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TADAAAAAAAAAAAAA ! Et voilà, c'est fini : ENFIN !
oOo
« Alors comme ça, Sheppard a essayé de jouer à la marieuse ? » demande Rodney qui fait le tour de mes quartiers et marmonne entre ses dents lorsqu'il tombe sur un objet inconnu.
Je hoche la tête. C'est comme si je n'osais plus parler maintenant qu'il sait, maintenant qu'il est à moi.
Je le suis du regard, mes yeux concentrés sur ses mains. Ce sont les mains de Rodney qui explorent le monde qui l'entoure, ses mains et cette prodigieuse intelligence bien entendu, mais ce qui me fascine le plus, ce sont ses mains. Ce sont elles qui le définissent le mieux contrairement à ce qu'il croit, il y a d'autres cerveaux sur Atlantis (contrairement à ce qu'il croit aussi d'ailleurs) mais ses mains sont uniques. Je suis certain que si Rodney devait malencontreusement perdre l'usage de la parole et de la vue, ses mains prendraient naturellement le relais. Pour le moment, les dites mains sont très occupées à explorer les objets sétidiens qui se trouvent dans mes quartiers.
Je fronce les sourcils.
Je me sens mal à l'aise, l'endroit ressemble à un musée, non pire, à un cimetière. Je suis retourné une fois sur Sétida fouillant désespérément tout ce qui n'avait pas été complètement détruit. Le bric-à-brac que j'ai ramené ne ressemble à rien. Tous ces objets, je l'ai vite compris, ne signifient rien pour moi. Ils sont juste autant de preuves de notre défaite, la défaite des hommes sur un ennemi formidable, invincible.
Une a main se pose sur mon épaule et me fait sursauter. Rodney la retire comme s'il avait été brûlé et ses yeux sont écarquillés comme s'il avait peur que je le … O par les Ancêtres ! Comment quelqu'un d'aussi brillant peut-il aussi être aussi stupide !
Je grogne et Rodney recule, je ne lui laisse pas le temps de se réfugier derrière le tableau ramené de mon exploration sur Sétida. Je passe mes mains autour de sa taille et l'attire à moi. Il ne dit rien et pourtant il dit tout : ses mains ont pris le relais, elles caressent mon dos, traçant des arabesques juste au niveau de la cicatrice que m'a laissé l'intervention chirurgicale de Beckett. Je murmure, « désolé. »
Rodney se désengage de mon étreinte et secoue la tête. « Hu, pas grave, c'est compréhensible … »
Je m'attends à une remarque sur mon peuple et le flots d'émotions contradictoires que font naître en moi la vue de tous ces objets mais bien entendu, McKay étant McKay, sa remarque est très différente.
« … avec tout ce rouge ! » Il désigne la toile, rouge, les coussins, rouges, les babioles qui traînent ici et là, rouges elles aussi. « Ca ne peut pas être très bon pour l'équilibre mentale, d'ailleurs c'est une des raisons pour lesquels j'ai choisi la couleur bleue pour désigner le contingent scientifique. » Il croise les bras sur sa poitrine, réfléchit quelques instants et hausse les sourcils avant d'ajouter très sérieusement, « pas étonnant qu'ils aient choisi cette couleur pour les gouvernants d'Atlantis, le poste d'Elisabeth doit certainement la rendre folle, non ? CQFD, le rouge est une couleur néfaste. »
J'explose de rire et le serre à nouveau contre moi, il pose sa tête contre mon épaule, ses mains sont repliées sur ma poitrine. Je m'émerveille de voir combien nos deux corps s'encastrent parfaitement, le mien le couvrant tel un manteau, lui lové comme quelqu'un qui se sent en sécurité, comme un enfant, peut être bientôt comme un amant.
« Hu, Big Guy, on pourrait peut-être, euh, je veux dire, on pourrait essayer ce lit, ok, rouge mais … Raaaaah ! Repose moi tout de suite, je ne suis pas - Ouch ! »
Après l'avoir soulevé purement et simplement, je le dépose sur le lit et il rebondit un peu dessus. Son sourire s'élargit lorsqu'il comprend.
« Un matelas à eau ! Humpf, je parie que ça fait partie de la panoplie du Capitaine Kirk, hein ? »
Je ne réponds pas, trop occupé à le regarder, comme si je réalisais enfin qu'il est là, dans mon lit. Il babille toujours (quelque chose à propos d'un certain Meetic (10) et de Sheppard) et je me penche vers lui, un genou sur le lit, mes mains posées de chaque côté de sa tête. Je le fais taire de la seule manière que je connais.
Ce baiser est différent de celui que nous avons échangé hier soir à l'infirmerie. Moins assuré, moins désespéré aussi. Je glisse ma main sous son tee-shirt, élicitant un léger frisson (et une remarque de Rodney du genre « brrrr, main froide ! » que je fais taire immédiatement en gobant à nouveau ses lèvres). Je laisse ma paume là un moment, les frissons cessent et ma main se met à voyager. Elle effleure le léger duvet du torse, joue avec les tétons (qui se dressent immédiatement sous la caresse), puis descend, lentement, siiiii lentement, vers les hanches, joue quelques instants avec le nombril (un petit bouton de chair rose qu'il faudra explorer plus avant si j'en crois le petit gémissement que pousse Rodney), et continue son exploration, plus bas, plus bas et -
Et là, Rodney se redresse soudainement, manquant de me faire basculer à la renverse. Il pousse un cri rauque et se jette sur mes vêtements en marmonnant, « tout nu, tout nu, tout nu, maintenant ! » Je le laisse faire, il agrippe ma tunique et la tire vers le haut d'une main pendant que l'autre essaye de d'ouvrir mon pantalon. Il m'arrache quelques cheveux au passage mais sentir sa main sur mon estomac réveille l'attention de ce qui se trouve pour le moment bien au chaud dans mon pantalon.
« Ahaaaaaa ! » s'écrie t-il, victorieux, lorsque enfin, il parvient à me libérer de mes vêtements. Il est à genoux sur le lit, ses bras ballants, bouche ouverte, son regard me déshabille une seconde fois et si je n'étais pas un vaillant guerrier sétidien (avec une réputation à défendre au nom de mon peuple disparu) je rougirais sous l'intensité de son expression. Il soupire et pousse un petit gémissement désolé.
« Mais pourquoi as-tu demandé conseil à Sheppard ? Teyla ! Si tu avais demandé de l'aide à Teyla, nous n'aurions pas perdu tout ce temps ! » Il fronce les sourcils puis reprend sur un ton indigné. « Et je n'aurais pas failli me noyer ! »
Je n'ai pas le temps de répondre qu'il est me fait basculer sur le lit et ses mains partent elles aussi en exploration. Je me sens comme un E2PZ oublié depuis des milliers d'années, se réveillant sous ses caresses. Et d'ailleurs, s'il continue comme ça, je vais exploser comme un E2PZ aussi ! Je décide de reprendre le contrôle de la situation (toujours au nom de mon peuple, pas question que sa mémoire soit souillée par l'existence d'un guerrier éjaculateur précoce !).
Je grogne et le retourne sur le dos, il pousse un petit « squeak ! » de souris affolée (il en a aussi l'air) et cligne des yeux.
« A mon tour, » lui dis-je dans un murmure.
Je me penche vers lui et mordille son oreille gauche, il gémit et se trémousse sous moi. La tactique pour le faire taire est simple : l'embrasser, ce que je fais. Il passe ses mains autour de mon cou, les glisse dans mes cheveux (et s'énerve passablement lorsqu'elles se coincent dans mes dreads mais ses récriminations meurent dans ma bouche). Je dézipe sa veste et ne perd pas de temps avec son tee-shirt que je déchire (une des raisons pour lesquelles je suis resté fidèle au vêtement Pégasien : l'uniforme terrien est non seulement ridicule à mon goût, mais en plus d'une solidité discutable), il m'aide à défaire la boucle de son pantalon, et à tous les deux nous parvenons à glisser son pantalon sous lui.
« Tu as raison, » lui dis-je. « Je n'aurais pas du perdre de temps à te faire la cour. » Il va ouvrir la bouche (certainement pour dire qu'il a toujours raison) et j'en profite pour la capturer à nouveau. Je ne veux pas entendre sa voix, juste ses petits gémissements, des petits cris lorsque je prends possession de son corps.
Je me positionne juste au dessus lui et une fois encore, l'image d'un manteau, d'une carapace, me vient à l'esprit : je veux être celui qui le protège, qui le couvre, qui le possède aussi. J'entrelace nos doigts et m'émerveille du contraste de nos deux peaux, la sienne blanche et fragile, la mienne brune et durcie par des années de vie en plein air, des années à fuir. Rodney ne dit rien, il me sourit, un sourire rare, presque timide, puis il passe une de ses jambes autour de mon torse, alignant ainsi nos deux corps. Je sens son sexe, dur, déjà humide, contre mon bas ventre. Je commence à bouger, doucement d'abord, la friction de nos deux membres fait monter le plaisir et j'accélère mes mouvements. Nous haletons tous les deux, je prends à nouveau possession de ses lèvres et nous explosons, presque à l'unisson, nos gémissements perdus dans la bouche l'un de l'autre. Et c'est à ce moment là que je les sens, salées, chaudes, sur mes joues. Des larmes. « Chhhhhhh, là, tout va bien, tout va bien, » chantonne Rodney, tout en me caressant maladroitement le dos.
Et il a raison, tout va bien, je peux enfin m'arrêter de courir.
Fin !
(10) Célèbre site de rencontres sur Internet.