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Gabrielletrompelamort
Author of 10 Stories

Rated: K+ - French - Adventure/Mystery - Harry P. & James P. - Reviews: 378 - Updated: 11-27-09 - Published: 06-14-06 - id:2990948

Sept vies pour mourir

&

Auteur : GabrielleTrompeLaMort

Rating : T

Genre : Action/Adventure – Mystery – Romance

Titre : Sept vies pour mourir

Spoilers : Post Tome 6, bien que, depuis la parution du Tome 7, j’aie décidé d’inclure certains éléments du Tome 7 à la fanfic.

Disclaimer : Cette fanfiction n'est pas à but lucratif. Tout appartient à J. K. Rowling et la Warnerbros Company.

Résumé : Certains appellent ça « jouer avec le feu », mais Harry Potter préfère dire qu'il se sert des mêmes armes que son ennemi pour le vaincre. [Voyage dans le temps – Horcruxes]

Note de l'auteur : Coucou !

Ce chapitre est plus court que les précédents, mais il m’a donné énormément de fil à retordre ! Le voici néanmoins. Il contient énormément d’informations importantes, j’espère qu’il vous plaira. :)

Le prochain mois étant celui du NaNoWriMo, j’ai bon espoir d’avancer très vite dans l’histoire, d’autant plus que je m’astreins dès aujourd’hui à un rythme d’écriture de 1600 mots par jour. Ca devrait porter ses fruits, ça a déjà commencé : j’ai quasiment fini le chapitre suivant. ^^

Le scénario final est quasi terminé dans ses détails, il me reste quelques petites choses à régler. Cependant, pas de panique, vous avez encore de nombreux chapitres devant vous. =)

Encore désolée pour le retard (vacance, manque d’inspi, blocage)… et à la prochaine ! Encore merci à Charlie pour sa correction de texte ! Et, surtout, merci à vous tous pour vos reviews, votre soutien et votre fidélité ! 3

Gabrielle.

Personnages et situations :

Elèves :

Ralph Brocklehurst : Pseudonyme de notre Harry Potter international au temps des Maraudeurs.

James Potter, Sirius Black, Remus Lupin et Peter Pettigrow : Les Maraudeurs, en septième année, nul besoin de les présenter.

Lily Evans : En septième année à Gryffondor, amie de Marlene McKinnon et de la défunte Helena.

Marlene McKinnon : Amie de Lily et Helena, septième année à Gryffondor, homosexuelle.

Franck Longdubat : En septième année à Gryffondor. Meilleur ami de Rose, en pince sérieusement pour une certaine Alice Hornby.

Rose Barjow : Sœur de Rigel Barjow, elle est à Gryffondor en septième année et est très amie avec Franck Longdubat. Ses parents sont les tenanciers de la boutique du même nom au chemin des Embrumes.

Rigel Barjow : Frère de Rose Barjow, il est à Serpentard en septième année, et traîne avec sa bande de caïds, à savoir : Severus Rogue ; Rodolphus Lestrange ; Lucy Rosier et Antonin Dolohov.

Severus Rogue : toujours égal à lui-même, et comme nous le connaissons tous. En septième année lors de l'histoire. L'affaire de la cabane hurlante est déjà passée.

Regulus Black : Frère de Sirius Black avec lequel il a de gros problèmes relationnels depuis la fugue de ce dernier, en cinquième année à Serpentard, ami avec Loïs Parkinson, Amycus et Alecto Carrow.

Loïs Parkinson : Cinquième année. Ami avec Regulus Black et les jumeaux Carrow. Craint à Poudlard pour ses élans et regards sadiques et malsains...

Amycus et Alecto Carrow : Cinquièmes années. Mangemorts arrêtés, respectivement hommes et femmes, cités dans le tome six. Famille mangemorte citée dans le tome six, qui apparemment aurait cru Voldemort mort. Par choix, j'ai décidé que les deux personnages suscités seraient de cette famille, mais cela n'est pas sûr. Une simple supposition.

William Potter : père de James Potter, il est l’Auror lieutenant en chef du département de la défense magique, et aussi son porte-parole officiel, avec le commandant principal. Il dirige une équipe d’Aurors, surnommée la Main, car ils sont cinq et soudés jusqu’à la mort. Depuis peu, il enseigne la DCFM à Poudlard.

Maugrey Fol Œil : le seul, l’unique, l’inimitable. Membre de la Main.

Faustine Bouvaist : membre de La Main.

Fabian et Gidéon Prewett : frères de Molly Weasley, membres de la Main.

-- Professeurs :

Potions : Horace Slughorn*

DCFM : William Potter

Botanique : Pomona Chourave*

Runes : Albert Vector

Sortilèges : Filius Flitwick*

Métamorphose : Minerva McGonagall*

SACM : Brûlopot

Divination : Melle Cassandra, morte et non remplacée.

Cette liste s'enrichira au fur et à mesure des chapitres, et de l'apparition des personnages.



Les vrais visages du lion



Dumbledore parti, l’Auror Potter était revenu. Aucun des élèves encore présent à Poudlard n’avait manqué de remarqué le changement temporaire de direction, pour le moins inhabituel. En effet, pourquoi le sorcier n’avait-il pas transmis les pouvoirs à sa directrice adjointe, McGonagall ? Les hypothèses, aussi nombreuses que farfelues, s’approchaient pourtant toutes de la vérité : en son absence, Dumbledore craignait une attaque, et il avait préféré fournir à un Auror de confiance toutes les ressources nécessaires pour protéger Poudlard si ses craintes s’avéraient fondées. Ainsi, en cas de situation de crise, William Potter avait carte blanche pour agir. Il n’aurait de comptes à rendre qu’à lui-même. Que Dumbledore le place à la tête de son école de magie était une des plus grandes marques d’estime que le sorcier ait pu lui offrir.

Pour l’instant, tout était calme. Le directeur n’était parti que depuis quelques jours, pour une destination inconnue, dont il n’avait pas voulu souffler mot. Tout ce que William savait – du moins, tout ce qu’il soupçonnait -, c’est que l’affaire avait un lien étroit avec Voldemort. Et, aussi étrange que cela puisse paraître pour qui n’était pas au fait de sa véritable identité, également un lien plus qu’étroit avec Ralph Brocklehurst.

William convoqua son état-major, qui avait migré à Poudlard en même temps que lui. Les membres de La Main se présentèrent au bureau directorial dans les minutes qui suivirent. Faustine Bouvaist entra d’abord. Elle embrassa rapidement son amant, d’un chaste baiser sur les lèvres, peu avant que Maugrey Fol Œil et les jumeaux Prewett, Fabian et Gidéon, ne les rejoignent. Les Aurors les plus célèbres de leur milieu s’assirent dans les chaises qu’ils invoquèrent ex nihilo.

« Quelles sont les nouvelles ? » Interrogea Fabian, en caressant sa barbe rousse, geste qu’il avait toujours lorsqu’il s’avérait nerveux.

« Aucune. Ce qui ne veut rien dire, Albus nous a prévenus : aucune possibilité de communication dans les deux premières semaines. Quel que soit son plan, ce drôle de silence en fait partie intégrante. » Répondit William.

Il jouait avec le coin du sous-verre de cuir. Lui aussi montrait des signes évidents de nervosité. Cette situation de veille perpétuelle les épuisait. Depuis que Dumbledore s’était volontairement absenté, les membres de La Main se rendaient compte du fait qu’ils se reposaient énormément sur les épaules du vieil homme, lorsqu’il était présent. Pour eux, en plus d’être un ami, un allié des plus sûrs et des plus fidèles, Dumbledore était un guide. Or, quand la lumière manque en amont, les pèlerins ont tendance à se perdre sur le chemin de leur victoire… songea William en soupirant.

« Qu’en est-il de Ralph ? » dit-il plutôt à voix haute. Il évita d’exprimer ses doutes, certainement identiques à ceux de ses subordonnés.

« Je l’ai observé toute la journée », entama Faustine. « Rien de suspect, sinon qu’il pratique à très haute dose des exercices de concentration. Je pense qu’il essaie d’augmenter sa puissance magique, ce que je peux très bien comprendre dans une telle situation. Tout est ok de son côté. Personne d’autre que moi ne le suit, il ne risque aucun autre enlèvement. »

Elle faisait bien entendu référence à la mystérieuse disparition commune de Rigel Barjow et Ralph Brocklehurst, survenue plusieurs mois auparavant…

« Très bien. J’en réfèrerai à l’Auror Major, et lui demanderai une nouvelle fois de supprimer toute trace du dossier « Brocklehurst ». Si Voldemort tombe dessus par l’un de ses espions et qu’il voit de quelle époque Ralph vient, on risque gros. J’espère lui faire entendre raison en montrant au Major la bonne foi de Ralph. »

« On croise les doigts. »

« Il nous faudra plus que ça… »

« Hmm… »

William soupira de nouveau : tant que ce dossier papier subsisterait dans les archives du Corpus Tempus Fugi, le secret de Ralph ne serait pas en sécurité. Toute trace écrite officielle devait disparaître. Voldemort était à l’affût de ce genre d’occasions : un voyageur temporel venu du futur était un moyen encore plus efficace qu’une Sybille ou une voyante pour deviner l’avenir !

Un problème à la fois. Il fallait passer au suivant.

« En ce qui concerne les journalistes de feu la Gazette du sorcier… Maugrey ? »

L’Auror se leva, au rapport, entièrement dévoué à sa cause comme à son habitude. Pour certains, la guerre était une raison de mourir ; pour lui, c’était une raison de vivre. En temps de conflit, il se révélait l’un des combattants les plus efficaces de sa génération… il avait tout à fait sa place dans La Main.

« Eh bien… » Commença-t-il. « Comme le centre de sécurité CS42 a été découvert par les Mangemorts, nous les avons transféré avec succès dans trois bases dont je suis le seul à avoir connaissance. »

« Tu peux parler ici. J’en fais serment. » Autorisa William. C’était protocolaire, mais en tant que supérieur, il devait mener la réunion dans les règles.

Maugrey hocha la tête et dévoila alors l’ampleur de l’opération qu’il avait menée :

« Les quarante journalistes et leur famille ont été transférés dans les bases DE10, JU15 et HP02, afin de maximiser la sécurité et minimiser les risques. Si les Mangemorts doivent les attaquer, ils devront multiplier leurs efforts par trois pour dénicher les caches. Je n’ai pas jugé utile de donner les véritables noms des caches au Ministère, vu que les couloirs sont devenus des trous de taupes… il en sort partout, dans tous les services. J’ai aussi pris soin de me faire le gardien du secret de ces caches. »

« C’est très honorable de ta part. » souligna William, sachant que l’Auror signifiait par là qu’il était prêt à mourir pour protéger ces journalistes et leurs familles. Cela sous-entendait aussi que personne ne pourrait moucharder, si jamais un espion était dissimulé dans ces familles… Maugrey était d’ailleurs parti de cette hypothèse pour établir son plan de protection. Si espion il y avait, il était désormais coincé avec les témoins protégés, sans possibilité de sortir ni de transmettre de message, puisque Maugrey se chargeait lui-même du ravitaillement quotidien via des Portoloins modifiés pour fonctionner à sens unique.

« Parfait. C’est du très bon travail. »

Maugrey se rassit, secouant la tête comme si c’était la moindre des choses. Il avait agit dans l’urgence et sauvé des centaines de vies, au moins temporairement. Son pari était en effet risqué : en tant que gardien du secret, il prenait le risque d’être pourchassé. Et s’il mourait durant cette chasse, ou n’importe où ailleurs sur le terrain, alors il emporterait avec lui ces centaines de vies sauvegardées. Car les Mangemorts sauraient alors où les trouver, à cause de l’espion infiltré… malheureusement, Maugrey n’avait pas le temps de trouver et emprisonner le mouchard.

William passa au dernier ordre du jour, peut-être le plus important : la mission des frères Prewett.

« Et… et ma femme ? »

Fabian et Gidéon se levèrent. Leur expression était un masque d’impartialité. Pourtant, leurs mains s’agitaient de temps à autre. Fabian n’avait de cesse de caresser sa barbe, et cela rendait William nerveux. Il sentait que les nouvelles n’étaient pas bonnes.

Gilian Potter était Langue de plomb au Ministère et, depuis le jour de l’An environ, William avait de bonnes raisons de penser qu’elle était passée du mauvais côté, bien malgré elle. Un Impero n’avait pas dû suffire à la forcer à agir, il avait sans doute fallu plus que cela. Les Mangemorts avaient du la torturer, et lui, son mari, n’avait rien vu. Rien fait. Du tout.

Il eut un regard triste vers Faustine, qu’il détourna bien vite en direction des jumeaux. Il refoula l’insidieux sentiment de culpabilité, cet aiguillon terrible qui le picotait à chaque fois qu’il songeait à Gilian et à Faustine simultanément… s’il n’avait pas abandonné sa femme pour une autre, tout aurait pu être différent. Très probablement…

Gidéon prit la parole, légèrement moins nerveux que son frère :

« Il est clair qu’elle obéit aux volontés d’un Mangemort. Elle a été vue dans les environs du Chaudron Baveur peut avant l’attaque d’hier, qui a fait six victimes. Quand nous sommes intervenus avec nos troupes pour protéger les civils sorciers et moldus, elle avait disparu. En temps normal, elle serait venue à notre aide, en renfort. »

« Ce n’est pas tout. » intervint Fabian. « J’ai blessé l’un des Mangemorts au bras droit, et j’ai par la suite croisé Gilian au Ministère, avec le bras droit en écharpe. En outre, elle avait tous les symptômes dus au sort de marquage que nous avons élaboré pour tracer les Mangemorts, et que nous lançons en premier, avant les sorts offensifs : boutons bleus, yeux rougis, ongles noircis. Il n’y a plus aucun doute à avoir, malheureusement. »

« La bonne nouvelle, c’est que les Mangemorts n’ont toujours pas trouvé de sort antidote au Marquage que nous leur lançons. Ils sont bien embêtés, c’est au moins cela… » Conclut Gidéon.

William hocha la tête. Les mains réunies en un poing sous son menton, il réfléchissait à l’avenir. À la manière dont il allait gérer cette crise.

À la manière dont il allait annoncer la nouvelle à son fils. Hors de questions d’omettre la vérité, surtout si Voldemort forçait sa mère à attirer James dans ses filets. Le jeune Potter devait être au courant, il en allait de sa survie.

Et celle-ci comptait plus que son bien être moral.

&

1 SEMAINE.

Sur ce coup-là, Sirius et Remus avaient été super-sympas et compréhensifs. Ils n’avaient même pas fait de sous-entendu lourdingues en quittant le dortoir commun, complétant parfaitement leur mission : s’éloigner tout en tenant Peter éloigné. Ralph et Franck étaient encore partis étudier, et comme à leur habitude, ils ne reviendraient pas avant le repas du soir.

James et Lily avaient donc tout leur temps pour passer à l’acte. Pelotonnée dans les bras de son petit ami, la jolie rousse sentait le rouge lui monter aux joues. Ce n’était pas la première fois que les mains de James se baladaient à la périphérie de sa poitrine, ou sous sa jupe dans la région de ses cuisses, mais c’était bien une première en ce qui concernait sa tenue – ou plutôt l’absence de celle-ci. À la fois rêveuse et gênée, elle laissait glisser ses doigts sur le torse de James, du creux de son cou à la pliure de l’aine, et revenait vers le haut. De longs frissons naissaient sur la peau du jeune homme, et elle sentait son souffle chaud et haletant dans son cou.

« Ça va aller ? » chuchota-t-il contre son oreille, le nez dans ses cheveux.

Celle que jadis il s’amusait à appeler la vierge de feu s’apprêtait à lui offrir sa virginité en échange de la sienne. Leur première fois promettait d’être pleine de tendresse et de maladresse. Comme toutes les premières fois, sans doute…

Lily lui mordilla le lobe de l’oreille, en signe d’assentiment. Elle était prête et, mieux que cela, elle avait terriblement envie de lui.

Le jeune homme la serra contre lui et, passant ses mains dans le dos de la belle, descendit jusqu’à la chute de ses reins pour, lentement, soulever sa culotte. Le soutien-gorge avait sauté depuis longtemps… James sentait la pointe de ses seins durcir contre son torse. Il était un peu ivre, de joie bien entendu. Ce moment, combien d’années en avait-il rêvé ? Il n’osait pas dire à Lily que, déjà, c’était mieux que dans ses fantasmes d’ado…

Cependant, au moment où il jetait la culotte noire par-dessus les draps, quelqu’un entra sans frapper.

Lily se rétracta sous la chouette en criant. Ce fut pire quand James leva la tête et s’exclama :

« P… PAPA ! »

Le père Potter cligna des yeux, il ne s’attendait pas à trouver son fils en galante compagnie, et surtout dans ce contexte, au sein même de Poudlard.

« Je, euh… »

Lily n’était pas visible, depuis la porte, mais pour William Potter, il n’était pas difficile de deviner avec qui se trouvait son fils. Même si les deux jeunes gens enfreignaient le règlement de Poudlard – les relations sexuelles étaient prohibées entre les murs du château – il n’allait pas leur jeter la pierre. De plus, ce serait une humiliation supplémentaire pour la pauvre Lily, qui vraisemblablement sanglotait contre son petit copain…

« Je… je t’attends dans la salle de défenses contre les forces du mal. Fais ce que tu as, hum… à faire. »

Comme c’était élégamment formulé…

Il ferma la porte et les petits gémissements de Lily, qui n’étaient pas dus au plaisir, se transformèrent en plainte.

« Lily… ce… c’est gênant mais c’est pas grave ! »

« Mais si ! Quelle horreur, quelle honte ! On avait pourtant fermé la porte à clef ! »

« Euh… »

James remit ses lunettes et s’accouda sur le matelas, Lily contre son torse.

« Oui, mais ce n’est pas une serrure qui va retenir mon père… forcer les portes, c’est un peu son métier, quand on y pense. »

« Je… je suis désolée, James, mais je dois me rhabiller. »

« Oh… je comprends. »

« On fera ça une autre fois. Et puis ça me stressait, d’avoir à trouver une heure pour être tranquilles, rien que tous les deux, sûrs de pas être dérangés… je ne sais pas si j’aurais… »

« C’était bien parti, pourtant, non ? »

James caressa les joues constellées de tâches de rousseur de sa belle, et essuya ses larmes du bout des doigts.

« Oui. » murmura-t-elle. « Mais là, je ne pourrai pas. Pas aujourd’hui. »

« Je comprends. »

« Tu te répètes. » fit-elle, dans un triste sourire.

Bien que des larmes coulaient sur celui-ci, c’était quand même un sourire, et James était rassuré. La sentir pleurer contre lui l’avait fortement ébranlé. À cause de l’intervention inopinée de son père, mais surtout des pleurs de sa jolie Lily, toute envie était retombée, même physiquement, il se l’avouait lui aussi.

Elle l’embrassa sur les lèvres, dans un baiser plutôt chaste.

« Il t’attend, va le voir. Je n’ai pas envie que, en plus, il s’imagine des choses si tu mets du temps à le rejoindre… »

James gloussa en se relevant. Sortir du lit fut un calvaire : il n’avait pas du tout envie de quitter les bras de sa fleur de Lys !

« Les gars ne devraient pas revenir avant trois quart d’heure. Ils sont partis courir avec Peter, dans le parc. Soi-disant parce que c’est le printemps. J’ai prétexté des allergies pour ne pas y aller. Enfin, ce que je veux dire, c’est que tu peux squatter mon lit pendant ce temps, si tu veux. »

« Je crois que je vais me rhabiller et aller squatter le mien, plutôt. Je n’aimerai pas qu’ils me trouvent endormie là. »

« Ok… »

James sauta dans son pantalon d’uniforme, et enfila sa chemise à la va-vite. Tant pis pour la cravate.

« À tout à l’heure, Lys de mes rêves. »

« Mon cœur… Lily aime James. »

« Et James aime Lily… » répondit-il en se penchant sur elle pour effleurer son front des lèvres. « Pour toujours. » ajouta-t-il en soufflant contre sa peau.

Lily en tremblait encore quand il quitta la pièce : le frisson du grand Amour…

&

Pour ajouter à son malheur, James croisa Sirius dans les couloirs. Il avait faussé compagnie à Remus et Peter, guère sportif. Pourtant, sa tenue de course à pied mettait plus qu’en valeur – à vrai dire, elle était un peu trop serrée au niveau des pectoraux.

Il eut la réplique qu’il ne fallait pas :

« Quoi, déjà ? T’as été si rapide que ça… »

« OH ! La ferme, Patmol. »

« Je blague, je blague. Ça a été ? »

« Non. »

« Elle a bloqué ? »

« Pire. »

« Tu as bloqué ? »

« Pire. »

Sirius leva les yeux au ciel, exaspéré de ce petit jeu.

« Mon père nous a surpris. » lâcha James.

La réaction de Sirius fut pour le moins éloquente. Il hurla :

« QUOIIII ? »

« Chut ! Plus bas ! Je ne veux pas que tout le monde le sache, tudieu ! Et ta cicatrice, rappelle-toi ce qu’a dit Pomfresh ! J’ai pas envie que mes heures à te passer de la pommade soient réduites à néant. »

« Mais… »

Sirius prit son ami par l’épaule et l’amena dans un coin du couloir, là où aucun écho de leur conversation n’irait rejoindre les mauvaises oreilles.

« Tu veux dire, en plein acte ? »

« Heureusement que non. Juste avant. Ça nous a coupé toute envie. »

« Je veux bien te croire, brrr… Et ton paternel a réagi comment ? »

« Je sais pas encore. »

James déglutit, et passa la main dans ses cheveux pour se rassurer. Quand c’était Lily qui le faisait pour lui, il se détendait plus facilement. Mais là, rien que de penser à elle, et à la confrontation à venir avec son père, il angoissait.

« Je vais le voir, là. » ajouta-t-il.

Sirius hocha la tête, puis posa son autre main sur l’autre épaule de James. Il serra, prenant une voix grave ainsi qu’un air sérieux tandis qu’il parodiait l’Auror Potter :

« Tu es désormais un homme, mon Fils. »

« Oh, Patmol ! La feeeerme. »

« Meuh. »

« C’est ça. » James se dégagea en lui poussant. « Va faire semblant de courir, j’ai une humiliation familiale à subir. »

« Hey, Jamesie, je rigole, tu le sais bien… si après tu veux en parler, tu sais où me trouver. »

« Ouais, ouais… »

« À tout à l’heure ! »

« C’est ça ! » cria James en s’éloignant.

&

2 SEMAINES.

« Ah ! Le printemps ! » S’extasia Marlène en s’étirant, ce matin-là. « Au moins une chose qui ne changera jamais dans nos vies : le retour des beaux jours. »

« Marlène, il… il est à peine huit heures. » grommela Lily, pas assez philanthrope pour se réjouir à la perspective de quitter le lit à une heure aussi indue un dimanche matin.

La blonde, toute pimpante, quitta le sien pour sautiller jusqu’à celui de son amie. Sans ménagement, elle tira les draps tout en bas du matelas. Lily n’eut que son coussin auquel se raccrocher.

« Nooon… »

« Lily, nous avons rendez-vous dans le parc, pas trop près du Saule Cogneur, pour le groupe de défense avec les garçons, et cet après-midi, c’est l’examen de passage du permis pour le transplanage ! Nous n’avons pas une minute à perdre ! »

« Mais c’est dimanche, je doooors le dimanche… »

« Pas aujourd’hui ! »

Il fallut plus d’une demi-heure aux filles pour se laver et s’habiller sans réveiller leurs colocataires de dortoir. En retard à leur rendez-vous, elles prirent des croissants à la table des Gryffondors, qu’elles emportèrent avec elles dans le parc. Elles saluèrent d’un geste de la main l’Auror surveillant l’entrée du Grand Hall, qui à force de voir passer le tout-Poudlard toute la journée avait fini par en connaître le moindre de ses habitants.

Une fois dehors, l’association du soleil et du vent frais aida les filles à complètement se réveiller. Elles entendirent ainsi leur premier pépiement d’oiseau, que l’hiver avait chassé jusque là. L’éveil de la nature au printemps était toujours un spectacle grandiose, à Poudlard, fait de milliers de minuscules détails qui peu à peu transformaient le paysage. Chaque jour apportait sa nouvelle surprise.

Les garçons étaient bien là, à bonne distance du Saule Cogneur. Pourtant, seul Franck y jetait un œil suspicieux. Les autres, plutôt à l’aise, ne semblaient pas craindre la violence végétale du grand arbre. Lily sauta au cou de James qui lui ouvrait grand les bras. Les deux amoureux s’embrassèrent chastement, pour n’offusquer personne. En effet, depuis qu’ils s’affichaient sans complexe en fait, et que leur relation était passée à un autre stade, ils avaient remarqué la gêne de plus en plus évidente de Peter, et le rouge soudain qui montait aux joues de Ralph quand il les observait. Le comportement de ce dernier était le plus étrange…

Marlene sautillait littéralement sur place, et Franck en aurait fait autant si la proximité du Saule Cogneur ne l’avait pas autant paralysé. Le fait qu’il se soit pris un coup de branche dans le dos en première année, et qu’il en garde une belle cicatrice sur l’omoplate, n’était peut-être pas étranger à cette attitude. La blonde pétillante s’exclama sans rien cacher de sa joie :

« C’est génial, ces gallions d’or ! Ils marchent du tonnerre, j’ai tout de suite senti la pièce chauffer dans ma poche quand Ralph a modifié la sienne pour donner l’heure et le lieu du rendez-vous ! »

« Bien sûr que ça marche… » Fit Lily en haussant un sourcil satisfait, assorti d’un sourire plutôt fier.

Remus se racla la gorge, il avait également participé à leur confection, ainsi que Ralph. Celui-ci ne tarda d’ailleurs pas à répondre :

« C’est une réussite collective. Mon idée peut-être, ta victoire peut-être, Lily, mais chacun a participé à la confection de ses gallions. Nous avons mené les expériences ensemble. »

« Ah, Ralph, que j’aime quand tu tiens le rôle de médiateur. C’est si sexyyyy… » Souffla Marlène en papillonnant des paupières – le printemps, peut-être ? Des allergies au pollen ? Une hétérosexualité passagère ?

Quoiqu’il en soit, cela provoqua le fou rire des personnes présentes, surtout quand Sirius se plaignit d’être délaissé. Ralph, tout à son rôle, leur rappela la raison de leur présence ici. Les rires cessèrent.

« Faisons le contrôle et voyons si, depuis la dernière séance, vous avez amélioré vos patronus… »

Franck se lança le premier, tout à son envie de prouver sa réussite : il réalisa un magnifique sortilège corporel, faisant apparaître un aigle géant. Ralph, qui connaissait son futur, y vit tout l’amour qu’il ressentait pour Alice, sa petite amie. Par expérience, il savait que la forme prise par les patronus représentait à la fois la joie et l’espoir, le plus souvent la représentation animale de la personne à qui l’on remettrait sa vie sans hésiter.

Sans surprise, le patronus de James fut une biche, et celui de Lily un cerf. Quand ils s’en aperçurent, ils s’embrassèrent longuement. C’était bien plus qu’une déclaration d’amour, ce qui venait de se passer entre eux deux. Un serment prêté au Destin.

Pour Peter, l’interprétation s’avéra plus énigmatique : un long serpent jaillit de sa baguette, et si cela provoqua les blagues des autres, la dévastation de Ralph fut totale. Il considéra soudain Peter d’un tout nouvel œil : en qui celui-ci plaçait-il sa confiance ? Ralph devait à tout prix le découvrir. C’était primordial. Il ne manquerait pas d’en référer à William. L’Auror tenait à être informé du moindre détail pouvant rejoindre le sombre avenir décrit par Harry…

De même, la forme corporelle du patronus de Sirius laissait penseur : une corneille d’un gris extrêmement foncé jaillit de sa baguette, poussant un croassement rauque et railleur, défiant. L’oiseau s’envola puis s’évapora dans un nuage de brume. Le jeune Black ne fit aucun commentaire sur l’animal en question, il préféra improviser une petite danse de la joie car, jusque là, il avait eu du mal à la faire apparaître. Ralph se demanda si la corneille ne représentait pas la défunte Rose, d’où cette difficulté à invoquer un souvenir heureux, mais il n’était sûr de rien. Lui et Sirius n’avaient pas reparlé de la jeune femme depuis jour de l’an. Le passage à la nouvelle année semblait si loin, désormais…

L’animagus de Remus, quant à lui, était un papillon géant, évanescent, aux ailes tissées de longs fils de brume, traversées d’un firmament d’étoiles. Poétique et magnifique ! Ils restèrent tous bouche-bée devant l’apparition, qui vola calmement dans les branches du saule cogneur sans se soucier des coups que l’arbre lui portait, et qui le traversaient sans jamais le déformer.

Marlène, peu sûre d’elle, tenta à son tour le sortilège, mais n’y parvint qu’à moitié. Quelque chose de bondissant se dessina sur l’herbe, mais malgré tous les efforts de la jeune fille, cela ne prit jamais la forme espérée. Ralph s’était attendu à ce qu’elle réussisse, pourtant. Au bout de trois essais, le dos ruisselant de sueur malgré la fraîcheur ambiante, la blondinette déclara forfait.

« La prochaine fois, peut-être. » souffla-t-elle en s’asseyant dans l’herbe couverte de rosée. L’effort l’avait rendue presque fiévreuse.

Onze heures approchaient, et ils rentrèrent au château tout en discutant de choses et d’autres. C’est ainsi que Ralph apprit que des élèves téméraires avaient mis en place une « Gazette de Poudlard », qui consistait en fait en un forum de libre expression, où les lettres anonymes de succédaient, sur la situation actuelle, les rumeurs de disparition d’élèves, etc. Ralph trouva l’essai intéressant mais peu concluant. C’était une simple feuille de choux quotidienne imprimée sur du papier d’écolier, à tirage limité et qui circulait de la main à la main, dont le niveau équivalait à celui d’élève de troisième année peut-être…

Une initiative de cette sorte aurait été judicieuse hors de Poudlard. À l’intérieur, cela servait surtout à brasser du vent et à entretenir toute sorte de ragot.

Jetant cette tentative journalistique ratée dans la poubelle la plus proche, Ralph suivit les autres dans la grande salle pour un déjeuner qui s’annonçait conséquent.

Il fallait être prêt pour l’examen du permis de transplanage cet après-midi, et Marlène devait récupérer avant cela.

&

« ON L’A EU ? ON L’A EU !! »

Les cris de joie des Gryffondors de 7e année résonnaient encore dans la salle commune quand ils partirent enfin se coucher. Le réveil promettait d’être difficile le lendemain matin, mais les Maraudeurs et leurs amis avaient tenu à fêter dignement l’obtention de leur permis de transplanage. Ils y étaient parvenus haut la main. Seule Marlène, un peut fatiguée, avait du recourir au deuxième essai. Peter avait paniqué, de son côté, mais il n’y avait pas laissé un seul cheveu, ce qui était une excellente nouvelle.

Bien que légèrement éméché par l’abus de Bierraubeurre clandestinement importée, Harry tint à faire ses exercices de concentration ce soir-là. Ainsi, une fois bien au chaud dans son lit, au lieu de se laisser glisser sur la pente fort attirante du sommeil réparateur, il préféra faire le vide dans son esprit pour se concentrer sur le centre névralgique de son pouvoir, qu’il sentait palpiter là, quelque part en lui.

Derrière ses paupières, le vide familier apparut. Il y accéda sans avoir à fournir d’effort particulier.

Mais, soudain, tout bascula.

« Enfin, nous nous rencontrons » fit la voix dans sa tête.

Harry tenta de répondre, sans succès.

« Nous n’utilisons pas le bon langage. Nous ne parlons pas. Pensons. Conceptualisons. Si nous voulons nous parler, nous voir, nous approcher, tu devras sauter les barrières de notre moi civilisé. »

Harry songea que c’était bien élaboré, comme phrase, pour quelqu’un qui ne voulait pas qu’il parle.

« C’est parce que nous sommes la partie de nous qui émerge de l’inconscient. Rejoins-nous. Va au-delà du vide. »

Harry flottait dans le vide, sans que son corps ne l’y rejoigne. Il était pareil à la goutte d’eau dans la mer : perdu en lui-même, sans moyen de se distinguer de son autre moi, de cette partie qui voulait sortir du tout. Comment sortir une seule goutte de la mer ? Une goutte en particulier ? De quelle façon devait-il s’y prendre pour s’extirper hors de lui-même ?

Tout d’abord, il essaya de bouger. Cela échoua : le plan physique n’existait pas. Etait-il dans son esprit ? Ailleurs ? La pensée d’y rester indéfiniment bloqué le pétrifia de terreur. Les avertissements d’Hildebert Tournetête prenaient tout à coup corps et sens !

Sa peur fit naître une vague, ou une vaguelette, qui s’échoua sur un rivage lointain et lui revint comme en écho.

Il y avait quelque chose, là-bas. Quelque chose sur la terre ferme de son âme, quelque chose d’ancré fermement au terreau lisse de ses pensées. Un arbre ? Et quoi d’autre ?

« Nous… rejoins-nous… »

« J’arrive. »

L’élocution s’en alla vers cet Autre moi de la même manière que la vague de panique qui avait saisi Harry. Alors, ce fut pareil à un mouvement d’aspiration. Harry dériva vers l’Autre lui-même, qui se présenta sous la forme d’une brume compacte entourant l’île et l’arbre.

Harry grimpa sur la côte, s’accrocha à la falaise, et enfin parvint à son faîte.

Pourtant, rien n’avait d’existence concrète, ici.

« Ici, qu’est-ce qu’ici ? »

« Qui es-tu ? »

« Tu converses avec toi-même. Demande-toi plutôt qui, toi, tu es. Ce que tu représentes… »

« L’exil ? »

Ce fut ce qui lui vint en premier à l’esprit.

« La Quête. »

Deux yeux d’un bleu électrique apparurent dans la brume. Petits, proches, ils appartenaient assurément à une créature de taille moyenne, capable de grimper aux arbres.

Harry s’imagina une panthère noire, et aussitôt la brume se fit plus compacte, réponse négative.

« Si tu ne sais pas qui tu es, tu ne sauras pas me trouver. »

« L’exil ! L’exil ! »

« Mais encore ? »

« Le bleu c’est l’exil, c’est aussi… le ciel… la mer… »

Un vague souvenir d’Histoire de la magie lui revint comme un coup de poing : « Le voyage ! »

« Bien. Ensuite ? Que sommes-nous ? »

Ce dialogue avec lui-même tournait au rêve éveillé.

« Un voyageur. Un voyageur temporel. »

« Nous y voilà. »

Autour des yeux bleus brillants apparut un corps de volatile. Une corneille gigantesque se dessina.

« Nous sommes réunis. »

« Dois-je t’apprivoiser ? »

« Nous sommes déjà tout à la fois l’Un et l’Autre. »

« Je ne parlerais jamais comme ça… » Songea Harry pour lui-même.

« En déchirant ton âme, tu n’as laissé que moi. Tu as abandonné les autres. »

« Les autres ? »

« Tes autres moi… ceux que tu aurais pu être. »

« Et qu’aurais-je été ? » tenta Harry, quelque peu déçu par sa forme animagus. Il s’attendait à quelque chose de plus puissant. Mais peut-être sous-estimait-il sa force.

« Tu ne le sauras jamais, malheureusement. Il y a certaines choses que même un retour dans le passé ne changera pas. »

« Je sais cela. »

« Alors tu n’as rien besoin de savoir de plus. »

Avant qu’il ait eu le temps de se retenir à quoique ce soit d’un tant soit peu physique sur ce plan basculant, Harry se retrouva dans le sommeil.

Ce ne fut qu’à son réveil qu’il se souvint de cette rencontre nocturne. Le double battement dans sa poitrine confirmait cela.

En lui, il sentait palpiter un nouveau cœur.

Et le monde autour de lui semblait identique, mais différent.

« C’est moi qui ait changé… » Se dit-il.

Il entendit comme une voix l’approuver, mais nul n’avait parlé. Les autres dormaient encore…

&

3 SEMAINES.

Tout en décortiquant l’aile de poulet rôti qu’il avait choisi, Harry regardait pensivement la table des professeurs à l’autre bout de la Grande Salle. Il mit peut-être un peu trop d’attention à observer son grand-père manger à la place de Dumbledore, et pas assez à ce qu’il faisait dans son assiette, car toute une partie de son poulet sauta dans le verre de son voisin, à savoir Franck.

« Mon pote, je te remercie de cette charmante attention, mais si j’avais voulu du poulet, je me serais servi… »

« Désolé… »

Harry s’essuya les doigts et essuya ensuite le raz-de-marée de jus de citrouille qu’il avait provoqué sur la table. Franck entreprit de l’aider, vu qu’il redoubla de maladresse et fit tomber le verre tout entier. Le Gryffondor manqua de se faire arroser par ce qui coula le long de la table. Il écarta les jambes juste à temps, le jus de citrouille goutta sur le banc – qui en avait vu d’autres, beaucoup d’autres…

« T’as l’air ailleurs, aujourd’hui. Enfin, hier aussi. Et avant-hier. Et le jour d’avant encore. Qu’est-ce qui va pas ? »

« J’aime pas ça. »

« Quoi ? »

« L’atmosphère qui plane sur le château depuis que Dumbledore est parti on-ne-sait-où. »

Harry omit de mentionner qu’il savait très exactement où Dumbledore était allé. Même William Potter n’était pas au fait de la mission très spéciale du directeur. Ce dernier n’avait pas jugé utile d’en informer qui que ce soit. Il était parti, laissant les questions de tous sans réponse, et son soudain départ passait pour un désistement.

Même Harry se sentait atteint par la morosité ambiante : nul ne savait de quoi était fait le monde, dehors. Ils étaient dans un cocon, bien protégés, et ça ne leur plaisait pas pour autant.

Sans compter le fait que, depuis plus d’une semaine, James n’adressait plus la parole à son propre père, et Lily rougissait étrangement en cours de Défense contre les forces du mal…

« Oui, je n’aime pas ça moi non plus. » approuva Franck tout en nettoyant son verre d’un coup de baguette magique. « Mais on n’y peut rien. On est voués à attendre dans l’ignorance, comme tout le monde. »

« Oui, comme tout le monde. » souligna Harry.

Il prit une autre aile de poulet dans le plat, et parvint à la décortiquer correctement cette fois-ci. Il grignota pensivement sa viande et ses petits pois. Il ne pouvait s’empêcher d’attendre un signe, quelconque, du retour de Dumbledore. C’était insupportable ! Lui n’était pas dans l’ignorance : il savait à quel point la mission du directeur était importante pour le monde tout entier. C’était un secret qui lui pesait, qu’il sentait juste derrière ses lèvres, prêt à sortir… s’il avait pu en parler, ne serait-ce qu’à William, il l’aurait fait. Cependant, Dumbledore l’avait averti : pas un mot, à quiconque.

La tentation était forte, mais Harry résistait. Cependant, il ne pouvait s’empêcher de réfléchir, de tourner en rond dans sa tête, et d’imaginer en pensées le périple de Dumbledore jusqu’à la falaise, puis à l’intérieur, sur le lac des Inferis…

Harry faillit s’étouffer dans son verre d’eau, quand il repensa au liquide qu’il devrait boire, qu’il allait boire. À nouveau. Encore. Les larmes lui montèrent aux yeux, il trembla, et renversa la coupe qu’il tenait à la main. Franck sursauta. Toute l’eau lui était tombée sur les genoux. Il se leva en hurlant, ce qui attira l’attention de toute la Grande Salle sur eux.

« Putain, mais fait gaffe à la fin !!! »

« Pardon ! Pardon ! Je suis désolé, je… pardon. »

Ce qui attira encore plus l’attention, ce fut l’Auror Potter : il se leva de sa chaise avec brusquerie, l’air à la fois inquiet et en colère, puis descendit de l’estrade de la table des professeurs, pour traverser toute la salle. Le claquement sec de ses chaussures contre le sol résonna aussi fort que dans une nef déserte, car tout le monde s’était tu. Les regards suivaient l’homme en robe pourpre qui allait vers Ralph Brocklehurst d’un pas plus que décidé.

Cependant, il passa sans s’arrêter, se contentant de sortir par la grande porte. L’incident aurait pu être clôt si Ralph ne s’était pas soudain levé à son tour pour le suivre dans le Grand Hall. Franck l’observa quitter la Grande Salle, les yeux écarquillés et le pantalon encore trempé…

Tout comme Ralph, il avait entendu l’Auror Potter dire « Suis-moi. », et aussitôt le Gryffondor l’avait suivi.

Franck mourrait d’envie d’en faire autant, toutefois, il savait que l’ordre ne s’adressait pas à lui.

Il sécha son pantalon, en se demandant confusément si Ralph n’en savait pas plus qu’il ne voulait bien l’admettre…

Son ami avait beaucoup trop de secrets pour son propre bien, et Franck supportait mal d’être mis à l’écart. En terminant son déjeuner, il se jura de mener sa petite enquête…

&

Au sortir de la Grande Salle, Harry fut violemment tiré sur le côté. William l’avait pris par la main et l’emmenait dans une pièce proche, à l’abri des oreilles indiscrètes. Dès qu’ils furent dans la petite salle de classe abandonnée, l’Auror posa la question qui lui brûlait les lèvres :

« Tu sais quelque chose. Que sais-tu ? »

« Rien. »

« Oh que si. Je suis certain que ça a un rapport avec la mission que tu t’étais donné en venant dans le passé. »

Acculé, Harry ne se sentit pas le cœur de mentir plus que cela.

« Dumbledore m’a interdit de parler. » admit-il.

« Pas à moi. »

« Il ne faut pas mal le prendre, mais, si. »

Son grand-père fronça les sourcils. Ses yeux, au regard voilé par l’inquiétude, étaient d’une étrange fixité.

« Harry, tu dois me dire ce qui se passe ! C’est important ! »

« Oui, c’est important. »

« Je suis ton grand-père, tu peux te confier à moi. Tu le sais bien… »

Harry eut un hoquet de stupeur, choqué que William fasse jouer la corde sensible pour lui tirer les vers du nez. Cela le rabaissait. Ce n’était pas honorable. Décidément, Harry avait trop idéalisé sa famille. William Potter était un grand Auror avant d’être un grand homme.

Certes, le secret que détenait Harry pouvait mettre la population en danger, mais uniquement s’il était révélé. Comment signifier cela à son grand-père, sans lui donner encore plus envie de savoir ? L’affaire était délicate, un peu trop pour Harry qui avait hérité de la franchise des Potter.

« Harry, fais-moi confiance. »

« Ce n’est pas une question de confiance. » rétorqua le jeune homme.

« Alors quoi ? » insista William en écartant les mains, paumes vers le ciel.

Harry mit toute sa détermination dans sa voix et son regard :

« C’est une question de parole. Je l’ai donnée, je ne vais pas la reprendre parce que vous êtes inquiet. Faites confiance à Dumbledore, vous. »

« Harry, mon devoir passe avant tout. Si tu détiens des informations susceptibles de m’aider alors… »

« … je vous les aurai déjà confiées. » termina Harry, d’un ton sec cette fois-ci.

Il n’aimait pas du tout la tournure que prenait la conversation, passablement mal partie, déjà.

« Ne fais pas le jeu de Dumbledore, ne me cache pas des éléments importants. Je suis de ton sang, tu es ma descendance, nous sommes plus intimement liés que tu ne l’est avec Dum… »

« Par Merlin, on se connaît à peine ! Ce que vous ne supportez pas, en fait, c’est que je sois l’homme de Dumbledore avant d’être votre petit-fils ! »

William baissa le regard. Il répondit, sifflant :

« Tu me reproches peut-être le fait d’être mort à ton époque et de n’avoir pas tenu mon rôle ? Mille excuses, dans ce cas. »

« Ce n’est pas ce que je voulais dire. »

« Si, j’ai très bien compris, crois-moi. »

« Pas du tout ! Ce que je vous reproche, c’est de me faire un genre de chantage pour que je crache ce que je sais. C’est vil de votre part. Et ça me déçoit terriblement. »

« Je ne fais que mon devoir, Harry. »

« Votre devoir d’Auror, mais pas celui de père ou de grand-père. »

La remarque fit mouche. William ne répondit pas. Harry regretta ses paroles aussitôt qu’il les eut prononcées, mais il était trop tard. Tant pis. Il conserva un regard aussi froid que possible lorsqu’il termina la conversation :

« J’ai cours dans cinq minutes, je dois vous laisser. »

« Harry… »

« Bonne journée. »

Harry quitta la salle de cours abandonnée pour aller dans celle où se déroulait sa classe de potions. Il avait le ventre vide, la tête trop pleine, et le cœur gonflé d’émotions. Il se sentait au bord de la nausée, mais il n’irait pas à l’infirmerie. Il ne voulait pas donner à son grand-père une autre occasion de le cuisiner.

L’esprit ailleurs, il prit la direction des cachots.

&

4 SEMAINES.

« Monsieur Brocklehurst ! Monsieur Brocklehurst ! Patty est désolée de vous réveiller, mais Patty doit vous amener voir le professeur Dumbledore de toute urgence ! Vite, monsieur, vite ! »

Harry secoua sa main pour que l’elfe la lâche. Il se sentait mal, glacé et mal, le cœur au bord des lèvres. Pourquoi est-ce que… ça lui revenait : il n’était pas allé manger, préférant s’isoler, et il s’était endormi sur son livre et par-dessus ses couvertures, tout habillé. Quelqu’un avait eu la bienveillance de tirer les rideaux du lit lors de son sommeil, par contre il n’avait pas été jusqu’à le border, ce qui expliquait cette atmosphère tétanisante et les tremblements qui l’agitaient. Harry s’assit sur le rebord du matelas, tirant les rideaux, et saisit sa baguette sur la table de nuit. D’un murmure, il lança un sort de réchauffement sur sa peau. Une douce torpeur l’envahit, la douceur bien vite chassée par les trépignements de l’elfe de maison qui l’exhortait d’une manière de moins en moins discrète :

« Allez, monsieur, allez, il faut y aller, c’est très urgent, TRÈS URGENT a dit le professeur Dumbledore !... »

Il faisait nuit noire, tous les chandeliers du dortoir étaient éteints, et dehors le ciel était nuageux. Harry regarda l’heure à sa montre : quatre heure vingt. Ce devait être important pour que le directeur le fasse venir à cette heure ! Heureusement qu’il était habillé, il gagnait du temps, ainsi.

Encore tout engourdi de sommeil, Harry se leva pour prendre la cape d’invisibilité dans sa valise, sous son lit. Il l’enfila, chassant quelques moutons de poussière sur le tissu et, avant de mettre la capuche, observa un instant le dortoir tranquille. James s’étalait, en étoile, comme un camembert trop fondant sous ses couvertures ; Peter n’était visible nulle part sous sa couette (s’était-il métamorphosé en rat pendant son sommeil pour plus de confort et de chaleur ?) ; Remus et Sirius étaient roulés en boule au creux de leurs lits respectif ; Franck enserrait le coussin sous sa tête et souriait comme un bienheureux…

Harry soupira, renonçant à la tranquillité d’esprit que procure le sommeil, mit la capuche et suivit enfin Patty hors du dortoir. Bien qu’il connaisse le chemin par cœur, après l’avoir parcouru toutes ces années, il se laissa accompagner par l’elfe. Sa présence était réconfortante, il lui rappelait Dobby, qui à cette époque et en ce moment devait subir les premiers instants de sa vie chez les Malefoy.

Une fois parvenus devant la gargouille, l’elfe de maison prononça le mot de passe – « Lait-corne ! » – avant de disparaître dans un son assourdi devenu familier. Harry s’avança, et dès que le passage se referma derrière lui, tandis qu’il montait les marches de pierre en colimaçon menant au bureau, son corps se réchauffait vraiment. Il laissa glisser ses doigts sur la pierre du pilier central. Quand il fut arrivé en haut, qu’il émergea dans le bureau aux belles vitrines et à la cheminée ronflante, une vague de chaleur et de réconfort le balaya. Dumbledore était de retour, après toutes ces semaines d’absence et de silence. Il était là, à nouveau, bien vivant. Il avait survécu à son périple et semblait en forme, malgré les cernes noirs qui encadraient ses yeux aussi brillants que de coutume.

« Harry » fit-il en guise de bienvenu. « Je t’attendais. »

Le jeune homme retira sa cape d’invisibilité et la plia sur son coude.

« Non, c’était moi qui attendait après vous, professeur… »

Le vieil homme sourit et, debout près de l’âtre, l’invita à s’asseoir dans l’un des canapés de vieux cuir brun, autour d’une table surchargée de bonbons au citron, de pain d’épices, auquel Dumbledore, toujours souriant, ajouta d’un coup de baguette théière et tasses de thé.

« Thé ? » proposa-t-il en s’asseyant.

Harry se mit à l’aise, et ce fut alors qu’il s’aperçut d’un détail insolite : il était venu en pantoufles de chambre…

« Volontiers. Et je vais prendre un bonbon au citron ! » Ajouta-t-il en joignant le geste à la parole.

« Fais donc, fais donc… »

Dumbledore le servit, et Harry s’étonna de son calme apparent.

« Tu dois te demander pour quelle raison insolite je t’ai fait réveiller et mander à plus de quatre heures du matin quand tu as cours le lendemain et que j’ai été absent pendant quatre semaines et deux jours, n’est-ce pas ? »

« C’est une excellente synthèse de ma situation… » Fit Harry, que la constante malice de Dumbledore étonnerait toujours.

Le vieil homme s’assit dans le canapé et, sa soucoupe dans une main et la tasse dans l’autre, s’autorisa un râle de délassement tandis qu’il savourait le thé chaud dans sa gorge.

« Si tu savais… c’est la première fois depuis tout ce temps que je peux enfin me reposer, ne pas être sur mes gardes pour quelques heures… ce furent des semaines éprouvantes, oh oui, très éprouvantes. À tel point que je n’en ai presque pas dormi. »

« Ceci explique cela. » fit Harry, en faisant référence aux cernes. Il trempa les lèvres dans sa tasse, approuvant en son for intérieur que le thé était particulièrement bon, quoiqu’un peu trop amer à son goût.

Dumbledore hocha la tête.

« Être seul en milieu hostile requiert une vigilance constante, constante ! La rengaine d’Alastor n’a jamais été aussi vraie qu’en ces temps incertains. »

Harry s’avança dans son canapé, et tendit les bras pour poser la tasse. Plus que le thé, une autre question lui brûlait les lèvres, moins triviale que la précédente.

« Professeur… je veux savoir. »

Il plongea son regard émeraude dans celui de son mentor. La force du lien qui les unissait fit qu’ils se trouvèrent et se comprirent tout de suite.

« J’ai trouvé la grotte, Harry. Je l’ai trouvée. »

Le jeune homme sentit ses doigts trembler, il avait bien fait de bosser la tasse de thé. Il prit le bonbon au citron et en tritura l’emballage transparent pour faire passer sa nervosité. Et à l’intérieur, qu’avait-il découvert ?

« Tout s’est déroulé selon ta description. J’y suis allé avec un fidèle serviteur, que tu as d’ailleurs croisé ce soir… »

« Patty, l’elfe de maison ? »

« Précisément. »

Comme si son simple nom l’avait invoqué, la petite créature disgracieuse mais ô combien courageuse apparut près de son maître, et s’inclina devant Harry comme si le fait que Dumbledore allait décrire était un humble service.

« Comme, grâce à toi, je savais ce qui m’attendait, j’ai pu prévoir un plan, et éviter des morts inutiles. Je connais Voldemort : je lui ai enseigné la magie, je l’ai suivi toute sa scolarité, je l’ai chassé de Poudlard quand il est venu me réclamer le poste de professeur de défense contre les forces du mal. Alors, puisque je sais de quelle manière fonctionne son âme déchirée, je me suis glissé dans sa peau. Et j’ai eu raison. Je me doutais bien que Voldemort n’avait pas fait cas des créatures qu’il décrit comme inférieures. La magie qui empêchait de transplaner depuis l’intérieur de la grotte fonctionnait avec la mienne, mais pas celle de Patty. Patty a pu nous extraire de là, de ce tourbier infâme, de ce charnier aquatique, uniquement parce que Voldemort a sous-estimé son ennemi. Tous ses ennemis. Moi. Patty. La magie des elfes… »

« Mais, et dedans ? Après ? Qu’avez-vous trouvé ? »

« Ceci. »

Dumbledore tendit sa main droite vers Harry, paume au ciel, et y fit glisser à l’intérieur un pendentif retenu autour d’une chaînette dorée. C’était bien lui, le pendentif de Salazard Serpentard !

Quelque chose s’enflamma en Harry, grossit, grandit : l’envie d’en découvre. Il fallait trouver un moyen de détruire cette chose, n’importe lequel, mais un moyen efficace ; peut-être en trouvant un basilic pour lui prendre l’un de ses crocs, comme pour le journal en deuxième année ? Plus facile à dire qu’à faire, malheureusement.

Cependant, un geste de Dumbledore réduisit cette flamme destructrice et victorieuse à néant : le médaillon était un faux.

A cette époque, déjà, quelqu’un l’avait remplacé.

« Et ce quelqu’un a laissé un message, Harry, que tu connais déjà… »

« Quoi ? Que… vous voulez dire que… »

Dumbledore sortit le bout de parchemin et le déplia, révélant les mots qu’Harry avait lu et relu, avec toujours plus de chagrin, car Dumbledore était mort pour rien.

Mais aujourd’hui, son professeur et mentor était là, bien vivant, et nul n’était mort en vain. La victoire n’était pas totale, mais le fait était là : ils avaient une longueur d’avance, cette fois-ci, des décennies d’avance grâce à Harry. Aussi, la relecture du message ne lui fit pas plus d’effet que cela, pour une fois.

Au lieu de subir le coup du Destin, Harry le retournait à son avantage.

« Alors, cela veut dire que ce fameux R. A. B. nous a encore devancés ? »

« Oui… »

« Et cela veut dire que je cherchais aussi au mauvais endroit… »

« Il ne peut, en effet, pas être dans les murs de Poudlard. Ce n’est pas quelqu’un de cette génération, c’est impossible. L’exploit est trop grand, de toute façon. »

Harry, par contre, prenait peu à peu conscience d’un autre coup du Destin : si R. A. B. n’était pas Regulus Black, alors Harry l’avait mis en danger, sciemment, en l’incitant à faire tout ce qu’il faisait, à pactiser avec l’ennemi, avec Rosier…

Peut-être avait-il provoqué la mort de Black… peut-être qu’au final, tout était écrit, et que son intervention dans le passé ne servait à rien…

« Je sais à quoi tu penses. » l’interrompit Dumbledore.

Il avait terminé sa tasse de thé, pour la poser sur la dentelle un peu grise qui recouvrait la table basse.

« Et tu te trompes. Le Destin n’est pas immuable. Tu as une Quête, elle est intemporelle, tout comme toi, ton existence. Tu es destiné à accomplir de grandes choses, et que tu aies réussi à revenir dans le passé en est déjà une. Tu réécris l’Histoire, Harry. Tu ne t’en rends pas compte, mais tu es le nouveau scribe des dieux… du Destin… Tu as changé beaucoup de choses, en m’informant, et crois-moi, si j’avais été au courant, je n’aurais pas laissé tes parents mourir Harry, certainement pas. Tu les as sauvés, au moins. Tu t’es sauvé d’une vie d’orphelin. C’est un exploit en soi, cela, aussi… »

Harry l’écoutait d’une oreille distraite, il fixait le médaillon sans le voir.

Si R. A. B. n’était pas Regulus, n’était pas Rose, ni Rigel Barjow, ni aucun de ceux ici présents, sur sa liste d’élèves, alors qui était-ce ?

Qui était cet allié ? Et surtout, où était-il en ce moment-même ? Vivait-il encore ?

« Je me suis permis de faire analyser le papier, dans un laboratoire clandestin chez des vieux amis à moi, afin de dater l’objet… et Harry… ce papier que je tiens entre mes mains, celui que tu as tenu entre tes mains, dans vingt ans, celui qui a causé ma mort… aujourd’hui, il n’a pas plus de quelques mois. Pas plus de quelques mois. Six, ont dit les laborantins, à titre indicatifs. Moins de six mois, Harry ! Cela est très important, très important… »

Dumbledore courba son dos vers son interlocuteur, s’avançant vers lui comme pour mieux capter son regard et son attention, ce qui fonctionna. Harry sortit du tourbillon de questions qui possédait ses pensées.

« Cela veut dire, poursuivit Dumbledore, qu’il y a quelqu’un, là, dehors, quelqu’un de suffisamment informé, voire suffisamment proche de Voldemort pour fabriquer ceci, trahir son maître, et cacher ou détruire le vrai Horcruxe. »

« Un Mangemort qui nous veut du bien… »

« Oui, Harry. » acheva Dumbledore, l’air grave. « Du bien, à tous. »


Prochain chapitre : « La loge noire ».



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