Help
Home Just In Communities Forums Beta Readers Dictionary Search
: B s . A A A    : full 3/4 1/2   : E E   : Light Dark Misc » Misc. Plays/Musicals » Play, rewind, repeat stop !

Trucydae
Author of 35 Stories

Rated: T - French - Drama/Tragedy - Reviews: 3 - Published: 06-28-06 - Complete - id:3015008

Play, rewind, repeat... stop !

La routine s'était bien vite installée après son accident. À chaque jour, Tero lui rendait visite pour lui raconter sa journée, ce qu'il avait entendu ici et là, et depuis quelque temps, il s'était mis à parler de leur passé, de leur histoire avant que ça arrive. Aujourd'hui n'allait pas faire exception, on dirait, puisque Tero marchait une fois de plus dans les couloirs blancs de l'hôpital pour se rendre dans la chambre de son aimé qui semblait habiter cette même pièce depuis des siècles, depuis trop longtemps. Il commençait à croire que jamais il ne se réveillerait, mais il ne s'était toujours pas résigné à se faire une nouvelle vie, avec quelqu'un d'autre... sans lui... Sans Jui...

Depuis le temps qu'il venait, le personnel de l'hôpital le connaissait plutôt bien, à peu près tout le monde qui travaillait dans cet aile le saluait à son passage. Lui ne leur répondait que d'un mince sourire en inclinant un peu la tête.

Comme tant de fois auparavant, il était arrivé devant la porte de la chambre de Jui. Il l'ouvrit doucement, comme s'il avait peur de le réveiller ou qu'il ne voulait pas l'agresser avec la lumière vive des fluorescents illuminant le couloir. La pièce, hormis le son régulier du moniteur cardiaque, était plongé dans un silence avoisinant le morbide. Comme à son habitude, il s'assit sur la chaise qu'il y avait à proximité du lit et posa sa main sur cette immobile de celui qui lui avait volé son cœur il y avait tellement longtemps à présent. Il était parti avec, avec une opportunité de revenir... Mais allait-il seulement saisir cette chance et revenir terminer sa vie avec celui qui l'avait et qu'il avait tant aimé ?

- Salut... dit-il, à mi-voix. J'espère que tu as passé une bonne nuit, toi, au moins... parce que moi... j'ai encore retrouvé mon lit vide et froid ce matin. Je devrais peut-être me décidé à m'enlever cet espoir que j'ai de te revoir dedans, à mes côtés, mais je ne m'en sens pas capable. Je ne peux pas et je ne veux pas t'oublier, tu le sais, hein ? Ça me rappelle la première fois que nos regards se sont croisés... À ce moment là, jamais j'aurais pensé que deux ans plus tard, on aurait fait plus ample connaissance... Et même plus, en fait, non ?

Il eut un petit rire.

- Tu dois te souvenir de ce lycée, n'est-ce pas ? Moi, je me souviens encore de ce qui se passait dans ma tête d'adolescent à chaque fois qu'on se croisait. Je te pensais inaccessible, je croyais que jamais j'aurais le courage d'aller t'aborder... Et j'avais raison de le croire, parce que je ne l'ai jamais fait, en tout cas, pas à l'école... C'est après, dans ce bar où Rame nous avait invité, parce qu'il nous connaissait tous les deux et qu'ils nous a dit qu'il avait besoin de membre pour sont groupe, pour Vidoll, qu'on s'est vraiment parlé pour la première fois, deux ans après qu'on ait fini ou arrêté les cours. Mais encore, je te trouvais tellement... mystérieux... En fait, je me sentais ridicule avec mes cheveux rouges... Parce que je croyais que peut-être que tu croyais que les couleurs non naturelles dans les cheveux, ça donnait l'air immature, ou je ne sais pas... Finalement, ça n'était absolument pas ça, hein... Ça avait cliqué tout de suite, entre nous. Tout de suite, on s'était lié d'amitié car on croyait tous les deux que le coup de foudre n'existe pas, qu'il fallait bien connaître une personne avant de se déclarer amoureux et d'être capable d'en parler avec l'être qu'on aime. Pourtant, aujourd'hui, à bien y penser, je crois que déjà à ce moment, j'étais tombé amoureux de toi. Mais j'ai préféré laisser le temps agir, de toute façon, on savait plus ou moins que nous deux, ça finirait comme ça. Enfin... comme ça... tu sais, je ne parle pas de... ton accident... Juste que nous deux, on finirait ensemble. J'ai jamais pensé à aller remercier Rame pour cette soirée, pour avoir créé notre groupe... Mais il doit être trop tard, maintenant... Ça fait tellement longtemps de ça... Quoi... Plus ou moins quinze ans... Trop longtemps... Ou peut-être que quand tu te réveilleras, on y ira ensemble, qu'en dis-tu ?

Il s'avança pour lui caresser une joue du revers de la main.

- Tu te souviens de la fois où tu as voulu passer la nuit sur le trottoir parce que tu avais trop bu. Tu ne savais plus ce que tu faisais ! J'ai dû te traîner jusqu'à la maison, toi tu te débattais, tu voulais vraiment dormir là ! Et avoir bu un peu plus, moi aussi, je crois qu'on aurait passer la nuit là ! Alors, bonjour les courbatures le lendemain, hein ! Finalement, tu t'es endormi dans mes bras dans l'ascenseur, donc que tu cries que tu voulais rester sur le trottoir ou que tu dormes à poings fermés, il a fallu que je te traîne jusqu'à l'intérieur. Crois-moi, c'était quelque chose ! Je n'étais pas vraiment à jeun non plus... Je crois que les gardiens qui sont à la sécurité visuelle... Tu sais les caméras... enfin, je crois qu'ils ont bien dû se marrer, ce soir-là ! La cassette a dû passer et repasser en boucle pendant une partie de la nuit ! Et le matin d'après, tu te souviens de la gueule de bois qu'on avait ? On est resté au lit toute la journée ! Encore heureux qu'on ait pas fait annulé une répétition, Rame nous aurait trop rappelé qu'on avait agit comme des adolescents irresponsable ! Mais maintenant, c'en est juste drôle...

Il se versa un verre d'eau du pichet qu'il y avait de posé sur la table de chevet et en bu une gorgée.

- Tu sais, il n'y a qu'une seule fois où j'ai eu réellement peur de te perdre. C'était lors de la dispute qui a causé le départ de Hide et de Yukine... C'était vraiment chaotique dans le groupe à ce moment-là... Et tout ça parce que toi, tu as été choisi un peu comme un chouchou de Kisaki... Bon, Rame aussi, mais lui on pensait que c'était un peu plus normal à cause de son statut de leader du groupe. Mais toi... Tu n'étais que notre chanteur, les autres ne comprenaient pas pourquoi ça avait été toi et non celui d'un autre groupe qui avait été choisi. En fait ils étaient jaloux, je crois... Je n'aurais peut-être jamais dû m'interposer entre toi et eux, comme ça je n'aurais pas eu aussi peur de te voir t'en aller de ma vie... je ne voulais pas ça... Seulement... Je crois que... Yukine avait eu raison... Tu avais pris trop au sérieux la proposition de Kisaki et... ça t'était monté à la tête. Pendant un moment, parce qu'il avait tellement l'ai sûr de son choix et puis... je ne suis pas aveugle non plus, j'ai bien vu les œillades qu'il te faisait tout le temps, donc je disais que pendant un moment, j'ai même cru que tu avais couché avec lui pour avoir ce poste... Ça a été pire le temps que tu as été en France avec lui... J'étais vraiment certain qu'il y avait quelque chose entre lui et toi. Si bien que quand tu es revenu... on s'est assez violemment disputé à ce sujet... Et curieusement, après qu'on se soit chicané à ce propos, Kisaki a dissout le projet... Je crois que jamais j'en saurai plus, mais je m'en fous... Je ne veux pas en savoir plus, parce que j'ai bien peur que ça ruinerait notre histoire si jamais c'était le cas. On a trop souffert à propos de cette querelle, le fais qu'on soit tous les deux entêtés ne nous a pas aidé non plus... Mais on a fini par ne plus supporter ce froid et on s'est excusé sans même avoir demandé pardon. Et tu sais comment ça s'est fini... Un peu comme toutes les nuits de réconciliation qu'on a eu... Sauf que celle-là était de loin la meilleure ! Aux grands maux, grands remèdes, quoi !

Il fit une pause, prit une autre gorgée de son verre d'eau.

- Jui... Si tu pouvais savoir à quelle point c'est morne la vie sans toi... Parfois, j'ai même l'impression que... que tu es mort et que... plus... plus jamais je ne pourrai vraiment te revoir... Oh bien sûr, je te vois à tous les jours, mais... Toi non... Parce que tu dors... Tu dors depuis presque dix ans... et c'est bête, hein... ton accident... J'ai tout vu au ralenti, quand c'est arrivé... Je t'ai vu te prendre les pieds dans les fils qu'on était justement en train de fixer au sol pendant le sound check avant le live du soir même... Et je t'ai vu tomber de la scène... J'aurais voulu me précipiter pour te retenir, mais le temps de me lever de mon tabouret, de contourner tout le set ma batterie et d'arrivé à ton niveau, tu étais déjà par terre... le mal était fait... En fait, tu étais encore conscient quand j'ai sauter en bas de la scène, mais ce n'était pas pour longtemps, tu t'es évanoui dans mes bras avant que les ambulanciers arrivent... Mais c'est tellement con ! Des fils ! Ça aurait pu arrivé à n'importe qui... mais c'est tombé sur toi... C'est vraiment trop bête ! On était en train de les scotcher au sol ! Ça n'aurait pas pu être évité, aussi idiot que ça puisse paraître... Le pire dans tout ça, c'est que je ne voulais pas y aller à ce live, j'avais un rhume et l'impression que ma tête était gonflée à l'hélium, mais tu m'as convaincu d'y aller... Et après ça, je n'ai jamais voulu aller voir ailleurs... Rame, Shun et Giru m'ont bien fait rencontrer d'autre personne, pour me changer les idées, mais j'étais incapable de me faire à l'idée que quelqu'un pourrait te remplacer... Après tout, tu es encore en vie, non ? Ce n'est pas comme si tu serais entièrement parti... Si j'avais couché avec ne serait-ce qu'une seule de ces personnes... Je me serais senti comme si je t'avais trompé... Et je m'en serait voulu... Parce qu'il n'y a que toi que j'ai aimé et que j'aime toujours autant, malgré ces dix années qui sont passées... Le temps semble si long... Tu me manques, Jui... c'est incroyable comment tu me manques, comment je voudrais que tu te réveilles, comment chaque jour est si terne sans ton soleil... Il s'est éteint en même temps que toi, ce jour-là, et je ne l'ai pas encore revu... Je donnerais... tout... tout ce que j'ai, pour que tu te réveilles... Je sais que tu n'as qu'une chance sur deux de t'en sortir, mais je voudrais que cette chance soit la bonne... C'est égoïste, hein ? Mais je n'en peux plus... cependant... je ne peux pas partir, moi... parce que tu es encore là ! Et je sais que tu ne mourras pas ! Je le sais... parce que c'est impossible que tu partes sans me dire au revoir...

Il expira bruyamment et leva le regard vers la fenêtre devant lui en serrant de plus en plus fort la main de Jui, essayant vainement de refouler les larmes qui coulaient sur ses joues.

- ... Tero... Tu... tu me fais mal...

Il lâcha la main, interloqué. Avait-il bien entendu ? Ses yeux se posèrent sur lui.

- Jui...
- Tu peux me lâcher... je n'ai pas l'intention de partir... Pas maintenant... ce n'est pas le moment... !

OWARI



Return to Top