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Dai or Die
- Good morning, my baby ! fit-il d'une voix pâteuse due au réveil
- Ohayoo gozaimasu ! répondit le châtain à côté de lui.
- Tu as bien dormi ?
- On dort toujours bien après une soirée comme celle d'hier !
- Heureux de te l'entendre dire ! dit-il, tout sourire, avant de l'embrasser.
- 'Faut que j'aille prendre une douche, j'ai une répèt', tout à l'heure... finit par dire le chanteur de Vidoll en s'asseyant sur le rebord du matelas.
- Rooh ! Déjà ? Elle peut pas attendre un peu, cette douche ?
- Hum... ça dépend... Tu proposes quoi ? demanda-t-il avec un sourire coquin.
- Bah... Je te propose rien, je supporte seulement pas qu'un objet féminin te voit nu avant que je t'aie vu ainsi, plus tôt dans la journée !
- Pervers !
- Et alors ? Ça ne te déplaît pas, à ce que je sache ! Et pis, t'es pas du genre à détester te pavaner à poil dans l'appart'
- Hey ! Je m'appelle pas Gackt !
- Je sais ! Toi c'est Jui ! Et j'aimerai jamais Gackt ! Ou jamais autant que je t'aime, toi !
- Ben tient ! De toute façon, il est plus libre, tout le monde le sait !
- Et on s'en fout !
- Alors, tu viens avec moi ?
- Où ?
- Sous la douche, ai no baka !
- Ah ! Oui !
Et le chanteur de kagerou se leva d'un bond pour suivre sont amoureux jusque dans la salle de bain, de laquelle, ils omirent négligemment de fermer la porte, puis jusque dans la douche, qui fut quelque peu plus longue que prévu. Enfin pas vraiment, puisque Jui avait bien eu l'intention d'y inviter Daisuke en sachant parfaitement qu'ils n'allaient pas innocemment se laver puis sortir pour se sécher. Toutefois, le châtain n'arriva pas en retard à sa répétition (au grand bonheur de Rame !). Une répétition normale, qui annonçait une autre journée normale, sans être banale. Tout semblait parfait dans cette vie : un travail stable, malgré les membres changeants du groupe, une relation qui durait depuis près de deux ans maintenant et qui semblait vouloir se prolonger jusqu'à l'infini, des amis en qui il mettait toute sa confiance, une famille qui l'appuyait de tout cœur. Il avait tout, pour ainsi dire ! Il réfléchissait à quelle activité, entre aller au cinéma, au restaurant ou tout simplement louer un film pour ensuite... terminer la soirée en beauté, une fois de plus, quand, puisqu'il ne regardait que vaguement où il allait, il fonça dans quelqu'un. Un grand roux ou plutôt rouge, aux cheveux longs, regard ténébreux... en fait celui-ci était bien plus grand que lui, car son nez s'était retrouvé écrasé contre le logo Adidas sur le T-shirt du plus grand.
- Gomen, s'excusa Jui
- Faudrait regarder où vous mettez les pieds ! fit l'autre avec un sourire qui aurait été digne des publicités de Colgate.
- ... Euh... Oui... oui... désolé... je... je pensais à... à autre chose... répondit le châtain, un tant soit peu hypnotisé par le visage attirant de ce qui se qualifierait d'heureux hasard.
Le roux lui sourit de nouveau puis continua son chemin.
- Attendez ! s'écria le châtain.
- Oui ?
- Est-ce que... ce... serait impoli de... vous demandez votre nom... ?
- Daisuke
- Ah ?
- Ah... ? répéta-t-il en souriant toujours
- Ano... c'est que... mon copain s'appelle comme ça aussi... je... j'ai trouvé ça curieux ! expliqua nerveusement Jui (En fait, il avait l'impression que son cœur allait lui briser les côtes à force de battre aussi fort !)
Bah... c'est assez commun comme nom...
- Oui... oui... c'est vrai... je... vous avez raison... Désolé de vous avoir importuné...
Il allait continuer de marcher vers son appartement, mais la voix du deuxième Daisuke l'interpella.
- Et v... ça dérange si je tutoies ?
- N... non, ça va...
- Et toi, tu t'appelles comment ?
- ... Jui... Au fait... j'ai l'impression que... Je vous... je t'ai déjà vu ailleurs... ?
- Anooo... c'est plus que fort possible... Je fais parti d'un groupe de musique... Dir en grey
- Ah ! Alors tu es Die !
- Ouais !
- Ah ben ! J'suis content de... enfin... de t'être rentré dedans !
- Et t'es pas dans un groupe, toi aussi ?
- Oui... Je suis dans Vidoll !
- Je me disais bien, aussi ! Ça commence à marcher fort, votre groupe !
- Oui, faut croire que le changement de line-up a pas vraiment offusquer les fans...
- C'est clair !
- Bon... euh... je vais rentrer... Y a Daisuke... ano... le mien, tu sais, pas toi... qui dois commencer à se demander où je suis passé !
- Alors à un de ses quatre ! J'dois rentrer aussi... On a un meeting dans... euh... maintenant...
- Je te retiens pas plus longtemps, dans ce cas... sayonara !
- Sayonara !
Puis, le roux se retourna et commença à marcher d'un pas plus rapide pour être un peu moins en retard à sa réunion sous le regard toujours obnubilé de Jui qui lui, ne se décida à se retourner que lorsque Die fut hors de son champ de visions. Lorsqu'il entra dans son bloc appartement, son cœur battait encore à tout rompre, il se demandait même si Daisuke, celui de kagerou, allait s'en rendre compte.
- Tadaima !
Il avait décidé de faire comme si rien était, au risque de faire découvrir par lui-même à l'autre chanteur qu'il était un peu perturbé par la rencontre qu'il venait de faire.
- Okaerinasai, ai no ! lança-t-il du salon, alors qu'il ne tarda pas à se pointer dans le couloir pour aller prendre son koibito dans ses bras, comme à son habitude, avant de lui demander: Tu as passé une belle journée ?
- Oui, répondit le châtain en l'embrassant. Tu sais dans qui j'ai foncer en rentrant ?
- Qui ?
- Die !
- Dai... ?
- De Dir en grey !
- C'est vrai ?
- Oui ! J'ai même discuté un peu avec lui !
- Tu sais, c'est étrange parce que j'avais l'intention d'aller chez Kyo ce week-end...
- Ah parce que tu connais Kyo ?
- Ben ouais... c'est un de mes potes !
- Ah !
- Donc t'étais prédestiné à rencontrer Die, tiens !
- Comment ça ?
- Parce que depuis que Kyo est plus avec Manami, il squatte chez Die, en fait...
- Donc on aurait été chez Die...
- Ouais, sauf que ça fait six mois que Manami a fini par avouer à Kyo qu'elle le trompait...
- Ah... et y a quelque chose entre lui et Die ?
- Ano... Même Toshiya sait rien sur ce cas-là... Et pis, tu sais... Toshiya c'est celui qui est le plus près de ces deux-là... Donc...
- Je vois...
- Mais, à mon avis, Die commence à en avoir marre d'avoir la tornade blonde dans son logement... Mais bon... ça me regarde pas vraiment. Donc qu'est-ce qui occupait ton esprit pour que tu ne regardes plus où tu marches ?
- Je pensais à ce qu'on pourrait faire ce soir...
- T'avais quoi comme options ?
- Le ciné, le restau ou un film qu'on loue et après... ben, tu sais, non ?
Le brun lui sourit.
- Tu sais... je crois que d'une manière ou d'une autre ça finira de la même façon...
- Tu crois ?
- On verra ! fit-il en riant. Finalement, t'as opté pour quoi ?
- Euh... ben... En fait j'ai pas eu le temps de choisir avant de foncer dans Die...
- Ah ! Tu sais... j'ai pas vraiment envie de sortir...
- Pourquoi ?
- Parce que ça signifierait qu'il faudrait que je me prépare... et j'en ai pas envie, aujourd'hui...
- D'accord ! Alors j'irai louer un film ! Ou je te préparerai à ta place !
- Oh la ! J'pense que tu ferais mieux d'aller louer le film...
- Je sais, Dai-kun, je plaisantais !
Ils s'embrassèrent puis Jui tourna les talons pour sortir une nouvelle fois.
- Tu y vas maintenant ?
- Oui... à moins que tu veuilles que j'y aille plus tard... ?
- Après dîner, d'accord ?
- Hum... ça sent comme si tu manigançais quelque chose...
- C'est vrai, j'ai cuisiné un peu cet après-midi, en t'attendant... j'ai pas tout à fait terminé, mais si tu veux bien m'aider...
- Ok !
Ils finirent de se préparer à manger, puis dégustèrent ce qui s'avéra à être un excellent repas, Daisuke était vraiment un cordon bleu ! Par la suite, le châtain remit ses chaussures et partit à la boutique de location la plus près de chez eux, boutique qui était en fait une supérette qui faisait la location de vidéo, autant en DVD qu'en VHS. Le choix n'était pas très vaste, mais au moins les dernières nouveautés était sur les tablettes. Il choisissait son film quand des éclats de voix, sans être très violents, parvinrent à lui :
- Non, mais j'en ai marre ! fit une première voix
- Quoi, j'ai fait quoi encore ? fit innocemment une deuxième
- J'en ai plus que marre parce qu'en plus tu te rends même pas compte de ce que tu fais ! Tu dis que tu veux un film, ensuite on entre ici et tu dis que t'en veux plus. On sort, on retourne dans la voiture, on roule un peu, tu change d'avis ! Et on arrête dans un truc de location plus grand ! Et pis une fois entré là, tu rechange d'avis tu ressors pour finalement qu'on se retrouve ici et que tu veuilles seulement t'acheter des ours en gelée !
- Ben quoi ! T'es pas obligé d'en faire toute une scène !
- J'en fais toute une scène parce que c'est toujours comme ça !
- T'es pas ma mère quand même !
- Non, mais comme j'ai pas le choix de te suivre parce que c'est TA voiture et que personne ne touche à la voiture de monsieur !
Alors que la dispute continuait, Jui s'approchait de l'endroit où elle se déroulait, c'est-à-dire dans le rayon où on pouvait trouver des friandises, des chips et autres gâteries. Il y vit une tête rouge, qu'il avait déjà vu, quelque moment auparavant et une deuxième, blonde, beaucoup plus petite que la première. Die et Kyo, en déduit-il.
- Et pis y a non seulement ça, mais y a aussi que tu squattes chez moi ! T'es arrivé comme ça BANG ! Tu me dis que Manami t'as jeté et tu me demandes même pas si tu peux rester, non ! Tu dis : Je vais crécher chez toi quelques jours ! Ça fait des mois de ça !
Le châtain suivait la discussion, dissimulé derrière un rayon et observait entre deux boîtes de céréales. Daisuke avait donc raison à ce propos ! Sous peur qu'on le remarque, il alla, sans toutefois quitter le grand roux des yeux, payer sa location au comptoir. Même en colère, ses traits restaient beaux, pour lui c'était extraordinaire, mais il ne savait pas trop en quoi. On dirait que... que... oui ! Il fallait qu'il se l'avoue, le guitariste lui faisait beaucoup d'effet ! Il chassa cette pensée de sa tête en secouant la tête, se rendant compte qu'il était déjà rendu au comptoir et que la vieille caissière rabougrie attendait après lui. Il vit du coin de l'œil que les deux Dir en grey, qui s'étaient tus, arriver à côté de lui alors que l'autre bonne femme allait lui chercher le DVD qu'il avait demandé, mais s'efforça de ne pas tourner la tête vers eux. Au lieu de cela, il la pencha un peu, comme pour se cacher derrière un mince rideau de cheveux. Même s'il l'avait vu s'approcher et tendre la main, il sursauta quand Die posa celle-ci sur son épaule.
- Hey ben le monde est petit !
Le châtain chanteur se retourna vivement face à lui, le cœur qui semblait, une deuxième fois vouloir lui arracher les côtes. Il ne dit rien en réponse à cela, ne sachant plus où se mettre.
- J'ai fini par apprendre tout à l'heure que Daisuke et toi alliez venir à la maison ce week-end...
- Si... si ça t'embête... je peux dire à Dai-kun... ano... pas toi... tu le sais... Enfin... il comprendra...
- Oui... non, ano... ça m'embête pas... non c'est plutôt ce nabot qui commence sérieusement à m'énerver... dit-il en soupirant.
- Je... J'ai cru comprendre...
- M'ouais... désolé... je me suis peut-être laisser emporter... mais...
- Hey ! Tu connais le copain de Daisuke ! vint les interrompre Kyo
- Ouais... on dirait...
- On dirait qu'il t'a parler de moi, plaça Jui pour le blond
- Ouais ! Il arrête pas ! J'ai jamais vu quelqu'un aussi amoureux d'une autre personne !
Le chanteur de Vidoll se sentit rougir. De l'autre côté du comptoir, la caissière se faisait impatiente et soupira bien fort pour qu'on la remarque.
- Euh... Gomen, je dois y aller...
Il pris son DVD et fila comme un voleur, mais on le rattrapa sur le trottoir.
- Hey !
Il se figea en se mordillant la lèvre inférieure.
- Tu avais oublier ça...
Une tierce fois, il se trouva face au roux qui, cette fois-ci, lui tendait un sac. En effet, il avait oublier l'emballage de pop-corn qu'il avait aussi pris en passant.
- Ah... je... merci... bafouilla-t-il en prenant le sac et s'apprêtant à prendre la fuite de nouveau, cependant, on le retint.
- Ben voyons ! Part pas comme ça ! On dirait un jeune voyou qui s'enfuit après avoir cassé la fenêtre d'un bâtiment !
- Euh... c'est que... je... je vais être en retard...
- En retard ? Pour regarder un film ?
- Eh ben...
- Non, ça va, laisse... j'ai laisser Kyo s'en retourner tout seul... Tu veux que je te raccompagne ?
- ... euh... je voudrais pas... rallonger ton chemin...
- C'est pas grave, j'ai besoin de marcher de toute façon !
Le roux fit quelques pas, puis se retourna, remarquant qu'on ne le suivait pas.
- Tu viens ?
Sans mot dire, Jui lui emboîta le pas. Mais Die n'était pas résolu à se taire, comme l'autre l'aurait souhaité, parce que le son de sa voix faisait parcourir un frisson le long de sa colonne, un frisson pas vraiment désagréable, mais qui le faisait sentir coupable de ressentir quelque chose pour quelqu'un d'autre que pour Daisuke.
- C'est loin, chez toi ?
- ... Non... environ... dix minutes de marche...
- Ok ! Et ça fait longtemps que tu es avec Daisuke ? ... Pas moi, l'autre ! demanda-t-il en riant.
- Environ... euh... ça fera deux ans dans... deux mois...
- Wouah ! C'est stable, votre couple ! Ça devient de plus en plus rare de nos jours...
Pour la première fois depuis leur rencontre, la mine du guitariste s'assombrit légèrement pendant qu'il s'allumait une cigarette.
- Une... une relation qui... s'est mal terminée ? interrogea le chanteur
- Ouais, mais disons que j'aurais dû m'y attendre... m'amouracher de quelqu'un qui a une telle réputation...
- Qui ça ?
- ... Oh c'est plus important... Je crois que je voulais prouver aux autres que ces rumeurs étaient fausses... J'ai eu tord, mais on apprend de nos erreurs, non ? T'en veux une ? lui demanda-t-il en lui tendant une cigarette que Jui pris.
- Merci... répondit-il quand le roux lui prêta son briquet.
- C'était Sakito...
- Ah... euh...
- Celui de Nightmare... répondit-il sans que la question soit posée
- Ah...
- Mais c'est pas grave, c'est fini maintenant cette histoire ! Et déjà sur le chemin de l'oubli !
- ... On m'a déjà dit que... c'était pas nécessairement bien de... d'oublier ou de tenter d'oublier... ceux qu'on a déjà aimés... parce qu'au fond... au fond... on ne les oublie jamais... alors... les oublier... ça revient à se mentir à soi-même...
- C'est beau ce que tu viens de dire...
- Ce... C'est... ça vient de... de Kazuki... avant... avant qu'il meure... Il m'a dit ça quelques jours avant qu'on le retrouve dans son appartement...
- Oh... Je suis navré...
- Ça va... c'est qu'à ce moment-là... ça fait déjà cinq ans de ça... enfin... je venais de me faire jeter par quelqu'un avec qui je croyais que ça durerait éternellement... tu sais quand on est jeune...
- Ouais...
- Ça fait drôle... on se connaît depuis même pas une journée et on se raconte des trucs pareils...
- ... Euh... ouais... je... suis arrivé...
- Ok, anooo... À ce samedi, alors !
- Oui...
- Bai !
- Sayonara...
Et il fit encore un sourire, qui le faisait fondre. La tête complètement ailleurs, il monta l'escalier au lieu de prendre l'ascenseur pour monter à l'appartement qu'il partageait avec le chanteur de kagerou.
- Eeeh ! Ça été long ! s'exclama ce dernier
- Oui, désolé... J'ai croisé une vieille connaissance et on a discuté...
- Ah !
- Alors on l'écoute, ce film ?
- Oui ! Certainement ! fit-il en le tirant dans le salon
- J'ai ramener du pop-corn aussi !
- Chouette !
Ils écoutèrent donc le film, cependant utilisé le verbe écouter dans cette phrase alors que ce n'est pas vraiment ce qu'ils ont fait, ne serait pas juste. Je dois donc rectifier à : Ils mirent donc le film dans le lecteur de DVD et commencèrent une séance plutôt intensive de papouilles. Malgré l'ardeur qu'il semblait y mettre, Jui avait un autre Dai en tête, un Dai plus rouge... Mais Daisuke, celui qui était vraiment là, ne s'en rendit pas compte, puisque lorsque le châtain cria le nom de l'autre, ce fut le sien qu'il entendit et ce fut tant mieux... Pour Jui...
Le reste de la semaine se déroula tout aussi normalement, bien que le chanteur de Vidoll ne puisse pas s'enlever le guitariste de Dir en grey de la tête et ça commençait à l'embêter et à le faire se sentir mal envers Daisuke. Mais il ne lui montrait pas, il ne le fallait pas ! Daisuke l'aimait plus que tout... Quant à lui... il s'efforçait à croire que c'était aussi son cas, même si une voix, une faible voix, lui disait le contraire... mais cette voix n'était pas assez forte pour écraser la conviction qu'il avait qu'il ne devait pas laisser le chanteur de kagerou comme ça, juste parce qu'un autre, qui plus est portait le même prénom que le sien, faisait un peu battre son cœur !
Enfin, le samedi pointa le bout de son nez. Pendant la matinée, Jui ne pensait même plus que dans quelques heures il se retrouverait en face du roux. Ce ne fut qu'après avoir déjeuné que Daisuke le lui rappela. Il se prépara d'apparence comme si ce n'était qu'une simple sortie entre amis, mais en dedans, il bouillonnait de nervosité, loin d'être aussi calme que son boyfriend le croyait. Ce fut ainsi jusqu'à ce qu'ils arrivent finalement devant l'appartement où squattait Kyo, puisque c'était principalement lui que Daisuke venait voir. Ce fut Die qui répondit, toujours avec ce même sourire charmeur. Jui, se sentant furieusement rougir, baissa la tête pour se cacher, une nouvelle fois, avec ses mèches lui tombant naturellement sur le visage.
- Salut, Die !
- Salut, Dai, Jui ! Venez ! Entrez !
- Merci ! Kyo est là... où il est pas revenu de je n'sais où... ?
- Il est là... il devrait se manifester d'un moment à l'autre
- Bon, c'est bien ce que je croyais ! Au fait, tu as déjà fait la connaissance de Jui, je crois...
- En effet !
L'intéressé releva un peu la tête, juste assez pour croiser, ne serait-ce qu'une fraction de seconde, le regard de Die, puis, en détournant les yeux, le salua, en même temps que Kyo arrivait dans la pièce, chacun prenant place dans un fauteuil ou sofa, Daisuke collé sur Jui, c'est à dire entre celui-ci et Kyo et Die sur le fauteuil d'à côté. Ils discutèrent de façon animée pendant une partie de la soirée, en mangeant une pizza commandée entre temps. Ils burent aussi, mais quand même de façon responsable, car il fallait bien que Daisuke et Jui rentre chez eux à la fin de la soirée ! Pendant tout ce temps, Jui posait à tout instant discrètement les yeux sur le roux, ne pouvant se détacher complètement de lui. Ceci le rendant mal à l'aise, il se mit à boire un peu plus que les autres, ainsi ces mêmes autres pourraient mettre ses joues rosies sur le compte de l'alcool et non de la gêne. En plus, boire le rendait un peu plus sensible au toucher, et ne pouvait résister à son Daisuke lorsque celui-ci posait la main sur lui, empêchant tout soupçon de faire surface. À la fin du compte, ces deux-là durent passer la nuit chez les deux Dir, parce que Jui avait amené tous les autres a boire autant que lui et il avait fini par s'endormir sur le canapé avec son koibito à ses côtés, mais qui, pendant la nuit, se retrouva sur le tapis du salon.
Le matin suivant, le châtain fut le dernier à se réveillé. Il mit un certain temps avant de se souvenir de l'endroit où il se trouvait, et quand il se souvint, il réalisa que Daisuke n'était pas là et que des voix lui parvenait de la cuisine. Il se leva un peu trop vite, les murs se mirent à tanguer autour de lui et il retomba sur le sofa. Il se releva moins rapidement cette fois et traîna les pieds jusqu'à la place d'où venaient les voix.
Il n'y avait que Die et Kyo dans la cuisine.
- Ah ! Salut Jui ! lança le roux.
- Sa... salut...
- Ça va ? Tu as l'air un peu... perdu...
- Euh... Il est pas là, Daisuke ? demanda-t-il d'une toute petite voix
- Non, il...
- Quoi ! coupa-t-il
- T'inquiète pas ! Il est pas loin ! Il est juste parti acheter de l'Advil pour qui en aura besoin, dont lui et apparemment, toi... expliqua le plus grand
- Ah...
- Tiens ! Salut, toi ! fit une voix derrière lui en même temps que les bras d'à qui appartenait cette voix s'enroulait autour de sa taille.
- Dai-kun... soupira de soulagement le châtain.
Mais était-ce vraiment du soulagement ?
- J'ai acheter de l'Advil... T'en veux ?
- Oui... un comprimé s'il te plaît...
- Voilà, dit-il en lui en tendant un avant de le serrer contre lui. T'as pas l'air d'aller super...
- Ça va... c'est qu'une gueule de bois...
- Tu veux qu'on rentre ?
- ... (Il haussa les épaules)
- Hum... ?
- Ano... d'une façon ou d'une autre, je pense pas qu'on fera grand chose aujourd'hui...
- C'est clair... Bon alors on reste... y a un truc dont il faut qu'on parle Kyo et moi... c'est pour ça que je devais le voir et finalement on en a pas parlé...
- Ok...
- Ça te dérange de rester un peu avec Die... parce que... enfin tu sais... ça ne vous regarde pas vraiment...
- Ok...
- On sera au salon, si jamais il y a quelque chose qui va pas
- Hai...
- T'inquiète pas, y a pas de sous-entendu dans ce que j'ai dit !
- Je sais, je te connais, Dai-kun ! Après un an et demi de vie commune !
- Je sais que tu me connais, c'est juste que tu avais un drôle d'air... la gueule de bois j'imagine...
- Hai...
- Je t'aime ! lui souffla-t-il à l'oreille avant de l'embrasser puis de partir au salon en suivant le blond.
Jui se retrouva donc seul à nouveau avec Die.
- Ça faisait longtemps qu'ils ne s'étaient pas vu, tous les deux...
- J'imagine... Daisuke ne m'avait jamais parlé de lui...
- Ah bon ?
- Pas à ce que je me souvienne...
- Pourtant ils sont presque les meilleurs amis du monde...
- Bah... j'imagine que j'en ai encore à apprendre de lui... Et lui de moi...
- Y aura toujours des choses à apprendre des gens qu'on connaît...
- Oui...
- Mais bon, euh ça faisait un bail qu'ils s'était vu... avec notre tournée en Amérique et la leur en Europe avec d'espairsRay... en plus des dates qu'ils avaient seuls... Bref, les deux groupes chôment pas...
- Et c'est tant mieux !
- Oui ! On s'en plaint pas !
- Nous, ben... Kisaki en a pas encore vraiment parler... mais je crois qu'il projette de nous envoyer en France...
- C'est bien la France... !
- Oui je sais...
- Mais Kaoru veut plus y retourné...
- Ah ?
- Ben... on sait pas comment, mais y a une fan pire qu'hystérique qui s'est retrouvée dans notre loge et pis... c'est bête comme histoire, ricana-t-il. Enfin... il dit avoir faillit devenir sourd à cause des cris et d'avoir faillit crevé quand elle s'est jetée sur lui... Il était déjà pas de très bonne humeur à cause de je sais pas quoi qui s'était passé avant le concert... il a jamais voulu en parler... Je crois qu'il a rayer le pays de sa carte à cause de ça... Il a dit que la sécurité était pas assez bien, aussi...
- Eh bien...
- Par contre l'Allemagne, on a tous apprécié ! Le public est vraiment génial, là-bas ! J'aimerais bien vraiment parler allemand...
- Toi, on voit sur des anciennes photos que t'aimes bien ce pays de toute façon !
- Ouais... je sais... à cause du brassard avec la croix gammée...
- Oui et pis... c'est pas toi qui a composé euh... Schwein no isu ? C'est pas de l'allemand, ça Schwein ?
- Si... mais c'est Kyo qui écrit les paroles...
- Ah... c'est qu'une coïncidence, alors...
- Ouais !
Un blanc s'installa, faisant revenir le malaise de Jui. Il se mit à se tortiller les doigts.
- T'es nerveux ? reprit Die en s'allumant une cigarette.
- Hein ?
- Depuis qu'on s'est rentré dedans... t'arrête pas de jouer avec tes doigts comme tu fais, là...
- Ah... euh... Je m'en rends pas compte, en fait...
- Un tique ?
- On dirait...
Le roux sourit, l'autre détourna le regard.
- Tu... tu sais de...de quoi ils... ils voulaient parler... Kyo et... et... Daisuke ?
- Non... Mais comme ils sont amis de longue date et simplement que ça, t'as pas à t'en faire...
- Oh... non... je... je m'en fait pas... je... j'étais juste curieux...
- C'est bizarre...
- Que... Quoi...
- Du calme ! Panique pas... C'est seulement qu'on dirait que tu as deux personnalité... celle qui parle normalement, qui répond naturellement... et l'autre super nerveuse et timide...
- Ah... Tu veux que... que je te dise...
- Hum...
- Y a... Y a qu'avec... qu'avec toi que... que... que ça fait ça... Je... Je sais pas pourquoi... Ça... m'embête... un peu... parce que... je comprends pas... pourquoi ça arrive...
- Bah, tu sais, c'est pas grave ! Ça peut arriver des trucs comme ça ! C'est juste un p'tit peu inhabituel...
- Oui... ce... c'est vrai...
Die et Jui continuèrent de parler ainsi pendant une partie de l'après-midi, ce dernier retrouvant peu à peu sa facilité à parler, alors que Kyo et Daisuke discutaient aussi dans la pièce adjacente. Ce ne fut qu'un peu avant l'heure du dîner que Daisuke revint dans la cuisine en demandant au châtain s'il voulait retourner à la maison. Ce dernier jeta un coup d'œil au rouge, comme s'il aurait pu trouver la réponse à la question de son koibito dans les yeux de l'autre qui avait le même prénom.
- Euh... Ok... Oui... On rentre... finit-il par dire, avant de détacher son regard de sur Die.
Le brun lui sourit.
- Bon, et bien, au revoir, alors !
- Sayonara, firent en chœur les deux Dir en grey.
Die leur sourit, mais Jui se surpris à penser que ce sourire n'était que pour lui. Il le lui rendit, mais en plus timide. Une fois sur le pallier, marchant avec le bras de Daisuke autour de la taille, celui-ci repris la parole:
- Je vois que tu t'entends bien avec Die !
- Euh... je...
- C'est quoi ces bégaiement, on dirait que tu crois que je pense que t'es attiré par lui ! Je disais ça en parlant que vous aviez l'air d'être rapidement devenus amis !
- Ah... oui... c'est vrai...
- L'est sympa, ne ?
- Oui...
- Et un sourire qui ferait fondre n'importe qui !
- ... Hum...
- Jui ? interpella-t-il en sortant du bâtiment. T'as l'air ailleurs... T'es sûr que ça va ?
Le châtain ne fit que hocher la tête pour répondre.
- T'as sûrement besoin de sommeil...
- Hai...
Arrivé à leur appartement, Jui alla directement se coucher, pensant qu'il devrait réfléchir.
- Tu manges pas, Jui ?
- Eto... non... j'ai pas faim...
Le brun entra dans la chambre et s'approcha du lit où l'autre chanteur s'était déjà glissé.
- T'es pas malade, quand même ?
- Non, ça va, je vais bien... J'ai seulement besoin de repos...
- ... J'aime pas avoir à te demander ça, mais... Tu me caches rien non plus, ne ?
- Mais non, Dai-kun ! Bien sûr que non !
- Bien ! sourit-il. Je te laisse te reposer ! J'vais venir te rejoindre plus tard...
- Ok...
Il l'embrassa doucement et sortit de la chambre pour aller se faire à manger.
Ce ne fut que lorsque le chanteur de kagerou fut sorti que celui de Vidoll ne se mit à pleurer doucement. Pourquoi n'avait-il pas été capable de lui dire ce qu'il avait sur le cœur... quel effet Die avait sur lui ? Peut-être... Peut-être parce que lui même n'était pas encore sûr de ce qu'il ressentait... Ou peut-être n'était-il seulement pas près ? Il finit par s'endormir parmi ses songes.
Quelques semaines passèrent, ils retournèrent encore quelque fois chez Die qui n'avait toujours pas mis Kyo à la rue, Jui le croisa encore plusieurs fois dans la rue en revenant de ses répétition, éveillant un peu plus la flamme qui brûlait en lui, qui finit par être un vrai feu ardent qui vint à écrasé celui qui brûlait pour Daisuke... Jusqu'à ce que...
- Où est Daisuke ? demanda le roux en entrant chez Jui qui l'avait invité
- Justement, je voulais te parler de ça... fit-il en se rapprochant de lui.
- Ah ?
- Je l'ai viré...
- Quoi !
- Tu as parfaitement compris ! J'ai viré Daisuke !
- Je croyais que toi et lui c'était... pour la vie... c'est ce qu'il arrêtait pas de dire !
- Ça, c'était avant que je te rencontre, Die...
- ... Dis... T'es pas en train de me faire des avances, toi ?
- Tout dépend de sous quel angle on voit la chose...
- Jui... Je sais pas si...
- C'est une bonne idée ? Je sais pas non plus... Je voudrais juste... essayer... T'en pense quoi, toi ?
- ... Je... euh... Je sais pas... c'est... écoute... je... Tu as laissé tomber un mec raide dingue de toi pour un autre de qui tu n'es même pas sûr de la réaction !
- J'ai eu tort tu crois ?
- Je sais pas... vraiment... En venant ici... je m'attendais vraiment pas à ce que tu me dises ça... Je crois que j'ai un peu de difficulté à te croire...
- ... Tu crois que je me moque de toi, c'est ça ? interrogea-t-il en baissant les yeux sur ses doigts.
- Anoooo... Jui, j'ai un peu l'impression d'être dans un rêve... et je ne sais pas encore si je dois le qualifier de cauchemar ou pas... Vous aviez l'air si bien ensemble... J'en reviens tout simplement pas ! C'est pas croyable !
- ... Alors tu crois que je suis un con... con d'avoir quitter quelqu'un qui m'aimait parce que moi, j'avais le cœur ailleurs et que... que... j'vais le dire franchement, Die... C'était plus à lui que je pensais quand on... enfin tu sais, quand on couchait ensemble... Je m'en voulais pour ça... Les dernières fois étant les pires... je me croyais toujours amoureux de Daisuke, mais c'était plus le cas... Je m'en suis rendu compte et maintenant, après lui avoir tout dit, je lui ai demandé de partir... je crois... je crois que j'ai été honnête de lui dire... Ça lui a fait mal, j'le sais... Mais c'était mieux maintenant que plus tard... si... s'il l'aurait appris par lui-même... Alors pour ça, tu crois toujours que je suis con ?
- C'est pas ce que j'ai dit, Jui !
- Mais c'est ce que tu insinues !
- Non ! Laisse-moi le temps d'y réfléchir...
- Ça c'est une façon polie de dire non... Hein ?
- ... (il soupira) Jui... Je vais revenir plus tard... dit-il en se levant pour sortir.
- Die ! s'écria-t-il, retenant l'autre par la manche alors qu'il passait devant lui. Je veux que tu saches que... Je t'attendrai... tout le temps qu'il faudra... mais je t'attendrai !
- ... Hai... maintenant, si... tu pouvais me lâcher... que j'aille réfléchir...
- Ok... souffla-t-il, obéissant.
Quelques heures auparavant, chez Jui et Daisuke :
- Daisuke...
- Qu'est-ce qu'il y a... ? ce... Ça a l'air grave...
- Oui... je sais... faut... faut qu'on parle... j'ai... je dois te dire quelque chose... c'est important...
- Tu m'inquiètes, Jui...
- Avec raison, je crois... souffla-t-il en baissant les yeux.
- Qu... Quoi ? bafouilla l'autre dont les siens commençaient à briller de larmes.
- Écoute... j'ai réfléchi longuement pour en venir à cette solution... crois-moi... ça a pas été simple... Et je suis très conscient que ce que je m'apprête à te dire... ça... ça va te faire atrocement mal... mais... ce n'est rien comparé à ce que ça aurait été si tu l'avais appris autrement...
- Jui... t'as pas... fait ça... ? Hein... T'as pas fais ça ? demanda le brun la voix étranglée par les sanglots.
-Te trompé ? Non, jamais, c'est pas ça... pas... tout à fait ça...
- Qu'est-ce que...
- Tu te souviens du jour où... où je t'ai dit que j'avais foncer dans Die ?
- Ou... Oui...
- Et le soir même... quand j'ai été louer un film et que ça été long... Je t'avais dit que j'avais rencontré un ami de longue date...
- Hai...
- Ano... en fait c'était Die... Avec Kyo que j'avais vu à la supérette... On a discuter un peu... Quand je suis parti, sans m'en rendre compte, j'ai oublier un sac au comptoir... Die est venu me le rendre... et il est revenu avec moi... il a laisser revenir Kyo tout seul chez lui... parce qu'ils s'étaient engueulés à propos de quelque chose de bête dans la supérette... Enfin... en revenant... on a discuté lui et moi...
- Mais Jui ! Tu as dit que... Tu as dit que tu m'avais pas trompé !
- Et c'est vrai... mais depuis ce temps-là... à... à chaque fois que... que je le vois... je... je... suis plus moi... je perd la tête... je... je sais pas, c'est fou... mon cœur bas à m'en éclater les côtes ! Et j'ai peine à me contrôlé pour avoir l'air normal...
- Tu... tu l'aimes... donc c'est... ça...
- Je... je... oui...
- Et tu ne m'aimes plus... constata-t-il d'un ton douloureux
- C'est ce qui m'a demandé le plus de réflexion... parce que... c'est... c'est étrange... parce qu'en quelque part... y a encore une partie de moi... qui t'aime toujours... mais c'est comme si... ce que je ressens quand Die est près de moi... ça... ce... c'est... plus puissant... je sais pas... c'est...
- Tu sais... t'es pas obligé d'inventer tout ça, Jui... si tu m'aimes plus, tu m'aimes plus, c'est tout !
- Justement, c'est pas le cas ! Je te l'ai dit... je sais que tout ça, ça a l'air barge, mais crois-moi... c'est vrai... rien de plus vrai...
- Bien... bien... et je présume que tu veux que je parte de ton appartement ?
- Écoute, euh... Si t'as nulle part où aller... tu peux rester ici tout le temps qu'il te faudra pour trouver...
- Non... Ça ira... je... je vais aller chez Shizumi... Je... tu permets que j'utilise le téléphone ?
- Oui, oui... bien sûr... Tu sais, tant que tes affaires sont encore ici, c'est aussi chez toi...
- ... Ok... soupira le brun en prenant le téléphone pour appelé son ami. Salut, Shizu... je sais... je... désolé... oui, mais je veux juste savoir si... si je peux... passer la nuit chez toi... j'ai pas vraiment envie d'en parler comme ça au téléphone... merci... merci beaucoup... je... j'arrive... merci encore... oui... bai...
- Tu... euh... l'as dérangé... ?
- Non ça va...
- Ok...
- Je crois que... qu'il ne me reste plus qu'à partir maintenant...
- Il se dirigea vers la sortie, où Jui le suivit. Avant de sortir, le chanteur de kagerou se retourna et fixa son regard humide dans celui du châtain.
- Au revoir...
- Daisuke... Attends, le retint le chanteur de Vidoll.
- Que...
Le châtain, probablement impulsivement attira l'autre vers lui pour l'embrasser et le serrer contre lui. Juste une dernière fois... Daisuke éclata en sanglots dans les bras du premier, qui, lui, laissa s'échapper quelques larmes, en s'agrippant à son chandail. Puis, s'arracha de son étreinte.
- Tu... tu pleures... Jui... ?
Il ne répondit que d'un sourire triste en baissant les yeux.
- ... Je... je viendrai chercher mes... mes affaires... plus tard...
- Bai... murmura-t-il en le regardant s'éloigner.
Il ne retourna à l'intérieur que lorsqu'il fut disparu derrière les portes métalliques de l'ascenseur. Il alla appeler Die.
- Moshi, moshi ?
- Die... Jui desu...
- Ha... Salut... que me vaut ce plaisir !
- Ano... est-ce que ce serait possible de... de se voir... ?
- Ce soir ?
- Hai...
- Euh... Je crois pas que ça cause de problème... Où ?
- Chez moi...
- Ah... !
- Je veux juste parler...
- Ah bon... c'est curieux... quand on a envie de parler... surtout quand ça a l'air important comme en ce moment, on appelle pas des amis qu'on connaît depuis pas longtemps...
- Je sais... mais... tu sais combien c'est facile pour moi de te parler...
- Bon, je vois... Laisse-moi le temps d'arriver, alors...
- Merci, Die... c'est gentil...
- Y a pas de quoi ! À tout de suite !
- Hai...
Le roux raccrocha d'abord et Jui prit quelque seconde avant de l'imiter. Ça y était... il avait déjà tout dit à Daisuke #1... Il ne restait plus qu'à s'avouer à Daisuke #2...
Ça y est... Tout est dit... Maintenant, il faut attendre une réponse... Mais c'est long d'attendre... pourquoi c'est si long ? Est-ce que ça lui semble aussi tordu qu'il l'a dit et que pour ça, il ne voudra pas de toi ? T'aurais dû tout dire à tout le monde depuis le début ! Baka ! Baka ! BAKA ! BAKAYAROO ! Qu'est-ce qui t'as pris, enfin ? Et si c'était que passager ? Qu'avec lui... ce sera... non... faut pas ! Faut pas ! Dors ! Faut dormir... dormir... Il faut... Dormir... Demain... tu sauras... Maintenant... Faut... Dormir... dormir... dor... mir...
Quand Jui se réveilla le matin suivant, il portait encore les vêtements de la veille et remarqua qu'il ne s'était pas même glissé sous les couvertures. Il s'assit sur le lit... vide... Il avait tout dit à Daisuke... Il était parti... Mais reviendrait chercher ses affaires... Il avait tout dit aussi à Die... Lui aussi était parti... Lui aussi reviendrait, mais pour lui dire sa réponse, en fin de conte. Le téléphone sonna. Portant son regard dessus, il vit du même coup qu'il était passé midi. Il décrocha, moshi, moshi...
- Jui... C'est Die...
Le cœur qui se remet à battre à tout rompre... Oh lala... Une cigarette serait de mise... Il est où ce foutu paquet ? Dans ce tiroir peut-être... Ah ! Ouais ! Et le briquet... Juste à côté !
- T'es toujours là ?
- ... Oui...
- Euh... J'ai réfléchi à ce que tu m'as dit hier... et...
Ben vas-y ! T'attends quoi ? Qu'il te donne le signal ? Ben GO ! GO, Die, vas-y ! Jette-le, qu'il' prenne ce râteau !
- Faudrait qu'on se voit... J'aime pas trop le téléphone pour ce genre de truc...
- Ah...
Non mais ! Tu fais exprès ! Quel gnangnan ! C'est pas difficile de dire : JE VEUX RIEN SAVOIR ! ... Mon Dieu... Jui... Tu délires, mon vieux...
- Je connais une place sympa, ajouta la voix au bout du fil.
- Ok...
- Je vais te prendre chez toi ?
Oooooh ! Ouais ! Volontiers ! Non mais... BAKA JUI !
- Euh... Ok... ça marche !
- J'arrive, alors... À tout de suite !
- Hai... !
Il raccrocha en vitesse. Vite, il fallait qu'il se trouve quelque chose à se mettre qui ferait en sorte qu'il soit irrésistible... Chandail, blouse, chemise et pantalon virevoltait dans la pièce, il n'entendit même pas qu'on frappait à la porte. Il choisit une chemise blanche. Quel pantalon mettre avec ça ? Il opta pour un en cuir noir, le tout aurait un résultat assez... désirable ! Concentré à la tâche que c'était de se vêtir, il n'entendit pas non plus l'arrivant qui était entré de lui-même, vu qu'on ne lui répondait pas. Il finissait d'attacher son pantalon et n'avait pas encore enfilé sa chemise quand le roux dans l'embrasure de la porte de sa chambre le fit sursauter par sa seule présence dans la pièce.
- Ah... t'es... arrivé...
- Faut croire que tu m'as pas entendu... fit-il avec un sourire un peu plus gêné qu'à son habitude.
- Non... je t'avais pas entendu... répéta le châtain en mettant sa chemise dont il n'attacha ni les premiers ni les derniers boutons. Euh... Je... vais... juste laisser... un mot à Daisuke... Si jamais il... il venait chercher ses affaires pendant mon absence...
- Ok !
Le mot écrit, ils descendirent, montèrent dans la voiture de Die et se rendirent à l'endroit choisi par ce dernier, soit un resto-bar à l'allure assez chic, merci ! Jui s'en trouva bouche bée.
- Tu viens ? fit la voix du guitariste à son oreille.
Il était tellement ému par la place à laquelle il l'avait conduit qu'il ne s'était pas aperçut que celui-ci était sorti de la voiture et était venu lui ouvrir la portière.
- Quand tu as dit... Sympa... c'était pas ça du tout que je m'étais imaginé... dit-il en saisissant la main que le rouge lui présentait pour sortir.
- Tu t'imaginais quoi ?
- Je sais pas, mais c'était vraiment pas ça !
- Si ça te plaît pas, on peut aller ailleurs...
- Non ! Au contraire !
Ça serait pas un bon signe ça ? Oh laaaaa... tout est en bois... Ça doit coûter une belle petite somme manger ici... Oooooh ! Les serveurs sont en costume... Ah ! Queue-de-pie en plus ! Oh my god ! T'aurais dû t'acheter une robe de soirée, tant qu'à ça, et à passer pour sa fiancée, tien ! C'est tellement richement décoré... Oooooh, c'est beau ! S'il t'annonce que les mariages gays sont en vigueur, c'est clair que tu fonds en larmes ! Comme une Madeleine ! Non ! C'est un rêve tout ça, hein... Faut te réveiller ! Quelqu'un ! C'est trop beau pour être vrai ! Tu rêves, c'est certain... Oh ! T'as vu ça ! DU CHAMPAGNE ! C'est le soir qu'on boit ça normalement, non ? Du champagne pour le déjeuner ? Ooooh... Tu fais tellement ridicule... ! Il va s'en apercevoir ! Ah lala ! ... Il t'emmène où, là ? Au comptoir ? Hein... Ah ouf... T'as eu peur, hein ! ... Han ! Non mais franchement, Jui ! Même manger au comptoir dans un restau pareil c'est un honneur ! Il parle au barman... Qu'est-ce que... Oh non... Il va pas... Il va... Oh que si ! Il le fait, il le fait ! Il fait fermer le restau ! Pour toi ! Peut pas le croire ! C'est pas vrai ! C'est pas vrai ! Faut se réveiller ! Fait quelque chose ! Mais que... Quoi ! Ils font sortir ceux qui sont déjà là ! Peut pas croire ! T'es dans un film ! C'est une farce ! C'est n'importe quoi, mais pas la vrai vie ! Il revient à toi... Ha, ce sourire...
- Ferme la bouche, tu va finir par avaler une mouche !
- ... Tu... tu... tu...
- Je ?
- Je rêve, là... Hein ?
- ... Non !
- Tu fais tout ça... pour... pour...
- Pour toi !
Je sens que t'as l'air vraiment idiot, en ce moment, Jui...
- ... Pour moi... répéta-t-il d'un voix qui se brisa sous l'émotion, il se sentait au bord des larmes.
- Si ça te convient pas, on peut aller ailleurs... tu sais, c'est pas grave...
- Die... C'est trop beau... je sais pas quoi te dire... Je me suis attendu à tout... À tout ! Surtout que tu me dises que tu veux rien savoir ! À absolument TOUT ! Sauf ça ! C'est énorme... ça va te coûter les yeux de la tête !
- T'inquiète pas, si j'aurais pas eu l'argent pour, j'aurais pas fait tout ça...
- Mais Die... Daisuke aussi avait l'argent pour et... il n'a jamais fait ça... pourtant tu sais comment...
- Comment il était fou de toi, je sais... Pleure pas, Jui...
- J'peux pas m'en empêcher ! Je suis heureux... tu sais pas à quel point... !
- Il manque pourtant un chose, ne ?
- Quoi ? ...
Encore ce sourire ! Qu'est-ce qu'il manigance encore ? Jui... Il va... non ! Il t'embrasse !
Rah mais enfin ! Ta gueule, la p'tite voix dans ma tête ! J'ai d'autres chats à fouetter !
OWARI
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