, j’crois pas que je devrais rire… à voir ta tête…
- Ben… débuta-t-il en regardant ailleurs. Je… j’me sens pas vraiment prêt, finalement…
- Ah… c’est juste ça ?
- Quoi, juste ça…
- J’croyais que t’allais me sortir un de ces trucs de fou… dit-il en tournant sur le côté pour se retrouver couché contre lui, par-dessus l’édredon.
- Non… c’était juste ça… tu m’en veux pas plus que ça ?
- Pourquoi je t’en voudrais ? T’es pas prêt, je me dois bien de respecter ça ! dit-il avec un sourire réconfortant.
- Roh, merci, Hide-kun ! T’es gentil ! s’exclama-t-il en posant un bisou sur le bout de son nez

Hide se glissa sous les couvertures alors que Jui enlevait sa jupe avant de faire pareil.

- J’avais un peu peur de te le dire, en fait, commença le chanteur en se collant à son nouveau petit ami. J’avais peur parce que… après toutes les avances que je…
- Jui, Jui ! Je te l’ai déjà dit ! Si t’es pas prêt, alors j’attendrai tout le temps qu’il faudra ! Du moment où je peux passer du temps avec toi !
- Oh Hide, t’es un ange ! s’écria-t-il en passant ses bras à l’entour de la taille de l’autre.

Ouf ! J’ai eut chaud ! J’aurais eut l’air de quoi, moi, qu’il me jette dehors à cette heure !

La nuit se continua et se finit paisiblement. Quand Hide se réveilla au matin, un bruit d’eau parvenait de la salle de bain, couvrant à moitié l’air que fredonnait Jui sous la douche. Le guitariste alla frapper à la porte.

- Je peux entrer ? demanda-t-il en l’entrouvrant
- Oui, oui, j’ai presque terminé ! répondit le chanteur comme il coupait l’eau pour sortir avec une serviette autour de la taille alors que le brun entrait.
- Ah… moi qui pensais prendre ma douche avec toi ! dit-il, une pointe de déception dans la voix.
- Ça sera pour une autre fois, kokoro no ! Tu m’en veux pas, j’espère ?
- Mais, non ! Bien sûr que non ! fit le guitariste en écartant une mèche de cheveux châtains humide du visage de Jui avant de l’embrasser doucement.
- Avant que tu ne t’enfermes là-dedans, t’aurais pas un peignoir ou un yukata ou un truc dans le genre à me prêter pendant que je fais laver mes vêtements ?
- Si, regarde derrière la porte de la chambre…
- Ok, merci ! Oh, et euh… t’as sûrement de la lessive à faire, toi aussi, non ?
- Ouais… mon linge sale est dans le panier en osier dans le coin de la chambre… et j’ai ça aussi… fit-il en enlevant son boxer pour le lui tendre.
- Hey ben… pas très pudique ! remarqua le châtain en attrapant le bout de tissus qu’on lui tendait.
- Ano, j’ai pas l’habitude de me laver en boxer non plus ! Allez, maintenant, va faire ta lessive ! dit Hide, un sourire en coin.
- J’allais justement sortir !

0 Après avoir vu ça, j’dois avouer que c’est tentant d’y retourner…à moins que… Ah ! Je sais ! C’est dans un piège qu’il voulait m’attirer ! Voyons, Jui ! Ne sois pas sot ! C’est de Hide qu’on parle, quand même ! Mais, d’un autre côté… hum…

Il alla prendre le panier dont le guitariste lui avait parler, y mis ses propres vêtements et se dirigea vers le placard dans lequel était dissimulés le lave et le sèche-linge. Une fois la machine mise en marche, il se retourna vers la salle de bain mais, entendit l’autre fermer les robinets.

Alors ce sera pour une autre fois !

Il alla en vitesse enfiler le peignoir blanc accroché derrière la porte de la chambre avant que Hide ne sorte à son tour de la salle d’eau.

- T’as pas eut trop de difficulté à trouver le…
- Hide, interrompit le châtain, c’est pas la première fois que je viens, tu sais !
- Oui, oui… je sais…
- C’est drôle, hein…
- Euh… quoi ça ?
- À chaque fois qu’on parle, toi et moi, je dis quelque chose qui finit toujours par t’embarrasser…
- Ah… ouais, anoo…
- Tu vois, encore ! fit-il en riant. Bon, ok, j’arrête ! On fait quoi, aujourd’hui ?
- Ben, je sais pas… toi, t’as envie de faire quoi ?
- Hum… émit le chanteur en prenant quelque seconde pour réfléchir. Je sais ! On peut aller au cinéma !
- En tout cas, ça sera pas ce matin, avec tes vêtements qui sont en train de se faire laver…
- J’avais pas l’intention d’y aller cet avant-midi, Hide !
- Et pis, tu voudrais voir quoi ? Pour ma part, ce que j’ai vu de pub ces derniers temps, ça m’attire pas tellement à aller au ciné…
- M’ouais, c’est vrai… On ira louer un DVD, alors !

Hide fit la grimace.

- Quoi ? interrogea le châtain en levant les sourcils.
- En fait, j’aimerais mieux qu’on ait pas à sortir…

Jui le regarda avec un regard plein de question.

- Je préférerais qu’on reste ici, rien que toi et moi et de faire comme si rien d’autre existait en dehors de l’appart’…
- Mais, kokoro no, il fait si b…
- Beau dehors ? coupa le brun en tassant les rideaux de la fenêtre la plus près pour monter qu’il pleuvait.
- Ah… fit Jui avec la moue qui venait avec. Alors, on devra rester cloîtré ici !
- À moins que… cloîtré ? Mais non ! Tu peux partir quand tu veux, je te retiens pas !
- C’est tout ? Tu ne me retiens pas de sortir alors qu’il pleut des cordes et que j’attrape la crève à cause de ça ? questionna-t-il en haussant la voix
- Tu partiras pas sans tes vêtements, de toute façon…
- J’peux bien t’en emprunter !
- Ça te ferait pas, on a pas la même taille de vêtements !
- Et alors ? Tu dois avoir ça, toi, une ceinture ! Non ?
- T’as vraiment l’intention de sortir ? demanda le guitariste d’un ton moins agressif.
- Maintenant que tu m’en as convaincu, oui ! s’écria Jui en se dirigeant d’un pas furieux vers la chambre de son occupant.

Il était déjà en train de mettre les tiroirs de la commode sans dessus dessous quand son propriétaire le rejoint.

Bordel, je savais pas qu’il avait autant de vêtement moche ! Mais que… O.O ça date de quand ça ! Je l’ai jamais vu avec ça sur le dos… Mais où cache-t-il les fringues qu’il porte d’habitude ?

- Jui…
- … (Il continua à jeter les vêtements qui n’étaient pas potable à son goût derrière lui.)
- Je… désolé… je voulais pas dire ça…
- Mais tu l’as dit quand même !
- Je pensais pas que tu le prendrais aussi mal !
- C’est toi qui as mal pris que je dise qu’on resterait cloîtré ici !

- Merde, mais c’est quoi tous ces vêtements, c’est horrible !
- C’est les trucs que je mets jamais…
- J’aurais cru remarquer, hein !
- C’est du linge envoyé par les fans et…
- Ah ! C’est là qu’aboutissent les morceaux qu’on veut pas ! Je me suis toujours demandé ce qui se passait avec ça…
- Y a aussi des cadeaux et des vêtements que ma mère m’a achetés…
- Ta mère t’achète encore de quoi t’habiller ?
- Ben, tu sais, les mères…
- Mouais…
- La mienne aime pas ce que je porte… Alors à chaque fois que je vais la voir, elle m’a acheter cinq ou six morceaux…
- Ben, au moins, elle te parle encore, la tienne… soupira Jui
- Oh non, elle t’a pas fait ça ?
- On dirait bien que si…
- Mais pourquoi ? T’as rien fait de mal !
- Non, mais tu m’as regardé ? J’suis loin d’être le garçon que toutes les mères rêvent d’avoir !
- Mais tout de même ! C’est ta mère !
- Oui et elle me renie !
- Mais elle t’a élevé ! Elle t’a porté neuf mois dans son ventre !
- Sept et demi… j’suis né prématurément…
- Sept mois, c’est pas rien !
- Rien n’empêche que ça fait des années qu’elle ne m’adresse plus la parole…
- C’est cruel de sa part !
- Mais c’est comme ça !
- Et ton père ?
- J’le connais pas !
- Comment ça s…
- Parce que je l’ai jamais vu ! Il a jamais habité chez nous ! Il est jamais venu nous voir, maman et moi ! Il…
- Non c’est pas ce que je voulais dire, Jui… Comment ça se fait qu’on ait jamais su ça de toi ?
- Je tiens pas à en parler, vois-tu…
- Oui, mais les commérages…
- Rien à voir, Hide ! J’suis même pas d’ici !
- Je sais, mais des cas comme ça…
- Ça suffit, Hide ! s’écria le chanteur en essuyant une petite larme qui s’était échappée de son œil. Je veux plus t’entendre parler de mon passé comme ça !

Il se leva d’un, tentant de lui cacher des larmes qu’il avait déjà vues et s’apprêtait à sortir, mais le guitariste le retint pour le prendre dans ses bras.

- Excuse-moi, Jui. Je voulais pas rouvrir une vieille plaie, si j’aurais su…
- Oh, tais-toi, Hide, s’il te plaît ! Pour une fois ne fait qu’exister !

Le brun lui obéit mais l’amena tout de même s’asseoir sur le divan où ils se trouvèrent à être bien plus confortable que debout. Quand les pleurs du chanteur s’eurent atténués, il releva la tête vers celle de Hide en reniflant et dit :

- J’suis désolé, j’ai gâché notre journée !
- Mais non ! C’est pas grave, maintenant on va avoir quelque chose à faire après avoir déjeuné !
- Quoi ça ?
- Ranger tout ce que t’as sortit des tiroirs !
- Ah… ça promet… !
- N’est-ce pas ?
- Excuse-moi, Hide ! Je me suis emporté… Désolé
- Arrête, Jui, c’est inutile ! Et si on allait préparer ce déjeuner ensemble maintenant ?
- D’accord…

La préparation et le repas lui-même se déroulèrent sans anicroche, de même que pour la vaisselle qu’ils lavèrent après et le rangement des vêtements éparpillés dans la chambre du guitariste. Même une guerre de linge éclata. Celle-ci consistait à faire la même chose que dans une bataille de polochon mais avec les morceaux de vêtements qui traînaient un peu partout dans la pièce, avant de les plier et de les ranger dans la commode.

- Tu sais notre chicane, tout à l’heure… commença Jui lorsqu’ils eurent enfin finit.
- Oui ?
- Ça m’a filer une idée !
- Et c’est quoi, cette idée ?
- (Il eut un sourire en coin) Viens sur le toit de l’immeuble avec moi !
- Mais, il pleut !
- Je sais !
- Tu… On va chopper la crève…
- Je sais !
- C’est Rame qui sera pas content de voir que t’as des problèmes de voix !
- Je sais, mais c’est pas grave ! Tu viens ? demanda-t-il en ouvrant la porte.

Levant les yeux au ciel, Hide le suivit dans l’ascenseur. Il lui demanda ce qu’ils feraient là-haut, mais Jui ne lui répondit que d’un sourire qui devait sûrement vouloir dire : «Tu verras bien !».

Une fois sur le toit, tous deux remarquèrent qu’il pleuvait plus qu’ils ne le pensaient et que les gouttes d’eau s’écrasant sur leur peau n’étaient pas nécessairement chaudes.

- Mais veux-tu bien me dire ce que c’est, ton idée !
- Viens ! dit le chanteur en le tirant hors du petit abris qu’il s’était trouvé
- On va être tr…

Mais il fut coupé par la bouche de Jui qui se posait sur la sienne. Une douce saveur sucrée mélangée à celle de l’eau de la pluie resta sur ses lèvres quand ils se séparèrent. Ce baiser avait quelque chose de différent des autres qu’ils avaient partagés auparavant, mais Hide n’aurait pas su dire en quoi. Ses pensées furent encore une fois interrompue par un baiser de la part du chanteur.

- Alors ? demanda ce dernier.
- … Tu sais quoi ?
- Non, tu vas me le dire, je présume !
- Ça me fait penser à Spider-Man…
- Oui… sauf que je porte pas de petit haut rose et transparent, que je suis pas roux, que j’m’appelle pas Mary-Jane et que toi, tu portes pas de costume extra moulant et que t’es pas Spider-Man !
- Ni Peter Parker
- Finalement, y a que la pluie !
- Spider-Man en peignoir !
- Aussi ! rit-il
- Ça aurait put être aussi la scène de The Notebook…
- Notebook ?
- Ben si ! Quand il pleut et que y a la fille qui coure vers le mec et qu’elle lui saute dans les bras et qu’ils s’embrassent…
- Ah !
- Tu vois de quoi je parle ?
- Non, j’ai pas vu ce film…
- On le louera quand on sera en congé de maladie par f…

Jui l’empêcha encore une fois de finir sa phrase. Il glissa bras autour du cou du brun avant de mettre fin à ce baiser-ci.

- Par ma faute ? débuta-t-il

Il l’embrassa encore puis continua :

- Mais…

Cette fois-ci, ça avait été Hide qui l’avait interrompu

- Je ne t’ai pas obligé…

Encore un baiser…

- À venir avec moi !
- Qui sait, je suis peut-être sous l’influence d’un mauvais sort !
- Comme l’Impérium ?
- Ah, c’est dans Harry Potter, ça !
- Mais, je suis pas sorcier, kokoro no baka !

Il avait commencé à faire glisse le yukata des épaules de l’autre en disant cela.

- Qu’est-ce que tu f…

Mais les lèvres de Jui connaissaient le chemin pour aller à celle de Hide par cœur maintenant. Le chanteur avait alors entrepris de défaire le yukata de sa ceinture. Il retenait le vêtement de tomber que d’une main quand il leva les yeux vers ceux de son koibito.

- Tu veux pas vraiment faire ça ici ? Tout le monde peut nous voir !
- Certes, tout le monde peut nous voir, mais est-ce que tout le monde sait seulement que nous sommes là ? Maintenant, tais-toi et fais comme si plus rien n’existait à l’entour de nous, sinon tu casses l’ambiance !

Et il lâcha le bout de tissus qui tomba rapidement sur le toit avec le poids de l’eau qui s’y était infiltré. Il laissa le loisir à l’autre de le dévêtir et ils se retrouvèrent bientôt aussi nu qu’ils l’étaient à leur naissance, à la différence que maintenant, ils étaient sous une pluie froide et qu’ils tentaient de la façon la plus primitive qui soit, mais qui était probablement aussi la plus efficace, de se réchauffer. Sur le sol en béton de la toiture de l’édifice, ils avaient étendu le yukata et le peignoir pour que Jui ne s’écorche le dos lorsqu’ils seraient en pleine action. Ce qui ne tarderait pas à arriver, d’ailleurs. En effet, Hide avait déjà couché son koibito sur ce qui était pour être leur terrain de jeu à moitié improvisé. Tout en l’embrassant, le guitariste s’introduisit délicatement en lui, malgré qu’il brûlait d’impatience de ne faire qu’un avec lui, de le posséder corps et âme. Il ne fallait pas lui faire mal ! Tout aussi doucement, il exécuta un mouvement de va et viens comme dans toute bonne relation sexuelle qui se respecte, en accélérant peu à peu la cadence pour irrégulariser leur respiration à tous les deux. Puis, il fit son geste plus langoureux, voyant que Jui se retenait difficilement de crier.

- Pourquoi tu raaaah-lentis, mon Dieu, Hide !
- Tu penses que… les hommes… ont un point G ?
- J’en ai… aucune idée… mais… si oui… tu viens de le… aaaaah ! Trouver !

Effectivement, ce qui plaisait tant à Jui c’était le rythme tantôt effréné, tantôt mielleux qu’adoptait son partenaire.

- Tu sais, Jui, dit Hide quand tout se fut délicieusement terminé dans l’extase, tu jouis pareil que dans Heroin ou Waisetsu Ningyou…
- Hum, je sais, répondit-il en remettant le peignoir désormais trempé que lui avait prêté le guitariste.
- Est-ce que ça veut dire que… ?
- Hide ! Avec qui du groupe veux-tu que j’aie couché pendant l’enregistrement !
- Ben, je sais pas ! C’était peut-être un des gars de la sono…
- Hide !
- Alors, tu faisais ça tout seul !
- Hiiiiide !
- Je te taquine, te fâche pas ! dit le brun en finissant d’attacher sa ceinture.

Ensuite, ils redescendirent à l’appartement où le soleil brillait maintenant aux travers des fenêtres. Jui renfila ses vêtements de la veille qui avaient été lavés et Hide avait été s’en chercher dans sa penderie.

- Kokoro nooooo ? fit le chanteur lorsqu’ils furent installés devant la télé avec un bon chocolat chaud entre les mains.
- Hai, boku no ai ?
- Je peux rester ici encore cette nuit ?
- Mais bien sûr ! Tu peux rester tant que tu veux !
- T’es sûr ? Ça ne t’embête pas ?
- Je t’assure, ça me fait plaisir de garder l’homme que j’aime de tout mon cœur cloîtré ici !
- Mais tu ne parles pas d’emménagement, là, ne ?
- Ano… pour l’instant, il est peut-être un peu trop tôt, mais ça reste envisageable, si nous deux ça a l’air de vouloir durer longtemps.
- C’est ce que j’avais pensé aussi… Je t’ai déjà dit que tu étais un ange ?
- Probablement.

Ils regardèrent encore un peu la télé puis, allèrent préparer le dîner, manger ce même dîner et retourner à la télé devant laquelle le châtain s’endormit bien vite. Quand ses yeux vinrent à fermer tout seuls aussi, Hide le transporta dans son lit et se coucha à côté pour s’endormir presque immédiatement. Le lendemain, ils allèrent chercher des vêtements chez le chanteur pour qu’il puisse au moins passer la semaine sans problème. Heureusement pour eux, la coloc chiante n’était pas là pour leur poser des questions. Elle devait travailler dans son fast-food minable à cette heure-là. Jui avait laisser un mot sur la table de la cuisine avant de partir :

Salut Miyako,

Je ne serai pas là de la semaine. Je suis passé prendre quelques fringue. Si je t’ai pris un morceau que tu veux porter, tu n’as qu’à m’appeler, on s’arrangera. Si jamais il y a un problème, tu m’appelles aussi. Sur mon portable, ne ?

Bonne semaine

Jui

Les semaines qui suivirent se déroulèrent pour le mieux. Contrairement à ce que Hide avait cru, il n’eut pas la crève, seulement Jui qui eut un léger rhume, mais rien qui ne l’empêche de chanter. Tout se passait bien entre Hide et lui. Une petite chicane ici et là, mais ça ne durait jamais bien longtemps. Un soir, les cinq membres de Vidoll se rendirent en boîte de nuit pour passer du bon temps entre copains puisque depuis plusieurs jours, les deux tourtereaux étaient moins souvent avec eux et ça leur manquait un peu de sortir tous les cinq. Tellement qu’ils buvaient tous verres sur verres, sans exception. Puis, Hide se leva (difficilement) pour aller aux toilettes. Mais, au pas chancelant qu’il avait, Yukine «l’aida» à s’y rendre. En sortant, quelqu’un l’aborda : Hide ! Ben, dis donc ! Ça fait un bail qu’on s’est vu !

- Ah, salut Sanaka ! Retourne à la table tout seul, Yukine ! Moi, je vais vous rejoindre tout à l’heure parce que là, je parle avec Sanaka !
- Ok ! fit le guitariste en titubant vers la table.
- Mais tu étais passé où, mon lapin ? Ça fait des siècles que je n’ai pas eu de tes nouvelles !
- Tu t’ennuyais de moi, Sana-kun ?
- Non seulement tu m’as trop manqué, mais je m’inquiétais beaucoup aussi ! Tu es parti sans rien dire !
- Sana-kuuuun, excuse-moi ! Je suis avec Jui, maintenant ! Il est gentil, Jui ! Comme toi, Sana-kun !
- Jui ? Et pis moi, mon lapin ! Tu m’oublies ? Et tout ce qu’on a fait ensemble, tu en as fait quoi ?
- ‘Faut pas que tu t’inquiètes, Sana-kuuuun ! Il n’est pas con, le petit Hide ! Il a tout gardé ici, dans sa tête ! Rien n’a été jeté aux ordures !
- Hey ben ! Tu es carrément bourré !
- Même pas !
- Alors, ça te dit que je te raccompagne chez toi ?
- M’ouais… et Jui ?
- Jui, tu t’en occuperas plus tard, n’est-ce pas, mon lapin ?
- Oui, j’imagine…

Sanaka mena Hide à la table des Vidoll. Tero, Yukine et Rame riaient aux éclats alors que Jui, saoul mort, somnolait la joue collée sur la table.

- Hey, les gars ! Je reconduis votre guitariste chez lui !
- D’accord, fit Rame, entre deux rires
- Bai, bai tout le monde ! s’écria Hide.

L’ex chanteur de Fatima l’entraîna à l’extérieur alors que Jui relevait lourdement la tête.

- Il va où kokoro no ?
- Sanaka le ramène chez lui ! débita Yukine
- On ferait mieux de rentrer, nous aussi ! fit Tero en baillant. Il est tard…
- Et kokoro no ?
- On te l’a dit, Jui ! Il est en sécurité avec Sanaka ! ré expliqua Yukine
- Sanaka ? Maiiiiis ! Je veux kokoro no !
- Tu le reverras demain, Jui. Un taxi va te ramener chez toi, pour ce soir, fit Rame
- Mais, euh ! J’ai dit Hide ! Pas Miyako ! N’aime pas Miyako !
- T’as qu’à la foutre dehors ! s’impatienta Tero, énervé alors qu’ils sortaient tous les quatre à l’extérieur de la boîte.
- Je veux pas aller chez…

Le reste de la phrase se perdit dans un bruit d’estomac barbouillé. Jui venait de vomir sur le bord du mur et serait tombé dedans si Yukine ne l’avait rattrapé juste à temps.

- Bon, ça y est ! Manquait plus que ça ! râla le batteur
- Kokoro nooo… couina Jui avant de revomir pendant que le guitariste s’assurait qu’il ne s’en mette pas plein les cheveux.
- C’est sûr et certain qu’il retourne chez lui, affirma Rame en regardant ailleurs, une expression dégoûtée sur le visage.
-J’vaieuh creveeer ! gémit le chanteur
- Tu vas ou tu veux ? lui demanda Yukine
- Aaah, les deux !
- Mais non, mais non !
- Je veux Hide euh !
- Demain ! Tu te sens mieux, maintenant ?
- Ha… Iie !

Il eut un haut le cœur, mais rien ne sortit. Sauf une larme d’épuisement.

- J’veux rentrer, Yukine…
- Oui, on va rentrer.
- On ?
- Ano… c’est juste si tu veux pas affronté Miyako tout seul…
- D’accord…
- Bon, on dirait que j’vais rentrer avec lui, dit le brun aux deux autres. Oyasuminasai, les gars !
- Bai, fit simplement Tero
- Bonne nuit, souhaita Rame en hélant un taxi pendant que le guitariste faisait pareil.

Dans la voiture, après que Yukine ait nommé l’endroit où ils devaient aller, Jui s’effondra, endormi, sur lui.

- Tabarnouche ! fit le chauffeur en regardant dans le rétroviseur. Elle, a l’a bu pis pâs à peu près, hein !
- Euh…
- J’espère t’en profitera pâs trop, mon ‘tit gars !
- Non, mais vous l’avez vu ? C’est une loque ! Je profiterai certainement pas de ça !
- Hâ ! Tu fas ben, tu fas ben !
- Excusez ma curiosité, monsieur, mais votre accent m’intrigue… Vous venez d’où ?
- Du Québec, mon gars ! L’Amérique, cé loin en ‘tit pépère ! Ça j’te l’fas pâs dire ! Heille, toutes cé z’heures-lâ de vol pour v’nir chauffer in taxi ! Faut tu l’faire pareil, hein ?
- Euh… ouais…
- Kin ! Té arrivé ! Fa’tention à p’tite ! Faut pâs faire de mal à çâ, une belle tite peutoune de minme, heille !

Yukine paya le conducteur et sortit le plus vite qu’il put de la voiture en retenant Jui. Encore heureux qu’il n’habite pas au dernier étage, pensa-t-il. La porte de l’appartement était malencontreusement verrouillée. Il dû donc réveiller Miyako en sonnant. Il l’entendit râler en s’approchant du panneau.

- … à cette heure, p’tain. Non mais quel enfoiré ! C’est qui ? demanda-t-elle au travers de la porte
- C’est Yukine, je ramène Jui…
- Ah ! Jui ! dit-elle en ouvrant la porte.
- Oui, il a un peu trop bu…
- Un peu ? Pff ! Ouais, il a dû finir la cave à vin du bar à lui tout seul ! Merci, je m’en occupe ! soupira-t-elle en tirant le châtain à l’intérieur.
- Hey, mais il a dit que je pouvais dormir ici…
- Il est beaucoup trop bourré pour avoir décidé de quoi que ce soit ! Au revoir !
- Et elle lui ferma la porte au nez.
- Mais…
- Va t’en !

Pendant que Jui était encore en train de vomir ses tripes sur le trottoir, Sanaka avait belle et bien reconduit Hide chez lui, contrairement à ce que certaines auraient put penser. Il l’avait même aider à avancer jusqu’à sa chambre. Il n’est peut-être pas si méchant, Sanaka !

- Allons, Hide-chan ! On a du temps à rattraper ! C’est pas le moment de dormir ! s’exclama le chanteur en lui glissant une pilule d’Ecstasy entre les lèvres, comme quoi même l’auteure peut se tromper sur le compte des personnages de sa fic !
- C’est quoi ?
- Des vitamines ! Ça va te revigorer !
- Ah…
- Non, non ! Faut pas dormir ! Ça n’aura pas d’effet, sinon !Allez, allez ! On ouvre les nonoeil !
- On a tant de temps que ça à rattraper, Sana-kun ?
- Mais bien sûr que si, mon lapin ! Tu sais, ça me manque beaucoup de plus te voir aussi souvent qu’avant !
- Je fais comment pour savoir que tu ne me mens pas ?
- (Il l’embrassa) N’as-tu pas confiance en moi ?
- Si
- C’est bien ! dit-il avec un sourire avant de l’embrasser de nouveau. Tu te sens comment, maintenant ?
- Bien…
- Génial !

Il scotcha une autre fois sa bouche à celle de Hide tout en glissant ses mains sous son T-shirt. Le guitariste, lui, se laissa complètement faire. Il était trop embrumé par l’alcool et l’Ecstasy que lui avait donné Sanaka. Même que, des fois, il gloussait sous les caresses du chanteur. Ce dernier finit par lui enlever son chandail et de faire de même avec le sien. Couvrant son torse de baisers et s’arrêtant à quelques endroits stratégique, il lui arrachait de temps à autre un soupir lui criant d’en vouloir plus. Répondant à la demande, Sanaka décida que leur deux pantalons étaient devenus trop étroit. Il enleva donc le sien avant d’enlever celui de l’autre avec lequel il retira accidentellement en même temps son boxer. Il n’attendit pas que Hide le lui demande avant de prendre en bouche se qui se présentait à lui. Il provoqua un soupir furieux au guitariste quand il arrêta de faire jouer sa langue de la base au gland tout en s’attardant sur celui-ci. Mais il avait arrêté pour mieux se débarrasser de son boxer. Il était bel et bien déterminé à lui en faire voir de toutes les couleurs, à lui faire comprendre qu’avec lui, c’était bien meilleur qu’avec Jui !

- Tu vas voir, mon lapin ! Je vais te rafraîchir la mémoire ! Tu vas voir que ton Jui, il vaut rien à côté de moi !
- Jui… ?

Sanaka allait le pénétrer, mais Hide se raidit, réalisant à moitié ce qu’il était en train de faire.

- Voyons ! Hide-chan ! Détends-toi !
- Jui !
- Mais non ! Oublie Jui, c’est pas important ! Et si tu n’y mets pas un peu du tien, on y arrivera jamais !
- Arriver où ?
- Mais au septième ciel, mon lapin !

Et l’éclair de lucidité disparut aussitôt de son regard.

Miyako lui ayant catégoriquement refusé l’accès à l’appartement, Yukine décida d’aller chez Hide pour voir si tout s’était bien déroulé. Il fut surpris d’entendre que ça s’était un peu trop bien passé. Il n’osa même pas entrer.

- Tien… j’suis… chez moi ? Aille ! Ma tête… Bon sang !

Il se leva avec l’impression que son cerveau voulait retourner sur l’oreiller. Il sortit de la chambre en traînant les pieds, un main sur le front.

- Miyako…! On a de l’aspirine ?
- Je savais que t’en aurais de besoin, j’suis allé en acheter, dit-elle en montrant un sac sur la table de la cuisine
- Merci…

Il pris la petite bouteille blanche dans le sac, y prit deux comprimés et la remit à sa place d’origine. Il alla à la salle de bain, s’habilla, se donna un coup de brosse à cheveux et allait sortir quand Miyako lui demanda où il allait comme ça. En fait, elle ne l’avait jamais vu habillé avec si peu de classe.

- C’est pas de tes affaires où je vais, d’abord.
- Mais, je reste sous ton toit, quand même !
- Justement, si tu ne veux pas que je te mette dehors !
- C’est du chantage, ça !
- Ouais, mais je peux vraiment le faire ! Donc, tu te mêles de ce qui te regarde ! Bai !

Il avait décidé que de rendre chez Hide non seulement parce qu’il lui manquait, mais aussi parce qu’il avait vaguement entendu quelque chose sur son koibito et Sanaka, la veille. Il se demandait si ce n’était qu’un rêve ou si c’était vraiment arrivé. Ayant trop mal à la tête pour conduire, il héla un taxi. Arrivé chez le guitariste, il eut une drôle de surprise.

- Yukine ! s’écria-t-il en le voyant alors qu’il sortait ses clés de sa poche.
- Hein ? que… hein !

Visiblement, il venait de se faire réveiller.

- Entre à la place de rester là !
- Euh, entrer… NON ! euh… je ferais pas ça à ta place…
- Pourquoi ? demanda le chanteur en levant un sourcil.
- Euh…
- Allons, ne me dis pas que t’as eut peur d’une araignée !
- … une veuve noire, ouais !
- Tsss !

Et il entra. Son mal de tête s’était dissipé à son grand soulagement. Il n’y avait personne au salon, mais un ronflement provenait de la chambre.

Attends une minute ! Hide, il ronfle pas !

Ce qu’il vit quand il entre dans la chambre eut l’effet d’un coup de poing. Furibond, il tourna les talons et claqua la porte derrière lui. Il retourna voir Yukine en tremblant tellement il était furieux et que ça lui était douloureux.

- Pourquoi tu me l’as pas dit ! s’écria Jui
- Mais, je… commença le guitariste
- Pourquoi tu me l’as pas dit qu’il y avait Hide et Sanaka qui dormaient en cuillère dans notre lit à Hide et à moi ? cria-t-il
- Je t’avais dit de pas entrer !
- Mais qu’est-ce qui se passa ici ! On se permet d’entrer comme ça chez les gens maintenant ? fit la voix de Sanaka derrière Jui.
- Oh toi ! Espèce de pourriture ! hurla toujours Jui qui, hors de lui, lui aurait sauter à la gorge si Yukine ne l’avait pas retenu.
- Sana… k… ka… fit maintenant la voix de Hide qui avait fait mine de sortir de la chambre, mais qui s’était rapidement ravisé en voyant son… koibito ?
- Toi, Hide, Reviens ici ! Sale menteur ! lança le châtain. J’ai à te parler !
- Mais je crois pas qu’il aie toujours envie de te voir après la nuit qu’on a passer !
- T’aurais pu te taire ! lui adressa Yukine

On aurait cru que les yeux de Jui allaient sortir de leurs orbites tellement il les avait ouvert grand. Plus furieux que jamais, il se libéra de l’emprise du guitariste en lui écrasant le pied. Il bouscula violemment Sanaka en passant pour entrer et alla tambouriner la porte de la chambre de Hide de son poing.

- Sors de là, peureux ! On doit se parler, ça urge !
- On dirait plutôt que t’as envie de crier, toi, Jui-kun, dit Sanaka d’un ton mielleux
- Kun ? Kun ! Tu sais où tu peux te le foutre ton putain de kun !
- Oh ! mais c’est qu’on devient vulgaire !
- Viens ici, toi ! s’empressa d’ajouter Yukine avant que Jui ne réplique et il tira l’emmerdeur hors de l’appartement.
- HIDE ! OUVRE LA PORTE, TOUT DE SUITE !

Celle-ci s’entrebâilla timidement sur le visage ruisselant de larmes du guitariste. Des larmes de remords. Jui poussa le panneau avec violence et gifla le brun.

- Alors comme ça, t’as pas assez du chanteur de ton groupe ! ‘Faut qu’en plus tu te tapes cette pute de Sanaka ! Moi qui croyait que c’était chaque jour un peu plus solide toi et moi ! Faut croire que non, parce que y a un boulet qui nous… non, qui t’es rentré dedans et maintenant tout ça, ça s’effondre ! J’y crois pas ! T’es qu’un beau salaud ! M’avoir mentit pendant tout ce temps !
- Non, Jui, je te mentais pas, je te le jure… Je t’ai pas menti pendant tout le temps qu’on a été ensemble, je te le jure, Jui ! C’est la vérité ! Je t’aime, moi !
- Ouais, c’est ça ! Tu m’aimes, mais tu couches avec tout le monde dans mon dos !
- Mais… non ! C’est arriver qu’une fois et c’est cette fois-ci ! Et c’est parce que j’avais trop bu ! Jui, il a profité de moi… écoute, j’en ai perdu des bouts ! S’il te plaît, faut me croire ! Je regrette… sincèrement et amèrement… ça n’aurait pas dû se passer comme ça !
- Non, ça n’aurait pas dû se passer comme ça ! Et tu vas continuer de regretter amèrement parce que moi, pendant que tu prenais ton pied, ben j’étais en train de crever en vomissant tout ce que j’avais ingurgité ! J’ai été obligé de m’accrocher à ce traître de Yukine pour pas tomber en marchant les trois pas qui me séparait du taxi et c’est sans parler de Miyako ! Tout ça pendant que toi, tu t’amusais avec un autre !
- Et je peux t’assurer qu’il a pleinement apprécié ! dit Sanaka qui venait d’arriver.
- Quoi !
- Et il n’a pensé à toi qu’une seule fois pendant qu’on le faisait !
- Ta gueule, le connard ! cria Jui en giflant l’autre chanteur cette fois-ci. C’est vrai, ce qu’il a dit ?
- Ben… comme je te l’ai… comme je te l’ai dit… il… il en manque des bouts dans ma tête et…
- Hide !
- … Excuse-moi, Jui ! Je recommencerai plu, je te le promet !
- Hide ! Tu ne me réponds pas, là ! C’est vrai ou pas ce qu’il a dit, ce enfoiré ?
- … je… il… ben…
- Hiiiide ! Réponds, merde !
- … (Il leva pendant une fraction de seconde sur Jui un regard de chiot perdu, mais les baissa presque aussitôt) Oui… murmura-t-il avant que chacune de ses joues ne soit affligée d’une claque.
- T’es dégueulasse !
- Excuse-moi, Jui ! J’aurais pas voulu si j’aurais été sobre !
- Ben c’est quand tu l’étais pas qu’il fallait refuser !
- Tenshi no…
- Non ! Je ne suis plus ton ange ! Plus jamais, tu entends ! JAMAIS !
- Mais, Jui…
- Je peux pas accepter ça, Hide, je peux pas… fit le chanteur en adoucissant le ton. J’en suis incapable, tu comprends…
- Oui, mais, Jui, je m’en veux tellement ! Si tu savais !
- Et toi, si seulement tu savais à quel point j’aimerais te pardonner !
- Pourquoi tu ne le fait pas, alors ?
- Parce que j’en ai pas la force, Hide… ça me fait trop mal… Tu m’as trop fait mal…
- Mais je regrette tellement, tellement !
- Je sais…
- Et je t’aime, Jui ! Je t’aime du plus profond de mon cœur, de mon être !
- Je sais, moi aussi, Hide, mais on doit arrêter de se voir…
- Je donnerais ma vie pour toi, je te le jure !
- Alors ne la donne pas inutilement… Écoute, j’abolis le «jamais» mais ça ne sera plus «toujours»… ça ne sera plus que «peut-être» entre nous, c’est mieux ainsi…
- Non, c’est pas mieux ainsi ! Je t’aime et tu m’aimes, tu l’as toi-même dit, mais tu ne veux pas qu’on reste ensemble… je comprends pas !
- C’est parce que tu ne veux pas comprendre ! Tu m’as trahi et tu y a pris plaisir ! Je peux pas accepter ça parce que cette trahison, c’est l’être que j’aimais le plus au monde qui l’a faite… essaie de te mettre à ma place, deux seconde ! C’est pas parce que je veux pas, c’est parce que je peux pas…

- Je te le répète, et c’est non sans regret, tristesse, amertume ou frustration, mais il vaut mieux pour nous deux d’arrêter de se voir c’est tout…

Jui alla s’asseoir à côté de Hide et posa la tête sur son épaule, passant son bras à l’entour de sa taille. Le guitariste le serra dans ses bras et quand le chanteur vint à partir, il ne voulut pas le lâcher.

- Hide… lâche-moi… je dois retourner chez moi… lâche-moi… allez ! S’il te plaît, Hide…

Quand il défit enfin son étreinte, le châtain lui pris son visage entre ses deux mains et l’embrassa doucement.

- Prend ça comme un baiser d’adieu…
- Et si je veux pas ?
- C’était pas pour te donner le choix, dit-il en se levant, mais la main de Hide aggrippa son poignet.
- Jui…
- Ça ne sert à rien d’ajouter quoi que ce soit, Hide. Je vais demander à Rame de te mettre… dehors…
- Quoi ! firent en même temps Hide et Yukine
- Mais tu ne peux pas faire ça, Jui ! s’exclama Yukine en relâchant Sanaka qui partit sans mot dire
- Malheureusement, oui, je peux et je vais le faire… à contre cœur, mais je vais le faire… ça sera plus facile comme ça…
- Ok, mais si c’est comme ça, Hide sera pas le seul à partir ! J’vais démissionner !
- J’suis tellement désolé s’avoir à vous faire ça, les gars, mais j’espère que vous comprenez…
- Oui, trop bien maintenant, soupira Hide
- Aishiteru, kokoro no… Sayonara… dit le chanteur en leur tournant le dos en sortant.

Je t’aimerai toujours, Hide. Je suis désolé se te faire subir ça, mais il m’est simplement impossible de te pardonner ce geste, pour le moment. Il te faut comprendre… Nous nous reverrons un jour, c’est promis !

Owari



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